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Parution : 29/11/2024
ISBN : 9782384315024
236 pages (14,8 x 21 cm)

22 €

Techno 100 _ Réédition

Classiques, hits et raretés

Des annĂ©es quatre-vingt Ă  nos jours, quarante ans d’un genre rĂ©volutionnaire et plĂ©biscitĂ© mis en lumiĂšre par l’un des spĂ©cialistes de cette scĂšne.

DĂ©diĂ©e au dancefloor, puissante, aux timbres futuristes et industriels, la techno possĂšde aussi une face plus mĂ©lodieuse et mĂ©lancolique et ce dĂšs sa naissance Ă  Detroit parmi une communautĂ© de musiciens noirs-amĂ©ricains visionnaires Ă  la fin des 80’s. L’auteur dĂ©finit d’abord le genre, questionne son esthĂ©tique et raconte son Ă©mergence, dont les premiĂšres Ă©bauches se devinent au croisement des 70’s et 80’s, chez des artistes comme Kraftwerk ou Man Parrish. S’ensuit une liste de cent disques historiques (signĂ©s Underworld, Laurent Garnier ou Aphex Twin), de maxis emblĂ©matiques (Dave Clarke, Maurizio), plus underground dans les 00’s (Âme, Nathan Fake) ou participant au renouveau actuel d’un genre (Ben Klock, Rone) qui depuis le dĂ©but des annĂ©es 2020, n’a jamais comptĂ© autant d’adeptes.
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Jean-Yves Leloup a concocté deux playlists pour accompagner votre lecture :

Revue de presse

- Interview Jean-Yves Leloup - L'histoire de la techno JérÎme Colin RTBF // Entrez sans frapper 6 décembre 2018
Selectorama : Jean-Yves Leloup Thomas Schwoerer section 26 18 novembre 2018
- Techno 100 Thibaut Allemand let's motiv Novembre 2018
- LA FRAICHEUR X JEAN-YVES LELOUP Thomas Corlin Radio Néo jeudi 01 novembre 2018
- Interview de Jean-Yves Leloup Bruno Letort France Musique // Tapage nocturne 26 octobre 2018
- La techno en 100 disques Olivier Pernot Trax octobre 2018
- “Techno 100”, ton nouveau livre de chevet qui retrace l’histoire de la techno Corentin Fraisse Tsugi 21 septembre 2018

- Interview Jean-Yves Leloup - L'histoire de la techno

Le journaliste, Ă©crivain, animateur radio et DJ français, Jean-Yves Leloup pour son livre Techno 100 : Classiques, hits et raretĂ©s (Le Mot et le Reste). Il sera le commissaire de l’expo « RĂȘve Ă©lectro : De Kraftwerk Ă  Daft Punk » Ă  la Philharmonie de Paris du 9 avril au 11 aoĂ»t 2019. Bernard Dobbeleer sera aussi des nĂŽtres.

Réécouter l’émission sur le site de la RTBF

JérÎme Colin
RTBF // Entrez sans frapper 6 décembre 2018

Selectorama : Jean-Yves Leloup

RadioMentale, Global Techno, Happy Hour ou Audio, des titres qui rappelleront sans doute quelques grands moments de Radio FG Ă  ceux qui commençaient Ă  s’intĂ©resser aux musiques Ă©lectroniques Ă  la toute fin des annĂ©es 80, Ă  un moment oĂč les ondes Ă©taient l’un des rares moyens de se tenir au courant. Jean-Yves Leloup fut un temps rĂ©dacteur en chef de la station parisienne, tĂąche qu’il assura aussi plus tard dans les colonnes de l’un des rares magazines dĂ©diĂ©s au genre dans les annĂ©es 90 : le prĂ©curseur Coda, bien avant les titres actuels auxquels il lui arrive aussi de collaborer. Il a Ă©galement Ă©tĂ© l’un des premiers Ă  tracer un lien entre art vidĂ©o, art contemporain et techno Ă  travers quelques expositions, et en prĂ©pare actuellement une prochaine pour le printemps 2019, RĂȘve Electro, Ă  la Philharmonie de Paris. Cette rentrĂ©e marque aussi la sortie de Techno 100 chez Le Mot et le Reste, ouvrage somme sur les disques essentiels de la derniĂšre rĂ©volution musicale -entre tubes, raretĂ©s et nouveautĂ©s -, qui connait une Ă©tourdissante seconde jeunesse depuis quelques annĂ©es. A cette occasion, un Selectorama Ă  forte puissance rythmique, oĂč Leloup nous livre dix morceaux phares, parmi ses prĂ©fĂ©rĂ©s.

Front 242, Black White Blue (1982)

Quand j’ai travaillĂ© sur ce livre, il m’a semblĂ© Ă©vident d’évoquer cette vague belge dite EBM, dont Front 242 ont vĂ©ritablement Ă©tĂ© les pionniers, en tous cas les fers de lance. En me replongeant dans leur premier album Geography (1982), j’ai redĂ©couvert ce morceau qui montre comment l’idĂ©e de la techno est dĂ©jĂ  dans l’air au dĂ©but des annĂ©es 80. Elle s’incarne chez certains groupes oĂč l’on commence Ă  sentir une forme musicale rythmique percussive, aux sonoritĂ©s industrielles ou mĂ©caniques, qui annoncent la future Techno. Ce n’est pas encore de la Techno, mais une forme qui est trĂšs proche. Il ne s’agit pas du morceau le plus connu de Front 242, il n’a pas de refrain, mais il y a vraiment des sonoritĂ©s mĂ©talliques dans ce break rythmique rallongĂ© Ă  une durĂ©e assez longue de plus de quatre minutes. Il y a cette force, cette Ă©nergie, cette rigueur, cette absence de voix qui annonce ça. Front 242 ne sont pas les inventeurs de la Techno, simplement chez eux se manifeste une musique du futur qui Ă©mergera bientĂŽt, autant chez Yellow Magic Orchestra que chez Kraftwerk avec Numbers (1981), par exemple. Avant la Techno, on en trouve des traces, des sĂ©diments, comme une forme d’archĂ©ologie chez d’autres musiciens, et le livre raconte en intro comment le terme mĂȘme de Techno commence aussi Ă  apparaĂźtre au croisement des annĂ©es 70 et 80 dans certains morceaux : Techno City de Cybotron (1984), Technopolis de Yellow Magic Orchestra (1979), Technopop de Kraftwerk (1983), mais aussi chez d’autres formations plus obscures chez qui ce terme Ă©voque la modernitĂ©, la froideur, la technologie, finalement assez proche de la notion de Novö initiĂ©e par Yves Adrien, qui connotait un peu la mĂȘme chose. The Art Of Noise ont aussi exaltĂ© cette forme purement rythmique, avec des samples rĂ©currents, qui lĂ  aussi, font rĂ©fĂ©rence Ă  cet univers. Mais pour moi, la Techno est vraiment un dialogue entre l’Europe et les États-Unis. Les musiciens noirs amĂ©ricains ont Ă©tĂ© nourris au funk, Ă  la Soul, certains au Jazz, mais lors de leurs premiĂšres soirĂ©es en tant que lycĂ©ens ou Ă©tudiants, comme dit dans le livre Techno Rebels de Dan Sicko, ils Ă©coutent aussi de la synth pop anglaise, de l’italo disco
 Kraftwerk a Ă©tĂ© capital, mais on mĂ©sestime un peu la crĂ©ativitĂ© et l’importance historique esthĂ©tique de la Belgique et de la Hollande. Franchement, il y a des choses absolument magnifiques dans cette premiĂšre moitiĂ© des annĂ©es 90, et je dĂ©fends plutĂŽt l’idĂ©e d’un dialogue permanent avec des formes de rĂ©interprĂ©tation entre les deux continents.

Quazar, The Seven Stars (1990)

1990 est une annĂ©e importante : il y a trois ou quatre morceaux dans diffĂ©rents points du globe (Detroit, New York, Amsterdam) qui sortent au mĂȘme moment, et qui annoncent cette rĂ©volution Ă  venir. Par exemple, Energy Flash de Joey Beltram chez le label belge R&S, et The Seven Stars, qui a laissĂ© une empreinte assez importante chez les ravers, et surtout en Hollande oĂč il a Ă©tĂ© assez Ă©norme. Il a vraiment quelques annĂ©es d’avance, avec cette forme de dynamique trĂšs europĂ©enne qu’auront aussi certains musiciens plutĂŽt blancs du Midwest amĂ©ricain (entre Minneapolis et New York) aux alentours de 93-94. Il a cet Ă©lan qui annonce aussi la Trance, et c’est vraiment un morceau qui fait cĂ©sure en 90, comme on pourrait le dire aussi de Techno Trance de D Shake la mĂȘme annĂ©e, et qui a encore des racines un peu EBM dans son type de programmation, un peu New Beat. Alors que Quazars, c’est autre chose. Et ce qui est assez amusant, c’est qu’il a retravaillĂ© des sessions de guitare de son groupe de rock qu’il a totalement transformĂ© pour les intĂ©grer au morceau. Il fait aussi partie de ces morceaux solitaires, ces One Hit Wonder, comme on dit dans l’univers de la pop. Il a fait d’autres titres, mais celui-ci est restĂ© Ă  jamais gravĂ© dans l’imaginaire de beaucoup de ravers qui en l’entendant, Ă  l’évidence, font Ă©merger la possibilitĂ© d’une autre musique, avec cette Ă©nergie trĂšs communicative, positive et utopiste qui dĂ©finissait en grande partie la House et la Techno.

R-Tyme, R-Theme (1989)

Un trĂšs beau titre, moins connu que ceux de Rhythim Is Rhythim, en tous cas moins mĂ©diatisĂ©. Mais surtout, ce n’est pas seulement un morceau de Derrick May, puisqu’il est co-signĂ© avec Darrell Wynn. On a dĂ©couvert rĂ©cemment que beaucoup de collaborateurs de May ont Ă©tĂ© un peu oubliĂ©s par l’histoire, sans doute parfois par la faute des auditeurs et des journalistes qui ont mis en avant sa personnalitĂ© Ă  lui, car c’est un excellent orateur, devenu porte-parole de la scĂšne de Detroit, et qui en parle avec beaucoup d’intelligence, d’acuitĂ©. Derrick May a sans aucun doute signĂ© des morceaux visionnaires, mais qu’il a co-produit, ou dont il a assurĂ© la direction artistique avec plein de musiciens de cette scĂšne Ă  l’époque, dont Juan Atkins, Carl Craig, Darrell Wynn. Ce dernier n’a pas connu une grande carriĂšre, mais il fait partie de ces personnalitĂ©s de second ou de troisiĂšme plan de la scĂšne de Detroit qui mĂ©ritent d’ĂȘtre redĂ©couverts. R-Theme a cette forme de douceur, de mĂ©lodie, de mĂ©lancolie caractĂ©ristique de la techno spirituelle de Detroit. Ce qui est assez amusant, c’est de dĂ©couvrir que lorsque tous ces DJ’s noirs amĂ©ricains sont venus pour la premiĂšre fois en Europe, ils ont Ă©tĂ© souvent surpris de la Techno qu’ils entendaient, qui n’était pas leur Techno. Leur musique Ă©tait un peu plus ancrĂ©e dans la mĂ©lodie, dans le funk, ce n’était pas encore celle d’Underground Resistance plus tard ou de Jeff Mills : beaucoup plus dure, brutaliste, mĂ©caniste en quelque sorte. Ils Ă©taient dans quelque chose de futuriste , mais avec un imaginaire trĂšs riche, une certaine spiritualitĂ©, une mĂ©lancolie dĂ©jĂ  trĂšs prĂ©sente. Il y a toujours une forme d’incomprĂ©hension entre les deux continents, une incomprĂ©hension amenant aussi une forme de rĂ©invention.

Terrace, Seventh City (1991)

Ce titre insiste une fois encore sur la crĂ©ativitĂ© des musiciens nĂ©erlandais en ce dĂ©but des annĂ©es 90. Terrace sort l’un des premiers albums house ou techno de cette Ă©poque-lĂ  : Round Up (1992) sur Djax-Up Beats, un label qui publie beaucoup d’europĂ©ens, mais surtout des nĂ©erlandais et quelques belges. Il montre comment, trĂšs rapidement, de jeunes musiciens rĂ©interprĂštent aussi Ă  leur maniĂšre la techno mĂ©lancolique de Detroit, Ă  l’instar des britanniques, qui le feront aussi avec parfois encore plus de talent : que ce soit B12, certains des premiers albums de Warp, ou Kirk Degiorgio, ils ont aussi rĂ©inventĂ© Ă  leur maniĂšre cette techno de Detroit trĂšs mĂ©lodieuse, spirituelle. Terrace Ă©tait vraiment une personnalitĂ© importante de la House, de la techno, de l’acid en ce dĂ©but des annĂ©es 90. Les dĂ©fauts de cet album sont trĂšs touchants, les maladresses ont une certaine forme de gĂ©nĂ©rositĂ©. TrĂšs intimiste, trĂšs Ă©motionnel. Et puis Seventh City, c’est la septiĂšme ville, c’est toujours une rĂ©fĂ©rence Ă  Detroit


Circuit Breaker, Overkill (1991)

Ce morceau de Circuit Breaker montre l’incroyable talent et la crĂ©ativitĂ© de Ritchie Hawtin dans ses premiĂšres annĂ©es, avant mĂȘme qu’il ne dĂ©veloppe ses diffĂ©rents albums sous le nom de Plastikman, pour la plupart trĂšs beaux car introspectifs, lancinants, rĂ©pĂ©titifs, bien sĂ»r, minimalistes Ă©videmment, mais qui ont cette dimension trĂšs personnelle et introspective. Avant, avec Plus 8, le label qu’il a fondĂ© avec John Acquaviva, ils se lancent dans une sĂ©rie de maxis. Les premiers sont vraiment passionnants, car ils sont en grande partie Ă  l’origine de cette nouvelle musique qui s’invente. Ils sont basĂ©s Ă  Windsor, au Canada, juste de l’autre cĂŽtĂ© de la riviĂšre qui sĂ©pare le centre ville de Detroit, Ă  la frontiĂšre amĂ©ricano-canadienne. Ils communiquent trĂšs naturellement avec Detroit. Kenny Larkin sortira d’ailleurs ses premiĂšres productions chez Plus 8 au dĂ©but. Entre Plus 8 et Underground Resistance, chacun lance son missile l’un sur l’autre dans une concurrence assez amicale, en fait, il ne s’agit pas de deux chapelles qui s’opposent vraiment. Je suis trĂšs marquĂ© par ces premiers Hawtin, sous le nom de F.U.S.E. ou Circuit Breaker, notamment.

Hexagone, Burning Trash Floor (1994)

Ludovic Navarre est bien Ă©videmment plutĂŽt connu sous le nom de St Germain Ă  partir de l’album Boulevard (1995) puis Tourist (2000), avec cette forme de relecture du jazz qui personnellement m’a peu intĂ©ressĂ©. Mais on a un peu oubliĂ© ses premiĂšres annĂ©es chez Fnac Music Dance Division ou F Com, avec Laurent Garnier, Shazz ou tous les trois, puisqu’ils signent ensemble le morceau Acid Eiffel de Choice (1993), un tube créé par ces personnages clĂ©s dans l’univers de la musique Ă©lectronique française, et un vrai lien avec Detroit (il a Ă©tĂ© signĂ© sur Fragile, sub label de Transmat, le label de Derrick May, ndlr). Pour revenir Ă  Burning Trash Floor, je me suis souvenu que lors de sa sortie en 94, c’était un petit succĂšs underground, pas un Ă©norme tube. Garnier sort Wake Up Ă  la mĂȘme pĂ©riode, et ça a marquĂ© les dĂ©buts officiels de la production techno française. Mais honnĂȘtement, ce morceau Ă©tait comme beaucoup de productions de Ludovic Navarre : assez au-dessus de ce qui se faisait Ă  l’époque. Avant qu’il ne se lasse rapidement
 et c’est dommage, parce qu’il y avait vraiment quelque chose qu’il aurait pu pousser peut ĂȘtre plus loin encore sous la forme d’un album. La premiĂšre Ă©poque de Ludovic Navarre est vraiment Ă  redĂ©couvrir, en solo – il a fait de la house et de la techno – ou Ă  travers ses collaborations sur F Com et ce maxi chez Djax Up Beats. Il avait aussi sorti un disque sous le nom de Sub System pour les belges de Atom Records, un des tous premiers morceaux techno français. En tous cas, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© parler des premiers Ă©mois de la scĂšne française Ă  travers Navarre, un des vrais pionniers de cette musique en France, en tant que compositeur.

Kenny Larkin, Metaphor (1995)

Kenny Larkin est un personnage qui gagne a ĂȘtre redĂ©couvert dans la musique Ă  Detroit, parce qu’il a Ă©tĂ© un peu oubliĂ©. Il est revenu en tant que DJ rĂ©cemment, vers 2016 ou 2017, car il avait arrĂȘtĂ© la musique Ă  un moment parce qu’il faisait
 du stand up. En tous cas, c’est un trĂšs beau disque, le seul album de cette liste. SignĂ© chez les belges de R&S Records, Metaphor (1995) donne la mesure d’une partie de la techno Ă  Detroit : un versant plus trĂšs mĂ©lodique, jazz et spirituel. Évidemment, les grands amateurs de jazz ne reconnaĂźtront jamais tout Ă  fait le jazz Ă  travers cette musique, mais pourtant, il est prĂ©sent sous une forme trĂšs synthĂ©tique, et plutĂŽt lumineuse chez Kenny Larkin. Un album qui a trĂšs bien vieilli, bien plus intĂ©ressant qu’Azymuth, son l’album prĂ©cĂ©dent sorti chez Warp en 1994.

Global Communication, 8:07 (1994)

Mark Pritchard et Tom Middleton, deux musiciens britanniques, Ă©taient Ă  l’époque hyper productifs, et produisaient Ă  la fois une musique marquĂ©e par l’électro, le funk, des choses plus purement house, des Ă©bauches de jungle
 Ils s’essayent un peu Ă  tous les genres, et ils n’étaient pas les seuls Ă  cette Ă©poque, c’est mĂȘme assez typique des annĂ©es 90 oĂč grĂące Ă  l’usage de multiples pseudonymes, les musiciens explorent les genres et les sous-genres des musiques Ă©lectroniques. 76:14 est plutĂŽt ambient, selon eux, propice Ă  l’imagination, et ne comporte pas de titres mais affiche simplement la durĂ©e des morceaux, pour que chacun puisse librement s’y projeter. C’est surtout un chef-d’Ɠuvre d’une musique ambient assez pulsĂ©e, qui peut devenir plus techno dans comme ce morceau-lĂ  en particulier, d’autres Ă©tant plus downtempo. J’appelle ça de la Techno parce qu’il y a quelque chose de Techno qui se joue lĂ -dedans, loin de la version mĂ©caniste, brutaliste, industrielle qu’on connait chez certains, plutĂŽt dans une forme plus planante, bien plus mĂ©lodieuse, qui a des racines dans la musique cosmique allemande des annĂ©es 70, ou chez d’autres musiciens ambient.

Philippe Cam, Bass Star (2008)

Il n’y a pas de raisonnement historique sur cette liste
 Philippe Cam, selon l’expression consacrĂ©e d’un journaliste un peu fatiguĂ©, serait le secret le mieux gardĂ© de la techno française. Un musicien qui a une histoire assez Ă©tonnante : il a commencĂ© en tant que docker au Havre. ÉveillĂ© aux milliards de sons du port, il a eu une premiĂšre rĂ©vĂ©lation avec la musque de Bernard Parmegiani, puis il a Ă©tudiĂ© la musique Ă©lectroacoustique au conservatoire Ă  Paris et Ă  Bruxelles. Il devenu DJ Ă  Bruxelles dans les annĂ©es 80, a fait des musiques pour le théùtre et pour la danse, et s’est mis Ă  la techno vers la fin 90 – dĂ©but 2000 jusqu’à produire son album, Balance, sorti chez les allemands Traum Schallplatten en 2001. Un album de techno sans pied, purement techno, assez planante, assez mĂ©lodieuse, trĂšs singuliĂšre, qui ne ressemble Ă  aucune autre et d’une immense beautĂ©. Pour moi, vraiment l’un des plus beaux disques de toute cette Ă©poque-lĂ . Philippe n’a pas fait une grande carriĂšre, mais continue Ă  composer, sans vraiment avoir trouvĂ© un label qui lui permettait d’exister et de travailler sereinement. Certains musiciens ont besoin plus que d’autres de se sentir en confiance, d’ĂȘtre Ă©paulĂ© par quelqu’un qui les comprenne et qui pourrait peut-ĂȘtre aussi les critiquer. C’est trĂšs difficile, cette relation de confiance entre un musicien et un label.

Âme, Fiori (2007)

Ce duo allemand fait salle comble dĂšs qu’ils jouent, et j’ai toujours beaucoup apprĂ©ciĂ© leurs productions, qu’elles soient house ou techno, issues de cette terre minimale des annĂ©es 2000 en Allemagne. Leur album Dream House sorti cette annĂ©e comporte quelques jolis morceaux mais ne restera pas dans l’histoire, car ce sont des gens qui ont plutĂŽt marquĂ© Ă  travers des maxis ou des remixes, sans avoir besoin de faire des albums pour ĂȘtre connus. Fiori est vraiment l’un des plus beaux morceaux qu’ils ont signĂ©. Un titre de prĂšs de 17 minutes, aux racines ancrĂ©es dans cette Kosmische Musik des annĂ©es 70, Ă  laquelle ils apportent un groove, des percussions diffĂ©rentes des annĂ©es 70, oĂč le travail se portait plutĂŽt sur la sĂ©quence, l’hypnose ou mĂȘme la dĂ©rive, mais qui ne savait pas encore tout Ă  fait faire danser comme savent le faire certains allemands aujourd’hui. MalgrĂ© une discographie assez parcimonieuse, Âme ont rĂ©ussi quelques coups d’éclat absolument magnifiques comme ce morceau qui peut parfaitement s’écouter chez soi, et trouverait idĂ©alement sa place sur une face entiĂšre d’un album vinyle, que l’on Ă©couterait presque religieusement. Pour moi, c’est un morceau essentiel dans cette histoire de la techno oĂč il y a beaucoup de morceaux parfois trĂšs mĂ©lodieux, avec une certaine forme de mĂ©lancolie, et d’autres qui sont plus violents, plus martelĂ©s, plus industriels. Mais ça, c’est un peu les deux faces paradoxales de mes goĂ»ts, que l’on retrouve aussi dans la liste des cent disques chroniquĂ©s dans ce livre.

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Thomas Schwoerer
section 26 18 novembre 2018

- Techno 100

On ne prĂ©sente plus la collection 100, vĂ©ritable guide d’écoute Ă©rudit et subjectif dĂ©diĂ© Ă  un genre (indie pop, folk, reggae
), voire un continent (l’Afrique). Soit une sĂ©lection de 100 albums, dĂ©taillĂ©s et commentĂ©s, classĂ©s par ordre chronologique de sortie. Pour la premiĂšre fois (Ă  notre connaissance) sont analysĂ©s maxis et singles- mais aucun LP. Un choix naturel, puisque la techno s’est longtemps fichue du format album. Ici, de 1981 Ă  2018, de Kraftwerk Ă  Surgeon (un ancien, c’est vrai), l’insigne J-Y Leloup se penche sur Richie Hawtin, Dave Clarke, Ă©voque Aphex Twin et Rone, cite Recondite, Laurent Garnier ou Âme. Bien sĂ»r, on pourra dĂ©battre de tel choix ou de tel absent, mais c’est Ă©galement ce qui fa it le charme de cette collection.

Lire l’intĂ©gralitĂ© du catalogue sur /issuu.com

Thibaut Allemand
let's motiv Novembre 2018

- LA FRAICHEUR X JEAN-YVES LELOUP

Un chaos de techno et d’eau fraĂźche ce soir, puisqu’il rĂ©unit la productrice française basĂ©e Ă  Berlin la Fraicheur, et l’auteur et journaliste Jean Yves Leloup qui signe chez le Mot & Le Reste un nouveau livre sur ce qu’il connaĂźt le mieux : la techno.

Certes, le genre est relativement jeune Ă  l’échelle de l’histoire de la musique, mais il possĂšde dĂ©jĂ  une histoire consĂ©quente, qu’une heure d’émission ne suffirait pas Ă  retracer.

On s’arrĂȘtera donc sur quelques aspects et moments qui ont participĂ© Ă  la dĂ©finir, on en Ă©coutera aussi beaucoup, ses figures les plus connues comme d’autres plus obscures, et on tachera de comprendre ce qui fait encore sa vitalitĂ© aujourd’hui, Ă  l’heure oĂč est elle est en grande partie rentrĂ©e dans les moeurs et dans les institutions.

Une émission à réécouter sur le site de Radio Néo

Thomas Corlin
Radio Néo jeudi 01 novembre 2018

- Interview de Jean-Yves Leloup

L’actualitĂ© de la semaine, avec Jean-Yves Leloup

Tapage nocturne reçoit Jean-Yves Leloup, pour son livre “Techno 100” paru aux Ă©ditions Le Mot et le Reste (sept 2018).

Journaliste, DJ et artiste sonore, Jean-Yves Leloup est devenu critique spĂ©cialisĂ© en musiques Ă©lectronique et pop. Il travaille notamment pour le magazine “Tsugi” et le site Culture Mobile.

Illustration musicale de l’interview :

Maurizio
« MØ7B » (Unreleased Mix)
Maurizio (1997)

F.U.S.E. (Richie Hawtin)
« Substance Abuse »
Plus 8 (1991)

Yellow Magic Orchestra
« Neue Tanz »
Extrait de l’album Technodelic Alfa (1981)

Yves de Mey
« Past To A Halt »
Extrait du EP Counting Triggers Sandwell Disctrict (2011)

CJ Bolland
« Horsepower »
R&S (1991)

Philippe Cam
« LFO Drive »
Extrait de l’album Balance Traum Schallplatten (2001)

Atom
« Im Rausch Der Gegenwart I » et « Funksignal »
Extraits de l’album Liedgut Raster-Noton (2009)

Une émission à réécouter sur le site de France musique

Bruno Letort
France Musique // Tapage nocturne 26 octobre 2018

- La techno en 100 disques

Le journaliste Jean-Yves Leloup donne sa vision de la techno, de ses prĂ©mices Ă  son dĂ©veloppement actuel en passant par les annĂ©es 1990, quand cette rĂ©volution sonore et esthĂ©tique explosait aux oreilles du monde. « Dans les annĂ©es 1990, la techno prend forme, se dĂ©veloppe et s’impose. Des producteurs des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique partagent alors cette esthĂ©tique musicale commune. Il y a ce dialogue entre les États-Unis et l’Europe, dans cette pĂ©riode qui est la plus crĂ©ative er la plus faste pour la techno. » Les annĂ©es 1990 sont au cƓur de Techno 100, le nouveau livre de Jean-Yves Leloup. Elles reprĂ©sentent mĂȘme plus de la moitiĂ© des disques que ce spĂ©cialiste a dĂ©cidĂ© de chroniquer dans son ouvrage. “J’ai eu une vraie libertĂ© dans le choix des supports chroniquĂ©s, en faisant juste attention Ă  ne pas doublonner avec le livre Electro 100 dĂ©jĂ  paru chez le mĂȘme Ă©diteur. Mon choix s’est fait alors au feeling, avec beaucoup de morceaux, car la techno reste une musique de morceaux er de maxis. Il y a aussi des albums qui mĂ©ritaient qu’on en parle et quelques compilations, mais pas de mix.” Tous les grands noms de la techno sont prĂ©sents dans le livre, comme Joey Beltram, Hardfloor, Slam, Dave
Clarke, Speedy J ou encore Green Velvet, avec beaucoup de producteurs de la scĂšne de Detroit (Derrick May, Kevin Saunderson, Carl Craig, Kenny Larkin), certains apparaissant mĂȘme plusieurs fois, sous leur propre nom ou alias (Ludovic Navarre, Richie Hawtin, Robert Hood, Juan Atkins ou Jeff Mills). Au-delĂ  des personnalitĂ©s phares, on notera la prĂ©sence de producteurs ou de groupes moins en vue et de morceaux quelque peu oubliĂ©s comme ceux de Quazar ou de Microbors.

Dans l’introduction de son ouvrage, Jean-Yves Leloup tente de cerner ce qu’est la techno, de la dĂ©finir d’un point de vue musicologique et d’en Ă©voquer ses imaginaires (une utopie futuriste, un univers industriel et mĂ©canique, une esthĂ©tique cosmique et immersive). Avant de prĂ©ciser que son livre, « au-delĂ  de la techno, peur aussi se lire comme un portrait en creux de son auteur, son parcours et ses choix, depuis son adolescence au dĂ©but des annĂ©es synth-pop jusqu’au succĂšs mainstream de la techno de la dĂ©cennie 2010 ». La sĂ©lection des 100 disques chroniquĂ©s par le journaliste rĂ©vĂšle une grande part d’objectivitĂ© (les classiques et les hits) et de subjectivitĂ© (les raretĂ©s), avec l’ambition de couvrir toutes les teintes de la techno, avec des Ă©chappĂ©es vers le hardcore, la trance, la techno minimale (Thomas Brinkmann) ou la « techno mĂ©lodieuse, spirituelle et planante » que Leloup affectionne particuliĂšrement (Nathan Fake, Rone). Et aussi ce retour Ă  un son plus brut, plus indus qui caractĂ©rise les derniĂšres annĂ©es (avec notamment trois rĂ©fĂ©rences du label Ostgut Ton).

Olivier Pernot
Trax octobre 2018

- “Techno 100”, ton nouveau livre de chevet qui retrace l’histoire de la techno

Classiques, hits et raretĂ©s. Jean‐Yves Leloup est auteur, journaliste – contributeur rĂ©gulier de Tsugi -, DJ et artiste sonore français. Une position qui lui a permis de suivre l’évolution de la musique Ă©lectronique depuis son Ă©mergence en Europe Ă  la fin des annĂ©es 1980 jusqu’à aujourd’hui. Dans son livre Techno 100, il retrace les grandes lignes du genre, les disques fondateurs et les pĂ©pites oubliĂ©es de l’histoire techno. “DĂ©diĂ©e au dancefloor, puissante, martelĂ©e, aux timbres futuristes et industriels, elle possĂšde aussi une face plus mĂ©lodieuse et mĂ©lancolique et ce, dĂšs son Ă©mergence Ă  DĂ©troit, parmi une communautĂ© de musiciens noirs amĂ©ricains visionnaires” : dans une analyse poussĂ©e, Leloup dĂ©finit le genre, questionne son esthĂ©tique et son imaginaire, aborde ses prĂ©mices avec des artistes comme Kraftwerk, Yellow Magic Orchestra, Front 242 ou Man Parrish. Il dresse surtout une liste de cent disques essentiels, qu’il s’agisse de tubes historiques par Richie Hawtin, Laurent Garnier, Daft Punk ou Aphex Twin, de maxis emblĂ©matiques des 90’s avec Dave Clarke, Green Velvet ou Maurizio
 Mais aussi des titres parfois mĂ©connus de la pĂ©riode underground des annĂ©es 2000 avec Âme, Ellen Allien ou Nathan Fake, jusqu’à finalement aborder le revival flamboyant offert par Steffi, Rone ou Recondite.

On est prĂȘts Ă  parier que Techno 100 va rapidement devenir votre livre de chevet. Et que, par voie de consĂ©quence, vous attendrez impatiemment le 9 avril 2019 pour admirer “RĂȘve Electro”, la prochaine exposition qui se tiendra jusqu’au 11 aoĂ»t 2019 Ă  la Philharmonie de Paris, avec Jean‐Yves Leloup comme commissaire. Et Ă©coutez la playlist qu’il a spĂ©cialement concoctĂ©e pour vous.

Lire l’article sur le site de Tsugi

Corentin Fraisse
Tsugi 21 septembre 2018