Sylvia Robinson
Godmother of hip-hop
AdulĂ©e pendant des annĂ©es et pourtant disparue dans lâindiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale, Sylvia Robinson a produit le premier disque de rap. Sa vie, son parcours et sa carriĂšre nâont jamais fait lâobjet dâun livre en France.
De ses dĂ©buts de chanteuse Ă quatorze ans, jusquâĂ son rĂšgne hip-hop dans les annĂ©es 80, Sylvia Robinson a traversĂ© plus de cinq dĂ©cennies de lâhistoire de la musique. Rhythmânâblues, soul, funk, rap, elle a connu autant de styles que dâĂ©poques, exerçant ses talents dâĂ©criture, de composition, et de production, dans chacun dâeux. DĂ©couvreuse dâartistes, patronne de plusieurs labels (All Platinum, Sugar HillâŠ), en plus dâune carriĂšre solo, câest Ă elle que lâon doit Rapperâs Delight, le premier disque de rap qui en 1979 amorce la dĂ©ferlante mondiale du genre. Faillites, renaissances, liaisons troubles, millions de disques et de dollars, lâhistoire de Sylvia Robinson est un scĂ©nariode film. Avec comme hĂ©roĂŻne une femme noire et indĂ©pendante, modĂšle de longĂ©vitĂ© dans un milieu sans pitiĂ©.
Revue de presse
Un Jour dans l'Histoire / Sylvia Robinson, The Godmother of Hip-hop Jonathan Remy RTBF // Un Jour dans l'Histoire 16 avril 2025
Sylvia Robinson : une biographie XXL sur la diva de la soul, pour en apprendre un peu plus Ă son propos Jazz Radio 22 mars 2025
Qui était vraiment Sylvia Robinson, "la marraine du hip-hop" ? Un ouvrage revient sur le parcours exceptionnel de cette visionnaire Laure Narlian FranceInfo 23 mars 2025
REAL MUZUL â Sylvia Robinson, Godmother of Hip-Hop ( Thibaud Allemand LM Magazine mars 2025
Sylvia Robinson, chanteuse soul, marraine du rap et redoutable productrice Thierry Sartoretti RTS // PremiĂšre 20 mars 2025
Sylvia Robinson, productrice de légende Thierry Sartoretti RTS // L'Actu Musique 14 mars 2025
Quand les artistes remontent aux sources : le phénomÚne des rééditions Frédéric Vandecasserie RTBF // Classic 21 15 mars 2025
Avec Sylvia Robinson, Love is (radically) Strange⊠Jean-Pierre Simard L'Autre Quotidien 24 février 2025
Sylvia Robinson, rĂ©parer lâinjustice BenoĂźt Carretier LibĂ©ration 22 fĂ©vrier 2025
Sylvia Robinson, Godmother of Hip-Hop Ulrick Parfum Soulbag 25 février 2025
_ Sylvia Robinson, Godmother Of Hip-Hop par Real Muzul La rédaction Soul Bag 28 novembre 2024
âSon flair a contribuĂ© Ă faire exploser le rap Ă la fin des annĂ©es 70. Mais qui se souvient de la productrice Sylvia Robinson ? Retour sur quatre de ses faits dâarmes, Ă lâheure oĂč le journaliste Real Muzul publie une biographie de la âmĂšre du hip-hopâ. Jamais encore la vie de Sylvia Robinson nâavait fait lâobjet dâun livre en France. DĂ©cĂ©dĂ©e le 29 septembre 2011 Ă 75 ans, dans une relative indiffĂ©rence hors de la presse spĂ©cialisĂ©e, la chanteuse, compositrice, productrice amĂ©ricaine est une figure mĂ©connue de lâindustrie musicale. CoiffĂ©e dâune casquette XXL, celle quâon surnommait la « mĂšre du hip-hop » concentrait pourtant un sacrĂ© talent pour la musique et les affaires. Chanteuse soul et RânâB dans les annĂ©es 1970 au sein du duo Mickey & Sylvia, Sylvia Robinson, nĂ©e Vanterpool, va peu Ă peu quitter la scĂšne pour les coulisses. Depuis son fief du New Jersey, elle deviendra lâune des premiĂšres femmes Ă sâimposer dans la production discographique mais aussi Ă diriger un label dâoĂč sortira le premier succĂšs de lâhistoire du rap, non sans quelques controverses. Lâauteur et journaliste musical Real Muzul retrace lâhistoire de cette visionnaire au flair imparable dans Sylvia Robinson : Godmother of Hip-Hop, monographie Ă©rudite publiĂ©e en fĂ©vrier 2025 aux Ă©ditions Le mot et le reste. Tour dâhorizon de ses coups dâĂ©clat.â
âDâincroyables coups de gĂ©nie et de sacrĂ©s coups fourrĂ©s. Sylvia Robinson, femme dâaffaire et femme au flair musical Ă nulle autre pareil, a vĂ©cu une vie incroyable. De jeune chanteuse Ă succĂšs, elle sâest construit un empire jusquâĂ devenir celle quâon appelle la marraine du hip-hop. Et si, dans ce titre honorifique, on distingue lâaccent de la mafia, ce nâest en rien une coĂŻncidence. De ses mains, de ses oreilles, sont nĂ©s dâinnombrables tubes imparables et, surtout, de grande premiĂšre dans lâindustrie musicale : le premier tube de rap, le premier disque de rap portĂ© par des femmes, le premier morceau de rap conscient,⊠On se plonge dans lâunivers des studios-usines, des riffs ravageurs, des musiciens exploitĂ©s, des samples et des boites Ă rythmes avec Real Muzul, auteur du livre Sylvia Robinson, the godmother of hip-hop. Il est au micro de Jonathan Remy. â
âAvis Ă tous les amateurs de jazz : nous vous recommandons vivement de lire la biographie de Sylvia Robinson, âGodmother of hip-hopâ, rĂ©digĂ©e par lâĂ©crivain français, Real Muzul. En effet, il y a Ă©normĂ©ment de choses Ă dire sur lâexistence et la carriĂšre de la diva de la soul, qui deviendra la pionniĂšre du rap Ă la fin des annĂ©es 1970. Il est vrai quâĂ lâĂ©poque, Sylvia Robinson ne passe pas inaperçue avec sa Cadillac et sa casquette vissĂ©e sur la tĂȘte. En 1970, lâartiste a quarante ans, et dĂ©jĂ une grande expĂ©rience au sein de lâindustrie musicale Ă son actif. Elle a dâailleurs ouvert sa propre maison de disques All Platinium Records, avec son mari. Pour les artistes afro-amĂ©ricains, cette enseigne est un ticket garant, direction le succĂšs. Toutefois, au fil du temps, Sylvia Robinson se forge une rĂ©putation de femme dâaffaires sans pitiĂ©.
Cette biographie Ă©voque certes, lâexistence intrĂ©pide de Sylvia Robinson, mais dĂ©voile aussi de nombreux secrets Ă propos de lâindustrie musicale amĂ©ricaine. Il est vrai que le monde du show-business est impitoyable, surtout Ă lâĂ©poque. En rĂ©alitĂ©, cet ouvrage nâest pas seulement une biographie, mais presque un polar riche en rebondissements. Une chose est sĂ»re : il Ă©tait trĂšs difficile pour une femme noire de se faire une place dans ce milieu, essentiellement masculin. Mais cela nâa pas Ă©tĂ© un problĂšme pour Sylvia Robinson, qui est rapidement devenu un vĂ©ritable requin de lâindustrie. Lâartiste fait donc partie intĂ©grante de lâhistoire de la musique afro-amĂ©ricaine, du rock au rap, en passant par la soul et le disco. Effectivement, Sylvia Robinson est une touche-Ă -tout, et tout ce quâelle entreprend lui rĂ©ussi. AprĂšs All Platinium Records vient lâĂšre Sugar Hill Records. Le rap nâest alors quâune musique de fĂȘte, surtout prĂ©sente dans les cours du Bronx. Sylvia Robinson dĂ©cide de mettre la main Ă la pĂąte, en montant son groupe idĂ©al, le Sugarhill Gang, avec lequel elle enregistre le cĂ©lĂšbre titre âRapperâs Delightâ. Il marque le dĂ©but dâune nouvelle mode, celle dâun rap US Ă succĂšs. Et Sylvia Robinson y est pour quelque chose !â
â (âŠ) SurnommĂ©e âla marraine du hip-hopâ, Sylvia Robinson est connue pour avoir sorti, en 1979, le tout premier disque de rap de lâhistoire, Rapperâs Delight, une tornade au succĂšs mondial signĂ©e Sugarhill Gang, un groupe quâelle avait montĂ© artificiellement en toute hĂąte. Hormis ce haut fait dâarmes, que sait-on dâelle ? Dans un ouvrage qui vient de paraĂźtre aux Ă©ditions Le Mot et le reste, Sylvia Robinson, Godmother of Hip-Hop, lâauteur et journaliste Real Muzul revient sur la trajectoire de cette Afro-AmĂ©ricaine aux mille talents, disparue en 2011.
Artiste prĂ©coce, chanteuse, musicienne, mais aussi productrice, manageuse, patronne de label et redoutable femme dâaffaires, la New-yorkaise Sylvia Robinson Ă©tait une visionnaire qui a ouvert la voie Ă la commercialisation du rap. Comme le montre Real Muzul dans cette biographie pour laquelle il a Ă©pluchĂ© la presse dâĂ©poque et interrogĂ© musiciens et piliers de studios, on ne lui doit pas que le premier disque de rap. On peut Ă©galement crĂ©diter Sylvia Robinson pour avoir sorti le premier maxi dâun DJ de hip-hop sur lequel on entend mixer et scratcher, dâavoir publiĂ© le premier disque dâun groupe de rap fĂ©minin et dâavoir senti la premiĂšre le potentiel politique du rap en poussant Grandmaster Flash & The Furious Five Ă enregistrer The Message, allumant la mĂšche du rap âconscientâ. Enfin, en montant le premier label de hip-hop, Sugar Hill Records, elle a posĂ© la premiĂšre pierre de la fructueuse industrie du rap que lâon connaĂźt aujourdâhui. Cela fait beaucoup de rĂ©volutions pour une seule femme, sur lesquelles revient Real Muzul dans cet entretien. (âŠ)â
â1979. Fondatrice de Sugar Hill Records, Sylvia Robinson lance⊠The Sugarhill Gang et le tube Rapperâs Delight. Le reste appartient Ă lâHistoire. Pas si vite ! Surtout connue pour son rĂŽle majeur dans lâessor du hip-hop donc, cette New-Yorkaise nĂ©e en 1935 eut mille vies : chanteuse et guitariste avec Mickey Baker dans les 50âs, songwriter pour dâautres durant les annĂ©es disco, artiste solo, puis femme dâaffaires, elle fit Ă©normĂ©ment pour le dĂ©veloppement
des musiques noires en gĂ©nĂ©ral. Celle qui disparut dans un oubli relatif, en 2011, se voit gratifiĂ©e dâun bel hommage. Ce livre est fouillĂ©, documentĂ© et parfaitement narrĂ© par Real Muzul, Ă qui lâon doit une impeccable biographie de George Clinton, et co-animateur de Get
Busy avec Sear.â
âLe livre âSylvia Robinson, Godmother of Hip-Hopâ, signĂ© Real Muzul, retrace la vie XXL de celle qui fut chanteuse de rockânâroll en 1956, puis productrice soul, diva disco et pionniĂšre du rap en 1979 avec le premier disque de Sugarhill Gang et son tube âRapperâs Delightâ.
Dans le New York plutĂŽt malfamĂ© des annĂ©es 1970, sa Cadillac XXL et son Ă©norme casquette ne passent pas inaperçues. La quarantaine, musicienne, chanteuse, productrice et surtout patronne de maison de disques avec son mari Joe, Sylvia Robinson suscite autant la convoitise quâune certaine mĂ©fiance. Convoitise, car All Platinum Records peut ĂȘtre la porte dâentrĂ©e vers le succĂšs pour un artiste afro-amĂ©ricain en quĂȘte de carriĂšre discographique. MĂ©fiance, car sa rĂ©putation de femme dâaffaires est sulfureuse, au point de lui valoir le surnom peu flatteur de âSylvia Rob-a-Niggerâ. âRobâ, câest pour voleuse. Le reste, on vous laisse le traduire par vous-mĂȘme.â
âGuitariste, compositrice et surtout patronne afro-amĂ©ricaine de maison de disques: de ses dĂ©buts dans les annĂ©es 50 Ă la sortie du premier disque de rap en 1979, Sylvia Robinson aura Ă©tĂ© de tous les bons et mauvais coups. Un livre, signĂ© Real Muzul et paru chez lâĂ©diteur Le mot et le reste, lui rend hommage. Thierry Sartoretti feuillette les bonnes pages de Sylvia Robinson. Godmother of hip-hop.â
âLĂ , tant quâĂ parler de retour aux sources, on Ă©voquera aussi le livre (Editions Le Mot et le Reste) consacrĂ© Ă Sylvia Robinson, pionniĂšre de la musique et figure emblĂ©matique de lâindustrie musicale amĂ©ricaine. Productrice du premier disque de rap fĂ©minin, figure du blues, de la soul, du rânâb, du rap, de la funk et femme dâaffaires impitoyable, Sylvia avait une vision rare des choses. Dâautrice-compositrice Ă productrice, puis PDG dâun label, la â reine-mĂšre â sâest illustrĂ©e Ă chacun de ces postes. Sylvia Robinson a donc jouĂ© un rĂŽle crucial dans lâĂ©mergence du hip-hop. En 1979, elle a cofondĂ© le label Sugar Hill Records, qui est devenu le berceau de nombreux artistes influents. Câest sous ce label quâelle a produit Rapperâs Delight du Sugarhill Gang, souvent considĂ©rĂ© comme le premier grand succĂšs commercial du hip-hop. Ce morceau a non seulement popularisĂ© le genre, mais a Ă©galement ouvert la voie Ă une nouvelle Ăšre musicale. Robinson a compris le potentiel du hip-hop bien avant que dâautres ne le rĂ©alisent. Son approche innovante et son engagement envers les artistes ont permis Ă de nombreux talents de se faire connaĂźtre. Elle a Ă©galement Ă©tĂ© lâune des premiĂšres Ă intĂ©grer des Ă©lĂ©ments de funk et de disco dans le hip-hop, crĂ©ant ainsi un son unique. Elle a ouvert la voie Ă de nombreux artistes et a contribuĂ© Ă façonner le paysage musical moderne. Son travail a Ă©tĂ© reconnu par de nombreux prix et distinctions, et elle a Ă©tĂ© intronisĂ©e au Rock and Roll Hall of Fame en 2019.â
âLire en intĂ©gralitĂ©â: https://www.rtbf.be/article/quand-les-artistes-remontent-aux-sources-11516487
âComposĂ© en 1956 sous pseudo par Bo Diddley, le tube/standard de Mickey (Baker) et Sylvia (Robinson) Love is Strange est parfait. Tellement mĂȘme quâil ressurgi dans les charts Ă chaque fois que ladite Sylvia en a eu besoin. Mais lâhistoire ne sâarrĂȘte heureusement pas lĂ pour elle qui, de coups foireux en arnaque au petit pied, a rĂ©ussi Ă construire une carriĂšre de directrice artistique et de productrice avec usine de pressage pour la musique black finalement rĂ©compensĂ©e, sur le tard. Entre temps, elle aura adoptĂ©, pour durer, toutes les modes musicales et produit les deux plus grands tubes du hip-hop : Rapperâs Delight et The Message. Coup dâĆil dans le rĂ©tro â câest trop ! DĂ©couverte Ă 14 ans par Hot Lips Page, le trompettiste qui a accompagnĂ© toutes les figures notoires du jazz dâaprĂšs-guerre au dĂ©but des fifties, Sylvia Vanterpool va trouver le chemin du succĂšs avec Les McCann qui va la faire signer et enregistrer sous le nom de Little Sylvia ( rapport Ă son Ăąge) quelques faces pour Savoy et Jubilee. En 1955 elle rencontre Mickey avec lequel elle va monter un duo â et il va lui apprendre Ă jouer de la guitare, car câest un requin de studio qui Ă©crira nombre ouvrages de rĂ©fĂ©rence sur le sujet. En 1956 sort âLove is Strangeâ sur Groove Records qui va prendre son temps pour faire un carton et Ă©tablir durablement le duo qui ne rĂ©ussira jamais Ă rĂ©itĂ©rer cet exploit.
Les deux se sĂ©parent en 1962 : Mickey filant sâĂ©tablir Ă Paris pour refaire du studio et composer pour dâautres, pendant que Sylvia sâaccroche au business Ă New-York et y rencontre Joe Robinson qui va rester longtemps son partenaire avec All Platinum Records. Les deux producteurs aux rĂŽles bien dĂ©finis, Ă Joe le business et Ă Sylvia la DA, les compos et la prod musicale, vont bientĂŽt sâapercevoir que pour avoir les mains libres, il faut diriger et possĂ©der toute la chaĂźne de production/distribution discographique et ainsi vont possĂ©der studio et usine de pressage , pour ce faire. De bons en mauvais coups, ils vont ĂȘtre obligĂ©s de faire affaire avec Morris Levy, le mafieux propriĂ©taire de Roulette Records â le mĂȘme qui obligera Lennon Ă enregistrer son album RockânâRoll pour suspicion de pompage des classiques sur certains de ses titres, comme sur certains de ceux des Beatles. Mais Lennon avait un bon avocat et sâen est sorti. De leur cĂŽtĂ©, les Robinson verront leurs dettes Ă©pongĂ©es contre de grosses parts de leurs boĂźtes; selon lâusage en vigueur : âAn offer you canât refuse⊠â CĂŽtĂ© carriĂšre, Sylvia tentera tout pour rester Ă flot et se faire une place dans les charts, Ă grands coups de ressortie sous de nouveau formats ou de rĂ©utilisation de titres un peu reliftĂ©s pour faire lâaffaire, quand ce ne seront pas des covers exportĂ©es pour occuper les charts Ă©trangers . Ce, jusquâen 1974 oĂč par la grĂące dâun titre composĂ© pour ( et refusĂ© par) Al Green, elle fera un second carton avec Pillow Talk, genre de bluette toute poitrine en avant qui passera et fera sensation. Pour le cĂŽtĂ© lascif, ça passe, mais pour le contenu, on peut prĂ©fĂ©rer ⊠Bette Davis, un peu plus wild.
En 1979, Sylvia Robinson est invitĂ©e dans une soirĂ©e au cours de laquelle elle dĂ©couvre le hip hop , un nouveau genre musical qui sâest dĂ©veloppĂ© au cours des annĂ©es 1970 dans le Bronx. En percevant le potentiel commercial du rap, elle fait enregistrer une bande son par des musiciens et tente de recruter des rappeurs afin de rĂ©aliser un disque. Elle fait appel Ă trois jeunes amateurs dâEnglewood, New Jersey : Henry Jackson (dont le nom de scĂšne est Big Bank Hank), Guy OâBrien (Master Gee) et Michael Wright (Wonder Mike). Le trio, baptisĂ© The Sugarhill Gang, enregistre le single Rapperâs Delight, Ă©ditĂ© par le label Sugar Hill Records que Sylvia Robinson a fondĂ© avec son mari. ClassĂ© 4e du hit-parade rhythm and blues et 36e du Billboard Hot 100 en 1979, il est considĂ©rĂ© comme le premier hit du genre. Le label connaĂźt Ă©galement le succĂšs grĂące Ă Grandmaster Flash and the Furious Five. Leur titre The Message, 4e du hit-parade rhythm and blues en 1982, inspire les artistes de rap Ă Ă©crire des textes socialement engagĂ©s. Mais Ă force dâoublier de prĂ©venir les ayants-droits et de verser la moindre royalty, Sylvia la Godmother of Hip hop va morfler grave. Dâabord Chic qui reconnaĂźt Good Times en fond du Rapperâs Delight et va obliger les Robinson Ă conclure un accord financier Ă lâamiable qui les reconnait comme auteurs du titre. Puis, ce sera Grand Master Flash qui attaquera au pĂ©nal pour non paiement des royalties. Les musiciens de studio de Sugarhille Gang iront sâexpatrier Ă Londres pour aller bosser avec Adrian Sherwood et connaĂźtre un meilleur sort. Des annĂ©es plus tard, Sylvia sera reconnue comme une grande entrepreneuse du business musical black et recevra moult rĂ©compenses. Lâhistoire ne dit pas si câest pour la longue carriĂšre en dents de scie ou le fait dâavoir durĂ©. Je vous sent un peu feignant sur le coup; alors que lâhistoire est passionnante, mĂȘme si pas toujours ragoutante. Je lâai lu, Ă vous de jouer ! Vous nâen saurez pas plus, sinon Ă quoi sert de sortir des livresâŠâ
âGodmother of Hip-Hop, la monographie signĂ©e du journaliste Real Muzul, ne semble avoir quâun but : sortir Sylvia Robinson des oubliettes de lâhistoire musicale. Car le nom de lâAmĂ©ricaine, aujourdâhui, nâĂ©voque pas grand-chose, Ă part Ă quelques Ă©rudits ou Ă des forcenĂ©s des dĂ©buts du hip-hop amĂ©ricain. Cofondatrice du label Sugarhill Records en 1979 avec son mari, Sylvia Robinson est la femme derriĂšre les premiers tubes du hip-hop, produisant en 1979 le Rapperâs Delight de Sugarhill Gang (et ses 14 minutes ancrĂ©es dans la mĂ©moire collective) ou, en 1982, le classique The Message de Grandmaster Flash and the Furious Five. PionniĂšre de lâindustrie musicale, directrice artistique, elle a jouĂ© un rĂŽle central dans la propagation du hip-hop dans la culture populaire. Mais restĂ©e dans lâombre, ce nâest quâaprĂšs son dĂ©cĂšs en 2011 que cette redoutable, mais finalement discrĂšte femme dâaffaires a commencĂ© Ă voir son rĂŽle reconnu Ă sa juste valeur. Plus quâune biographie, un hommage.â
âLa qualitĂ© dâune biographie se jauge dĂ©jĂ par le choix de son sujet. Celui de Sylvia Robinson se rĂ©vĂšle gagnant. PersonnalitĂ© complexe et mĂ©connue ayant alternĂ© rĂ©ussites fracassantes et Ă©checs retentissants, la New-Yorkaise (1935-2011) a traversĂ© lâhistoire de la musique noire-amĂ©ricaine en y exerçant Ă peu prĂšs toutes les fonctions : chanteuse-guitariste aux cĂŽtĂ©s de Mickey Baker de 1955 Ă 1965 (leur single Love is strange se vendit Ă plus dâun million dâexemplaires), songwriter (le fameux tube proto-disco Shame, shame, shame, interprĂ©tĂ© par Shirley & Companyâs en 1974, câĂ©tait elle), artiste solo (convaincue, malgrĂ© lâopinion nĂ©gative dâAl Green, du potentiel commercial de sa chanson Pillow talk, elle entreprit de la chanter elle-mĂȘme, obtenant un n°1 R&B en mĂȘme temps quâun hit crossover en or massif), PDG de labels avec son mari Joseph (All Platinum, consacrĂ© Ă la soul ou Sugar Hill Records, qui Ă©dita lâun des morceaux fondateurs du hip-hop naissant, Rapperâs delight). Ultime fait dâarmes en 1982 : la publication de The message par Grand Master Flash, lâun des premiers raps Ă consonances sociales. Dans un style alerte et imagĂ©, lâauteur, empathique mais jamais complaisant, dissĂšque avec minutie les failles et controverses qui entourĂšrent la vie de cette femme courageuse, indĂ©pendante et au caractĂšre bien trempĂ© : sa naĂŻvetĂ© (elle se fit rouler dans la farine par Ike Turner), ses carences de gestionnaire (elle fit plusieurs fois faillite), ses forfaitures (les accusations de plagiat, dont la plus cĂ©lĂšbre, dĂ©gainĂ©e par Nile Rodgers, fut rĂ©glĂ©e Ă lâamiable). AprĂšs le faste du dĂ©but des annĂ©es 1980, la chute sera brutale : dĂ©pĂŽts de bilan, procĂšs, problĂšmes familiaux⊠Et ce succĂšs qui sâĂ©loigne dĂ©finitivement, jusquâĂ lâincendie tragique des locaux de Sugar Hill, faisant partir en fumĂ©e 90 % de âdĂ©cennies de travail et dâhistoireââŠâ
BRĂVES
La formidable maison dâĂ©dition Le Mot et Le Reste, bien connue de nos lecteurs pour publier frĂ©quemment des ouvrages consacrĂ©s aux musiques et aux artistes dĂ©fendus par Soul Bag, sâenrichit dâune nouvelle biographie consacrĂ©e Ă Sylvia Robinson, la marraine du hip-hop, de ses dĂ©buts de chanteuse Ă 14 ans Ă son ascension musicale dans les annĂ©es 1980.
Notre camarade Real Muzul, dĂ©jĂ responsable dâun livre sur George Clinton (P-funk : lâodyssĂ©e de George Clinton), rĂ©vĂšle notamment lâimpact de sa carriĂšre dâune cinquantaine dâannĂ©es sur lâhistoire de la musique, entre faillites, renaissances, liaisons troubles, dĂ©couvertes de talents ou encore crĂ©ations de labels, dont le fameux Sugar Hill Records, quâelle codiriga avec son mari et qui donna naissance au single Rapperâs delight, le premier hit du genre. Sortie prĂ©vue le 21 fĂ©vrier 2025.