🔍
Parution : 19/06/2014
ISBN : 9782360541324
136 pages (148x210)

16 €

Sun Ra

Palmiers et Pyramides

Joseph Ghosn, dĂ©jĂ  auteur d’un ouvrage sur La Monte Young, n’a pas reculĂ© devant l’ampleur de l’Ɠuvre de Sun Ra et signe un livre accessible sur l’un des artistes les plus complexes et plus prolifiques du 20Ăšme siĂšcle.
Nathalie Troquereau – Gonzaï

Sun Ra est un des musiciens les plus remarquables de l’histoire du jazz, son style englobant autant le swing de Fletcher Henderson que le free jazz, parfois dans un seul et mĂȘme titre. Il fait ses dĂ©buts Ă  Chicago, en 1950, et devient un des premiers jazzmen Ă  enregistrer et Ă  vendre ses propres disques – via son label Saturn – mais Ă©galement Ă  utiliser des instruments Ă©lectroniques, ce qui fait de lui un acteur indispensable de la scĂšne jazz d’avant-garde.

Sun Ra se considĂ©rait comme un produit du cosmos, voyageant Ă  travers l’espace avec une troupe de musiciens hauts en couleur qui regroupaient autour de lui une multitude de percussions et d’instruments inhabituels, des chanteurs, des danseurs et des pratiquants d’arts martiaux, le tout dans des costumes faits maison. Joseph Ghosn nous prĂ©sente la vie de ce personnage unique et analyse la discographie de ce pionnier, montrant sa double tentation : entre pop et avant-garde, exotisme et expĂ©rimentation.

Revue de presse

- Interview - Rencontre avec un journaliste et écrivain amateur de jazz, Joseph Ghosn Franck Médioni Improjazz septembre 2018
- Astro Black Jean-Pierre Simard Rolling Stone Octobre 2014
- Le mot et le reste : cinq ouvrages d'une rentrée musicale Adrien Sourdoreille 21 octobre 2014
- Trois livres pour passer de belles vacances au pays de la Rétromanie Stéphane Deschamps Les Inrockuptibles 16 juillet 2014
- Sun Ra, soleil noir Sophian Fanen Libération 15 août 2014
- Sun Ra et l'afro-futurisme, une certaine idée de l'histoire de l'afro-américanité Maxime Delcourt Slate 15 août 2014
- Loué soit Sun Ra, le musicien qui fut enlevé par des extraterrestres Fabrice Pliskin Le Nouvel Observateur 18 juillet 2014
- Des bonnes feuilles à lire ! Le Nouvel Obs // BibliObs 10 août 2014
- Sun Ra, produit du cosmos Elsa Boublil France Inter // Summertime mardi 22 juillet
- Sun Ra en direct de Saturne Jean Rouzaud Novaplanet 23 juin 2014
- Sun Ra Nathalie Troquereau GonzaĂŻ 23 juin 2014

- Interview - Rencontre avec un journaliste et écrivain amateur de jazz, Joseph Ghosn

La rencontre avec la musique s’est faite en arrivant en France. D’abord avec la pop, double face : Prince d’un cĂŽtĂ©, Jesus and Mary Chain de l’autre. 1984, 1985. J’ai plutĂŽt suivi le chemin des seconds puis remontĂ© pas mal de choses, des sentiers, plus ou moins obliques. C’est en Ă©coutant des groupes comme Sonic Youth que j’ai dĂ©couvert que d’autres dans le jazz, avant eux, avaient aussi eu une dĂ©marche similaire : celle de l’indĂ©pendance, Ă©conomique et artistique. Deux figures me sont alors apparues : Sun Ra et Pharoah Sanders. Les chocs sont arrivĂ©s en achetant des disques : Sketches of Spain de Miles et Night of the Purple Moon de Sun Ra chez Da Capo, un bouquiniste disparu de la rue des Écoles. Nidhamu, Space is the Place de Sun Ra et Black Unity de Pharoah Sanders dans la foulĂ©e dans un magasin du Marais. Puis, Coltrane (Alice et John, John et Alice). Et pas mal d’autres musiciens avec toujours un penchant pour l’indĂ©pendance, les autoproduits. Qui se sont longtemps confondus pour moi avec le free : je me souviens d’un article de Thurston Moore qui listait ses disques free favoris dans les annĂ©es 90 : j’ai Ă©cumĂ© les bacs de Paris Jazz Corner pour les trouver et en route je dĂ©couvrais beaucoup d’autres choses dont les livres de LeRoi Jones


Je joue des synthĂ©tiseurs de toutes sortes. SĂ©quenceurs et logiciels. J’aime le contact avec l’électronique qui a vieilli, les machines sur lesquelles on a transpirĂ© et qui en ont rouillĂ©.

Je suis davantage des labels que des musiciens. Ces derniĂšres annĂ©es je me suis surtout intĂ©ressĂ© aux labels qui rééditent des choses obscures qui font dĂ©couvrir le passĂ© comme s’il Ă©tait prĂ©sent. Je pense Ă  Now Again, Soul Jazz, etc.

La musique, j’en Ă©coute tout le temps, j’y reviens sans cesse, c’est la musique qui me stimule le plus et que j’explore sans jamais la dĂ©limiter. Ce que reprĂ©sente le jazz pour moi ? À peu prĂšs tout ce qui est vivant.

Sun Ra Arkestra, Archie Shepp & Sunny Murray

Parmi mes souvenirs forts de concerts de jazz, le Sun Ra Arkestra Ă  New York. Plusieurs fois. Une folie Ă  chaque fois. Archie Shepp et Sunny Murray dans les jardins des Tuileries un jour de printemps. FilmĂ© en super 8. Sunny Murray dans une Ă©cole d’art vers Bastille, au dernier Ă©tage, avec le soleil qui s’échappe peu Ă  peu et lui qui colore l’espace. Le New York Art quartet avec Milford Graves Ă  Banlieues Bleues. Peter Brötzmann Ă  Beyrouth et une soirĂ©e Ă  discuter avec lui dans la foulĂ©e.William Parker et son groupe Ă  la Knitting Factory Ă  la fin des annĂ©es 90, durant une escale d’une nuit Ă  NYC. Derek Bailey solo Ă  la Fondation Cartier.

Mes albums de jazz préférés :

Journey into Satchidananda d’Alice Coltrane

Live at Birdland de John Coltrane

Eastern Sounds de Yusef Lateef

Africa Brass de John Coltrane

Thembi de Pharoah Sanders

Africa Skies de Phil Cohran

Up to the light de Jef Gilson

Sweet Earth flying de Marion Brown

Mwandishi de Herbie Hancock

Washington Suite de Lloyd McNeill

George Arvanitas trio in concert

Heart is a lotus de Michael Garrick

The beginning & a new birth de World’s Experience orchestra

Nidhamu / Cosmic Tones / When Sun Comes Out de Sun Ra.

Sun Ra, palmiers et pyramides

Le livre Sun Ra, palmier et pyramides est nĂ© d’une envie d’écrire sur ce musicien. Je l’écoute depuis mon adolescence. Je l’ai alors dĂ©couvert en Ă©coutant du rock, et des groupes comme Spacemen 3 et Sonic Youth, ainsi que le MC5 et les Stooges. Ces quatre-lĂ , bien que de gĂ©nĂ©rations et pays diffĂ©rents, le citaient et il y avait une filiation entre Sun Ra, le MC5 et Spacemen 3. En tout cas, c’est ainsi que cela m’apparaissait et je me suis mis Ă  chercher ses disques. A l’époque, les annĂ©es 90, ceux-ci Ă©taient rares et difficiles Ă  trouver. Surtout si l’on avait envie de tout Ă©couter. Ensuite, deux livres m’ont aiguillĂ© : la discographie The Earthly Recordings, sortie dans les annĂ©es 90 puis rĂ©actualisĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 2000. Ensuite, la biographie de Sun Ra par John Szwed, qui me frustrait beaucoup. Remplie d’infos, trĂšs documentĂ©e, elle n’interrogeait pas tellement la musique mĂȘme ni la façon dont celle-ci s’était dissĂ©minĂ©e Ă  travers plusieurs genres.

Il y a aussi un autre fait, assez marquant pour moi. J’ai longtemps Ă©crit sur la musique, dans une presse plutĂŽt pop (Magic, Les Inrockuptibles). Partout, je lisais Sun Ra citĂ©. Aux Inrocks, les secrĂ©taires de rĂ©daction affirmaient mĂȘme que Sun Ra Ă©tait sans doute le musicien le plus citĂ© en rĂ©fĂ©rence dans les articles qu’ils corrigeaient. Pour autant, trĂšs peu de vrais papiers sur lui. Il Ă©tait une rĂ©fĂ©rence spectrale pour beaucoup, sans doute une façon de pointer une esthĂ©tique, entre jazz et expĂ©rimentation, pour ceux qui n’écoutaient pas vraiment cela mais avaient trouvĂ© lĂ  un symbole, peut-ĂȘtre un totem. C’est sans doute pour cela qu’en quittant les Inrocks, j’ai eu le besoin d’écrire sur deux personnalitĂ©s trĂšs citĂ©es, mais jamais vraiment affrontĂ©es par la presse pop et rock, et que j’écoutais beaucoup, que je collectionnais et avec les disques desquels j’avais passĂ© beaucoup de temps. LaMonte Young et Sun Ra.

PolaroĂŻds sonores

Sun Ra, ce sont des singularitĂ©s d’abord musicales et subjectives en ce qui me concerne. J’aime le son de ses disques, son jeu de piano, sa façon trĂšs dĂ©complexĂ©e de s’emparer des synthĂ©tiseurs et d’en sortir des sonoritĂ©s acides. Cela dit, contrairement Ă  beaucoup, je le trouve immensĂ©ment doux. Ses moments calmes sont splendides. Et puis je trouve sa singularitĂ© dans sa façon de se renouveler en permanence en laissant des Ă©lĂ©ments extĂ©rieurs pĂ©nĂ©trer sa musique et la changer : la rĂ©verbĂ©ration accidentelle dans les disques new-yorkais du dĂ©but des annĂ©es 60, le Moog dans les annĂ©es 70, la disco, les boĂźtes Ă  rythme et les guitares Ă©lectriques juste avant les annĂ©es 80, les instruments exotiques aussi sur un disque qui s’appelle Strange Strings. Je trouve aussi trĂšs intĂ©ressant le fait qu’il considĂ©rait que son groupe Ă©tait avant tout un groupe de percussionnistes : je crois que sa modernitĂ© jamais dĂ©mentie tient beaucoup Ă  cela. On peut toujours ramener ses morceaux Ă  un squelette rythmique, une ligne de basse. Quelque chose d’hypnotique qui passe par la pulsion. Et c’est ce qui permet l’expĂ©rimentation, je crois.

Ensuite, ses singularitĂ©s sont aussi Ă  regarder d’un point de vue Ă©conomique. Il sortait ses disques lui-mĂȘme, ce qui leur donnait un son trĂšs particulier, souvent lo-fi mais toujours empli d’urgence, d’instantanĂ©itĂ©. Les disques Saturn, surtout Ă  partir de la fin des annĂ©es 60, donnent l’impression d’avoir captĂ© un moment qui commençait avant et se dĂ©roulait aprĂšs. Ce sont, je crois, des polaroĂŻds sonores. Et leur beautĂ© tient Ă  cela, Ă  cette fragilitĂ© qu’ils captent.

Les expĂ©rimentations de Sun Ra sont d’abord discographiques. De grands disques d’expĂ©riences sonores, de recherches soniques et de limitĂ©s repoussĂ©es. Magic City, Atlantis, Strange Strings, Cosmic Tones For Mental Therapy, Disco 3000, etc. Elles se trouvent ensuite dans le mixage, souvent radical mais comme Ă©manant des nĂ©cessitĂ©s du moment. L’équilibre est prĂ©caire, et parfois l’impression est forte d’entendre un groupe au loin et, d’un coup, un coup de piano, de synthĂ©, vient en premier plan tout bousculer et remettre de la perspective, de l’espace. Il y a aussi l’expĂ©rience communautaire. Sun Ra faisait vivre un grand orchestre, contre l’économie des Ă©poques qu’il traverse et l’expĂ©rience sociale est lĂ , dans ce groupe uni autour de lui, souvent de façon prĂ©caire.

Souvenirs de l’Arkestra

Mes souvenirs de l’Arkestra sont essentiellement liĂ©s Ă  New York, la Knitting Factory et d’autres clubs. Des disques achetĂ©s aprĂšs les concerts, sur la scĂšne, sortis de cartons, vendus par les musiciens. Je me souviens de l’apparat, des costumes, je me souviens d’une interview avec Marshall Allen aprĂšs un concert, il y a plus de 20 ans. Mais je crois que pour moi, cette musique demeure plus belle sur disque que sur scĂšne. Parce que c’est ainsi que j’ai appris Ă  l’écouter sans doute. Mais j’aime la façon dont le vinyle rend compte de l’Arkestra, avec une Ă©trange forme d’humilitĂ© et un son qui n’a pas grand chose Ă  voir avec le reste du genre, que ce soit dans le jazz ou ailleurs. D’ailleurs, je n’ai jamais perçu Sun Ra comme issu d’une catĂ©gorie, mais plutĂŽt comme un explorateur, nĂ© dans le jazz, et qui y a mis tout ce qu’il trouvait de moderne sur son chemin, Ă  commencer par les magnĂ©tophones dĂšs les annĂ©es 1940/1950. S’enregistrer soi-mĂȘme Ă©tait sans doute la meilleure idĂ©e qu’il ait eu, qui rĂ©sume Ă  la fois son avant-gardisme, son indĂ©pendance et aussi le fait que sa musique est avant tout destinĂ©e Ă  l’enregistrement et qu’il la pensait ainsi, prise dans un mĂ©dium.

Jazz & littérature

J’ai Ă©crit sur Sun Ra, mais je ne me risquerais pas Ă  Ă©crire encore sur le jazz : c’est trop prĂ©sent dans mes oreilles et l’écrire ce serait m’en dĂ©barrasser – ce dont je n’ai pas envie. La musique, le jazz a-t-il un impact, une influence sur mon Ă©criture.Peut-ĂȘtre le rythme. Mais je ne saurais le dire. C’est davantage la poĂ©sie et l’énergie des textes de quelques auteurs et critiques qui m’ont marquĂ© : Leroi Jones / Amiri Baraka en tĂȘte. Oui, j’écoute trĂšs souvent de la musique en Ă©crivant, parce que cela stimule l’écriture, l’entraĂźne. MĂȘme si parfois le silence s’impose aussi.

La relation entre jazz et littĂ©rature se forge dans la lĂ©gende, le croisement des mythes et des mythologies. À part cela, je ne sais pas trop. J’aime bien quand un roman capte son Ă©poque Ă  travers la musique. Je pense notamment Ă  Manchette qui, dans La position du tireur couchĂ©, cite un morceau de free jazz, un morceau de Marion Brown je crois. La citation seule, le fait que les personnages Ă©coutent, suffit Ă  dire ce qu’ils ressentent et la tension qui les habite. C’est peut-ĂȘtre cela qui tient tout, jazz, musique, littĂ©rature : la tension.

Retrouvez cet entretien sur le site d’Improjazz

Franck Médioni
Improjazz septembre 2018

- Astro Black

NĂ© en 1914 dans l’Alabama, Sonny Blount va faire passer la musique dans d’autres sphĂšres, fondant son Arkestra pour divulguer une idĂ©ologie Ă©gypto-galactique en remĂšde Ă  la sĂ©grĂ©gation. Du jazz classique au free, avec une pensĂ©e musicale qui perdure. Inimitable Sun Ra, dĂ©taillĂ© ici par un Ghosn en forme. Space is the place !

Jean-Pierre Simard
Rolling Stone Octobre 2014

- Le mot et le reste : cinq ouvrages d'une rentrée musicale

Un livre dĂ©diĂ© Ă  Sun Ra, cent ans aprĂšs la naissance de l’astre divin. PrĂ©curseur de la musique indĂ©pendante en prenant lui-mĂȘme en charge l’enregistrement et la commercialisation de ses albums avec son Label Saturn, l’artiste Ă  l’esthĂ©tique exotique et futuriste fut le premier Ă  incorporer des sonoritĂ©s Ă©lectroniques dans le jazz. Joseph Gohn, rĂ©dacteur en chef du mensuel culturel Obsession du Nouvel Observateur, auteur entre autre d’un Éssai sur la vie nomade de la musique avec Musiques numĂ©riques, bidouilleur Ă©lectro Ă  ses heures, dresse le portrait d’un artiste sans frontiĂšre musicale, en orbite entre la musique expĂ©rimentale et la pop, de l’avant-garde jazz au rock. Vingt et un an aprĂšs sa mort, il retrace l’importante discographie de Herman Pool Blount, l’homme qui se cachait derriĂšre l’habit de pharaon, prĂ©chant une lumineuse philosophie cosmique (le passage des annĂ©es 60 oblige).

LA TOTALITÉ DE L’ARTICLEEST À RETROUVERSUR LE SITE DE LA SOURDOREILLE

Adrien
Sourdoreille 21 octobre 2014

- Trois livres pour passer de belles vacances au pays de la Rétromanie

“Fais-moi oublier RĂ©tromania”, aurait demandĂ© Simon Reynolds Ă  François Gorin tout en sirotant un drĂŽle de thĂ© au dĂ©but d’un dialogue socratique imaginaire. C’est le dispositif fictionnel du dernier livre de Gorin, auteur et rock-critic français Ă©mĂ©rite, dĂ©sormais hĂ©bergĂ© chez TĂ©lĂ©rama : inviter dans son salon l’auteur du livre RĂ©tromania (ce gros pavĂ© dans la mare de la modernitĂ©, dont la thĂšse mĂ©lancolique Ă©tait de dĂ©montrer que le rock, c’est fini pliĂ©, refroidi par les rééditions, les rĂ©formations, la nostalgie et le poids de l’histoire) pour discuter de choses et d’autres.
Tout en restant intĂ©ressant, Gorin va dĂ©cevoir Reynolds : son livre, plus lĂ©ger qu’un ballon de plage, ne fera pas du tout oublier RĂ©tromania. C’est au contraire une autre balade Ă  rebours dans sa vie de rock-critic, de fan Ă©clectique de musique (de la pop au blues d’avant-guerre en passant pas les chanteuses de jazz ou le hop-hop), de collectionneur de disques et de type qui a toujours su poser les vraies questions drĂŽles (comme celle-ci : le rock Ă©tant antĂ©rieur au punk, comme le post-punk a-t-il pu prĂ©cĂ©der le post-rock?).

Pour la suite des vacances en RĂ©trmanie (ce pays imaginaire qu’on visite tous les jours), on conseille deux autres livres publiĂ©s par Le mot et le reste (officiellement meilleur Ă©diteur français de textes sur la musique) :Sun Ra, Plamiers et pyramides de Joseph Ghosn (ex-_Inrocks_), et Musiques populaires brĂ©siliennes de David Rassent. Les deux livres, Ă©galement passionnĂ©s, proposent un point de vue (personnel pour le premier, plus historique pour le second) et une utile sĂ©lection discographique commentĂ©e. S’ils vont bien ensemble, et qu’entre le jazzman cosmique Sun Ra et le contingent des BrĂ©siliens, il y a un mĂȘme goĂ»t pour l’aventure spatiotemporelle, le dĂ©chiffrage, l’invention, l’avant-garde. RĂ©tromanie oui, mais au futur antĂ©rieur.

CONSULTER L’ARTICLE EN LIGNE

Stéphane Deschamps
Les Inrockuptibles 16 juillet 2014

- Sun Ra, soleil noir

LibĂ©ration consacre un dossier Ă  Sun Ra et mentionne l’ouvrage de Joseph Ghosn dans les lectures complĂ©mentaires.

Sophian Fanen
Libération 15 août 2014

- Sun Ra et l'afro-futurisme, une certaine idée de l'histoire de l'afro-américanité

À l’occasion des 100 ans de Sun Ra, retour sur les racines de l’ afro-futurisme, mouvement ouvert Ă  toutes les mĂ©tamorphoses.

Le 22 mai dernier, 13 artistes diffĂ©rents expliquaient la façon dont Sun Ra, dont on cĂ©lĂ©brait alors le centiĂšme anniversaire de la naissance, avait changĂ© leur vie sur le site anglais The Vinyl Factory. De Gerald Short (patron de Jazzman Records) Ă  Eothen Alapatt (big boss de Now Again), en passant Mo Kolours, tous rendaient hommage Ă  l’avant-gardisme et Ă  l’Ɠuvre colossale du jazzman amĂ©ricain, dont il est impossible de tenir une comptabilitĂ© exacte tant il a multipliĂ© les projets et les identitĂ©s (on dĂ©nombre prĂšs de 180 LP et un peu plus de 1.000 compositions entre 1956 et 1992).
The Vinyl Factory n’est Ă©videmment pas le seul Ă  s’ĂȘtre penchĂ© sur le cas Sun Ra : que l’on songe aux diffĂ©rents dossiers parus dans les mĂ©dias (Les Inrocks, The Guardian, Tsugi, pour ne citer qu’eux), aux albums-hommages (Supersonic Play Sun Ra, voire In The Orbit Of Ra Ă  paraĂźtre le 22 septembre chez Strut Records) ou encore aux ouvrages dĂ©diĂ©s Ă  sa carriĂšre (Prophetika par Charles Plymell, Now Dawn Of The Race Of Ra The Sun Art : Gold Light par Marcia Batiste). Et parmi cette longue litanie d’hommages, comment ne pas parler de Sun Ra : Palmiers Et Pyramides (Ă©d. Le mot et le reste) de Joseph Ghosn qui explique que, « chez Sun Ra, il y a Ă  la fois un dĂ©sir d’ailleurs, un fantasme cosmique mais aussi une propension Ă  ne jamais vraiment oublier le rĂ©el et donc Ă  se produire le plus rĂ©guliĂšrement possible sur scĂšne, Ă  sortir, aussi, le plus de disques possible. »
Le musicien, dĂ©cĂ©dĂ© en mai 1993, voit toutefois plus loin et veut d’emblĂ©e afficher une pensĂ©e, affirmer une prise de position, cheminer diffĂ©remment au sein du monde de l’art. C’est pourquoi il sera l’un des premiers Ă  produire en indĂ©pendance ses albums (Ă  travers le label Saturn), Ă  considĂ©rer les musiciens de son orchestre (l’Arkestra) comme des « tone-scientists » et Ă  expĂ©rimenter continuellement le jazz, que ce soit en lui donnant une orientation plus free, plus expĂ©rimentale ou tout simplement en le mĂ©langeant Ă  d’autres univers, comme lorsqu’il introduit le thĂšme de Batman en plein milieu de ses concerts. Une dĂ©marche singuliĂšre, que de nombreux artistes d’horizons diffĂ©rents citent comme influence aujourd’hui, que ce soit Sonic Youth, Spacemen 3, Drexciya, Zombie Zombie ou encore Lady Gaga (en fin d’annĂ©e derniĂšre, celle-ci samplait maladroitement son “ Rocket Number Nine “).

LIRE L’ARTICLEDANSSONINTÉGRALITÉ

Maxime Delcourt
Slate 15 août 2014

- Loué soit Sun Ra, le musicien qui fut enlevé par des extraterrestres

Avec le musicien Sun Ra, vous entrez dans la quatriĂšme dimension. Si l’on en croit son propre tĂ©moignage, Sun Ra, nĂ© Herman Blount, en 1914, en Alabama, aurait Ă©tĂ© enlevĂ© par des extraterrestres, en 1936, qui l’auraient emmenĂ© sur Saturne pour lui assigner la mission de vaincre le chaos avec son art.

Et puis, il y a sa musique, issue des bocages du jazz de Fletcher Henderson, mais dĂ©territorialisĂ©e par l’égyptologie, la science-fiction ou l’usage de synthĂ©tiseurs primitifs comme le Moog monophonique.

Dans son livre, notre ami Joseph Ghosn livre une initiation passionnĂ©e Ă  ce grand astronaute du son et de la texture qui s’employait Ă  fuir l’AmĂ©rique raciste dans le cosmos, Ă  bord de son orchestre, l’Arkestra, entre big band et big bang.

La premiĂšre partie de l’ouvrage, une biographie Ă©rudite, contextualise l’esthĂ©tique de Sun Ra qui fut «digĂ©rĂ©e par la musique noire amĂ©ricaine apparentĂ©e Ă  l’afro-futurisme», comme les groupes Parliament et Funkadelic.

La seconde partie est une passionnante discographie sĂ©lective, qui donne au lecteur la possibilitĂ© de se retrouver ou de se perdre dans une production polymorphe. ƒuvre labyrinthe, dont les deux portes, l’une de corne, l’autre d’ivoire, sont l’album Lanquidity (entrĂ©e facile et funky) et l’album The Magic City (entrĂ©e occulte et dissonante).

LIENVERS L’ARTICLE

Fabrice Pliskin
Le Nouvel Observateur 18 juillet 2014

- Des bonnes feuilles Ă  lire !

Le Nouvel Observateur, en parallĂšle de sa chronique consacrĂ©e au livre, vous propose de dĂ©couvrir quelques bonnes feuilles de l’ouvrage de Joseph Ghosn.

Jazz, extraterrestres et ségrégation raciale: la révolution selon Sun Ra

On célÚbre le centenaire du jazzman le plus cosmique de tous les temps. Et le plus politique.
Ce texte est extrait de Sun Ra. Palmiers et pyramides, l’excellente biographie du jazzman que notre camarade Joseph Ghosn publie aux Ă©ditions Le mot et le reste.

LIRELESBONNESFEUILLES

LIENVERS LA CHRONIQUE DU LIVRE

Le Nouvel Obs // BibliObs 10 août 2014

- Sun Ra, produit du cosmos

Pilier du jazz avant-gardiste, Sun Ra fut l’un des plus remarquables musiciens du siĂšcle passĂ©. Son style pouvait englober aussi bien le swing que le free jazz, parfois dans un seul et mĂȘme morceau imprĂ©visible


Cette annĂ©e, Sun Ra aurait eu cent ans. Vingt et un ans aprĂšs sa mort, son ƒuvre rayonne encore pour les dĂ©cennies Ă  venir, Summertime vous propose d’embarquer ce soir pour un voyage intergalactique vers la constellation musicale de Sun Ra 
 accrochez-vous Ă  vos oreilles !

RÉÉCOUTER L’ÉMISSION

Elsa Boublil
France Inter // Summertime mardi 22 juillet

- Sun Ra en direct de Saturne

Je suis toujours fascinĂ© par les ĂȘtres qui, bien que seuls et isolĂ©s , arrivent Ă  suivre toute leur vie leur direction, sans flĂ©chir ni faire de concessions. SUN RA est l’une de ces Ă©toiles filantes qui ont frĂŽlĂ© notre planĂšte sans changer de trajectoire.

NĂ© en 1914 dans l’Alabama, Herman Blount est un assidu des bibliothĂšques, des concerts et aussi d’une loge maçonnique noire, des francs maçons de couleur. Il est donc cultivĂ© et politiquement averti. C’est un timide, introverti et discret.

À 22 ans, Ă©tudiant, il fait une expĂ©rience extra sensorielle, il se voit transportĂ© sur Saturne oĂč on lui annonce son destin : faire de la musique pour sauver la terre du Chaos. A partir de ce jour il rĂ©pĂštera quotidiennement avec tous ceux qui passent dans son studio.

LIRE L’ARTICLEDANSSONINTÉGRALITÉ

Jean Rouzaud
Novaplanet 23 juin 2014

- Sun Ra

AprĂšs une biographie sur le viking virtuose Moondog, les Ă©ditions Le mot et le reste publient Sun Ra, Palmiers et Pyramides. Passion et acharnement, c’est ce qu’il fallait pour s’attaquer Ă  ce monstre cosmique du jazz protĂ©iforme. Joseph Ghosn, dĂ©jĂ  auteur d’un ouvrage sur La Monte Young, n’a pas reculĂ© devant l’ampleur de l’Ɠuvre de Sun Ra et signe un livre accessible sur l’un des artistes les plus complexes et plus prolifiques du 20Ăšme siĂšcle.

[
]

LIRE L’ARTICLEDANSSONINTÉGRALITÉ

Nathalie Troquereau
GonzaĂŻ 23 juin 2014