Stoner - Nouvelle édition
Blues for the Red Sun
Les ouvrages consacrĂ©s Ă ce genre mĂ©connu Ă©tant bien plus rares que les apparitions de John Garcia au Hellfest, on ne peut que chaudement recommander ces 314 pages allumĂ©es qui, pour 22 euros, nous ramĂšnent daredare dans le dĂ©sert des barbares. Mieux quâun bong !
Philippe Lageat â Rock Hard
Câest Ă deux heures de route de Los Angeles, entre Palm Desert et Joshua Tree, nichĂ© dans des canyons ou des sites de communautĂ©s en ruine que naquit le stoner, Ă lâoccasion des premiĂšres generator parties Ă la fin des annĂ©es quatre-vingt. Entre raves punk et jam sessions clandestines sous influences, elles allaient aboutir Ă la naissance de Kyuss, et bien plus tard Ă la crĂ©ation dâun groupe aurĂ©olĂ© de succĂšs, les Queens Of The Stone Age. Comme le grunge, cousin des contrĂ©es plus humides, le stoner nâa pas dâautre rĂ©elle signification quâun argot des annĂ©es soixante-dix signifiant un Ă©tat de dĂ©fonce â mais il Ă©voque une scĂšne qui embrasse Ă la fois les racines du metal plombĂ©, Black Sabbath en tĂȘte, et des inclinations plus ouvertement psychĂ©dĂ©liques. Outre les figures populaires, dĂ©sormais patrimoine du classic rock, cette anthologie explore toute la richesse du stoner.
Revue de presse
« Stoner, blues for the red sun » de Jean-Charles Desgroux Hervé Devallan Rock made in France 16 juillet 2025
Stoner : de Palm Desert vers l'infini et au-delĂ Jean-Pierre Simard L'Autre Quotidien 2 juin 2025
L'odyssée du Stoner du désert californien aux plaines de clisson Vincent Brunner Métal Hurlant (Hellfest) 17 juin 2025
JEAN-CHARLES DESGROUX â Le stoner dans la peau Olivier Ducruix Balances Mag 13 juin 2025
- Interview Jean-Charles Desgroux - Musique de "stoner" Ralph Elawani Le Devoir 13 septembre 2019
- Stoner Rock Julien Deleglise Juke Box Magazine août 2019
- Books'N'Roll - Episode #02 MUSinc 29 juillet 2019
- Critique de Stoner Romain Graëffly Art'N'Roll 16 mai 2019
- Stoner Guillaume Ley Guitar Part août 2019
- Le son écrasant de la canicule Olivier Wyer La Liberté 29 juin 2019
- Stoner Olivier Ducruix Guitar Part 24 juillet 2019
- Stoner Julien Deleglise La planĂšte du stoner 10 juin 2019
- Le monde est stone Roseline Artal My Rock juillet 2019
- Quand t'es dans le désert Jean-Marc Pinson Ouest-France 8 juillet 2019
- In the desert⊠Belkacem Bahlouli Rolling Stone juin 2019
- Stoner, Blues for the Red Sun Philippe Lageat Rock Hard juin 2019
- Stoner Olivier 'Zoltar' Badin New Noise juin 2019
- Stoner Ludovic Egraz Guitare Xtreme juin 2019
âLâouvrage nâest pas quâun essai thĂ©orique ; il est surtout avant tout un guide discographique riche et indispensable. Lâauteur propose en effet une sĂ©lection rigoureuse et chronologique de prĂšs de 200 albums qui jalonnent lâhistoire du Stoner.
Lâanthologie est organisĂ©e pour guider le lecteur/auditeur Ă travers les dĂ©cennies, depuis des prĂ©curseurs comme Saint Vitus et son album Born Too Late jusquâaux productions plus rĂ©centes.â
âJâai toujours pensĂ© que le Stoner Ă©tait un genre musical mariant Black Sabbath et Pink Floyd. Manifestement non, il nâest pas e bon ton de rĂ©duire de genre Ă cet ultime amalgame. Pour Jean-Charles Desgroux, on appartient alors au camp es nĂ©ophytes. Et bien soit, AprĂšs avoir Ă©coutĂ© plus de 200 groupes de stoner de Kyuss au rĂ©centes productions mexicaines, je reste persuadĂ© et mĂȘme convaincu quâil sâagit lĂ de la meilleure dĂ©finition du Stoner. Nâen dĂ©plaise Ă lâauteur. Heureusement son livre ne se rĂ©sume pas Ă une longue introduction qui nâapporte pas grand-chose, mais une magnifique et idĂ©ale sĂ©lection de prĂšs de 200 disques aussi indispensable que vraiment complĂšte. PrĂ©sentĂ© par ordre chronologique, on dĂ©marre tout naturellement par Saint Vitus et son « Boren to late » (1968), puis on enchaĂźne par Monster of Reality, Monster Magnet, puis Kyuss Ă©videment, avant que Queen of the Stone Age ne dĂ©mocratise le genre. La réédition de lâouvrage est donc une bonne nouvelle pour tous ceux qui souhaitent dĂ©couvrir le Stoner, voire pour tous ceux qui veulent complĂ©ter leur discothĂšque. On est du nombre et la carte bleue va chauffer.â
âA priori, quand dĂ©marrent les generator sessions dans le dĂ©sert, Ă quelques encĂąblures de Palm Springs, Ă la fin des 70âs, câest juste un moyen, dans un lieu Ă lâĂ©cart de tout, de jouer du rock psychĂ© en se rĂ©tamant grave la tronche. Oui, mais, nul nâavait prĂ©vu que Kyuss ferait autant dâĂ©mules. Et que la scĂšne du dĂ©sert du Mojave allait faire florĂšs et Ă©tendre ses ramifications et transformations comme le doom au monde entier⊠Jean-Charles Desgroux revient avec talent , et une foule de dĂ©tails, sur la genĂšse de ce mouvement dans âStoner, blues for the red Sun â publiĂ© dans une nouvelle Ă©dition, ces jours-ci chez Le Mot et le reste. Dans le langage codifiĂ© propre Ă la sous-culture nord-amĂ©ricaine, le mot stoner Ă©voque davantage le lexique de la dĂ©fonce que celui de la musique â alors quâil est censĂ© cerner toute une scĂšne, confidentielle, complexe et aux multiples ramifications. Pour simplifier Ă outrance, le nĂ©ophyte aurait tendance Ă rĂ©duire sa formule Ă la juxtaposition de la lourdeur de Black Sabbath et du psychĂ©dĂ©lisme de Pink Floyd. Une fusion a priori contre-nature qui vient illustrer de maniĂšre assez candide lâalliance entre les riffs heavy assĂ©nĂ©s par les pĂšres fondateurs, et lâidĂ©e dâune Ă©vasion musicale assumĂ©e via le prisme des drogues lysergiques, un terrain qui favorise les digressions artistiques, proches du trip et des ambiances envoĂ»tantes ancrĂ©es dans le rock populaire des annĂ©es soixante-dix. En ayant dĂ©marrĂ©, pour la plupart, dans des groupes punk avec une pratique instrumentale limitĂ©e â et par essence aux antipodes de lâacadĂ©misme des virtuoses habituels â, certains jeunes musiciens qui Ă©voluent dans le stoner ne se contentent parfois que de suivre lâhĂ©ritage des pionniers du desert rock, une scĂšne innovante, spontanĂ©e et sans le moindre prĂ©cĂ©dent, strictement circonscrite Ă son environnement gĂ©ographique: le dĂ©sert californien. Si Kyuss restera toujours la rĂ©fĂ©rence immuable de cette culture, et que depuis le dĂ©but des annĂ©es deux mille, les Queens Of The Stone Age â son extension par dĂ©faut â sont devenus lâun des plus gros mastodontes rock de sa gĂ©nĂ©ration, lâamateur et le curieux applaudissent de concert une vaste sĂ©lection dâartistes qui composent eux aussi, Ă leur façon, cette nĂ©buleuse mĂ©connue du grand public. Et si cette scĂšne de Palm Desert, sacralisĂ©e depuis plus de trente ans, vit et vibre toujours avec autant de crĂ©ativitĂ© en multipliant les expĂ©riences consanguines et autres entitĂ©s Ă©phĂ©mĂšres entre tous ses acteurs historiques, il existe une myriade dâautres groupes trĂšs excitants qui sâĂ©panouissent bien au-delĂ des limites parfois difficilement pĂ©nĂ©trables du dĂ©sert Mojave.â
âFulgurance nĂ©e sous le soleil brĂ»lant de Californie, le dĂ©sert rock Ă©merge de la rencontre en le doom mĂ©tal, le rock psychĂ©dĂ©lique et le punk. Retour sur une rĂ©volution stupĂ©fiante qui a donnĂ© Kyuss, Queens of the Stone Age et les autres adeptes du stoner. Cela fait longtemps que le dĂ©sert amĂ©ricain fait naĂźtre des mythes rockânâroll. Enfant, Jim Morrison y aurait vu des AmĂ©rindiens ensanglantĂ©s et racontera avoir Ă©tĂ© visitĂ© par lâĂąme de lâun dâentre eux. En 1969, il filme dans le dĂ©sert Mojave le dĂ©but de son film HWY: An American Pastoral, oĂč il joue un auto-stoppeur dĂ©rangĂ©. Quatre ans plus tard, la dĂ©pouille du chanteur country-rock Gram Parsons, pote des Stones, est brulĂ©e par son manager dans le parc national de Joshua Tree. Surtout, dans les annĂ©es 1980, naĂźt Ă Palm Desert une scĂšne qui, affranchie de toutes contraintes, va inventer un mĂ©lange de zoom mĂ©tal, de rock psychĂ©dĂ©lique et de punk chauffĂ© au soleil. Créé dans le secret des canyons, ce cocktail explosif sortira de la clandestinitĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1990, concurrençant le grunge de Seattle niveau dĂ©cibels, avec, cependant, plus de drogues dans sa marmite. EtiquetĂ© âdĂ©sert rockâ, cette musique hypnotique et sauvage a gĂ©nĂ©rĂ© sa propre mythologie et intĂ©grĂ© une culture plus large, celle du stoner, variation heavy dâune bande-son pour fumeurs de joints. âIl y a aussi des foyers importants dans le New Jersey, Ă San Francisco ou mĂȘme Ă Seattle. Dâailleurs, la frontiĂšre avec le grunge est extrĂȘmement poreuseâ, estime Jean-Charles Desgroux, journaliste mĂ©tal et auteur du livre de rĂ©fĂ©rence en langue française Stoner-Blues for the Red Sun, tout juste rééditĂ©.â
âVĂ©ritable bible du genre, âStoner â Blues For The Red Sunâ se voit rééditĂ© dans une nouvelle version. Son gĂ©niteur Jean-Charles Desgroux, journaliste spĂ©cialisĂ© dans la presse metal depuis de nombreuses annĂ©es et dĂ©jĂ auteur de plusieurs livres, nous parle de cette mise Ă jour aussi prĂ©cieuse que rĂ©ussie.
Sorti en 2019, ton livre âStoner â Blues For The Red Sunâ fait aujourdâhui lâobjet dâune réédition, suite Ă lâĂ©puisement des stocks. As-tu Ă©tĂ© surpris de son succĂšs ?
Hyper surpris tu veux dire ! Autant, pour ĂȘtre totalement transparent, son successeur âRock Fusionâ a moins marchĂ© que je ne lâespĂ©rais, alors quâil traitait de groupes et dâun mouvement autrement plus fĂ©dĂ©rateurs, autant je nâattendais absolument pas le moindre succĂšs commercial autour de âStonerâ, Ă©crit sous la pulsion vitale de devoir raconter ma musique prĂ©fĂ©rĂ©e. Je savais Ă©videmment que câĂ©tait un sujet de niche ultra confidentiel, et quâau-delĂ dâun Queens Of The Stone Age qui remplit Bercy, il nây a pas 20 000 fans qui se prĂ©cipitent pour applaudir Fu Manchu ou Monster Magnet : ces deux tĂȘtes dâaffiche du genre remplissent Ă peine un Trabendo⊠Bref, pas de quoi gĂ©nĂ©rer un best-seller, sachant quâun livre est quand mĂȘme ce qui se vend le moins derriĂšre du merchandising, des places de concert ou mĂȘme une simple tournĂ©e de biĂšres entre potes ! Alors oui, quâil soit sold-out depuis un an et demi mâa vraiment sidĂ©rĂ©, comme si la globalitĂ© de la communautĂ© stoner francophone Ă©tait venue se lâapproprier⊠suite, il est vrai, aux trĂšs trĂšs bon retours critiques lors de sa sortie initiale.
Pourquoi avoir choisi de faire une nouvelle Ă©dition pour un style qui, comme tu le dis, reste quand mĂȘme une niche ? Que peut-on y trouver de diffĂ©rent ?
Tout simplement parce quâau-delĂ de cette demande de nouveaux lecteurs frustrĂ©s de ne plus pouvoir le trouver en librairie ou de le commander en ligne, il fallait donc profiter de cette rĂ©impression opportune pour le mettre Ă jour. Câest seulement en janvier 2025 que mon Ă©diteur mâa appelĂ© pour me confirmer quâil allait le ressortir, et que ça serait prĂ©fĂ©rable que je consacre un peu de mon temps Ă bosser sur sa mise Ă jour, nĂ©cessaire. Cette scĂšne reste certes confidentielle, mais elle se montre en constante Ă©volution, mĂȘme si le genre a dramatiquement stagnĂ© entre les annĂ©es 2005 et 2020. Ce nâest pas comme si tu sortais un livre sur les Beatles oĂč tout a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dit et dont le sujet est clĂŽt depuis 55 ans. LĂ , le stoner sâest retrouvĂ© boostĂ© par une impulsion inespĂ©rĂ©e et sâest lui-mĂȘme rĂ©inventĂ©, avec lâapparition de nouveaux groupes et de disques incroyables. Donc, depuis 2019, annĂ©e de sortie du livre initial, il sâest finalement passĂ© un paquet de choses quâil a fallu documenter, chroniquer et remettre dans un contexte Ă©volutif, tout en devant réévaluer certains sujets avec le recul, et mettre Ă jour certaines informations. De plus, peut-ĂȘtre avais-je sensiblement surestimĂ© certains disques faisant partie de la sĂ©lection originale des 100 albums reprĂ©sentatifs du genre â et il y en a donc sept ou huit qui ont Ă©tĂ© retirĂ©s au profit dâautres, bien plus pertinents et rĂ©cents. Non pas que ces 100 disques soient les meilleurs de tous (ça, dĂ©jĂ , il faudrait imposer les trois chefs-dâĆuvre de Kyuss et au moins autant de Fu Manchu !), mais au moins façonnent-ils le spectre le plus vaste possible de la galaxie stoner, sachant que la ligne Ă©ditoriale impose strictement cette sĂ©lection de 100 albums, et pas un de plus. En outre, lâintroduction du livre a Ă©tĂ© rallongĂ©e et complĂ©tĂ©e pour tĂ©moigner des grandes tendances du genre depuis ces six derniĂšres annĂ©es, tout en ayant dĂ» rajouter moult dĂ©tails et infos supplĂ©mentaires ci et lĂ . Ăa pourra constituer un joli jeu des 777 diffĂ©rences.
La couverture a Ă©tĂ© changĂ©e par rapport Ă la premiĂšre version du livre. Et ce nâest pas anodinâŠ
Effectivement, ça ne lâest pas⊠Pour cette nouvelle version, jâai voulu marquer un peu le coup : attention ce nâest aucunement une suite, mais bien une version rĂ©actualisĂ©e, sensiblement diffĂ©rente de la premiĂšre. La couverture de celle-ci rĂ©pondait donc Ă lâesthĂ©tique habituelle de la collection, avec son bandeau et ses quatre pochettes de disques reprĂ©sentatifs, iconographiques. Et pour ĂȘtre totalement honnĂȘte, jâavais sciemment mis celle du âSongs For The Deafâ de Queens Of The Stone Age pour attirer le regard, et surtout provoquer un lien entre les amateurs de Josh Homme et cet univers plus codĂ© et underground, qui aurait Ă©tĂ© susceptible de plaire aux plus curieux (je serais dâailleurs moi-mĂȘme curieux de savoir si la dĂ©marche a fonctionnĂ© pour certains lecteurs potentiels, autres que les fondus de stoner dĂ©jĂ convaincus). Mais ne nous mĂ©prenons pas : ce chef-dâĆuvre de QOTSA fait bien partie de mes Tables de la Loi : il est lâun des plus grands disques de rock de ces 25 derniĂšres annĂ©es, doublĂ© dâune porte dâentrĂ©e majeure pour la scĂšne desert-rock. Et je ne fais certainement pas partie de ceux qui ont boudĂ© le groupe depuis ou qui snobent Josh Homme maintenant quâil fait partie de lâĂ©lite rock mondiale⊠Mais pour revenir Ă ta question, je voulais Ă la fois marquer une petite diffĂ©rence et surtout rĂ©habiliter Sleep parmi les quatre artistes majeurs du genre, soit le Big Four du stoner. Cette fois, ils sont bien lĂ , alignĂ©s, rĂ©unis : Kyuss, Fu Manchu, Monster Magnet, et Sleep. De plus (et câest une idĂ©e du graphiste de la maison dâĂ©dition), la couleur du bandeau a Ă©tĂ© modifiĂ©e : je dĂ©testais le gris terne du premier, alors cette fois, pour unifier le tout, il a utilisĂ© le vert teinte-de-weed du logo de Sleep, justement, sur la pochette de leur monument âDopesmokerâ, un clin dâĆil fort judicieux archi approuvĂ© !
Quand et comment est née ta passion pour le stoner ?
Pour faire simple, jâai dĂ©marrĂ© assez rapidement mon initiation au metal avec Ozzy et Black Sabbath en 1989, Ă une Ă©poque oĂč le groupe Ă©tait ringard Ă mort et oĂč il nâĂ©tait certainement pas citĂ© Ă tours de bras par des gĂ©nĂ©rations entiĂšres de fils spirituels, comme cela a Ă©tĂ© le cas Ă partir du grunge quelque temps plus tard. Ă ce moment-lĂ , je fonds dâailleurs bien plus pour Alice In Chains et Soundgarden que pour Nirvana, avec lesquels je trouve immĂ©diatement des similitudes avec Sabbath. Et comme lâunivers du grunge est assez poreux avec une certaine idĂ©e du stoner, de fil en aiguille et en suivant certains fils rouges, notamment Ă travers une presse qui fait trĂšs bien son boulot dâinitiateur Ă©clairĂ©, jâen arrive Ă goĂ»ter Ă mes premiers dĂ©lices stoner autour des annĂ©es 95-97, et tombe raide dingue de Kyuss peu de temps aprĂšs leur split dĂ©finitif. Ă partir de lĂ , je me mets Ă amasser des centaines de CD, qui constituent aujourdâhui, outre autant de vinyles de collection et pas mal de 45-tours, un bon mur entier dĂ©diĂ© au genre !
Pourquoi les dĂ©buts de ce style sont-ils fortement liĂ©s au dĂ©sert du Mojave ? Le stoner nâaurait-il pas pu naĂźtre dans un environnement plus urbain, Ă New York ou Ă Washington, par exemple ?
En fait, le stoner est nĂ© un petit peu partout : nâoublions pas que parmi les groupes pionniers, il y en a qui vouent un culte absolu Ă Hawkwind, dâautre aux Stooges, au punk hardcore, et donc pas systĂ©matiquement Ă Sabbath⊠Le stoner en soit nâest donc pas nĂ© exclusivement dans le dĂ©sert : il est une continuitĂ© directe du heavy-rock obscur des annĂ©es 1968-1971, avec sa myriade de groupes inconnus du grand public, dont Pentagram, qui est dâailleurs encore plus ou moins debout aujourdâhui ! Le stoner, argot seventies pour dĂ©signer un mec un peu hippie qui se dĂ©fonce, est donc simultanĂ©ment apparu dans les banlieues du New Jersey, dans le Maryland ou le long de la cĂŽte californienne. Mais câest vrai que jâai voulu apporter une touche exotique, et mĂȘme romanesque Ă mon rĂ©cit, en dĂ©crivant lâunivers que je connais le mieux gĂ©ographiquement : le dĂ©sert, entre la vallĂ©e de Coachella et les hauts plateaux du Mojave du cĂŽtĂ© de Joshua Tree, oĂč est donc nĂ© le desert-rock, lâune des composantes artistiques essentielles de cet univers, tant du point de vue musical que du fantasme, liĂ© Ă lâenvironnement, son dĂ©corum, le soleil, les drogues, les freaks, etc⊠Mais Kyuss nâest certainement pas le seul responsable du filon stoner : ce nâĂ©tait Ă lâorigine que des gamins skaters un peu punks, qui imitaient leurs aĂźnĂ©s en branchant leurs amplis dĂ©glinguĂ©s sur des groupes Ă©lectrogĂšnes au milieu de nulle part, en Ă©tirant des compositions punk sous forme de jams, avec ce quâil faut de drogues hallucinogĂšnes, tout en jouant avec lâĂ©cho et la minĂ©ralitĂ© des canyons. Un peu le syndrome du âMy Warâ de Black Flag, mais en plein cagnard et pas vraiment straight edge quoiâŠ
Tu as fait plusieurs pĂšlerinages dans cette rĂ©gion des Ătats-Unis. Quels sont tes souvenirs les plus marquants ?
En effet, depuis 2008, je pars en famille dans lâOuest amĂ©ricain tous les Ă©tĂ©s. En tout, nous devons en ĂȘtre Ă quinze ou seize road trips lĂ -bas, et quasiment tous se sont terminĂ©s en passant plusieurs jours, voire mĂȘme plus dâune semaine, en plein dĂ©sert californien. Nous lâavons dĂ©couvert en 2010, aprĂšs avoir descendu tout le long de la cĂŽte pacifique, de Seattle Ă San Diego : nous avons alors bifurquĂ© un peu vers lâest, et nous sommes restĂ©s Ă Palm Desert. Bien sĂ»r, jâavais ma petite idĂ©e en tĂȘte, puisque je voulais secrĂštement explorer lâenvironnement oĂč Ă©taient nĂ©s certains de mes groupes de chevet⊠Mais je ne pouvais pas imposer Ă ma femme dâaller passer un mois au beau milieu dâun dĂ©sert parfois hostile, juste pour le fantasme de retrouver des traces des generator parties dâantan (rires) ! Fort heureusement, elle aussi est tombĂ©e raide dingue, de la rĂ©gion : nous avons donc systĂ©matiquement voulu y revenir chaque Ă©tĂ©. Dâautant quâil y fait tellement chaud que les prix des hĂŽtels baissent, les touristes nây restant pas Ă cause du climat extrĂȘme. Mais nous, mĂȘme pas peur !
Nous nous sommes donc petit Ă petit familiarisĂ©s avec cette rĂ©gion immense oĂč il y a tant Ă dĂ©couvrir, et que jâai donc voulu retranscrire au plus prĂšs de la vĂ©ritĂ© Ă travers les pages du livre. Tout le monde mâa dâailleurs dit que ça leur Ă©voquait le Routard du Stoner (ce qui est franchement le cas, ndr) ! Et puis surtout, Ă lâĂ©poque, jâavais dĂ©veloppĂ© une amitiĂ© trĂšs forte avec John Garcia (membre fondateur et voix lĂ©gendaire de Kyuss, chanteur de Slo Burn, Unida, Hermano, Vista Chino, sans oublier quelques rĂ©alisations sous son propre nom, ndr), une de mes idoles qui est donc devenu un proche, et qui mâa initiĂ© Ă pas mal dâendroits dans le coin. Son coin. Outre le fait que nous allions toujours dĂ©jeuner chez lui, et que nos enfants jouaient ensemble, il mâa â entre autres â emmenĂ© dans son local de rĂ©pĂ©tition. Jâai Ă©galement assistĂ© au tout premier concert de reformation de Unida⊠dans une pizzeria locale Ă Palm Desert, The Hood ! Sans compter les dizaines de soirĂ©es que nous avons passĂ© dans la meilleure cantine du coin, chez Pappy & Harriets⊠Ou encore cette fois oĂč, grĂące Ă mon pote Arthur, nous avons pu visiter le Rancho de la Luna, studio dâenregistrement archi culte juste Ă cĂŽtĂ© de Joshua Tree. Sans parler dâun paquet dâendroits flippants, notamment autour de la Salton Sea, oĂč sont dâailleurs tirĂ©es les photos de pochette, recto et verso, du disque â⊠And The Circus Leaves Townâ. Ultra freaky ! En plus de dix voyages lĂ -bas, nous avons accumulĂ© un paquet de souvenirs mĂ©morables⊠Ah et jâoubliais aussi : le pĂšlerinage habituel devant le panneau âWelcome To Sky Valleyâ ! Jâai mĂȘme rempli une bouteille de Corona du sable qui se trouve Ă ses pieds. Nâimporte quoi, non (rires) ? Mais elle trĂŽne devant mes 33-tours de KyussâŠ
Aujourdâhui, les frontiĂšres entre le stoner et dâautres styles annexes (heavy-rock, psychĂ©, sludge, doom) sont de plus en plus poreuses. En tant que spĂ©cialiste du genre, arrives-tu Ă tây retrouver ?
Jâessaye dâĂȘtre un passeur honorable, digne et lucide, mais comparĂ© au travail du mec qui gĂšre le site The Obelisk, qui recense et chronique quasiment TOUT ce qui sort, je suis dĂ©passĂ©. ComplĂštement larguĂ© mĂȘme. Autant je pense pouvoir maĂźtriser lâhistoire du genre, son environnement, sa culture, les liens et les diffĂ©rentes passerelles entre ses acteurs clĂ©s des origines de la fin des annĂ©es 80 au dĂ©but des annĂ©es 2000, mais aprĂšs lâexplosion est bien trop grande. Et oui, en effet, on ne peut que se perdre entre les diffĂ©rentes appellations plus ou moins consanguines qui forment la nĂ©buleuse stoner. Et puis entre les innombrables labels spĂ©cialisĂ©s, les sites de vente en ligne dĂ©diĂ©s comme Kosmik Artifactz (entre autres !), Bandcamp, et les milliers de groupes, comment sây retrouver ? Câest impossible. Jâavais donc trouvĂ© que le genre sâĂ©tait un temps essoufflĂ©, avec toujours autant de productions, mais sans de rĂ©elles surprises⊠Depuis le Covid, il sâest opĂ©rĂ© un second souffle inespĂ©rĂ©, avec notamment lâĂ©mergence dâartistes comme King Buffalo ou Slomosa, qui sont opportunĂ©ment apparus au sommaire du nouveau livre. Mais ce nâest que la mĂšche hirsute du dernier pingouin de la meute qui se hisse au sommet visible de lâiceberg !
Quel serait ton top des meilleurs albums de stoner ?
TrĂšs old-school tu en conviendras, mais au bout de 30 annĂ©es de passion, je nâai certainement pas envie dâimpressionner qui que ce soit avec un name-dropping de trucs de snobs : Kyuss avec âBlues For The Red Sunâ et âKyussâ (plus communĂ©ment appelĂ© âWelcome To Sky Valleyâ) ; Fu Manchu, âThe Action Is Goâ ; Unida, âThe Urban Coyoteâ ; Monster Magnet, âTabâ ; Down, âNolaâ.
Ton prochain livre, peux-tu en parler ou câest secret dĂ©fense ?
Il y a deux livres qui sont prĂȘts Ă sortir en 2026, deux trucs complĂštement inĂ©dits et trĂšs personnels, achevĂ©s : lâun signĂ©, qui doit ĂȘtre corrigĂ© et fignolĂ©, lâautre en cours de recherche dâĂ©diteur. Mais la grosse sortie de 2025, qui Ă©tait prĂ©cisĂ©ment top secret dĂ©fense jusquâau 12 juin, date de son annonce publique, câest la biographie de Gojira, qui sortira le 12 septembre 2025 chez la mĂȘme maison dâĂ©ditions, Le Mot et le Reste. Jâen suis extrĂȘmement fier, dâautant que je suis originaire du mĂȘme coin que le groupe, dans la rĂ©gion de Bayonne, et que je connais trĂšs bien son environnement, jây ai grandi pendant prĂšs de 25 ans : pas besoin de se taper Ă chaque fois 10 000 bornes pour essayer de se lâapprivoiser (rires) !â
Dans le cadre du passage de Sleep au MTelus, Le Devoir se penche sur une nébuleuse musicale enfumée à laquelle Black Sabbath a servi de matrice.
Le contraire aurait presque Ă©tĂ© dĂ©cevant. Ou bien un chouia moins payant en termes de capital symbolique. « Malheureusement, le management de lâartiste a refusĂ© [votre] demande de billet pour Sleep. Aucun journaliste nâest admis [gratuitement]. » Courriel laconique reçu aprĂšs un message de lâattachĂ© de presse du groupe indiquant quâil ne croyait pas que le trio originaire de San JosĂ© se prĂȘterait au jeu de lâentrevue dâici son concert du 13 septembre. Quâil est bon, parfois, dans ce monde chaotique, de se faire ramener Ă lâordre, mĂȘme si lâon nây croit pas une seconde. Dommage. Une occasion ratĂ©e de parler avec une formation dont le son a Ă©tĂ© dĂ©crit par le New York Times Magazine comme lâĂ©quivalent dâune toile de Rothko qui vous frapperait sur la tĂȘte avec un sac rempli de marteaux. NĂ©anmoins, on dit que lâoccasion fait le larron. Et puisque ce larron en connaĂźt quelques autres, il en a donc profitĂ© pour creuser le sillon dâun genre musical que les journalistes ont oeuvrĂ© Ă magnifier, en crĂ©ant une mythologie sur laquelle plusieurs sâappuient avec un brin trop dâaisance. Regard sur le stoner.
Mélasse sonore
DĂ©phasĂ©, le stoner ? Par la presse, oui, qui a souvent utilisĂ© le terme Ă toutes les sauces. Câest du moins lâavis de Jean-Charles Desgroux, animateur radio sur Heavy1, auteur de biographies dâAlice Cooper et dâIggy Pop, et plus rĂ©cemment de lâouvrage Stoner â Blues for the Red Sun, paru aux Ă©ditions Le mot et le reste. « Nous sommes tous coupables dâapposer des Ă©tiquettes sur des genres pour tenter de cerner une scĂšne. », explique-t-il, par Skype. Assis devant une muraille de disques, il sâĂ©lance : « Ces gros mots rĂ©duisent les groupes Ă une image, une nĂ©buleuse. »
DâaprĂšs lui, le stoner recoupe avant tout un Ă©tat dâesprit, une Ă©vocation vintage qui renvoie inĂ©vitablement Ă lâimaginaire des stupĂ©fiants. « Le mot gĂ©nĂ©rique est stoner, mais on peut dresser une arborescence de sous-chapelles : doom, sludge et autres fusions musicales qui ont donnĂ© naissance Ă un style poisseux, une mĂ©lasse sonore. » Une mĂ©lasse dont lâinfluence la plus notoire demeure Ă ce jour Black Sabbath et lâalbum Master of Reality, paru en 1971. La matrice du genre ; les Tables de la loi pour une lĂ©gion groupes allant des AmĂ©ricains de Eyehategod aux Britanniques dâElectric Wizard, en passant bien sĂ»r par Sleep, mais aussi par les MontrĂ©alais de Dopethrone.
Dâanecdotique Ă iconique
« Sleep, Ă lâorigine, est un groupe complĂštement anecdotique qui provient des cendres dâAsbestosdeath, une formation au son poisseux avec un cĂŽtĂ© morbide et tĂ©nĂ©breux », soutient Jean-Charles Desgroux. Curieusement, Ă lâĂ©poque oĂč le trio formĂ© de Chris Hakius, Matt Pike et Al Cisneros (qui allait plus tard se scinder en deux autres groupes : OM et High on Fire) fait paraĂźtre son deuxiĂšme album, Holy Mountain (1992), on assiste Ă une rĂ©surgence de lâamour pour Black Sabbath.
« Sabbath Ă©tait considĂ©rĂ© comme des has-beens par la presse. », se souvient Desgroux. « Sleep fait partie des premiers groupes Ă avoir confessĂ© leur amour pour eux. » Lâauteur qui baigne dans le genre depuis plus de 25 ans voit en ces derniers les meilleurs hĂ©ritiers des interprĂštes de Paranoid. « Câest en continuitĂ© directe avec lâesprit : les mecs Ă©coutent de la musique qui nâest pas cool du tout et fument de lâherbe parce quâils apprĂ©cient la piĂšce Sweet Leaf sur Master of Reality ». Ă cela, on pourrait Ă©videmment ajouter : et ils claquent une avance de dizaines de milliers de dollars de leur Ă©tiquette en cannabis et en amplificateurs faits sur mesure pour enregistrer une chronique marijuanienne couchĂ©e sur un riff crapoteux rĂ©pĂ©tĂ© durant une heure que lâon baptisera DopesmokerâŠ
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« Les groupes nâavaient rien Ă prouver Ă lâorigine. LâidĂ©e nâĂ©tait pas dâexploiter une tendance cool. CâĂ©tait juste une scĂšne de mecs bloquĂ©s dans les annĂ©es 1970. Une scĂšne qui nâĂ©tait pas rĂ©gie par les dictats commerciaux de lâĂ©poque ; une espĂšce de mode post-hippie, avec syndrome de la dĂ©fonce, de lâamour vintage et un refus de la modernitĂ© qui dictait le quotidien dâune jeunesse factice. »
Toute la chronique est disponible sur le site du Devoir
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Sâil y a bien un journaliste lĂ©gitime pour Ă©crire le premier ouvrage en français sur le stoner, câest Jean-Charles Desgroux. Il pousse sa passion pour le genre Ă fond.
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Lâouvrage se rĂ©vĂšle trĂšs complet, et apporte de nombreux Ă©clairages, y compris pour lâamateur averti. Câest assurĂ©ment un livre indispensable pour comprendre ce style musical part entiĂšre, toujours aussi actif vingt ans aprĂšs ses balbutiements.
Liste des ouvrages présentés :
âLâart de ranger ses disquesâ â FrĂ©dĂ©ric BĂ©ghin et Philippe Blanchet (Rivages)
âStoner : Blues for the red sunâ â Jean-Charles Desgroux (Le Mot et le Reste)
âCthulhu metal : LâInfluence du mytheâ â SĂ©bastien Baert (Bragelonne)
- Ces livres sont disponibles dans toutes les bonnes librairies, sur les sites des éditeurs ainsi que sur tous les sites de ventes en ligne ;)
Toute sociĂ©tĂ© / communautĂ© secrĂšte ses intellectuels, lesquels formeraient des cercles concentriques selon leurs fonctions / prééminence : les premiers Ă©tant les thĂ©oriciens et concepteurs, les suivants rĂ©percutant et enseignant de façon plus ou moins consciente leurs travaux et avancĂ©es. Signant avec « Stoner : Blues for the Red Sun » son quatriĂšme livre en quatre ans, pour un total de cinq Ă ce jour (Ozzy, Alice Cooper, IggyâŠ) ; et tentant le difficile exercice consistant Ă cerner un genre musical composite, Jean-Charles Desgroux appartient de fait au cercle des clercs Metal, lâintellectuel « traditionnel » au sens gramscien du terme. Il avait dĂ©jĂ tentĂ© lâexpĂ©rience en 2016, avec « Hair metal : Sunset Strip Extravaganza ! », de donner concept et corps Ă une catĂ©gorie musicale tout entiĂšre, laquelle pourtant uniquement labellisĂ©e par une synecdoque : le Metal « Ă cheveu » (« Hair Metal »). Il rĂ©cidive en 2019, tel un Stakhanov de la recherche Hard Rock, avec 307 pages consacrĂ©es Ă une autre sous-mouvance : le Metal « droguĂ© » (« Stoner Metal »). Ordo ab Chao. Et, comme en atteste la bibliographie prĂ©sente en page 302, infiniment peu de livres ont Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s sur ce sujet, aucun dâailleurs dans la langue du groupe Triangle, et pas moins de trois par un artiste-peintre et Designer culte dĂ©nommĂ© Frank Kozic : le premier paru en 1997, annĂ©e communĂ©ment acceptĂ©e comme celle de lâĂ©mergence mondiale du Stoner.
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De la page 94 jusquâĂ lâultime page 294, le narrateur cesse toute approche intĂ©grale. Son naturel de Rock Critic revenant au galop, et reprenant la mĂ©thode Ă©prouvĂ©e pour la rĂ©daction de son opus sur le « Hair Metal », il dĂ©cortique par ordre de sortie les cent albums essentiels du Stoner : de lâantĂ©diluvien cryptique « Born Too Late » de Saint Vitus en 1986, au plus estival « John Garcia and the Band of Gold » (janvier 2019⊠par le cofondateur de Kyuss). Si cette seconde sĂ©quence fait quelque peu perdre Ă lâouvrage de son dynamisme conceptuel, lâĂ©rudition de lâauteur, des prouesses stylistiques faisant mouche (pour les prĂ©curseurs du Doom « lâexpansion de lâunivers sâĂ©tait arrĂȘtĂ©e en 1973 »âŠ) ainsi que sa volontĂ© de transmettre, soutiennent en continue votre attention. Car disparate la galaxie Stoner est. Et comme Ă la Samaritaine de jadis, le liseur va y trouver de tout, voir tout et nâimporte quoi : de Corrosion of Conformity aux Melvins, de Pentagram Ă Electric Wizard, de Crowbar Ă Fatso Jetson, Fu Manchu, Mastodon en passant par Down, Acid Bath, Unida, The Obsessed ainsi quâEagles of Death Metal ou Eyehategod pour les plus rĂ©putĂ©s. Oui, puisque la (contre-)culture de Jean-Charles Desgroux Ă©tant bĂ©ton, notre lecteur va Ă©galement (et peut-ĂȘtre) faire connaissance avec les plus confidentiels (et Dieu sait quâil y en a) : Leadfoot, Roadsaw, Alabama Thunderpussy, The Men of Porn, Fireball Ministry, Dozer, Sixty Watt Chaman, Gas Giant, Demon Cleaner ou encore Daliâs Llama⊠Et comme cela ne suffisait pas, un addenda de cent incontournables supplĂ©mentaires y est immĂ©diatement adjoint (il y a le premier album solo de Melissa auf der Maur, amusantâŠ). En dĂ©finitive, et comme on nâen doutait point au moment dâextirper lâopuscule du colis en carton adressĂ© par lâĂ©diteur, « Stoner : Blues for the Red Sun » constitue un des ouvrages Rock / Metal les plus aboutis et captivants de lâannĂ©e. Un dense grimoire, servi par une parfaite connaissance gĂ©ographique et socioculturelle des Etats-Unis en gĂ©nĂ©ral, ainsi que de Palm Springs (et de ses vastes environs) en particulier. PrĂ©sentĂ© dans un panier lexical bien garni, et qui nous prĂ©serve de salutaires distances vis-Ă -vis du style ainsi que des lieux communs journalistiques, cette prĂ©cieuse somme pourrait fort bien servir de modĂšle Ă dâautres, consacrĂ©es Ă des mouvances contemporaines prospĂšres, mais pour lâinstants orphelines de toute rĂ©flexion dâampleur en français (lâIndus, le nĂ©o-Metal voire, tiens, le Metal symphoniqueâŠ). A lâĂ©poque oĂč la crĂ©ation Rock Mainstream est assĂ©chĂ©e, cette traversĂ©e du dĂ©sert Mojave et voisinages par voie papier sâavĂšre des plus rafraichissantes.
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AprĂšs un ouvrage qui a permis de dĂ©couvrir en dĂ©tail la scĂšne hair-metal, Jean-Charles Desgroux sâattaque Ă une autre de ses grandes passions musicales, le courant stoner. Autant vous dire que le bonhomme en connaĂźt un rayon et quâaucun grain de sable de Joshua Tree nâa de secret pour lui. Reprenant la structure du prĂ©cĂ©dent ouvrage, il dĂ©livre une discographie sĂ©lective et ultra complĂšte qui nâoublie personne au sein de ce courant aussi touffu que perchĂ©, entre metal et psychĂ©dĂ©lisme. On retiendra surtout lâexcellent historique du stoner, sur plus de 90 pages en dĂ©but de livre, riche en anecdotes qui font la lumiĂšre sur la brume laissĂ©e par les nombreux pĂ©tards consommĂ©s par des musiciens perchĂ©s, dont le gĂ©nie a donnĂ© naissance Ă une vague de groupe totalement gĂ©niaux. Un bouquin primordial.
Le journaliste Jean-Charles Desgroux consacre un ouvrage fascinant au stoner rock, un genre lourd, psychédélique et toujours plus prisé.
A quelques heures de route de Los Angeles par la Highway 10, loin du sea, sex and sun du littoral et du quadrillage irrationnel de lâagglomĂ©ration : le dĂ©sert. Câest lĂ , dans cet implacable dĂ©cor dâapocalypse, de canyons sauvages et de villes abandonnĂ©es que naĂźt le stoner rock. Une musique lourde et oppressante. Une rĂ©ponse au harcĂšlement permanent de ce soleil anthropophage dont lâagression nâa dâĂ©gal que le baiser du crotale tapi dans la poussiĂšre au pied des arbres de JosuĂ©.
Fin des annĂ©es 1980, les kids dâune petite ville de la vallĂ©e de Coachella, la bien nommĂ©e Palm Desert, attendent le crĂ©puscule pour sortir leurs vans et leurs gĂ©nĂ©ratrices et improviser des rassemblements au milieu de ce nulle part aride. Des raves dĂ©sertiques et clandestines dont les carburants principaux sont les guitares sous distorsion et les substances hallucinogĂšnes. A la faveur de ces premiĂšres generator parties, va essaimer un nouveau genre de rock fiĂ©vreux qui va conquĂ©rir la planĂšte: « la juxtaposition de la lourdeur extrĂȘme de Black Sabbath et du psychĂ©dĂ©lisme de Pink Floyd », rĂ©sume Jean-Charles Desgroux, journaliste et animateur radio spĂ©cialisĂ© dans le heavy metal et auteur de Stoner â Blues for the Red Sun, un des tout premiers ouvrages sur le stoner rock, aux Ă©ditions Le mot et le reste.
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Il sâessouffle⊠Et repart « Le style sâest propagĂ© un peu partout, en France, en Allemagne, dans la Scandinavie, au Japon⊠De nombreux festivals sont aujourdâhui consacrĂ©s au stoner rock qui jouit dâune popularitĂ© assez incroyable pour une musique de niche au dĂ©part », sâĂ©tonne presque le spĂ©cialiste. Dans son ouvrage qui propose, outre une histoire mĂ©ticuleuse de cette musique, une sĂ©lection dâalbums incontournables, on mesure lâĂ©tendue du spectre : des forĂȘts nord-amĂ©ricaines (les inapprivoisables Melvins) aux bayous de Louisiane (les tenants du sludge metal Acid Bath ou Down) en passant par lâAngleterre et le doom Ă©crasant dâElectric Wizard, hĂ©ritiers directs de leurs aĂźnĂ©s de Black Sabbath. « DĂšs le milieu des annĂ©es 2000 on observe hĂ©las un essoufflement crĂ©atif. Les puristes se dĂ©solidarisent du succĂšs de la locomotive Queens Of The Stone Age et pas mal de groupes tombent dans la caricature. Mais depuis quelques annĂ©es, des formations telles que Elder ou All Them Witches osent aller plus loin que lâĂ©tiquette. » Une renaissance qui ne peut que sâaccentuer sous lâeffet du rĂ©chauffement climatique.
Le livre commence comme un guide du routard consacrĂ© au dĂ©sert Mojave et ses environs, une rĂ©gion aussi belle et pleine de mystĂšres quâaustĂšre, Ă lâariditĂ© implacable. Le dĂ©cor, piĂšce maĂźtresse quant aux prĂ©mices du mouvement, une fois plantĂ©, lâauteur nous plonge dans les mĂ©andres du stoner, dâabord en dressant une liste fort bien dĂ©taillĂ©e des principaux acteurs (groupes, labels, salles de concert et festivals). Ensuite en sĂ©lectionnant les 100 albums majeurs estampillĂ©s stoner, au sens trĂšs large du terme, pour les dĂ©cortiquer avec prĂ©cision. Et comme toute sĂ©lection, aussi judicieuse quâelle soit, elle alimentera forcĂ©ment des dĂ©bats passionnĂ©s pour souligner si telle formation mĂ©ritait de figurer dans ladite sĂ©lection et non dans un impressionnant addenda (tout aussi riche et intĂ©ressant que le reste du livre) en guise de bouquet final. Mais laissons aux forums spĂ©cialisĂ©s les querelles de clochers, les cloisons entre certaines familles musicales Ă©tant parfois aussi fines quâune feuille de papier Ă rouler, du stoner au doom, en passant par le desert rock, le space rock, le sludge⊠« Stoner : Blues For The Red Sun » â titre en hommage au second album studio de Kyuss â est un ouvrage dense et complet sur le sujet (peut-ĂȘtre manque-t-il juste quelques propos rapportĂ©s et/ou tĂ©moignages dâartistesâŠ), parfois mĂȘme complexe, surtout pour un nĂ©ophyte, et pourtant terriblement prenant. Du coup, lâenvie dâaller faire une virĂ©e dans le high et low desert est plus que tenace tout au long de la lecture de cette vĂ©ritable bible du stoner, tout comme celle de complĂ©ter (ou de commencer) une discothĂšque consacrĂ©e Ă ce style plus riche quâon ne pourrait le croire. Et lâon ne peut que saluer le travail passionnant dâun vrai passionnĂ©, Jean-Charles Desgroux, journaliste spĂ©cialisĂ© dans la presse metal depuis des annĂ©es et dĂ©jĂ auteur de plusieurs livres. Un livre certes copieux, mais un rĂ©gal pour les amateurs du genre.
Stoner-Blues For The Red Sun, le premier ouvrage sérieux sur le stoner-rock et sa galaxie.
Le stoner-rock a toujours Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une forme de sous-genre de la sphĂšre Metal. Seul le canadien Martin Popoff, journaliste spĂ©cialiste du Heavy-Metal et du Hard-Rock, avait suffisamment pris le mouvement au sĂ©rieux pour y consacrer un ouvrage complet, en anglais. En France, quelques rares journalistes spĂ©cialisĂ©s y virent lâavenir dâun rock alors moribond, alors que le grunge nâa pas encore explosĂ© Ă la face du monde. Le regrettĂ© Cyril Deluermoz de Rock&Folk, et Jean-Charles Desgroux furent de ces pionniers au nez fin. Comme il lâexplique par ailleurs dans cet ouvrage, grunge et stoner Ă©taient les deux pendants dâun mĂȘme mouvement de la scĂšne rock en rĂ©bellion contre lâestablishment musical, mĂȘlant Black Sabbath et punk hardcore.
Jean-Charles Desgroux Ă©tant de ces journalistes sur la brĂšche du stoner depuis ses balbutiements discographiques, sa lĂ©gitimitĂ© Ă Ă©crire un ouvrage sur le genre est donc totale. La premiĂšre partie est consacrĂ©e Ă une explication des origines du mouvement. Et elles sont capitales. PassionnĂ©, Desgroux a parcouru la Californie, enquĂȘtant sur les traces de cette musique : la rĂ©gion, sa population dâhier et dâaujourdâhui, les lieux emblĂ©matiques, studios, sites de generator parties. Il a rencontrĂ© de nombreux musiciens, producteurs⊠Sa vision est donc trĂšs complĂšte pour expliciter le stoner dans son contexte : celui du dĂ©sert de Mojave, des alentours de Palm Springs, irradiĂ©s de soleil, mais aussi carbonisĂ©s de misĂšre sociale. Comme Ă Seattle, les jeunes en rupture et les marginaux se sont retrouvĂ©s dans cette musique acide et violente dont les racines remontent au milieu des annĂ©es 80.
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Pour lâadolescent fan de stoner que je fus dĂšs 1992 avec « Blues For The Red Sun » de Kyuss, il aura Ă©tĂ© lâoccasion de me replonger dans tous ces disques, parfois un peu dĂ©laissĂ©s sur une Ă©tagĂšre. Cet ouvrage, le premier sur le genre en français, trĂšs complet et passionnĂ©, sera une trĂšs bonne lecture accompagnant vos Ă©coutes dâalbums.
Lisez la chronique intégrale sur La planÚte du stoner
AprĂšs des ouvrages sur Iggy Pop, Alice Cooper ou le mĂ©tal en gĂ©nĂ©ral, câest au stoner que sâest rĂ©cemment attaquĂ© notre cher Jean-Charles Desgroux. Sâil puise ses racines dans le blues et le dĂ©sert californien, ce genre musical est Ă©galement capable de naviguer vers le mĂ©tal ou le punk, ce qui le rend autant unique quâincontournable, et ce, aux quatre coins du globe.
Rien Ă voir avec la chanson de Capdevielle mais Jean-Charles Desgroux nous embarque dans le dĂ©sert californien entre Palm Desert et Joshua Tree pour dĂ©couvrir ce mouvement musical, le Stoner, enfant du hard, frĂšre du grunge. Ses grands-parents ont pour noms : Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple. Une basse lourde, des rythmes hypnotiques, des guitares saturĂ©es, le stoner fait le grand Ă©cart entre le mĂ©tal, le rock psychĂ©dĂ©lique et le hardcore Ă la sauce Black Flag. A grand renfort de substances hallucinogĂšnes ! Dans les annĂ©es 80-90, des groupes sont sortis du sable, Kyuss et son disque « Blues For The Red Sun », sous-titre du livre dâailleurs, Sleep, Fu Manchu et bien dâautres. Au passage, notons le dĂ©lire crĂ©atif des pochettes de disques⊠La figure qui rĂ©sume bien ce mouvement est celle de Josh Homme et de ses Queens Of The Stone Age. Jean-Charles Desgroux connaĂźt non seulement la musique mais aussi les lieux. Son livre est une mine dâinformations musicales et une sorte de guide du routard⊠stone.
Ce rock nĂ© du dĂ©sert sâest imposĂ© aujourdâhui toutes catĂ©gories confondues parmi les genres les plus courus du metal.
Et de Kyuss aux Queens of the Stone Age, de ces raves punk quelque part perdues du cĂŽtĂ© des ravins et des canyons du dĂ©sert de Joshua Tree en Californie, comme le signale le journaliste et Ă©crivain Jean-Charles Desgroux, et grand spĂ©cialiste de la question stoner, jusquâaux plus grands stages âmondialisĂ©sâ dĂ©sormais, ce style continue de gagner des adeptes, depuis sa fondation dans les annĂ©es 80. Si au nord-ouest des Ătats-Unis, les musiciens inventaient le grunge, au dus, le psychĂ©dĂ©lisme hardcore prenait forme. Câest cette sage nĂ©e de fan ode ce quâon appelait alors le hard rock, et qui qualifiĂšrent leur crĂ©ation de stoner rock â donc du rock de dĂ©foncĂ©, littĂ©ralement â que nous invite Ă (re)dĂ©couvrir Desgroux. Et lâĂ©patante discographie complĂšte qui termine lâouvrage vaut son pesant dâor.
Jean-Charles Desgroux est un stakhanoviste, Ă tel point quâon en arrive Ă se demander si le gaillard dort. En lâespace de cinq ans, le voilĂ en effet qui sort son quatriĂšme livre, les trois prĂ©cĂ©dents, Ă©galement publiĂ©s chez Le mot et le reste, ayant pour noms Alice Cooper : Remember The Coopâ (2015), Hair Metal â Sunset Strip Extravaganza (2016) et lggy Pop : Shake Appeal (2017). Stoner â Blues For The Red Sun marche dans les traces de Hair Metal⊠puisque, comme ce dernier, il sâattaque Ă un « sous-genre » de la famille metal, racontant son historique, ses ramifications, ses principaux acteurs et labels. Compilations, bibliographie et vidĂ©ographie sont au menu de cet ouvrage dont la substantifique moelle rĂ©side avant tout en une sĂ©lection de 100 albums (pour 100 groupes, ce qui rend lâexercice plus dĂ©licat) dissĂ©quĂ© sur deux pages. Alors, bien sĂ»r, on peut dĂ©battre de certains de choix (Eagles Of Death Metal et Wolfmother sont-ils vraiment stoner ? Songs For The Deaf est-il lâopus le plus fonciĂšrement stoner de Queens Of The Stone Age? The Quillet Loading Data nâauraient-ils pas mĂ©ritĂ© de figurer ici en meilleure place ?), mais les listes, câest comme le goĂ»t : chacun a le sien qui est toujours le meilleur. Une chose est sĂ»re : Jean-Charles est un stoner maniac, un vrai, et il sait de quoi il parle. Les ouvrages consacrĂ©s Ă ce genre mĂ©connu Ă©tant bien plus rares que les apparitions de John Garcia au Hellfest, on ne peut que chaudement recommander ces 314 pages allumĂ©es qui, pour 22 euros, nous ramĂšnent daredare dans le dĂ©sert des barbares. Mieux quâun bong !
AprĂšs vĂ©rification, il semble bien que lâargument de vente numĂ©ro un de ce livre soit vrai : mĂȘme si voilĂ dĂ©sormais un bon quart de siĂšcle que lâon a redĂ©couvert les vertus de lâalcool de cactus, le plaisir de jouer au fin fond du dĂ©sert par 40° et les premiers Black Sabbath, jamais encore la France nâavait eu droit Ă son livre sur le mouvement stoner ! Une lacune enfin comblĂ©e, qui plus est par un collĂšgue qui nâen est pas Ă son premier bouquin et sâavĂšre ĂȘtre un fan, un vrai. Câest Ă la fois tout lâintĂ©rĂȘt et la limite de lâouvrage : de fait, sur ces trois cents pages, plus de deux tiers sont en fait consacrĂ©s Ă une sĂ©lection, forcĂ©ment subjective des cent meilleurs disques du genre, avec une chronique sur deux pages pour chacun. Lâhistoire du mouvement en soi nâoccupe que la premiĂšre section du livre, avec un parti pris qui ne plaira pas Ă tous. Ne pas sâattendre ici Ă une flopĂ©e dâinterviews, Ă des chiffres ou autres Ă©lĂ©ments dĂ©coulant dâune dĂ©marche traditionnelle. Non, bien quâil se base sur des faits Ă©tayĂ©s, le point de vue de lâautre est finalement davantage celui dâun baroudeur des grands espaces amĂ©ricains que dâun journaliste rigoriste. Ă ce titre, les vingt premiĂšres pages sont fabuleuses, car prenant la formant dâun guide du routard un peu dĂ©glinguĂ© du parc national Joshua Tree, de ces banlieues oubliĂ©es Ă©crasĂ©es par le soleil Ă deux heures de Los Angeles, oĂč tout une contre-culture, nĂ©e du skate et du mouvement punk, est apparue au dĂ©but des annĂ©es 80. Mais une fois ce dĂ©cor (trĂšs) bien posĂ©, on tombe ensuite dans une chronologie somme toute assez classique.
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Mais Ă lâarrivĂ©e ce livre donne surtout envie de replonger dans certains disques qui avaient (trop) pris la poussiĂšre dans notre discothĂšque, et câest bien ça lâimportant.
Journaliste musical incontournable et spĂ©cialiste du hard rock et du heavy metal, Jean-Charles Desgroux est connu pour ses nombreux Ă©crits pour le compte des magazines Rock Sound, Crossroads ou encore Rock&Folk. ll est aujourdâhui animateur pour la web radio Heavy1. AprĂšs avoir signĂ© quelques brillantes biographies (lggy Pop, Alice Cooper), mister Desgroux nous livre Stoner, Blues For the Red Sun, un ouvrage entiĂšrement dĂ©diĂ© au stoner rock, style lourd et psychĂ©dĂ©lique nĂ© Ă la fin des annĂ©es 80 lors de jams clandestines (Ă©quivalent rock des raves techno) sous les cactus gĂ©ants du dĂ©sert californien, mais Ă©galement dans le New Jersey et le Maryland, et qui puise sa sĂšve chez les pionniers du heavy metal (Biack Sabbath en tĂȘte de liste), doom (candlemass) et du space rock (Hawkwind). Les pionniers du genre (Kyuss, Monster Magnet, Fu Manchu et consorts) ont mis le feu aux poudres, mais le genre stoner (allusion non dĂ©guisĂ©e Ă un Ă©tat de dĂ©fonce avancĂ©e) sâest ensuite propagĂ© dans le monde entier. Cette anthologie nous raconte toute lâĂ©popĂ©e du stoner, et passe en revue une centaine dâalbums incontournables, cultes ou parfois confidentiels. Absolument indispensable !