Rory Gallagher
Irish blues
Rory Gallagher est lâun des grands guitaristes de blues europĂ©en.
Rory Gallagher fait partie des grands guitaristes britanniques des annĂ©es soixante et soixante-dix. En 1972, il est Ă©lu « guitariste de lâannĂ©e » par le Melody Maker devant Eric Clapton et Jimmy Page. Il faut dire que depuis son Irlande natale, lâascension de Gallagher avait Ă©tĂ© mĂ©tĂ©orique, dâabord avec le groupe Taste puis Ă la tĂȘte de sa propre formation. Il a enregistrĂ© quelques albums remarquables, donnĂ© nombre de concerts mythiques, mais des dĂ©mons rongent le coeur et le corps du guitariste qui meurt Ă quarante-sept ans. Il nous reste ses chansons : ce livre en choisit douze, comme les mesures dâun blues, afin de retracer le parcours de celui qui fut un guitariste exceptionnel mais aussi un multi-instrumentiste virtuose, un chanteur possĂ©dĂ©, un compositeur sensible, un showman endiablĂ©, ainsi quâun homme simple, gĂ©nĂ©reux et souvent seul.
Revue de presse
Irish blues, Neville Rowley, Rory Gallagher Guy Donikian La Cause littéraire 12 mai 2025
Un oeil sur la musique Hervé Devallan Vinyle & audio avril 2025
NEVILLE ROWLEY â Rory Gallagher : Irish Blues Guillaume Ley Balances Mag 2 mai 2025
RORY GALLAGHER - IRISH BLUES RoryGallagher.Fr 5 avril 2025
RORY GALLAGHER Irish Blues par Neville Rowley Bruno Ledez Culturesco 1 avril 2025
âNeville Rowley est historien de lâart spĂ©cialisĂ© dans la Renaissance italienne, mais ce nâest pas tout, car il est Ă©galement passionnĂ© par Rory Gallagher! Il nous propose ainsi quelques rĂ©flexions que lui ont inspirĂ©es le destin (2 mars 1948 â 14 juin 1995) de celui qui proposa un concert inoubliable au fameux Festival de lâĂźle de Wight de 1970 (devant plus de 600.000 personnes), fut Ă©lu âMeilleur guitariste de lâannĂ©eâ par la revue Melody Maker en 1972 et dont lâascension fut mĂ©tĂ©orique⊠Lâauteur commence par lister les titres des douze chansons reprĂ©sentatives de sa carriĂšre, (12, comme les mesures dâun bluesâŠ), qui lâaideront Ă dĂ©cliner les chapitres de sa vie. «Une Ćuvre singuliĂšre compte tenu du fait que Rory semble avoir prĂ©vu dans ses chansons sa dĂ©chĂ©ance Ă venir.» Bullfrog Blues, Blister On The Moon, On The Boards, I Fall Apart, Going To My Hometown, Seven Son Of A Seventh Son, A Million Miles Away, Moonchild, As The Years Go Passig By, Shadow Play, Nothinâ But The Devil, Ghost Blues. Suivent ensuite 12 chapitres (toujours ce chiffre 12!) plus littĂ©raires et âconventionnelsâ qui relatent quelques faits marquants de la vie de Rory Gallagher, ainsi quâune discographie originale sur 4 pages et une bibliographie sur 2 pages. Dans cet ouvrage on retrouve ce guitariste et musicien virtuose, chanteur possĂ©dĂ© et compositeur sensible et inspirĂ©, vĂ©ritable showman endiablĂ© et, en mĂȘme temps, homme simple et gĂ©nĂ©reux. Un excellent ouvrage que lâon referme avec un petit pincement au cĆur quand on connait la fin tragique de Rory et qui nous rappelle combien il nous manqueâŠâ
âRory Gallagher fit partie des grands guitaristes britanniques (Irlande) des annĂ©es soixante-dix. Le blues fut son inspiration premiĂšre, mais sa musique a franchi les frontiĂšres du blues. Câest en 1972, le 12 septembre, que le Melody Maker le plĂ©biscite devant Eric Clapton et Jimmy Page. « Le 18 au matin, Jimi Hendrix est retrouvĂ© mort Ă son domicile Ă Londres. Câest la fin dâune Ă©poque ». Et quelle Ă©poque ! Rory Gallagher commence alors une carriĂšre solo aprĂšs la dissolution du groupe quâil avait formĂ©, Taste. Neville Rowley nous embarque dans le sillage du musicien irlandais sur douze de ses titres, comme les douze mesures du blues qui aura inspirĂ© sa musique. Taste est donc formĂ© Ă lâĂ©tĂ© 66, un trio Ă lâimage de celui que Gallagher admirait tant pour la libertĂ© de jeu que cette formation laissait au guitariste, Cream. Il y aura Eric Kinterringham Ă la basse et Norman Dâamery Ă la batterie. Le nom du groupe, Taste, sera choisi Ă la hĂąte. « AprĂšs tout, si certains sâappellent âla crĂšmeâ, pourquoi ne pas insister sur âle goĂ»tâ ? ». Le groupe commencera par des reprises des Rolling Stones, des Who, de Chuck Berry, ou encore de Dylan. Gallagher va alors sâessayer Ă lâharmonica, quâon retrouvera plus tard sur certains titres. Tout cela se passe Ă Cork, mais pour que le groupe dĂ©colle, on va privilĂ©gier les compositions et on va sâinstaller Ă Belfast. Puis les tournĂ©es vont se succĂ©der comme Ă Hambourg en janvier 1967. En novembre de la mĂȘme annĂ©e, Taste joue Ă Londres, oĂč tout se passe, en premiĂšre partie des Bluesbreakers de John Mayall, qui a confiĂ© la guitare Ă un certain Mick Taylor, bientĂŽt dĂ©bauchĂ© par les Rolling Stones. Si la musique des Bluesbreakers est de qualitĂ©, leur prĂ©sence scĂ©nique est plutĂŽt tranquille, ce qui contraste avec lâĂ©nergie de Taste, Ă©nergie qui va « enfoncer » le groupe de John Mayall. Le groupe progresse, et va enregistrer un 45 tours en avril 68, avec le titre Blister on the Moon, lĂ encore un titre choisi Ă la hĂąte, comme le nom du groupe. Ce titre « câest dâabord un gros son. Guitare, basse, batterie : ça sent la cave, les cheveux longs et la transpiration. On comprend immĂ©diatement pourquoi les trois petits jeunes de Cork ont conquis bien des salles de concert, et pas seulement en Irlande ». DĂšs ce premier enregistrement, Gallagher sâoccupe de tout, câest lui qui compose, qui place sa guitare, chante. Câest ce quâil fera dĂ©sormais tout au long de sa (trop) courte carriĂšre. Suivra un album, sommairement intitulĂ© Taste, enregistrĂ© dans la foulĂ©e mais qui paraĂźtra un an aprĂšs, dans lequel les compositions sont plus maĂźtrisĂ©es et la production plus prĂ©cise. « Le 28 aoĂ»t 1970, Taste se produit au festival de lâĂźle de Wight, dans le sud de lâAngleterre, et la performance est non seulement enregistrĂ©e, mais aussi filmĂ©e. (âŠ) Comme Ă Woodstock, les clĂŽtures ont sautĂ© et plus dâun demi-million de personnes assistent gratuitement Ă ce dĂ©filĂ© de grands noms, des Who Ă Jimi Hendrix, en passant par Miles Davis et Leonard Cohen ». Gallagher va tout donner dans ce concert, les idĂ©es musicales fusent, tout se passe comme si tout nâĂ©tait quâimprovisation maĂźtrisĂ©e. Mais ce concert sera le chant du cygne de Taste, Rory Gallagher va se sĂ©parer de ses comparses pour dâautres horizons, sa carriĂšre solo peut commencer, la maturitĂ© musicale le permettant. Le dernier concert du groupe a lieu le 24 octobre 1970 Ă Belfast, lĂ oĂč le groupe avait vĂ©ritablement dĂ©collĂ©. Gerry McAvoy et Wilgar Campbell seront respectivement Ă la basse et Ă la batterie, deux musiciens qui vont « servir » Gallagher et sur lesquels le guitariste pourra sâappuyer. Un album sera enregistrĂ©, intitulĂ© Rory Gallagher, comportant des titres plus aboutis, des chansons « plus savamment construites ».
Lâaventure commence en trombe et Neville Rowley dissĂšque un des titres de lâalbum, I fall Apart, pour souligner non seulement le texte, rĂ©vĂ©lateur, mais aussi le choix musical qui sâinscrit dans la lignĂ©e dâun Led Zeppelin qui sortira un peu aprĂšs son quatriĂšme album. Le texte de Neville Rowley, documentĂ©, nous convie ensuite Ă vivre les sommets du guitariste, tout comme ses angoisses et sa solitude⊠Un guitariste une fois encore parti trop tĂŽt.â
âQuand la lĂ©gende dĂ©passe la rĂ©alitĂ©, on imprime la lĂ©gende. Un dialogue extrait du film, Lâhomme qui tua Liberty Valance, qui sâapplique parfaitement Ă ce quâaurait affirmĂ© Jimi Hendrix lorsquâon lui demandait ce que ça faisait dâĂȘtre le plus grand guitariste au monde : « Je ne sais pas, demandez Ă Rory Gallagher ». Pourtant, câest bien la vie rĂ©elle du mythique guitariste de blues irlandais que retrace Neville Rowley, lui-mĂȘme dâorigine irlandaise. Au fil de douze morceaux de lâartiste, on suit le parcours dâun homme sombre et solitaire qui fut quand mĂȘme Ă©lu « guitariste de lâannĂ©e en 1972 » par le Melody Maker devant Ăric Clapton et Jimmy
Page. Lâauteur le rappelle Ă tous ceux qui auraient tendance Ă oublier ce virtuose qui sortit quatorze albums dont le mĂ©morable live, Irish Tour â74. Un des meilleurs disques en public jamais publiĂ©s ? On retrouve donc avec bonheur lâhistoire de cet Irlandais qui entre son premier groupe Taste et sa carriĂšre solo unit les Irlandais de Belfast et de Dublin au moment oĂč la guerre faisait rage en Ulster.â
âMalgrĂ© une carriĂšre relativement courte Ă lâĂ©chelle de lâhistoire du rock, celle de Rory Gallagher a marquĂ© les esprits, notamment en son fief de Ballyshannon, en Irlande, oĂč se trouve sa statue (mais aussi en France oĂč une rue porte son nom dans la ville de Ris-Orangis, par exemple). Guitariste admirĂ© par tous, comme Jimmy Page et Eric Clapton auxquels il a soufflĂ© le titre de meilleur guitariste de lâannĂ©e en 1972 dans les pages du Melody Maker, Gallagher possĂ©dait ce jeu incandescent et cette prĂ©sence scĂ©nique unique qui ont alimentĂ© la lĂ©gende. Neville Rowley a beau ĂȘtre avant tout un historien de lâart, spĂ©cialisĂ© dans la Renaissance italienne, ses origines irlandaises y sont sĂ»rement pour quelque chose dans la rĂ©daction de ce livre (en parallĂšle Ă sa passion pour le blues). On y (re)dĂ©couvre un musicien entier et passionnĂ© Ă travers son parcours dĂ©crit en grande partie Ă travers ses chansons. Si les structures et les paroles de ces derniĂšres sont souvent dĂ©cortiquĂ©es et analysĂ©es de maniĂšre poussĂ©e et trĂšs « universitaire » au risque de perdre un peu de spontanĂ©itĂ© au profit dâune Ă©tude de texte un brin scolaire, le livre vous emmĂšne directement aux cĂŽtĂ©s de Rory, pour mieux comprendre sa musique, celle qui vient du cĆur, et accessoirement de lĂ et donc du bluesâŠâ
âBientĂŽt 30 ans aprĂšs le dĂ©cĂšs de notre irlandais adorĂ©, quel plaisir de constater que Rory nâa pas Ă©tĂ© oubliĂ© et quâun nouveau livre EN LANGUEFRANĂAISE lui est consacrĂ© ! En 140 pages et 12 chansons dĂ©cortiquĂ©es (comme les 12 mesures du Blues), Neuville Rowley nous dresse un portrait subtile et bien documentĂ© de celui qui fut, incontestablement, LE guitariste le plus sous-estimĂ© de lâhistoire du Rock. Un livre que tous les fans de Rory Gallagher se doivent de lire un jour ou lâautre pour se faire une idĂ©e (encore) plus prĂ©cise de ce que fut le parcours dâun artiste Ă jamais irremplaçable par sa singularitĂ©, son refus du systĂšme en place, sa virtuositĂ© lĂ©gendaire, sa gentillesse et son humilitĂ©.â
âCe soir du 10 Octobre 1978, il y a environ 3000 gusses et quelques nanas rassemblĂ©s dans le hangar de la Foire Internationale de Lille. On est lĂ pour lâun des plus grands guitaristes du Rock, câest sĂ»r : Rory Gallagher ! Le gars Ă la Stratocaster usĂ©e, on lâa dĂ©couvert tardivement dans lâĂ©mission Follies du regrettĂ© Gilles Verlant sur la tĂ©lĂ© belge. Son aisance en Ă©lectrique comme en acoustique nous a subjuguĂ©s, au point de nous faire croire que câĂ©tait facile⊠Et cette voix, chaude, qui chante si bien le Blues ! En ouverture (sic), le Rory a choisi⊠Penetration, un nouveau groupe punk avec une chanteuse, Pauline Murray. Son chant et son attitude sâavĂšrent trĂšs marquĂ©es par Patti Smith. Mais ses incantations ne remportent pas un franc succĂšs dans la foule. AprĂšs des huĂ©es, exit Penetration ! Dommage ? Puis notre bonhomme arrive, veste en jean crĂšme, bien sĂ»r chemise Ă carreaux⊠Plus la fameuse Stratocaster ! Cette fois, Ted McKenna assure la batterie et lâincontournable Gerry McAvoy la basse. TrĂšs vite, le trio dĂ©gaine des titres des derniers albums Calling Card (1976) et Photo Finish le tout nouveau. Le son est trĂšs bon. Rory Gallagher rayonne. LâIrlandais impressionne par son jeu mĂ©lodique, Ă©nergique et virtuose. AprĂšs cette sĂ©quence trĂšs voltaĂŻque, le chanteur / guitariste offre un set acoustique sur six cordes ou mandoline, entraĂźnant les Lillois Ă taper des mains et guincher sur Goin To My Hometown, comme dans un pub gĂ©ant du cĂŽtĂ© de Cork ! Avec la derniĂšre partie, Gallagher et ses deux complices embarquent toute la salle dans leur cercle dâĂ©nergie, entre Blues et Hard Rock avant un ultime rappel, inattendu et gĂ©nĂ©reux, alors que toute la salle a Ă©tĂ© rallumĂ©e pour la sortie ! MĂ©morable ! Dans son livre, Neville Rowley propose une exploration de lâunivers de Rory Gallagher en douze chansons, douze Ă©tapes tel le Blues pour dessiner le portrait de lâartiste et de lâhomme. Cette dĂ©marche originale permet, grĂące Ă lâanalyse des textes, de cerner ses influences, ses talents â en tant que chanteur / guitariste mais aussi auteur / compositeur -, son humanitĂ© et pourtant aussi sa solitude. Car, depuis les dĂ©buts en Irlande puis la formation de Taste, et son parcours en solo, jusquâĂ la fin trop prĂ©coce, derriĂšre les concerts flamboyants et les disques attachants, il y a aussi les papillons noirs et lâalcoolisme qui lui seront fatals. Neville Rowley Ă©voque ainsi la descente aux enfers du Guitar Hero : le Blues nâest-il pas la musique du Diable ? AprĂšs les brillances de la dĂ©cennie 70, pendant les annĂ©es 80 sâaccumulent les amours malheureuses, les dĂ©pendances, la dĂ©pression, les concerts annulĂ©s, reportĂ©s, les malaises sur scĂšne, le dĂ©sintĂ©rĂȘt de la presse et du grand public. Le fringant Gallagher vieillit mal, dĂ©laisse les chemise Ă carreaux pour le Noir et lĂąche mĂȘme sa Stratocaster. Il semble parfois dĂ©jĂ ailleurs tandis que les disques se font rares, seulement trois albums studios en une dĂ©cennie. Sur scĂšne, le meilleur cĂŽtoie le pire⊠Jusquâaux journĂ©es tragiques de 1995 que lâauteur raconte avec pudeur et Ă©motion. Encore une fois chez Le Mot et le reste, un ouvrage indispensable !â