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Parution : 18/08/2016
ISBN : 9782360542222
240 pages (14,8 x 21 cm)

Rock garage

Fuzz, farfisa & distorsions

Des Trashmen Ă  Ty Segall, Christophe Brault retrace l’évolution du rock garage en cent albums.

Le rock garage se dĂ©veloppe Ă  partir de 1964 en rĂ©action Ă  la British Invasion des Animals, Rolling Stones ou Kinks des charts amĂ©ricains. L’inexpĂ©rience et la jeunesse des musiciens ainsi que leur manque de moyens les obligeront souvent Ă  rĂ©pĂ©ter et enregistrer dans le garage familial, donnant ainsi Ă  leurs productions un son amateur, brut, sale, punk avant l’heure, que l’on baptisera garage. La dĂ©mocratisation de cette mĂ©thode de production va permettre Ă  des milliers de groupes de se former, certains d’entre eux obtenant mĂȘme un hit inattendu. Le mouvement psychĂ©dĂ©lique et surtout le rock progressif mettront un terme Ă  toute cette Ă©nergie qui rĂ©apparaĂźtra au dĂ©but des annĂ©es 1980 impulsant le courant « revival ». Une nouvelle gĂ©nĂ©ration (Crawdaddys, Chesterfield Kings) qui imitera dans un premier temps ses ainĂ©s avant de s’en Ă©manciper totalement (Lyres, Miracle Workers, Cramps). Les dĂ©cennies suivantes confirmeront la vitalitĂ© de cette scĂšne qui s’étendra aussi largement en Europe et jusqu’à nos jours, le succĂšs de la nouvelle scĂšne garage française en Ă©tant la marque. Des Fleshtones Ă  Ty Segall, des Fuzztones Ă  Jay Reatard, le mouvement est devenu aujourd’hui incontournable pour tous les amateurs et autres dĂ©fenseurs de guitares fuzz et d’orgues farfisa.

• Lire un extrait

Revue de presse

- Rock garage Thomas Fleitour Alter1fo 15 février 2017

- Émission spĂ©ciale Transmusicales Mathilde Serrell & Martin Quenehen France Culture // Ping-Pong 2 dĂ©cembre 2016
- Voix de garage Frédéric Isoletta Zibeline Novembre 2016
- BRUT, SALE, PUNK...LE ROCK GARAGE ! Jean Rouzaud Radio Nova // Novaplanet.com 25 août 2016

- Rock garage

Je ne vais pas vous faire l’affront de vous prĂ©senter le musicologue Christophe Brault, qui anime l’émission Music Machine depuis 
pff 
 79 podcasts, me dit-on dans l’oreillette, ni de vous parler du cĂ©lĂšbre confĂ©rencier, ni mĂȘme de l’érudit universitaire, mais j’ai nĂ©anmoins croisĂ© Christophe Brault dans une vie antĂ©rieure. Au dĂ©but des annĂ©es 90, je m’étais retrouvĂ© quasi seul Ă  errer dans les rayons de feu Rennes Musique le seul disquaire qui comptait dans l’ouest. Il m’était tombĂ© dessus sans que je m’y attende. « Vous cherchez quelque chose ? ». AgressĂ© dans mes rĂȘveries, j’avais jetĂ© mon dernier atout : « Vous auriez, Cut l’album des Slits ? Des punkettes ! ». « Oui ! Bien sur, tenez ! » .. dit-il en me refilant le disque (introuvable) dans les mains 
 un disque Ă  140 Frs 
 une fortune 
 Pris Ă  mon propre piĂšge me voilĂ  redirigĂ© vers la caisse la plus proche avec ce qui s’avĂ©rera l’un de mes disques prĂ©fĂ©rĂ©s.

Je m’éloigne du sujet, mais c’est aussi, chez Rennes Musique, que je dĂ©couvrais pour la premiĂšre fois, le rock garage, via une compile fabuleuse « The Sound Of The Sixties, Vol.1 », car Ă  l’époque le rock garage s’appelait le rock sixties, c’est Ă  dire, la musique de ces milliers de groupes qui s’étaient pris la British Invasion dans les gencives.

Petit rappel des faits. En 1964, les Beatles dĂ©barquent en francs tireurs chez l’oncle Sam. En 5 petites minutes, leur Mersey Beat, fracasse tout l’édifice de la musique Pop amĂ©ricaine. A partir de cet instant, et mis Ă  part l’écurie Motown qui Ă©chappe Ă  la noyade, ce seront les petites teignes anglaises qui vont donner le La.. Aux quatre coins du pays fleurissent des formations dont la plupart ne connaĂźtront d’autre gloire que celle des voisines venues espionner ces grands dadais jouant dans le garage de leurs parents. Quelques fois, certains s’échapperont des garages familiaux et il paraĂźt mĂȘme que certains connaĂźtront une gloire Ă©phĂ©mĂšre.

Le rock garage, ce sont, les survivants de l’oubli, ceux qui ont rĂ©ussi Ă  sortir de la pĂ©nombre des hits parade, tous ces ‘One Hit Wonder’ qui furent compilĂ©s par Lenny Kaye, le futur guitariste de Patti Smith. En 1972, Jac Holzman patron d’Electra, le charge de regrouper ses titres prĂ©fĂ©rĂ©s pour sortir un double album, Nuggets: Original Artyfacts from the First Psychedelic Era, 65-68. Ne mĂ©nageons pas nos mots, ceci reprĂ©sente les tables de loi du rock, qu’il soit garagiste ou pas. 28 titres explosifs, pop, folk ou psychĂ©dĂ©liques, tout est gĂ©nial, du moindre couinement d’orgue Farsifa, de ces solos sur 3 notes gavĂ©s de fuzz aux chants habitĂ©s Ă  peine couverts par des chƓurs bancals. En 1998, Rhino, le fameux label de rééditions, sortira un coffret de 4 disques, quadruplant ainsi le volume des saintes Ă©critures.

Non content d’eux, Rhino double l’exploit en Ă©ditant en 2001, l’équivalent du 1er coffret Nugget, mais cette fois ci, sur les pays de l’Empire Britannique. Une nouvelle fois, c’est l’orgie, Rhythm’n blues, Mersey Beat, Pop magistrale, Mod, Freakbeat, PsychĂ©dĂ©lisme, rien ne nous est Ă©pargnĂ©. Le son AmĂ©ricain se dĂ©marque des Anglais par un son plus brut, mais attention, difficile de faire un choix tant le niveau est Ă©levĂ© de part et d’autre de l’Atlantique.

Si initialement, le rock garage est une invention amĂ©ricaine, on voit bien qu’avec le temps on finit par mettre dans le mĂȘme panier, ceux qui influencent et les influencĂ©s. J’ai toujours vu le rock sixties comme un oignon. Au centre, les leaders, puis dans les couches pĂ©riphĂ©riques les outsiders par ordre d’importance. On aurait par exemple, au 1er niveau les Beatles et les Rolling Stones. Au 2Ăšme niveaux, ce serait les Kinks et les Who. Au 3Ăšme, les Pretty Things, Them, Yardbirds, Small Faces etc. Intellectuellement parlant, j’aurais du mal Ă  classer les garagistes, dans les groupes avant le 4Ăšme niveau, mĂȘme si certain titres pris sĂ©parĂ©ment pourraient y figurer, comme le « Midnight To Six » des Pretty Things voir un « You Really Got Me » des Kinks.

Pour Christophe Brault, la frontiĂšre n’est pas si claire. Dans la liste des albums chroniquĂ©s, on retrouve un Kinks, un Who, un Pretty Thing, un Them, un Yardbirds et mĂȘme le 1er Stones. Finalement le Link Wray, l’indien, pionnier du Rock & Roll et de la surf musique est un choix moins incongru, tant son influence fut grande chez les futurs garagistes. Quoi qu’il en soit, toute liste est forcement soumise Ă  dĂ©bat.

Les choix faits ici sont globalement les bons, on retrouve bien Ă©videment la crĂšme de la crĂšme : le Count Five et son excellente pochette avec le groupe photographiĂ© comme s’il regardait un cercueil mis en terre, les furieux Sonics de Tacoma, les Monks, faux moines dada avec tonsures et robes de bures de rigueur, les Seeds, des illuminĂ©s menĂ©s par le givrĂ© Sky Saxon, dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ© ici. Je passe sur les Remains, un peu lisses et sur le 13th Floor Elevator de Roky Erikson croisĂ© aux Transmusicales, pour m’arrĂȘter sur Question Mark et ses Mysterians coupables du seul n°1 de la sĂ©lection, l’imparable « 96 Tears », oubliĂ© des compiles Rhino pour d’obscures raisons de droits. Le titre avec son orgue hypnotique et obsĂ©dant est surnagĂ© par le chant tremblotant de Rudy Martinez et pour les paroles, je laisse aux mathĂ©maticiens le soins de vous en expliquer la teneur. On trouve aussi le 1er album de The Litter dont la reprise « Action Woman » est l’archĂ©type du genre entre calme et fureur, le tout gavĂ© de guitare fuzz. L’autre pĂ©pite de leur album est la reprise Ă©lectrifiĂ©e du classique folk de Buffy Sainte Marie, Codeine. Dans les choix moins acadĂ©miques, on croise les Texans de Zakary Thanks et leur Bad Girl jouĂ© Ă  Mach 3. On a Ă  peine le temps de respirer.

Chez les anglais, les choix sont plus Ă©tonnants. Hormis les tĂ©nors (Stones, Kinks, Who, etc.), on trouve les Animals, groupe que j’ai encore une fois du mal Ă  classer dans le genre Garagiste. Par contre, les Downliners Sect, et leur Rhythm’n Blues sont un morceau de choix et ils seront l’influence majeure de Billy Childish l’immense activiste Garagiste anglais de la fin du XXĂšme siĂšcle. Avec les Birds, on touche une veine Mods avec un ancrage encore trĂšs Rhythm’n Blues mais plus acĂ©rĂ©. Dans leur rang, un futur Stones, le petit Ron Wood qui fait encore ses classes. Avec The Action, c’est l’autre volant de la culture Mod avec une inspiration trĂšs prononcĂ©e pour la Soul sur laquelle la voix suave de Reg King fait des miracles. La reprise du « I’ll Keep Holding On » des Marvelettes est un modĂšle du genre. Au croisement du Rhythm’n Blues original, du psychĂ©dĂ©lisme et saupoudrĂ© de fureur Mods, existe un genre vĂ©nĂ©rĂ© par les esthĂštes gavĂ©s d’amphĂ©tamine, le Freakbeat. MĂȘme si le genre n’a aucune existence lĂ©gale, il permet de regrouper les groupes les plus furieux dans un mĂȘme panier. On trouve ici, The Sorrows, The Eyes, Fleur De Lys, Creation, The Smoke et mĂȘme les Birds sur certains titres. On ne va pas Ă©piloguer sur le sujet, tout est bon et mĂȘme trĂšs bon, c’est la quintessence du Rock anglais entre 65 et 67. Enfin, finissons sur le cas Troggs. Pour des raisons obscures, ce groupe qui jouaient dans les premiĂšres catĂ©gories, a Ă©tĂ© relĂ©guĂ© au fil du temps dans les oubliettes de l’histoire. On peut considĂ©rer les Troggs comme des Seeds anglais. Ils Ă©taient alors sur le devant de la scĂšne, ils composaient de bons albums et ont mĂȘme eu 2 n°1 dans les hits, dont l’insurpassable « Wild Thing ». Mais leur musique un peu trop sauvage, qui inspirera aussi bien le Hard Rock que les Punks, les poussera vers les groupes de zone B, puis de zone Z.

Bon, je ne vais pas tout dévoiler non plus, mais il y est aussi question du revival garagiste du début des années 80 (Barracudas, Cramps, Fleshtones, Pandoras, etc.), puis des années 2000 qui entérine le genre dans ceux qui comptent.

Si on fait l’impasse de la bande son, le livre se lit relativement vite, mais il prend une autre saveur lorsqu’on prend le temps de dĂ©guster chaque page en Ă©coutant religieusement les titres proposĂ©s. L’ouvrage est plutĂŽt Ă  destination des novices, mais l’amateur trouvera aussi son compte en dĂ©couvrant Ă  coup sĂ»r de nouvelles pistes pour Ă©tancher sa soif de cambouis.

Lire la chronique sur le site de Alter1fo

Thomas Fleitour
Alter1fo 15 février 2017

Je ne vais pas vous faire l’affront de vous prĂ©senter le musicologue Christophe Brault, qui anime l’émission Music Machine depuis 
pff 
 79 podcasts, me dit-on dans l’oreillette, ni de vous parler du cĂ©lĂšbre confĂ©rencier, ni mĂȘme de l’érudit universitaire, mais j’ai nĂ©anmoins croisĂ© Christophe Brault dans une vie antĂ©rieure. Au dĂ©but des annĂ©es 90, je m’étais retrouvĂ© quasi seul Ă  errer dans les rayons de feu Rennes Musique le seul disquaire qui comptait dans l’ouest. Il m’était tombĂ© dessus sans que je m’y attende. « Vous cherchez quelque chose ? ». AgressĂ© dans mes rĂȘveries, j’avais jetĂ© mon dernier atout : « Vous auriez, Cut l’album des Slits ? Des punkettes ! ». « Oui ! Bien sur, tenez ! » .. dit-il en me refilant le disque (introuvable) dans les mains 
 un disque Ă  140 Frs 
 une fortune 
 Pris Ă  mon propre piĂšge me voilĂ  redirigĂ© vers la caisse la plus proche avec ce qui s’avĂ©rera l’un de mes disques prĂ©fĂ©rĂ©s.

Je m’éloigne du sujet, mais c’est aussi, chez Rennes Musique, que je dĂ©couvrais pour la premiĂšre fois, le rock garage, via une compile fabuleuse « The Sound Of The Sixties, Vol.1 », car Ă  l’époque le rock garage s’appelait le rock sixties, c’est Ă  dire, la musique de ces milliers de groupes qui s’étaient pris la British Invasion dans les gencives.

Petit rappel des faits. En 1964, les Beatles dĂ©barquent en francs tireurs chez l’oncle Sam. En 5 petites minutes, leur Mersey Beat, fracasse tout l’édifice de la musique Pop amĂ©ricaine. A partir de cet instant, et mis Ă  part l’écurie Motown qui Ă©chappe Ă  la noyade, ce seront les petites teignes anglaises qui vont donner le La.. Aux quatre coins du pays fleurissent des formations dont la plupart ne connaĂźtront d’autre gloire que celle des voisines venues espionner ces grands dadais jouant dans le garage de leurs parents. Quelques fois, certains s’échapperont des garages familiaux et il paraĂźt mĂȘme que certains connaĂźtront une gloire Ă©phĂ©mĂšre.

Le rock garage, ce sont, les survivants de l’oubli, ceux qui ont rĂ©ussi Ă  sortir de la pĂ©nombre des hits parade, tous ces ‘One Hit Wonder’ qui furent compilĂ©s par Lenny Kaye, le futur guitariste de Patti Smith. En 1972, Jac Holzman patron d’Electra, le charge de regrouper ses titres prĂ©fĂ©rĂ©s pour sortir un double album, Nuggets: Original Artyfacts from the First Psychedelic Era, 65-68. Ne mĂ©nageons pas nos mots, ceci reprĂ©sente les tables de loi du rock, qu’il soit garagiste ou pas. 28 titres explosifs, pop, folk ou psychĂ©dĂ©liques, tout est gĂ©nial, du moindre couinement d’orgue Farsifa, de ces solos sur 3 notes gavĂ©s de fuzz aux chants habitĂ©s Ă  peine couverts par des chƓurs bancals. En 1998, Rhino, le fameux label de rééditions, sortira un coffret de 4 disques, quadruplant ainsi le volume des saintes Ă©critures.

Non content d’eux, Rhino double l’exploit en Ă©ditant en 2001, l’équivalent du 1er coffret Nugget, mais cette fois ci, sur les pays de l’Empire Britannique. Une nouvelle fois, c’est l’orgie, Rhythm’n blues, Mersey Beat, Pop magistrale, Mod, Freakbeat, PsychĂ©dĂ©lisme, rien ne nous est Ă©pargnĂ©. Le son AmĂ©ricain se dĂ©marque des Anglais par un son plus brut, mais attention, difficile de faire un choix tant le niveau est Ă©levĂ© de part et d’autre de l’Atlantique.

Si initialement, le rock garage est une invention amĂ©ricaine, on voit bien qu’avec le temps on finit par mettre dans le mĂȘme panier, ceux qui influencent et les influencĂ©s. J’ai toujours vu le rock sixties comme un oignon. Au centre, les leaders, puis dans les couches pĂ©riphĂ©riques les outsiders par ordre d’importance. On aurait par exemple, au 1er niveau les Beatles et les Rolling Stones. Au 2Ăšme niveaux, ce serait les Kinks et les Who. Au 3Ăšme, les Pretty Things, Them, Yardbirds, Small Faces etc. Intellectuellement parlant, j’aurais du mal Ă  classer les garagistes, dans les groupes avant le 4Ăšme niveau, mĂȘme si certain titres pris sĂ©parĂ©ment pourraient y figurer, comme le « Midnight To Six » des Pretty Things voir un « You Really Got Me » des Kinks.

Pour Christophe Brault, la frontiĂšre n’est pas si claire. Dans la liste des albums chroniquĂ©s, on retrouve un Kinks, un Who, un Pretty Thing, un Them, un Yardbirds et mĂȘme le 1er Stones. Finalement le Link Wray, l’indien, pionnier du Rock & Roll et de la surf musique est un choix moins incongru, tant son influence fut grande chez les futurs garagistes. Quoi qu’il en soit, toute liste est forcement soumise Ă  dĂ©bat.

Les choix faits ici sont globalement les bons, on retrouve bien Ă©videment la crĂšme de la crĂšme : le Count Five et son excellente pochette avec le groupe photographiĂ© comme s’il regardait un cercueil mis en terre, les furieux Sonics de Tacoma, les Monks, faux moines dada avec tonsures et robes de bures de rigueur, les Seeds, des illuminĂ©s menĂ©s par le givrĂ© Sky Saxon, dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ© ici. Je passe sur les Remains, un peu lisses et sur le 13th Floor Elevator de Roky Erikson croisĂ© aux Transmusicales, pour m’arrĂȘter sur Question Mark et ses Mysterians coupables du seul n°1 de la sĂ©lection, l’imparable « 96 Tears », oubliĂ© des compiles Rhino pour d’obscures raisons de droits. Le titre avec son orgue hypnotique et obsĂ©dant est surnagĂ© par le chant tremblotant de Rudy Martinez et pour les paroles, je laisse aux mathĂ©maticiens le soins de vous en expliquer la teneur. On trouve aussi le 1er album de The Litter dont la reprise « Action Woman » est l’archĂ©type du genre entre calme et fureur, le tout gavĂ© de guitare fuzz. L’autre pĂ©pite de leur album est la reprise Ă©lectrifiĂ©e du classique folk de Buffy Sainte Marie, Codeine. Dans les choix moins acadĂ©miques, on croise les Texans de Zakary Thanks et leur Bad Girl jouĂ© Ă  Mach 3. On a Ă  peine le temps de respirer.

Chez les anglais, les choix sont plus Ă©tonnants. Hormis les tĂ©nors (Stones, Kinks, Who, etc.), on trouve les Animals, groupe que j’ai encore une fois du mal Ă  classer dans le genre Garagiste. Par contre, les Downliners Sect, et leur Rhythm’n Blues sont un morceau de choix et ils seront l’influence majeure de Billy Childish l’immense activiste Garagiste anglais de la fin du XXĂšme siĂšcle. Avec les Birds, on touche une veine Mods avec un ancrage encore trĂšs Rhythm’n Blues mais plus acĂ©rĂ©. Dans leur rang, un futur Stones, le petit Ron Wood qui fait encore ses classes. Avec The Action, c’est l’autre volant de la culture Mod avec une inspiration trĂšs prononcĂ©e pour la Soul sur laquelle la voix suave de Reg King fait des miracles. La reprise du « I’ll Keep Holding On » des Marvelettes est un modĂšle du genre. Au croisement du Rhythm’n Blues original, du psychĂ©dĂ©lisme et saupoudrĂ© de fureur Mods, existe un genre vĂ©nĂ©rĂ© par les esthĂštes gavĂ©s d’amphĂ©tamine, le Freakbeat. MĂȘme si le genre n’a aucune existence lĂ©gale, il permet de regrouper les groupes les plus furieux dans un mĂȘme panier. On trouve ici, The Sorrows, The Eyes, Fleur De Lys, Creation, The Smoke et mĂȘme les Birds sur certains titres. On ne va pas Ă©piloguer sur le sujet, tout est bon et mĂȘme trĂšs bon, c’est la quintessence du Rock anglais entre 65 et 67. Enfin, finissons sur le cas Troggs. Pour des raisons obscures, ce groupe qui jouaient dans les premiĂšres catĂ©gories, a Ă©tĂ© relĂ©guĂ© au fil du temps dans les oubliettes de l’histoire. On peut considĂ©rer les Troggs comme des Seeds anglais. Ils Ă©taient alors sur le devant de la scĂšne, ils composaient de bons albums et ont mĂȘme eu 2 n°1 dans les hits, dont l’insurpassable « Wild Thing ». Mais leur musique un peu trop sauvage, qui inspirera aussi bien le Hard Rock que les Punks, les poussera vers les groupes de zone B, puis de zone Z.

Bon, je ne vais pas tout dévoiler non plus, mais il y est aussi question du revival garagiste du début des années 80 (Barracudas, Cramps, Fleshtones, Pandoras, etc.), puis des années 2000 qui entérine le genre dans ceux qui comptent.

Si on fait l’impasse de la bande son, le livre se lit relativement vite, mais il prend une autre saveur lorsqu’on prend le temps de dĂ©guster chaque page en Ă©coutant religieusement les titres proposĂ©s. L’ouvrage est plutĂŽt Ă  destination des novices, mais l’amateur trouvera aussi son compte en dĂ©couvrant Ă  coup sĂ»r de nouvelles pistes pour Ă©tancher sa soif de cambouis.

Lire la chronique sur le site de Alter1fo


- Émission spĂ©ciale Transmusicales

Christophe Brault donnait une confĂ©rence dans le cadre des Transmusicales 2016 et a Ă©tĂ© invitĂ© sur le plateau de l’émission “Ping-Pong” en compagnie du directeur artistique du festival Jean-Louis Brossard.

Écouter l’émission en podcast sur le site de France Culture

Mathilde Serrell & Martin Quenehen
France Culture // Ping-Pong 2 décembre 2016

- Voix de garage

Grand spĂ©cialiste du genre, Christophe Brault comble les adeptes du rock en particulier du genre « Garage » avec la sortie chez Le Mot et le Reste d’une petite bible intitulĂ©e Rock Garage, fuzz, farfiza & distorsions. Rien que ça ! Pour ne fĂącher personne, soyons-clair : le Garage qui nourrit l’histoire du rock depuis les annĂ©es soixante, s’est sans cesse renouvelĂ© et de nombreux groupes y ont parfois posĂ© un ou deux pieds, ainsi, les Trahsmens, les Cramps, John Spencer Blues Explosion, le Velvet
. Mais le rock Garage, ce genre rĂ©putĂ© sale et peu sophistiquĂ© regorge d’une myriade de groupes, la plupart complĂštement inconnus pour le commun des mortels. De l’intemporel Louie Louie jusqu’à nos jours ou presque, le recueil de Christophe Brault, construit chronologiquement par albums phares, propose une trĂšs riche introduction historique de l’auteur comme divers classements d’albums et de groupes plus instructifs les uns que les autres. Un vĂ©ritable inventaire, intelligemment menĂ© et remarquablement documentĂ© sur un genre musical qui n’a jamais cessĂ© de se rĂ©inventer depuis sa crĂ©ation.

Retrouver la chronique sur le site de Zibeline

Frédéric Isoletta
Zibeline Novembre 2016

- BRUT, SALE, PUNK...LE ROCK GARAGE !

Si le Rock est fait pour pousser la rĂ©alitĂ© un peu plus loin, pour exprimer l’inexprimable, pour pousser un cri de rĂ©volte devant notre condition d’humain, alors il est naturel d’user d’électricitĂ© en surcharge, d’amplis saturĂ©s, de sons distordus


Ce style de performance musicale, c’est le ROCKGARAGE, fabriquĂ© Ă  l’arrache dans des conditions limites, sans respect pour la syntaxe, les tympans ou les rĂšgles habituelles d’enregistrement. Fuzz (saturation) est la rĂšgle.

Jailli naturellement des chambres, greniers et caves des parents d’adolescents tĂȘtus, repoussĂ© vers les garages afin d’éviter trop de contamination, ce style s’est dĂ©veloppĂ© comme les mauvaises herbes
 sans fin.

Le Rock Garage est la BASE de toute expression Rock’n‘Roll. Ensuite, les starlettes du genre peuvent toujours rajouter des ingĂ©nieurs du son, des filtres, des cabines, des pistes ou des directeurs artistiques, le mal est fait.

Le livre de Christophe Brault nous donne la naissance en 1961 aux USA, nord-ouest, État de Washington, avec les premiers amateurs, fous de guitare comme Dick Dale (le tube de ce libano polonais est oriental et Rock !), The Chantays (repris par Johnny Thunders des New York Dolls 15 ans plus tard), ou encore l’imparable Louie Louie aux nombreux interprĂštes , et je dois citer le « 96 tears » de Question Mark (vers 1965) pour l’orgue Farfisa.

Mais Ă  part ces planĂštes hors du temps, il y eut, en dehors des AmĂ©ricains uniques desperados, beaucoup d’Anglais, pas mal de Surfers, des semi-pros, des dĂ©chainĂ©s, tous se souvenant des merveilles de Bo Diddley, Chuck Berry ou Little Richard.

Car des Shadows aux Beatles, des Flamin Groovies au Velvet, tous ont flirtĂ© avec le GARAGE, comme la rĂ©fĂ©rence de base, l’ADN du Rock, comme on dit


Je ne peux m’empĂȘcher de citer quelques autres modĂšles du genre comme The Seeds, The Sonics, mais aussi MC5, Stooges, Pretty Things, The Kinks et The Who, Small Faces ou Cramps, bref tous ceux qui inventent des choses sans respect ni rĂ©fĂ©rences, oubliĂ©s ou presque Rockabilly, Blues, Folk et Soul et qui crĂ©ent par instinct des sons tortueux et inventifs, souvent sexys et violents, avec des envolĂ©es angĂ©liques inattendues.

En tout cas cette sortie aux Ă©ditions Le Mot et le Reste ne peut que nous rendre modestes : 250 pages de titres, groupes, morceaux et explications, dont mĂȘme les amateurs ne connaissent pas le quart des acteurs et intervenants.

Car le Rock Garage a plusieurs vie : début sixties, puis tout au long de la décennie, puis fin des années 70, puis pendant la New Wave
 et refrappe encore dans les années 90 et 2000. Un éternel retour, comme tous les grands GENRES.

À la rigueur certains ont entendu parler des Count Five, Ă  cause de « Psychotic Reaction » (1966), des Troggs grĂące Ă  « Wild Thing », ou de 13th Floor Elevator, Ă  cause du psychĂ©dĂ©lisme


Mais si je vous dis : The Sorrows, The Boots, The Eyes, The Creation, The Wheels, The Monks, rien que pour les années 60, ou Oblivions, Dirt Bombs, Love me Nots, Black Lips, pour les années 2000, vous resterez, comme moi, ébahi devant les relais permanents de ce style : pas moins de 100 groupes sont décrits avec labels, discographie et signes de reconnaissance !

Merci à Christophe Brault pour cette leçon de choses « Garage ».

Découvrez la chronique en musique de Jean Rouzaud sur le site de Nova

Jean Rouzaud
Radio Nova // Novaplanet.com 25 août 2016