Révolution musicale - Nouvelle édition
1967-1969 de Penny Lane Ă Altamont
Un ouvrage en deux parties, une premiĂšre tout Ă fait passionnante consacrĂ©e Ă lâanalyse des conditions de naissance et dâĂ©volution de la culture musicale pop-rock et une seconde partie qui prĂ©sente 90 albums qui firent les grandes heures de cette pĂ©riode musicale dâune inventivitĂ© sans limite.
Ăric Serva â France Musique // Tapage Nocturne
Quand Penny Lane des Beatles, sort dĂ©but 1967, les baby boomers occidentaux ne sont plus des teenagers, la musique qui les accompagnent est devenue, elle aussi, adulte : les 45 tours sont remplacĂ©s peu Ă peu par des 33 tours, les instruments mĂ©diatiques et commerciaux qui vont avec sont devenus une industrie florissante. La maturitĂ© dâune gĂ©nĂ©ration en marche, celle de la jeunesse du monde occidental est devenue Ă©vidente. Cette dĂ©ferlante occupe toutes les sphĂšres de la culture : disques, festivals, presse, art plastique, stylisme⊠Cependant, cette gĂ©nĂ©ration qui rĂȘvait dâun monde meilleur, ne peut sâaffranchir dâune dure rĂ©alitĂ©. En 1968, le Vietnam est en guerre, la TchĂ©coslovaquie est envahie, des rĂ©volutions sont en marche et les affres des rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques et politiques commencent Ă prendre le pas sur la gĂ©nĂ©ration du flower power. LâannĂ©e suivante, 1969, portera Ă lâapogĂ©e cette gĂ©nĂ©ration Ă Woodstock, avant de sombrer au festival dâAltamont, organisĂ© par les Rolling Stones. LâĂ©conomie est dĂ©sormais au cĆur de lâindustrie du disque et les annĂ©es soixante-dix vont surfer sur cette immense vague qui se sera mise en place au cours de ces trois annĂ©es. Une centaine de disques de lâĂ©poque, tant français quâanglo-saxons, le son dâune gĂ©nĂ©ration en marche, sont Ă©tudiĂ©s et mis en corrĂ©lation avec les phĂ©nomĂšnes sociaux qui les ont environnĂ©s.
Revue de presse
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La collection Le mot et le reste est basĂ©e pratiquement toujours sur le mĂȘme principe. AprĂšs avoir replacĂ© le thĂšme dans son contexte, les auteurs analysent soit des musiciens (Free jazz), soit des albums, ce qui est le cas ici. La pĂ©riode est trĂšs restreinte, sâĂ©tale sur trois ans, avec en introduction le chapitre intitulĂ© âNaissance dâune culture undergroundâ. En 1967, câest la naissance de lâĂąge dâor de la contre-culture, le dĂ©veloppement des Ă©coles dâart notamment en Angleterre, lâenvolĂ©e des communautĂ©s, qui dĂ©bouchera sur le Summer of Love, Woodstock, la libĂ©ralisation des mĆurs et tutti quanti. Mais cette jeunesse insouciante sera rapidement rattrapĂ©e par la violence dâune sociĂ©tĂ© toujours (et encore) basĂ©e sur lâargent et le pouvoir, Ă travers les guerres (Vietnam) ou la politique (lâenvahissement de la TchĂ©coslovaquie par lâarmĂ©e russe). Câest lâobjet du dernier chapitre intitulĂ© âLa fin des illusionsâ.
Reste de cette Ă©poque crĂ©ative une prolifĂ©ration de groupes parfois Ă©phĂ©mĂšres, parfois durables, qui ont produit quelques pĂ©pites devenues incontournables dâune certaine musique populaire au sens noble du terme. Câest ce que Guillaume Ruffat analyse disque Ă disque dans la seconde partie du livre. Alors, pour les plus anciens, cela permet de retrouver quelques souvenirs et dâapprendre encore quelques dĂ©tails qui avaient pu Ă©chapper Ă lâĂ©poque, et pour les plus jeunes de connaĂźtre une pĂ©riode qui continue Ă laisser des traces dans les musiques actuelles.
Au fil des pages, on peut ainsi (re)dĂ©couvrir Soft Machine, Frank Zappa, les Beatles et les Stones, Captain Beefheart⊠mais aussi Brigitte Fontaine et lâArt Ensemble, Terry Riley ou⊠Serge Gainsbourg.
Révolution musicale
Avec en sous-titre : « 1967-1969 de Penny Lane Ă Altamont » et quatre illustrations fort cĂ©lĂšbres dans le genre pochettes de vinyle : Between the Buttons, la banane dâAndy Warhol, Tommy et Abbey Road (essayez de mettre un nom de groupe sans regarder les images). Attention ce livre ne sâadresse absolument pas uniquement Ă ceux qui auraient eu vingt ans ou pas loin en mai 1968. Je dirais quâil intĂ©resse tous les passionnĂ©s, les curieux de musique.
Guillaume Ruffat propose une lecture musicale du monde sur trois annĂ©es Ă partir de quatre-vingt-dix albums. Vous avez le choix : aprĂšs avoir lu les soixante-dix premiĂšres pages qui rĂ©sument la vie artistique pendant les trois ans choisis, soit vous lisez la prĂ©sentation et le commentaire concernant les albums dans lâordre, soit vous allez directement page 356 consulter la liste par groupe des albums analysĂ©s et vous lisez en commençant soit par ceux que vous nâavez pas, soit par ceux que vous avez â il serait Ă©tonnant que vous possĂ©diez tous les albums citĂ©s⊠Je pencherais personnellement pour la premiĂšre mĂ©thode et cela pour deux raisons. Dâabord les surprises (Quâest-ce quâil/elle fait lĂ ? Ah bon câest de la musique qui rĂ©volutionne !?) devant les noms des groupes et puis la surprise devant la reproduction noir et blanc des pochettes. Pas mal de psychĂ©dĂ©liques et surtout un certain nombre de jamais vues⊠Vous me direz que tout cela peut ĂȘtre parfaitement subjectif et que nâimporte qui dâautre donnerait une suite diffĂ©rente dâalbums pour la mĂȘme pĂ©riode. Peut-ĂȘtre, mais je nâen suis pas sĂ»r du tout. Pour une raison simple, Guillaume Ruffat ne confond pas ce qui fut tube et autre succĂšs Ă©motionnel de vacances ou de rentrĂ©e avec ce qui apporte du nouveau, du changement sur la scĂšne musicale, se renouvelle ou achĂšve. Il serait intĂ©ressant de savoir si en bon francophone vous connaissez les quatre albums « français » qui figurent dans ce livre : (citĂ©s par ordre alphabĂ©tique) Brigitte Fontaine : Comme Ă la radio (aoĂ»t 1969) â Serge Gainsbourg : Initials BB (juin 1968) â Françoise Hardy : Ma jeunesse fout le camp (juin 1967) â Pierre Henry : Messe pour le temps prĂ©sent (aoĂ»t 1967). Ne vous Ă©tonnez pas de Pierre Henry, on trouve aussi Miles Davis et Terry Riley ou Johnny CashâŠ
Bonne promenade musicaleâŠ
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Au moment oĂč lâon fĂȘtait les quarante ans de Mai 68, Guillaume Ruffat publiait cet ouvrage oĂč lâon parle de musique mais pas seulement : les disques sĂ©minaux dont il est ici question traduisirent toutes les mutations de leur Ă©poque. La bande-son dâune gĂ©nĂ©ration en marche.
RemarquĂ© pour ses rééditions dâĂ©tudes classiques de Maurice Dommanget sur le 1^er^ mai et le Drapeau rouge, les Ă©ditions Le mot et le reste dĂ©veloppent de plus en plus leur dimension de critique musicale, ainsi avec lâĂ©tude dâEric Deshayes, Au-delĂ du rock , qui sâintĂ©ressait au courant progressif allemand des annĂ©es 70, Ă©lectronique en particulier. Guillaume Ruffat, pour sa part, en enseignant passionnĂ© quâil est, nous propose une approche particuliĂšrement intĂ©ressante sur un tournant de trois annĂ©es qui ont rĂ©volutionnĂ© la musique, compris entre la parution de lâalbum Penny Lane des Beatles et le tragique festival dâAltamont, en dĂ©cembre 1969, qui se solda par quatre morts.
Son ouvrage dĂ©bute par une analyse prĂ©cieuse du contexte de cette Ă©bullition de la seconde moitiĂ© des annĂ©es 60, Ă la confluence de plusieurs Ă©volutions : lâĂ©mergence dâune jeunesse nombreuse, aux exigences nouvelles, et plus Ă©duquĂ©e (lâinsistance sur les « Art schools » anglaises semble pertinente) ; une politisation surtout sensible aux Etats-Unis (lutte des Noirs, opposition Ă la guerre du Vietnam), et qui sâexprime Ă travers le folk dâun Dylan ; le dĂ©veloppement de la consommation de drogues, essentielles dans lâĂ©mergence du psychĂ©dĂ©lisme, et dâun syncrĂ©tisme spirituel⊠(les 300 premiers exemplaires de lâalbum Anthem of the Sun de The Grateful Dead Ă©tant mĂȘme commercialisĂ©s avec une dose dâacide !). Câest dans cette ambiance que la musique rock connaĂźt une vĂ©ritable crise de croissance, avec lâapparition de lâalbum concept (Sgt. Pepperâs Lonely Hearts Club Band des Beatles et Days of Future Passed des Moody Blues), et le soin renforcĂ© apportĂ© aux textes et au visuel, aussi bien pour les pochettes que sur scĂšne.
Mais le corps du livre, ce sont les pages critiques de 90 disques, sĂ©lectionnĂ©s par ses soins, et considĂ©rĂ©s comme spĂ©cialement marquants et reprĂ©sentatifs de la problĂ©matique privilĂ©giĂ©e, non seulement dans la veine rock, mais avec des incursions assez larges, y compris dans la variĂ©tĂ© française (Françoise Hardy, Serge Gainsbourg et Brigitte Fontaine). La subjectivitĂ©, inhĂ©rente Ă ce genre de classement, est totalement assumĂ©e. Il nâen reste pas moins que certains disques, assez peu rĂ©volutionnaires, sont Ă la limite du hors sujet, ainsi de The Dubliners ou de lâalbum Speak Like a Child dâHerbie Hancock, tournĂ© vers le jazz des annĂ©es 50. La plupart des 33 tours choisis tĂ©moignent dâune volontĂ© dâenrichir le rock par lâapport dâarrangements et dâinstruments extĂ©rieurs. Câest le cas dâartistes dĂ©jĂ connus, comme les Rolling Stones (Beetween the Bottom), Georges Harrison (Electronic Sound, rĂ©alisĂ© entiĂšrement au moog), The Hollies (le bien nommĂ© Evolution), The Who (Sell Out ou le chef dâĆuvre Tommy), The Grateful Dead, Sly and The Family Stone (Stand ! et son « funk progressif »), ou de jeunes arrivĂ©s, The Doors, le Velvet Underground de Lou Reed, la fusion dâun Traffic ou de Carlos Santana, le rock symphonique des Moody Blues (utilisation dâun orchestre et du mellotron), Love et son « rock baroque », ou Jimi Hendrix (Electric Ladyland). Sans parler de lâĂ©mergence dâartistes hors normes, Frank Zappa et ses Mothers of Invention (Absolutely Free et son melting pot musical), son ami Captain Beefheart alias Don Van Vliet, lâĆuvre mĂ©tĂ©oritique de Pierre Henry (Messe pour le temps prĂ©sent, jalon de la musique Ă©lectronique), ou la confirmation dâun Terry Riley (A Rainbow in Curved Air). La politique nâest jamais trĂšs loin, ainsi de Hendrix qui, Ă la fin de sa trop brĂšve vie, se dĂ©clarait proche du Black Panther Party, tout comme James Brown, MC5 fondateurs dâun White Panther Party, Zappa qui sâen donne Ă cĆur joie contre le modĂšle Ă©tatsunien, ou le groupe The Bonzo Dog Doo-Dah Band, dont lâhumour rock revendiquait sa proximitĂ© avec le mouvement dada. On notera en tout cas que bon nombre de groupes, Ă la suite des Moody Blues, se mettent Ă utiliser le mellotron, y compris les plus inattendus (Rolling Stone, The Kinks). Le courant du rock progressif proprement dit est bien sĂ»r reprĂ©sentĂ© : Pink Floyd (prĂ©sent pour The Piper At The Gates of Dawn et Ummagumma), The Soft Machine, The Moody Blues, King Crimson, Caravan (encore trĂšs pop, mais avec lâannonciateur « Where But For Caravan Would I ? »), et mĂȘme The Can, futur Can, pour lâAllemagne. Il est clair, au vu de la fertilitĂ© et des expĂ©rimentations tous azimuts, que le qualificatif de musiques progressives est pour cette pĂ©riode particuliĂšrement pertinent.
Le seul bĂ©mol que lâon peut Ă©mettre par rapport Ă ce prĂ©cieux travail rĂ©side dans lâĂ©clairage sans doute un peu trop exclusif portĂ© sur ces « trois glorieuses » : la rĂ©volution musicale dont il est ici question se poursuit en effet pendant quasiment dix ans Ă travers lâĆuvre de divers groupes (citons Magma, Yes ou King Crimson, de nouveau). Certes, la profusion dâalbums de qualitĂ© sortis Ă ce tournant pose pour beaucoup les bases de styles dĂ©veloppĂ©s la dĂ©cennie suivante, reggae (Toots and the Maytals), rock sudiste (Creedence Clearwater Revival), rock progressif (Pink Floyd, Moody Blues, King Crimson), punk (MC5, Velvet Underground, The Stooges) ou hard rock (Cream, The Jeff Beck Group, Led Zeppelin). Mais la fin du « rĂȘve hippie » que Guillaume Ruffat diagnostique ressemble un peu trop Ă lâacte de dĂ©cĂšs proclamĂ© du gauchisme français avec lâenterrement de Pierre Overney en 1972. Lâinsistance est dâailleurs portĂ©e sur les morts, celles de figures musicales dues aux drogues, celles causĂ©es par Charles Manson et celles, enfin, ayant lieu dans le cadre du festival dâAltamont, parallĂšlement Ă la fin de quasiment tous les labels indĂ©pendants.
Certaines pĂ©riodes de lâHistoire marquent des tournants qui modifient Ă jamais la vision du monde. Ainsi, la fin des annĂ©es 60 permit-elle lâexplosion de la sociĂ©tĂ© conservatrice, la âmulticonscience hippieâ ou encore lâĂ©mergence de mouvements rĂ©volutionnaires allant du dĂ©but de la reconnaissance des droits civiques des Noirs aux USA⊠à Mai 68. Mais aussi, et par- dessus tout, les annĂ©es 67, 68, 69 furent un inĂ©galable laboratoire musical oĂč des milliers de disques virent le jour (Abbey Road, Hot Rats etc.), oĂč des groupes hyper crĂ©atifs (Pink Floyd, King Crimson, CanâŠ) apparurent et oĂč des expĂ©riences majeures, innovantes prolifĂ©rĂšrent (Exploding Plastic Inevitable, les albums conceptsâŠ). RĂ©volution musicale, est donc la brĂšve mais intense (rĂ©)explication dâun moment dorĂ© du XX^e^ siĂšcle malheureusement aujourdâhui rĂ©volu et dans lequel on aime se replonger.
CommĂ©morer intelligemment Mai 68 sâavĂšre un exercice dĂ©licat, surtout du point de vue musical. Il existe plusieurs façons de sâatteler Ă la tĂąche. Ainsi lâauteur du livre RĂ©volution musicale prĂ©sentent-ils 90 albums cruciaux de la pĂ©riode, en les inscrivant dâune plume alerte, dans leur environnement social, politique ou artistique.
Chefs-dâĆuvre reconnus ou trĂ©sors souvent mĂ©connus, ces 33 tours sont tĂ©moins dâun paysage sonore et social en pleine mutation.
La révolution musicale du rock se dévore au fil des pages.
La tĂąche se rĂ©vĂšle ardue car, tout, dans lâĂ©dition, est af-faire dâespace. Comment alors saisir au vol lâĂ©volution crĂ©atrice de ces prolifiques annĂ©es en quelque 360 pages sans risquer de laisser sur le bas-cĂŽtĂ© de la route 66 son essence mĂȘme. Car le rock est ici victime dâune pathologie incurable, lâĂąge adulte. Il commence Ă se penser, reprend son souffle et cherche de lâair⊠Il en trouve dâailleurs assez largement en la compagnie de la contre-culture dont il sâimprovise le chanter un moment, dĂ©passant ainsi largement le cadre dâune rĂ©volution musicale. Pas facile donc, mais Guillaume Ruffat a de lâidĂ©e et il le prouve en mesurant cette poly-caco-phonie Ă lâaune du concept dâalbum quâil prend comme indice de base de cette Ă©poque en pleine mutation. Pour le moins efficace, RĂ©volution musicale, câest trois annĂ©es en 90 albums.
[âŠ] Le pari est rĂ©ussi : les «anciens» pourront y trouver leurs amours dâantan et les plus jeunes dĂ©couvrir lâextraordinaire vitalitĂ© artistique de ces annĂ©es, oĂč lâon a cru que «les temps allaient changer».
[âŠ] OĂč toute rĂ©volution tourne autour dâune bande-son.
La maison dâĂ©dition Le Mot et le Reste vient de faire paraĂźtre un ouvrage de Guillaume Ruffat en collaboration avec Cyrille Archambaud et Audrey Le Bail intitulĂ© RĂ©volution Musicale â Les annĂ©es 67, 68, 69 de Penny Lane Ă Altamont. Un ouvrage en deux parties, une premiĂšre tout Ă fait passionnante consacrĂ©e Ă lâanalyse des conditions de naissance et dâĂ©volution de la culture musicale pop-rock et une seconde partie qui prĂ©sente 90 albums qui firent les grandes heures de cette pĂ©riode musicale dâune inventivitĂ© sans limite. (âŠ) Câest avec beaucoup de plaisir quâon trouve prĂ©texte Ă ressortir pour les plus chanceux dâentre vous quelques vinyles poussiĂ©reux trop rapidement mis aux placard et pour les autres le plaisir de se constituer une discothĂšque de chefs-dâĆuvre aujourdâhui bradĂ©s par lâindustrie discographique.
Prolongement idĂ©al de ces disques à «ouĂŻr sans entrave», RĂ©volution musicale retrace, Ă travers un essai de 70 pages et dâune sĂ©lection de 90 disques-clĂ©s tout le bouillonnement socio-musical de ces dĂ©cidĂ©ment fertiles annĂ©es. Style fluide, savoir grand et analyses prĂ©cises : cet ouvrage sâimpose.