Respect - Nouvelle édition
Le rock au féminin
Remercions Jezo-Vannier de nous raconter du coup autant dâhistoires dâartistes souvent gĂ©niales quoique parfois tombĂ©es dans les profondes oubliettes du showbiz mais dont la force et le talent nous atteignent encore Ă travers ses rĂ©cits.
AgnĂšs LĂ©glise â Rock&Folk
En 1967, Aretha Franklin reprend « Respect » dâOtis Redding en inversant le sens des paroles pour dĂ©noncer le rĂšgne de la misogynie. Elle nâest pas seule dans ce combat. Dans la sociĂ©tĂ© comme en musique, les femmes doivent gagner leur place. Câest une histoire mĂ©connue du rock au fĂ©minin qui se dessine ici, mettant en avant les voix de la rĂ©bellion, Ă travers une galerie de portraits, dâattitudes et de paroles, des pionniĂšres du blues comme Bessie Smith ou Ma Rainey, aux plus rĂ©centes et dissemblables BeyoncĂ© et Beth Ditto de Gossip, sans oublier la rĂ©sistance de Wanda Jackson, lâinsoumission de Nina Simone, les transgressions de Janis Joplin, lâirrĂ©vĂ©rence de Donna Summer, la radicalitĂ© du Riot Grrrl et lâambiguĂŻtĂ© du Girl power, ou lâengagement de Françaises comme Colette Magny ou Brigitte Fontaine.
Revue de presse
- Respect d'Aretha Franklin Sophie Torlotin RFI // Un tube, une histoire 1 février 2021
- Interview Steven Jezo-Vannier â Tubes de l'Ă©tĂ© - L'annĂ©e 80 Laurent Hakim France 2 // Le 20H du week-end 31 juillet 2020
- Girl Group, une histoire Ellen Ichters RTS // Augioguide 24 juin 2016
- Respect B.O. Clutch Février 2015
- Critique Catherine Poganat Radio-Canada // Dessine-moi un dimanche 25 janvier 2015
- Livres Anne-Lovely Ătienne 24 heures 26 janvier 2015
- à lire aussi cette semaine Karine Vilder Le Journal de Montréal // En mode lecture 25 janvier 2015
- L'école des femmes Thierry Boillot L'Alsace 13 avril 2015
Marco Pierrard Shut up & Play the book 8 mars 2015
- Programme musical Yann Zitouni Radio la 1Ăšre // Paradiso 3 avril 2015
Noé Gaillard Daily Books 11 mars 2015
- "La conquĂȘte du rock au travers du prisme du fĂ©minisme" Caroline BT albumrock.net // chronique livre 6 fĂ©vrier 2015
- Who run the world? girls! Emmanuel Dosda Poly Mars 2015
- Respect David Taugis Judaïques FM // Rockoscopie 01 février 2015
- Culture Mélanye Boissonnault Radio Canada // Le 15-18 29 janvier 2015
- Lâapport des filles dans le rock et la pop music Maxence Grugier Fluctuat 22 janvier 2015
- Respect Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 18 janvier 2015
- Interview de Steven Jezo-Vannier Florian Delafoi Francetv info 08 février 2015
- Un seul vĆu AgnĂšs LĂ©glise Rock&Folk FĂ©vrier 2014
- Respect Rébecca Manzoni France Inter // Pop & Co 20 janvier 2015
- Porter la culotte Joachim Roncin Stylist Magazine
- Girls don't just want to have fun Violaine SchĂŒtz Silence is sexy
- Respect : La compile' de toutes les chanteuses à poigne Jean Rouzaud Novaplanet 23 décembre 2014
- « Respect » : un livre rock'n'girls Philippe Pillon Monsieur Vintage 12 décembre 2014
- Respect thegingenie The Gin Genie 3 décembre 2014
- Respect Cédric Bru Les Obsédés Textuels 04 décembre 2014
Radio Zinzine a consacrĂ© lâĂ©tĂ© Ă la lecture du livre de Steven Jezo-Vannier, Respect, Le rock au fĂ©minin. Vous pouvez Ă©couter les Ă©pisodes sur leur site internet Radio Zinzine
En 1967, Aretha Franklin chante «Respect». Aujourdâhui, ce tube est devenu un hymne fĂ©ministe. Sophie Torlotin dĂ©crypte lâimportance de ce tube avec Steven Jezo-Vannier, auteur de «Respect, le rock au fĂ©minin», aux Ă©ditions Le mot et le reste.
Un tube, une histoire est à réécouter sur RFI
Steven Jezo-Vannier parle de Blondie dans ce reportage consacrĂ© aux femmes qui font les tubes de lâannĂ©e 80.
Un reportage Ă revoir ICI
Ellen Ichters retrace lâhistoire des Girl Group dans Augioguide en citant Ă de nombreuses reprises la livre de Steven Jezo-Vannier. Un texte Ă lire, un audioguide Ă Ă©couter.
Il y a le Boys Band et bien sĂ»r, il y a le Girl Group. Quelle diffĂ©rence? Le premier est un terme qui se popularise vers la fin des annĂ©es 80, le second Ă©merge dĂšs les annĂ©es 50 et jusquâĂ nos jours. Lâhistoire des Girl Group reflĂšte Ă la fois la soumission et lâĂ©mancipation fĂ©minine dans un monde toujours trop masculin: celui de la musique.
Quand les femmes ont commencĂ© Ă se mettre Ă plusieurs pour chanter, lâindustrie et les mĂ©dias ont choisi de leur crĂ©er une catĂ©gorie. Tout comme ils avaient créé une catĂ©gorie pour la musique afro-amĂ©ricaine, la Race Music. Câest ainsi que, dans les annĂ©es 50, une tradition de groupes vocaux fĂ©minins naquit, succĂ©dant Ă quelques prĂ©curseuses (oui, ça se dit). La notion de Girl Group Ă©tait nĂ©e.
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Retrouvez lâintĂ©gralitĂ© du texte et de lâĂ©mission sur le site de RTS
Le rock au fĂ©minin? La question sâĂ©tend ici Ă lâensemble des musiques pop, prenant sa source dans leur avĂšnement et poursuivant lâenquĂȘte jusquâĂ leurs dĂ©clinaisons actuelles (blues, disco, grunge, hip-hopâŠ). Respect renvoie ainsi Ă la chanson dâAretha Franklin, inversant le sens des paroles dâun titre dâOtis Redding pour en faire un hymne fĂ©ministe. Ce point de dĂ©part montre un monde musical dĂ©jĂ acquis aux causes des hommes. Au sortir de plus de 50 ans dâhistoire, la place occupĂ©e par les femmes dans lâindustrie de la musique montre certes une Ă©volution positive. Mais toujours fragile.
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Critique du livre Respect : le rock au féminin (Le mot et le reste) de Steven Jezo-Vannier
« Un livre vraiment, vraiment intĂ©ressant. Câest trĂšs complet, bien Ă©crit. Je le
recommande. » Catherine Poganat
Respect : le rock au fĂ©minin est un ouvrage qui retrace la place des femmes dans lâhistoire de la musique. Ăcrit par le spĂ©cialiste de la contre-culture Steven Jezo-Vannier, le livre rĂ©unit le portrait des chanteuses qui ont fait la diffĂ©rence et qui ont parlĂ© pour le fĂ©minisme Ă travers les Ă©poques. Que ce soient Aretha Franklin, Janis Joplin ou encore BeyoncĂ©, ces artistes ont influencĂ© Ă leur maniĂšre le changement du statut de la femme, son importance et son Ă©volution. Des pochettes dâalbums, des prestations mĂ©morables sur la scĂšne, les attitudes hors scĂšne, des apparitions tĂ©lĂ© et dâautres archives rapportent lâimportance de ces chanteuses dans la contre-culture.
Avant de sâimposer sur le devant de la scĂšne, beaucoup de femmes ont dâabord dĂ» travailler trĂšs fort pour se tailler une place dans le monde â souvent macho ! â de la musique. En retraçant habilement lâhistoire du rock au fĂ©minin, ce livre nous permet donc de redĂ©couvrir les pionniĂšres du blues (Ma Rainey, Billie Holliday, etc.) ou celles qui ont marquĂ© la fin du XXe siĂšcle (Alanis Morissette, Gwen Stephani, PH Harvey, etc.).
Les musiques du XXe siĂšcle nâĂ©taient donc pas seulement une affaire de mecs. Avec cet ouvrage non exhaustif sur le rock au fĂ©minin, Steven Jezo-Vannier pointe les « oublis » machistes. Car bien avant Robert Johnson, les pionniers du blues Ă©taient des femmes, dont Mamie Smith ou Ma Rainey dĂšs les annĂ©es 1910 ! Elvis lui-mĂȘme tenait son mythique dĂ©hanchĂ© des leçons de la sulfureuse Tura Satana et en France, Magali NoĂ«l fut la premiĂšre Ă sortir un disque intitulĂ© Rockânâroll en 1956 ! Une belle leçon qui rend justice Ă toutes ces grandes dames de Billie Holiday Ă PJ Harvey.
Respect : le rock au fĂ©minin de Steven Jezo-Vannier emprunte son titre au mythique morceau dâAretha Franklin, lui-mĂȘme subtilisĂ© Ă Otis Redding en 1967. En inversant les paroles de âRespectâ pour en faire un hymne fĂ©ministe demandant plus de considĂ©ration Ă son compagnon, la Reine de la Soul sâimpose aux sommets des tops et de la revendication de lâĂ©poque. Câest Ă travers lâhistoire de ces morceaux ayant bousculĂ© le machisme ambiant et marquĂ© le parcours de leurs interprĂštes que Steven Jezo-Vannier dresse un Ă©tat des lieux dâun siĂšcle de musique par les femmes.
Respect retrace la â lente â Ă©volution de la place des femmes dans le milieu musical et dans la sociĂ©tĂ©, des premiĂšres chanteuses blues du dĂ©but du XXe siĂšcle aux icĂŽnes pop actuelles en passant par Janis Joplin, Donna Summer ou encore P.J. Harvey. Un combat pour lâĂ©galitĂ© entre les sexes parfois associĂ© Ă dâautres luttes comme celles pour les droits civiques, la libertĂ© dâexpression, la fin de la guerre au Vietnam ou encore la reconnaissance des droits des homosexuels. Lâauteur explore les moyens, parfois radicaux, mis en Ćuvre par les chanteuses pour se faire une place Ă part entiĂšre dans leur Ă©poque, toutes avec des styles et des personnalitĂ©s bien diffĂ©rentes.
Avis :
Ne vous fiez pas Ă son titre, ici le terme « rock » est Ă prendre au sens large car lâauteur explore des styles musicaux trĂšs variĂ©s (blues, rock, soul, pop, variĂ©tĂ© françaiseâŠ) et fait â Ă lâexception de la musique Ă©lectronique â un tour dâhorizon plutĂŽt complet des musiques populaires. Avec sa galerie de portraits de chanteuses â parfois Ă©galement auteures â le livre dĂ©montre, en sâappuyant sur de nombreux extraits de textes de chansons, que la conquĂȘte de lâĂ©galitĂ© nâa pas Ă©tĂ© un long fleuve tranquille. Les femmes ont du sâimposer en tant quâartiste dans un monde dominĂ© par les hommes et parfois se libĂ©rer de la figure masculine (producteur, compagnon, pĂšreâŠ) qui gĂ©rait leur carriĂšre. Tina Turner est lâune de ces chanteuses qui a su sâextraire de lâemprise de son mari Ike qui la violentait en plus de gĂ©rer dâune main de fer ses affaires.
Au-delĂ de la visibilitĂ© des femmes derriĂšre le micro, le contenu des textes est Ă©galement trĂšs important pour juger de lâavancĂ©e du droit des femmes. Contrairement Ă ce que lâon pourrait penser, lâimage du rapport hommes/femmes vĂ©hiculĂ©e dans les chansons interprĂ©tĂ©es â et parfois mĂȘme composĂ©es â par des chanteuses ne sont pas forcĂ©ment Ă lâavantage de ces derniĂšres. Steven Jezo-Vannier met en avant le fait que certains titres de chanteuses de blues et de rock vont mĂȘme jusquâĂ banaliser les violences conjugales et valident lâinĂ©galitĂ© toute « naturelle » entre les deux sexes. Il est intĂ©ressant de noter que ces textes sont dâailleurs prĂ©sents tout au long du siĂšcle, dans des styles musicaux diffĂ©rents, et prouvent que lâĂ©volution des mentalitĂ©s est un combat qui reste dâactualitĂ©.
Lâattitude des chanteuses sur scĂšne ou dans leurs clips est Ă©galement abordĂ©e dans le livre. Suivant le modĂšle de Britney Spears, Miley Cyrus fait tout â et surtout nâimporte quoi â pour casser lâimage de gentille jeune fille hĂ©ritĂ©e de son rĂŽle dans la sĂ©rie Hannah Montana pour la firme Disney. Friande de provocations, souvent jugĂ©es de trĂšs mauvais goĂ»t, la chanteuse joue sur une hyper sexualisation de son corps qui fait dĂ©bat. Alors que lâesthĂ©tique du porno soft a envahi certains clips, le grand dĂ©ballage sexy de ces chanteuses signe-t-il lâaboutissement triomphant de la lutte pour lâĂ©galitĂ© ou au contraire un triste recul qui utilise le corps de la femme â nu et dans des poses suggestives de prĂ©fĂ©rence â pour vendre de la musique ?
Cette question qui divise reste ouverte car, comme le suggĂšre la lecture de ce livre, la question de lâĂ©galitĂ© rĂ©elle entre hommes et femmes et des moyens pour y accĂ©der est loin dâĂȘtre rĂ©glĂ©e et toujours dâactualitĂ© et le girl power emprunte des voies qui peuvent parfois paraĂźtre contradictoires.
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Pauline Seiterle a rencontrĂ© Steven Jezo-Vannier pour une interview oĂč Respect, le rock au fĂ©minin est Ă©voquĂ©, mais aussi le âClassic femal bluesâ et lâhistoire de la musique rock jusquâĂ nos jours.
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Si vous suivez un peu mes chroniques, vous savez quâen rĂšgle gĂ©nĂ©rale je dis du bien des livres de cette maison dâĂ©dition, non par flatterie mais tout simplement parce quâils sont faits avec sĂ©rieux et cet amour des sujets qui les rend passionnants. Câest encore le cas avec celui-ci qui nâest pas un catalogue des meilleurs CD/vinyles de rock au fĂ©minin mais une approche de lâhistoire des femmes qui ont participĂ© de lâhistoire de la musique.
Lâauteur a regroupĂ© ses choix â on reviendra plus loin sur certains partis pris â selon les Ă©poques et les inscrit dans leur rapport Ă lâhistoire de la musique rock en gĂ©nĂ©ral. Avant dâaller plus loin, je voudrais glisser une remarque sous forme de question : quand vous Ă©coutez de la musique anglo-saxonne, est-ce que vous comprenez toujours les paroles ?
Lâauteur ouvre son livre par la citation de la version fĂ©minine du succĂšs dâOtis Redding « Respect », câest-Ă -dire quâil se place en rĂ©fĂ©rence au rock fĂ©minin « revendicateur ». Il traite surtout des chanteuses qui se distinguent des hommes en opposant un discours fĂ©ministe au discours machiste ambiant. Remarque : il me semble quâune distinction plus grande aurait pu ĂȘtre faite entre interprĂštes seules et auteures compositrices interprĂštes ; ce nâest pas Magali NoĂ«l qui Ă©crit « Fais-moi mal Johnny » mais Boris Vian⊠On dĂ©couvre ainsi lâĂ©volution du public et indirectement des moyens de diffusions et lâon constate que lâinspiration des chansons ne varie guĂšre et repose toujours sur les rapports entre les hommes et les femmes. Cela vous permet de rĂ©viser votre lecture de lâanglais.
On a compris lâintĂ©rĂȘt passionnant de ce livre auquel lâauteur a ajoutĂ© un chapitre pour les chanteuses françaises mais auquel il manque, il me semble, Jeanne-Marie Sens, Juliette, Marie-Paule Belle et les QuĂ©bĂ©coises (Diane Dufresne « Jâai rencontrĂ© lâhomme de ma vie »). Et comme je nâai pas su voir le nom de Ricky Lee Jones, je me demande si un index des noms citĂ©s nâaurait pas Ă©tĂ© utile, il aurait peut-ĂȘtre permis de distinguer interprĂštes et auteures.
En tous cas, ce livre est indispensable Ă une bonne connaissance du sujet et Ă une bonne constitution de discothĂšqueâŠ
Bonne lecture.
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Vous pensiez que lâattitude âSexe, drogues et rockânârollâ Ă©tait rĂ©servĂ©e aux hommes ? Eh bien oubliez vos prĂ©jugĂ©s en tournant les pages de ce livre et plongez dans la carriĂšre et la vie des premiĂšres chanteuses blues du XXe siĂšcle jusquâĂ celles des icĂŽnes pop actuelles.
Avec lâouvrage Respect, le rock au fĂ©minin, le lecteur suit lâĂ©volution de lâhistoire du rock grĂące Ă une galerie dâattitudes, de paroles et de portraits dâartistes fĂ©minines du XXe et XXIe siĂšcle.
âTu penses que tu nâas quâĂ appeler pour que jâaccoure. Eh bien, Ă©coutes, que je tâinforme, je ne suis pas le genre de nana Ă cirer les pompesâ.
Ces paroles dââun titre de Wanda Jackson en 1954 incarne un esprit rebelle qui veut sâaffranchir des hommes. Respect emmĂšne le lecteur au cĆur de la conquĂȘte des femmes de lâespace musical, intimement liĂ© Ă leur engagement fĂ©ministe et anti-raciste.
Ces pages retracent presque cent ans de blues et de rock dĂ©clinĂ©s par des artistes fĂ©minines qui ont cherchĂ© Ă se libĂ©rer de lâemprise masculine tant au niveau personnel, professionnel et sexuel.
Avec un Ă©ventail complet de groupes et chanteuses parfois injustement oubliĂ©es, ce livre est riche en anecdotes pertinentes sur de nombreuses figures de proue du rock fĂ©minin. Drogues, alcools, abus sexuels, mariages et divorces, combat dâune vie, cruautĂ© et cupiditĂ© des producteurs, tout y est. Respect impose de jeter un Ćil dans le rĂ©troviseur afin de redĂ©couvrir les classiques des stars des annĂ©es 50 70 telles que Billie Holliday, Donna Summer, Tina Turner ou Janis Joplin.
Sans jamais imposer de jugement, Steven Jezo-Vannier réhabilite la portée symbolique du travail musical de ces artistes.
Lâauteur cite en exemple ces femmes qui ont su se battre pour exister en dehors de lâemprise masculine, dĂ©nonçant la misogynie, la violence domestique, la tyrannie du physique⊠Respect Ă©voque aussi les girls group des annĂ©es 50, dĂ©jĂ exploitĂ©s et muselĂ©s (The Crystals, The Ronettes).
Le lecteur apprĂ©ciera les nombreuses citations de paroles de chansons traduites, illustrant parfaitement les pĂ©riodes citĂ©es, agrĂ©mentĂ©es des pochettes de lâĂ©poque. De plus, quelle fabuleuse discographie ce livre permet-il de se crĂ©er ou de remettre Ă jour !
Cet ouvrage digne dâune encyclopĂ©die, fouillĂ© et bien documentĂ©, nâomet pas les voix françaises de la rĂ©bellion. Elles ont su influencer leurs auditeurs, les faire rĂ©flĂ©chir, en distillant leurs idĂ©es de libertĂ©. De Mistinguett Ă Brigitte Bardot, en passant par Piaf et Camille, Respect nous Ă©tonne et nous rappelle que la France nâa rien Ă envier ni aux Etats-Unis ni Ă lâAngleterre, tant ces artistes ont su Ă©galement faire figure de pionniĂšres dans lâindĂ©pendance vis Ă vis des hommes.
Avec Respect, le Rock au FĂ©minin, lâauteur nous dĂ©montre que lâĂ©mancipation artistique, sexuelle, politique et identitaire par le biais de la musique a fait des hĂ©roĂŻnes, Odetta Holmes, Nina Simone, Aretha Franklin : des avant-gardistes.
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Le festival Les Femmes sâen mĂȘlent le clame depuis 18 ans, sur fond de riffs ou de beats : le rock ne se conjugue pas quâau masculin. LFSM met les points sur les i tandis quâun livre de Steven Jezo-Vannier aide Ă replacer les filles sur lâĂ©chiquier pop.
Le rock? Une affaire de virilitĂ©, de testostĂ©rone et de biscottos. Un truc de gars qui en ont dans la housse de guitare. Un domaine rĂ©servĂ© aux mĂąles sachant davantage rouler des mĂ©caniques que manier le micro. Le rĂ©cent bouquin de Steven Jezo-Vannier, Respect, Le rock au fĂ©minin tombe Ă pic pour remettre les pendules Ă lâheure. Il rappelle quâen cent ans de musique populaire, les filles ont âquittĂ© les marges artistiques [âŠ] pour prendre place sur scĂšneâ. DĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1920, elles ont su âjouer de leur corps et de leur voix pour imposer leur talentâ, bataillant contre la misogynie ambiante. Lâauteur dĂ©plore une vision partielle de âlĂ©histoire et la lĂ©gende du rockâ qui âoublient un peu vite que les femmes ont toujours Ă©tĂ© prĂ©sentes, parfois mĂȘme Ă lâorigine des rĂ©volutions musicalesâ. Il dĂ©nonce une âvaste mise en scĂšneâ imposant âune rĂ©partition des rĂŽles oĂč lâhomme serait actif et la femme passiveâ, une conception qui pose âune frontiĂšre artistique entre la lumiĂšre des projecteurs, oĂč brille le chanteur, et la pĂ©riphĂ©rie oĂč sâagitent ses admiratricesâ. La lecture de ce livre nous apprendra notamment que âcontrairement Ă ce que laisse supposer la construction lĂ©gendaire du blues, autour de figures tutĂ©laires comme Robert Johnson et Son House, ou plus tard Muddy Waters, John Lee Hooker et Howlinâ Wolf, la commercialisation du blues est Ă lâorigine une affaire de femmes.â
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LIRE LâARTICLEDANSSONINTĂGRALITĂ :
David Taugis invite Steven Jezo-Vannier pour un entretien dâune heure autour de son ouvrage.
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Radio Canada interview Steven Jezo-Vannier pour la sortie de son ouvrage. Une interview musicale en deux parties.
« Un ouvrage trĂšs intĂ©ressant. Ăa se lit facilement par petites vignettes. Beaucoup de dĂ©couvertes Ă faire dans ce livre. Câest un plaisir de lecture. »
PREMIĂREPARTIE
DEUXIĂMEPARTIE
MalgrĂ© la prĂ©sence de figures fĂ©minines majeures, la pop music, est longtemps restĂ©e une affaire de mecs. Une affirmation qui semble obsolĂšte aujourdâhui et fera sourciller certaines lectrices, tant la situation semble avoir Ă©voluĂ©e. Pourtant tout nâest pas rose pour les femmes dans lâindustrie musicale. LâĂ©volution que nous connaissons fut acquise de haute lutte par une poignĂ©e dâartistes audacieuses, et câest grĂące Ă elles que la musique de notre Ă©poque reconnait de plus en plus les figures fĂ©minines. Une histoire transcrite par Steven Jezo-Vannier dans Respect, le rock au fĂ©minin, paru aux Ă©ditions Le mot et le reste.
Qui se rappelle que lâusage du terme rock ânâ roll vient dâune femme ? Câest en effet Trixie Smith dans âMy Man Rocks Me (With One Steady Roll)â qui employa pour la premiĂšre fois ce terme dĂ©sormais passĂ© dans le langage courant. Steven Jezo-Vannier, lui, sâen souvient ! Lâessayiste, spĂ©cialiste de la contre-culture et de lâhistoire du rock, vient nous le rappeler au dĂ©but de son tout nouvel ouvrage, Respect, le rock au fĂ©minin. Evidemment, le terme ârockâ est Ă prendre au sens large ici, comme synonyme de âpop cultureâ (ou âpop musicâ), car lâauteur se penche, au cours de cette copieuse histoire des femmes et de leurs apports dans les musiques populaires, aussi bien sur les icĂŽnes du blues et de la soul, que sur celles du rock, du punk et du grunge, sans oublier dâĂ©voquer les stars glamours et bling bling de la FM et du RânâB actuel.
Je dois obtenir un peu de respect
On pourrait dire que tout commence en avril 1967. Un mois oĂč la chanteuse Aretha Franklin, en changeant quelques mots dans les paroles dâune chanson dâOtis Redding, va enflammer le cĆur de millier de femmes (et peut-ĂȘtre de certains hommes) en rĂ©clamant du respect. Le respect, pour les femmes tout du moins, est une valeur souvent nĂ©gligĂ©e dans lâunivers de la musique populaire. De fait, et Jezo-Vannier le souligne trĂšs bien dans son livre, âpar leur omniprĂ©sence dans les classements, dans les bacs des disquaires, sur les scĂšnes et dans les mĂ©dias, les hommes ont imposĂ© leur domination sur les musiques populaires, depuis leurs origines folkloriques (country, blues, jazz) jusquâĂ leurs dĂ©clinaisons les plus actuelles (rock, hip-hop, Ă©lectro)â. Il est vrai que dans les annĂ©es 60, entre le blues et ses histoires de femmes infidĂšles, le rock et la soul avec leurs femmes soumises Ă lâamour de leurs hommes, la figure fĂ©minine semble uniquement vouĂ©e au respect des valeurs machistes de leur temps. Un constat toujours Ă©tonnant si lâon considĂšre que ces musiques forment la bande-son de cultures considĂ©rĂ©es comme âouvertesâ, âiconoclastesâ et ârĂ©volutionnairesâ. Trois adjectifs qui ne concernent pas, semble-t-il, la gente fĂ©minine. Lâauteur prĂ©cise dâailleurs : âla longue tradition de la chanson fĂ©ministe se confronte Ă un imaginaire collectif. En apparence, tout porte Ă croire que les musiques populaires sont une affaire dâhommes. Les garçons, qui ont Ă©tĂ© les premiers Ă pouvoir sâemparer des guitares et des micros se sont appropriĂ©s cette musique et lâont peuplĂ© dâimages, de paroles et dâattitudes masculines imprimant les consciences.â et de citer les roulements de bassin dâElvis Presley, les paroles misogynes de certaines chansons, ou les chanteuses façonnĂ©es par leurs producteurs.
LâĂšre des rebelles aux cheveux longs
Il faudra attendre les annĂ©es 70 et le mouvement hippie pour rĂ©ellement voir apparaĂźtre des femmes maĂźtresses de leur art et de leurs destinĂ©es. Auparavant, câest presque le black out total. Combien de femmes dans le mouvement rockabilly par exemple ? Au cĆur du mouvement psychĂ©dĂ©lique du Summer of Love (Ă part Grace Slick de Jefferson Airplanes et Janis Joplin et son Big Brother and The Holding Company) trĂšs peu de femmes sâexprimeront. Dans la country et la folk music (et le film des frĂšres Coen, Inside Llewyn Davis, le montre trĂšs bien), trĂšs peu Ă©galement. Ce seront donc les sylphides aux longs cheveux de Laurel Canyon et du Village qui viendront remettre les pendules Ă lâheure (fĂ©minine) de la musique, et en particulier du folk et de la pop. Sur la cĂŽte ouest ce sont les Joni Mitchell, Joan Baez, Michelle Phillips et âCass Elliot de The Mamas and The Papas, qui sâimposent de plus en plus dans le paysage pop. Une vague de douceur, alors que pendant ce temps, en Angleterre, une minuscule japonaise irrite fortement les fans du plus grand groupe de pop de tous les temps. Câest Yoko Ono, maitresse de John Lennon des Beatles, accusĂ©e de tous les maux, et en particulier de dĂ©tĂ©riorer les relations entre les membres du groupe. On le voit, pour les femmes, le combat est encore loin dâĂȘtre gagnĂ©.
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LâĂ©mission Easy Rider vous parle de notre ouvrage entre deux chronique dâalbums et une chronique de biĂšre !
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Beyoncé, Taylor Swift, Lady Gaga⊠Les femmes dominent-elles la musique pop ?
Elles seront les reines de la 57e cérémonie des Grammy Awards, dimanche. Mais les chanteuses ont-elles définitivement pris le pouvoir ? Francetv info a posé la question au spécialiste de la musique Steven Jezo-Vannier.
La 57e cĂ©rĂ©monie des Grammy Awards sera tout feu tout femme, dimanche 8 fĂ©vrier. BeyoncĂ© est lâune des favorites pour remporter la prestigieuse rĂ©compense de âlâalbum de lâannĂ©eâ. La soirĂ©e sera aussi marquĂ©e par les prestations de Lady Gaga ou encore Gwen Stefani. Mais lâĂ©vĂ©nement de la soirĂ©e sera, sans doute, la prestation de Madonna, Ă©ternelle reine de la pop, qui prĂ©sentera son nouvel album, Rebel Heart. Les femmes ne sâillustrent pas que sur la scĂšne des Grammy Awards. En octobre 2014, les artistes fĂ©minines ont rĂ©alisĂ© une performance inĂ©dite (en anglais). Elles se sont, en effet, emparĂ©es des cinq premiĂšres places du classement musical Billboard pendant six semaines. Une premiĂšre depuis la crĂ©ation du top 100 du magazine amĂ©ricain.
Steven Jezo-Vannier, historien et auteur de Respect, le rock au féminin, explique comment les femmes ont pris leur revanche sur les hommes dans la musique pop.
Francetv info : Lors Super Bowl, Katy Perry a assurĂ© le show pendant la mi-temps du match de football amĂ©ricain. Elle sera aussi prĂ©sente aux Grammy Awards dimanche en compagnie de BeyoncĂ©, Lady Gaga, Taylor Swift et de nombreuses autres artistes fĂ©minines. Les femmes dominent-elles aujourdâhui la scĂšne musicale ?
Steven Jezo-Vannier : Les musiques contemporaines accordent une grande place aux femmes. Les chanteuses ont rĂ©ussi Ă sâaffirmer derriĂšre les micros et se sont imposĂ©es sur des crĂ©neaux qui ne sont pas ceux des hommes. Les femmes se posent Ă la fois en Ă©gales et en rivales des artistes masculins. Leur prĂ©sence sur la scĂšne, le discours quâelles portent et leur identitĂ© artistique sont tout Ă fait singuliers.
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Madonna, Lady Gaga, Rihanna⊠Toutes ces artistes se sont construit des personnages. La musique ne leur suffit pas pour avoir du succÚs ?
Les stars contemporaines ont une personnalitĂ© trĂšs forte, maĂźtrisent leur image et savent surtout en jouer. Madonna le faisait trĂšs bien avec la religion et la fĂ©minitĂ©. Ces Ă©volutions poussent Ă une sur-mĂ©diatisation des artistes fĂ©minines. Elles construisent un vĂ©ritable personnage qui va rĂ©pondre Ă certains symboles et attentes du public. BeyoncĂ© est lâemblĂšme de cette appropriation de lâimage. Elle est maĂźtresse de sa musique et de sa carriĂšre artistique.
BeyoncĂ© a su construire sa notoriĂ©tĂ© grĂące Ă une mise en avant de son corps comme objet de dĂ©sir, mais aussi grĂące Ă des paroles qui dĂ©fendent le fĂ©minisme. La chanson â Independent Women â, lorsquâelle faisait partie des Destinyâs Child, est trĂšs rĂ©vĂ©latrice dâun discours dâĂ©mancipation des femmes. Britney Spears a, elle aussi, jouĂ© de sa fĂ©minitĂ© pour dĂ©fendre des textes plutĂŽt fĂ©ministes. Dans la chanson â Stronger â, elle dit Ă son copain quâelle ne sera plus sa propriĂ©tĂ©. Mais ce discours nâest pas toujours prĂ©sent dans ses chansons. â Iâm a Slave 4 U â (âJe suis ton exclaveâ) en est mĂȘme lâexact opposĂ©.
Mais ce nâest pas le monopole des femmes⊠Les hommes aussi jouent avec leur apparence. Quand James Brown revient sur scĂšne transpirant et torse nu avec une serviette autour du cou, câest dĂ©jĂ hyper sexuel.
Certaines artistes comme Nicki Minaj ou Miley Cyrus sont constamment dans la provocation. Nây a-t-il pas un Ă©cart entre leur discours fĂ©ministe et ces postures quâelles adoptent ?
Câest tout le dĂ©bat. Certains estiment que câest un retour en arriĂšre, que le corps de la femme se vide de son humanitĂ© pour ĂȘtre rĂ©duit Ă lâĂ©tat dâobjet. Mais dâautres pensent quâadopter des postures provocantes et suggestives est un moyen de se rĂ©approprier son corps en tant que femme. Ce qui est certain, câest que cette hypersexualisation des chanteuses permet de vendre des albums et cela sâest accentuĂ© avec lâapparition des clips vidĂ©os. Ă partir de ce moment-lĂ , lâimage compte autant que la musique et les chanteuses pop ou rânâb sont plus sexy Ă lâĂ©cran quâun groupe de rock⊠Et Jennifer Lopez nâa hĂ©sitĂ© Ă suivre ce mouvement. Dans le clip de â Booty â, sorti en 2014, on voit plus souvent des plans de ses fesses que de son visage. Cela peut prĂȘter Ă sourire, mais câest extrĂȘmement rĂ©vĂ©lateur. Tina Turner jouait, elle aussi, de sa fĂ©minitĂ© dĂšs les annĂ©es 1980 en aguichant le public masculin. Des stars comme Miley Cyrus ou Nicki Minaj vont beaucoup plus loin et sont mĂȘme souvent Ă la limite de la vulgaritĂ©. Quand Miley Cyrus fait du twerk avec Robin Thicke aux MTV Video Music Awards, elle veut juste choquer. On nâest plus vraiment dans un discours dâĂ©mancipation des femmes.
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Bien sĂ»r, faut dire que pour Ă peu prĂšs tout le monde civilisĂ©, le seul mot respect donne quand mĂȘme avant tout une immĂ©diate et dĂ©mangeante envie de se lever et de danser avec en bande-son la grande Aretha Franklin et son immense titre de gloire âRespectâ, cette chanson qui ne lui Ă©tait pas destinĂ©e mais dont elle changea les paroles et en fit non seulement le premier hymne fĂ©ministe mais peut-ĂȘtre le seul que mĂȘme les hommes sexistes aiment. Hymne fĂ©ministe peu-ĂȘtre mais pas icĂŽne fĂ©ministe car Aretha, comme lâexplique Steven Jezo-Vannier dans son livre Respect, Le rock au fĂ©minin, malgrĂ© son indĂ©pendance financiĂšre ne revendiquait pas du tout un fĂ©minisme personnel et elle, comme les copines, chantait et vivait le bon vieux machisme Ă la papa et subissait ce sexisme sous mille forme dâoppressions, artistiques autant quâintimes.
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Remercions Jezo-Vannier de nous raconter du coup autant dâhistoires dâartistes souvent gĂ©niales quoique parfois tombĂ©es dans les profondes oubliettes du showbiz mais dont la force et le talent nous atteignent encore Ă travers ses rĂ©cits et qui toutes ont marquĂ© de façon plus ou moins discernable lâhistoire de la musique et du droit des femmes, ce long chemin dont la fin, dans le rock comme dans le monde, nâest mĂȘme pas en vue.
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Rébecca Manzoni consacre sa chronique du jour au livre de Steven Jezo-Vannier.
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Qui a pu penser une seule seconde que les pogos et la biĂšre Ă©taient une affaire de mec ? Certainement pas nous ! Pour peu que vous vous posiez encore ce type de questions, ce livre vous rassurera sur le rĂŽle pivot de la femme sur la scĂšne rock/pop. De Janis Joplin Ă Donna Summer en passant par BeyoncĂ© et bien dâautres, lâauteur dĂ©montre comment toutes ces artistes ont rĂ©ussi Ă prendre le pouvoir dans cet univers machiste et caricaturĂ©.
Ă lâoccasion de la sortie du livre Respect, Le rock au fĂ©minin de Steven Jezo-Vannier chez Le mot et le reste, une playlist subjective de filles qui en ont. DĂ©finissant une autre voix possible que celle de la femme au foyer de rock star ou la groupie dĂ©vouĂ©e, elles ont changĂ© le monde Ă leur façon et la vision quâon se fait du « second sexe ». Comme le clamait Courtney Love : « I want every girl in the world to pick up a guitar and start screaming ».
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Câest le retour de Steven Jezo-Vannier, Ă qui lâon devait dĂ©jĂ un excellent California dreaminâ, livre complet sur le rock californien mais surtout sur les dizaines de groupes mĂ©connus et ultra-originaux des sixties.
Cette fois câest 350 pages sur les filles , sobrement intitulĂ© Respect, dâaprĂšs la chanson dâAretha Franklin. On y apprend que Elvis aurait suivi les conseils â pour ses dĂ©hanchements et postures â de Tura Satana , vedette du film de Russ Meyer Faster Pussycat Kill! Kill! Cette show-girl amĂ©ricano chinoise, karateka, que jâai eu lâhonneur de rencontrer, mettait au mĂȘme niveau go-go dancing, self-dĂ©fense, et bonnes maniĂšres. Quand Ă Mick Jagger, sa fascination pour Tina Turner (Ă©poque Ikettes), lui aura inspirĂ© quelques pas et autres allĂ©es et venues dynamiques sur scĂšne (James Brown Ă©tant hors de portĂ©e). On pourrait ajouter le culot sexuĂ© des Ronettes ( Ronnie Spector, femme , Ă©gĂ©rie et fer de lance du paranoiaque Phil Spector..) mais aussi de Betty Davis ( femme scandaleuse de Miles), toutes deux gravement courtisĂ©es par toutes les stars Pop de lâĂ©poque.
Lâauteur raconte aussi la mĂ©connue Ma Rainey, et son premier groupe : Assassinators Of The Blues!, et son aplomb , qui lui permet dâassumer son goĂ»t pour le gin et sa bisexualitĂ©, et une arrestation en party-group de filles⊠ou elle affirmera « finalement je les prĂ©fĂšre aux hommes » , dans une chanson en 1928 (âProve it on meâ) ! Changement dâĂ©poque et autres filles gonflĂ©es : PATTILABELLE et son tube « Lady Marmelade » inspirĂ© des prostituĂ©es de Nouvelle OrlĂ©ans, ou les Pointer Sisters , 4 filles de pasteur qui en 1981 sortent « Iâm so excited », avec mode dâemploi dĂ©taillĂ© et succĂšs Ă la clĂ©. JâapprĂ©cie aussi les JOANJETT et SUZIQUATRO, sorte de bolides Pop-Rock taillĂ©es pour la scĂšne, et quâimporte les « Spandex » moulants et les gilets en cuir, les coupes mulet et les riffs rageurs.
Le livre respecte lâordre et les Ă©poques , mais les personnalitĂ©s sont telles quâon le lit dans le dĂ©sordre, par curiositĂ© : 2 sacrĂ©s numĂ©ros comme MOETUCKER et NICO , respectivement batteuse et chanteuse du VELVET ne peuvent laisser personne indiffĂ©rent. MOE, petite brune garçonne et fermĂ©e, cognant ses peaux debout, minimaliste et froide, et NICO, grande blonde solaire et dĂ©bridĂ©e, prĂȘtresse Ă lâharmonium, lancinante et grave, dĂ©clamant ses visions. Elles sont dans mon panthĂ©on, et ont marquĂ© leur Ă©poque. Mais si le livre revient beaucoup sur les dĂ©boires des filles noires avec leurs amants, maris, managers, dealers et autres proxĂ©nĂštes du Show Bizz US, abus et violence qui auraient menĂ© toutes ces DIVAS vers lâalcool, la drogue et les .. femmes ! Lâauteur oublie que ces messieurs ont sombrĂ© exactement dans les mĂȘmes enfersâŠ
Quand on pense que le groupe de JamaĂŻcains ultra machos de Marley (le pĂšre dâune vingtaine dâenfants) sâappelle les Wailers (pleureurs) ! Cet historique cite la plupart des PAROLES importantes des chansons Ă MESSAGE, et pas mal de complaintes, mais il ne peut nous donner la façon de crier, insinuer, murmurer ou hurler de ces filles, souvent des BĂTES de SCENE, qui changeaient tout avec leur CORPS. Car ce livre est beaucoup sous cet angle FEMINISTE, revendicatif et contestataire, ce qui assez bien avec le BLUES au fĂ©minin, mais dans le ROCK, câest plutĂŽt le contraire, et dans le PUNK câest tabou !!!⊠Les SLITS (fentes) crient leur libertĂ©, comme la moitiĂ© Ă©thiopienne de X RAYSPEX, POLYSTYRENE et son exhortation au Bondage. Ne parlons pas des Françaises qui, depuis MISTINGUETT ont les hommes dans la peau, PIAF qui ne demande quâĂ se faire sauter par son lĂ©gionnaire, MAGALINOĂL qui rĂ©clame Ă son Jules FAISMOIMAL ou CATHERINERINGER qui drague Andy de force (comme Piaf avec Milord)⊠Car elles sont toutes lĂ , dans ce livre encyclopĂ©dique ! Et il y en a pour tout le monde, aprĂšs les afro amĂ©ricaines maltraitĂ©es, alcoolos et suicidaires, il y a les nymphos ( voir plus haut), mais aussi les lesbiennes militantes, façon BETHDITTO, ou LESLEYGORE (amĂ©ricaine des sixties Ă redĂ©couvrir) avec son tube « You Donât Own Me » (tu ne me possĂšdes pas !) ironiquement repris par Klaus Nomi en « You Donât Know Me » (+ jeu de mots avec Nomi.)
Chaque chapitre a son BLOC de filles : typĂ©es, rĂ©voltĂ©es, agitĂ©es, dĂ©sĂ©quilibrĂ©es⊠MĂȘme les puissantes NINASIMONE, NICO ou ARETHA avaient leur lot dâĂ©motions incontrĂŽlĂ©es ou de pulsions nĂ©gatives. ( Encore une fois exactement comme les garçons !) Au bout de cette invraisemblable sĂ©rie de filles, on est un peu sonnĂ©, mais la mĂ©moire rafraichie et ce nâest que justice puisque la plupart de ces AMAZONES devraient absolument ĂȘtre inoubliables .
Respect, comme la chanson dâOtis Redding reprise par Aretha Franklin en 1967, ou comme un signe de considĂ©ration adressĂ© Ă toutes celles qui ont fait que la musique nâa pas Ă©tĂ© quâune histoire de mecs, de la part de Steven Jezo-Vannier, auteur de _Respect, Le rock au fĂ©minin° qui vient de paraĂźtre aux Ăditions Le mot et le reste.
Les tatouages, lâalcool, le sexe et la dĂ©fonce nâont pas Ă©tĂ© que des histoires de bonshommes, quâon se le dise ! Steven Jezo-Vannier nous le rappelle dans son dernier bouquin : Respect.
AprĂšs son California Dreaminâ paru en dĂ©but dâannĂ©e, le rockophile Steven Jezo-Vannier remet le couvert littĂ©raire avec un bouquin qui revient sur les femmes PopânâRoll, qui ont su se faire une place dans un monde largement dominĂ© par les mĂąles. Lesquelles, comment et pourquoi, lâauteur livre son analyse de la prĂ©sence fĂ©minine dans le monde de la pop et du rock, avec lâarrivĂ©e du fĂ©minisme et lâĂ©volution de la place que la femme a prise dans lâunivers musical macho. DĂ©roulĂ© comme un parcours chronologique, le livre nous fait rencontrer Nina Simone, Janis Joplin, Donna Summer, Patti Smith, BeyoncĂ© ou Rihanna. Un recueil garni de pĂ©pites, vĂ©ritable hommage rendu aux femmes en gĂ©nĂ©ral, et aux chanteuses en particulier, celles qui ont su sâimposer dans un monde cruellement masculin et difficile Ă intĂ©grer.
Un beau cadeau de noĂ«l, vendu 24âŹ.
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La fabuleuse Ă©dition Le mot et le reste sort ce mois-ci un must-have que vous pouvez dĂšs Ă prĂ©sent ajouter sur votre liste de NoĂ«l. Respect, Le rock au fĂ©minin, Ă©crit par Steven Jezo-Vannier â connu pour sa spĂ©cialitĂ© de la contre-culture et du rock- retrace lâhistoire des grandes figures fĂ©minines de la musique. De Billie Holiday Ă BeyoncĂ© en passant par les Spice Girls ou encore PJ Harvey, tous les styles sont confondus et lâon y trouve son compte. Et lâauteur ne cherche pas Ă nous faire prendre parti, son Ćuvre est Ă©crite en toute objectivitĂ©. TantĂŽt lâon y dĂ©couvre les pionniĂšres du blues (Bessie Smith, Ma Rainey), tantĂŽt lâon y retrouve nos disques de jeunesse (Françoise Hardy, Alicia Keys, Britney Spears). Il y a dans cette ouvrage quelque chose que lâon trouve rarement dans dâautres : ressortir le cĂŽtĂ© unique et crĂ©atif de toutes celles qui se sont battues « sur scĂšne et hors scĂšne ».
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Ă peine a-t-il publiĂ© California Dreaminâ, il y a de cela quelques mois, que notre graphomane rockânâroll prĂ©fĂ©rĂ© enchaĂźne avec cette trĂšs belle idĂ©e contenue dans Respect, la place et la revendication fĂ©minine dans le monde du blues et du rock. Steven Jezo Vannier (cf. interview ) rĂ©ussit peut ĂȘtre ici son meilleur effort. Il nous invite par un parcours chronologique Ă retrouver toutes ces voix fĂ©minines qui pour la plupart (Big Mama Thornton, Odetta, Nina Simone, Janis Joplin, Chrissie Hynde, RihannaâŠ) ont fait valoir leur droit et le respect de leur identitĂ©. âRespectâ, chantĂ© tout dâabord par Otis Redding et ironiquement repris par Aretha Franklin qui la dĂ©tournera au profit de la cause fĂ©minine dont lâapanage ne sera pas les groupes Kleenex de la Motown (Shirelles, SupremesâŠ). Le livre est certes chronologique mais ils se divisent parallĂšlement en de grandes pĂ©riodes habitĂ©es par ces divas. _Comme toujours, Jezo-Vannier nous sort de petites pĂ©pites inconnues de nos oreilles pourtant Ă©prouvĂ©es*, personnalitĂ©s oubliĂ©es mais qui surent contribuer Ă lâĂ©mancipation de la femme dans un univers particuliĂšrement macho et misogyne. Vinrent les annĂ©es 70, oĂč ĂȘtre chanteuse et femme devint une attraction (Joplin, Slick, Mama Cass, Suzy QuatroâŠ) qui ne se dĂ©mentira pas avec les all girl bands et autres Rrrrr Girls (Runaways, Go-Goâs, L7, The DonnasâŠ) des annĂ©es suivantes. Aujourdâhui, il est banal quâune femme soit la frontwoman dâun groupe (Gossip, Portishead, GarbageâŠ) oĂč que des groupes 100 % fĂ©minins rencontrent le succĂšs (Plasticine, Bikini KillâŠ). Elles doivent ĂȘtre conscientes dâĂȘtre les hĂ©ritiĂšres dâune longue lignĂ©e de baroudeuses passionnĂ©es et entĂȘtĂ©es qui voulait hurler contre les loups. Un mystĂšre pourtant dans ce beau livre : lâabsence incomprĂ©hensible de lâhĂ©morragique Amy Winehouse.
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