Reggatta de blanc
Le reggae hors JamaĂŻque
Reggatta de blanc se propose de traiter lâappropriation de la musique jamaĂŻcaine par des artistes qui partagent cette volontĂ© commune de les explorer et de donner Ă entendre les musiques hybrides issues de cette rencontre.
Lâamateur Ă©clairĂ©, devant lâextrĂȘme Ă©clectisme des titres choisis, peut de prime abord ressentir une lĂ©gĂšre impression dâĂ©garement. Que partagent des morceaux comme « Ob-La-Di, Ob-La-Da » des Beatles, « African Reggae » de Nina Hagen ou « Twist And Crawl » de Death in Vegas ? Ă lâorigine, un vent de libertĂ© a soufflĂ© sur une Ăźle des Antilles et emportĂ© avec lui au-delĂ des CaraĂŻbes des sonoritĂ©s ska pour venir dissiper le smog anglais. Dans les quartiers populaires de Londres, le beat jamaĂŻcain se mĂȘle naturellement aux sonoritĂ©s punks. Le Clash, les Ruts, les Members ou les Slits trouvent dans le reggae un nouveau terrain de jeu. De la mĂȘme façon, le dub de King Tubby gagne les musiques Ă©lectroniques dĂšs les annĂ©es quatre-vingt-dix. Le trip-hop voit ainsi le jour avec une multitude de groupes tels que Massive Attack ou Portishead. Reggatta de blanc, du nom du deuxiĂšme album de Police, donne Ă entendre dâune autre oreille le message mĂ©tissĂ© dâune bouteille jetĂ©e Ă la mer.
Revue de presse
_ Episode 2 : Plus loin dans le reggae Le Reggae du Tiroir La Vie Reggae 12 juin 2019
- Petit papa rocker Ăric Buggea Corse Hebdo 14 dĂ©cembre 2018
- Coup de cĆur sur Reggatta de blanc Paul Muselet Clutch novembre 2018
- Interview - C'est quoi, au juste, le reggae de blanc? Benjamin Leclerc Vice // Noisey 17 octobre 2018
âContrairement Ă dâautres volumes de la mĂȘme collection, chez Le Mot et le Reste, ce nâest pas dâalbums entiers dont lâauteur traite, mais de morceaux prĂ©cis. La qualitĂ© et lâimportance de ces derniers est trĂšs variable. Certains sont trĂšs connus, dâautres sont plus obscurs, et parmi ces derniers, quelques-uns auraient mĂ©ritĂ© de le rester. Mais le propos, rapide, touffu, parfois mĂȘme enthousiaste, est toujours intĂ©ressant. On apprĂ©cie cette virĂ©e thĂ©matique dans lâhistoire de la pop music, ces arrĂȘts devant quelques-uns de ses grands monuments, tout comme ces passages dans ses ruelles les plus sombres et les moins pratiquĂ©es.â
âCet ouvrage tĂ©moigne de lâinfluence incroyable du reggae sur un ensemble de styles de musique (pop, Ă©lectro, jazz, musiques Ă©lectro, Hip-hopâŠ). Pour mener Ă bien son analyse, lâauteur sâappuie sur une sĂ©lection trĂšs Ă©clectique de singles produits par une centaine dâartistes diffĂ©rents. Chaque chronique se prĂ©sente comme une petite fiche qui prĂ©sente le groupe et/ou le morceau sĂ©lectionnĂ© et apporte des explications sur le contexte dâĂ©criture. A la fin des chroniques, lâauteur propose des petites passerelles pour pousser le lecteur Ă aller encore plus loin. Câest un livre intĂ©ressant car il dĂ©montre lâengouement que les musiques jamaĂŻcaines ont suscitĂ© sur des artistes quâon nâa pas forcĂ©ment Ă lâesprit quand on pense « reggae ».â
Contrairement Ă ce que le titre laisse entendre, Reggatta de Blanc nâest pas consacrĂ© Ă Police. Sâil y est, bien sĂ»r, question du groupe de Sting, le sujet traitĂ© ici est plus vaste : lâinfluence du reggae en dehors de la JamaĂŻque. Des punks (Clash, Slits ⊠) Ă la scĂšne trip-hop, en passant par des valeurs sĂ»res telles que Paul Simon, Serge Gainsbourg ou les Rolling Stones, bon nombre de musiciens (essentiellement britanniques) se sont emparĂ©s du courant musical caribĂ©en. En cent chroniques, Vincent JĂ©gu revient sur son influence et propose, tout au long des quelque 230 pages, une exploration du genre en mettant lâaccent sur lâimportance quâa pu avoir la musique jamaĂŻcaine sur une scĂšne rock en lĂ©gĂšre panne dâinspiration Ă la fin des annĂ©es 70.
Paul Simon, The Police, UB40⊠La rĂ©appropriation du reggae jamaĂŻcain par nombre de groupes pop europĂ©ens aura pu donner de lâurticaire Ă certains puristes depuis le dĂ©but des annĂ©es 70. Il nâempĂȘche : sous une diversitĂ© de formes, Vincent JĂ©gu rappelle que ce bouillonnement dâinfluences venues des CaraĂŻbes a aussi donnĂ© naissance Ă des groupes singuliers (The Specials), des rencontres sonores improbables (Bad Brains), de nouveaux genres (Massive Attack) et aura nourri lâĆuvre des plus grands (David Bowie). AprĂšs tout, la crĂ©ativitĂ© musicale ne sâĂ©panouit-elle pas dans le mĂ©tissage et la prise de risque?
Lisez Clutch en intégralité via ISSUU
Dans un livre paru chez Le mot et le reste, Vincent Jégu se penche sur le reggae hors Jamaïque, et trouve des ponts entre les Clash, Nina Hagen, Massive Attack et Paul Simon. Et nous parle de trois morceaux-types issus de ce métissage.
Regatta de Blanc, câest le titre dâun des albums les plus connus de The Police, le groupe de rock connu pour avoir intĂ©grĂ© sonoritĂ©s reggae Ă des compositions de rock de stade. Câest aussi celui choisi par Vincent JĂ©gu pour son livre dĂ©diĂ© aux musiques du genre pour et pour cause : Police en sont parmi les plus emblĂ©matiques, et ce titre bizarrement exotisant en illustre bien la dĂ©marche, autant quâil se garde dâen aborder le nom problĂ©matique. Le reggae de blanc, quâest ce que câest en fait ? La musique quâĂ©coutent les rastas blancs ? Un pastiche de reggae ? Une inspiration Ă©rudite de compositeurs curieux ? Parfois lâun, parfois lâautre, souvent les trois â si la sĂ©lection de cent morceaux dĂ©finissant le corpus flou de Regatta de Blanc tape large, elle interroge dans les grandes lignes lâidĂ©e de mĂ©tissage, ici avec le reggae.
Le sous-titre est plus explicite peut-ĂȘtre, ou plus exact : le reggae hors JamaĂŻque. On y retrouve ainsi les diverses incorporations, rĂ©-appropriations, mutations quâa connu le genre, en particulier en Europe. Dans un incessant jeu de ping-pong trans-Atlantique, la balle rebondit de chaque cĂŽtĂ©, donnant naissance Ă des collaborations et interprĂ©tations plus ou moins fructueuses. La musique jamaĂŻcaine parasite la pop culture depuis quâelle est sortie de son Ăźle, depuis le punk qui voit cohabiter dread et Ă©pingles Ă nourrice, pogo et spliffs, et surtout DJ set reggae entre les lives dâĂ©poques, faisant se cĂŽtoyer lâun et lâautre. Fan du Clash, de Police ou des Members, Vincent JĂ©gu commence ce projet Ă partir de cette Ă©vidence, jusquâĂ dĂ©rouler une pelote plus longue et plus intriquĂ©e quâelle nây parait.
Il sâagit ainsi en creux de faire autant lâhistoire du reggae et des musiques jamaĂŻcaines, lâauteur ne se privant pas de chroniquer Bob Marley, Steel Pulse ou Groundation, groupes proprement reggae quâon peut sâĂ©tonner de retrouver dans un livre recensant le « reggae de blanc », mais que lâauteur replace comme faisant Ă©tat de ce mĂ©tissage, quand Bob Marley chante le punk (dans « Punky Reggae Party »), ou Steel Pulse qui illustre bien cette proximitĂ©, et joue dans les mĂȘmes concerts que The Clash et les Buzzcocks, fait les premiĂšres parties des Stranglers ou Police. Une certaine vision de lâhistoire de la pop, que Vincent JĂ©gu nous a prĂ©sentĂ© plus en dĂ©tail.
Noisey : Comment ce choix thĂ©matique sâest-il prĂ©sentĂ© Ă vous ?
Vincent JĂ©gu : Jâaime particuliĂšrement la pĂ©riode punk et post-punk, câest lĂ je dirais que le mariage sâest fait le mieux. Câest Ă partir de groupes comme les Clash, Police, les Members, quâa dĂ©marrĂ© le projet⊠JusquâĂ voir que beaucoup de musiques, parfois de maniĂšre insoupçonnĂ©e, se sont inspirĂ© des musiques jamaĂŻcaines. En rĂ©sultent ces 100 chroniques, avec la contrainte que ce soit des morceaux sortis en single, ou maxi.
Dans cette histoire des métissages du reggae, il y en a quelques-un qui semblent faire jalon ?
VoilĂ , effectivement les premiers câest les Beatles, avec « Ob-La-Di Ob-La-Da », parce quâil y a une rythmique ska, Ă©crite par McCartney. Puis ensuite il y a Paul Simon, qui sâest rendu Ă Kingston et qui a travaillĂ© avec les musiciens de Jimmy Cliff⊠Ăa aussi, « Mother and Child Reunion », câest un morceau qui a eu un certain succĂšs. AprĂšs il y a eu Clapton, avec sa reprise de « I Shot The Sheriff » qui a permis de faire connaitre Bob Marley pas mal en Europe. Mais mĂȘme si ce sont des morceaux rĂ©ussis, surtout celui de Paul Simon, ce sont des mariages un peu⊠« forcĂ©s ». LĂ oĂč la sauce prend vraiment câest au moment du punk, particuliĂšrement avec les Clash, parce quâil y a vraiment des affinitĂ©s entre les jamaĂŻcains issus de lâimmigration en Angleterre et puis les punks. Ils partagent les mĂȘme quartiers, etc⊠Câest vraiment un grand boom quoi.
En quoi étaient-ce des mariages forcés ?
Disons quâils ne connaissaient pas trĂšs bien la musique jamaĂŻcaine, et câĂ©tait plus une opportunitĂ© â alors quâil y avait vraiment un Ă©tat dâesprit pendant le mouvement punk, je trouve.
Quand vous avez commencĂ© Ă Ă©tablir cette liste, y avait-il des rĂ©fĂ©rences qui sâimposaient comme Ă©videntes, outre le punk ?
Il y a Police dĂ©jĂ , parce quâils ont popularisĂ© la chose. Il y a les Clash parce que câĂ©taient les premiers punks Ă le faire. Puis oui il y a des morceaux vraiment emblĂ©matiques : je pense à « African Reggae » de Nina Hagen, ou Ă ce quâa fait Gainsbourg Ă©galement⊠VoilĂ , effectivement il y a des choses qui ressortent plus, comme le mouvement trip hop aussi. Massive Attack par exemple, qui au dĂ©part Ă©tait un sound system, et qui Ă©tait influencĂ© par le dub.
*Ă ce niveau, est-ce quâon peut encore parler de reggae de blanc ou bien de « reggatta de blanc » quand il sâagit du trip hop ? Le reggae fait-il partie de lâADN de cette musique, il ne sâagit pas dâun mĂ©tissage fortuit mais consubstantiel Ă ce genre⊠? *
Oui, mais cela reste un mariage de ces « musiques blanches » et « musiques noires ». Moi ce qui mâintĂ©resse, câest lâaltĂ©ritĂ©. Je le dis dans lâintroduction, au-delĂ de la couleur de peau câest ce mĂ©lange de couleurs et de musique, de racines⊠ForcĂ©ment il nây a pas que les JamaĂŻcains qui ont le droit de jouer du reggae ou du ska. LâidĂ©e du livre câest de revenir sur ce mĂ©tissage, cette richesse, tout en nâoubliant pas que ce sont les JamaĂŻcains qui sont Ă lâorigine de cette musique et mĂ©ritent dâĂȘtre reconnus en tant que tel.
Comment est-ce quâon explique que le reggae soit une musique qui ait Ă©tĂ© aussi empruntĂ©e, Ă laquelle tant de grands noms de la pop se soient essayĂ©s ? Les Beatles, David Bowie, UB40, ProdigyâŠ
DĂ©jĂ il y a le lien direct avec le blues, via le rhythm and blues puis la soul. Le rocksteady, câest une version jamaĂŻcaine de la soul amĂ©ricaine. Câest-Ă -dire quâen parlant de mĂ©tissage, le reggae lui-mĂȘme est un mĂ©lange dâinfluences diverses. Toute la pop musique dĂ©coule autant du rhythm and blues et de la soul, donc il y a forcĂ©ment des racines communes. Et puis, le reggae est une musique de rĂ©volte. Je pense que beaucoup de musiciens pop et rock ont compris cette rĂ©volte. ForcĂ©ment, les paroles de Bob Marley rĂ©sonnaient avec la rĂ©volte des punks.
Est-ce que ce serait pas au fond essentialiser ces idées musiques noires / blanches ?
Câest justement le fait du mĂ©tissage quoi, câest la rencontre. LâintĂ©rĂȘt rĂ©side dans cette interprĂ©tation des musiques jamaĂŻcaines. Il ne sâagit pas de singer ces musiciens, mais de sâappuyer sur certaines choses, notamment au niveau du rythme, avec la syncope. Jâen parle dans le livre, au niveau de la chronique sur Police. Summers [Andy Summers, guitariste de The Police, NDLR] parle bien de ça : câest une interprĂ©tation. Cette musique jamaĂŻcaine a apportĂ© un souffle nouveau Ă la musique, notamment Ă la fin des annĂ©es 70 oĂč ça sâessouffle Ă©galement. Pendant longtemps, Ă partir des annĂ©es 60 câest le blues qui a jouĂ© ce rĂŽle-lĂ . Aujourdâhui, tout le monde reconnaĂźt clairement que la musique occidentale a une dette envers le blues â et ça paraissait moins Ă©vident quâon ait cet avis-lĂ par rapport aux musiques jamaĂŻcaines, qui ont pourtant jouĂ© le mĂȘme rĂŽle que le blues, le rhythm and blues et la soul dans les annĂ©es 60, mais dans les annĂ©es 70 et 80. Ces deux influences sont aussi importantes, mais Ă des moments diffĂ©rents. Quand le rock commençait Ă sâĂ©puiser, notamment dans la premiĂšre partie des annĂ©es 70, les musiques jamaĂŻcaines ont apportĂ© quelque chose de trĂšs puissant et ont renouvelĂ© la musique pop.
Certaines de ces appropriations sont hautement « personnelles » justement, et pour certaines des entrées (« Egyptian Reggae » de Jonathan Richman par exemple, ou bien « Heaven » de PÚre Ubu) on peine parfois presque à « trouver » le reggae dans ces titres.
Il y a toujours quelque chose ! Jonathan Richman câest une interprĂ©tation bien personnelle, mais une reprise dâun morceau jamaĂŻcain. Chez Pere Ubu câest une question de rythme surtout. Mais ce groupe est particuliĂšrement intĂ©ressant dans sa dĂ©construction du rock â ici en empruntant une rythmique reggae. Câest un groupe qui me parait trĂšs important par rapport Ă ce qui va suivre dans le post-punk. Câest un emprunt plus discret, câest comme Devo qui fait une reprise de Satisfaction des Stones avec une rythmique reggae aussi. Câest pour montrer aussi que des artistes trĂšs Ă©loignĂ©s finalement ont quelque part aussi Ă un moment donnĂ© empruntĂ© quelque chose des musiques jamaĂŻcaines. Toute la pĂ©riode post punk est vraiment trĂšs riche, câest le dernier moment oĂč il y a eu autant de groupes intĂ©ressants, bien plus que la pĂ©riode punk en elle-mĂȘme, qui a Ă©tĂ© une sorte de feu dâartifice final, avant de dire « on passe Ă autre chose ». Pour se renouveler le post punk a empruntĂ© Ă dâautres univers, notamment au krautrock allemandâŠ
Câest assez pertinent de prendre comme contrainte que des singles et maxis, en reflet Ă la culture reggae.
Oui, câest vrai que le support des musiques jamaĂŻcaines, câest le 45 tours. Il y a eu un grand retour du 33 tours et de lâalbum vinyle depuis quelques annĂ©es, mais on parle pas forcĂ©ment du 45 tours⊠Et puis il y a aussi le fait quâil y a rarement des albums faits par des musiciens pop, rock, oĂč il y a que des reggaes. Câest un, deux, parfois trois morceaux parmi lâalbum. Câest aussi liĂ© à ça⊠Puis lâidĂ©e câest ainsi de pouvoir se concentrer sur un morceau â si on nâest pas un maniaque du vinyle, on peut trĂšs bien aller sur Youtube et parcourir ainsi le livre en Ă©coutant les titres.
The Clash â « (White Man) In Hammersmith Palais » CBS (1978)
En 1977, The Clash reprend le reggae « Police & Thieves » de Junior Murvin. Cette reprise a un profond impact sur la scĂšne punk anglaise, si bien quâĂ sa suite, bon nombre de groupes sâemparent Ă©galement du reggae (The Members, The Ruts, The SlitsâŠ). The Clash ne sâarrĂȘtera pas en si bon chemin. Il reprendra dâautres classiques jamaĂŻcains (« Pressure Drop » de Toots & The Maytals, « Armagideon Time » de Willi Williams) et composera de nombreux morceaux inspirĂ©s par les musiques jamaĂŻcaines : « Guns Of Brixton », « Revolution Rock », « Bankrobber » ou encore « (White Man) In Hammersmith Palais ». Dans cette chanson, Joe Strummer fait part de sa dĂ©sillusion face au constat que toute rĂ©volte musicale semble finalement vouĂ©e Ă nâĂȘtre quâun spectacle. Ce morceau rĂ©sume parfaitement The Clash, qui a su mieux que quiconque marier les deux genres.
The Special AKA â « Gangsters » Two-Tone (1979)
En sâappropriant le ska, dont le rythme effrĂ©nĂ© colle parfaitement Ă lâĂ©nergie punk, The Special AKA, alias The Specials, est Ă lâorigine du revival ska en Angleterre Ă la fin des annĂ©es soixante-dix, qui voit Madness, The Selecter et The Beat rencontrer le succĂšs. Le morceau qui met le feu aux poudres est « Gangsters », une reprise de « Al Capone » de Prince Buster, avec de nouvelles paroles Ă©crites par Jerry Dammers, le clavier et leader du groupe. Pour sortir ce premier 45-tours, celui-ci crĂ©e le label Two-Tone. « Gangsters » atteint la sixiĂšme place des charts anglais, ce qui permet Ă Dammers de signer tous les groupes mentionnĂ©s plus haut. Câest ainsi que pendant des mois, la jeunesse de la sombre Angleterre de Thatcher va danser aux rythmes du ska.
Rhythm & Sound / Willi Williams â « See Mi Yah » Burial Mix (2005)
DerriĂšre Rhythm & Sound se cachent Moritz Von Oswald et Mark Ernestus, deux producteurs de la scĂšne electronique berlinoise. InfluencĂ©s par le dub jamaĂŻcain, ils sont les inventeurs de la dub techno. Leurs crĂ©ations musicales ne se contentent pas dâĂ©purer la musique, de crĂ©er des motifs rĂ©pĂ©titifs et de travailler la texture du son Ă la maniĂšre des meilleurs dubbers de JamaĂŻque, puisquâils font Ă©galement appel Ă des voix noires. En 2005, ils enregistrent un 33-tours basĂ© sur un riddim unique, sur lequel se relaient diffĂ©rents chanteurs/toasters. Le duo a profitĂ© de lâoccasion pour inviter Willi Williams, lâauteur du fameux « Armagideon Time ». De cette rencontre est nĂ© le morceau « See Me Yah », qui ouvre cet album hypnotique et lui donne son titre.
Retrouvez lâinterview sur le site de Noisey