Rap indépendant - Réédition augmentée
La vague hip-hop indé des années 1990/2000 en 30 scÚnes et 100 albums
Au dĂ©but des annĂ©es deux mille, au paroxysme du mouvement rap indĂ©, au sommet de son succĂšs critique, le Californien Busdriver, lâun de ses acteurs les plus notables, arborait un t-shirt qui claironnait ironiquement : « Sorry, underground hip-hop happened ten years ago ». Pour lui, comme pour dâautres, la scĂšne indĂ© nĂ©e Ă la toute fin du siĂšcle nâĂ©tait que la queue dâune comĂšte, le rejeton tardif dâun underground hip-hop idĂ©alisĂ©, qui avait existĂ© dĂšs le dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt-dix.
Alors que le hip-hop vit un Ăąge dâor dans les annĂ©es quatre-vingt-dix, produisant certains de ses plus grands classiques et sâimposant dĂ©finitivement comme un genre musical majeur auprĂšs du grand public, sa version underground nâa de cesse dâentretenir lâagitation originelle. Ă lâĂ©cart des majors, hostile Ă la starification et au bling bling, une foule de rappeurs continue de porter lâaventure hiphop, Ă©cartelĂ©e entre la fidĂ©litĂ© Ă ses valeurs et son esprit, et une intransigeance musicale poussant aux recherches et expĂ©rimentations les plus fĂ©condes.
Essaimant de New York et Los Angeles vers les rĂ©gions les plus reculĂ©es des Ătats-Unis, le Canada puis le reste du monde, le rap indĂ©pendant forme une nĂ©buleuse dont ce livre dresse la carte, prĂ©sentant chacun des acteurs et des scĂšnes qui lâont composĂ©e, ainsi que les disques les plus reprĂ©sentatifs dâun foisonnement crĂ©atif sans frontiĂšres gĂ©ographiques, musicales ou textuelles. DerriĂšre Aloe Blacc, Mos Def ou DJ Shadow, figures mĂ©diatiques du mouvement, se cachent dâautres noms essentiels qui tous ont contribuĂ© Ă changer la face du rap : Company Flow, Project Blowed, Antipop Consortium, MF Doom, Sage Francis, Why?, Buck 65, en France LâArmĂ©e des 12, et des labels comme Rawkus ou Anticon.
Revue de presse
Quand les artistes remontent aux sources : le phénomÚne des rééditions Frédéric Vandecasserie RTBF // Classic 21 15 mars 2025
- Hommage Ă MF DOOM Marie Richeux France Culture // Par les temps qui courent 19 janvier 2021
- Entretien avec Sylvain Bertot autour du rap indépendant Manu Malak Swampdiggers 15 mars 2017
- Rap Indé Paul Muselet Clutch Octobre 2014
- "Jamais dans la tendance..." Franck Cochon Le Parisien // Damn Right 19 juin 2015
- Petit condensé du meilleur de l'inconnu In Real Rap 6 novembre 2014
- Sylvain Bertot en interview Benjamin Luis Couleur 3 // Plein le poste 31 mars 2015
- Hip hop reads for the holidays Darcy Macdonald Cult Montreal 12 décembre 2014
- Soul ton cadeau de Noël Perrine Soul ton oreille 12 décembre 2014
- Interview Sylvain Bertot Louis Street Rules 3 novembre 2014
- Le rap indé, son histoire et son héros : une interview de Sylvain Bertot Maxime Delcourt DumDum.fr 03 octobre 2014
- Chanson française : "Engagez-vous!" qu'ils disaient... Kévin Erkeletyan Marianne 31 août 2014
- Rap Indé Radioinactive1.tumblr.com 14 mai 2014
- Rap Indé Laitdbac.tumblr.com 14 mai 2014
- 2Ăšme ouvrage pour Sylvain Popnews.com 23 avril 2014
- Rap indépendant Kiblind #49 Juin - Juillet - Août 2014
- Concours Rap Indépendant - La vague hip-hop indé des années 1990/2000 en 30 scÚnes et 100 albums dMute
- Sylvain Bertot et le rap indé : interview Buggin 14 juillet 2014
- Une anthologie du rap indépendant chez Le mot et le reste Maxence Grugier Fluctuat // PremiÚre 05 juin 2014
- Le rap indĂ© a-t-il un avenir? Amed, Hubert et JĂ©rome CPHH - Ăa Parle Hip-Hop 02 juin 2014
- Rap indé Black Mirror 02 juin 2014
- Sylvain Bertot : Entretien Dirt Noze Purrp Foxy Lounge 22 mai 2014
- Rap Indépendant : la vague Hip-Hop indé des années 1990/2000 en 30 scÚnes et 100 albums Abcdr du son 23/04/2014
âUne cartographie des albums ayant marquĂ© lâĂ©volution musicale du rap indĂ©pendant
Cette version est une réédition augmentĂ©e dâun prĂ©cĂ©dent ouvrage paru en 2014. Lâauteur, Sylvain Bertot, nâest pas uniquement un fin connaisseur du rap et hip-hop, il en est surtout passionnĂ©.
NĂ© dans les annĂ©es 70 dans le Bronx, le hip-hop est sorti des ghettos et a connu un succĂšs mondial jusquâĂ atteindre un sommet vertigineux dans les annĂ©es 90. Le rap underground dĂ©fend un regain de vitalitĂ© artistique. Nostalgique des fondamentaux, il les dĂ©passe et crĂ©e de nouveaux mĂ©tissages en incluant dans le courant artistique dâautres formes de musique et dâart, des DJs virtuoses aux artistes visuels de street art . Sur le plan commercial, les rappeurs indĂ© tentent dâutiliser les rĂ©seaux sociaux et internet pour prendre leur envol par rapport Ă lâindustrie des majors du disque. Ainsi apparaissent beaucoup de groupes qui deviennent mythiques comme le Wu-Tang Clan et le RZA, ou Slug et son groupe Atmosphere, artiste contradictoire Ă la fois insolent et cynique et en mĂȘme temps qui initie un retour Ă lâintrospection et Ă une vulnĂ©rabilitĂ© assumĂ©e. Le rap gansta des gros durs est contrastĂ© par des cĆurs dâartichaut qui sâassument.
Cet ouvrage dresse une cartographie prĂ©cise des albums majeurs en fonction de chaque rĂ©gion du continent amĂ©ricain. Tout dĂ©bute Ă New York (East Coast), puis voyage vers le rap de la West Coast , dans le Midwest et enfin au Canada. On croise Company Flow, Antipop Consortium, Mike Ladd et MF Doom, Freestyle Fellowship, et bien dâautres. Chaque disque choisi est racontĂ©, du parcours de lâartiste et du label, au courant musical dans lequel il sâinscrit. Lâhistoire du rap indĂ© est prĂ©sentĂ©e en 4 parties : les prĂ©mices ( de 1989 Ă 1994), refonder le hip-hop (1995-1999), dĂ©passer le hip-hop (2000-2005) et lâhĂ©ritage du rap indĂ© (2006-2024). On peut aborder cet ouvrage en suivant la chronologie proposĂ©e mais Ă©galement comme une promenade, une errance entre les pages au hasard des albums que lâon croise et que lâon a la curiositĂ© dâĂ©couter ou de réécouter. Câest lâintention artistique qui prime dans les critĂšres de sĂ©lection. Lâauteur nous avertit : « Le pĂ©rimĂštre de cette sĂ©lection nâest pas tant les labels indĂ©, que lâidĂ©ologie indĂ©, rĂ©sumĂ©e par les principes suivants : le primat accordĂ© aux principes artistiques plutĂŽt quâaux considĂ©rations financiĂšres ; la volontĂ© de ne pas subir le diktat du grand public ; le refus de vois sa conduite dictĂ©e par lâindustrie du disque ».â
texile
âEt tant quâon en est Ă Ă©voquer lâhistoire du rap, on complĂštera utilement avec le chouette livre â Rap IndĂ©pendant â La vague hip-hop indĂ© des annĂ©es 1990/2000 en 30 scĂšnes et 100 albums â (Editions Le Mot et le Reste, aussi.). On saute donc de quelques courtes dĂ©cennies pour observer quâune foule de rappeurs ont continuĂ© de porter cette aventure hip-hop, Ă©cartelĂ©e entre la fidĂ©litĂ© Ă ses valeurs et son esprit de base, et une intransigeance musicale poussant aux recherches et expĂ©rimentations les plus fĂ©condes. Essaimant de New York et Los Angeles vers les rĂ©gions les plus reculĂ©es des Ătats-Unis, le Canada puis le reste du monde, le rap indĂ©pendant forme une nĂ©buleuse dont ce livre dresse la carte, prĂ©sentant chacun des acteurs et des scĂšnes qui lâont composĂ©e, ainsi que les disques les plus reprĂ©sentatifs du genre. Avec des noms devenus emblĂ©matiques comme Company Flow, Project Blowed, Antipop Consortium, MF Doom, Sage Francis, Why ? ou Buck 65âŠâ
La mort de la lĂ©gende du rap MF DOOM, survenue Ă la fin de lâannĂ©e derniĂšre, a surpris le monde du rap et au-delĂ . Nous revenons sur la carriĂšre, lâinfluence et les mystĂšres de ce rappeur masquĂ© et underground, avec nos invitĂ©s, lâessayiste Sylvain Bertot, et le rappeur amĂ©ricain Mike Ladd.
MF DOOM, de son vrai nom Daniel Dumile, est un rappeur nĂ© Ă Londres le 13 juillet 1971, et mort le 31 octobre 2020. Il a la particularitĂ© dâavoir utilisĂ© plusieurs noms de scĂšne dans sa carriĂšre comme MF DOOM, en rĂ©fĂ©rence au personnage de comics docteur Doom, ou Ă ses dĂ©buts, Zev Love X, avec le groupe KMD, ou encore King Geedorah, en rĂ©fĂ©rence Ă la crĂ©ature King Ghidorah. Il a Ă©tĂ© une grande source dâinspiration pour les rappeurs de toute gĂ©nĂ©ration, notamment dans son flow, et sa façon dâassembler les mots. Loin du gangsta rap, son univers Ă©tait plus proche de la BD et des dessins animĂ©s, plein dâune loufoquerie parfois grinçante, pas de quoi en faire une superstar, un statut auquel il nâa dâailleurs jamais aspirĂ©.
Pour Ă©voquer son parcours, et son empreinte sur le rap et la musique aujourdâhui, nous recevons Sylvain Bertot, essayiste, auteur de Rap indĂ©pendant, paru aux Ă©ditions le Mot & le reste en 2014, et le rappeur amĂ©ricain Mike Ladd.
LâĂ©mission Par les temps qui courent est Ă réécouter sur France Culture
Lâexcellent Ă©diteur Le mot et le reste fournit rĂ©guliĂšrement les fondus de bon son en guides dâexploration fouillĂ©s, dans tous les styles, par les plus reconnus passionnĂ©s du genre. Le camarade Sylvain Bertot, de lâincontournable blog Fake For Real, sâapprĂȘte Ă y sortir le trĂšs attendu Mixtapes â Un format musical au cĆur du rap. Vous pouvez trouver un avant-goĂ»t de son taf dans le dernier numĂ©ro dâiHH Magazine, seul mais digne rescapĂ© de la presse hip-hop papier et auquel lâĂ©quipe Swampdiggers file dâailleurs rĂ©guliĂšrement un coup de patte (dossier $uicideboy$ dans le n°5, dossier Awful Records et notre best of 2016 dans le n°6, actuellement en kiosques). Mais le copain nâen est pas Ă son coup dâessai : outre le trĂšs recommandable Rap, hip-hop, Trente annĂ©es en 150 albums, de Kurtis Blow Ă Odd Future sorti en 2013, il nous a surtout gratifiĂ© en 2014 dâun passionnant et nĂ©cessaire Rap indĂ©pendant, La vague hip-hop indĂ© des annĂ©es 1990-2000 en 30 scĂšnes et 100 albums (on en parlait ici).
Alors certes, câest un bouquin pointu qui nâĂ©chappe pas Ă un name-dropping effrĂ©nĂ©, mais il faut bien rendre justice Ă tous les acteurs, mĂȘme obscurs, de cette âvagueâ nĂ©e en opposition au rap grand public et formatĂ© qui prospĂ©rait dans les annĂ©es 1990, soupe insipide soumise aux exigences dâun marchĂ© florissant. La scĂšne âindĂ©â, foisonnante et irrespectueuse, a dĂ©cidĂ© dâemmerder les clichĂ©s et de faire exploser les frontiĂšres du rap : sociales, raciales, esthĂ©tiques. Un rĂ©seau de labels, de radios, de sites webs, de salles de concerts sâest peu Ă peu mis en place pour se dĂ©velopper en dehors des majors. Une micro-rĂ©volution musicale, qui sâest attachĂ©e Ă garder en vie lâesprit du hip-hop originel tout en le projetant dans le futur Ă grands renforts de samples SF ou folk-rock et de dĂ©lires Ă©sotĂ©riques. Et une maniĂšre de se diffuser qui prĂ©figure largement lâexplosion du ârap de nicheâ sur le net (notre cher vivier Phonk, notamment).
Une bonne maniĂšre dâentrer dans le bouquin et de dĂ©fricher ce joyeux bordel, câest dâĂ©couter cette discussion avec Sylvain Bertot dans Black Mirror â une Ă©mission sur lâhistoire sociale des musiques Noires quâon vous conseille par ailleurs chaudement â, joliment agrĂ©mentĂ©e des grands classiques de la mouvance. La premiĂšre partie sâattache aux prĂ©curseurs new-yorkais du mouvement, de Company Flow au label Rawkus, et leurs successeurs de la CĂŽte est. La deuxiĂšme partie arpente les autres Ătats, en particulier la rĂ©gion de la baie et sa turbulente scĂšne issue des soirĂ©es freestyle du Good Life CafĂ© de South Central, dont le fameux Project Blowed qui y Ă©mergea. On y cause aussi des Blancs de la cambrousse qui se mettent au rap et inventent une nouvelle source dâauthenticitĂ© hip-hop, loin de la street ou du purisme : la sincĂ©ritĂ©.
AprĂšs Rap, hip-hop, et ses 30 ans de rap en 150 albums, Sylvain Bertot revient avec un second ouvrage dĂ©diĂ© Ă sa spĂ©cialitĂ© : la vague hip-hop indĂ© de la fin des 90âs et du dĂ©but des annĂ©es 2000. De façon minutieuse, lâauteur rend hommage Ă un scĂšne mĂ©connue, mĂ©sestimĂ©e et souvent peu comprise. DĂ©calĂ©s face Ă une industrie musicale frileuse (aprĂšs les premiers Ă©checs commerciaux suivant la pĂ©riode faste du golden Ăąge) ces rappeurs âbizarresâ â car non-signĂ©s â nâen semblaient que plus crĂ©atifs. Cent disques dâauto-entrpreneurs dĂ©complexĂ©s, en retrait mais indispensables, Ă lâavant-garde du rap actuel.
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Rap indĂ©pendant. Comprendre non pas nĂ©cessairement le rap qui choisit Ă un moment de prendre seul les rĂȘnes de son destin discographique et Ă©conomique mais, surtout, celui qui prit lâoption de le sortir de son Ă©crin boom-bap-soul-jazz-funk pour lâemmener faire un tour vers de nouvelles contrĂ©es sonores et cruiser fenĂȘtres ouvertes pour lui offrir un lifting voire une chirurgie esthĂ©tique. SĂ©lectionner 100 albums Ă travers les Ătats-Unis et quelques autres points du globe (la France est dans la place) Ă©tait dĂ©jĂ un boulot de forçat tant le genre est un dĂ©dale de rues mal Ă©clairĂ©es. En sâacquittant de cette sale besogne, tout en sachant rester trĂšs critique quand un album certes reprĂ©sentatif nâest pas nĂ©cessairement une rĂ©ussite complĂšte, Sylvain Bertot est allĂ© encore plus loin en dĂ©cortiquant, avec une prĂ©cision qui confine Ă lâautopsie, 30 scĂšnes influentes. 30 scĂšnes, berceaux de labels ou dâartistes sortis pour fouetter la croupe du rap jusquâau sang (NYC Ă©videmment, Chicago, Detroit, L.AâŠ.) avec comme ligne de conduite de ne jamais se conformer Ă une quelconque tendance et de ne jamais suivre les impĂ©ratifs de la matrice. Fondle âEm, Stones Throw, Kool Keith, Company Flow, Saul Williams, Mike Ladd, Necro, Antipop Consortium, les micros les plus visibles sont Ă©videmment de la bloc-party aux cĂŽtĂ©s de ceux restĂ©s dans des angles morts ou rĂ©servĂ©s Ă des connaisseurs avertis. Il est donc impĂ©ratif dâentamer la lecture armĂ© dâun stylo et dâune feuille Ă proximitĂ© afin de noter quelques rĂ©fĂ©rences dans ce bouquin qui en est lui mĂȘme une.
LIRE LA CHRONIQUESUR LE BLOGDAMNRIGHT
Laissons de cĂŽtĂ© la musique le temps dâun article pour nous consacrer Ă un livre. Enfin un livre sur le rap bien sĂ»r ! Il sâagit dâun ouvrage portant sur le rap indĂ©pendant des annĂ©es 1990 et 2000, surtout celui en provenance des USA. Il est signĂ© Sylvain Bertot et est aussi indispensable quâil en a lâair. Alors il est possible que les fans de rap les plus chevronnĂ©s connaissent beaucoup dâĆuvres prĂ©sentes dans ce bouquin, mais quoi quâil en soit, câest une mine dâor pour tous les curieux avides dâexpĂ©riences musicales en dĂ©calage avec les conventions posĂ©es par les artistes renommĂ©s.
Bertot ne se contente pas lister des albums marquants en expliquant Ă quel point ils sont bons. Il commence par une petite histoire du rap indĂ©pendant : ses origines, son Ă©volution, ses mĂ©tamorphoses au fil du temps, ses influences, etc⊠Un rappel historique court et synthĂ©tique mais non moins complet qui permet de mieux comprendre la suite de lâouvrage. Il se dĂ©coupe en plusieurs chapitres prĂ©sentant chacun leur tour quelques artistes, ou une rĂ©gion du monde (surtout des Ătats-Unis), toujours en illustrant avec des Ćuvres. La structure du livre est un peu dĂ©routante dans la mesure oĂč il nây a pas forcĂ©ment de continuitĂ© dans les chapitres. Cependant, ce nâest pas un problĂšme en soi puisque cela permet lâauteur de parler plus longuement de certains artistes ou mouvements artistiques au sein de la scĂšne indĂ©pendante.
Il commente tous les albums et explique leurs forces et leurs faiblesses. Il en profite pour parler des artistes qui y ont participĂ© et de leur carriĂšre. Au dĂ©but de chaque chapitre, il introduit son propos avec un bref rĂ©sumĂ© du style de rap quâil va aborder et comment il sâest mis en place. En clair, il apporte constamment des prĂ©cisions et a effectuĂ© un vrai travail dâhistorien pour dĂ©fricher et mettre de lâordre cette terre hostile quâest le rap indĂ©.
En revanche, jâai Ă©tĂ© assez déçu de constater le peu de place accordĂ© au rap indĂ© français, reprĂ©sentĂ© dans ce livre que par une poignĂ©e dâartistes, certes intĂ©ressants, mais peut-ĂȘtre un peu trop connus, comme LâArmĂ©e des Douze (donc par extension TTC et autres) et Le Klub des Loosers. Dâautres sont Ă©voquĂ©s, mais il est dommage de ne pas avoir plus approfondi le sujet. Enfin, jâimagine que Bertot devait manquer de place puisque que le livre fait dĂ©jĂ plus de 450 pages, ce qui est plutĂŽt consĂ©quent, il faut bien lâadmettre !
Globalement, câest un tour dâhorizon assez complet que je recommande Ă tout ceux recherchant des expĂ©riences musicales uniques mais qui ne savent pas vraiment par oĂč commencer. Je nâai plus grand-chose Ă ajouter, câest un trĂšs bon livre, sĂ©rieux, documentĂ© et surtout Ă©crit par un passionnĂ©. Le travail de recherche effectuĂ© par Bertot a dĂ» ĂȘtre titanesque (de nombreuses Ćuvres sont difficile Ă trouver quand elles ne sont pas carrĂ©ment perdues) et rien que pour ça, ce livre vaut son pesant de cacahuĂštes.
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Sylvain Bertot vous raconte, dans son livre et au micro de Mike, les annĂ©es rap de 1990 et du passage de ce style musical au style âindĂ©â.
Poser un regard profond et rĂ©flĂ©chi sur lâindie rap et ses figures emblĂ©matiques. Tel est lâobjectif de lâouvrage de Sylvain Bertot, intitulĂ© âRap indĂ©pendant â la vague hip-hop indĂ© des annĂ©es 1990/2000 en 30 scĂšnes et 100 albumsâ. A travers ce livre, replongez dans lâunivers du hip-hop des annĂ©es 1990 au dĂ©but de sa crise et Ă son passage au style âindĂ©â, style qui repoussera le hip-hop dans ses ultimes retranchements. Mike a rencontrĂ© lâauteur de ce livre. Interview.
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Le site Cult #MTL propose ça sélection de livres hip-hop pour les vacances, Rap indépendant en fait partie.
Ah, December. What a wonderful time to stop giving a fuck about absolutely everything. Iâm too busted for cable Christmas specials and so like many of you, my holiday season will be spent cringing as human atrocity after human atrocity appears in my newsfeed, like so many little lumps of reality-coal in my already perpetually slush-soaked stocking. But as a wise old cartoon security guard once advised: âWellâŠtry to have a Merry Christmas.â So Iâm gonna let this heart grow three sizes right now and recommend some winter reading that will fill your season with glad hip hop tidings and so on. Some of these are light, some more heavy, most came out this year, and all will provide a warm respite from our cold, hard device screens and their sorrowful refrain, if only for a relatively few short moments. Give them as a gift to the music fan you love most. (Yes, yes â I meant âyourself.â)
Rap Indépendant :
The title says quite a lot, really. French rap scribe Sylvain Bertot has studied North American rap subcultures from afar, and this lofty read takes you from Halifax to Houston through the eyes of an overseas rap fanatic. Insightful both for Bertotâ s spot-on understandings and one-ocean-removed perspectives on the importance and impact of rapâs ever-influential underground on this side of the globe.
RENDEZ-VOUSSUR LE SITE DE CULTMONTREAL
Ho, Ho, Ho ! Câest dĂ©jĂ lâheure du sapin, des guirlandes, des reprises de chansons de noĂ«l par Mariah Carey (on sâen passerait bien dâailleurs), des repas Ă nâen plus finir, mais aussiâŠdes cadeaux Ă©videmment ! Alors est-ce que vous avez Ă©tĂ© sages cette annĂ©e ? Nous, on a Ă©tĂ© sages en tout cas et sur notre liste au PĂšre NoĂ«l on a mis quâon voulait vous avoir toujours prĂšs de nous et avoir encore et toujours de le bonne musique Ă partager avec vous. Câest sympa, nâest-ce pas ? Et vous, vous avez mis quoi sur votre liste ? Si vous manquez dâidĂ©es pour vous ou pour vos proches, voici comme chaque annĂ©e, notre petite sĂ©lection qui devrait faire des heureux(ses).
Afin dâen apprendre plus sur lâhistoire du hip-hop, et en lâoccurrence sur la partie du rap indĂ©pendant nous vous suggĂ©rons le livre de Sylvain Bertot : Rap IndĂ©pendant, la vague du hip hop indĂ© des annĂ©es 1990-2000. De quoi vous documenter et comme câest rare dâavoir des livres sur le sujet en français, il ne faudrait vraiment pas se priver !
Ă lâoccasion de la sortie du livre Rap IndĂ©pendant : La vague hip-hop indĂ© des annĂ©es 1990 / 2000 en 30 scĂšnes et 100 albums en mai dernier, un nom dĂ©jĂ connu rĂ©apparaissait sur nos Ă©crans radars dâouvrages spĂ©cialisĂ©s sur le Rap. Sylvain Bertot, que lâon avait vu sĂ©vir deux ans auparavant avec lâouvrage Rap, Hip-hop : Trente annĂ©es en 150 albums, de Kurtis Blow Ă Odd Future est donc revenu pour se focaliser sur une pĂ©riode et un mouvement plus prĂ©cis : le rap indĂ©pendant. Un travail dantesque pour ces deux ouvrages pour quiconque ose lâimaginer, on sâest dâailleurs rendu compte que lâauteur aiguisait dĂ©jĂ sa plume non pas sur papier mais sur Internet, au commande de la partie Hip-hop du magazine en ligne Popnews.com et en animant son propre blog Fake For real aprĂšs avoir fait ses armes en dirigeant la rĂ©daction de Nu Skool et Hip Hop Section, deux blogs francophones importants du genre autour des annĂ©es 2000.
Du clavier au papier, on a dĂ©cidĂ© dâen savoir un peu plus sur cet auteur de Rap Ă qui on a posĂ© quelques questions lors dâune sĂ©ance de dĂ©dicace de son dernier livre au festival Hip Hop is Red. Portrait.
Street Rules : Presque lâintĂ©gralitĂ© de ton travail se dirige sur le Hip-hop, est-ce que tu te souviens de ton premier Ă©moi au rap ?
Sylvain Bertot : Oh, bien moi, je suis relativement vieux, jâai connu le hip hop dĂšs les annĂ©es 80. Je ne me suis pas tout de suite converti au rap, mais jâai suivi le mouvement de loin. AprĂšs, ma vraie conversion au rap, câest venu beaucoup plus tard, avec le Wu Tang Clan. Eux ils mâont fait complĂštement basculer, pour de bon, dĂ©finitivement. Je suis vraiment devenu un vrai fan de rap avec eux.
De cette passion comment tu en es arrivé à devenir journaliste, chroniqueur ?
Jâaime deux choses dans la vie : Ă©couter de la musique et Ă©crire. Une troisiĂšme chose sâest ajoutĂ©e Ă ces deux passions : Internet. Jâaime beaucoup Ă©crire, jâaime beaucoup la musique, mais pour Ă©crire sur la musique, et ĂȘtre publiĂ©, il me fallait un rĂ©seau, connaĂźtre des gens, faire des dĂ©marches. Moi, ce nâest pas trop mon truc dâaller me montrer, de faire du self-marketing, tout ça. Quand Internet est arrivĂ© et que jâai eu mon premier accĂšs en 97, je me suis dit « câest super ce truc, je peux Ă©crire sur la musique et publier des textes ». Câest donc ce que jâai fait et ça a bien marchĂ©. Des gens ont bien aimĂ© mes articles et une communautĂ© sâest créée autour, ça mâa permis de rejoindre POPnews qui se crĂ©ait Ă ce moment-lĂ . On sâest connectĂ©s comme ça, par Internet, et puis aprĂšs on sâest vus, on sâest rencontrĂ©s Ă des Ă©vĂ©nements, dans des concerts. Parce que dans la vie, il y a les vrais gens, il n y a pas quâInternet. Et puis la sauce a pris. Sur la partie plus hip hop, jâai pu participer Ă la fondation de plusieurs sites hip hop en 2000 : « Hip Hop Section » dont jâĂ©tais le redacâ chef. Tout ça grĂące Ă Internet. Je pense franchement que jâaurais Ă©tĂ© moins visible, moins facilement repĂ©rable, ou moins rapidement, sans ce merveilleux outil.
En 2012 tu publies 30 ans dâhip hop, dâoĂč tâes venu le besoin dâĂ©crire ce livre ?
CâĂ©tait un besoin, et câĂ©tait aussi, quelque part, une commande. En fait, mon deuxiĂšme livre, câĂ©tait mon premier projet. Ă lâorigine, jâai contactĂ© lâĂ©diteur Le mot et le reste â seulement eux parce que jâaimais bien leurs autres livres sur dâautres genres musicaux, notamment celui de Philipe Robert sur le rock, je me suis dit : « tiens câest sympa ça » â uniquement sur le projet rap indĂ©. Ăa faisait des annĂ©es que jâĂ©crivais sur le rap, en particulier sur le rap indĂ©pendant, et je me suis dit câĂ©tait peut-ĂȘtre le moment de capitaliser, il fallait quâil en reste un trace. Jâai donc Ă©crit un premier projet, je lâai soumis Ă la maison dâĂ©dition, ils sont revenus vers moi assez vite et ils mâont dit « câest pas mal votre truc, et justement, ça tombe bien, car on cherchait quelquâun pour Ă©crire sur le rap, en gĂ©nĂ©ral, est-ce que ça vous dirait ? ». Au dĂ©but je me suis dit, « waouh, parler de tout le rap en gĂ©nĂ©ral, câest autre chose, câest une autre ambition ». Mais dâun autre cĂŽtĂ©, ça me tentait bien. Un livre sur toute lâhistoire du rap, jâavais dĂ©jĂ eu cette idĂ©e derriĂšre la tĂȘte. Mais pour moi, jâaurais dĂ» publier le livre sur le rap indĂ©pendant dâabord, et celui sur le rap en gĂ©nĂ©ral ensuite. LâĂ©diteur a proposĂ© de faire le contraire. Jâai finalement dit oui et je me suis pris au jeu. Ca mâa bien plu de le faire, ça mâa bien amusĂ©. Le livre a bien marchĂ©, du coup lâĂ©diteur est revenu vers moi et mâa permis de publier le deuxiĂšme. Donc voilĂ , câest ça lâhistoire.
Au niveau du contenu on imagine que faire une synthĂšse du rap indĂ©pendant dans sa globalitĂ© ça doit ĂȘtre compliquĂ©. Quelle est ta mĂ©thode ?
Alors oui, ça a Ă©tĂ© compliquĂ©, avec le livre sur le rap indĂ©pendant en tout cas. Ca a Ă©tĂ© dâautant plus compliquĂ© que lâĂ©diteur a voulu Ă©laguer mon manuscrit final. Le livre qui est sorti est dĂ©jĂ assez gros, assez Ă©pais. Il faisait pourtant facilement 100 pages de plus quand je lâai proposĂ©. En ce qui concerne la mĂ©thode, il faut savoir se donner un cadre, un objectif, il faut dĂ©finir le plan en avance, il faut se dire : je vais faire une histoire sur le rap, alors combien de pages ? Je vais faire des chroniques sur des albums, combien de caractĂšres pour chaque ? Combien dâalbums ? Puis sâentendre avec lâĂ©diteur sur le sujet. AprĂšs, câest une question dâautodiscipline, quoi. Il faut savoir sây tenir. Mais câest parfois frustrant. Quand jâai Ă©crit mes premiers articles sur le rap, ils faisaient deux fois trop de signes, donc ça nâallait pas. Souvent, jâĂ©crivais des articles trop longs, et jâĂ©laguais aprĂšs pour quâils puissent correspondre au format préétabli. Il y avait forcĂ©ment un cĂŽtĂ© frustrant, mais en mĂȘme temps câĂ©tait bien, parce que ça mâobligeait Ă un effort de synthĂšse, Ă ne pas me rĂ©pĂ©ter, Ă me concentrer sur lâessentiel.
Donc ce livre, câest une continuitĂ© de ton travail de rĂ©dacteur ?
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RENDEZ-VOUSSUR LE SITE DE STREETRULESPOURLIRETOUTE LâINTERVIEW
Dans son dernier livre, le journaliste spĂ©cialisĂ© dans le hip-hop Sylvain Bertot revient, en 30 scĂšnes et 100 albums, sur lâhistoire et les hĂ©ros du rap indĂ©pendant. Nous lâavons rencontrĂ©, histoire de remettre le point sur le « i » de « indie
Auteur de Rap indĂ©pendant, La vague hip-hop indĂ© des annĂ©es 1990/2000 en trente scĂšnes et cent albums (Ă©d. Le mot et le reste, disponible dans les meilleures crĂ©meries depuis la fin juin), Sylvain Bertot, co-fondateur du site POPnews et patron du blog Fake For Real, pose un regard profond et rĂ©flĂ©chi sur lâindie rap et ses figures emblĂ©matiques. Lâoccasion de remettre J.Dilla Ă sa juste place, dâĂ©voquer une Ă©poque quâAloe Blacc et Danger Mouse nâauraient jamais dĂ» quitter et de comprendre pourquoi on peut ĂȘtre puriste tout en collaborant avec Olivia Ruiz.
AprĂšs un premier livre consacrĂ© Ă 150 albums cultes du hip-hop, vous venez de publier un ouvrage sur le rap indĂ©pendant. Jâimagine donc que vous ĂȘtes pour la distinction entre rap commercial et rap indĂ©pendant, que lâon considĂšre gĂ©nĂ©ralement comme plus authentique ?
Sylvain Bertot : Ătre authentique, câest en effet lâobjectif avouĂ© du rap indĂ©pendant. La majoritĂ© des rappeurs de ce mouvement dĂ©clarent vouloir dĂ©libĂ©rĂ©ment Ă©voluer en marge des grosses majors du disque et Ă©viter les choix artistiques trop conventionnels. Mais je ne dirais pas pour autant que le rap commercial est inauthentique, câest plus subtil que ça. Le rap sudiste, par exemple, qui a souvent su ĂȘtre trĂšs porteur commercialement parlant, a pu ĂȘtre Ă la fois hyper dĂ©magogue, trĂšs sincĂšre et crĂ©atif.
Dans les annĂ©es 90, beaucoup considĂ©raient le rap indĂ©pendant comme du « hip-hop pour ceux qui nâaiment pas le hip-hop ». Câest un peu rĂ©ducteur, non ?
Oui, câest trĂšs provocateur et Ă vrai dire ce nâest pas toujours exact. Parfois, au contraire, le rap indĂ© câest le rap des puristes. En fait, il existe plusieurs sortes de rap indĂ© : 1 â un rap indĂ© au sens Ă©conomique du terme, majoritaire, avec des rappeurs qui Ă©voluent en indĂ© par la force des choses, et non par idĂ©ologie ; 2 â un rap indĂ© idĂ©ologique, avec des rappeurs qui se prĂ©tendent indĂ© par choix, parce quâils qui ont voulu garder le contrĂŽle de leur production et rester authentique ; 3 â un rap indĂ© au sens esthĂ©tique du terme, avec des rappeurs qui ont refusĂ© les rĂšgles préétablies, qui ont choisi de bousculer les normes du rap. Cette derniĂšre Ă©cole Ă©tait importante autour de lâan 2000, quand on a vu des rappeurs flirter avec des sonoritĂ©s rock, folk ou Ă©lectro.
Beaucoup de rappeurs ont également flirté avec des imaginaires ouvertement SF.
Oui, Dr. Octagon adoptait dĂ©jĂ ce genre dĂ©marche en 96. Organized Konfusion et Company Flow ont aussi jouĂ© de cette imagerie. Mais la vraie rupture esthĂ©tique, câest avec lâarrivĂ©e du label Anticon et ses sorties complĂštement dĂ©lirantes Cette rupture est liĂ©e aussi Ă un changement sociologique dans la pratique du rap. Il nâĂ©tait plus rĂ©servĂ© aux Blacks, aux gens du ghetto, mais aussi Ă des rappeurs blancs de classe moyenne, issus de petites villes provinciales, amĂ©ricaines ou canadiennes. Bien sĂ»r, beaucoup de ces gens avaient un dĂ©ficit de crĂ©dibilitĂ©, ils Ă©taient considĂ©rĂ©s comme des rappeurs pour intellos. Mais Internet, qui a Ă©tĂ© moteur dans le rap indĂ©, leur a permis dâexister et de pousser leur dĂ©marche encore plus loin, et dâorienter le rap dans de nouvelles voies.
Il y a aussi lâinverse, des rappeurs indĂ©s qui ont complĂ©tement profitĂ© dâinternet pour se tourner vers un public de masse, comme Aloe Blacc, Eminem ou Danger Mouse.
Oui, ces rappeurs lĂ viennent aussi de ce circuit, mĂȘme sâils nâont pas tous eu besoin dâInternet pour se faire connaĂźtre. Eminem, câest bien connu, est issu du circuit des battles du Midwest. Aloe Blacc faisait partie dâEmanon, un groupe indĂ© californien, avant de devenir la star quâil est aujourdâhui. Pareil pour Danger Mouse. CâĂ©tait un pote de J-Zone, un rappeur indĂ© trĂšs cotĂ© mais qui nâa jamais fait carriĂšre. Ils faisaient Ă peu prĂšs tous les deux la mĂȘme chose, mais Danger Mouse a vu sa carriĂšre dĂ©coller quand il a eu cette idĂ©e de gĂ©nie : mixer le White Album des Beatles avec le Black Album de Jay-Z pour donner⊠le Grey Album. Il y a dâautres exemples, notamment Kanye West qui Ă©tait assez liĂ© Ă cette scĂšne. Il Ă©tait proche de Talib Kweli et a voulu ĂȘtre signĂ© sur le label Rawkus, avant de rejoindre Jay-Z et les autres. Il a aidĂ© son compĂšre Rhymefest, vainqueur du Scribble Jam, lâĂ©vĂ©nement indĂ© par excellence, Ă se faire connaĂźtre du grand public. Il y a eu le turntablist A-Trak, un autre indĂ©, pour DJ. Kanye a dâailleurs hĂ©ritĂ© quelque chose de cette mouvance indĂ©. Ăa sâentend encore dans certaines de ses productions rĂ©centes.
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RETROUVEZ LâINTĂGRALITĂ DE LâINTERVIEW EN MUSIQUEICI
â Quâest devenue la musique contestataire française, qui, il y a vingt ans, remuait les consciences, remplissait les salles et enrichissait les majors ? La mondialisation est passĂ©e par là ⊠â
Marianne consacre un article Ă la musique contestataire et font appel, notamment, Ă Sylvain Bertot pour donner son avis sur lâĂ©volution de cette musique.
LIRE LâARTICLESUR LE SITE DE MARIANNE
My record with Anti-MC Free Kamal is on the cover of French book about âIndependent Rapâ by long-time supporter Sylvain Bertot, the guy behind the Fake For Real online magazine (who also did Hip-Hop Section back in the days). The record features in the book itself along with The Shape Shiftersâ Adopted by Aliens, Busdriverâs Temporary Forever and many others and gets a great review.
Itâs out May 23. Now we need an English version.
Our long-time friend/godfather Sylvain Bertot, who founded seminal indie rap websites Nu Skool and Hip-Hop Section and now runs Fake For Real has a new book out later this month (in French, through Le mot et le reste Ă©ditions). A follow-up to acclaimed âRap, Hip-Hop. 30 annĂ©es en 150 albums. De Kurtis Blow Ă Odd Futureâ, the new 470-page offering focuses on the so-called âIndependent Rapâ, covering an incredibly wide range â from New Yorkâs Fondleâem Records to LA-based collective The Shape Shifters to Anticon and the Halifax scene, etc.
We are honored to be featured in this great book as a promoter/activist/record label much involved in the indie rap scene when it eventually bursted overseas circa 2003. Back then, we were promoting records and booking shows in France and Europe for the likes of Bigg Jus, AWOL One, Josh Martinez, Radioinactive, Thavius Beck, Subtitle, M.Fusion and many others. Our name is mentioned along with friends (and collaborators) Hip-Hop Core, (vulgar), Cooler than Cucumbers records, Submass, Josh Martinez/The Chicharones, DebmasterâŠ
As you can see above, Laitdbac affiliate Radioinactiveâs Free Kamal record with Anti-MC is on the cover and is mentioned several times in the book ; Laitdbac artists Lexicon, Bigg Jus and M.Fusion are obviously there too.
Thank you Sylvain Bertot, you were the one we were expecting this kind of book from.
If you live in France, check your local bookstore May 23 and show some love.
Sylvain Bertot, câest notre spĂ©cialiste Ăšs hip-hop, qui anime par ailleurs le blog Fake For Real. AprĂšs un premier ouvrage plus gĂ©nĂ©raliste paru en 2012, dont il nous avait parlĂ© ici, voici le second volume, qui abordera le rap indĂ©pendant et sortira comme le prĂ©cĂ©dent chez Le mot et le reste. A dĂ©couvrir Ă partir du 22 mai : bravo Sylvain !
AprĂšs un premier acte salvateur, Rap, Hip-hop qui faisait le tour de trente ans de rap en 150 albums, le trĂšs Ă©rudit Sylvain Bertot (Popnews, Hip- hop Section, Fake For Real) remet le couvert avec les 100 albums les plus marquants de la scĂšne indĂ© des annĂ©es 90/00âs.
En dĂ©pit de lâabsence de considĂ©ration dont il fut souvent victime, lâapport du rap indĂ©pendant sur le rap actuel est indiscutable. Il fut dâabord une tentative de retour aux sources. Puis est vite devenu une sorte de laboratoire permettant au hip-hop dâexplorer dâautres horizons musicaux. Il rĂ©volutionna Ă©galement la façon de le faire et de le distribuer, sâappuyant notamment sur lâaccĂšs aux nouvelles technologies. Aujourdâhui dĂ©passĂ©, il Ă©tait temps de raconter son histoire.
Câest le bouquin qui lui tenait Ă coeur, celui qui Ă©tait dans ses petits papiers depuis longtemps, mais pour lequel un Ă©diteur Ă©tait certainement moins chaud Ă sâengager au vu de la confidentialitĂ© du genre. Il aura donc fallu Ă Sylvain Bertot de passer par la case gĂ©nĂ©raliste avec Rap, Hip Hop 30 annĂ©es en 150 albums. Une anthologie qui retraçait lâhistoire du rap depuis ses origines et offrait un panorama global de ses Ă©volutions grĂące Ă une belle sĂ©lection dâindispensables. En faisant un ouvrage nĂ©cessaire dans une bibliothĂšque de mĂ©lomane.
Rap indĂ©pendant fait, pour la premiĂšre fois, un focus sur ce mouvement au contour flou, quâil tente de dĂ©finir et de raconter. Un travail de synthĂšse colossal considĂ©rant la grande de diversitĂ© dâapproche de ses reprĂ©sentants ; ainsi que par lâabsence quasi-totale de source, en faisant un ouvrage unique.
Une partie du rap quâil fallait donc avoir vĂ©cu pour connaĂźtre. Et ça tombe bien puisque Sylvain Bertot fait partie de ces amateurs pionniers qui ont permis de diffuser cet autre hip hop en crĂ©ant plusieurs webzines et participant activement Ă dâautres (HipHop Section, Fake For Real, PopnewsâŠ). Tout naturellement, un site comme Dmute qui a su prendre le train du rap indĂ© en marche, se devait de lui rendre hommage.
Consacrer un ouvrage sur le rap en France, aussi spĂ©cialisĂ© soit-il, reste encore aujourdâhui un acte trop rare. Pourtant, le vent semble lĂ©gĂšrement tourner si on en juge par les derniĂšres productions littĂ©raires signĂ©es Jean-Pierre Labarthe, Thomas Gaetner et un certain Sylvain Bertot, auteur dâun premier livre gĂ©nĂ©raliste (Rap, Hip-hop : trente annĂ©es en 150 albums, de Kurti Blow Ă Odd Future) paru chez Le mot et le reste en 2012. Ce mĂȘme Ă©crivain qui aujourdâhui troque une vision gĂ©nĂ©raliste contre une focale plus affinĂ©e dĂ©diĂ©e au rap indĂ©pendant. Un livre passionnant et extrĂȘmement bien documentĂ© oĂč se croisent labels historiques (Anticon, Def Jux, Fondle âem, Stones Throw, Fake Four, Rhymesayers) et acteurs Ă Ă©chelle variable, dâEl-P Ă Astronautalis en passant par le singulier Buck 65. Rencontre avec un fin connaisseur qui ne mĂąche pas ses mots.
Il y a deux ans tu publiais Rap, Hip-hop : 30 années en 150 albums de Kurtis Blow à Odd Future. Quelles ont été les retombées de ce projet ?
Beaucoup sur le web, plus que dans la presse Ă©crite. Je pense que câest aussi liĂ© Ă moi et Ă ma propre visibilitĂ©, je suis quand mĂȘme assez prĂ©sent sur le web depuis pas mal de temps, je connais pas mal de gens qui parlent de musique en gĂ©nĂ©ral et de rap en particulier, ce sont ces gens lĂ qui font dâabord parler de moi. Dans la presse papier, il y a eu des retombĂ©es qui ont Ă©tĂ© un peu plus tardives, câest arrivĂ© grĂące au nom et Ă la marque Le mot et le reste, et en fait curieusement le livre est sorti en 2012 et câest en 2013 que jâai Ă©tĂ© contactĂ© par des radios ou des tĂ©lĂ©s, le temps que le livre soit visible. Dâabord câest principalement le web et les rĂ©seaux sociaux qui en ont parlĂ© avant les mĂ©dias traditionnels.
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Le mot et le reste, lâĂ©diteur qui se spĂ©cialise dans lâĂ©tude des courants esthĂ©tiques et musicaux, sort ces jours-ci un trĂšs beau livre dĂ©diĂ© au rap indĂ©pendant de 1990/2000. Somme consĂ©quente signĂ©e par un co-fondateur et rĂ©dacteur du magazine Popnews, Rap IndĂ©pendant, la vague hip-hop indĂ© des annĂ©es 1990/2000 en 30 scĂšnes et 100 albums est la suite de Rap, Hip Hop, 30 annĂ©es et 150 albums. Câest aussi une belle escapade dans les contrĂ©s les moins connues du genre.
Quâest-ce que le rap et le hip-hop indĂ© ? Un marchĂ© de niches créé par des innovateurs souvent peu ou pas connus, capable dâĂ©clats mĂ©diatiques et artistiques, ainsi que de la gratitude et la reconnaissance dâune frange avertie dâun public de fans ? Un sous-genre ? Du âhip hop pour ceux qui nâaiment pas le hip hopâ, comme on le disait dans les annĂ©es 90 ? Un âwild bunchâ de rebelles portĂ©s par des labels indĂ©pendants aux quatre coins du globe, tous hostiles Ă la prĂ©tention et au bling bling ostentatoire du rap commercial, et solidaire en ce qui concerne la production dâune âautreâ forme de hip hop ? Un peu tout ça il est vrai.
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Une émission consacrée au rap indépendant avec Sylvain Bertot en invité.
Chez lâexcellent Ă©diteur Le mot et le reste vient de sortir un bouquin de Sylvain Bertot Rap indĂ©pendant, la vague indĂ© des annĂ©es 90/2000.
On va pas mentir, ça sâadresse pas mal aux spĂ©cialistes et aux fondus, câest trĂšs pointu, et nâĂ©chappe pas au name-dropping effrĂ©nĂ©. Mais de lâaveu mĂȘme de son auteur, câest pour essayer de rendre justice Ă tous les acteurs, mĂȘme obscurs, de ce mouvement qui a secouĂ© le rap ricain Ă un moment oĂč le marchĂ© tentait de le policer, dans un mouvement dĂ©sormais habituel pour la musique noire, du blues au disco en passant par le jazz. Beaucoup de blancs becs, pourtant, dans cette micro-rĂ©volution musicale, qui sâest attachĂ©e Ă garder en vie lâesprit du hip-hop originel, tout en le projetant dans le futur Ă grands renforts de samples SF ou folk-rock et de dĂ©lires Ă©sotĂ©riques. Ca câest pour lâesthĂ©tique, mais le plus important, câest la tentative de crĂ©er une scĂšne loin des majors, et de la structurer, pour garder le contrĂŽle sur sa production tout en la diffusantâŠ
Ces jours-ci sort Rap indépendant : La vague hip-hop indé des années 1990/2000 en 30 scÚnes et 100 albums le deuxiÚme livre de Sylvain Bertot.
Tout comme le prĂ©cĂ©dent, lâexcellent Rap, Hip-hop, dont on parlait ici et qui tentait, avec succĂšs, de survoler lâhistoire du rap de ses dĂ©buts Ă nos jours, celui-ci sortira aux Ă©ditions Le mot et le reste. Lâauteur nous propose donc avec Rap indĂ©pendant, comme son titre Ă rallonge lâindique bien, de parcourir dans le dĂ©tail, et avec la clartĂ© quâon lui connait, la vague du hip-hop indĂ© de la fin des annĂ©es 1990 au dĂ©but des annĂ©es 2000, avec la prĂ©sentation de pas moins de 30 scĂšnes et 100 albums.
Cela fait plus de 10 ans que Sylvain Bertot sâintĂ©resse de prĂšs Ă cette scĂšne musicale en ayant créé et dirigĂ© Nu Skool et Hip-Hop Section, les sites francophones les plus importants sur le sujet autour de lâan 2000. Aujourdâhui on peu retrouver ses chroniques de disques sur son blog Fake For Real.
Un trĂšs vaste travail pour un livre un peu plus Ă©pais que le premier oĂč lâon retrouvera avec plaisir lâĂ©criture minutieuse et efficace de Sylvain Bertot.
Ce deuxiĂšme livre est, je crois, plus personnel que le prĂ©cĂ©dent, qui, me semble-t-il, Ă©tait plus ou moins une commande de lâĂ©diteur. Quelle est lâorigine de ce projet ?
En fait, ce second livre qui paraĂźt ces jours-ci Ă©tait mon projet initial, celui que jâavais proposĂ© Ă lâĂ©diteur Ă lâorigine. Mais de fil en aiguille, au cours de nos discussions, on en est venu Ă un tout autre livre, le premier qui est sorti, et qui portait sur toute lâhistoire du rap en gĂ©nĂ©ral. On pourrait presque considĂ©rer ce premier livre comme une commande, en effet, puisque câest lâĂ©diteur qui mâa emmenĂ© dans cette direction, mais câest aussi un livre que jâai aimĂ© Ă©crire, jây ai mis beaucoup de passion. Cependant, jâai gardĂ© derriĂšre la tĂȘte lâidĂ©e dâenchaĂźner avec mon projet sur le rap indĂ© et, le premier livre ayant plutĂŽt bien marchĂ©, lâĂ©diteur mâa finalement spontanĂ©ment proposĂ© de le sortir.
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Un nouveau bouquin qui est tout sauf un acte isolĂ©. Il sâagit de la suite de Rap, Hip-Hop qui concentrait une revue de trente annĂ©es du genre par le prisme dâune sĂ©lection de 150 albums. Le tout sous la plume exigeante de Sylvain Bertot. Mais â surtout â une forme de prolongation de la grande aventure Internet de Hip-Hop Section, webzine rĂ©fĂ©rent de la fin des annĂ©es quatre-vingt-dix. La suite sâintitule Rap IndĂ©pendant et place le curseur sur 30 scĂšnes et 100 albums. Une vraie belle occasion de dĂ©couvrir et redĂ©couvrir une sĂ©lection des perles de la scĂšne indĂ©pendante. Avec notamment Company Flow, Mike Ladd, MF Doom, Freestyle Fellowship, Sage Francis, Madlib, Busdriver ou les Living Legends. Et une petite sĂ©lection de rap français au sommet dâun gĂąteau bien dense. Rap IndĂ©pendant sort le 22 mai.