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Parution : 20/11/2026
ISBN : 9782384317578
240 pages (148 x 210)

22 €

À paraĂźtre le 20/11/2026

Rap français

De 1990 Ă  2013, une exploration en 100 albums

Groupe gĂ©nĂ©rationnel par excellence, NTM se distinguait nĂ©anmoins par un amour de tous les instants envers la black music. Funky et soulful Ă  souhait, Paris sous les bombes propulsera d’ailleurs le groupe sur le devant de la scĂšne avec « La FiĂšvre » et son sample de The Crusaders. La suite fait partie de l’Histoire.

ArrivĂ© dans les annĂ©es quatre-vingt, le hip-hop trouve un terreau fertile en France. La capitale s’entiche du genre avec enthousiasme et vit au rythme des scratchs en inventant ses propres lyrics. TrĂšs vite, rapper en français devient Ă©vident, et spontanĂ©ment se dessine un axe Paris / Marseille essaimant Ă  sa suite de nombreuses Ă©coles sur tout le territoire, relayĂ©es par diffĂ©rents mĂ©dias. Aux dĂ©fricheurs MC Solaar, Assassin, IAM, NTM ou MinistĂšre A.M.E.R. succĂšdent maints artistes et groupes au succĂšs notoire tels que 113, Diam’s, Booba, ou plus alternatifs comme TTC, La Caution, Grems. GrĂące Ă  une sĂ©lection Ă©clectique et emblĂ©matique en cent albums, de Rapattitude Ă  Or noir, Mehdi Maizi donne Ă  entendre un rap dans toute sa diversitĂ© qu’il soit festif ou potache, contestataire voire vindicatif. Rendant compte de l’inventivitĂ© des textes, des flows originaux, sans omettre la production, l’auteur l’affirme sans conteste : non, le rap n’est pas mort.

Revue de presse

- Le meilleur du rap français est-il belge ? France Culture France Culture, émission "Sans oser le demander" 6 mars 2023
- Come-back de stars : JoeyStarr Jennifer Rolnin TF1 // 50' Inside 14 août
- IAM, l'école du disque d'or Frederick Sigrist France Inter // Blockbusters 30 juillet 2019
- Interview - de IAM à PNL : pourquoi le rap français n'était pas forcément mieux avant ? François Chevalier Street Tease 24 novembre 2015
- Rap français Sylvain Bertot Fake For Real 29 octobre 2015
- Deux ouvrages fouillés célÚbrent le hip-hop made in France Thomas Blondeau Les Inrockuptibles 13 mai 2015
- Rap français Olivier Pernot Trax Juin 2015
- Rap français Paul Muselet Clutch Mai 2015
- Anthologie rapologique BenoĂźt Perrier Le Courrier 16 mai 2015
- Rap : la musique en bande organisée Fabrice Drouelle France Inter // Affaires sensibles 22 juin 2015
- Mehdi Maizi - L'interview Dom Tr Hartzine 18 juin 2015
- Rap français Muzul Radio Campus Paris // Futur Basics Radio Show 29 avril 2015
- Le rap français en cent albums et un livre Nicolas Hecht Time out 04 juin 2015
- Mehdi Maizi en Interview Aurélien Goûte mes disques 20 Mai 2015
- Jean Pierre Radio Jean Pierre Radio prun.net Lundi 18 Mai 2015
- Rap français Jean-Philippe Denis Précepta Stratégiques 05 Mai 2015
- Anthologie rapologique Benoit Perrier Courrier.ch Samedi 16 Mai 2015
- L'éternelle jeunesse du hip-hop français Maxime Delcourt Slate.fr 10 Mai 2015
- 10 bonnes raisons de lire _Rap français, une exploration en 100 albums_ de Mehdi Maizi Olivier Perret Lebonson.org 8 Mai 2015
- Interview Mehdi Maizi: Rap Français, une exploration en 100 albums Srimal Dawgz 17 Avril 2014
- Mehdi Maizi Paul Muselet Quali District
- Lecture recommandée : le trÚs bel ouvrage de Mehdi Maizi sur le rap français Aurélien Goûte mes disques 28 Avril 2015
- Interview Mehdi Maizi Paul Muselet Quali District Avril 2015
- "Rap.fr" Franck Cochon Damn Right // Le Parisien 28 avril 2015
- Les 5 disques de rap français qui ne figurent pas dans mon livre ... Mehdi Maizi Vice 21 avril 2015
- Rap français Olivier Mukiandi Street Rules 15 avril 2015
- [Interview] Mehdi Maizi : “Il faut prendre ce livre comme un appel Ă  la (re)dĂ©couverte.” StĂ©phane Fortems Le Rap en France 17 avril 2015
- Les 100 albums indispensables du rap français JB Abcdrduson 10 avril 2015
- Faut-il investir 21 euros dans le bouquin de Mehdi Maizi ? Genono Captcha Mag 27 avril 2015
- Pour Booba, le rap est aussi un sport de combat Anthony (AFP) Le Figaro 11 avril 2015

- Le meilleur du rap français est-il belge ?

“Le mouvement hip-hop s’enracine Ă  Bruxelles dans les annĂ©es 90. Centre musical majeur en Europe, on ne le reconnaĂźt pourtant que 25 ans plus tard
 Insolence, textes dĂ©complexĂ©s, comment le rap belge arrive-t-il a rivalisĂ© avec les artistes français et amĂ©ricains ?”

Écoutez l’émission ici

France Culture
France Culture, émission "Sans oser le demander" 6 mars 2023

- Come-back de stars : JoeyStarr

Mehdi Maizi a Ă©tĂ© interrogĂ© par TF1 pour parler de la carriĂšre de Joey Starr dans un Ă©pisode spĂ©cial Ă©tĂ© de 50’Inside ! À revoir en ligne

Jennifer Rolnin
TF1 // 50' Inside 14 août

- IAM, l'école du disque d'or

Mehdi Maïzi et Brice Miclet sont les invités de Frederick Sigrist pour un Blockbusters consacré au groupe IAM.

Retour sur l’histoire du groupe, leur style, leurs influences, leurs sujets de prĂ©dilection, leurs diffĂ©rents albums, leurs tubes
 En quoi IAM a-t-il su innover dans un paysage musical souvent trĂšs balisĂ© ? Et on essaiera de distinguer en quoi le rap a Ă©voluĂ© durant ces trente derniĂšres annĂ©es.

Le podcast est disponible sur le site de France Inter

Frederick Sigrist
France Inter // Blockbusters 30 juillet 2019

- Interview - de IAM à PNL : pourquoi le rap français n'était pas forcément mieux avant ?

Le rap, c’était mieux avant ? VoilĂ  un thĂšme qui divise les amateurs de rap français depuis la nuit des temps. Pour autant, est-il nĂ©cessaire de rĂ©concilier des gĂ©nĂ©rations d’auditeurs qui n’ont pas le mĂȘme parcours musical ? Pas forcĂ©ment. Est-il possible d’apprĂ©cier des groupes radicalement diffĂ©rents tels que IAM, TTC ou PNL ? Pourquoi pas. AprĂšs tout, soyons pragmatique : c’est du rap. Et il faut accepter son Ă©volution. Si l’auditeur des annĂ©es 1990 avait l’obligation de choisir son clan sous peine de reprĂ©sailles, celui des annĂ©es 2010 est nettement plus dĂ©complexĂ©. Nous avons discutĂ© de ce sujet avec Mehdi Maizi de l’Abcdr du Son, auteur de Rap français, Une exploration en 100 albums, publiĂ© au premier semestre 2015.

Le terme exploration est vraiment juste Ă  mon sens, il ne s’agit pas forcĂ©ment d’un top des meilleurs albums mais d’une sĂ©lection qui offre une vision globale de l’histoire du rap français.
Absolument. Je n’ai pas la prĂ©tention de dĂ©tenir la vĂ©ritĂ© indĂ©niable du rap français avec les 100 disques qui mettraient tout le monde d’accord. C’est absolument impossible. MĂȘme si dans le livre il y a des Ă©vidences, il y aussi des partis pris. C’est ce qui est intĂ©ressant dans le rap français par rapport au rap amĂ©ricain, qui est Ă©norme. Il y a beaucoup trop de disques et de thĂšmes. Il y a bien plus de 100 Ă©vidences en rap US. Quand je me suis lancĂ© dans le projet, des gens me demandaient si j’allais vraiment trouver 100 classiques de la trempe de Paris sous les bombes ou L’école du micro d’argent. Je ne voulais pas d’un titre trop pompeux qui n’aurait pas Ă©tĂ© en adĂ©quation avec le propos du livre. Cet angle permet d’explorer des thĂšmes, le rap alternatif des annĂ©es 2000, les mixtapes, les compilations


On a coutume de distinguer les pionniers du hip-hop qui pour certains ont connu l’ñge d’or des annĂ©es 1990 avec la confrontation Paris / Marseille et les nouvelles scĂšnes post 2000. Toi, tu as choisi de tout mĂ©langer.
En France, il y a plus des chapelles que de scĂšnes, liĂ©es aux diffĂ©rences d’ñges, de visions
 La nostalgie peut parfois un peu fausser les jugements. C’était une volontĂ© car j’ai envisagĂ© cette musique dans sa globalitĂ©. Il y a des diffĂ©rences et des sous genres mais pas tant que ça finalement. Je suis pas encore trentenaire et du coup, j’ai une vision et un parcours personnels en tant qu’auditeur. Quand L’école du micro d’argent sort, j’ai Ă  peine 10 ans, je le prends pas de la mĂȘme maniĂšre que quelqu’un qui a 20 ans Ă  l’époque. Pour moi, c’est un disque de colonie de vacances que je vais dĂ©couvrir bien plus tard.

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Lire l’intĂ©gralitĂ© de l’interview sur le site de Street Tease

François Chevalier
Street Tease 24 novembre 2015

- Rap français

Si vous trainez sur ces pages, Ă  moins d’un Ă©tonnant phĂ©nomĂšne paranormal, vous connaissez le premier ouvrage que l’éditeur Le mot et le reste a consacrĂ© au rap, Rap, hip-hop, 30 annĂ©es en 150 albums. Et comme vous connaissez ce livre, vous savez qu’il aborde le sujet d’un point de vue international, dans son contexte amĂ©ricain d’origine. Le rap français n’y est donc abordĂ© qu’à la mesure de son importance en dehors de la francophonie : de maniĂšre marginale. Seulement voilĂ , le rap, en France, c’est le rap français. Je n’ai qu’à comparer les statistiques de frĂ©quentation moyennes des critiques publiĂ©es sur Fake For Real, Ă  celles de mon seul papier en deux ans dĂ©diĂ© Ă  un disque issu de notre pays (Que La Famille, de PNL), pour ĂȘtre ramenĂ© Ă  cette cruelle rĂ©alitĂ©. Il fallait donc au premier livre, impĂ©rativement, un pendant entiĂšrement consacrĂ© au rap d’ici. Et cette tĂąche, c’est Mehdi, journaliste Ă  l’ABCDR du son, qui s’en est acquittĂ©, en 2015.

On connaĂźt maintenant le format des anthologies musicales dont Le mot et le reste s’est fait une spĂ©cialitĂ©. Il y a d’abord, gĂ©nĂ©ralement, une prĂ©sentation du sujet, plus ou moins longue et fouillĂ©e. Vient ensuite une sĂ©lection d’Ɠuvres, une centaine le plus souvent, toutes commentĂ©es par l’auteur. Cependant, en fonction de la façon dont cette structure est dĂ©clinĂ©e, les livres peuvent avoir des intĂ©rĂȘts diffĂ©rents. Chez certains, c’est l’introduction qui importe, c’est la perspective, parfois mĂȘme la thĂšse, apportĂ©e par les auteurs quand ils abordent leur objet d’étude. Chez d’autres, c’est la sĂ©lection mĂȘme, c’est le choix des disques traitĂ©s, et ce qu’ils disent sur le goĂ»t de leurs auteurs. Enfin, ça peut ĂȘtre le contenu mĂȘme des chroniques, la maniĂšre avec laquelle est dĂ©crite et analysĂ©e chaque Ɠuvre. Or, avec Mehdi Maizi, nous sommes plutĂŽt dans la derniĂšre configuration.

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Lire l’intĂ©gralitĂ© de l’article sur le blog Fake For Real

Sylvain Bertot
Fake For Real 29 octobre 2015

- Deux ouvrages fouillés célÚbrent le hip-hop made in France

Saisir le global ou prĂ©fĂ©rer le dĂ©tail : c’est la question que pose la parution simultanĂ©e de deux ouvrages consacrĂ©s au rap français. Le premier, de Mehdi Maizi, journaliste du site abcdrduson.com, surplombe l’histoire du rap français Ă  travers cent chroniques de disques ; le second, Ɠuvre curieuse de Vincent Piolet, spĂ©cialiste de la gĂ©opolitique financiĂšre, passe au crible l’apparition du rap en France durant la dĂ©cennie 1980. Si la liste des productions retenues par Mehdi semble Ă©vidente, l’intĂ©rĂȘt de son texte est qu’il relĂšve pour chaque album les lignes qu’il a fait bouger – flow, langage, texte ou production –, inscrivant chacun dans une Ă©volution globale. Vincent Piolet, lui ne se concentre que sur les annĂ©es 80, passant cette pĂ©riode – qui n’a jamais Ă©tĂ© analysĂ©e sĂ©rieusement – au crible d’une documentation fouillĂ©e, sa principale force Ă©tant de donner la parole Ă  des acteurs dont l’histoire n’a pas retenu le nom, mais qui ont vĂ©cu la mĂȘme chose que les MC ou danseurs devenus cĂ©lĂšbres par la suite (coucou JoeyStarr !) Deux salles, deux ambiances et une foule d’anecdotes sidĂ©rantes.

Thomas Blondeau
Les Inrockuptibles 13 mai 2015

- Rap français

En 100 albums, le journaliste Mehdi Maizi explore vingt-cinq ans de hip-hop en France. De la compilation Rapattitude Ă  l’album Or noir de Kaaris en passant Ă©videmment par les albums essentiels de NTM, lAM, Assassin, MC Solaar, 113, La Rumeur ou Booba.

Olivier Pernot
Trax Juin 2015

- Rap français

Dans la mĂȘme collection, les chroniques disques de Sylvain Bertot avaient beau gĂąter les aficionados de rap, nous restions quand mĂȘme sur notre faim du cĂŽtĂ© de la langue de MoliĂšre. Lacune comblĂ©e depuis la mi-avril avec Medhi MaĂŻzi (membre de l’excellent webzine Abcdrduson), auteur de ce condensĂ© de classiques dĂ©cryptĂ©s sobrement, sans pour autant tomber dans le piĂšge du simplisme. La force du livre rĂ©vise prĂ©cisĂ©ment dans cet effort de synthĂšse. Hors critĂšres commerciaux et toutes Ă©coles confondues, voici 100 albums singuliers ayant forgĂ© l’identitĂ© du rap français de 1990 Ă  2013.

Consulter les différents numéros de Clutch Toulouse

Paul Muselet
Clutch Mai 2015

- Anthologie rapologique

Raconter le rap français en cent albums, c’est le pari que relĂšve avec brio Mehdi Maizi. Le rĂ©dacteur en chef adjoint du site l’Abcdr du Son nous guide de 1990 (la compilation fondatrice Rapattitude) Ă  2013 (le premier album de Kaaris, MC de Svran). Seule rĂšgle imposĂ©e Ă  cette traversĂ©e ; ne prĂ©senter qu’une seule sortie par artiste – les Ă©chappĂ©es en solo sont toutefois permises.

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BenoĂźt Perrier
Le Courrier 16 mai 2015

- Rap : la musique en bande organisée

Fabrice Drouelle axe son émission sur le rap français et invite Mehdi Maizi pour en parler avec lui.

Ce son rythmĂ© et cadencĂ©, apparu en France dans les annĂ©es 1980 en provenance des ghettos amĂ©ricains, est un phĂ©nomĂšne que beaucoup pensaient Ă©phĂ©mĂšre et qui s’est transformĂ© en une industrie musicale Ă  part entiĂšre.

Le « Rap » : ce genre musical dont notre inconscient associe la paternitĂ© Ă  ces jeunes, tagueurs, danseurs, Ă©garĂ©s dans leurs citĂ©s, et pour qui la chanson est devenue le seul moyen de s’exprimer. Le « Rap » enfin, cette musique de la revendication qui tend Ă  agir comme un miroir de notre sociĂ©tĂ©.

Dans ce vent porteur, les rappeurs français vont vite s’imposer comme les nouveaux poĂštes de cette fin de siĂšcle. Pourtant, plus que des artistes, ils sont aussi et surtout les porte-paroles de toute une gĂ©nĂ©ration qui a grandi dans la prĂ©caritĂ© entre quatre tours HLM, Ă  quelques kilomĂštres seulement des grandes agglomĂ©rations.

Aussi, leur plume, Ă  la fois acerbe et dĂ©bridĂ©e, va trĂšs vite ĂȘtre perçue par les responsables politiques comme une arme, et elle va inquiĂ©ter ! Chansons censurĂ©es, moyens retirĂ©s, plaintes dĂ©posĂ©es : il s’agit par tous les moyens d’éviter la contagion dans les banlieues, de peur qu’elles ne s’enflamment comme en 2005.

Notre invitĂ© pour revenir sur cette page rĂ©cente de notre histoire culturelle : Medhi Maizi, rĂ©dacteur en chef adjoint de l’Abcdr du son, le site rĂ©fĂ©rence du hip-hop. Il est l’auteur d’un trĂšs bel ouvrage synthĂ©tique sur le rap hexagonal intitulĂ© Rap français : une exploration en 100 albums, paru aux Ă©ditions Le mot et le reste en avril dernier.

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Fabrice Drouelle
France Inter // Affaires sensibles 22 juin 2015

- Mehdi Maizi - L'interview

AprĂšs Sylvain Bertot (lire) et Thomas Blondeau (lire), interview avec un autre chroniqueur du hip-hop, Mehdi Maizi.

Je vais commencer par un truc particulier : j’ai pas mal parcouru ton livre sorti rĂ©cemment, Rap français : une exploration en 100 albums, et je suis tombĂ© sur un micro-dĂ©tail qui m’a fait sourire. À la fin du livre, tu remercies ce mec qui s’appelle Anthokadi, un ancien de l’Abcdr du Son, et sa chronique du Ouest Side de Booba qui, visiblement, a fait tilt chez toi Ă  l’époque et t’a donnĂ© envie de te lancer lĂ -dedans. Ça m’a intriguĂ© parce que moi aussi, ce papier lĂ , je m’en souviens trĂšs bien. Il m’a aussi marquĂ© dans une certaine mesure, avec cette plume et ce style complexe mais prĂ©cis. Il y avait aussi un autre papier sur Saul Williams que j’avais trouvĂ© fort Ă  l’époque. C’est ce qui t’a poussĂ© Ă  franchir le pas et Ă  commencer Ă  Ă©crire ?

Pour ĂȘtre trĂšs franc, Ă  l’époque, en 2006, j’étais un trĂšs gros lecteur de l’Abcdr. Je suis un peu un enfant de ces gars-lĂ , je suis de la deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration des forums, je dirais. Je n’étais pas lĂ  au dĂ©but des annĂ©es 2000, mais vers 2005-2006, j’ai commencĂ© Ă  m’intĂ©resser Ă  pas mal de choses, j’avais accĂšs Ă  Kazaa, Ă  Soulseek, Emule tout ça, un peu en retard d’ailleurs. L’Abcdr m’a tout de suite parlĂ©, je l’ai beaucoup lu et j’ai beaucoup lu Anthokadi, effectivement. D’ailleurs, je le reconnais, ma premiĂšre chronique, c’était vraiment du sous-Anthokadi. C’était un papier sur Seth Gueko. Anthokadi avait ce truc qui m’intĂ©ressait beaucoup : il parvenait Ă  parler Ă  la fois de la musique mais aussi Ă  sortir de ça et Ă  aborder des aspects sociaux, quelques Ă©lĂ©ments d’environnement ou de contexte qui donnaient vraiment une richesse Ă  ce qu’il Ă©crivait. Avec parfois un bĂ©mol : je ne l’ai jamais rencontrĂ© en vrai, du coup je lui dis ça aujourd’hui mais il a parfois ce dĂ©faut de trop s’éloigner du disque et d’aborder davantage tout ce qu’il y a autour. Je trouve qu’il Ă©crit extrĂȘmement bien mais j’ai parfois l’impression qu’il ne se met pas assez au service de l’album, en fait. Parfois j’en suis venu Ă  me demander si le disque Ă©tait le plus important ou si c’était sa plume, tu vois ? Mais ces chroniques-lĂ , je les trouvais dingues. Je trouvais ça fort de raconter ce genre d’histoire autour d’un disque.

Un passage dans la chronique de Ouest Side m’a fait marrer Ă  l’époque, qui m’est restĂ© en tĂȘte sans trop savoir pourquoi. Anthokadi Ă©crit : « Ouest Side, c’est le premier punchline album« . Je ne m’étais jamais vraiment posĂ© la question – il y a dix ans, le dĂ©lire punchline, on le recherchait moins ou on l’exprimait moins dans le rap français. Et ça m’avait fait comprendre comment Booba, et d’autres, construisaientt leurs albums, au final.

Oui ça m’avait super marquĂ© aussi ! Ce que je trouve terrible dans les chroniques, c’est quand le mec qui Ă©crit arrive Ă  mettre des mots prĂ©cis sur une impression. Anthokadi avait fait ça aussi avec la Sexion d’Assaut, je me souviens, Ă  l’époque oĂč on kiffait tous, c’était pas honteux, autour des premiers freestyles, Le Renouveau du 3Ăšme Prototype en 2008, que j’ai mis dans le bouquin, etc. Bref, Anthokadi avait comparĂ© MaĂźtre Gims Ă  Usain Bolt, Black M avait le sourire Mona Lisa dans les freestyles, toutes ces images que j’avais trouvĂ©es tellement parfaites et parlantes qu’elles vĂ©hiculent une impression plus forte que n’importe quelle phrase, tu vois. Les quelques fois oĂč on m’a fait ce genre de remarque, je l’ai ressenti comme une vraie satisfaction de parvenir Ă  mettre des mots sur un ressenti qui parlent aux gens. Et Anthokadi, comme d’autres d’ailleurs, avait ce truc-lĂ . RĂ©cemment, je lisais un papier d’un mec qui s’appelle Olivier Catin qui Ă©crivait sur lehiphop.com Ă  l’époque (ndr : site de rap de rĂ©fĂ©rence du tout dĂ©but des annĂ©es 2000 oĂč beaucoup d’activistes de l’époque se sont retrouvĂ©s, notamment sur les forums) et qui faisait ça trĂšs bien aussi. Il m’a dit rĂ©cemment avoir vraiment apprĂ©ciĂ© le bouquin et ça m’a fait plaisir parce que ces gars-lĂ , je les ai beaucoup lus Ă  une Ă©poque. Tous ces gars de l’Abcdr, de lehiphop.com m’ont vraiment influencĂ© et m’ont poussĂ© Ă  aller dans cette direction.

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Dom Tr
Hartzine 18 juin 2015

- Rap français

Le livre de Mehdi Maizi chroniqué sur Future Basics Radio Show.

“Le livre essentiel autour du rap français.”

RÉÉCOUTER L’ÉMISSIONDANSSONINTÉGRALITÉ

Muzul
Radio Campus Paris // Futur Basics Radio Show 29 avril 2015

- Le rap français en cent albums et un livre

Au-delĂ  des clichĂ©s qui sont autant de barriĂšres, l’auteur de ce guide pratique d’une scĂšne encore peu reconnue s’engage Ă  la faire (re)dĂ©couvrir au plus grand nombre, du dĂ©butant au spĂ©cialiste. Exit donc l’éternel discours sur la violence inhĂ©rente au rap ; Ă  Alain Finkielkraut, qui dĂ©clarait il y a quelques annĂ©es « il y a un lien consubstantiel du rap et de la violence, puisque c’est une violence dans le rythme. [
] Il n’y a plus de mĂ©lodie, juste une vocifĂ©ration monotone. Je rĂ©clame le droit de faire une critique esthĂ©tique, et une critique politique du rap. », on conseillera d’ailleurs d’écouter, au hasard, La Caution, Oxmo Puccino, ou encore la Rumeur, histoire de se faire une idĂ©e plus riche de la chose. Exit Ă©galement le reproche sur l’influence amĂ©ricaine (qu’Alain Soral Ă©rige comme argument ultime contre cette musique), bien rĂ©elle mais eclipsĂ©e par la vivacitĂ© d’artistes qui s’en Ă©mancipent peu Ă  peu, et l’utilisation Ă©vidente du français comme langue.

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Nicolas Hecht
Time out 04 juin 2015

- Mehdi Maizi en Interview

GMD : J’imagine que tout ça doit demander un temps fou, comment est-ce que tu as trouvĂ© le temps de sortir un livre copieux comme ça?

Mehdi Maizi : Dans le fond, il n’y a pas vraiment eu Ă  chercher. MalgrĂ© toute l’implication que demande l’émission et le site, quand tu as envie de trouver le temps de concrĂ©tiser un projet comme ça, tu le trouves. Et encore, quand je dis “taffer” le mot est fort, parce que c’est vraiment QUE du kif ! L’idĂ©e d’écrire jusque tard pour parler du premier album de Salif, quand tu sais qu’il y a de ça deux ans je tapais encore des prĂ©sentations Powerpoint sur des sujets qui ne me passionnaient absolument pas, c’est magique. ForcĂ©ment crevant, mais magique.

C’est AelpĂ©acha qui nous le disait quand on l’avait invitĂ©, et qu’on lui parlait de son impressionnante productivitĂ©: quand tu considĂšres ça comme ton taf, et plus comme un hobby, tu trouveras forcĂ©ment le temps pour conjuguer ce genre de projet au milieu de toutes les choses de la vie. Et avec du recul, je dois reconnaĂźtre qu’il avait assez raison. J’ai beau Ă©couter du rap de 8h Ă  22h, envoyer des mails toute la journĂ©e et contribuer Ă  l’Abcdr, ça peut paraĂźtre surprenant mais je n’ai pas eu l’impression de me tuer Ă  la tĂąche. Et du coup j’ai vraiment eu cette volontĂ© d’ĂȘtre dĂ©bordĂ©, d’autant qu’on a beaucoup rĂ©flĂ©chi sur quel format adopter pour l’émission et le lancement vidĂ©o de Deeper Than Rap. Du coup, ça me laissait encore pas mal de temps libre, ce qui m’a permis de boucler l’écriture en quatre mois.

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Aurélien
Goûte mes disques 20 Mai 2015

- Jean Pierre Radio

Journaliste au sein de la rĂ©fĂ©rence des webzines de rap en français qu’est l’abcdrduson.com, Mehdi Maizi officie aussi bien sur la version Ă©crite du site, en radio avec ses collĂšgues de Deeper than Rap sur Rinse.fm et sur la chaine dailymotion du site oĂč il est en train de constituer une collection d’entretiens de rappeurs français aussi large que pointue.

Condamné à écouter tout ce qui se fait en rap hexagonal, il nous livre ce soir une sélection de morceaux représentatifs de cette scÚne pour illustrer la sortie de son premier livre Rap français, une exploration en 100 albums, et évoquera avec Jean Pierre Radio le calvaire quotidien du journaliste spécialisé dans ce genre musical.

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Jean Pierre Radio
prun.net Lundi 18 Mai 2015

- Rap français

Precepta stratĂ©giques a reçu Mehdi Maizi, rĂ©dacteur en chef adjoint chez Abcdrduson, dans le cadre de la sortie de son ouvrage : “Rap français”.

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Jean-Philippe Denis
Précepta Stratégiques 05 Mai 2015

- Anthologie rapologique

Raconter le rap français en cent albums, c’est le pari que relĂšve avec brio Mehdi Maizi. Seule rĂšgle imposĂ©e Ă  cette traversĂ©e: ne prĂ©senter qu’une seule sortie par artiste – les Ă©chappĂ©es en solo sont toutefois permises. La rĂ©trospective se parcourt avec bonheur, qu’on soit novice en boom bap ou expert de la chose scandĂ©e. A chaque disque sa chronique, calibrĂ©e, bien envoyĂ©e, qui donne les clĂ©s pour mesurer le mĂ©rite de l’Ɠuvre et son impact Ă  sa sortie.

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Benoit Perrier
Courrier.ch Samedi 16 Mai 2015

- L'éternelle jeunesse du hip-hop français

Ces derniĂšres semaines, deux publications des Ă©ditions Le Mot et le Reste, Rap français, une exploration en 100 albums de Mehdi Maizi et Regarde ta jeunesse dans les yeux: naissance du hip-hop français 1980-1990 de Vincent Piolet, sont venues rappeler l’importance de la compilation Rapattitude dans le paysage hip-hop hexagonal. On y apprend notamment que la pochette a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par Jean-Baptiste Mondino, que l’instrumental «Funk A Size» de Dee Nasty Ă©tait destinĂ©e Ă  servir de support aux breakers de l’époque et que tous les groupes prĂ©sents (NTM, Assassin, Tonton David
) ont Ă©tĂ© signĂ©s dans la foulĂ©e sur une maison de disques. Le rap français Ă©tait nĂ©? Pas tout Ă  fait.
Chercher Ă  expliquer la naissance du hip-hop en France, c’est revenir immanquablement au dĂ©but des annĂ©es 1980, comme en tĂ©moigne Vincent Piolet, qui a conçu son livre comme une enquĂȘte policiĂšre, allant Ă  la rencontre de tous ceux qui ont fait le hip-hop en France dans les eighties.

Cependant, et c’est ce que s’emploie aujourd’hui Ă  dĂ©montrer Rap français, une exploration en 100 albums de Mehdi Maizi, on aurait tort de s’en tenir Ă  une vision nostalgique. D’Odezenne Ă  La Gale (pour le rap), de Levalet Ă  Rero (pour le graff), la culture hip-hop est toujours aussi foisonnante aujourd’hui. Mieux, elle reprend mĂȘme clairement son indĂ©pendance depuis quelques annĂ©es et la dĂ©mocratisation d’outils tels que Facebook, Twitter ou YouTube.

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Maxime Delcourt
Slate.fr 10 Mai 2015

- 10 bonnes raisons de lire _Rap français, une exploration en 100 albums_ de Mehdi Maizi

Est-il nĂ©cessaire de prĂ©senter Mehdi Maizi ? Animateur et rĂ©dacteur en chef adjoint chez l’Abcdr du Son, difficile de passer Ă  cĂŽtĂ© ces derniers mois pour quiconque s’intĂ©resse un peu au rap français. Le principe de son exploration est simple : 100 chroniques d’albums emblĂ©matiques (un seul par artiste ou par groupe sĂ©lectionnĂ©), rangĂ©es dans l’ordre chronologique. Avec de courtes chroniques d’environ 300 mots, et un style d’écriture documentaire et synthĂ©tique sans grandes envolĂ©es lyriques, le bouquin se lit assez rapidement. Et mĂȘme si un grand nombre des disques sĂ©lectionnĂ©s mĂ©riteraient de plus longues chroniques, le format choisi par Mehdi Maizi donne un certain rythme qui maintient le lecteur concentrĂ© dans l’exploration proposĂ©e. Toutefois, pour ceux qui trouveraient certains passages trop rapides, notamment sur des albums clĂ©s comme L’école du micro d’argent, Mauvais oeil ou L’ombre sur la mesure, des dizaines d’articles sont disponibles sur internet pour prolonger la rĂ©flexion.

De 1990 Ă  2015, l’auteur s’est appliquĂ© Ă  souligner les influences du rap Outre-Atlantique et ses diffĂ©rentes tendances prĂ©sentes dans les disques sĂ©lectionnĂ©s. On sent d’ailleurs une rĂ©elle volontĂ© de rappeler l’impact du son californien (AelpĂ©acha, South Side 13
), ainsi que de producteurs new-yorkais autres qu’Havoc de Mobb Deep, rĂ©fĂ©rence ultime pour nombre de beatmakers français aujourd’hui encore.

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Olivier Perret
Lebonson.org 8 Mai 2015

- Interview Mehdi Maizi: Rap Français, une exploration en 100 albums

Les Dawgz ont contactĂ© Mehdi Maizi, membre de l’écurie Abcdrduson.com et du quatuor de DeeperTahnRap, pour une interview Ă  l’occasion de la sortie de son premier livre consacrĂ© au rap français, qu’il dĂ©cortique en 100 albums

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Srimal
Dawgz 17 Avril 2014

- Mehdi Maizi

Également Ă©ditĂ©s chez Le Mot et le Reste, les deux ouvrages de Sylvain Bertot (Rap, Hip-Hop et Rap IndĂ©pendant) nous avaient rĂ©galĂ©s. TrĂšs pointus cotĂ© US, on sentait pourtant que le cƓur n’y Ă©tait pas cotĂ© rap français. Affront lavĂ©! Ce mois-ci, Mehdi Maizi de l’Abcdr sort Rap français, une exploration passionnĂ©e en 100 albums qui montre que si la culture hip-hop est bien amĂ©ricaine, notre vivier de rappeurs a produit ses propres chefs d’Ɠuvres, singuliers et marquants pour plusieurs gĂ©nĂ©rations en 25 ans d’activitĂ©. Rencontre avec l’auteur pour parler de sa vision du rap français, ses albums fĂ©tiches, anecdotes en tous genres, et bien sĂ»r
 les grands « oubliĂ©s » du classement.

Comment t’es tu retrouvĂ© Ă  Ă©crire ce livre?

La demande venait de l’éditeur, qui voulait un ouvrage entiĂšrement consacrĂ© au rap français. Sylvain Bertot avait Ă©tĂ© contactĂ© dans un premier temps, car il avait dĂ©jĂ  produit deux livres de qualitĂ© sur le sujet. Mais cette fois, ça ne le branchait pas. Il ne se sentait pas lĂ©gitime pour le faire, car ce n’est pas un grand auditeur de rap français Ă  la base.

Tu ne t’es pas trop pris la tĂȘte pour la sĂ©lection?

Pas tant que ça en fait! Il n’y a pas de vĂ©ritĂ© absolue. J’ai donnĂ© la mienne, avec des choix trĂšs personnels. Si ça ouvre le dĂ©bat tant mieux! Le titre du livre montre que le cĂŽtĂ© sĂ©lectif est assumĂ©. Ceux qui ne sont pas citĂ©s ne sont pas moins bons. C’est une «exploration». Ce ne sont pas «les indispensables». Le panorama est vraiment trĂšs large.

Quel est le premier disque de rap français que tu as eu entre les mains?

Le tout premier, c’était PremiĂšre Consultation de Doc GynĂ©co. J’avais 10 ans quand il est sorti en 1996. Authentik de NTM, De la PlanĂšte Mars d’IAM et les premiers Assassin, je les ai dĂ©couverts Ă  posteriori. Je suis arrivĂ© au rap au moment oĂč il commençait dĂ©jĂ  Ă  devenir grand public.

Avec Doc GynĂ©co justement, ça devenait carrĂ©ment pop. Toutes les familles avaient l’album Ă  la maison. Ma mĂšre n’était pas fan de rap mais elle adorait PremiĂšre Consultation! La passerelle Ă©tait inĂ©dite. Ce disque pouvait vraiment plaire Ă  tout le monde.

Tu Ă©tais plutĂŽt Secteur Ä Ă  la base?

Pas forcément, car quand je découvre cet album, je ne me rends pas compte de tout ça. En colonie de vacances, on chantait tous « Vanessa », sans comprendre le second degré et les doubles sens de la chanson.

Les premiers disques qui m’ont mis une claque en termes de rap, c’est l’école Sages Po et Beat de Boul. Ça ma vraiment chamboulĂ©, notamment Dany Dan. Je le trouvais trĂšs trĂšs fort. Boulogne a gĂ©nĂ©rĂ© de sacrĂ©s talents : Sages Po, LIM, Booba, Kohndo, Salif, Ali
 Ce rap du 92 m’a directement parlĂ©. C’est personnel, mais j’ai toujours prĂ©fĂ©rĂ© la forme Ă  l’aspect revendicatif des choses. Dan c’était vraiment ça. Il pouvait parler de trucs super futiles avec un sens de la formule assez dingue. La technique Ă©tait hors-norme. Je voyageais beaucoup en l’écoutant.

Parmi les albums citĂ©s dans ton livre, quel est le plus « confidentiel » selon toi? LĂ  oĂč le choix Ă©tait le plus personnel?

Je dirais La Coupe des vices du CĂ©lĂšbre Bauza. Peu de gens y auraient pensĂ©, et Ă  mon avis c’est une erreur! C’est un rappeur extraordinaire qui n’a pas eu la reconnaissance qu’il mĂ©ritait. Ce disque est hallucinant, les ingĂ© qui ont bossĂ© dessus avaient du gout. J’aime tout : les textes, l’univers, le mixage, le mastering, la pochette, les invitĂ©s (Oxmo, etc.). L’album n’a pas pris. Mais pour moi c’est vraiment un des meilleurs projets des annĂ©es 2000.

En termes de parti pris, je pensais plus au disque de Lalcko (L’Eau lave mais l’argent rend propre). Sans renier son talent, penses-tu vraiment qu’il fasse partie des 100 albums les plus mĂ©morables du rap français?

Il s’agit d’une anthologie et j’ai essayĂ© de choisir les disques en fonction de leur qualitĂ©, mais il n’y a pas de « classement ». Il y a des disques extrĂȘmement importants dont je n’ai pas parlĂ©, comme Le vrai hip-hop d’Arsenal Records. Il faut l’avoir Ă©coutĂ©. Je n’en ai pas parlĂ©, car j’ai prĂ©fĂ©rĂ© citer Conçu pour durer de La Cliqua, et Entre deux mondes de Rocca. Ces projets portent en eux l’ADN de La Cliqua, et je ne voulais pas faire de doublon. Je n’ai citĂ© qu’un seul disque de Booba. Pareil pour Fabe et IAM. C’était une volontĂ© de ma part pour laisser place Ă  plus de diversitĂ©.

En plus, faire ces impasses, cela permet Ă  des artistes comme Lalcko de figurer dans le livre. Pour moi, son disque est hallucinant. En vieillissant, je suis de moins en moins impressionnĂ© par les rappeurs. Quand tu en Ă©coute beaucoup, tu es moins surpris. Quand je me suis pris L’Eau lave mais l’argent rend propre, j’ai Ă©tĂ© Ă  peu prĂšs autant choquĂ© qu’à la dĂ©couverte de L’Amour est Mort d’Oxmo! Autant dans l’écriture que dans l’univers, le niveau est trĂšs haut.

Sans parler des doublons, quel autre projet as-tu retirĂ© Ă  contrecƓur?

Scarlattitude de Nubi! Avec le temps, on se rend compte que c’est un projet qui a Ă©normĂ©ment influencĂ© les rappeurs de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, comme Deen Burbigo. J’adore ce projet, mais pour ĂȘtre honnĂȘte, je l’ai sacrifiĂ© au dernier moment au profit d’Eternel Recommencement de Youssoupha. Je ne pouvais pas mettre tout le monde, on va dire que c’était le 101e !

À la fin de ton introduction, tu dis que contrairement aux apparences, « le rap français s’est toujours bien portĂ© ». Ne penses-tu pas qu’il a tout de mĂȘme connu un gros moment de creux, de 2004 Ă  2009, pour qu’un rappeur « moyen » comme Sinik soit une des principales tĂȘtes d’affiches de la pĂ©riode?

Je n’ai pas trop raisonnĂ© en fonction des tĂȘtes d’affiches. Je me suis plutĂŽt demandĂ©: «quels bons disques sont sortis Ă  ce moment lĂ  ?». Beaucoup de projets citĂ©s dans le livre sont de 2006 par exemple. Pour moi, ça reste une excellente annĂ©e pour le rap français. Typiquement, Sinik est important pour beaucoup de gens, mais je ne l’ai pas citĂ©. On pourrait me le reprocher. Tout comme Sniper. AprĂšs, je ne suis pas toujours d’accord sur la notion d’ñge d’or du rap français qui aurait eu lieu entre 95 et 99. Beaucoup de trĂšs bons albums sont sortis plus tard, noyĂ©s au milieu d’une profusion de sorties. Pour en revenir aux tĂȘtes d’affiches, on pourrait aussi prendre l’exemple de Gradur en 2015. Ça fait le buzz, mais pendant ce temps, Joe Lucazz sort No Name dans la confidentialitĂ©. C’est aussi ce genre d’artiste qui m’intĂ©resse.

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Paul Muselet
Quali District

- Lecture recommandée : le trÚs bel ouvrage de Mehdi Maizi sur le rap français

À GMD, c’est un fait, on a parfois un train de retard sur le rap. La preuve: on attend souvent que la caravane passe pour s’intĂ©resser aux perles que le genre propose, en France comme Ă  l’étranger. AprĂšs, y’a aussi une volontĂ© de digĂ©rer l’actu, n’y voyez pas QUE de la paresse.

Tout l’inverse de l’Abcdr du son en fait, qui depuis quinze ans propose une vision toujours plus globale du genre, sans jamais tenir compte des shitstorm qui innondent rĂ©guliĂšrement leurs pages de commentaires. Un activisme au service du HH qui sĂ©duit par la qualitĂ© des plumes (on vous invite Ă  lire leur excellent papier sur le dernier Earl Sweatshirt) et qui s’exporte trĂšs bien au format vidĂ©o via leur chaĂźne Dailymotion ou celle de Deeper Than Rap.

Si l’Abcdr n’est toujours pas passĂ© au format papier, l’un de ses auteurs vient de publier un ouvrage qui offre une exploration transversale du rap français au travers de cent disques clĂ©s qui retracent l’histoire du genre de ses premiers balbutiements jusqu’à aujourd’hui. Un livre consĂ©quent aux allures de discothĂšque idĂ©ale, truffĂ© d’anecdotes, qui fait autant la part belle aux classiques qu’à des disques complĂštement anonymes (sĂ©rieux, vous saviez que Le CĂ©lĂšbre Bauza avait sorti des albums?).

Sorti sur l’excellente maison d’édition Le Mot et le reste, Rap français, une exploration en 100 albums a Ă©tĂ© cuisinĂ© avec amour par le rĂ©dac’ chef adjoint Mehdi Maizi, aussi animateur de l’émission, qui Ă  dĂ©jĂ  su dĂ©montrer son amour pour le rap dans la langue de MoliĂšre – et pour les chemises en jean, aussi. En tout cas, on en connaĂźt quelques-uns qui vont avoir envie de faire chauffer les plateformes BitTorrent aprĂšs avoir lu ce livre, qu’on recommande autant au novice qu’à l’amateur de rap confirmĂ©.

Et histoire de prolonger un peu le plaisir une fois le bouquin dĂ©vorĂ©, on vous invite Ă  aller fouiner du cĂŽtĂ© de Vincent Piolet et de son trĂšs bon Regarde Ta Jeunesse Dans Les Yeux. Il y a moyen d’y trouvez aussi son bonheur.

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Aurélien
Goûte mes disques 28 Avril 2015

- Interview Mehdi Maizi

Également Ă©ditĂ©s chez Le mot et le reste, les deux ouvrages de Sylvain Bertot (Rap, Hip-Hop et Rap indĂ©pendant) nous avaient rĂ©galĂ©s. TrĂšs pointus cotĂ© US, on sentait pourtant que le cƓur n’y Ă©tait pas cotĂ© rap français. Affront lavĂ©! Ce mois-ci, Mehdi Maizi de l’Abcdr sort Rap français, une exploration passionnĂ©e en 100 albums qui montre que si la culture hip-hop est bien amĂ©ricaine, notre vivier de rappeurs a produit ses propres chefs d’Ɠuvres, singuliers et marquants pour plusieurs gĂ©nĂ©rations en 25 ans d’activitĂ©. Rencontre avec l’auteur pour parler de sa vision du rap français, ses albums fĂ©tiches, anecdotes en tous genres, et bien sĂ»r
 les grands « oubliĂ©s » du classement.

Comment t’es tu retrouvĂ© Ă  Ă©crire ce livre?

La demande venait de l’éditeur, qui voulait un ouvrage entiĂšrement consacrĂ© au rap français. Sylvain Bertot avait Ă©tĂ© contactĂ© dans un premier temps, car il avait dĂ©jĂ  produit deux livres de qualitĂ© sur le sujet. Mais cette fois, ça ne le branchait pas. Il ne se sentait pas lĂ©gitime pour le faire, car ce n’est pas un grand auditeur de rap français Ă  la base.

Tu ne t’es pas trop pris la tĂȘte pour la sĂ©lection?

Pas tant que ça en fait! Il n’y a pas de vĂ©ritĂ© absolue. J’ai donnĂ© la mienne, avec des choix trĂšs personnels. Si ça ouvre le dĂ©bat tant mieux! Le titre du livre montre que le cĂŽtĂ© sĂ©lectif est assumĂ©. Ceux qui ne sont pas citĂ©s ne sont pas moins bons. C’est une «exploration». Ce ne sont pas «les indispensables». Le panorama est vraiment trĂšs large.

Quel est le premier disque de rap français que tu as eu entre les mains?

Le tout premier, c’était PremiĂšre Consultation de Doc GynĂ©co. J’avais 10 ans quand il est sorti en 1996. Authentik de NTM, De la PlanĂšte Mars d’IAM et les premiers Assassin, je les ai dĂ©couverts Ă  posteriori. Je suis arrivĂ© au rap au moment oĂč il commençait dĂ©jĂ  Ă  devenir grand public.

Avec Doc GynĂ©co justement, ça devenait carrĂ©ment pop. Toutes les familles avaient l’album Ă  la maison. Ma mĂšre n’était pas fan de rap mais elle adorait PremiĂšre Consultation! La passerelle Ă©tait inĂ©dite. Ce disque pouvait vraiment plaire Ă  tout le monde.

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Paul Muselet
Quali District Avril 2015

- "Rap.fr"

Quel genre musical a la plus mauvaise presse en France, toutes catĂ©gories confondues ? Le rap Ă©videmment. Musique de demeurĂ©s incultes, de banlieusards illettrĂ©s, de racailles, le rap est le pire rĂ©ceptacle Ă  clichĂ©s (pas toujours faux
) surtout lorsqu’il s’agit de parler de sa version française.
RĂ©dac’ chef du quasi-obligatoire Abcdrduson.com, Mehdi Maizi se coltine le lourd fardeau d’en faire sinon le tour, au moins une reprĂ©sentation fidĂšle sur toutes ses facettes, du plus underground au plus grand public, du plus gentil au plus mĂ©chant, du plus Ă©crit au plus bĂąclĂ©, du plus acadĂ©mique au plus aventureux. Les pionniers, les compilations fondatrices, les hĂ©ritiers, les talentueux qui n’ont jamais confirmĂ©s, les Ă  la marge, les mĂ©sestimĂ©s, les militants, les juste pour s’amuser ; le double M les a tous rĂ©pertoriĂ©s, triĂ©s, chroniquĂ©s, avec, Ă  chaque fois, la remise dans le contexte de l’époque et quelques anecdotes bien senties.
De son arrivĂ©e dans l’Hexagone, quelque part dans les annĂ©es 80, Ă  aujourd’hui, on suit le parcourt chronologique de la flamme venue du Bronx qui passe de micro en micro, monte en gamme, connaĂźt un Ăąge d’or, se vide de sens, perd ses valeurs, brasse des millions, survit dans l’ombre, renaĂźt par endroit, tombant parfois dans des mains peu douĂ©es pour l’écriture
 Et on rendra grĂące Ă  MÂČ de ne pas tout encenser et d’avoir sĂ©lectionnĂ© aussi des albums Ă  la qualitĂ© artistique discutable voire mĂ©diocre mais marqueurs d’une Ă©poque, annonciateurs de l’arrivĂ©e en trombe d’un rimeur ou planche d’appel pour une nouvelle tendance.
Devant cet exercice des 100, forcĂ©ment rĂ©ducteur, chacun y ira de son petit couplet rĂąleur limite indignĂ© sur le choix des albums et des rappers. Alors allons y du nĂŽtre : oĂč sont Lionel D., Kabal et Sinik ?

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Franck Cochon
Damn Right // Le Parisien 28 avril 2015

- Les 5 disques de rap français qui ne figurent pas dans mon livre ...

Je viens d’écrire un livre dans lequel je reviens sur les disques qui selon moi, sont les plus emblĂ©matiques de l’histoire du rap français. Pour ce faire, j’ai dĂ» me limiter Ă  100. Ce qui est Ă©norme et trĂšs peu Ă  la fois.

Énorme parce qu’il n’y a pas 100 disques qui rĂ©ussiront Ă  mettre tous les auditeurs de rap français d’accord. Faites l’exercice avec le rap amĂ©ricain et cette centaine de disques vous paraĂźtra rapidement insuffisante. Cela dit, passĂ© les 35 ou 40 « Ă©vidences » de type « L’École du micro d’argent » d’IAM, « Mauvais Ɠil » de Lunatic ou « Conçu pour durer » de La Cliqua, on peut commencer Ă  dĂ©fricher l’ensemble des scĂšnes hexagonales, ressortir des raretĂ©s, mettre en avant des curiositĂ©s ou s’aventurer Ă  prendre de vrais parti pris. C’est ce que j’ai essayĂ© de faire dans mon ouvrage.

Évidemment, des lecteurs trouveront forcĂ©ment des choses Ă  dire sur la liste retenue. Autant tuer le suspens tout de suite : j’ai moi-mĂȘme ressenti de la frustration en l’élaborant. Si des projets ont Ă©tĂ© mis de cĂŽtĂ© Ă  contrecƓur, ils n’ont pas Ă©tĂ© oubliĂ©s pour autant. Pour VICE, j’ai donc sĂ©lectionnĂ© cinq disques qui ne figurent pas dans mon livre mais qui auraient pu y trouver leur place.

GRADUR – L’Homme au bob
L’album de Gradur est sorti aprĂšs que je rende mes textes. Plus gĂ©nĂ©ralement, je pense qu’il faut laisser un certain temps aux albums et il aurait Ă©tĂ© prĂ©maturĂ© de faire figurer un disque de 2015 dans cette liste. Ce sera intĂ©ressant de voir le statut que va acquĂ©rir ce projet au fil des annĂ©es mais, Ă  chaud, je le vois un peu comme le point culminant d’une tendance initiĂ©e Ă  une grande envergure en France avec le premier album de Kaaris.
On parle beaucoup de trap en ce moment, Ă  raison puisque les rappeurs s’y engouffrent avec plus ou moins de succĂšs. La comparaison Kaaris/Gradur revient souvent alors que leur maniĂšre d’en faire est justement trĂšs diffĂ©rente. Le rap de Kaaris est beaucoup moins brut qu’on veut le laisser croire, ses textes sont plus travaillĂ©s, il y a une vraie volontĂ© de varier ses flows et de se diversifier
 Chez Gradur, tout est beaucoup plus instinctif et basĂ© sur le gimmick et l’énergie. PrĂ©sentĂ© comme cela, ça pourrait sembler limitĂ© mais il a rĂ©ussi la prouesse de faire en sorte que ça fonctionne sur tout un album. Si on ajoute Ă  cela ses impressionnants chiffres de vente, on peut le voir comme le fer de lance d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration. On verra donc si le temps considĂ©rera L’Homme au bob comme un disque important ou un Ă©piphĂ©nomĂšne.

ARSENALRECORDS – Le Vrai hip-hop
Je vois dĂ©jĂ  certains me clouer au pilori en raison de l’absence de cette compilation, sortie en 1996, dans le livre. En le réécoutant, on se rend compte Ă  quel point l’ADN de La Cliqua – le groupe de Rocca, Daddy Lord C et RaphaĂ«l – est prĂ©sent tout le long. Sorti entre Conçu pour durer et Entre deux mondes, il est une sorte de lien entre les deux disques et j’ai prĂ©fĂ©rĂ© le mettre de cĂŽtĂ© dans un souci de diversitĂ©. Mais c’est Ă©videmment un indispensable : « Le Hip-Hop mon royaume », l’apparition des Petits Boss, le featuring de Shyheim, « Rap Contact », etc. Une Ă©poque suspendue dans le temps oĂč La Cliqua, et surtout Rocca, donnaient l’impression de survoler le rap français.

SNIPER – Du rire aux larmes
Sniper est peut-ĂȘtre LE groupe de rap du dĂ©but des annĂ©es 2000. Du rire aux larmes s’est vendu Ă  plus de 200 000 exemplaires et a alors confirmĂ© le potentiel du groupe (aperçu prĂ©cĂ©demment au sein de leurs collectifs antĂ©rieurs M Group et ComitĂ© de Deuil). Il apparaĂźt pourtant assez rarement lorsqu’on pense aux albums incontournables, probablement parce que le groupe a Ă©tĂ© matraquĂ© sur Skyrock Ă  un moment oĂč le rap français et la radio commençaient Ă  se regarder en chiens de faĂŻence. À mon sens, Du rire aux larmes possĂšde un statut similaire aux premiers albums de Disiz ou Sinik : des disques plutĂŽt rĂ©ussis, de vĂ©ritables succĂšs commerciaux, des singles connus de tous mais auxquels il manque probablement un ou deux titres vraiment forts. Plus globalement, je pense que ce sont des artistes qui ont longtemps couru aprĂšs un disque dĂ©finitif. Un peu comme Soprano, autre tĂȘte d’affiche qui dĂ©clarait d’ailleurs ne pas vouloir sortir de classique afin d’éviter de vivre ce que connaĂźt Nas, « que l’on ramĂšne toujours Ă  Illmatic ».

NUBI – Scarlatitude
À titre personnel, j’ai toujours eu une fascination pour ceux que Sameer Ahmad a rĂ©cemment dĂ©signĂ©s par le terme de « perdants magnifiques » dans son album Ă©ponyme. Ces gens brillants, plus douĂ©s que la moyenne, mais qui n’auront jamais la reconnaissance qu’ils auraient dĂ» avoir. Ill, le rappeur des X-Men, est probablement l’exemple le plus fragrant, mais on peut Ă©galement mentionner des virtuoses comme Le CĂ©lĂšbre Bauza ou M.O.M.S. Nubi est aussi de ceux-lĂ . Scarlatitude est d’ailleurs rĂ©guliĂšrement citĂ© par une partie de la nouvelle gĂ©nĂ©ration (de S.Pri Noir Ă  Deen Burbigo) comme l’un des disques qui les a le plus influencĂ©s. Sorti en 2006, en plein Ăąge d’or des street-CDs en et portĂ© par le single « Mack le biz », il confirmait que Nubi Ă©tait un incroyable technicien.

ENZ – Ma boutique
Il s’est passĂ© quelque chose d’intĂ©ressant en 2011 avec l’émergence de la scĂšne 1995/L’Entourage. MĂȘme si ces groupes ont chacun Ă©voluĂ© et proposent de nouvelles choses depuis, ils se sont d’abord fait connaĂźtre en essayant de remettre un certain son au goĂ»t du jour. GrossiĂšrement, on pourrait parler de boom-bap, d’un retour Ă  ce son que proposait le rap new-yorkais du milieu des annĂ©es 1990. Ce qui est intĂ©ressant, c’est que plusieurs rappeurs ont pratiquĂ© ce rap quelques annĂ©es auparavant, mais sans rencontrer le mĂȘme engouement. Dernier Pro, Tchad Unpoe et donc Enz, dont l’album paru en 2007 Ma Boutique est probablement le disque le plus abouti sorti par cette scĂšne. Je le compare un peu aux Deux Pieds sur Terre sorti un an plus tĂŽt par Kohndo, et avec lequel il partage influences et diffĂ©rents producteurs.

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Mehdi Maizi
Vice 21 avril 2015

- Rap français

Mehdi Maizi, l’une des plumes de l’excellent site l’Abcdr du Son publie aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, Rap Français, une exploration en 100 albums.

Les mauvaises langues diront qu’il s’agit d’une Ă©niĂšme anthologie des classiques du rap français. Mais Rap Français, une exploration en 100 albums a une raison d’ĂȘtre car c’est la premiĂšre fois qu’un auteur d’une gĂ©nĂ©ration n’ayant pas connu les dĂ©buts du Hip Hop se penche de prĂšs sur les albums clefs. Cet exercice est d’habitude l’apanage d’un Olivier Cachin qui a publiĂ© les 100 albums essentiels du rap en 2006 chez Scali dans lequel il Ă©tait question du rap des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique.

Ce regard neuf avec plus de recul que pose Mehdi Maizi est pertinent puisqu’il prend en considĂ©ration le rap français dans sa pluralitĂ© et sa diversitĂ©. En effet, l’auteur tient compte dans cet ouvrage du rap dit « alternatif » en mentionnant certains hĂ©ros du trĂšs bon documentaire, Un jour peut-ĂȘtre une autre histoire du rap français avec des artistes comme les Svinkels, TTC ou Le Klub des Looser. Ainsi, il donne un coup de projecteur sur un pan entier du rap français dont on a sous-estimĂ© le poids et la portĂ©e.

L’autre particularitĂ© de Rap Français, une exploration en 100 albums est qu’il est d’actualitĂ©, plus contemporain prenant en compte les albums marquants sortis rĂ©cemment comme Or Noir de Kaaris.

Comme toute anthologie, cet ouvrage aura ses dĂ©tracteurs qui critiqueront le choix de l’auteur avec des interrogations du style « Pourquoi il a choisi Ouest Side et pas Temps Mort de Booba ? LĂ  n’est pas la question car ce livre qui se lit assez facilement avec son style fluide est un abcdr, un genre de « Rap français pour les nuls » pour que les nĂ©ophytes puisse avoir une bonne base. Quant aux puristes de rap français, ils ne seront pas en reste car Rap Français, une exploration en 100 albums peut faire aussi office de sĂ©ance de rattrapage afin de se (re)pencher sur certains albums.

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Olivier Mukiandi
Street Rules 15 avril 2015

- [Interview] Mehdi Maizi : “Il faut prendre ce livre comme un appel Ă  la (re)dĂ©couverte.”

Si vous aimez le rap français, vous connaissez sĂ»rement Mehdi Maizi. TĂȘte d’affiche du fameux site spĂ©cialisĂ© abcdrduson.com, le jeune homme touche Ă  tout. On l’a connu Ă  l’écrit sur le web et en vidĂ©o via Dailymotion oĂč il interviewe au fil de l’eau tout le rap français. C’est aujourd’hui dans les librairies qu’on le retrouve avec la parution d’un livre consacrĂ© Ă  sa passion “Rap français : une exploration en 100 albums“. On lui a posĂ© quelques questions pour en savoir plus sur l’ouvrage.

Depuis quand as-tu en tĂȘte d’écrire un livre ?
Je n’avais pas spĂ©cialement cela en tĂȘte au dĂ©part. Au sein de l’Abcdr, on avait dĂ©jĂ  Ă©mis l’idĂ©e d’un bouquin rĂ©alisĂ© Ă  plusieurs mains sans que cela ne se concrĂ©tise vraiment. Étant donnĂ© que j’avais pas mal de projets Ă  cĂŽtĂ©, j’avais un peu mis ça de cĂŽtĂ©. Tout a changĂ© quand Le Mot et Le Reste, l’éditeur, nous a contactĂ©. Ça s’est fait via l’intermĂ©diaire de Sylvain Bertot qui avait dĂ©jĂ  Ă©crit deux livres chez eux. Le premier, Rap, Hip-Hop, 30 annĂ©es en 150 albums, de Kurtis Blow Ă  Odd Future a, je crois, connu un certain succĂšs. Par contre, il se focalisait essentiellement sur le rap amĂ©ricain. L’éditeur avait envie d’avoir quelque chose de comparable sur le rap français sauf que Sylvain ne se sentait pas de le faire. Tenancier du site fakeforreal.net, il connaissait l’Abcdr et les a redirigĂ© vers nous. AprĂšs une discussion en interne et compte tenu du format souhaitĂ© par la maison d’édition (une intro suivie d’une sĂ©rie de chroniques), il en est ressorti que j’étais le plus motivĂ© pour me lancer dans ce projet.

Comment t’es-tu aiguillĂ© vers un top 100 ?
Ça n’est pas rĂ©ellement un top dans la mesure oĂč il n’y a pas de classement. L’idĂ©e est vraiment de prĂ©senter 100 disques diffĂ©rents, sans volontĂ© de les hiĂ©rarchiser. Le nombre de 100 peut paraĂźtre Ă©norme, notamment parce qu’il n’y a pas 100 disques unanimement considĂ©rĂ©s comme des classiques incontournables en rap français. C’est justement ce qui est intĂ©ressant : une fois que l’on a parlĂ© des disques que tout le monde aurait mis, on peut commencer Ă  dĂ©fricher des scĂšnes, parler d’artistes qui nous tiennent Ă  cƓur, afficher de rĂ©els partis pris etc.

Comment s’est faite ta sĂ©lection ?
C’est un mĂ©lange entre des disques Ă©vidents et une volontĂ© de mettre en avant des artistes parfois injustement oubliĂ©s. Afin d’ĂȘtre le plus exhaustif possible, j’ai d’abord choisi de me limiter Ă  un disque par artiste. Ensuite, je voulais aller contre l’idĂ©e gĂ©nĂ©rale qui consiste Ă  dire que les meilleurs disques sont tous sortis entre 95 et 99. Effectivement, il y a eu Ă©normĂ©ment de grands disques sortis Ă  cette pĂ©riode
 Mais il y a en a eu Ă©galement dans les annĂ©es 2000. Je me suis attachĂ© Ă  avoir un Ă©quilibre dans les Ă©poques prĂ©sentĂ©es. IndĂ©pendamment de la volontĂ© d’exhaustivitĂ©, j’ai aussi la conviction que les annĂ©es 2000 ont Ă©tĂ© bien plus intĂ©ressantes qu’on ne le dit gĂ©nĂ©ralement.

Est-ce que, comme tous les livres sur le rap français, il est préfacé par Olivier Cachin ou on entre enfin dans une nouvelle Úre ?
Mon livre n’est pas prĂ©facĂ©. Donc, peut-ĂȘtre qu’on rentre dans une nouvelle Ăšre, celle des livres de rap sans prĂ©face tout court !

Est-ce que tes gouts entrent en compte ou tu fais preuve du plus d’objectivitĂ© possible ?
Je pense qu’on ne peut jamais ĂȘtre totalement objectif et qu’il faut accepter le fait que, dans toute liste, il y aura une part de subjectivitĂ©. AprĂšs, l’intĂ©rĂȘt d’un exercice comme celui-ci est aussi de dĂ©passer ses goĂ»ts personnels. Il y a des groupes dont je n’ai jamais Ă©tĂ© un grand auditeur mais dont je suis obligĂ© de parler, tout simplement parce qu’ils ont jouĂ© un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant. Mais, une fois qu’on a passĂ© ces Ă©vidences, les goĂ»ts personnels rentrent forcĂ©ment en compte. C’est d’ailleurs ce qui est, je crois, intĂ©ressant. On ne mettra jamais tout le monde d’accord donc autant chercher Ă  mettre la lumiĂšre sur des disques qu’on apprĂ©cie rĂ©ellement. Ce sont gĂ©nĂ©ralement ceux dont on parle le mieux.

Est-ce que l’équipe de l’Abcdr a Ă©tĂ© impliquĂ©e dans cette Ɠuvre ?
PassĂ©e la discussion initiale que j’évoquais tout Ă  l’heure, il y a eu trĂšs peu d’interactions. J’ai sollicitĂ© quelques proches, dont certains membres de l’Abcdr, Ă  deux moments bien prĂ©cis : lorsque je mettais en place ma liste (surtout dans le but d’avoir le panorama le plus large avant d’arrĂȘter ma sĂ©lection) et lorsque nous discutions avec l’éditeur des albums Ă  placer sur la pochette et du titre exact de l’ouvrage. Le titre d’ailleurs a son importance : on parle bien d’une exploration en 100 albums. L’idĂ©e n’est pas de donner ne vĂ©ritĂ© absolue ou de livrer les 100 disques dĂ©finitifs du rap français. Il faut plutĂŽt prendre ça comme un voyage, se prendre au jeu, dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir des disques
 C’est comme ça que je l’ai pensĂ©.

Qu’est-ce que ça te fait toi, en tant que personne, de voir ton nom sur un beau livre ?
HonnĂȘtement, ça fait plaisir et ça reprĂ©sente une forme de concrĂ©tisation. Lorsque j’ai vraiment commencĂ© Ă  ne quasiment plus rien Ă©couter d’autre que du rap (ça Ă©volue un peu depuis, je me soigne en prenant de l’ñge), j’avais l’habitude de mettre un disque et de l’écouter presque religieusement, sans rien faire d’autre. Je me dis que tout ce temps passĂ© Ă  ne rien faire d’autre qu’écouter du rap prend un peu de sens avec la sortie de ce livre.

Est-ce que tu as peur d’avoir commis des erreurs terribles et n’as-tu pas peur de regretter ton choix ?
Encore une fois, je pense qu’il faut ĂȘtre Ă  l’aise avec l’idĂ©e qu’il y a probablement autant de listes que d’auditeurs de rap français. Je suis moi-mĂȘme frustrĂ© de ne pas avoir pu parler de certains disques, je me dis que j’aurais pu ajouter des disques qui sont sortis rĂ©cemment
 Mais, comme je le disais, l’idĂ©e n’est pas de dĂ©livrer la liste ultime des 100 albums de rap français qui a, de toute façon, vocation Ă  Ă©voluer avec le temps. Il faut prendre ce livre comme un appel Ă  la (re)dĂ©couverte.

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Stéphane Fortems
Le Rap en France 17 avril 2015

- Les 100 albums indispensables du rap français

Comment fait-il ? Animateur, psychanalyste, membre Ă©minent de l’Abcdr
 Le journaliste Mehdi Maizi (oui, notre Mehdi) est un garçon trĂšs occupĂ©. Et pourtant, sans crier gare, il a quand mĂȘme trouvĂ© le temps d’écrire un livre. Le thĂšme ? Le rap français, Ă©videmment, avec une exploration du genre en pas moins de cent albums emblĂ©matiques. Nous n’avons pas encore eu la chance d’avoir le bouquin entre les mains, mais nous sommes trĂšs curieux de dĂ©couvrir cette sĂ©lection qui promet de faire dĂ©bat. Et nous brĂ»lons dĂ©jĂ  de questions : quel sera l’énorme oubli que Mehdi regrettera amĂšrement dans deux ans ? Va-t-il rĂ©habiliter le disque 1 de La Fouine vs Laouni ? Quid du rap de Saint-Étienne ? Combien de fois va-t-on lire l’expression « esthĂ©tique rugueuse » ? Et surtout : Panique Celtique fera-t-il le final cut ? RĂ©ponse le 17 avril, dans toutes les librairies.

Rap français, une exploration en 100 albums (éditions Le Mot et le Reste), est disponible en précommande FNAC et Amazon.

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JB
Abcdrduson 10 avril 2015

- Faut-il investir 21 euros dans le bouquin de Mehdi Maizi ?

Premier album de Mehdi Maizi, « Rap Français, une exploration en 100 albums » est un disque trĂšs particulier. D’abord, il y a ce format Ă©tonnant : pas de boitier, pas de CD, uniquement un (trĂšs gros) livret. Des prods extrĂȘmement minimalistes – pas de beat, aucun sample ni compo – aux refrains simplement inexistants, difficile de comprendre oĂč a voulu en venir le rappeur. « Le silence n’est pas un oubli », chantait Lunatic en l’an 2000. Maxime appliquĂ©e Ă  la lettre par Mehdi, qui fait ici une dĂ©monstration de maitrise des rythmes aphones. PosĂ©e par France Culture, la question « Le silence peut-il ĂȘtre musical ? » prend ici tout son sens. Ode au muet – la seule sonoritĂ© notable ici est celle des pages qui se tournent -, cette exploration en 100 albums n’est clairement pas dans la tendance – ni cherchez pas d’autotune ou de featurings avec Future – mais semble s’inscrire dans la bonne direction : le sens chronologique.




« Rap Français, une exploration en 100 albums » (que l’on abrĂ©gera ensuite par l’acronyme RFUEECA) est un bouquin avec des dĂ©fauts et des qualitĂ©s : les qualitĂ©s de ses dĂ©fauts, et les dĂ©fauts de ses qualitĂ©s. Sa construction, tout d’abord, est trĂšs linĂ©aire : 100 albums, classĂ©s par ordre chronologique, avec une double-page par album. Chaque chronique, elle aussi, obĂ©it Ă  une construction plutĂŽt linĂ©aire : contextualisation de la sortie, description du disque, rappel des titres importants, et rapport rapide sur les prods. Avec, en fonction de la pĂ©riode, un mot sur la carriĂšre antĂ©rieure ou postĂ©rieure de l’artiste/du groupe, toujours en conservant une temporalitĂ© trĂšs neutre. Mehdi traite d’un album de 1991 comme d’un album de 2014 : avec le point de vue de l’auditeur lambda Ă  l’instant T. C’est un parti pris, que l’on jugera comme une qualitĂ© ou comme un dĂ©faut selon sa sensibilitĂ© et ses attentes. RFUEECA n’est pas un bouquin d’analyse. Il livre simplement des faits, se place en simple observateur, comme le guide d’un safari touristique. Le co-redacteur en chef de l’Abcdrduson est lĂ  pour nous prĂ©senter un panorama global de la faune et de la flore du paysage rap français, pas pour le dissĂ©quer.




Chaque chronique d’album va Ă  l’essentiel, le lecteur peut ainsi prendre le temps de s’arrĂȘter sur des disques qui ne l’ont pas forcĂ©ment marquĂ©, ou qui ne lui ont pas forcĂ©ment plu. A titre d’exemple, j’ai mĂȘme lu le passage sur Youssoupha.




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Genono
Captcha Mag 27 avril 2015

- Pour Booba, le rap est aussi un sport de combat

La star du hip-hop français, de retour avec un septiĂšme album solo, est le champion toutes catĂ©gories d’un rap qui s’envisage Ă©galement comme une lutte, avec ses « roulements de mĂ©caniques » et parfois ses mauvais coups.

« Le rap game, c’est la compĂ©tition entre rappeurs, ça existe depuis toujours. Aux dĂ©buts du rap français, ça existait dĂ©jĂ  entre IAM et NTM », rappelle Ă  l’AFP Booba, qui reçoit dans les locaux de sa marque de vĂȘtements avec son Ă©ternelle casquette tombant sur les yeux. « Rap et sport, ça va ensemble, il y a cette mentalitĂ© de vouloir gagner, cette mentalitĂ© de quartiers, c’est trĂšs tribal », dĂ©crit le rappeur de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), 38 ans et carrure d’athlĂšte (1,92 m), qui publie lundi D.U.C., son septiĂšme album solo.
Avec ses ventes consĂ©quentes (1,5 million d’albums solo vendus depuis 2002, selon son entourage) et son sens aiguisĂ© des affaires, l’ex-membre du groupe Lunatic est prĂ©sentĂ© comme le champion actuel de ce rap game. Lui-mĂȘme, comme le ferait un boxeur, revendique « zĂ©ro dĂ©faite » Ă  son palmarĂšs.
L’esprit de compĂ©tition, les « roulements de mĂ©caniques » et les chansons dopĂ©es Ă  l’égo, tout cela est « presque une tradition du rap » et du hip-hop en gĂ©nĂ©ral (danse et grafitis compris), souligne Mehdi Maizi, journaliste Ă  l’ABCDR du Son, un site spĂ©cialisĂ© sur le rap, et auteur d’une anthologie du rap français (parution le 17 avril aux Ă©ditions Le Mot et le Reste).

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Anthony (AFP)
Le Figaro 11 avril 2015