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Parution : 21/10/2014
ISBN : 9782360541539
256 pages (14,8 x 21)

21 €

Prog 100

Le rock progressif, des précurseurs aux héritiers

Romantique, sophistiquĂ©e, complexe, cĂ©rĂ©brale, exigeante, rĂ©clamant le plus souvent de multiples Ă©coutes pour dĂ©livrer toute l’intensitĂ© de son pouvoir de sĂ©duction, cette musique reste viscĂ©ralement rebelle aux formatages commerciaux, mais aussi aux facilitĂ©s de l’urgence et de l’immĂ©diatetĂ©, Ă©tendards supposĂ©s contestataires dont le mercantilisme a su prĂ©cisĂ©ment faire son miel


De Pink Floyd Ă  Yes, en passant par Radiohead, Archive et The Mars Volta cet ouvrage est un guide Ă  l’usage des lecteurs dĂ©sireux de dĂ©couvrir un univers musical Ă  part entiĂšre. Pour chaque groupe majeur de ce mouvement, un album phare est analysĂ© et replacĂ© dans son contexte de crĂ©ation. Si le spectre temporel du rock progressif est trĂšs large, de 1968 Ă  nos jours, il s’agit toujours pour des musiciens de sortir du format traditionnel des chansons pop et de repousser sans complexes les frontiĂšres du rock. Entre le style nostalgique des groupes rĂ©tro-prog et les traits progressifs d’artistes aventureux et actuels, les diffĂ©rentes incarnations du rock progressif au dĂ©but du XXIe siĂšcle se rĂ©vĂšlent Ă©galement trĂšs nombreuses, de Muse Ă  Porcupine Tree en passant par le fameux OK Computer de Radiohead. Entre albums incontournables ou fondateurs et coups de cƓur, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge construit une anthologie des disques de rock progressif Ă  ne pas manquer.

Revue de presse

- Prog 100 Christian Décamps Plouc Mag Juillet/Août/Sept. 2015
- À lire Hubert Allusson Koid'9 Avril 2015
- Chronique Laurent Regnard Neoprog 17 mars 2015
- Interview Frédéric Delage Musicwaves 3 mars 2015
- Prog 100 JérÎme Pintoux Jukebox Mars 2015
- Prog 100 Noé Gaillard Daily Books 23 janvier 2015
- Prog 100 Éric Darsan Le blog d'Éric Darsan 1 fĂ©vrier 2015
- La bible du rock progressif Lisa Lagrange L'Est républicain 31 janvier 2015
- Reviews Isere Loyd-Davis Prog Magazine Janvier 2015
- L'essentiel du progressif Jérémy BernÚde Midi Libre 22 décembre 2014
- Numéro spécial 60 ans Frédéric Goaty Jazz Magazine Déc./Janv. 2014
- Nos dix livres rock de l'annĂ©e Éric Bureau et Michel Valentin Le Parisien 22 dĂ©cembre 2014
- Prog 100 David Taugis Judaïques FM // Rockoscopie 7 décembre 2014
- Le rock progressif trĂŽne en bibliothĂšque Pierre-Yves Theurillat Le Journal du Jura 29 novembre 2014
- Livres Hugo Cassavetti Télérama
- Prog 100 Nicolas AlbumRock.net 12 novembre 2014
- Le tour du prog en 100 albums - Interview Éric Buggea Corse Matin 7 novembre 2014
- Le rock progressif a son guide Delphine Léger La Nouvelle République 18 octobre 2014
- FrĂ©dĂ©ric Delage : 100 albums rĂ©fĂ©rentiels d’un univers musical en expansion
 Philippe Vallin Clair & Obscur 31 octobre 2014
- Prog 100 Jean-Philippe Haas Chromatiques.net 10 novembre 2014
- La biographie du rock progressif Jean Rouzaud Novaplanet 26 octobre 2014
- Playlist Prog 100 Claire Shut Up And Play The Books
- Le rock progressif bouge encore ! S. C. J. Sud-Ouest Dimanche 26 octobre 2014

- Prog 100

L’auteur est un passionnĂ©, un esthĂšte et rien de lui Ă©chappe. Il connaĂźt son sujet sur le bout des ongles, sur le bout des lĂšvres et l’on reste bĂ©at devant tant de travail d’investigations
 (je cite). Des prĂ©curseurs Procol Harum ou Moody Blues aux hĂ©ritiers Radiohead ou The Mars Volta, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge rend justice Ă  l’énergie et Ă  l’imagination sans bornes d’un genre capable de se renouveler par des dĂ©tours souvent inattendus (
) L’aventure du rock progressif est une histoire qui continue de s’écrire au prĂ©sent.”
C’est un ouvrage passionnant nourris de dĂ©tails croustillants. Une bible
 Parmi Magma, Steven Wilson, King Crimson et tant d’autres, on y dĂ©couvre Ange. C’est Ă  la page 118 et rien que pour ça
 Vous voyez c’que je veux dire !

Christian Décamps
Plouc Mag Juillet/Août/Sept. 2015

- À lire

Le passionnĂ© de musiques progressives doit dĂ©jĂ  ĂȘtre en possession de cette nouvelle bible publiĂ©e fin 2014
 Si ce n’est pas le cas, considĂ©rez cette chronique comme une piqĂ»re de rappel. En 250 pages et 100 chroniquess de disques, notre ami pĂ©rigourdin, journaliste professionnel Ă  Centre Presse et Ă  La Nouvelle RĂ©publique du Centre-Ouest nous distille une prose Ă©rudite et aisĂ©e Ă  lire.

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Hubert Allusson
Koid'9 Avril 2015

- Chronique

Les ouvrages traitant du rock progressif Ă©tant (trop ?) peu nombreux, c’est toujours avec grand plaisir et dĂ©lectation que l’on apprend la sortie d’un nouveau livre consacrĂ© Ă  ce sujet. Avec Prog 100 – Le rock progressif des prĂ©curseurs aux hĂ©ritiers, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge s’est pliĂ© Ă  ce nouvel exercice familier, Ă©tant donnĂ© la passion qui l’anime.
FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, – s’il Ă©tait encore besoin de le prĂ©senter dans le microcosme du rock progressif – journaliste Ă  Centre Presse et La Nouvelle RĂ©publique du Centre-Ouest, n’en est pas Ă  son premier coup d’essai. Il est notamment l’auteur de Genesis : la BoĂźte Ă  musique et de Chroniques du rock progressif 1967-1979. En dehors de l’édition de ces ouvrages, FrĂ©dĂ©ric a aussi collaborĂ© dans le passĂ© aux feus magazines Rockstyle, Compact et Crossroads.

Dans ce livre, paru en octobre dernier, FrĂ©dĂ©ric a sĂ©lectionnĂ© pour nous 100 albums ‘hors de toute vaine ambition d’exhaustivité’, et selon la rĂšgle un groupe/un album. Cent Ɠuvres qu’il considĂšre comme reprĂ©sentatives de la pĂ©riode du rock progressif allant de 1968 Ă  2014 : une sĂ©lection d’albums indispensables, de coups de cƓur, d’Ɠuvres cultes et de joyaux oubliĂ©s.

Une trĂšs bonne ‘ouverture’ d’une trentaine de pages permet Ă  l’auteur d’identifier les diffĂ©rentes pĂ©riodes du rock progressif et de dresser, pour chaque ‘ùre’ de ce style musical, le portrait des diffĂ©rents protagonistes ainsi que le contexte culturel, social et Ă©conomique sous-jacent.
Au cours de cette chronologie, nous avons droit Ă  une explication sur les prĂ©curseurs proto-prog des sixties (les Beatles, Procol Harum, King Crimson), les origines britanniques de ce rock, son but, ainsi que les acteurs clĂ©s du dĂ©but du classic prog des annĂ©es 70 (Van der Graaf Generator, Genesis, Yes, Pink Floyd, ELP
). La situation dans les autres pays europĂ©ens de cette Ă©poque est aussi dĂ©peinte. On passe ensuite Ă  la nĂ©gociation difficile des annĂ©es 80 et la gĂ©nĂ©ration post-prog (Marillion, IQ, Pendragon
), annĂ©es de formatage musical oĂč le punk phagocyte une bonne partie du paysage musical, au renouveau des annĂ©es 90 Ă  dominante plus mĂ©tal pour certains groupes tels que Dream Theater, pour finir sur une touche positive sur le devenir progressif de ce nouveau millĂ©naire, dĂ©jĂ  riche de plus de 45 ans d’hĂ©ritage progressif. Nous avons lĂ  en tout cas en quelques pages une excellente rĂ©trospective de ce courant musical. Quelques phrases, trĂšs importantes, sont placĂ©es au bon moment et donnent quelques clĂ©s de comprĂ©hension vitales. On y comprend par exemple pourquoi on peut lire quelquefois ‘progressiste’ Ă  la place de ‘progressif’, pourquoi l’Italie est bien reprĂ©sentĂ©e dans ce microcosme, quel est le message vĂ©hiculĂ© par cette musique, pourquoi la nouvelle gĂ©nĂ©ration des annĂ©es 80 a pris un virage plus mĂ©tal. Sont Ă©voquĂ©es aussi les idĂ©es que l’on peut considĂ©rer le rock progressif comme ‘une extension moderne d’un langage musical (..) fondĂ© par des compositeurs britanniques du dĂ©but du XXe siĂšcle, comme Ralph Vaughan Williams ou Gustav Holst’, ou ‘comme une rĂ©ponse typiquement europĂ©enne, imprĂ©gnĂ©e de musique folk, classique, baroque ou mĂ©diĂ©vale, Ă  un rock majoritairement issu du blues et de la musique noire amĂ©ricaine’. A moins que ce ne soit juste ‘une crĂ©ation de musiciens trĂšs talentueux, qui se sont vite ennuyĂ©s Ă  ne jouer que trois accords, et ont ressenti le besoin d’inventer des choses plus complexes et plus exigeantes’. Peut-ĂȘtre est-ce finalement un peu de tout cela


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Laurent Regnard
Neoprog 17 mars 2015

- Interview Frédéric Delage

Nous allons commencer avec la question traditionnelle de Musicwaves, quelle est la question qu’on t’a trop souvent posĂ©e ?
Aucune, je ne suis pas suffisamment sollicitĂ© pour des interviews pour faire face Ă  ce genre de problĂšme. Mon mĂ©tier de journaliste fait qu’en gĂ©nĂ©ral, c’est moi qui pose les questions !

Comment es-tu venu au rock progressif et quel est ton premier choc prog ? Comment devient-on horloger du progressif ?

Je ne sais pas si je suis un horloger du progressif, je te laisse la responsabilitĂ© du terme mĂȘme s’il est plutĂŽt flatteur, du moins j’espĂšre ! Je suis venu au progressif
 progressivement. En dĂ©couvrant The Beatles Ă  l’ñge de 12 ans, puis Mike Oldfield et Supertramp Ă  13-14 ans, puis Genesis Ă  15-16 ans qui fut, si l’on peut dire, mon premier « choc prog » ! Assez vite, je me suis mis Ă  Ă©couter aussi Yes, Van der Graaf Generator, King Crimson
 Mes goĂ»ts m’attiraient davantage vers ce rock sophistiquĂ© anglais des annĂ©es 70 que vers celui de mon Ă©poque, les annĂ©es 80, que je trouvais gĂ©nĂ©ralement plus froid, plus formatĂ©. Je crois que c’est en compulsant la rubrique « pop rock » d’un Quid des annĂ©es 80 que j’ai dĂ©couvert que j’écoutais pour l’essentiel du rock progressif, comme M. Jourdain faisant de la prose sans le savoir ! Au fil des annĂ©es, j’ai poussĂ© mes recherches plus loin, puis j’ai collaborĂ© Ă  plusieurs magazines, notamment Rockstyle qui m’a permis d’interviewer de nombreuses figures du genre dans les annĂ©es 90. Et puis au dĂ©but des annĂ©es 2000, comme il n’existait pas de vĂ©ritable livre en français sur le prog, j’ai dĂ©cidĂ© d’en Ă©crire un moi-mĂȘme, ce qui a donnĂ© Chroniques du rock progressif 1967-1979, paru dĂ©but 2002.

Est-ce que tu considĂšres Prog 100 moins comme une simple réédition (certaines chroniques d’albums chroniquĂ©s – sauf erreur – se trouvent dĂ©jĂ  dans ton premier livre, mais tu n’as pas fait de copier-coller) que comme la poursuite de Chroniques du rock progressif qui s’arrĂȘtait en 1979 ?

C’est Ă©videmment la poursuite du premier livre. Par rapport au prĂ©cĂ©dent, sur les 100 albums chroniquĂ©s, il doit y avoir 27 disques en commun, dont j’ai remaniĂ© les textes, plus ou moins en profondeur selon les cas. En 2001, je n’avais pas forcĂ©ment envie de m’aventurer au-delĂ  de la pĂ©riode classique des seventies. Mais aujourd’hui, le contexte a changĂ©, les influences progressives ont de nouveau un impact sur des groupes mainstream, et la dĂ©finition du prog s’est aussi Ă©largie, il suffit de voir les groupes au sommaire chaque mois du magazine anglais Prog. Le terme progressif n’est plus rĂ©servĂ© aux seuls hĂ©ritiers directs de Genesis et de Yes, et c’est tant mieux ! Prog 100, comme son sous-titre l’indique, fait aussi le lien entre les prĂ©curseurs des sixties, les grands classiques des seventies et les hĂ©ritiers modernes du progressif, en suivant une acception du terme relativement large.

Un seul album par groupe Ă©tait-ce un choix Ă©ditorial ? Est-ce que cela ne dĂ©sĂ©quilibre pas la donne au regard de l’histoire du rock progressif ? (cela peut donner l’impression que T2 est aussi important que Rare Bird, Caravan ou Yes)

Un seul album par groupe, c’est au dĂ©part le choix Ă©ditorial de l’éditeur Le Mot et le Reste, pour respecter le principe de ses autres parcours discographiques, Reggae 100, Africa 100, Electro 100 etc, et ouvrir au maximum le nombre de groupes Ă©voquĂ©s tout en restant sur le principe d’une centaine de disques chroniquĂ©s. Je comprends tes rĂ©serves par rapport Ă  ça, mais je me suis efforcĂ© de contourner le problĂšme en brossant les grandes Ă©tapes de l’histoire du rock progressif dans une introduction d’une trentaine de pages. On y perçoit donc clairement quels sont les groupes majeurs. Ensuite, chaque chronique Ă©tant conclue par une discographie sĂ©lective, plus ou moins fournie selon les cas, la lecture du livre fournit une idĂ©e prĂ©cise de l’importance respective de chaque groupe. Mais il ne faut pas considĂ©rer ma liste de 100 disques comme celle des 100 meilleurs albums de prog de tous les temps. Chroniques du rock progressif s’en rapprochait un peu, du moins pour ce qui concerne les seventies. LĂ , c’est d’abord une sĂ©lection, la plus ouverte possible, pour donner envie au lecteur de (re)dĂ©couvrir toutes les facettes du prog, de ses dĂ©buts jusqu’à aujourd’hui.

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Musicwaves 3 mars 2015

- Prog 100

L’auteur propose un florilĂšge des cent meilleurs albums du rock progressif. Ses choix sont judicieux, ses chroniques trĂšs pertinentes. Voici Meddle, son Pink Floyd prĂ©fĂ©rĂ© : “One of These Days”, instrumental construit sur une base simple et hypnotique, avec un vent synthĂ©tique qui s’engouffre dans les sillons puis une basse Ă©norme, des accords d(orgue intrusifs, l’intervention vocale trafiquĂ©e de Nic Mason (Un de ces jours, je te couperai en petits morceaux) et l’accĂ©lĂ©ration prĂ©cĂ©dant le dĂ©collage.

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Un ouvrage indispensable.

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JérÎme Pintoux
Jukebox Mars 2015

- Prog 100

Avec un sous-titre programme : Le rock progressif des précurseurs aux héritiers. Le principe de ce livre est intéressant en soi : confier à un spécialiste le soin de répertorier une centaine de produits de qualité en rapport avec sa spécialité. Autrement dit, faire connaßtre aux lecteurs ce qui se fait de mieux dans un genre musical donné.

Vous avez sans doute entendu parler de rock progressif et vous en avez entendu et Ă©coutĂ© sans le savoir. Alors pour ceux qui ne savent pas de quoi il retourne : « Il s’agit alors pour ces jeunes musiciens (
) de faire Ă©clater le carcan couplet-refrain du format traditionnel des chansons pop. De repousser sans complexe les frontiĂšres du rock pour l’émanciper de ses racines blues. De mĂȘler son Ă©nergie Ă©lectrique Ă  des influences hĂ©ritĂ©es ouvertement de la musique classique, du folk ou du jazz. Mais pas question pour ces groupes-lĂ  de verser dans le passĂ©isme ou l’acadĂ©misme. » Cela me semble on ne peut plus clair
 L’idĂ©e est donc de chambouler Ă  la fois la forme des textes et l’influence musicale
 Et l’auteur de dater l’origine du rock progressif du 1er juin 1967, date de sortie de l’album des Beatles Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band pour au moins un titre « A Day in the Life ». Effectivement, si vous Ă©coutez cette chanson aujourd’hui, vous reconnaĂźtrez facilement les signes de la dĂ©finition ci-dessus. Pour ce qui est du choix qui suit l’historique et la prĂ©sentation, je suppose que peu d’amateurs et de connaisseurs trouveront Ă  redire. En ce qui me concerne, cela m’a permis de constater que, bien souvent, nous jouons les Monsieur Jourdain – qui fait de la prose sans le savoir – sans nous en rendre compte. Peut-ĂȘtre tout simplement parce que nous Ă©coutons de la musique sans participer des fans qui ne s’adonnent qu’à un ou deux groupes. Je crois que les albums sĂ©lectionnĂ©s devraient toucher un grand nombre d’auditeurs. Et l’on notera que la deuxiĂšme sĂ©lection non commentĂ©e propose des albums datĂ©s 2014


Question : combien parmi ceux qui liront cette chronique disposent dans leur CDthùque ou leur collection de vinyles d’albums de rock progressif sans penser que cela en est ???

Bonnes écoutes


LIRE LA CHRONIQUESUR LE SITE DE DAILYBOOKS

Noé Gaillard
Daily Books 23 janvier 2015

- Prog 100

C’est avec un trĂšs grand plaisir que j’entame aujourd’hui cette longue sĂ©rie de chroniques destinĂ©e Ă  dĂ©couvrir ensemble quelques trĂšs beaux volumes de cette merveilleuse maison nommĂ©e Ă  juste titre Le mot et le reste dont les ouvrages sur la musique, qui constituent une bonne partie du catalogue, font chaque fois sensation, unanimitĂ© et Ă©vĂ©nement.

Cette sĂ©rie, comme je vous l’avais indiquĂ© la derniĂšre fois, comprendra notamment, aprĂšs The LP Collection que vous avez pu dĂ©couvrir en dĂ©cembre (ICI), quelques titres aussi indispensables qu’intemporels parmi lesquels l’imposant Rock progressif d’Aymeric Leroy, les impressionnantes Musiques savantes I et II de Guillaume Kosmicki et, pour commencer, l’inĂ©puisable Prog 100 de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge.

C’est en 1996 que j’ai dĂ©couvert le rock progressif avec l’achat dans une Fnac d’un curieux CD pour ainsi dire promotionnel intitulĂ© Le Meilleur du rock progressif instrumental, 70 minutes de rock progressif pour 35 balles et publiĂ© par MusĂ©a. AprĂšs m’ĂȘtre empressĂ© de commander le catalogue et avoir dĂ©couvert quelques raretĂ©s parmi lesquelles La MosaĂŻque de la rĂȘverie du groupe japonais Pageant, ce n’est que prĂšs de dix ans plus tard que j’ai redĂ©couvert ce courant Ă  sa source par l’intermĂ©diaire d’un fan de Yes et des premiers Genesis, intĂ©grĂ© ses codes, et poursuivi de façon dĂ©cousue mes investigations jusqu’à ce que ma femme, que je ne remercierai jamais assez, m’offre ce fameux Prog 100 Ă  NoĂ«l, assorti du tome I des Musiques savantes de Guillaume Kosmicki, qui n’est pas sans lien comme nous le verrons
 progressivement.

« NĂ© en Angleterre Ă  la fin des annĂ©es soixante, expression musicale du foisonnant idĂ©alisme de la contre-culture, le rock progressif ne se prĂȘte pas facilement Ă  une dĂ©finition exhaustive ». Dans une prĂ©face d’une trentaine de pages, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge se prĂȘte nĂ©anmoins Ă  l’exercice. Le « prog » c’est ainsi et d’abord une double « dĂ©marche progressiste » qui vise Ă  rĂ©former le rock, Ă  « l’émanciper de ses racines blues » et dans le mĂȘme temps Ă  « mĂȘler son Ă©nergie Ă  des influences hĂ©ritĂ©es ouvertement de la musique classique, du folk ou du jazz ». ConsĂ©quence directe de cette ambition, le prog c’est d’abord une structure, un format, des rĂ©fĂ©rences, puis un son caractĂ©ristiques marquĂ©s par une virtuositĂ© et un foisonnement aisĂ©ment reconnaissables. C’est dire combien, en prog plus qu’ailleurs, tout commence et tout fini par l’écoute, ce qui fait du Prog 100, anthologie et discographie de rĂ©fĂ©rence, une entrĂ©e en matiĂšre idĂ©ale.

Sobre et direct, concis mais dense, passionnĂ© et passionnant, Prog 100 est un ouvrage trĂšs rĂ©fĂ©rencĂ©, aux tonalitĂ©s aussi diverses que riches, Ă  l’image de la musique qu’il entend Ă©voquer par sa composition et ses influences, convoquer dans ses jugements, invoquer dans ses Ă©lans. Un ouvrage cohĂ©rent, qui ne s’écarte jamais de sa ligne directrice tout en l’élargissant suffisamment pour y intĂ©grer ses « prĂ©curseurs » les plus Ă©vidents comme ses « hĂ©ritiers » les plus Ă©loignĂ©s. Un ouvrage qui semble resserrĂ© dans son format, dans son thĂšme comme dans son titre mais qui s’avĂšre dĂšs les premiĂšres chroniques plus grand Ă  l’intĂ©rieur qu’à l’extĂ©rieur et nous fait voyager dans le temps Ă  l’instar du trĂšs britannique Doctor Who en nous prĂ©sentant de façon chronologique, de 1968 Ă  2014, 100 albums et autant de groupes, tous pays confondus. En bonus, Ă  la fin de chaque chronique, l’on peut dĂ©couvrir d‘« Autres albums essentiels », d’autres groupes « À Ă©couter aussi », « Et pour 100 albums et artistes de plus
 » aller directement Ă  la fin de l’ouvrage, juste avant la table des matiĂšres qui nous redonne Ă  nouveau l’envie de parcourir l’ouvrage et de redĂ©couvrir, avec les connaissances et l’oreille acquises, ses chroniques et sa musique.

Avec le recul l’on dĂ©couvre ainsi que si, pour façonner son ouvrage, le journaliste et chroniqueur FrĂ©dĂ©ric DelĂąge a choisi comme pierre angulaire de cette architecture successivement ou conjointement minimaliste et monumentale, d’une part « l’album comme le format privilĂ©giĂ© d’explorations parfois virtuoses » et d’autre part la filiation, c’est qu’à travers chacune de ces Ɠuvres considĂ©rĂ©es comme autant de manifestes ou de jalons, chaque pĂ©riode est fortement marquĂ©e par son rapport Ă  la prĂ©cĂ©dente. Le prĂ©-prog d’abord marquĂ© par le rock, Ă©videmment, le psychĂ© et le folk, mais aussi influencĂ© par le blues, le jazz et le classique, ces deux derniers permettant, Ă  l’écoute, de classer trĂšs rapidement le mouvement en deux franges distinctes. Un prĂ©-prog qui, s’il demeure encore trĂšs ancrĂ© dans son Ă©poque, n’en est pas moins aussi expĂ©rimental qu’inĂ©gal, portant Ă  la fois les germes de sa croissance et de son dĂ©clin. L’ñge d’or, marquĂ© par les leçons de ces expĂ©rimentations, qui renforce son identitĂ© et sa cohĂ©rence. Le post-prog et nĂ©o-prog enfin qui, Ă  l’instar du prĂ©-prog, entre atavisme et avant-gardisme, rĂ©serve soit par un retour aux sources soit par des expĂ©rimentations plus osĂ©es encore, quelques excellentes surprises.

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RETROUVEZ L’ARTICLEDANSSONINTÉGRALITÉSUR LE BLOG D’ÉRICDARSAN

Éric Darsan
Le blog d'Éric Darsan 1 fĂ©vrier 2015

- La bible du rock progressif

Il y a des incontournables. Pink Floyd. Yes. Genesis sous l’ùre de Peter Gabriel. Les descendants : Radiohead, Archive. Et les dĂ©couvertes. Le journaliste FrĂ©dĂ©ric DelĂąge a rĂ©pertoriĂ©, dans son ouvrage Prog 100, les cent lus grands groupes de ce style musical qu’il aime tant. Tant par son cratĂšre, nĂ© de la contre-culture que de son â€œĂ©tat d’esprit dĂ©fricheur, loin de tout style Ă©tabli et balisĂ©â€, que de sa structure, Ă©loignĂ©e du tandem refrain-couplet. DĂ©jĂ  en 2002, le passionnĂ© avait balayĂ© le terrain, publiant le premier recueil français sur le rock progressif, ainsi qu’une biographie de Genesis. “La maison d’édition Le mot et le reste voulait rééditer l’ouvrage sur Genesis. Mais je pensais plus Ă  un nouveau projet. Mettre en avant le rock progressif, mais non plus uniquement en se limitant de ses origines aux annĂ©es 1970 mais jusqu’à aujourd’hui, souligne le journalise de la Nouvelle RĂ©publique de Poitiers.

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Un style sans frontiÚre, à part entiÚre. Et un livre tout aussi ouvert et rempli de belles découvertes documentées.

LIRE L’ARTICLEDANSSONINTÉGRALITÉ

Lisa Lagrange
L'Est républicain 31 janvier 2015

- Reviews

Le magazine anglais de référence Prog consacre une trÚs bonne chronique au livre de Frédéric Delùge. Ci-dessous la traduction.

Il est temps de dépoussiérer votre niveau scolaire en français pour savourer cette remarquable anthologie du prog.

Le journaliste français et blogueur musical FrĂ©dĂ©ric DelĂąge a dĂ©jĂ  Ă©crit deux ouvrages sur le prog. Son prĂ©cĂ©dent livre, Chroniques du rock progressif, 1967-1979 a Ă©tĂ© publiĂ© en 2002 et se concentrait sur cette dĂ©cennie fondatrice pour la musique, tandis que cette suite, qui commence Ă©galement au tout dĂ©but de l’émergence du prog en Grande-Bretagne Ă  la fin des annĂ©es 60, nous mĂšne jusqu’au Pale Communion sorti par Opeth en 2014. Si votre niveau en français le permet, ce livre bien Ă©crit est un ouvrage indispensable pour quiconque veut dĂ©couvrir le genre, et un guide essentiel Ă  travers 100 disques que tout digne amateur de prog se doit de possĂ©der. Le livre dĂ©bute par une introduction approfondie sur le style, qui donne le ton. Le spĂ©cialiste prog DelĂąge y dĂ©crit l’évolution du genre, exemples Ă  l’appui. Il explique comment rock, classique, folk et jazz ont mĂȘlĂ© leurs influences pour aboutir Ă  l’avĂšnement de la musique progressive et il poursuit en dĂ©signant Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band comme son prĂ©curseur officiel. Des albums classiques que vous n’ĂȘtes pas sans connaĂźtre, comme In The Court Of The Crimson King, Trespass ou Tubular Bells, servent Ă  illustrer cette leçon d’histoire de la musique. DelĂąge aborde Ă©galement l’influence de la politique internationale, la crĂ©ation du post-prog et, pour finir, le « 21st century shizoid prog » comme autant d’étapes clĂ©s de l’évolution musicale. Cette analyse en profondeur est suivie de la prĂ©sentation de 100 albums prog recommandĂ©s par l’auteur. De Pink Floyd Ă  Yes, de Radiohead Ă  Archive et The Mars Volta, cette anthologie construit une essentielle compilation musicale, des pionniers du prog Ă  leurs successeurs modernes. S’il vous fallait la preuve que les artistes prog ont repoussĂ© sans relĂąche les frontiĂšres du rock, elle est lĂ . Prog 100 est une lecture indispensable pour tout passionnĂ© francophone de prog, et s’il ne se trouve pas un Ă©diteur avisĂ© pour voir l’intĂ©rĂȘt d’en publier une traduction anglaise, alors nous voulons bien « manger notre chapeau ».

LIENVERS LA CHRONIQUEANGLAISE DE PROG

Isere Loyd-Davis
Prog Magazine Janvier 2015

- L'essentiel du progressif

Un guide de passionné et éclairé sur 45 ans de progressive.

Ambition, complexitĂ©, virtuositĂ©. C’est avec ces trois matĂ©riaux que le rock progressif a bĂąti ses cathĂ©drales de notes plus hautes que les constructions de la pop et du rock, Ă  ses yeux trop formatĂ©es pour les unes, trop arrachĂ©es pour les autres. C’est en retour sur ces mĂȘmes bases que se sont appuyĂ©s ses contempteurs depuis la fin des sixties
 FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, expert Ăšs prog-rock (et plume Ă©lĂ©gante ; ce qui ne gĂąte rien) commence son remarquable ouvrage par un tour d’horizon historique d’une quarantaine de pages, depuis les prĂ©mices dans le psychĂ©dĂ©lique jusqu’aux derniers dĂ©veloppements post-prog. Il propose ensuite une sĂ©lection de 100 albums, Ă  raison d’un disque par groupe. Érudite, minutieuse, et d’une trĂšs rare pertinence, celle-ci n’oublie aucun pĂšre fondateur (King Crimson, Pink Floyd, Genesis
), ni enfant surdouĂ© (Marillion, Porcupine Tree, Mars Volta, Dream Theater
), ni cousin (Tool, Radiohead, Sigur Ros
) C’est toujours passionnant et contagieux
 progressivement!

Jérémy BernÚde
Midi Libre 22 décembre 2014

- Numéro spécial 60 ans

Le “prog”, our rock “progressif” (traduction hasardeuse de progressive rock), est un genre aussi dĂ©criĂ© que le jazz-rock. Pourtant, nombreux sont les amateurs de jazz qui ont grandi sinon vieilli, en Ă©coutant Genesis, Yes, Emerson, Lake & Palmer, Caravan, Gong, Pink Floyd, King Crimson, U.K. ou Rush. FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, Ă  travers une sĂ©lection sans ƓillĂšres de cent disques parus entre 1968 et 2014, en explore dans Prog 100 toutes les facettes, des plus oubliĂ©es aux plus Ă©videntes. Entre aide-mĂ©moire et ouvrage initiatique, un livre sĂ©rieux et sans faille Ă©crit par un vrai passionnĂ©.

Frédéric Goaty
Jazz Magazine Déc./Janv. 2014

- Nos dix livres rock de l'année

Heavy Christmas, fidĂšles lecteurs. Ou pas. Un petit coup de main dans la derniĂšre ligne droite pour faire un cadeau “on the rocks” Ă  un ami, une amie, Ă  un frĂšre, une soeur, un cousin, une grand-mĂšre un peu larguĂ©e, un petite fille Ă  Ă©duquer, un collĂšgue, une collĂšgue Ă  ramener dans le droit chemin, un garçon et/ou une fille rencontrĂ©s au dernier HellFest
 Dix idĂ©es Ă  tous les prix.

À premiĂšre vue, rien de neuf. Un Ă©niĂšme dictionnaire compilant les albums qu’il faut avoir quand on aime le domaine musical. Avec ses choix, et donc ses dĂ©fauts inhĂ©rents : un seul album par groupe citĂ©, les fans et les moins fans y trouveront Ă  redire, au moins ça animera les soirĂ©es de rĂ©veillon. Pourtant, ce bouquin s’avĂšre indispensable si l’on aime le prog. D’abord, l’auteur s’y connaĂźt (il a collaborĂ© Ă  plusieurs revues, et tient un blog), et ça se sent. Il ne nĂ©glige aucune des facettes du courant musical, parlant aussi bien des influences folk que du prog qui se mĂ©tisse au metal, et rĂ©sume habilement le tout dans un historique bien documentĂ©. Ensuite, il ne considĂšre pas que tout a Ă©tĂ© dit : si les albums produits dans les 70s constituent le gros de la sĂ©lection, on trouve aussi beaucoup de choses rĂ©centes. Enfin, DelĂąge Ă©crit extrĂȘmement bien, et chaque ligne laisse apparaĂźtre sa passion pour cette musique qui va bien au-delĂ  de Genesis et Marillion. Bref, lĂ  aussi, un must !

LE TOPDIX DU PARISIEN

Éric Bureau et Michel Valentin
Le Parisien 22 décembre 2014

- Prog 100

FrĂ©dĂ©ric DelĂąge est l’invitĂ© de l’émission Rockoscopie pour parler de son ouvrage Prog 100.

ÉCOUTER L’ÉMISSION DU 07/12 CONSACRÉE AU LIVRE

David Taugis
Judaïques FM // Rockoscopie 7 décembre 2014

- Le rock progressif trĂŽne en bibliothĂšque

Vous ĂȘtes sans doute parmi ceux qui apprĂ©cient que les colonnes du JdJ restent ouvertes Ă  l’actualitĂ© du rock progressif, car il y en a une, ne serait-ce que celle-ci, qui mĂ©rite le dĂ©tour en cette pĂ©riode prĂ©cĂ©dant NoĂ«l : un ouvrage de 256 pages intitulĂ© Prog 100, le rock progressif des prĂ©curseurs aux hĂ©ritiers, signĂ© FrĂ©dĂ©ric DelĂąge. Journaliste français Ă  Centre Presse et La Nouvelle RĂ©publique, ce grand connaisseur de la mouvance progressive au fil du temps a regroupĂ© les chroniques de 100 albums reprĂ©sentatifs (ou partiellement) de 100 diffĂ©rents groupes et artistes. Un texte d’ouverture initie, dĂ©veloppe en contextualisant, dĂ©taille le sujet en un trentaine de pages. Et de citer, en derniĂšre partie, 100 autres albums de 100 autres artistes potentiellement tout aussi intĂ©ressant que le premier choix. Un trĂšs bon bouquin de vulgarisation Ă  propos d’un courant musical nĂ© selon toute vraisemblance avec la parution d’In The Court of The Crimson King, de King Crimson, en 1969 : “Il manquait peut-ĂȘtre un ouvrage plus ludique, un guide discographique qui fasse le lien entre le progressif des seventies et ses hĂ©ritiers modernes, qu’ils s’inspirent directement des inventeurs ou s’inscrivent dans une dĂ©marche plus moderne mais finalement trĂšs progressiste”, explique l’auteur dans une interview accordĂ©e Ă  Corse Matin.
FrĂ©dĂ©ric DelĂąge manie l’anecdote et les grandes topographies, le dĂ©tail et l’essentiel avec une virtuositĂ© toute progressive d’ailleurs. Fan du genre tout autant que rĂ©dacteur factuel et rigoureux, il en donne un vaste aperçu historique, une dĂ©coupe qui mĂšne des prĂ©curseurs que sont les Beatles (Sergent Pepper
), les Beach Boys, Moody Blues ou Procol Harum, aux heures de gloire du classic prog’ (King Crimson, Pink Floyd, Yes, Genesis, Van der Graaf Generator
), de la chute du genre dĂšs 19765 Ă  la nouvelle vague des annĂ©es 80, jusqu’à ce qu’il appelle le post prog, de nos jours.
SoulignĂ© Ă©galement le caractĂšre contre-culturel de la progressive Ă  son dĂ©part, tout la fois populaire et Ă  succĂšs sans ĂȘtre ĂȘtre “commerciale”. Un des paradoxes du rock progressif, Ă  tĂ©moin de cette rĂ©flexion sur Tubular Bells de Mike Oldfield, premier album de Virgin : “Il reste aujourd’hui un des albums clĂ©s pour comprendre qu’au cƓur des seventies, la musique progressive avait parfois la capacitĂ© de transformer sa crĂ©ativitĂ© tout underground en succĂšs mainstream”, lit-on dans l’ouverture. Des musiciens qui cherchaient tous d’une certaine maniĂšre Ă  “faire Ă©clater le carcan couplet-regrain traditionnel des chansons pop [
], Ă  Ă©manciper le rock des racines blues [
], Ă  faire jaillir un rock nouveau [
], autorisĂ©s Ă  toutes les audaces”.

Pierre-Yves Theurillat
Le Journal du Jura 29 novembre 2014

- Livres

Le mĂ©tal et le rock progressif : des genres tentaculaires pour les non-initiĂ©s. Deux anthologies les dĂ©mĂȘlent.

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Plus pointu et plus subjectif, et du coup moins attendu, Prog 100 de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge s’intĂ©resse de prĂšs Ă  une famille plus effrayante encore pour les non-initiĂ©s : celle du rock progressif. Si les tenants du mĂ©tal, dans leur diversitĂ©, se rejoignent dans une quĂȘte de puissance tellurique oĂč la guitare Ă©lectrique demeure l’instrument roi, le progressif n’a pour socle commun qu’une ambition, une complexitĂ© et une excellence technique au service d’un affranchissement des formats Ă©tablis du rock et de la pop. Le recensement de DelĂąge surprend, tant par son Ă©rudition (on y dĂ©couvre les obscurs Anglais de Web, T2 ou Cressida, les Italiens d’Il Baletto Di Bronzo ou Le Orme) que par son ouverture d’esprit, prĂ©fĂ©rant les chercheurs pop comme 10cc, Cardiacs ou Grandaddy Ă  une interminable succession de prodiges pompeux et emphatiques aux claviers aussi virtuoses que mal tempĂ©rĂ©s.

Hugo Cassavetti
Télérama

- Prog 100

Encore un ouvrage en langue française traitant du rock progressif. VoilĂ  une nouvelle plutĂŽt rĂ©jouissante, mĂȘme si, avec Anthologie du Rock Progressif de JĂ©rĂŽme Alberola puis Rock Progressif d’Aymeric Leroy, les derniĂšres annĂ©es ont vu sortir deux ouvrages de qualitĂ© en la matiĂšre. NĂ©anmoins, ces deux livres souffraient de certaines carences : quelques oublis assez incomprĂ©hensibles du cĂŽtĂ© d’Alberola, et un traitement plus que superficiel de Pink Floyd et de la pĂ©riode post-70’s dans le bouquin d’Ayemric Leroy. C’est donc Ă  FrĂ©dĂ©ric DelĂąge de se coller Ă  l’exercice, et autant dire qu’il a quelques arguments Ă  faire valoir.

CaractĂ©ristique principale de ce livre : celui de brosser, en cent albums, l’intĂ©gralitĂ© du paysage progressif, des balbutiements du proto-prog Ă  l’annĂ©e 2014 incluse. AprĂšs une courte introduction retraçant l’historique du mouvement, les prĂ©curseurs, les albums canons, l’ñge d’or, le dĂ©clin de la fin des 70’s, les annĂ©es 80, 90, 2000 et 2010, l’auteur a choisi cent disques, en rĂ©duisant son choix Ă  un album par groupe, qu’il traite chacun sur un pied d’égalitĂ© en une double page. Chacun de ces articles vaut autant de critiques contextualisĂ©es permettant de retracer la carriĂšre du groupe en question, de dĂ©crire les qualitĂ©s de l’album retenu et d’en brosser l’épilogue et/ou l’hĂ©ritage ultĂ©rieur. Sans prĂ©tendre Ă  l’exhaustivitĂ©, force est de reconnaĂźtre que cette sĂ©lection de cent disques, et donc de cent groupes, s’avĂšre des plus judicieuses. Sans rien omettre des acteurs majeurs du courant, tant du cĂŽtĂ© des formations classiques (École de Canterburry, par exemple, ou encore le triumvirat français Ange-Gong-Magma) que modernes (l’écurie Kscope en gĂ©nĂ©ral), FrĂ©dĂ©ric DelĂąge parvient, en cherchant attentivement, Ă  sortir de l’ombre quelques groupes et disques mĂ©connus qui mĂ©ritent certainement une oreille attentive, comme les italiens (Il Balletto Di Bronzo, Le Orme) ou les nĂ©erlandais (Focus). L’auteur s’intĂ©resse aussi aux musiques fortement apparentĂ©es au progressif, que ce soit aux dĂ©buts d’un courant balbutiant (The Moody Blues, Frank Zappa), Ă  la pop Ă  accointances cĂ©rĂ©brales (Aphrodite’s Child, Supertramp) ou, plus rĂ©cemment, aux acteurs rock atypiques marquants (Radiohead, Muse) et au post-rock avec tous ses dĂ©rivĂ©s (Sigur Ros).

Outre la sĂ©lection des groupes, le choix des albums s’avĂšre particuliĂšrement Ă©clairant sur la culture de l’auteur. En mettant en lumiĂšre Meddle plutĂŽt que The Dark Side of the Moon (Pink Floyd), Red plutĂŽt que In The Court of The Crimson King (King Crimson), Amarok plutĂŽt que Tubular Bells (Mike Oldfield), Moving Pictures plutĂŽt que 2112 (Rush) ou encore Marbles plutĂŽt que Misplaced Childhood (Marillion), FrĂ©dĂ©ric DelĂąge insiste sur les disques, non pas les plus rĂ©ussis (quoique), les plus connus ou les plus vendus, mais les plus reprĂ©sentatifs du style, de la culture et de la personnalitĂ© de la formation traitĂ©e. Plus que des incontournables, ces disques et la grande majoritĂ© des autres albums abordĂ©s reprĂ©sentent des portes d’entrĂ©e idĂ©ales pour pouvoir se faire une idĂ©e prĂ©cise sur les multiples facettes que peut prendre le rock progressif. Et si l’écoute s’avĂšre fructueuse, sachez que l’auteur vous donne des pistes pour aller plus loin : autres albums majeurs du groupe en question, albums apparentĂ©s (side projects, projets solo, supergroupes) et albums amis tels que nous vous en proposons sur Albumrock (“Si vous aimez, vous aimerez
”). A cela s’ajoute encore, en fin d’ouvrage, une liste de 100 autres albums de 100 autres groupes pour achever de faire le tour de la question. JugĂ©s moins significatifs, ils n’en restent pas moins souvent intĂ©ressants. À titre personnel, j’aurais certainement traitĂ© en dĂ©tail un album de Riverside plutĂŽt qu’un disque de North Atlantic Oscillation dans la catĂ©gorie des hĂ©ritiers modernes, mais ça reste un point de dĂ©tail totalement anecdotique en regard du bien-fondĂ© des choix ici affichĂ©s.

Cerise sur le gĂąteau, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge n’oublie absolument pas les immanquables progressistes contemporains, parfois trĂšs rĂ©cents. J’ai donc Ă©tĂ© particuliĂšrement ravi de voir abordĂ©s des disques aussi essentiels (pour moi) que The Dark Third de Pure Reason Revolution, Frames d’Oceansize, Schoolyard Ghosts de No-Man (avec par ailleurs une trĂšs grande part accordĂ©e, fort Ă  propos, Ă  Steven Wilson et Ă  l’ensemble de son Ɠuvre au-delĂ  des incontournables Fear of a Blank Planet et The Raven that Refused to Sing), The Octopus d’Amplifier, Weather Systems d’Anathema et, dĂ©jĂ  pour 2014, Demon de Gazpacho et Pale Communion d’Opeth. Nul doute que l’excellent Walking On A Flashlight Beam de Lunatic Soul aurait trouvĂ© sa place dans la liste si cet ouvrage avait Ă©tĂ© Ă©ditĂ© quelques mois plus tard. Preuve supplĂ©mentaire de la pertinence acĂ©rĂ©e de l’auteur, de son Ă©clectisme et de sa rĂ©activitĂ©.Prog 100 peut parfois s’avĂ©rer un peu austĂšre, eut Ă©gard Ă  la maniĂšre de traiter son sujet segment par segment, et il est clairement moins Ă©rudit que le Rock Progressif d’Aymeric Leroy, mais, de par la praticitĂ© et la justesse de l’ouvrage, sans compter son caractĂšre actuel et quasi-exhaustif, il s’agit au final du meilleur ouvrage en langue française sur le sujet. Sans hĂ©sitation aucune.

Nicolas
AlbumRock.net 12 novembre 2014

- Le tour du prog en 100 albums - Interview

Journaliste Ă  Centre Presse et Ă  La Nouvelle RĂ©publique, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge a longtemps collaborĂ© avec la presse musicale. Sa spĂ©cialitĂ© : le rock progressif auquel il consacre un nouvel ouvrage, *l’excellent Prog 100. Ses Chroniques du rock progressif, parues en 2002, comptent parmi les indispensables de toutes bibliothĂšques musicales qui se respectent. FrĂ©dĂ©ric DelĂąge connaĂźt le sujet sur le bout des doigts. Son sujet. Celui d’un genre dont l’acte de naissance a officiellement Ă©tĂ© fixĂ© au 10 octobre 1969, date de sortie de l’album In the Court of The Crimson King de King Crimson. Le prog possĂšde autant d’amateurs que de dĂ©tracteurs. Quand certains lui vouent un culte sans limite, d’autres raillent volontiers un registre oĂč les morceaux marquent une rupture avec le schĂ©ma classique “couplet-refrain-couplet-refrain-pont-solo-(re)refrain histoire que tout le monde s’en souvienne”.
De sa riche expĂ©rience, le journaliste a retirĂ© la substantifique moĂ«lle pour accoucher d’un nouvel effort, son troisiĂšme : Prog 100, Le rock progressif des prĂ©curseurs aux hĂ©ritiers.

À quand remonte votre attirance pour le rock progressif ?

Au milieu des annĂ©es 80, Ă  l’ñge de 15-16 ans, quand j’ai dĂ©couvert la vague progressive de la dĂ©cennie prĂ©cĂ©dente et particuliĂšrement le Genesis de la pĂ©riode Peter Gabriel. Ce fut, plus qu’une dĂ©couverte, une rĂ©vĂ©lation. Ces disques sortis dans la premiĂšre moitiĂ© des seventies me parlaient bien davantage que quasiment tout ce qui pouvait sortir dans les annĂ©es 80


Vous avez collaboré à de nombreuses revues dont le regretté Rockstyle. Quels souvenirs en avez-vous gardé ?

Une longue et passionnante conversation avec Ian Anderson, de Jethro Tull, Ă  Paris en 1994 – oĂč l’admiration des Français pour Johnny Hallyday en prenait pour son grade. La visite en 1997 de The Farm, le studio de Genesis, guidĂ© par Tony Banks et Mike Rutherford. Roger Hodgson, l’ñme envolĂ©e de Supertramp, qui s’empare de sa guitare acoustique pour me jouer un morceau alors inĂ©dit Ă  la fin d’une interview Ă  Anvers en 1995, pendant que mon magnĂ©to tournait encore. Moult autres rencontres avec Peter Hammill ou des groupes au grand complet (Yes en 1996, Marillion en 1997, Van der Graaf Generator en 2005). Ou encore Bill Bruford, le batteur qui a co-fondĂ© Yes, jouĂ© dans King Crimson et avec Genesis, qui me dit un jour que le rock progressif n’est jamais qu’une invention de journalistes


Douze ans aprĂšs les Chroniques du rock progressif, pourquoi consacrer un nouvel ouvrage Ă  ce style musical ?

C’est Yves Jolivet, le fondateur de la maison d’édition Le mot et le reste, qui m’a sollicitĂ©. En 2010, Aymeric Leroy avait dĂ©jĂ  publiĂ© dans cette belle collection une somme trĂšs fouillĂ©e sur l’histoire du rock progressif. Mais il manquait peut-ĂȘtre un ouvrage plus “ludique”, un guide discographique qui fasse le lien entre le progressif des seventies et ses hĂ©ritiers modernes, qu’ils s’inspirent directement des inventeurs ou s’inscrivent dans une dĂ©marche plus moderne mais finalement trĂšs progressiste.

D’oĂč une palette plus large


Cela me permet, en effet, d’évoquer dans Prog 100 non seulement Marillion ou Porcupine Tree, mais aussi Radiohead, Muse, Archive, Tool, Mars Volta ou des groupes plutĂŽt classĂ©s dans le post-rock comme Sigur Ros. Par rapport Ă  mon prĂ©cĂ©dent livre, qui Ă©tait dĂ©jĂ  une sĂ©lection de cent disques, il y a deux diffĂ©rences majeures : un seul album par groupe, et surtout cette couverture temporelle qui ne se limite plus aux annĂ©es 70 puisque je termine en 2014. Si l’on se base sur une acception relativement large du rock progressif, ce qui est mon cas dans ce livre, les dix derniĂšres annĂ©es sont sans doute les plus crĂ©atives depuis l’ñge d’or du mouvement


Le rock progressif est-il, historiquement, une réponse européenne au rock américain ?

On peut le considĂ©rer comme tel, dans la mesure oĂč il reste sans doute le courant du rock le moins marquĂ© par le blues. Il a, au contraire, cherchĂ© le plus souvent Ă  s’en Ă©manciper, lui prĂ©fĂ©rant des influences classiques mais aussi jazz, folk, mĂ©diĂ©vales. Le rock progressif est d’abord une crĂ©ation trĂšs anglaise, mĂȘme si des pays continentaux, principalement l’Italie et l’Allemagne, en ont proposĂ© d’autres incarnations marquantes. Dans les annĂ©es 70, pour le prog, les États-Unis Ă©taient bien davantage une terre d’accueil qu’une pĂ©piniĂšre de crĂ©ateurs


InfluencĂ©e par la musique classique, c’est un style aussi adulĂ© que dĂ©criĂ©. Dans le livre, vous citez trois exemples prĂ©cis pour expliquer en quoi ce registre divise (A Passion Play, Brain Salad Surgery et Tales from Topographic Oceans). Pourquoi, selon vous ?

Je cite effectivement ces trois albums controversĂ©s de 1973 dans l’introduction du livre car ils reprĂ©sentent les grands groupes prog, en l’occurrence Jethro Tull, Emerson Lake & Palmer et Yes, Ă  leur maximum d’ambitions en matiĂšre de complexitĂ© exaltĂ©e et de virtuositĂ© instrumentales. Et pourtant, ces trois disques ont atteint les sommets des charts Ă  leur Ă©poque. Dans la premiĂšre moitiĂ© des annĂ©es 70, il Ă©tait tout Ă  fait possible de concilier musique compliquĂ©e et ventes consĂ©quentes. Mais pour les partisans de l’orthodoxie rock’n roll, les influences classiques et la virtuositĂ© instrumentale sont vite devenues synonymes de prĂ©tention. DĂšs 1973, une partie de la presse musicale retourne sa veste Ă  l’égard du prog. C’est le dĂ©but d’un processus qui aboutira Ă  un rejet quasi total du genre Ă  partir de 1977-1978, au moment de l’explosion punk.

On reprochait alors au genre d’ĂȘtre dĂ©connectĂ© de la rĂ©alitĂ©, notamment sociale. Un propos injuste selon vous


Ceux qui pensent que les concepts du rock progressif ne s’inspirent que d’heroic-fantasy, de Tolkien, d’elfes et de petits lutins connaissent vraiment mal le genre
 La plupart du temps, ces thĂšmes ne sont rĂ©currents que chez des groupes de troisiĂšme zone postĂ©rieurs aux seventies. Les principaux crĂ©ateurs du genre ont traitĂ© souvent de thĂšmes bien rĂ©els, mais, comme je l’explique dans le livre, l’ont passĂ© au filtre de leur imaginaire, avec un sens de la distanciation trĂšs anglais. Pink Floyd Ă©voque l’aliĂ©nation urbaine dans The Dark Side Of The Moon, ELP pointe les dangers du progrĂšs technologique dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 70 dans Tarkus et Brain Salad Surgery, certains morceaux de Genesis se moquent du capitalisme mercantile, etc. Mais les groupes prog utilisent souvent des propos mĂ©taphoriques, ils prĂŽnent davantage un changement “de l’intĂ©rieur” qu’une confrontation politique au sens premier. Quand le punk est arrivĂ©, sur fond de dĂ©senchantement social, la contestation est devenue, Ă  l’image de la musique, beaucoup plus frontale


Dans la deuxiÚme moitié des années 70, aprÚs une période glorieuse, le style est pointé du doigt, considéré comme une « trahison originelle du rock ». Pourquoi ?

Une frange du milieu du rock n’a jamais pardonnĂ© au progressif de s’ĂȘtre inspirĂ© des musiques savantes, en particulier du classique. Le punk Ă©tait musicalement le contraire du prog : retour aux rythmes binaires, aux morceaux de 3 minutes maxi, Ă  l’énergie brute et sauvage, rejet total des dĂ©veloppements instrumentaux. Dans le mĂȘme temps, on peut penser que la ringardisation de cette musique complexe et peu commerciale a aussi bien arrangĂ© le business des maisons de disques


Comment expliquer le virage difficile des annĂ©es 80, Ă©poque oĂč certains grands noms de la scĂšne comme Yes ou Genesis s’orientent vers un rock plus gĂ©nĂ©raliste, sinon FM ?

RETROUVEZ L’INTERVIEW DE FRÉDÉRICDELÂGE EN INTÉGRALITÉ

Éric Buggea
Corse Matin 7 novembre 2014

- Le rock progressif a son guide

De Pink Floyd Ă  Yes en passant par Radiohead, Peter Hammill ou encore Archive, Prog 100, le dernier ouvrage de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, est la compilation indispensable pour partir Ă  la (re)dĂ©couverte du rock progressif. Un guide clair et concis qui dĂ©cortique 100 des albums majeurs du « prog », ce rock sophistiquĂ© aux multiples influences qu’elles soient classiques, jazz ou folk.

De 1968 Ă  nos jours

« C’est un mouvement qui a fait les beaux jours de la premiĂšre moitiĂ© des annĂ©es soixante-dix et qui retrouve ses lettres de noblesse depuis une dizaine d’annĂ©es, confie l’auteur, journaliste Ă  Poitiers pour les quotidiens Centre Presse et La Nouvelle RĂ©publique. Avec ce livre, j’ai voulu faire le lien entre les prĂ©curseurs et les hĂ©ritiers du “ prog “, ce rock qui fait la part belle a une certaine complexitĂ© musicale. »
Cent artistes dĂ©cortiquĂ©s autour d’un de leur album phare pour un voyage musical de 1968 Ă  nos jours. « J’y mĂȘle les groupes emblĂ©matiques comme Genesis, Yes, Pink Floyd, King Crimson ou Van Der Graaf Generator avec des coups de cƓur comme 10cc ou Khan. Chaque chronique est une porte ouverte sur le groupe Ă©voquĂ© agrĂ©mentĂ© d’une discographie sĂ©lective. » FrĂ©dĂ©ric DelĂąge fait mĂȘme durer le plaisir en proposant en annexe 100 albums et artistes supplĂ©mentaires dont se dĂ©lecteront spĂ©cialistes et nĂ©ophytes curieux.

LE SITE DE LA NOUVELLERÉPUBLIQUE

Delphine Léger
La Nouvelle République 18 octobre 2014

- FrĂ©dĂ©ric Delage : 100 albums rĂ©fĂ©rentiels d’un univers musical en expansion


Quand j’ai su que l’excellente maison Le mot et le reste Ă©ditait un nouvel ouvrage sur le rock prog, je me suis tout d’abord dit
 Ă  quoi bon ? Pourquoi un nouveau bouquin sur le sujet ? Que va-t-il dire de plus que les autres ? Le nom de l’auteur a nĂ©anmoins piquĂ© ma curiositĂ©, me conduisant Ă  la lecture de la chose, intitulĂ©e Prog 100, Le rock progressif des prĂ©curseurs aux hĂ©ritiers. En effet, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge fait autoritĂ© dans ce milieu depuis de nombreuses annĂ©es. Fort de deux livres en tous points remarquables (Chroniques du rock progressif 1967-1979 et Genesis, la boĂźte Ă  musique), ce journaliste professionnel a par ailleurs laissĂ© traĂźnĂ© sa plume durant les annĂ©es 90 dans le dĂ©funt magazine Rockstyle (une rĂ©fĂ©rence absolue de la presse rock tous azimuts, doublĂ© d’un vĂ©ritable vivier de dĂ©couvertes Ă  l’époque pour votre serviteur !), ainsi que dans Crossroad et Compact la dĂ©cennie suivante. Bref, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge est de ceux qui m’ont donnĂ© le goĂ»t d’écrire moi-mĂȘme des chroniques, et ce n’est pas le moindre des compliments.

Tout au long de son nouvel essai, il dresse un portrait intelligent et non sectaire d’un mouvement musical aux contours indĂ©finissables par essence, et en constante Ă©volution depuis plus de 40 ans (n’en dĂ©plaise aux nombreux mĂ©lomanes Ă  l’esprit paradoxalement conservateur, qui ont tendance Ă  confiner le genre – s’il en est un, vaste dĂ©bat – dans une esthĂ©tique purement 70’s, avec ses ingrĂ©dients immuables et ses nombreux clichĂ©s). À travers une sĂ©lection non exhaustive de 100 disques rĂ©fĂ©rentiels des origines Ă  aujourd’hui, oĂč se cĂŽtoient ouvrages pionniers, classiques phares et albums plus iconoclastes, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge nous conte avec aisance et prĂ©cision cette passionnante odyssĂ©e de la contre-culture en bousculant les repĂšres, et en Ă©largissant au maximum le spectre protĂ©iforme des musiques dites “progressives”.

Entre les inĂ©vitables dinosaures Yes, Pink Floyd, King Crimson et Genesis, sont ici mis en lumiĂšre de façon chronologique des groupes et artistes plus inattendus, crĂ©ant ainsi la surprise au fil des pages (T2, Comus, Electric Light Orchestra, Roy Harper, 10cc, Grandaddy
). Aussi, chaque galette passĂ©e en revue est choisie avec la plus grande pertinence, en tĂ©moigne par exemple le Force Majeure de Tangerine Dream, trĂšs certainement l’album le plus progressif au sens rock du terme signĂ© par le lĂ©gendaire combo de musique Ă©lectronique Ă  la sauce allemande.

Enfin, pour Ă©largir ses connaissances et ses horizons, le lecteur apprĂ©ciera le renvoi fait sous chaque article Ă  d’autres Ɠuvres essentielles de la discographie des artistes chroniquĂ©s, ainsi qu’à d’autres noms s’inscrivant dans une mĂȘme sensibilitĂ© ou mouvance stylistique. Saluons Ă©galement la longue introduction de 40 pages, qui revient sur l’objet, la dĂ©marche et la philosophie du livre, tout en brossant rapidement le contexte historique et sociĂ©tal du mouvement progressif.

Merveilleusement bien Ă©crit, avec un style clair et prĂ©cis, Prog 100 s’adresse donc tout autant au nĂ©ophyte en recherche d’un solide guide introductif qu’à l’amateur plus â€œĂ©rudit”, qui y fera Ă  coup sĂ»r quelques bonnes pioches, tout en s’ouvrant Ă  de nouvelles pistes d’investigation ! Pour conclure, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge signe un excellent travail de fond qui a le mĂ©rite de ne prĂ©senter aucune redondance avec le fleuve Voyage en Ailleurs de JĂ©rĂŽme Alberola (plus “sensitif”) et le fameux Rock Progressif d’Aymeric Leroy (plus “acadĂ©mique”), deux autres rĂ©fĂ©rence en la matiĂšre, dignes d’intĂ©grer votre bibliothĂšque.

Alors FrĂ©dĂ©ric, on se retrouve dans 20 ans pour faire le point sur les dĂ©veloppements Ă  venir ? Car il est Ă©crit que la musique, toujours en mouvement, n’a certainement pas fini de “progresser” !

LIENVERS L’ARTICLE ET LE BLOGCLAIR & OBSCUR

Philippe Vallin
Clair & Obscur 31 octobre 2014

- Prog 100

FrĂ©dĂ©ric DelĂąge est une figure bien connue en France dans le milieu du rock dit progressif. Journaliste, il a rĂ©guliĂšrement Ă©crit sur le sujet pour divers magazines, et a mĂȘme publiĂ© aux Ă©ditions La Lauze deux livres : une biographie de Genesis (La BoĂźte Ă  musique) et une anthologie, le trĂšs joli Chroniques du rock progressif 1967-1979. Prog 100 est son troisiĂšme ouvrage et sort cette fois-ci chez le dynamique et atypique Ă©diteur marseillais Le mot et le reste, qui hĂ©berge plusieurs titres d’un autre visage familier du genre, Aymeric Leroy.

La couverture en dit dĂ©jĂ  long : deux Ɠuvres majeures illustrant la diversitĂ© du prog’ « des origines » cĂŽtoient deux disques modernes et importants situĂ©s Ă  la croisĂ©e des genres. Sous-titrĂ© Le rock progressif, des prĂ©curseurs aux hĂ©ritiers, ce livre regroupe en cent albums ce que son auteur considĂšre comme le trousseau de base. On y trouve des rĂ©fĂ©rences incontournables, par les acteurs « historiques » les plus emblĂ©matiques (Pink Floyd, King Crimson, Yes, Genesis
), des disques un peu Ă  la marge mais non moins importantes produits par des groupes habituellement Ă©trangers au genre (Supertramp, 10cc
), des curiositĂ©s ou des formations mĂ©connues que DelĂąge a voulu sortir de l’anonymat tant elles valent le dĂ©tour (Il Balletto Di Bronzo, Khan, AreknamĂ©s
) et – probablement la partie la plus intĂ©ressante – les groupes actuels qui se rĂ©clament ou non de cet hĂ©ritage (Muse, Porcupine Tree, Radiohead, The Mars Volta, Opeth
). Un album par artiste
 que le choix a dĂ» ĂȘtre cornĂ©lien par moments ! PrĂ©cĂ©dĂ©es d’un court historique – contenant quelques vues personnelles mais n’est-ce pas logique sur un sujet aussi polĂ©mique ? – les fiches des albums sont chronologiques, replacĂ©es dans le contexte, un peu sur le modĂšle de Chroniques du rock progressif 1967-1979, et sont enrichies par des conseils d’écoutes supplĂ©mentaires
 et, dans les ultimes pages, par cent autres disques, au cas oĂč le virus aurait Ă©tĂ© contractĂ© par le lecteur ! En somme, un excellent tour d’horizon de ce qu’a Ă©tĂ© le prog’ et comment il a mutĂ© au fil du temps, avec difficultĂ© parfois, pour s’adapter. NĂ©ophyte ou connaisseur, chacun y trouvera son compte.

Depuis longtemps, et aujourd’hui encore Ă  travers son site RockProg Etc, DelĂąge Ɠuvre inlassablement pour la reconnaissance et la rĂ©habilitation d’un genre au mieux confidentiel, au pire honni par les dĂ©tenteurs du bon goĂ»t musical. C’est un livre qui sort au bon moment, Ă  l’heure oĂč certains artistes Ă©tablis reconnaissent enfin du bout des lĂšvres l’influence du prog’ sur leur musique. EspĂ©rons qu’il donne envie Ă  quelques curieux de franchir l’entrĂ©e de cette mine d’or.

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Jean-Philippe Haas
Chromatiques.net 10 novembre 2014

- La biographie du rock progressif

La vague exaltée racontée dans un trÚs bel ouvrage

Un livre sur le « Rock Progressif », oubliĂ© ou mal aimĂ© ( ?) , en tout cas FrĂ©dĂ©ric DelĂąge nous sert le menu complet, avec 100 albums, au zĂ©nith de cette envolĂ©e Rock n Rollienne, qui occupait Johnny Rotten avant qu’il ne devienne Roi des Punks. Car que fut le PROGROCK ? À peine remis des multiples merveilles des annĂ©es 60, aussi bien anglaises que amĂ©ricaines, les fans de Rock, Blues, Folk ou Rythm and Blues virent jaillir un drĂŽle de jeyser vers 1967
 La lĂ©gende veut que ce soit le SERGENTPEPPER des Beatles qui ait amorcĂ© le feu d’artifice, avec les arrangements classiques et philarmoniques du cinquiĂšme Beatles GEORGEMARTIN. Violons et orgues, crescendo et fanfare, cuivres et MELLOTRON. Le Rock, dĂ©jĂ  Ă©clatĂ© par le PSYCHÉDÉLISME et autres dĂ©lires hallucinatoire en voulait plus. Batterie, guitares ne suffisaient plus : les audacieux s’emparĂšrent alors des cuivres, orgues et clavecins, violons et violoncelles et tous les claviers pour tenter de s’envoler idĂ©alement plus haut, puisque plus Ă©quipĂ©s. Les MOODYBLUES avec « Night In White Satin », PROCOLHARUM avec « A Whiter Shade Of Pale », ou David Mc Williams et « Days Of Pearly Spencer », avaient sautĂ© dans le mĂȘme train du romantisme mĂ©lancolique que les FABFOUR avec « Strawberry Fields » ou « A Day In The Life “


Le Temps Ă©tait venu de l’orchestration (!), crime de dilution pour les purs Rockers, mais grand terrain de jeu pour tous les aventuriers idĂ©alistes de la POP dĂ©bridĂ©e. Bien sĂ»r il y aura PINKFLOYD, Ă  la lenteur planante, mais accordons une place Ă  part pour SOFTMACHINE et son inimitables bande, mĂšre de la mystĂ©rieuse Ă©cole de Canterbury : Daevid Allen, Kevin Ayers et Robert Wyatt, dont le mĂ©rite – ou le dĂ©faut, selon les goĂ»ts – sera d’avoir une inspiration jazzy mais surtout DADAĂŻSTE. Et si l’Angleterre de cette fin sixties est une pĂ©piniĂšre de talents, l’AmĂ©rique veut aussi y croire avec les BEACHBOYS et leur album symphonique Pet Sounds, avec ses cƓurs et ses mĂ©lodies dĂ©calĂ©es en canon, puis Frank Zappa, le cynique, avec ses stridences et ses breaks, se prenant pour Stravinsky ou Dvorak
 En 1969, le groupe de Robert Fripp modestement intitulĂ© KINGCRIMSON, va estampiller le terme « Progressif ». Mais la liste va ĂȘtre longue de tous ceux qui sont pris dans la spirale PROG : tous les prĂ©citĂ©s, plus Genesis ( avec Peter Gabriel et Phil Collins), Vanilla Fudge, Van Der Graaf Generator, et aux US : Jethro Tull, Emerson Lake and Palmer et Yes pour ne citer que les principaux.

Les couvertures des albums vont aussi se diffĂ©rencier du prĂ©cĂ©dent Pop Rock, et passer des photos de groupes en grandes tenues Ă  un style illustration, rĂ©tro, flirtant avec la science fiction rayon HEROICFANTASY, mais il y aura aussi des gravures, des peintures et des paysages et mĂȘme des vaches et des lutins, les jeux de rĂŽles inspirĂ©s de TOLKIEN ne sont plus trĂšs loin
 Le Rock atteint alors son Ăąge de raison avec chansons prise de tĂȘte et envolĂ©es lyrico-poĂ©tiques, approche de mondes nouveaux, de niĂšme dimension, des paroles pour penser, planer, imaginer, s’échapper encore de la rĂ©alitĂ© terne
 Passer de l’Underground au Mainstream, ce sera fait avec Mike Oldfield et ses « Tubular Bells », cloches tubulaires, mais vrai tube mondial qui va faire la fortune de Richard Branson et de son label naissant VIRGIN
 en 1973. (rĂ©pĂ©tition du mĂȘme thĂšme de 8 notes sur orgue avec Ă©cho, utilisĂ© pour L’Exorciste » ! Christian Vander du groupe français Magma, dans le mĂȘme studio au mĂȘme moment, prĂ©tend que ce thĂšme lui a Ă©tĂ© volĂ©.. une sorte d’extrait de _MĂ«kanik Kömandöh_
)

Un des mĂ©rites de ce livre complet c’est de prĂ©senter aussi tous les groupes du COMEBACK du Prog Rock des annĂ©es 2000 avec Radiohead, Mars Volta, Sigur Ros, Archives
 et bien d’autres dont je me garderai de parler, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge le faisant bien mieux que moi.

Comme quoi, mĂȘme un aspect dĂ©criĂ© du Rock peut revenir comme un boomerang, car la CHOSE Ă©tait riche d’influences et de possibilitĂ©s.

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Jean Rouzaud
Novaplanet 26 octobre 2014

- Playlist Prog 100

Vous avez toujours rĂȘvĂ© d’un ouvrage proposant une anthologie du rock progressif ? Le journaliste FrĂ©dĂ©ric DelĂąge rĂ©alise vos souhaits, plus de 10 ans aprĂšs ses Chroniques du rock progressif 1967-1979.

Avec Prog 100 – Le rock progressif des prĂ©curseurs aux hĂ©ritiers, ce passionnĂ© livre la sĂšve de cet univers passionnant qu’est le rock progressif, des annĂ©es 60 Ă  nos jours. L’ouvrage commence par une approche globale du genre, avec des initiateurs comme The Beatles, mais aussi leurs successeurs, Ă  l’instar de Radiohead ou Archive. Un premier tour d’horizon assez synthĂ©tique pour que les novices s’imprĂšgnent progressivement de cette musique « romantique, sophistiquĂ©e, complexe, cĂ©rĂ©brale, exigeante ». Un rappel historique, entre King Crimson et Pink Floyd, qui conviendra Ă©galement aux experts et aficionados.

AprĂšs cette mise en bouche, l’auteur s’attache Ă  lister 100 groupes essentiels de ce mouvement musical, Ă  travers leurs albums incontournables, ceux qu’il faut Ă©couter pour plonger aux quatre coins de ce monde riche en textures et en couleurs, de psychĂ©dĂ©lisme en modernitĂ©. De Moody Blues Ă  Porcupine Tree, en passant par Frank Zappa, se croisent les sons d’un demi-siĂšcle de cette musique Ă  la fois contestataire et tout en finesse. Le plaisir qu’éprouve FrĂ©dĂ©ric DelĂąge Ă  aborder cette bande-son dĂ©tonante est communicatif, un livre qui ravira les fans de musique. Oui, mĂȘme les fans de Muse un peu sourds.

LA CHRONIQUESUR LE SITE DE SHUT UP ANDPLAYTHEBOOKS

Claire
Shut Up And Play The Books

- Le rock progressif bouge encore !

Rares sont, dans l’histoire du rock, les courants musicaux Ă  avoir aussi mauvaise presse parmi les dĂ©tenteurs du “bon goĂ»t” : maousse dans les annĂ©es 1970 avant d’ĂȘtre ringardisĂ© par le punk, le rock progressif n’est pas mort, servi par de nouveaux artistes “rebelles aux formatages commerciaux”. Le journaliste FrĂ©dĂ©ric DelĂąge le dĂ©montre dans un Ă©pais volume qui passe au crible 100 disques dans une sĂ©rie d’articles chronologiques. Dans un brillant texte introductif, l’auteur expose le lien Ă©vident allant “des prĂ©curseurs aux hĂ©ritiers” : des Moody Blues Ă  Opeth, on croise King Crimson, Genesis, Yes, Pink Floyd, ELO, Zappa ou Soft Machine, mais aussi Kate Bush, Dream Theater, Mars Volta, Muse, Radiohead et Grandaddy. Bref, toute l’histoire d’une musique “romantique et sophistiquĂ©e, complexe et cĂ©rĂ©brale”. Un vrai travail d’exĂ©gĂšte.

S. C. J.
Sud-Ouest Dimanche 26 octobre 2014