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Parution : 19/06/2026
ISBN : 9782384318933
248 pages (148 x 210)

22 €

Post-Punk, No Wave, Indus & Noise — Nouvelle Ă©dition

Chassés-croisés en 100 disques

La réédition actualisée du livre de référence dédié aux courants musicaux expérimentaux engendrés par le punk.

Sur les cendres du mouvement punk, quatre courants musicaux Ă  l’émergence quasi concomitante ont tracĂ© la voie d’une approche nouvelle notamment basĂ©e sur l’expĂ©rimentation et le non-conformisme : le post-punk (surtout en Angleterre) ; la no wave (presque principalement Ă  New York) ; la musique industrielle (partout dans le monde) ; et enfin le noise (essaimant progressivement au niveau international en se rĂ©fĂ©rant aux deux derniers). Entre autres exemples, viennent Ă  l’esprit les noms de Public Image Limited, Wire, Gang Of Four, Glenn Branca, DNA, Rhys Chatham, Mars, Throbbing Gristle, EinstĂŒrzende Neubauten et Merzbow. En ce qui concerne le post-punk, dĂšs la fin des annĂ©es 1970, la dĂ©marche s’est enracinĂ©e dans une dĂ©construction des canons du rock n’excluant toutefois pas l’idĂ©e de mĂ©lodie. Ce n’est qu’avec la no wave, puis la musique industrielle, et enfin le noise, que toutes concessions au rock seront quasiment abandonnĂ©es au seul profit de recherches d’un Ă©tat que l’on pourrait qualifier de prĂ©harmonique (en tout cas pour les deux derniers mouvements). Au travers de nombreux chassĂ©s-croisĂ©s, cette histoire est racontĂ©e chronologiquement, au fil d’albums sortis entre 1978 et 2020.

Revue de presse

- 9 livres à dévorer cet été Pierre Lemarchand Magic 9 juillet 2026
- 365 chroniques Étienne Greib MAGIC hors-sĂ©rie vol 7 dĂ©cembre 2011
- Sélection Livres Philippe Renaud Improjazz nov-dec 2011
- Livres pour une rentrée studieuse Gilles Borgogno César novembre 2011
- Post-punk Le blog de Francky 01 MUZIKS ET CULTURES 22 mai 2011
- Je lis un livre sur le post-punk Joseph Ghosn josephghosn.wordpress.com mai 2011
- Post-punk Jean-William THOURY Jukebox Magazine juin2011
- Post-punk Aurelio Levisandri Star Wax - DJ's lifestyle magazine été 2011
Eric Deshayes NéosphÚres mai 2011
- Philippe Robert, Post-punk, no wave, indus & noise ... Arnaud Bordes La Cause littéraire mai 2011
- Sélection livres M. Peyronnet Noise mai 2011
- Post-punk Etienne Greib Magic avril 2011
Cyrille Lanoë Revue et Corrigée avril 2011
- Parcours dans l'underground Olivier Pernot Trax avril 2011
- Post-punk Thibaut Allemand Let's Motiv avril 2011
- Chronique musicale Eric Serva France musique // Tapage nocturne 21 mars 2011
- A propos de Post-punk, No Wave, Indus & Noise Emmanuel Hennequin ObskĂŒre Magazine n°3 mars 2011
- Le livre de la semaine Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 27 mars 2011
- Toujours Punk Guy Darol Le Magazine des livres mars 2011
- Post-punk Orkestra février 2011
- Pop Rock Bertrand Loutte Arte journal (19 h) 28 février 2011
- Post-punk Sylvain Bertot Fake for real 25 février 2011

- 9 livres à dévorer cet été

Une quinzaine d’annĂ©es aprĂšs leur premiĂšre publica-tion, ces «chassĂ©s-croisĂ©s en 100 disques» sont rééditĂ©s, aux mĂȘmes Éditions Le mot et le reste. Philippe Robert est expert en cet exercice: dessiner les contours et les nervures d’un courant musical, ses pleins et dĂ©liĂ©s, en une sĂ©lection amoureuse d’albums emblĂ©matiques. Les musiques expĂ©rimentales, le folk des origines et son renouveau, les pop et rock en un itinĂ©raire bis l’ont aussi occupĂ©. L’auteur cĂ©lĂšbre, en chacune des esthĂ©tiques creusĂ©es, ses marges – lĂ , assure-t-il, «à la pĂ©riphĂ©rie», s’écrivent parmi les pages les plus passionnantes de l’histoire de la musique. Post-punk, No Wave, Indus & Noise! s’attache Ă  ces courants tous quatre hĂ©ritĂ©s du punk, impulsĂ©s dĂšs 1978 «et dont le propre aura Ă©tĂ© (
) de remettre le rock en question». Si l’introduction retrace, en une prose prĂ©cise, une brĂšve histoire des faits dĂ©coulant de l’explosion punk et que les cent disques auscultĂ©s se succĂšdent dans leur ordre de sortie, l’ouvrage dĂ©montre la vanitĂ© de toute tentative chronologique. Chaque chronique tisse des liens souterrains jusqu’à une autre extrĂ©mitĂ© de la ligne du temps ou l’autre bout du spectre esthĂ©tique – parfois mĂȘme hors-champ, tel ce fil inattendu tissĂ© entre Joy Division et Black Sabbath, dans la notice dĂ©diĂ©e Ă  Unknown Pleasures. Chaque page du livre est la piĂšce d’un puzzle mouvant; son titre prĂ©cis d’entomologiste ouvre paradoxalement sur les battements d’ailes aussi accidentĂ©s que continus d’une musique qui se moque bien des Ă©tiquettes.

Pierre Lemarchand
Magic 9 juillet 2026

- 365 chroniques

Plus encore qu’une anthologie des musiques dĂ©viantes, on assiste Ă  la mise en place d’une cartographie intime des goĂ»ts de l’auteur dont l’Ɠuvre commence Ă  faire sens. Ce sera pour les plus anciens une salutaire piqĂ»re de rappel, et pour les plus jeunes une Ă©blouissante Ă©ducation. De PĂšre Ubu Ă  Liars, de Throbbing Gristle Ă  Wolf Eyes, Philippe Robert n’hĂ©site pas Ă  tracer des lignes et poser des nuances chronologiques et stylistiques que les chassĂ©s-croisĂ©s du titre annoncent Ă  raison. On y dĂ©couvre, par exemple, une Ă©vidente comparaison entre Joy Division et Black Sabbath, on s’y repasse quelques grands classiques oubliĂ©s — From the Hip (1984) de Section 25 ou encore Scatology (1984) de Coil. En fil d’Ariane plutĂŽt visible — il est citĂ© Ă  plus de cent reprises — ce livre est aussi un hommage Ă  l’invraisemblable descendance du regrettĂ© Captain Beefheart, guide tutĂ©laire de ces oeuvres rageuses, odieuses, rusĂ©es et exigeantes.

Étienne Greib
MAGIC hors-série vol 7 décembre 2011

- Sélection Livres

Philippe Robert a collaborĂ© de maniĂšre Ă©pisodique Ă  Improjazz, mais est surtout connu pour ses Ă©crits dans Octopus, Revue & CorrigĂ©e et les Inrockuptibles. Pour cet ouvrage, il a dĂ©taillĂ© quatre mouvements issus du mouvement punk Ă  travers les disques que ces groupes Ă©mergeant ont pu produire entre 1978 et 2010. Si ce phĂ©nomĂšne reste quelque peu Ă©tranger aux lecteurs d’Improjazz (quoique, nous sommes supposĂ©s avoir des oreilles trĂšs dĂ©veloppĂ©es et rĂ©ceptives Ă  toute source sonore), ces mouvements dĂ©crits dans le titre de l’ouvrage ont aussi quelques points communs avec une certaine forme de musique libre, que ce soit Pere Ubu (en relation avec Henry Cow), Scritti Politti, the Raincoats (deux groupes frĂ©quentĂ©s par Robert Wyatt), Talking Heads, Devo (voir Brian Eno), Flying Lizards, Tuxedo Moon, This Heat (ah! This Heat!), Sonic Youth, Catalogue (bien sĂ»r), Borbetomagus (les iconoclastes), voire mĂȘme Alesia Cosmos ou Rhys Chatham. Robert dĂ©crit les albums phares d’une centaine de groupes qui ont marquĂ© ces genres (la distinction entre ou l’autre Ă©tant parfois difficile Ă  Ă©tablir), figures de proue d’un mouvement sans doute trĂšs vite rĂ©cupĂ©rĂ© (comme le mouvement punk d’ailleurs). On peut se poser la question, comme le fait l’auteur, de savoir s’il fallait laisser des traces Ă©conomiques de ces musiques non commerciales, comme on peut le faire Ă  propos de la musique improvisĂ©e. C’est effectivement un mouvement de l’instant, de scĂšne et de rien d’autre, une musique vivante et morte dĂšs qu’elle s’arrĂȘte. Il n’empĂȘche que les traces sont lĂ  et Philippe Robert dĂ©cortique en deux pages prĂšs de 130 disques en pointant souvent le doigt sur des points essentiels qui ont pu Ă©chapper Ă  l’auditeur profane ou mĂȘme averti.

Philippe Renaud
Improjazz nov-dec 2011

- Livres pour une rentrée studieuse

Les Ă©ditions le Mot et le Reste continuent dans l’excellence en matiĂšre d’écrits Rock avec une nouvelle livraison d’ouvrages qui vient de sortir. Quatre livres, quatre thĂšmes, qui font mouche : les grands Live du rock, un Beefheart pour faire connaissance avec ce musicien haut en couleurs, un Parcours blues et un Post-punk, no wave, indus & noise, chronologie et chassĂ©s-croisĂ©s. Philippe Thieyre qui Ă©crit, entre autres, chez Rock’n‘Folk, se fend d’un Parcours blues en 150 albums. AprĂšs cette saine lecture (et l’écoute concomitante) vous parlerez comme un natif du delta du Mississippi et ni Muddy Waters ni Pee Wee Crayton n’auront de secret pour vous. Si les termes Post-punk, No Wave, Indus & Noise sont obscurs pour vous, plongez-vous dans l’ouvrage du mĂȘme nom : vous y croiserez Tuxedo Moon, Public Image ou les Young Marble Giant. Et d’autres, plus obscurs, sous la plume alerte de Philippe Robert, auteur de nombreux ouvrages chez le mĂȘme Ă©diteur. La scĂšne Ă©tant l’essence du rock, un collectif d’auteurs (E. Chirache, C. Delbrouck, Y. Jolivet et G. Ruffat) revisite, par Ă©crit, les grands albums Live du rock. A vos platines pour les Ă©couter avec de nouvelles oreilles. Enfin, un petit opuscule sans concessions de BenoĂźt Delaune : Captain Beefheart And His Magic Band(s) qui dĂ©mystifie Captain Beefheart, ne nĂ©gligeant pas les zones d’ombres du personnage. On est loin de l’hagiographie.

Gilles Borgogno
César novembre 2011

- Post-punk

Philippe Robert est une plume virtuose que j’ai dĂ©couvert comme beaucoup dans les Inrocks mais qui officie aussi comme auteur de trĂšs bons livres sur la musique, notamment « ROCKPOP, un itinĂ©raire bis en 140 albums » dĂ©jĂ  Ă©ditĂ© chez Le Mot Et Le Reste.

Des cendres encore brĂ»lantes du grand incendie Punk, qui culmina Ă  cheval sur l’annĂ©e 1976/77, un autre mouvement musicale en est nĂ©e : le post-punk. Il fut Ă  la fois une suite et une rupture d’avec le punk qui dĂšs le dĂ©part Ă©tait divisĂ©.

Le post-punk garda certaines de ses rĂ©fĂ©rences et particularitĂ©s musicales (urgence, minimalisme, etc.) mais se dĂ©tacha de son activisme politique pour se recentrer sur l’introspection mentale personnelle (la psychĂ©) et surtout l’Art comme seule voie possible. En quelque sorte, les groupes Post-punk furent les pionniers de l’Art rock. Si on veut ĂȘtre exact, le vĂ©ritable premier groupe Art rock fut le Velvet Underground qui, avant tous, associa la musique avec d’autres formes artistiques comme la peinture et la vidĂ©o.

En mĂȘme temps, d’autres courants trĂšs proches sont apparus avec celui-ci comme la no wave, l’indus et le noise. C’est de ces quatre-lĂ  que traite superbement le livre. Je rajouterai la cold wave qui, bien que prĂ©sente par certains de ces groupes phares, n’est pas mentionnĂ©e comme telle dans cet ouvrage.

Le livre est composé de deux parties.

La premiĂšre analyse le contexte de dĂ©part et chacun de ces mouvements pour les dĂ©finir. Bien que relativement synthĂ©tique (une trentaine de pages), elle n’en est pas moins pertinente. La seconde est comme une grande playlist chronologique des disques indispensables. Elle couvre plus de trois dĂ©cennies et va ainsi de « The Modern Dance » de Pere Ubu (1978) jusqu’à « Returnal » de Oneohtrix Point Never (2010). Une double page leur est ainsi consacrĂ©e avec photo de la pochette et analyse de l’auteur. Cette partie est tellement rĂ©ussie que j’ai (re)dĂ©couvert nombre de bons disques mĂ©connus et, depuis, j’ai envie de tout Ă©couter ou réécouter. Pour les nĂ©ophytes, cette liste sera une excellente porte d’entrĂ©e et d’exploration du Post-punk & Co
.

De par son analyse pointue tout en Ă©tant trĂšs accessible, « Post Punk, No Wave, Indus & Noise » s’adresse autant aux initiĂ©s du genre qu’à ceux qui dĂ©sirent dĂ©couvrir tout un pan mĂ©connu de l’histoire de la musique rock.

Alors, si vous voulez vous replonger dans la musique de cette pĂ©riode « glaciale » mais ĂŽ combien crĂ©ative, vous savez ce qu’ils vous restent Ă  faire. A bon entendeur salut !!!!!

Ma Note : * * * * * * (6)

MUZIKS ET CULTURES

Le blog de Francky 01
MUZIKS ET CULTURES 22 mai 2011

- Je lis un livre sur le post-punk

Le journaliste Joseph Ghosn nous parle de ses coups de coeur dans son blog. En mai, il lisait Post-punk, no wave, indus & noise de Philippe Robert.

Le blog de JG

Joseph Ghosn
josephghosn.wordpress.com mai 2011

- Post-punk

En 1978, l’essentiel de la tornade punk passĂ©, de nombreux courants s’affirment, notamment les rĂ©surgences rockabilly, ska, mods, romantique, new wave, etc. Ces musiques n’ont que trĂšs peu de rapport entre elles. Philippe Robert prĂ©fĂšre s’intĂ©resser aux quatre Ă©coles citĂ©es dans le titre de son livre (300 p.). Deux pages sont accordĂ©es Ă  chaque entrĂ©e avec systĂ©matiquement un rappel de la biographie et du style de l’artiste ou du groupe Ă©voquĂ©. Un disque emblĂ©matique est mis en exergue et sa pochette (en noir et blanc) illustre le propos.

Jean-William THOURY
Jukebox Magazine juin2011

- Post-punk

Philippe Robert nous a habituĂ© Ă  ce type d’ouvrage puisqu’il a dĂ©jĂ  publiĂ© aux Ă©ditions le Mot et le Reste divers titres sur la great black music, les musiques expĂ©rimentales, le rock
 Une des remarques essentielles, chĂšre au sein de notre magazine, c’est le fait de reconnaĂźtre la nature indissociable de l’histoire de ces musiques Ă  l’objet disque. Cette fois-ci, il s’attaque aux courants nĂ©s des cendres du mouvement punk, basĂ© sur la recherche et l’expĂ©rimentation sonore effectuĂ©es principalement par des groupes anglais de post-punk et new wave new-yorkais entre 1978 et 2000. AprĂšs la fin du mouvement punk, certains groupes ressentent la nĂ©cessitĂ© de revenir aux racines underground que les groupes phares du punk avaient en quelque sorte dĂ©laissĂ©es suite Ă  leurs signatures sur des major. D’oĂč viennent des groupes tels que Liquid Liquid, Joy Division, DNA ? Quelle a Ă©tĂ© leur influence sur l’industrie du disque ? L’auteur souligne les ponts avec les expĂ©riences musicales des futuristes italiens (Luigi Russolo), les courants artistiques dadaĂŻstes et situationnistes, sans oublier l’influence fondamentale des musiques Ă©lectroniques allemandes des annĂ©es 70. Il se penche sur la musique industrielle des divers Frank Zappa, Captain Beefheart, Velvet Underground, King Crimson, Brian Eno, etc. Puis la noise oĂč toutes concessions sont abandonnĂ©es au seul profit d’une recherche expĂ©rimentale sans limite que certains critiques avaient vite eu fait de caractĂ©riser comme Ă©tant privĂ©es de mĂ©lodie. On dĂ©couvre, parmi les cent trente noms citĂ©s, d’illustres inconnus, dĂ©montrant une fois de plus la vivacitĂ© de ces mouvements dont la portĂ©e est expliquĂ©e au fil des 300 pages.

Star Wax

Aurelio Levisandri
Star Wax - DJ's lifestyle magazine été 2011

Comme pour plusieurs de ses prĂ©cĂ©dents ouvrages Philippe Robert opte pour la formule de deux pages par album choisi comprenant la pochette du disque agrĂ©mentĂ©e de notes « Ă  Ă©couter aussi » et « Ă©galement conseillĂ©s ». Cette formule d’articles courts, plutĂŽt que de longs chapitres, produit une dynamique qui colle trĂšs bien aux courants Post-Punk, No Wave, Indus et Noise, pas seulement parce que, au moins pour le Post-Punk, les morceaux brefs Ă©taient trĂšs rĂ©pandus, mais surtout parce que ces Ă©tiquettes regroupent un monde trĂšs hĂ©tĂ©rogĂšne et fragmentĂ©. Il y colle peut-ĂȘtre mieux d’ailleurs que l’ouvrage de Simon Reynolds Rip It Up and Start Again, Post-Punk 1978-1984, dont la traduction est parue chez Allia en 2005. Ce pavĂ© aux chapitres fleuves a surtout pour lui l’intĂ©rĂȘt de cerner les groupes emblĂ©matiques dans leurs moindres dĂ©tails, mais seulement sur une poignĂ©e d’annĂ©es.

Le grand intĂ©rĂȘt de l’ouvrage de Philippe Robert est justement de ne pas rester cloisonnĂ© aux quelques annĂ©es avant et aprĂšs 1980. Ce fut une pĂ©riode oĂč les groupes avaient pour ambition commune, les termes reviennent souvent au fil du livre, la dĂ©construction, le dĂ©conditionnement et/ou de « bousculer le catĂ©chisme du rock ». La pĂ©riode fut donc « refondatrice ». Sur ces nouvelles bases allaient se dĂ©velopper une incroyable frĂ©nĂ©sie crĂ©atrice. Aller au-delĂ , jusqu’à 2010 mĂȘme, avec l’album Returnal d’Oneohtrix Point Never (chez Mego), c’est justement s’ouvrir Ă  toutes les explorations concomitantes et qui suivirent. Y compris en France, l’ouvrage abordant, entre autres, Alesia Cosmos, Ruth, Alain Bashung
 Aux cĂŽtĂ©s de Siouxsie And The Banshees, des Talking Heads, de Throbbing Gristle ou encore de Blurt, Merzbow et des Raincoats, cela donne une idĂ©e succincte de la quelque dizaine de douzaines de groupes que l’on peut dĂ©couvrir ou mieux connaĂźtre. Et cela non pas Ă  travers de plates notices biographiques, mais par une approche de leurs dĂ©marches, qui souvent se recoupent (d’oĂč les « chassĂ©s-croisĂ©s » du titre) et par l’habiletĂ© de la plume de Philippe Robert. Elle nous chatouille souvent au point de nous pousser Ă  saisir un crayon et du papier pour vite noter une rĂ©fĂ©rence, sans que ce soit d’ailleurs celle de l’album choisi en titre de section !

NéopshÚres

Eric Deshayes
NéosphÚres mai 2011

- Philippe Robert, Post-punk, no wave, indus & noise ...

Le post-punk : une maniĂšre de rĂ©volution musicale qui, certes, s’étaie sur la rĂ©volte du punk, en perpĂ©tue l’esprit do it yourself, mais qui, surtout, l’excĂšde.
En interrogeant la matiĂšre sonore mĂȘme, voire son support : qu’est-ce qu’une chanson ? Qu’est-ce qu’un instrument ? En analysant la pertinence de l’opposition (que rĂ©fute Luigi Russolo dans L’Art des bruits) entre son et bruit – le bruit devient alors « une composante possible », prend aussi une dimension politique en tant que rupture avec la musique qui constitue « un Ă©niĂšme attribut du pouvoir et un lien de domination de ses sujets ».
D’oĂč une certaine forme de dĂ©construction (qui n’est pas sans rapport avec l’art abstrait) de la mĂ©lodie, puis la quĂȘte d’un Ă©tat prĂ©-harmonique.
Ainsi de la no wave, trĂšs arty s’il en est, new-yorkaise d’essence, considĂ©rĂ©e telle « une exacerbation de ce que le rock contenait jusque-lĂ  de sauvagerie ».
Ainsi de la musique industrielle qui produit « un véritable mur de bruit blanc, fait de masses sonores écrasantes au point de ressembler à une sorte de silence paradoxal », peint « des paysages en fusion », invente « des martÚlements infernaux allant sans cesse crescendo ».
Jusqu’au noise qui, au-delĂ  de ses paroxysmes soniques, de ses dĂ©vastations dionysiaques, de ses extases, lĂ©gitime dĂ©finitivement le bruit, comme positivitĂ© et non plus comme subversion.
S’il est Ă©tude et analyse, Post-punk, no wave, indus & noise, est Ă©galement spicilĂšge oĂč sont colligĂ©s, avec Ă©rudition, plus d’une centaine de groupes, d’albums sortis entre 1978 et 2010 : de PĂšre Ubu Ă  Whitehouse, SPK, Section 25, The Wake, en passant par Throbbing Gristle, James Chance and the contorsions, Masonna, Magazine, Hijokaidan, DNA, Marquis de Sade

Rien que du bon. Rien que du bonheur.

La Cause littéraire

Arnaud Bordes
La Cause littéraire mai 2011

- Sélection livres

Le punk est mort, dĂšs 77, condamnĂ© Ă  un anĂ©antissement rapide car portant en lui les germes de la destruction, forcĂ© de disparaĂźtre car incapable de rĂ©soudre l’équation mĂȘlant dans un mĂȘme mouvement rĂ©volution underground et popularitĂ© lucrative. Et quel punk ? Celui de Londres ou de New York ? Quel rapport entre les premiers albums des Clash ou des Jam ? MalgrĂ© l’unitĂ© apparente ressentie lors du concert scandaleux des Pistols pour le jubilĂ© d’Elizabeth en juin, le passĂ© est dĂ©jĂ  lĂ . Si certains, amĂ©ricains surtout, Ă  l’image des Dead Kennedys, Ă©difient un courant hardcore parce qu’ils refusent de laisser s’éteindre l’incendie et s’orientent vers une radicalisation politique et musicale, d’autres s’en dĂ©tachent, naviguent vers le dĂ©sengagement, s’éloignant du rĂ©alisme social. Ils s’en remettent Ă  l’art pour approfondir leurs propres perceptions. De cette nouvelle approche, basĂ©e sur l’expĂ©rimentation et le non-conformisme, naĂźtront quatre courants : le post-punk, le no wave, l’industriel et le noise. Le post-punk, mouvement principalement anglais, apparaĂźt fin 77. Le magazine Sounds sort Ă  cette pĂ©riode un numĂ©ro intitulĂ© “ New Musick “ qui rassemble des groupes disparates. Leurs points communs ? Distanciation plutĂŽt qu’engagement, divorce entre le politique et l’art, rejet des ancĂȘtres rock des 50’s, indĂ©pendance vis Ă  vis de l’industrie du disque. Cet after punk, renommĂ© rapidement post-punk, envisage le rock comme un laboratoire de recherche, prĂŽne une dĂ©construction qui n’exclut pas l’idĂ©e de mĂ©lodie. La no wave s’installe surtout Ă  New York. Au tournant des 80’s, dans les clubs du Lower East Side, une tendance regroupe des milieux aussi divers que la scĂšne branchĂ©e par le free jazz ou les amateurs de musique contemporaine. La compilation No New York, produite par Brian Eno, rĂ©unit des artistes ayant un seul mot d’ordre : faire table rase du passĂ© en exploitant des sons plutĂŽt que des mots ou des accords. Les racines de ce “ No “ sont dĂ©celables dans Metal Machine Music de Lou Reed, sorti en 75. Sur la pochette, il prĂ©cisait : “ No synthesisers, No Arp, No instruments “. Cet album proposait d’explorer la matiĂšre sonore en tant que telle, tuait le trio sacrĂ© guitare, basse, batterie, ainsi que le chant, et a eu une influence durable sur le rock bruitiste, ouvrant la voie industrielle. Sans porte-Ă©tendard, ce mouvement hĂ©tĂ©rogĂšne sera aussi primordial qu’éphĂ©mĂšre. Pour Throbbing Gristle, les trois accords du punk Ă©taient trois accords de trop. Adeptes de Luigi Russolo, ils s’efforcĂšrent d’appliquer Ă  la lettre ses prĂ©ceptes dĂ©crits dans L’Art des bruits de 1913, notamment donner au bruit une acceptation positive et cesser de l’opposer au son. Un courant pouvait naĂźtre, consistant Ă  faire de la musique sans instrument, en captant des bruits familiers, sans hiĂ©rarchie, et en les reproduisant. L’industriel ou “ faire de la musique pour les usines en utilisant le vrai son de celles-ci, mais en le rendant rythmique et acceptable en lui-mĂȘme “, soit une Industrial music for Industrial People, Ă©tait nĂ©e. Avec le noise, enfin, toute une concession au rock est abandonnĂ©e. “ Pas de tonalitĂ©. Ni voix, ni rythme préétabli. Juste du feedback, en continu. Un acte de son “, Ă©crivait Lou Reed pour la réédition du Metal Machine Music. Si la gĂ©nĂ©ration des annĂ©es 2000 s’accorde parfois des embryons de mĂ©lodies, voire des dĂ©veloppements planants, les puristes de cette orientation, certes marginale mais qui perdure, parlent et sont donc en quĂȘte du pouvoir extatique du noise. Ces quatre courants, si proches et pourtant si hĂ©tĂ©roclites, Philippe Robert les imbrique et les dĂ©cortique en une description de plus de 130 albums sortis entre 1978 et 2010, classĂ©s chronologiquement. Dans ce mĂ©lange composite se juxtaposent des groupes aussi dissemblables que PIL, Devo, Sonic Youth, Certain General ou Liars. N’espĂ©rez pas vous enfiler ce bouquin d’une traite. Énorme travail de documentation et d’analyse, considĂ©rez-le plutĂŽt comme une encyclopĂ©die, un ouvrage de rĂ©fĂ©rence qu’on conserve et consulte au besoin. A lire par petits bouts, avec une bonne radio streaming en illustration sonore.

M. Peyronnet
Noise mai 2011

- Post-punk

AprĂšs avoir publiĂ©, en compagnie de Jean-Sylvain Cabot, un deuxiĂšme tome consacrĂ© aux mĂ©taux lourds et leurs glorieux dĂ©rivĂ©s (Hard’N‘Heavy 1978-2010, Zero Tolerance For Silence chez le mĂȘme Ă©diteur), l’illustre Philippe Robert ne semble pas souffrir d’un quelconque manque d’inspiration et se penche sur un corpus suffisamment large pour fournir Ă  nouveau un ouvrage aussi Ă©rudit que passionnant. Plus encore qu’une anthologie des musiques dĂ©viantes, on assiste Ă  la mise en place d’une cartographie intime des goĂ»ts de l’auteur dont l’Ɠuvre, mĂȘme si on y trouvera toujours quelques motifs d’agacement dans ses choix parfois discutables ou ses partis pris un peu systĂ©matiques, commence Ă  faire sens. Ce sera pour les plus anciens une salutaire piqĂ»re de rappel, et pour les plus jeunes une Ă©blouissante Ă©ducation. De Pere Ubu Ă  Liars, de Throbbing Gristle Ă  Wolf Eyes, Philippe Robert n’hĂ©site pas Ă  tracer des lignes et pose des nuances chronologiques et stylistiques que les chassĂ©s-croisĂ©s du titre annoncent Ă  raison. On y dĂ©couvre, par exemple, une Ă©vidente comparaison entre Joy Division et Black Sabbath, on s’y repasse quelques grands classiques oubliĂ©s – From The Hip (1984) de Section 25, Fat Tuesday (1986) de Passion Fodder, ou encore Scatology (1984) de Coil. Et on y constate le brio de l’argumentaire de l’auteur, sachant en une phrase Ă  propos du Miami (1982) de Gun Club dĂ©finir une partie de son objet : “Une mixture prenant ici chair dans la douleur, la paranoĂŻa et la dĂ©pression, amplifiant ainsi la mĂ©lancolie inhĂ©rente aux idiomes Ă©voquĂ©s, afin de les plonger dans des abymes ignorant tout des pudeurs mal placĂ©es”. Enfin, en fil d’Ariane plutĂŽt visible puisqu’il est citĂ© Ă  plus de cent reprises (sic), ce livre est aussi un hommage Ă  l’invraisemblable descendance du regrettĂ© Captain Beefheart, guide tutĂ©laire de ces Ɠuvres rageuses, odieuses, rusĂ©es et exigeantes.

Etienne Greib
Magic avril 2011

Chroniqueur entre autres dans la revue que vous tenez entre les mains, Philippe Robert dĂ©poussiĂšre ce qu’il appelle le post-punk et ses tendances forcĂ©ment no wave, indus et noise. Comme le soumet le titre, il s’agit d’une chronologie d’albums commentĂ©s, parus entre 1978 et 2010. Soit toute la pĂ©riode du (des) genre(s) jusqu’à nos jours. Un coup dans le rĂ©tro qui permet de s’apercevoir que le punk n’en a pas fini d’alimenter les musiques pas toujours extrĂȘmes. En relation Ă  son ouvrage Hard & Heavy, Zero Tolerance For Silence paru chez le mĂȘme Ă©diteur et chroniquĂ© dans notre dernier numĂ©ro. Extension trĂšs complĂ©mentaire de cet ouvrage dans ce qui s’est fait de mieux dans le genre, pour comprendre les ponts qui ont pu ĂȘtre Ă©difiĂ©s entre Throbbing Gristle et la scĂšne noise et freak amĂ©ricaine des annĂ©es 2000 (Wolf Eyes en tĂȘte), entre Sonic Youth et Liars ou Erase Errata, ou encore et toujours le lien entre punk et noise avec l’exemple flagrant du passĂ© du musicien punk d’une des figures amĂ©ricaines noise du moment, Carlos Giffoni. Comme vous le voyez ça ratisse large, montrant le bouillonnement de ces courants qui dĂ©passent trĂšs souvent les barriĂšres jusque lĂ  dictĂ©es par le rock, tout en gardant un pied bien ancrĂ© dans le social et la contestation. Un bien bel ouvrage qui permet de faire le point sur les artistes qui ont et font l’histoire et de se dire : pourvu que ça dure !

Cyrille Lanoë
Revue et Corrigée avril 2011

- Parcours dans l'underground

Quelles sont les influences de LCD Soundsystem ou The Rapture ? Quelle a Ă©tĂ© la part de rayonnement de groupes comme Liquid Liquid, Joy Division, DNA ou Throbbing Gristle ? Le journaliste et Ă©crivain Philippe Robert se penche sur les cendres du punk dans son livre Post-punk, no wave, indus & noise. Un ouvrage qui donne un Ă©clairage Ă©rudit sur ces quatre mouvements musicaux surgis dĂšs la fin des annĂ©es 1970. Quatre genres qui dessinent les lignes forces de l’underground dans cette pĂ©riode prĂ©-techno.
Journaliste chevronnĂ© __ de Coda aux Inrockuptibles en passant par Vibrations ou Jazz magazine __ aux passions musicales plurielles, Philippe Robert a dĂ©jĂ  rĂ©digĂ© quatre livres enrichissants sur diffĂ©rents styles ou pĂ©riodes : Rock, Pop – Un itinĂ©raire bis en 140 albums essentiels; Great Black Music – Un parcours en 110 albums essentiels; Hard’n‘Heavy 1978/2010 – Zero Tolerance for Silence; Musiques expĂ©rimentales – Une anthologie transversale d’enregistrements emblĂ©matiques. “Les ouvrages que j’ai Ă©crits consistent Ă  revenir sur une partie dĂ©terminĂ©e de l’histoire de la musique, et Ă  la faire Ă  la lueur d’albums, parce que j’aime l’objet-disque. Il me parait indissociable de cette histoire propre au XXe siĂšcle. Chacun de mes livres raconte une histoire possible, rien d’autre. J’ai horreur des livres exprimant des opinions dĂ©finitives. Je propose donc des parcours.”

Fertilisations croisées
Le parcours proposĂ© par Philippe Robert compte 130 albums, de 130 formations, avec des “groupes incontournables (PiL, Gang of Four, DNA, Throbbing Gristle) et des singuliers mais pas moins importants (Raincoats, Ludus). Mais je n’écris ni dictionnaires ni guides d’achat sous prĂ©texte que je parle de disques. Je dĂ©roule une histoire, finalement trĂšs personnelle, oĂč l’objectivitĂ© et la subjectivitĂ© sont intimement mĂȘlĂ©es, et dans laquelle j’essaie d’ouvrir des champs d’investigation encore inexplorĂ©s.“
Un copieux addenda et de multiples renvois complĂštent la sĂ©lection de disques qui se prĂ©sente de maniĂšre chronologique : “Tous les courants sont permĂ©ables aux influences extĂ©rieures, ils se nourrissent mĂȘme les uns les autres au point que l’on pourrait Ă©voquer des fertilisations croisĂ©es. IL valait donc mieux mĂȘler post-punk, no wave, musique industrielle et noise. Seule la new wave n’a pas Ă©tĂ© retenue car elle me semble participer d’autre chose, directement reliĂ© Ă  une certaine idĂ©e de la pop.“
En fouillant dans les archives, Philippe Robert s’est penchĂ© sur tous les groupes de cet underground qui “innovent, tracent la voie dans laquelle s’engouffrent les autres. On les reconnaĂźt Ă  leur singularitĂ©, Ă  ce qu’ils apportent de rĂ©volutionnaire.” Mais la richesse du livre est aussi de s’ouvrir sur le prĂ©sent : “Des groupes comme Cold Cave, Erase Errata ou Oneohtrix Point Never proposent aujourd’hui des choses extrĂȘmement intĂ©ressantes. L’underground n’a jamais Ă©tĂ© aussi vivace !”

Olivier Pernot
Trax avril 2011

- Post-punk

AprĂšs avoir explorĂ© de nombreuses niches musicales, Philippe Robert s’intĂ©resse au Post-punk. Peu ou prou le mĂȘme sujet que Simon Reynolds dans Rit It Up And Start Again ! (Allia, 2007), avec cependant un dĂ©tour par la noise, grand oubliĂ©e du critique britannique. AprĂšs une intro intĂ©ressante, oĂč Robert pose les bases et dĂ©limite son sujet, l’auteur Ă©tablit une discographie aussi subjective que sĂ©lective – on comptera les manques (rien sur Death In June ?), mais on dĂ©couvre aussi pas mal de noms in/mĂ©connus. Dommage, cependant, que le format imposĂ© limite souvent les textes : si on se serait bien passĂ© d’un Ă©niĂšme texte sur Joy Division, on aurait bien voulu en savoir un peu plus sur Hair Police ou The New Blockaders. Un tome 2 ?

Thibaut Allemand
Let's Motiv avril 2011

- Chronique musicale

La chronique d’une certaine actualitĂ© musicale.
“Beaucoup d’entre vous connaissent certainement la maison d’édition marseillaise Le Mot et Le Reste. Je vous en parle rĂ©guliĂšrement au cours de cette Ă©mission puisque l’une de leur collection (Formes) est rĂ©servĂ©e aux livres grand public consacrĂ©s Ă  la peinture, la littĂ©rature et bien sĂ»r la musique. L’éditeur vient de faire paraitre un nouvel ouvrage de Philippe Robert intitulĂ© Post-Punk, No Wave, Indus & Noise. On connait l’amour et la connaissance encyclopĂ©dique de cet auteur pour ces styles musicaux, on n’est donc guĂšre surpris d’y dĂ©couvrir ou retrouver une centaine d’albums Ă©ditĂ©s entre 1978 et 2010 et, comme toujours, judicieusement prĂ©sentĂ©s. Pour faire court disons que ces mouvements musicaux (Post-Punk, No Wave, Indus & Noise) sont nĂ©s de l’explosion de la scĂšne punk et on Ă©tĂ© influencĂ©s par les expĂ©riences musicales des futuristes italiens, par les attitudes artistiques dadaĂŻstes et situationnistes, par les musiques Ă©lectroniques allemandes des annĂ©es 70, par les performances sonores industrielles anglaises et les Ɠuvres isolĂ©es d’artistes hors normes comme les fabuleux Frank Zappa et Captain Beefheart, le Velvet underground, King Crimson, Brian Eno et bien d’autres
 Le journaliste Philippe Robert donc retenu une bonne centaine d’albums, un choix toujours trĂšs subjectif mais trĂšs cohĂ©rent d’autant plus qu’il ajoute pour chacun d’entre eux une liste d’albums du mĂȘme auteur A Ă©couter aussi et une liste d’artistes Ă©galement conseillĂ©s. Bref de quoi se faire une excellente discothĂšque et de disposer des clĂ©s indispensables Ă  la comprĂ©hension de ces tendances musicales riches et toujours influentes.”

Pour réécouter l’émission du 21 mars 2011 :
Tapage nocturne

Eric Serva
France musique // Tapage nocturne 21 mars 2011

- A propos de Post-punk, No Wave, Indus & Noise

Post-punk, No Wave, Indus & Noise, Chronologie et chassĂ©s-croisĂ©s, est une photographie subjective de certaines froideurs musicales signĂ©e du prolifique Philippe Robert. L’auteur y livre les clefs de forme et de fond d’une protubĂ©rance sonore tribale ou prĂ©-harmonique. Nerveux et passionnant.

Plus interview bonus (et fleuve) sur Obskuremag.net

Emmanuel Hennequin
ObskĂŒre Magazine n°3 mars 2011

- Le livre de la semaine

Dans son émission Easy rider (n°1102, dimanche 27 mars 2011), Olivier sacre Post-punk, No Wave, Indus & Noise livre de la semaine.

Réécouter l’émission : Easy rider

Olivier Valerio
Radio P.FM // Easy Rider 27 mars 2011

- Toujours Punk

C’est toujours vers Greil Marcus qu’il convient de se tourner lorsqu’on interroge l’histoire du mouvement punk. Lipstick Traces (Éditions Allia, 1998) est ce grand livre dans lequel il est montrĂ© que l’aventure des Sex Pistols s’origine chez les gnostiques. Ils affirmaient que le monde est viciĂ© parce que créé par un Dieu pervers. Faut-il rappeler que ces profanateurs du dogme ont connu l’Enfer. Des bĂ»chers collectifs lĂ©guĂšrent au Saint-Esprit le corps des hĂ©rĂ©tiques. Sans doute est-ce l’une des bonnes raisons qui explique la mauvaise humeur des toujours punks lorsqu’ils eurent vent qu’une exposition Ă  la villa MĂ©dicis (oĂč fut internĂ© naguĂšre le dangereux GalilĂ©e) proposait, sous vitrine, jusqu’au 20 mars 2011, des vestiges aussi sĂ©ditieux que les T-shirts griffĂ©s Malcolm Mc Laren et Vivienne Westwood. Cela sentait l’hĂ©rĂ©sie un peu comme sur le passage de quelques personnes Ă  travers une assez courte unitĂ© de temps, l’hommage rendu Ă  l’Internationale Situationniste en 1989 par le Centre Georges Pompidou, suscita l’ire des rĂ©voltĂ©s toujours nerveux, forcĂ©ment. Il y a des feux inextinguibles. Greil Marcus, dans son grand livre, dessine une flĂšche du temps punk sur laquelle il place gagnant les gnostiques, l’anabaptisme de Jean de Leyde, dada et les situationnistes.

Dans Post-punk, no wave indus & noise, le formidable Ă©rudit Philippe Robert ne manque pas de jeter Ă  travers le temps les passerelles qui relient les Sex Pistols Ă  dada et Ă  la politique. Il confirme ce que Greil Marcus avait vu. Punk et dada, c’est le mĂȘme bruit. C’est la mĂȘme fureur. Seulement, il prĂ©cise l’importance d’un gamelan Ă  suivre : Francesco Balilla Pratella, auteur du Manifeste des musiciens futuristes, publiĂ© en 1911, inconnu des Ă©diteurs en langue française. Un coup de tonnerre puisque Luigi Russolo lui dĂ©die L’Art des bruits (L’arte dei Rumori), le grand acte du bruitisme sorti deux ans aprĂšs que Pratella eut lĂąchĂ© son vacarme. Philippe Robert ne revient pas sur les premiers pas de bĂ©bĂ© punk. Il nous le montre grandi, affranchi, libĂ©rĂ© d’un passĂ© fulminant oĂč brillent d’un noir vif Clash, Damned, Stranglers, Buzzcocks, Blondie, Television, ces noms aujourd’hui bibliques. Philippe Robert expose une autre trajectoire, celle qui vient de l’aprĂšs-punk dĂ©constructeur cherchant noise aux conformismes, toujours devant pour faire table rase et ce « brouhaha Ă©ternel » appelĂ© par Kierkegaard, une Ă©meute dans laquelle on retrouve Throbbing Gristle, Merzbow, Psychic TV, Sonic Youth, Catalogue, Kas Product, Glenn Branca, Tuxedomoon, Joy Division, The Flying Lizards, Devo, The Red Crayola 
 Il faut bien abrĂ©ger la liste. Philippe Robert Ă  qui l’on doit (et je dis bien Ă  qui l’on doit) une floraison d’ouvrages essentiels sur le rock et la pop hors des limites gĂ©omĂ©trisĂ©es par le marketing nous apporte dans ce recueil de choix ses lumiĂšres, celles d’un spĂ©lĂ©onaute de l’underground. Car il n’y a que l’underground. Le mainstream n’intĂ©resse personne.

Le mainstream n’intĂ©resse personne et c’est pourquoi on ne voit rien venant de l’Est. Le punk mĂ©diatisĂ© UK obombre les rĂ©voltes rĂ©elles, pour ne pas dire logiques selon le mot d’Arthur Rimbaud. Car tandis que le monde bouge, les yeux se fixent toujours sur les Ă©tiquettes de la consommation. À quelques lettres prĂšs, consommation devient consumation. Lisez le livre de JĂŒrgen Teipel et vous verrez comment le punk Ă  certains endroits du monde fut sĂ©rieusement connectĂ© Ă  la rĂ©volution. Lisez ce livre et vĂ©rifiez. Le punk est l’ennemi jurĂ© des hippies, ces remuants apparents mais adorateurs de l’ordre US. Ils n’ont rien fait que titiller. JĂŒrgen Teipel a enquĂȘtĂ© et il ressort que le mouvement punk coĂŻncide avec Elf uhr nachts (Pierrot le fou), Godard Belmondo associĂ©s, poing dans le poing. Blitzkrieg Pop et troublemakers ont sĂ©vĂšrement Ă  voir avec l’anti-pacifisme, soit l’idĂ©e reçue dans les annĂ©es 1970 Ă  la suite de quelques messages envoyĂ©s sous la doctrine du hippiedom ou hippie dogme.

LIPSTRICKTRACES, Greil Marcus, Folio Gallimard, 602 p., 13 €
POST-PUNK, NO WAVEINDUS & NOISE, Philippe Robert, 300 p., 20 €
DILAPIDE TA JEUNESSE, UN ROMAN-DOCUMENTAIRESUR LE PUNK ET LA NEWWAVEALLEMANDS, JĂŒrgen Teipel, 432 p., 25 €

Guy Darol
Le Magazine des livres mars 2011

- Post-punk

Philippe Robert a publiĂ© six ouvrages chez le mot et le reste (Rock Pop, Great Black Music, Musiques expĂ©rimentales et Hard’n‘Heavy en deux volumes avec Jean-Sylvain Cabot).
Sur les cendres du mouvement punk, quatre courants musicaux Ă  l’émergence quasi concomitante ont tracĂ© la voie d’une approche nouvelle basĂ©e sur l’expĂ©rimentation et le non-conformisme : le post-punk (surtout en Angleterre) ; la no wave (presque principalement Ă  New York) ; la musique industrielle (partout dans le monde) ; et enfin le noise (essaimant progressivement au niveau international en se rĂ©fĂ©rant aux deux derniers). Entre autres exemples, viennent Ă  l’esprit les noms de PUBLICIMAGELIMITED, WIRE, GANG OF FOUR, GLENNBRANCA, DNA, RHYSCHATHAM, MARS, THROBBINGGRISTLE, EINSTÜRZENDENEUBAUTEN, MERZBOW ou CARLOSGIFFONI. En ce qui concerne le post-punk, dĂšs la fin des annĂ©es soixante-dix / dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt, la dĂ©marche s’est enracinĂ©e dans une certaine forme de dĂ©construction n’excluant toutefois pas la mĂ©lodie. Ce n’est qu’avec la no wave, puis la musique industrielle, et enfin le noise, que toutes concessions au rock seront quasiment abandonnĂ©es au seul profit de recherches d’un Ă©tat que l’on pourrait qualifier de prĂ©-harmonique (en tous cas pour les deux derniers mouvements). Au travers de nombreux chassĂ©s-croisĂ©s, cette histoire est racontĂ©e au fil d’albums sortis entre 1978 et 2010.

Orkhestra

Orkestra février 2011

- Pop Rock

“Philippe Robert raconte cette histoire de façon chronologique et se plaĂźt Ă  amĂ©nager chassĂ©s-croisĂ©s, frictions et collisions entre les genres – visĂ©es bruitistes obligent. Et, s’il fallait ne retenir qu’un groupe de cette histoire, ce serait Throbbing Gristle qui effraya en 1980 l’AmĂ©rique.”

Bertrand Loutte
Arte journal (19 h) 28 février 2011

- Post-punk

DĂ©cidĂ©ment, on ne l’arrĂȘte plus. AprĂšs avoir consacrĂ© des ouvrages similaires au pop rock, Ă  la musique expĂ©rimentale, Ă  la black music puis, avec Jean-Sylvain Cabot et en deux volumes, au hard et au heavy metal, Philippe Robert remet le couvert, cette fois avec quatre mouvements clĂ©s nĂ©s aprĂšs le punk (post-punk, no wave, indus, noise), et qui ont partagĂ© le projet de bousculer, de maltraiter, de dĂ©fier, voire de nier le rock.

Que dire de neuf cette fois ? Que dire de plus par rapport aux ouvrages prĂ©cĂ©dents puisque, lĂ  encore, le critique fait preuve d’un goĂ»t sĂ»r et d’une Ă©rudition sidĂ©rante ? Que, non content de nous prĂ©senter en dĂ©tail une bonne centaine d’enregistrements, Philippe Robert nous cite aussi d’autres disques cousins, qu’il complĂšte tout cela d’une discographie complĂ©mentaire encore plus riche, doublĂ©e d’une biographie touffue, et bien sĂ»r, en introduction, d’une mise en perspective des quatre genres abordĂ©s ? Qu’il sait mĂȘler quelques choix plus personnel aux grandes rĂ©fĂ©rences des genres abordĂ©s ? Qu’il Ă©tablit des parallĂšles entre les pionniers de ces mouvements et leurs hĂ©ritiers d’aujourd’hui ? Que, loin de s’arrĂȘter au seul univers anglo-saxon, il sait trouver quelques pĂ©pites ailleurs, notamment en France, fort bien reprĂ©sentĂ©e dans le cas prĂ©sent?

S’il faut souligner les points communs avec les prĂ©cĂ©dents ouvrages, on peut aussi revenir sur ceux qui fĂąchent : un style parfois lourd, un propos difficile Ă  suivre, Ă  force de phrases en tiroirs, d’apartĂ©s et de parenthĂšses qui s’efforcent Ă  grand peine de canaliser un flot puissant de connaissances, de rĂ©fĂ©rences et d’anecdotes ; ou encore, ce lourd magistĂšre que fait peser Wire sur ce nouveau livre, Ă  tel point que Philippe Robert, dans l’article sur le What Happened de Emeralds, emploie Ă  son tour le concept de “pop hypnagogique” que le fameux magazine anglais se sent obligĂ© de nous refourguer depuis des mois.

Toutefois, il y a davantage Ă  dire sur cette derniĂšre livraison de Philippe Robert. Et tout d’abord, que ce Post-Punk, No-Wave, Indus & Noise vient rĂ©parer un manque, un oubli : cette sous-reprĂ©sentation des annĂ©es 80 que l’on regrettait dans son volume sur le pop rock, trĂšs largement consacrĂ© Ă  la dĂ©cennie d’avant. Cette fois, au contraire, et quitte Ă  revenir sur des disques qu’il a dĂ©jĂ  commentĂ©s dans l’autre livre (Cut des Slits, Colossal Youth des Young Marble Giants), ce sont les 80’s qui ont les honneurs, fort logiquement, puisqu’au moins trois des mouvements traitĂ©s ici s’y sont principalement Ă©panouis.

Qui plus est, Philippe Robert aborde les quatre genres sous le bon angle. Dans son ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur le post-punk, Rip It Up & Start Again, l’Anglais Simon Reynolds avait un peu trichĂ©. Il avait regroupĂ© sous cette Ă©tiquette tout ce qui lui avait plu dans l’aprĂšs-punk, sans que tout cela relĂšve Ă  proprement parler de la dĂ©marche post-punk. Le Français, lui, ne se livre pas Ă  cette petite supercherie. Il identifie quatre mouvements qui partagent pour de bon un projet commun, ce souci de dĂ©construction, sinon de destruction, cette volontĂ© d’aller au-delĂ  du rock. Rien n’est hors-sujet, ici. Ah, si, peut-ĂȘtre les Psychedelic Furs, moins expĂ©rimentaux et iconoclastes que beaucoup d’autres, ou le Gun Club, qui prĂŽnait davantage un retour aux racines du rock que son dĂ©passement.

Mais dans son avant-propos, l’auteur avait prĂ©venu qu’il se permettrait de telles exceptions, accompagnant ses dires d’une citation trĂšs juste de GĂŒnter Brus contestant que l’Histoire, et a fortiori celle de l’art ou de la musique, puisse ĂȘtre linĂ©aire et unilatĂ©rale, et donc qu’on puisse la segmenter en tendances et en genres purs et parfaits. Et puis on peut bien lui accorder toutes les exceptions qu’il souhaite, puisque les disques qu’il prĂ©sente sont toujours, sinon des classiques, au moins de vraies curiositĂ©s ou des must-have.

Avec Philippe Robert, donc, on adhĂšre Ă  chaque fois. Qu’il parle de post-punk ou d’autre chose, on a en toujours pour son compte. Qu’il se dĂ©cide, la prochaine fois, Ă  nous parler de sĂ©ga mauricienne ou de chant diphonique mongol, et on achĂštera. Tiens, Ă  propos, la discographie complĂ©mentaire de ce dernier volume se termine pas ces mots : “il va sans dire que new wave et hardcore amĂ©ricain mĂ©ritent chacun un ouvrage dĂ©diĂ© Ă  leur cause”. Ah ben oui, tiens, un tout nouveau livre sur la new wave ou le hardcore

Chiche ?

Fake for real

Sylvain Bertot
Fake for real 25 février 2011