Pink Floyd The Wall
Le Floyd, Ă la diffĂ©rence dâautres gĂ©ants des seventies, est bien devenu, sous lâimpulsion de Waters, un groupe Ă textes. Et câest en grande partie cette non reconnaissance de ses qualitĂ©s dâauteur qui va entraĂźner Waters vers la rupture, lâincident⊠et le chef dâĆuvreâŠ
En 1977, Roger Waters, bassiste et parolier de Pink Floyd, esquisse sur une feuille de papier le croquis dâun mur sĂ©parant public et musiciens. Partant de cette intuition, le groupe enregistre un double album au concept fort et qui rencontre un succĂšs massif â plus de trente millions de copies vendues. PortĂ© par le single â Another Brick In The Wall Part 2 â, prolongĂ© par des concerts au dispositif rĂ©volutionnaire et un film dâAlan Parker, The Wall sĂ©duit bien au-delĂ du public habituel du Floyd.
Dans Pink Floyd The Wall, Philippe Gonin retrace, de la genĂšse du projet aux concerts rĂ©cents de Roger Waters, lâhistoire dune Ćuvre plusieurs fois reprise, repensĂ©e et dont lâuniversalitĂ© du propos dĂ©passe ses auteurs, rendant justice aux collaborations cruciales du producteur Bob Ezrin et du dessinateur Gerald Scarfe.
Revue de presse
- Now I'm Gonin to liste to Pink Floy again... Denis Desassis Musiques buissonniĂšres 23 septembre
- Pink Floyd The Wall Alesandro BM le blog 15 juillet 2015
- Punkitude AgnÚs Léglise Rock&Folk Août 2015
- Pink Floyd The Wall JérÎme Le Pavé dans la mare Avril - Mai 2015
- Abats-moi un mur Prog-Résiste #80 2e trimestre 2015
- Pink Floyd The Wall Chloé Triaire The Gin Genie 27 avril 2015
- Pink Floyd The Wall Thorsten Wollek Rockconcert.com 26 avril 2015
- Livres du mois Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 22 février 2015
- Pink Floyd The Wall Jean-Philippe Haas Chromatique.net 23 février 2015
Paradoxal est le mot clĂ© de ce livre, consacrĂ© Ă une Ă©tude de chaque album du groupe britannique sorti de lâunderground en mĂȘme temps que, par exemple, Soft Machine, avec un destin bien diffĂ©rent. De â The piper at the gates of dawnâ (1967) Ă The endless river (2014), de la folie deSyd Barrett Ă la mĂ©galomanie de Roger Waters, de la fine guitare de David Gilmour Ă la discrĂ©tion de Rick Wright, Ă la quasi ignorance de Nick Masan, Aymeric Leroy, par ailleurs rĂ©putĂ© pour sa connaissance de la scĂšne canterburienne, dĂ©cortique chaque morceau et donne son impression gĂ©nĂ©rale sur chaque album. Il repositionne ainsi ces quinze albums selon leur importance dans la construction de lâoeuvre globale du groupe.
Paradoxal donc, car lâauteur apprĂ©cie tout particuliĂšrement un disque comme âDark side of the moonâ, qui rencontrera, on le sait parlâimportance de ses ventes â encore aujourdâhui â un succĂšs planĂ©taire, alors que, pour des amateurs du dĂ©but (dont je faisais partie), cet album reprĂ©sente plutĂŽt le cĂŽtĂ© âsombreâ et commercial, une dĂ©rive vers une certaine facilitĂ©. Lâanalyse de Leroy nous permet alors une rĂ©flexion beaucoup plus poussĂ©e qui peut engendrer une nouvelle approche, tout au moins une Ă©coute diffĂ©rente des titres de lâalbum. De mĂȘme, il nous fait ressentir lâimportance rĂ©elle de certains disques qui ont pu paraitre trĂšs lĂ©gers par rapport Ă des rĂ©ussites prĂ©cĂ©dentes. Câest le cas de âWish you were hereâ, le suivant de âDark sideâ, qui constitue en rĂ©alitĂ© un hommage Ă Syd Barrett, dont lâabsence se faisait, Ă lâĂ©poque (1975) cruellement ressentir (deux ans auront Ă©tĂ© nĂ©cessaire au groupe pour retrouver une crĂ©ativitĂ© obscurcie par le succĂšs). Je parlais de quasi ignorance concernant Nick Masan. Son rĂŽle dans le groupe, pour lâauteur, se rĂ©duit Ă celui dâun batteur, parfois peu inspirĂ©, mĂȘme (et surtout) lorsquâon le laisse sâadonner au solo, comme dans la face studio de âUmmagummaâ. Dans la mesure oĂč il ne compose pas de chansons ou de piĂšces, Masan est considĂ©rĂ© en marge du groupe, ce qui est un peu dommage lorsquâau dĂ©part, Pink Floyd est considĂ©rĂ© comme un groupe Ă part entiĂšre, avant les sĂ©parations et fĂącheries que lâon connait.
Mais le rĂ©sultat est concluant, et chaque amateur du groupe pourra apprendre une somme de dĂ©tails qui aurait pu leur Ă©chapper avec une Ă©coute parfois superficielle, la langue y Ă©tant sans doute pour beaucoup. En dehors des interventions du guitariste, souvent originales et rĂ©ussies, des expĂ©riences du claviĂ©riste, qui fut le premier Ă utiliser quelques nouveautĂ©s en matiĂšre dâinstruments, il faut considĂ©rer les textes, la plupart signĂ©e Roger Waters, et leur portĂ©e sociale, politique ou Ă©cologique, vĂ©ritable ciment dâune esthĂ©tique de groupe. LâintĂ©rĂȘt du bassiste-chanteur pour lâidentitĂ© sonore et stylistique du groupe perdra en intensitĂ© jusquâĂ la rupture, mais cette identitĂ© sera nĂ©cessaire tout au long des albums prĂ©cĂ©dents⊠âThe Wallâ, sera lâalbum de la sĂ©paration, alors quâil se vendra Ă prĂšs de 20 millions dâexemplaires (soit moitiĂ© moins que âDark sideâ, quand mĂȘme).
Câest malin, ça ! Je croule sous les disques Ă dĂ©couvrir â toute une pile attend fiĂ©vreusement dâĂȘtre accueillie par ma platine â et par la faute dâun Bourguignon que la simple vue dâune assiette de Munster flambĂ©e Ă lâalcool de cumin fait tourner de lâĆil, me voici en train de replonger dans mes disques de Pink Floyd⊠Non mais vous le croyez ? Surtout que, pour ne rien vous cacher, le bougre a fait pire encore⊠Imaginez que jamais je nâavais achetĂ© ni mĂȘme rĂ©ussi Ă Ă©couter en entier un disque comme The Wall. Difficile de vous dire pourquoi, ça ne me parlait pas vraiment et puis, cette histoire un brin dĂ©primante me donnait surtout envie de me replonger dans les albums qui avaient bercĂ© mon adolescence, au premier rang desquels Meddle et sa deuxiĂšme face occupĂ©e par le seul « Echoes ». Pour moi, Pink Floyd, câĂ©tait une musique un peu planante, câĂ©tait aussi un concert au Parc des Expositions de Nancy au mois de dĂ©cembre 1972, quand le groupe commençait la promotion de son disque Ă venir, un certain Dark Side Of The Moon, qui allait voir le jour quelques mois plus tard et aprĂšs lequel plus rien ne serait comme avant. Un succĂšs planĂ©taire dont la cohĂ©sion de Pink Floyd nâallait pas se remettre.
Il aura donc suffi que le sieur Philippe Gonin fourbisse un excellent bouquin intitulĂ© Pink Ployd The Wall aux Ă©ditions Le mot et le reste et quâil vienne le prĂ©senter au rĂ©cent Livre sur la Place de Nancy pour quâaussitĂŽt je me prĂ©cipite vers le magasin le plus proche afin dâacquĂ©rir le disque lui faisant Ă©cho (trente-six ans aprĂšs sa sortie, tout de mĂȘme). Cet enseignant musicologue musicien chercheur (et nĂ©anmoins ami, vous voyez bien que je ne suis pas rancunier) Ă lâUniversitĂ© de Bourgogne rĂ©ussit Ă nous passionner avec ce qui est presque lâexĂ©gĂšse dâun disque dont lâaventure fut extrĂȘmement compliquĂ©e pour ses protagonistes. Je ne vais pas rentrer dans les dĂ©tails mais on peut rĂ©sumer lâaffaire en disant que The Wall est un projet de Roger Waters (il se trouve que les autres musiciens manquaient un peu dâidĂ©es Ă cette Ă©poque) devenu disque de Pink Floyd pour diverses raisons, certaines Ă©tant manifestement dâordre Ă©conomique, il faut bien en convenir. Ajoutez par-dessus tout ça quelques conflits dâĂ©gos, une course au leadership, des tensions multiples, quelques situations assez singuliĂšres (Rick Wright lâhomme des claviers, par exemple, devenant presque un invitĂ©) et vous comprendrez Ă quel point cette histoire dâun personnage nommĂ© Pink (et Ă certains Ă©gards double de Roger Waters) et son enfermement intĂ©rieur est troublante. Et pas vraiment porteuse dâune humeur joyeuse, le bassiste chanteur de Pink Floyd semblant en effet y transposer ses propres nĂ©vroses et obsessions (dont lâabsence dâun pĂšre quâil nâa jamais connu et des relations assez complexes avec les femmes).
Lâauteur prend le temps dâexpliquer lâĂ©laboration de lâalbum (le livre est trĂšs bien documentĂ©), il sâattarde sur chaque composition quâil explique en dĂ©tail et fournit un Ă©clairage rigoureux, Ă la fois musical et sociologique, qui devient un vĂ©ritable guide. Jâai fait lâexpĂ©rience dâĂ©couter The Wall en lisant les paragraphes consacrĂ©s Ă chacun des titres. Ăa fonctionne parfaitement, jâen suis mĂȘme venu Ă regretter de ne pas possĂ©der chez moi dâautres livres ainsi conçus pour mâaccompagner dans lâĂ©coute de quelques-uns de mes albums de chevet. Je suis persuadĂ© que je pourrais ainsi redĂ©couvrir complĂštement des disques que je crois bien connaĂźtre.
âŠ
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Alors, disons-le de suite, Pink Floyd est mon groupe prĂ©fĂ©rĂ© depuis que jâai lâĂąge de 12 ans.
En 1989 je vis sur grand écran en plein air le film Pink Floyd, The Wall et ce fut un coup de foudre autant auditif que visuel.
Ă la vue de la sortie du livre de Philippe Gonin, spĂ©cialiste de lâhistoire et de lâanalyse des musiques actuelles, jâĂ©tais bien entendu trĂšs heureux. Mais je me suis Ă©galement dit, moi le grand fan du Floyd et surtout de The Wall, que je nâallais pratiquement rien apprendre de plus⊠Et ben que nenni ! Quel bonheur de dĂ©couvrir autant dâanecdotes nouvelles aprĂšs tant dâannĂ©es et de lectures sur le sujet. Ce livre est une vraie Bible. Lâauteur nous parle de The Wall (album sorti en 1979) de la genĂšse jusquâen 2013 avec la tournĂ©e mondiale de Roger Waters, ex-leader du Floyd Ă la base du projet.
Rien nâĂ©chappe Ă Philippe Gonin! Lâalbum est scrutĂ© piste par piste, ainsi que les concerts (de Pink Floyd et de Roger Waters) et le cĂ©lĂšbre film dâAlan Parker sorti en 1982. Ă noter la mise en valeur de la collaboration du producteur Bob Ezrin et du dessinateur Gerald Scarfe. Selon moi aucun autre ouvrage ne leur avait autant rendu justice. Sans ces deux personnes The Wall ne serait pas _The Wall_âŠ
Parmi les nombreuses anecdotes apprises, il y a celle qui concerne « Another brick in the wall, part. II », sĂ»rement la chanson la plus connue du grand public. Ă lâorigine Waters ne voulait quâun seul couplet et quâun seul refrain. Alors que le groupe Ă©tait Ă Los Angeles, Ezrin eut lâidĂ©e de « faire chanter [un] second couplet par des enfants » (p.60). Une fois le rĂ©sultat aux oreilles de Waters, ce dernier ne put quâaccepter cette nouvelle version. Heureusement!
Autre trouvaille bienvenue de Ezrin ; Waters voulait terminer la face 3 avec « Hey You », et donc placer cette chanson juste aprĂšs « Comfortably Numb ». Merci Monsieur Ezrin dâavoir convaincu Waters de la placer au dĂ©but et non Ă la fin.
Sinon saviez-vous quâĂ lâorigine « Pink » devait sâappeler « Punch » ? Le pourquoi du comment Ă la page 37.
Enfin parmi les nombreuses anecdotes en voilĂ une qui concerne une scĂšne du film, celle qui se dĂ©roule durant la chanson « Run Like Hell ». Je savais que les skinheads qui y participaient Ă©taient de vrais skinheads qui jouaient leur propre rĂŽle de boneheads (des skinheads dâextrĂȘme droite). Lâambiance dâailleurs nây Ă©tait pas des plus sereine⊠Ils prenaient leur rĂŽle un peu trop Ă cĆur, « il fallut leur apprendre durant prĂšs dâun mois Ă porter des coups de cinĂ©ma sans dĂ©truire nez et mĂąchoire du figurant » (p. 113). Pour ma part jâai Ă©tĂ© content dâapprendre dâoĂč ils venaient et leur nom, les « Tilbury Skins » du sud-est de Londres.
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Que les choses soient claires, tout ce quâon vous a toujours dit sur ces annĂ©es oĂč on Ă©tait Beatles ou Rolling Stones sont des querelles de clocher Ă cĂŽtĂ© du seul vrai clivage qui sĂ©parait alors le monde : rock dansant ou rock planant. Soit dâun cĂŽtĂ©, le vrai rock et de lâautre, les trucs intellos Ă la Zappa. Ou les Pink Floyd, catĂ©gorie Ă eux tout seuls, king du planant mou mou donc. Tout ça pour vous dire que tous ne partagĂšrent pas lâenthousiasme du grand public quand en 1977, alors que Devoto impulsait dĂ©jĂ le post-punk, Pink Floyd et surtout Roger Waters entreprirent leur grand Ćuvre, lâalbum concept et opĂ©ra-rock The Wall dont le succĂšs planĂ©taire du single âAnother Brick In The Wallâ et le film dâAlan Parker comptaient un dispositif trĂšs ambitieux. Le livre de Philippe Gonin raconte cette Ă©popĂ©e dans ses moindres dĂ©tails : les inspirations littĂ©raires, Orwell, la Bible, Ginsberg, Syd Barrett, le goĂ»t de Waters pour lâanaphore frappante â François Hollande est peut-ĂȘtre un fan de Pink Floyd finalement â la production de la musique, les crĂ©atifs derriĂšre les films et les visuels, le cochon volant ou les petites mesquineries entre les membres du groupe qui ne furent, par exemple pas invitĂ©s Ă la production sur scĂšne tandis que leurs ex-femmes, oui.
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Nul doute aussi que tous les fans de Pink Floyd seront absolument passionnés par cet éclairage exhaustif sur un moment et un album culte.
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Philippe Gonin & moi ne sommes pas dâaccord. Il considĂšre The Wall (le package complet) comme un chef-dâĆuvre. Je le considĂšre comme un incident industriel et artistique total. Animals est leur baroud, The Wall, leur naufrage. NĂ©anmoins, lâouvrage est une bonne fiche technique du double album. De la conception, de lâĂ©criture, de la mise en branle, des tensions, des animations, du film, des shows, de lâaprĂšs, etc. Lâauteur Ă©vite lâonanisme transcendantal de lâinterprĂ©tation oiseuse (contrairement Ă Waters, et toc) en nous livrant un maximum dâinfos utiles et anecdotes sur le «chef dâĆuvre» de Roger. Cela ne mâa pas rĂ©conciliĂ© pour autant.
Dans le cadre du festival Prog-RĂ©siste, le magazine du mĂȘme nom chronique quatre de nos ouvrages qui reviennent sur ce genre musical.
à retrouver en intégralité ici :
Voici un ouvrage qui devrait agiter les fanatiques de Pink Floyd. Philippe Gonin, connu pour son Ćuvre Magma, DĂ©cryptage dâun mythe et dâune musique sâattaque au plus grand disque de toute lâhistoire de la musique: The Wall. Si pour beaucoup de personnes Pink Floyd reste un groupe dont la musique reste particuliĂšre mais apprĂ©ciable, ce livre parle avec brio de lâincontournable de votre discothĂšque.
Lire la chronique sur The Gin Genie
LâĂ©diteur Le mot et le reste vient de publier le premier livre en langue française consacrĂ© au projet The Wall de Pink Floyd. Lâouvrage retrace la genĂšse de lâalbum, mais revient Ă©galement sur le film, les diffĂ©rents albums live, ainsi que la tournĂ©e plus rĂ©cente que Roger Waters a consacrĂ©e à « son » Ćuvre. Lâalbum, paru en 1979, marque les premiĂšres fissures dans le groupe. Les relations entre les membres du groupe ne cessent de se dĂ©tĂ©riorer, Roger Waters sâimposant en tant que leader du groupe. Pour preuve, seuls deux morceaux (et pas des moindres !), sont Ă©crits par David Gilmour. Lâun dâeux, â Comfortably Numb â, comporte lâun des plus beaux solos de tous les temps (je vous conseille la version live de 1994).
Philippe Gonin, spĂ©cialiste de lâhistoire et de lâanalyse des musiques actuelles, dĂ©crypte chacun des morceaux et nous aide Ă mieux comprendre le fond de lâalbum. BasĂ© sur une idĂ©e de Roger Waters, ce dernier souhaite construire un mur sĂ©parant le public de la scĂšne, suite Ă une altercation avec un spectateur en 1977. Ce qui commence sous forme dâesquisse, marquera lâune des pierres angulaires de la carriĂšre de Pink Floyd, aux cĂŽtĂ©s de The Dark Side Of The Moon. The Wall, prĂ©sentĂ© sous forme dâun double album, est portĂ© par le single â Another Brick In The Wall â. Ćuvre dâune grande complexitĂ©, lâalbum aura marquĂ© lâhistoire des albums concepts. Il aura influencĂ© une nouvelle gĂ©nĂ©ration de groupes de publier des albums concepts (Dream Theater et Queensryche). Ăcrit seul par Roger Waters, The Wall est une Ćuvre autobiographique qui revient sur des moments marquants de sa vie (la disparition de son pĂšre au cours de la seconde guerre mondiale, lâhumiliation par les professeurs Ă lâĂ©coleâŠ)
PortĂ© par le tube Another Brick In The Wall, lâalbum cache de nombreuses autres pĂ©pites. Câest donc lâoccasion de tendre une nouvelle oreille Ă ce classique. Lâouvrage vous donne toutes les clĂ©s pour mieux apprĂ©cier lâalbum. Je vous mets au dĂ©fi dâĂ©couter lâalbum dâune traite. Peut-ĂȘtre la lecture de ce livre vous y aidera-t-elle !
Lire lâarticle sur le site de rockconcert.com
Une fois de plus Easy Rider chronique un de nos ouvrages et on les remercie pour tous leurs compliments !
Réécouter lâĂ©mission sur le site dâEasy Rider
Alors quâon ne sây attendait plus trop, la Pink Floyd mania connaĂźt une rĂ©miniscence avec la sortie vaguement controversĂ©e de The Endless River. Aymeric Leroy avait consacrĂ© un essai au lĂ©gendaire groupe britannique en 2009 chez Le mot et le reste. Philippe Gonin, auteur dâun ouvrage sur Magma chez le mĂȘme Ă©diteur, sâattaque aujourdâhui Ă lâanalyse de The Wall. Sans connaĂźtre le succĂšs phĂ©nomĂ©nal de The Dark Side of The Moon, le double album conceptuel nâen est pas moins lâune des Ćuvres les plus importantes du rock du vingtiĂšme siĂšcle et aura largement dĂ©passĂ© son aĂŻeule du point de vue artistique, tant ses ramifications et consĂ©quences furent nombreuses.
Ce disque fut Ă lâĂ©poque le fruit de lâunique force crĂ©atrice â Roger Waters â dâune bande de jeunots qui se retrouvaient soudainement dans le star system, mais en panne dâinspiration et quasiment ruinĂ©s. Puis il fut lâĂ©toile dâun systĂšme dĂ©mesurĂ© autour duquel gravitĂšrent des spectacles hors du commun et un film qui ne lâest pas moins. Les dommages collatĂ©raux furent nombreux, et surtout relationnels. Philippe Gonin se veut exhaustif dans son approche du phĂ©nomĂšne et traite The Wall sous tous ses aspects, du contexte dans lequel lâalbum a germĂ© jusquâĂ la tournĂ©e 2010-2013 de Waters. Avec toute son expertise de guitariste musicologue, il nous livre une grille de lecture trĂšs documentĂ©e, Ă la fois accessible et pointue, destinĂ©e autant au fan et au musicien quâau simple curieux (qui sautera peut-ĂȘtre les considĂ©rations plus techniques). Il ne sâarrĂȘte Ă©videmment pas au disque (dont chaque titre est minutieusement analysĂ© en regard des textes et de la musique), mais sâintĂ©resse Ă tout ce qui lâa accompagnĂ© : la difficile genĂšse, les conflits internes, la tournĂ©e, le film dâAlan Parker, le sort de Pink Floyd Ă lâissue dâun succĂšs aussi important que dĂ©vastateur, et les multiples incarnations du mur aprĂšs la sĂ©paration⊠MalgrĂ© une Ă©vidente admiration pour lâĆuvre, Gonin nâest pas tendre avec le groupe et rĂ©ussit Ă rester assez lucide sur The Wall, et notamment les deux Ă©gos surdimensionnĂ©s de Gilmour et Waters, ce qui Ă©vite lâĂ©cueil de lâhagiographie. Lâanalyse est solide, les avis personnels soigneusement argumentĂ©s. De nombreuses sources viennent Ă©tayer le propos, ce qui Ă©vitera peut-ĂȘtre aux pinailleurs de tout poil de se manifester cette fois-ciâŠ
Ce guide fort instructif (y compris pour les mordus de Pink Floyd) et trĂšs pĂ©dagogique (au point quâil nous donnerait presque envie de revoir le film assommant de Parker) se dĂ©guste confortablement installĂ© au fond dâun canapĂ©, avec le disque en accompagnement, jouĂ© sur une installation digne de ce nom. On lâĂ©coutera de prĂ©fĂ©rence en version CD remastĂ©risĂ©e, pour bien profiter de tous les petits dĂ©tails succulents Ă©voquĂ©s dans le livre, tout en ayant Ă portĂ©e de main la pochette au format 33 tours, pour les mĂȘmes raisons.