Pink Floyd The Dark Side of the Moon
AprĂšs The Wall, Philippe Gonin met en lumiĂšre les rouages du plus iconique album des Pink Floyd.
ĂbauchĂ©, composĂ©, retravaillĂ© et prĂ©sentĂ© un an avant sa sortie officielle pendant leur tournĂ©e mondiale de 1972 Ă lâaide dâun matĂ©riel ultra-sophistiquĂ©, The Dark Side Of The Moon est lâalbum culte des Pink Floyd et un des trois plus vendus au monde. HuitiĂšme album du groupe, il marque le tournant commercial de la formation anglaise notamment par lâapparition de leurs premiers tubes avec les titres « Money », « Us And Them » et « Time ». Philippe Gonin prend la plume pour analyser les tenants et les aboutissants de cette oeuvre extra-ordinaire. Il analyse avec rigueur les diffĂ©rentes phases dâĂ©laboration et de rĂ©ception du disque, le rĂŽle de chacun des musiciens, du producteur et des ingĂ©nieurs du son ainsi que le matĂ©riel technologique utilisĂ© par les Pink Floyd, dĂ©sireux depuis leurs dĂ©buts de repousser les frontiĂšres musicales et technologiques, comme lâaffirme The Dark Side of the Moon.
Revue de presse
- Philippe Gonin Pink Floyd â The Dark Side of The Moon Jean-Philippe Haas Chromatique 3 juin 2018
- Livres Ă vous - Pink Floys - The Dark Side of The Moon Jean-Guillaume LANUQUE Big Bang Mai 2018
- The Dark Side of the Moon Thierry Istace Prog-résiste DeuxiÚme trimestre 2018
- The Dark Side of the Moon Julien Richard Les affiches de la Haute SaÎne 8 février 2018
- Pink Floyd Dark Side of the Moon Laurent Bourdelas France Bleu Limousin // Les spécialistes du Limousin 6 février 2018
Dans les studios de Radio FMR, Philippe Gonin musicologue, arrangeur et compositeur à propos de son dernier ouvrage The Dark Side Of The Moon, album culte des Pink Floyd publié aux éditions Le Mot et Le Reste.
AprÚs « The Wall », Philippe Gonin met en lumiÚre les rouages du plus iconique album des Pink Floyd.
Philippe Gonin analyse les tenants et les aboutissants de cette oeuvre extra-ordinaire,
les diffĂ©rentes phases dâĂ©laboration et de rĂ©ception du disque, le rĂŽle de chacun des musiciens, du producteur et des ingĂ©nieurs du son ainsi que le matĂ©riel technologique utilisĂ© par les Pink Floyd, dĂ©sireux depuis leurs dĂ©buts de repousser les frontiĂšres musicales et technologiques, comme lâaffirme « The Dark Side of the Moon »
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Il y a quarante-cinq ans sortait lâun des albums les plus vendus au monde, The Dark Side of The Moon. Sa pochette emblĂ©matique, la boucle inoubliable qui ouvre le single « Money », sa perfection sonore, une Ă©poque qui se prĂȘtait aux expĂ©rimentations, voire peut-ĂȘtre aussi sa dimension conceptuelle dĂ©veloppĂ© par Roger Waters, sont autant de facteurs qui ont contribuĂ© Ă son succĂšs interplanĂ©taire. Câest aussi lâĆuvre charniĂšre dans la carriĂšre du groupe britannique, qui va dĂ©sormais devenir la grosse machine (commerciale, diront certains) que lâon connaĂźt et connaĂźtre de fortes turbulences internes. AprĂšs avoir dĂ©cortiquĂ© The Wall Philippe Gonin se penche sur ce vĂ©ritable phĂ©nomĂšne de la musique rock du vingtiĂšme siĂšcle qui se maintint 933 semaines dans le Top 200 du Billboard.
Si Pink Floyd â The Dark Side of The Moon est nettement plus concis que son prĂ©cĂ©dent ouvrage chez Le Mot et le Reste, câest simplement parce quâil y a moins de choses Ă dire sur le sujet : en effet, aprĂšs Obscured By Clouds et Live at Pompei, le groupe montre encore une forte cohĂ©sion, une certaine unitĂ©, et les conflits dâego des futurs millionnaires sont Ă venir. Pink Floyd souhaite passer Ă la vitesse supĂ©rieure et nâest pas encore engluĂ© dans des problĂšmes collatĂ©raux. Le livre se concentre donc essentiellement sur la partie crĂ©ative des concerts qui prĂ©cĂšdent le travail en studio, et pendant lesquels lâalbum est dĂ©jĂ jouĂ© dans son intĂ©gralitĂ©, le processus dâenregistrement et toutes les petites trouvailles techniques qui font le charme de ce monument, les inĂ©vitables anecdotes dont le lecteur est si friand et les concerts donnĂ©s aprĂšs la sortie du disque. Un entretien datĂ© de 2017 avec le cinĂ©aste Ian Emes, auteur notamment des films dâanimation projetĂ©s lors des spectacles de la tournĂ©e, conclut cet ouvrage Ă la fois rigoureux et facile dâaccĂšs.
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Philippe Gonin sâĂ©tait imposĂ© comme un auteur important dans lâĂ©tude des musiques progressives, en signant un ouvrage de rĂ©fĂ©rence consacrĂ© Ă Magma, dĂ©jĂ chez Le Mot et le Reste. Mais en parallĂšle, il a Ă©galement beaucoup Ă©crit sur Pink Floyd : outre un Grandeur et DĂ©cadence des Pink Floyd centrĂ© sur la dimension mercantile des choses, il a signĂ© des monographies sur Atom Heart Mother (chez CanopĂ©), The Wall (voir notre numĂ©ro 93) et Ă prĂ©sent sur The Dark Side of the Moon.
Une longue contextualisation est nĂ©cessaire, afin de montrer que ce nouvel album de Floyd bĂ©nĂ©ficia de lâexpĂ©rience acquise dans lâĂ©criture de chansons pour Obscured By Cloud (réévaluĂ© Ă la hausse par lâauteur) et de la volontĂ© maintenue dâexpĂ©rimentation, dĂ©clinĂ©e aussi bien dans lâexpĂ©rience du Live At Pompei que dans la collaboration avec les ballets de Roland Petit ( sur ces productions, voir le rĂ©cent coffret Pink Floyd The Early Years 1972). Philippe Gonin se penche ensuite sur les textes, dans lesquels il voit lâinfluence conjointe des idĂ©es de Henry David Thoreau, de passages de la Bible et des analyses du psychiatre Ronald David Laing, chantre de lâantipsychiatrie, sur lâaliĂ©nation sociale des individus. Il est toutefois dommage que le contexte social et politique, celui des rĂ©volutions culturelles et de la contestation gĂ©nĂ©rationnelle, ne soit pas Ă©galement pris en compte. Sur les conditions dâenregistrement, au-delĂ du rĂŽle connu dâAlan Parsons, on notera lâinsistance sur celui de Chris Thomas pour le mixage, qui rĂ©ussit Ă transcender les vues opposĂ©es de David Gilmour et Roger Waters sur la question.
Un dĂ©cryptage de lâalbum morceau par morceau sâensuit. On apprend ainsi que sur âSpeak To Meâ, titre reprenant une phrase rituelle dâAlan Parsons durant lâenregistrement, les battements du coeur furent obtenus par trucage, et que le rire est celui de Peter Watts, pĂšre de lâactrice Naomi Watts. Pour âOn The Runâ la jam initiale durait huit bonnes minutes, et si le Synthi A, clavier novateur pour lâĂ©poque, fut largement utilisĂ©. Gilmour usa Ă©galement dâun pied de micro sur ses cordes ! âThe Great Gig In The Skyâ fut pour sa part le rĂ©sultat dâune lente Ă©volution, oĂč diffĂ©rents essais furent tentĂ©s (comme lâutilisation dâenregistrements dâĂ©changes entre astronautes dâApollo), avant que Clare Torry ne soit chargĂ©e de vocaliser en pensant âĂ la mort, Ă lâhorreurâ. Enfin, pour ce qui est de âUs and Themâ, le titre Ă©tait basĂ© sur une musique de Rick Wright composĂ©e en 1969 pour le film Zabriskie Point, mais refusĂ©e par le rĂ©alisateur. Câest dâailleurs de Wright Ă©galement que vient lâidĂ©e dâune pochette sobre, un projet dâutilisation du Surfer dâArgent ayant un temps Ă©tĂ© proposĂ©âŠ
Le succĂšs de lâalbum est abordĂ© par Philippe Gonin, mais sans doute un peu trop rapidement; il insiste nĂ©anmoins sur lâeffet de lâinvestissement marketing dĂ©ployĂ© par la maison de disques. Les tournĂ©es qui suivirent sont ensuite longuement dĂ©cryptĂ©es, Ă©voquant Ă la fois les innovations scĂ©niques, les films projetĂ©s, mais aussi lâapogĂ©e du groupe que reprĂ©senta la fin de 1973 (un jugement Ă©videmment sujet Ă discussion) et la rupture croissante avec un public en pleine extension et mutation.
Bien que le livre soit intĂ©ressant en lâĂ©tat, il est regrettable quâau vu de sa taille limitĂ©e, Philippe Gonin nâait pas abordĂ© la rĂ©ception critique internationale de lâalbum (il le fait en partie pour les concerts) ni les multiples reprises effectuĂ©es des morceaux de The Dark Side of The Moon (citons entre autres les tribute de Magma Carta ou de Billy Sherwood) : lâentretien quâil nous accorde permet de comprendre pourquoi, et ouvre sur la possibilitĂ© future dâun travail exclusivement consacrĂ© aux rĂ©appropriations plurielles de lâĆuvre de Pink Floyd.
ENTRETIENAVECPHILIPPEGONIN
Alors que tu as Ă©crit un livre de rĂ©fĂ©rence sur Magma, groupe sur lequel il nâexistait rien depuis le livre dâAntoine de Caunes, pourquoi tâĂȘtre penchĂ© Ă plusieurs reprises sur Pink Floyd, sujet Ă la fois plus parcouru et plus connu ?
Câest Ă chaque fois une rĂ©ponse Ă une sollicitation. Atom Heart Mother Ă©tait au programme du Bac (et jâĂ©tais un peu âresponsableâ de cela), The Wall est une demande dâYves Jolivet, qui savait que je mâintĂ©ressais au groupe, alors que Waters faisait sa tournĂ©e The Wall⊠De lĂ est nĂ©e lâidĂ©e de parcourir la discographie du groupe. AprĂšs The Wall, Dark Side⊠semblait ĂȘtre un choix Ă©videntâŠ
De quelle maniĂšre as-tu travaillĂ© pour ce nouvel ouvrage ? Tu sembles avoir rĂ©alisĂ© des entretiens inĂ©dits, mais pas de façon systĂ©matique. Avais-tu un calendrier dâĂ©criture trĂšs stricte ?
Recherche des sources, lecture des ouvrages dĂ©jĂ parus (ceux en anglais du moins) et tenter de contacter certains acteurs sans que ce soit forcĂ©ment les membres du groupe (jâavais rencontrĂ© Nick Manson au moment de lâĂ©criture de Atom Heart Mother). On a une date limite pour rendre le manuscrit. Mais je dois bien avouer que pour Dark Side.. est un album sur lequel il a Ă©tĂ© beaucoup dit. Il fallait Ă la fois tenter de trouver parfois un angle nouveau, ou du moins diffĂ©rent, sans pour autant nĂ©gliger de redire ce qui est dĂ©jĂ connu, mais que je ne pouvais pas me permettre dâignorer non plus. Parfois aussi tenter une analyse qui sâĂ©chappe un peu des terrains connus.
Ton livre offre un tour complet de la rĂ©alisation de The Dark Side of The Moon. Pourquoi avoir retenu cet album prĂ©cisĂ©ment ? Penses-tu quâavec Atom Heart Mother et The Wall, sur lesquels tu as Ă©galement Ă©crits, il soit lâun des meilleurs du groupe ?
AprĂšs The Wall, je lâai dit, est nĂ©e lâidĂ©e dâune âcollectionâ Pink Floyd pratiquement album par album pour Le Mot et le Reste. On ne pouvait pas vraiment penser tout de suite Ă un ouvrage sur Animals ou The Final Cut. Dark Side⊠est venu naturellement. Et puis il nâen existe aucun consacrĂ© Ă ce seul album en français.
Pourquoi ne pas avoir consacrĂ© de chapitres Ă la rĂ©ception critique internationale de lâalbum, contemporaine et ultĂ©rieure, ainsi quâaux multiples reprises qui ont Ă©tĂ© faites des morceaux de The Dark Side of The Moon ?
Câest un choix. Il y a quelques Ă©lĂ©ments sur les concerts, mais la rĂ©ception critique nâapportait pas grand-chose Ă lâensemble (du moins de mon point de vue). On sait ce que lâalbum est devenu, on sait que ce fut quasiment immĂ©diat. Trouver un article disant quâil est mauvais ? Oui jâaurais pu chercher⊠En ce qui concerne les reprises, il y a un chapitre (Ă lâĂ©tat de brouillon et donc inĂ©dit) qui Ă©tait prĂ©vu dans le plan de dĂ©part. Mais les reprises intĂ©grales de lâalbum ont Ă©tĂ© nombreuses en jazz, en dub, fidĂšle Ă lâalbum jusquâĂ NâGuyen LĂȘ et son Celebrating The Dark Side of The Moon par ailleurs excellent, ou le travail de la compagnie Les InouĂŻs (le nom de mĂ©moire). En fait, je me suis rendu compte quâil aurait fallu pratiquement un volume entier uniquement consacrĂ© aux âlecturesâ qui ont Ă©tĂ© faites de cet album. On sortait sensiblement du sujet.
Tu montres que The Dark Side of The Moon nâest pas une Ćuvre purement commerciale, mais quâil rĂ©sulte dâun processus complexe, oĂč lâexpĂ©rimentation avait encore sa part. A partir de quel moment considĂšres-tu que lâon puisse parler dâalbum purement commercial ? Je te pose dâautant plus la question que tu as abordĂ© la problĂ©matique du commerce de lâĆuvre dans Grandeur et DĂ©cadence Des Pink FloydâŠ
A partir du moment oĂč il se vend et se vend bien, on peut dire quâil est commercial. Il y a tout ce chapitre dans le livre qui parle de lâaction de Capitol en faveur de lâalbum, campagne de presse, choix de sortir un single pour booster les ventes et atteindre une deuxiĂšme cible. Tout ça, câest du business. Sans toute cette camapgne (câest Mason qui dit cela je crois), il se serait sans doute vendu, mais moins bien. Il y a dans cet album un cĂŽtĂ© âright thing at the right timeâ. Et puis, câest quand mĂȘme un excellent disque.
Quels sont tes projets futurs ? Une autre monographie sur un album de Floyd ? Un livre sur Roger Waters et sa carriĂšre solo, sujet qui mĂ©riterait incontestablement un traitement Ă part entiĂšre ? Quel est dâailleurs ton album fĂ©tiche de Pink Floyd, et pourquoi ?
Jâai eu dans lâidĂ©e de faire un Roger Waters The Solo Years. Et puis un bouquin est sorti en anglais. Alors je le garde sous le coude (dâautant que jâaime assez son dernier disque, contrairement Ă celui de Gilmour, un peu fade Ă mon goĂ»t). Les prochains bouquins qui doivent paraĂźtre sont un Marquis de Sade et un Wire (consacrĂ© Ă lâalbum Chairs Missing) puis un autre Floyd, sans doute The Early Years (de 1965 Ă je ne sais pas trop encore, 1968 ? 69 ?). Jâaimerais surtout Ă©crire assez vite un volume sur Animals. Un album passionnant. Tout comme The Final Cut dâailleurs. Quant Ă mon album fĂ©tiche (qui nâest pas forcĂ©ment mon prĂ©fĂ©rĂ©, car cela varie suivant les moments), câest incontestablement Atom Heart Mother. Câest le premier que jâai achetĂ©, le premier que jâai jouĂ© sur scĂšne au dĂ©but du siĂšcle, et câest celui que je vais jouer encore dans quinze jours en Belgique â le 21 avril Festival les Intemporelles Ă Soignies â et Dunkerque le lendemain (22 avril) avec cuivres et choeur !
Faut-il encore vous prĂ©senter Philippe Gonin ? Si vous ĂȘtes un lecteur rĂ©gulier de notre sympathique revue (ou si vous avez assistĂ© Ă lâune ou lâautre Ă©dition de feu notre festival), certainement pas. Je vais donc me contenter dâun petit rappel biographique Ă lâusage de nouveaux lecteurs. Philippe est musicologue et musicien Ă ses heures; il Ă©prouve une vĂ©ritable passion pour la musique populaire et on lui doit des ouvrages sur des artistes et groupes aussi diffĂ©rents que Robert Wyatt et The Cure. Mais, dans ce domaine de prĂ©dilection, son cheval de bataille, câest PINKFLOYD, formation au sujet de laquelle il est en train de construire une vĂ©ritable âbibliographie par les Ćuvresâ aussi complĂšte quâintĂ©ressante. Dans ce contexte, on lui doit dĂ©jĂ une Ă©tude sur Atome Heart Mother et un ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur The Wall. RĂ©cemment, il nous avait proposĂ© un petit ouvrage plus âtransversalâ, Grandeur et dĂ©cadence des Pink Flyod, qui dĂ©montait de façon prĂ©cise et honnĂȘte le rapport âambiguâ des membres du groupe Ă la cĂ©lĂ©britĂ© et Ă lâargent. A lâoccasion, je vous annonçais la parution de la brique suivante dans la vaste construction en devenir entreprise par lâauteur sur les faits et les Ćuvres de ce monument de la musique contemporaine, The Dark Side of the Moon. Comme nous lâexplique lâauteur en introduction, Dark Side est lâalbum de tous les superlatifs avec ses 933 semaines dans le Top 200 du Billboard ou bien encore ses 24 millions de copies vendues. Dans le mĂȘme ordre dâidĂ©e, câest probablement un de ses albums sur lesquels on a le plus Ă©crit et parlĂ© et jâavoue que jâĂ©tais assez curieux de voir comment Philippe allait apporter sa pierre Ă ce dĂ©jĂ vaste appareillage critique, tant la tĂąche me semblait autrement plus ardue que pour des albums moins âcommentĂ©sâ tel The Wall ou Atom Heart. La solution Ă ce petit casse-tĂȘte, câest lâexhaustivitĂ© ; un travail qui aborde consciencieusement tous les aspects du chef-dâĆuvre, une somme qui, je le pense sincĂšrement, servira de rĂ©fĂ©rence pour les temps Ă venir. La structure de lâĂ©tude est trĂšs logique et lâexposĂ© trĂšs pĂ©dagogique ; qui plus est, comme toujours, Philippe prend grand soin Ă documenter ses sources. Personnellement, jâai Ă©normĂ©ment appris dans la partie âgenĂšseâ de lâĆuvre sur la finalement assez lente maturation du produit final et lâactivitĂ© vĂ©ritablement frĂ©nĂ©tique du groupe Ă lâĂ©poque (Obscured by Cloud, PompĂ©i, les ballets avec Roland Petit); activitĂ©s qui, chacune Ă leur façon, ont influencĂ© Dark Side. TrĂšs important aussi, le travail rĂ©alisĂ© sur les sources, et donc la thĂ©matique gĂ©nĂ©rale de lâalbum : Thoreau, la bible (version King James, of course) et The Politics of Experience de R D Laing. Le livre se poursuit sur lâenregistrement et une analyse dĂ©taillĂ©e des diffĂ©rentes plages. Câest trĂšs complet, parfois fort techniques pour les non-initiĂ©s dans mon style mais je nâai jamais eu lâimpression de perdre le fil des explications. Il y a bien entendu une partie consacrĂ©e au visuel qui, avec le temps, est devenu une des images le temps, est devenu une des images les plus âfondatricesâ de la mythologie du rock. Et puis surtout, il y a cette description quasi bĂ©nĂ©dictine de lâĂ©volution constante du matĂ©riel scĂ©nique et des innovations apportĂ©es par le groupe. VoilĂ , je pourrais vous en parler encore trĂšs longuement mais je prĂ©fĂšre vous laisser le plaisir de la dĂ©couvert des mille et un petit dĂ©tails qui rendent cette Ă©tude tellement passionnante. Je vais donc conclure avec un petit message Ă lâauteur : Philippe, on attend dĂ©jĂ avec impatience le volume sur Wish You Were Here; bon travailâŠ
Au Royaume-Uni, on considĂšre quâun foyer sur deux possĂšde la prĂ©cieuse galette dans sa discothĂšque. Si ces chiffres sont invĂ©rifiables et relĂšvent presque de la lĂ©gende urbaine, il est vrai que les ventes de lâalbum culte de Pink Floyd, The Dark Side of the Moon, feraient rĂȘver nâimporte quel apprenti chanteur sorti de The Voice.
Pensez : depuis 1973, il sâen est vendu prĂšs de 45 millions dâexemplaires Ă travers le monde. Album rĂ©fĂ©rence
de toute une gĂ©nĂ©ration, The Dark Side of the Moon est lâobjet du nouveau livre de Philippe Gonin, musicologue et maĂźtre de confĂ©rence Ă lâuniversitĂ© de Bourgogne, dĂ©jĂ auteur dâouvrages sur le groupe britannique, comme The Wall et Atom Heart Mother.
En quelque 140 pages, lâauteur revient sur la genĂšse du disque de tous les records, analyse avec pertinence sa
musicalitĂ©, dĂ©cortique les prestations live, et offre un plongeon passionnant dans les paroles habitĂ©es de Roger Waters. Une mine dâinformations destinĂ©e aux amateurs Ă©clairĂ©s comme aux fans acharnĂ©s.
Le journaliste Laurent Bourdelas chronique le dernier livre de Philippe Gonin.
Une chronique à réécouter en podcast sur le site de France Bleu