Pink Floyd Animals
Un ouvrage entier consacrĂ© Ă Animals lâalbum-concept des Pink Floyd le plus virulent.
1977. Le punk bat son plein et Johnny Rotten se balade en arborant un tee shirt « I hate Pink Floyd ». Câest ce moment que choisit le groupe pour sortir son album le plus agressif. Sâappropriant la critique du rĂ©gime soviĂ©tique par George Orwell dans La Ferme des animaux, Waters sâen prend au capitalisme. Comme si la foi perdue depuis Wish You Were Here Ă©tait revenue, câest un groupe resserrĂ© et terriblement efficace qui enregistre ce nouvel opus. Pourtant les dissensions au sein du groupe atteignent leur paroxysme lors du dernier concert de leur tournĂ©e Ă MontrĂ©al. Souvent sous-estimĂ©, Animals a aujourdâhui retrouvĂ© grĂące auprĂšs des fans. Les solos flamboyants de Gilmour, la hargne de Waters, les derniers Ă©clats de Wright et la batterie fougueuse de Mason font dââAnimalsâ un album essentiel.
Revue de presse
Philippe Gonin - Pink Floyd, Animals Hervé Devallan Vinyle & Audio juillet/août 2025
Pink Floyd Animals, un groupe à son apogée Sylvain Bonnet Boojum 2 avril 2025
« Pink Floyd â Animals » de Philippe Gonin HervĂ© Devallan Rock MadeInFrance 9 avril 2025
Philippe Gonin : Pink Floyd, Animals Yves Tassin JazzMania 13 avril 2025
Animals de Pink Floyd : la ferme se rebelle ! Max Dozolme Radio France 15 avril 2025
Philippe Gonin - Pink Floyd - Animals Jean-Philippe Haas Chromatique.net 21 mars 2025
Quand la pop-culture crée des images inoubliables Frédéric Vandecasserie RTBF // Classic 21 29 mars 2025
Le loup et les trois petits cochons Bruno Ledez Culturesco 20 mars 2025
âLes nostalgiques se souviendront de Pink Floyd et de The Dark Side of the Moon ou encore de la chanson Another Brick In the Wall qui avait ravi les jeunes et mĂȘme les moins jeunes. Bien que le groupe mythique britannique aux 360 millions dâalbums vendus compte une quinzaine dâalbums, on vient de faire paraĂźtre une nouvelle biographie consacrĂ©e uniquement Ă leur album Animals, le plus controversĂ© et le plus virulent. Lâauteur Philippe Gonin qui signe Pink Floyd, Animals nâen est pas Ă ses dĂ©buts. Il a dĂ©jĂ Ă©crit trois autres livres sur le cĂ©lĂšbre groupe britannique se consacrant tour Ă tour sur les albums The Dard Side Of The Moon, The Wall et Wish You Were Here. Rien dâĂ©tonnant Ă ce quâil sâattaque maintenant Ă lâalbum Animals sorti en 1977, le 10e album du groupe lĂ©gendaire qui a tant fait jaser. DĂ©jĂ , la pochette de lâalbum nâavait rien de banal. On y voyait un cochon flottant entre deux cheminĂ©es de la Battersea Power Station, une des premiĂšres grandes centrales Ă©lectriques au charbon dâAngleterre. Rappelons que nous Ă©tions dans lâĂšre de la musique punk oĂč plusieurs voulaient dĂ©noncer notre sociĂ©tĂ© de consommation Ă©mergente. Et Pink Floyd ne faisait pas exception. Pour produire son album, la formation sâest, en partie, inspirĂ©e du roman La Ferme des animaux de George Orwell paru en 1945, qui dĂ©nonce la rĂ©volution russe tout en faisant une critique du rĂ©gime soviĂ©tique et oĂč les animaux se rĂ©voltent contre leur maĂźtre. Dans les animaux Ă©voquĂ©s sur lâalbum figurent des moutons, des chiens et des cochons, bel et bien inspirĂ©s de La Ferme des Animaux de George Orwell. Roger Waters, lâun des fondateurs du groupe qui sâest toujours considĂ©rĂ© comme le leader, est Ă lâorigine dâAnimals, mettant lâaccent dans cet album sur le cynisme, lâagressivitĂ© et la critique sociale. Il se sert de ses chansons pour dĂ©noncer les injustices de la sociĂ©tĂ© allant mĂȘme beaucoup plus loin dans son utopie. De surcroĂźt, il sâen prend au systĂšme capitalisme. Les questions existentielles et des rĂ©flexions sont mises de lâavant. Dans la chanson Dogs, notamment, on illustre Ă lâaide de mĂ©taphores les personnages brutaux de la sociĂ©tĂ© aux services des plus puissants de lâĂtat. La dĂ©cadence sociale et morale de la sociĂ©tĂ© contemporaine y est dĂ©peinte sans dĂ©tour, faisant un parallĂšle entre la condition humaine et celle des animaux. MĂȘme si lâalbum sâamorce avec une chanson dâamour, la suite est diffĂ©rente et lâunivers musical est loin de faire dans le magnifique. Il prĂ©sente plutĂŽt un univers dangereux et injuste, dominĂ© par des chiens qui aboient. Pour pousser lâidĂ©e Ă lâextrĂȘme, on utilisera aux fins de promotion et lors des spectacles un cochon gĂ©ant gonflĂ© Ă lâhĂ©lium suspendu par des fils. âailleurs, Roger Waters nâavait pas apprĂ©ciĂ© le Stade olympique de MontrĂ©al ainsi que lâattitude de ses fans. Il avait mĂȘme Ă©tĂ© jusquâĂ cracher Ă la figure de lâun de ses spectateurs. Lâincident lui a donnĂ© lâidĂ©e dâavoir un mur entre lui et les spectateurs. De lĂ le concept de lâalbum suivant, The Wall qui sortira en 1979. Finalement, Roger Waters quittera le groupe en 1985 et câest David Gilmour qui prendra la relĂšve, principalement en tant que parolier du groupe. Mais la fin est proche pour la formation et Gilmour amorcera ensuite une carriĂšre solo. Câest principalement la mort de Richard Wright en 2008 qui a mis fin dĂ©finitivement au groupe malgrĂ© de nombreuses prĂ©tentions de rĂ©unir le groupe. Certes, Pink Floyd aura marquĂ© lâunivers musical Ă leur façon. Outre la dimension musicale, il aura explorĂ© des thĂšmes profonds de la sociĂ©tĂ©, dont la folie, la guerre, la mort et lâaliĂ©nation, en utilisant parfois une dimension philosophique. MĂȘme si, Ă certains Ă©gards, ce livre est trĂšs pointu dans les dĂ©tails, il nâen demeure pas moins des plus intĂ©ressants.â
âCe livre pourrait facilement rebuter : on y parle uniquement de lâalbum Animals de Pink Floyd ! Oui, mais voilĂ , quâon soit fan des Anglais ou simple curieux, Philippe Gonin arrive Ă nous prendre par la main, Ă nous surprendre et Ă nous apprendre tout un tas de choses aussi Ă©tonnantes les unes que les autres sans nous ennuyer. Il faut dire quâil connaĂźt bien son sujet puisquâil a dĂ©jĂ signĂ© des ouvrages thĂ©matiques sur trois albums des plus cĂ©lĂšbres Flamants Roses de la planĂšte. Avec ce quatriĂšme Ă©pisode, câest Animals qui est minutieusement dĂ©cortiquĂ©. Sâil demeure une pierre angulaire de leur discographie, le disque arrive encore Ă dĂ©voiler des secrets. Des sĂ©ances dâenregistrement dans les nouveaux studios londoniens du groupe aux tensions internes entre Roger Waters et David Gilmour, en passant par la promotion de lâopus, les prises de vue de la pochette, les sources dâinspiration littĂ©raire de Roger Waters ou encore les tournĂ©es qui prĂ©cĂšdent et suivent la sortie de lâalbum, on vit de lâintĂ©rieur la crĂ©ation dâun vĂ©ritable classique du rock.â
âOn connaĂźt Philippe Gonin pour ses ouvrages consacrĂ©s Ă Pink Floyd et aux albums The Dark Side Of The Moon, The Wall et Wish You Were Here, tous publiĂ©s chez Le mot et le reste. Ici, il a choisi de se consacrer Ă un album majeur, Animals, sorti en pleine pĂ©riode punk. A lâorigine de cet album, on trouve deux morceaux, You Gotta Be Crazy et Raving and Drooling, jouĂ©s depuis 1974 et Ă©cartĂ©s lors de lâenregistrement de Wish You Were Here. Waters, de plus en plus central au sein du groupe, dĂ©cide de le refondre dans un concept album inspirĂ© de La ferme des animaux de George Orwell et dâen faire une critique de la sociĂ©tĂ© capitaliste des annĂ©es soixante-dix. Soit. Sa chance est dâavoir, pour servir ses textes virulents, parfois incisifs et dĂ©capants, David Gilmour. Sâil ne signe que la musique de Dogs, ses solos de guitare Ă©lectrisent un album trĂšs inspirĂ©. Rick Wright nâest pas si en retrait quâon ne lâa dit, signant avec Sheep, refonte de Raving and drooling, une partition magnifique qui, cinq ou six ans plus tard, aurait justifiĂ© un crĂ©dit de co-compositeur que Waters, Ă lâego surdimensionnĂ©, monopolise. Comme dirait un ami, câest dĂ©jĂ un vieux con avant lâĂąge⊠Pink Floyd part en tournĂ©e dĂ©fendre son album. On est alors en pleine vague punk (sans compter le disco avec ce groupe fondamental quâest Chic) et les gros mastodontes du rock comme le Floyd ou Led Zeppelin se font Ă©triller par la presse. Le groupe est inĂ©gal lors des concerts, on aurait aimĂ© la publication de certains enregistrements. Waters se montre un peu renfermĂ© et le clash intervient Ă MontrĂ©al face Ă un spectateur, se terminant par un crachat du bassiste⊠Câest lĂ une des raisons de la naissance de The Wall, une autre histoire. Reste la musique dâAnimals, complexe, souvent gĂ©niale, fougueuse. Un album sous-estimĂ© que ce livre trĂšs complet de Philippe Gonin permet de redĂ©couvrir.â
âCe livre a tout pour ĂȘtre rasoir. Rendez-vous compte : on y parle que du seul album Animals de Pink Floyd. Oui, mais voilĂ , quâon soit fan des anglais ou simple curieux, Philippe Gonin arrive Ă nous prendre par la main, Ă nous surprendre et Ă nous apprendre tout un tas de choses aussi Ă©tonnantes les unes que les autres. Il faut dire quâil connaĂźt son sujet puisquâil a dĂ©jĂ signĂ© des ouvrages thĂ©matiques sur trois albums des plus cĂ©lĂšbres Flamants Roses de la planĂšte. Avec ce quatriĂšme Ă©pisode, câest « Animals » qui est dĂ©cortiquĂ© Ă la loupe. Sâil est une pierre angulaire de leur discographie, le disque dĂ©voile ici ses secrets. Des sĂ©ances dâenregistrement dans les nouveaux studios londoniens du groupe aux tensions internes entre Roger Waters et David Gilmour, en passant par la promotion de lâopus, les prises de vue de la pochette, les sources dâinspiration littĂ©raire de Roger Waters ou encore les tournĂ©es qui prĂ©cĂšdent et suivent la sortie de lâalbum, on est au cĆur de lâaventure. Au final, en pleine pĂ©riode punk, lâemblĂ©matique groupe de rock psychĂ©dĂ©lique britannique a bien conscience de son talent. Ce livre illustre ce truisme dâune façon fouillĂ©e et documentĂ©e sans pour autant nous ennuyer une seule seconde.â
â« Animals » ?! Fichtre, pourquoi celui-lĂ ? Les fans du groupe anglais pourraient sâen Ă©tonner. Du moins ceux de la deuxiĂšme vie du Floyd, celle qui sâĂ©tend â disons â entre la date du limogeage de Syd Barrett (en fait le 26 janvier 1968, lorsque ses « amis » dĂ©cident de lâabandonner au bas de son immeuble oĂč il attend quâon vienne le chercher pour rallier la salle oĂč ils jouent ce soir-lĂ ) et le sabordage autoproclamĂ© par Waters en 1985. Entre ces dates, il y a quelques albums de transition, puis une trilogie « Dark Side » / « Wish You Were Here » / « Animals » qui coĂŻncide Ă la prise de pouvoir croissante de Waters et au succĂšs planĂ©taire de Pink Floyd. « The Wall » et « the Final Cut » ne devant dĂ©jĂ plus ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme Ă©tant les albums dâun vĂ©ritable « groupe ». Pour ces fans (de la deuxiĂšme Ă©poque, doncâŠ), « Animals » fait figure⊠de vilain petit canard. On ne quitte dĂ©cidĂ©ment pas la ferme ! « La ferme des animaux », puisque Waters, en construisant son thĂšme, sâinspire ici dâun roman Ă©crit par George Orwell trente ans plus tĂŽt⊠Ne se trouvant pas politiquement en phase avec le romancier londonien (mais avec qui parvenait-il Ă sâentendre ?), Waters dĂ©vie le propos qui, dâune critique du rĂ©gime soviĂ©tique, devient une attaque contre le systĂšme capitaliste. Seul point commun entre eux : le constat que lâhomme est un prĂ©dateur pour lâhommeâŠ
Si ces fameux fans (de la fameuse deuxiĂšme pĂ©riode) ont pris le pli de considĂ©rer que ce disque Ă©tait infĂ©rieur aux autres, câest parce que « Animals » se situe trĂšs clairement Ă une pĂ©riode charniĂšre, celle qui correspond Ă la fin annoncĂ©e de Pink Floyd. A juste titre, Waters estime que câest lui qui apporte lâessentiel du matĂ©riel (thĂšmes, paroles et musiques) au groupe dont il prĂ©tend ĂȘtre le seul leader, tandis quâĂ juste titre (aussi), Wright et Gilmour assurent que, sans eux, lâĆuvre de Pink Floyd se limiterait Ă quelques chansons folk mal fagotĂ©es. Quant Ă Mason, il compte les coups et les coĂ»ts sans trop se mouiller⊠Au-delĂ des problĂšmes dâego, il y a bien Ă©videmment des problĂšmes de sous. Or, si seul (ou presque) le nom de Waters apparaĂźt dans les crĂ©dits sur les pochettes, cela sous-entend aussi quâil ne laisse aux autres que les miettes du pactole « Pink Floyd ». Voici le (triste et nausĂ©eux) dĂ©cor plantĂ©. Dans ce livre de prĂšs de 150 pages (quand mĂȘme !), Philippe Gonin restitue le contexte pas Ă pas (cette sombre histoire dĂ©marre au printemps 1974), nous rappelle que « Animals » est sorti en pleine vague punk, ce dont Waters comme les autres se souciaient peu. En bonus, Gonin nous apporte son analyse de musicien avec â sans doute â quelques dĂ©tails qui en Ă©gareront quelques-uns. Mais au final, son livre est passionnant car il ne se limite pas Ă une chronique (de 150 pagesâŠ) dâun album qui, les dĂ©cennies passant, se rĂ©vĂšlera ĂȘtre une piĂšce angulaire dans lâhistoire du rock (et plusâŠ), au mĂȘme titre que « Dark Side », « The Wall » et « Wish You Were Here », qui, eux aussi ont Ă©tĂ© dĂ©cortiquĂ©s par le mĂȘme auteur⊠Et donc Ă la question « Pourquoi cet album ? », nous rĂ©pondrons simplement que lui aussi mĂ©ritait une mise en lumiĂšre. Ce que Philippe Gonin a parfaitement rĂ©alisĂ©.â
âAprĂšs avoir Ă©crit de nombreux ouvrages sur les Pink Floyd dont il est le grand spĂ©cialiste français, le guitariste et enseignant Philipe Gonin nous raconte aux Ă©ditions le Mot et le Reste, lâhistoire dâAnimals, lâun des disques les plus Ă©tonnants des Pink Floyd. Quâils semblent loin les arrangements complexes de The Dark Side of the Moon et le lyrisme de Wish You Were Here. Deux ans aprĂšs la sortie de cet album hommage au fondateur du groupe Syd Barrett, les glorieux et richissimes Floyd font un virage Ă 180 degrĂ© avec Animals. Un disque paru en 1977, qui sâouvre, en pleine mode du punk par une ballade amoureuse. Pigs on the wing part 1. Un petit lever de rideau pastoral et folk composĂ© par Roger Waters comme lâintĂ©gralitĂ© des chansons de lâalbum oĂč le musicien dĂ©clare son amour Ă sa seconde Ă©pouse sa nouvelle femme, Carolyne Christie. Mais ne vous fiez pas Ă cette chanson dâamour, un registre plutĂŽt rare dans les compositions des Floyd. Car si Waters Ă©voque Ă la guitare et Ă la voix la bulle magique des amants, câest pour mieux la faire Ă©clater et nous faire atterrir en plein milieu dâun autre monde, plus vaste et qui nâest pas toujours trĂšs beau. Un monde dangereux et injuste, dominĂ© par des chiens qui aboient.â
âEn 1976, il ne reste pas grand-chose de Pink Floyd en tant que groupe. Wish You Were Here a Ă©tĂ© en quelque sorte le chant du cygne dâune entitĂ© collective qui se craquelle depuis que les quatre musiciens sont devenus multimillionnaires avec The Dark Side of The Moon. Leurs concerts, aussi gargantuesques quâimpersonnels, sont sĂ©vĂšrement critiquĂ©s par la presse et Roger Waters se montre de plus en plus hĂ©gĂ©monique dans sa maniĂšre de diriger ce qui est devenu une vĂ©ritable entreprise. Câest ce que nous raconte Philippe Gonin dans un nouvel ouvrage consacrĂ© Ă Animals , quatriĂšme partie dâun feuilleton qui tente dâanalyser le groupe au travers de quelques-uns de ses albums majeurs. Un an auparavant, lâauteur dĂ©crivait une entitĂ© encore vaguement soudĂ©e, qui venait dâenregistrer et de promouvoir un disque charniĂšre, marquĂ© Ă la fois par lâabsence et la prĂ©sence de Syd Barrett. Comme dans toute bonne sĂ©rie qui se respecte, Gonin fait au dĂ©but de Pink Floyd â Animals un rĂ©sumĂ© de cet Ă©pisode prĂ©cĂ©dent, avant dâentrer dans le vif du sujet, celui dâun groupe en pleine dĂ©composition. MaĂźtre Ă prĂ©sent de la direction artistique â seul David Gilmour a encore vaguement son mot Ă dire â Waters impose sur lâalbum en devenir ses compositions et ses idĂ©es ; il va jusquâĂ rejeter les propositions dâHipgnosis, le studio responsable des visuels depuis A Saucerful of Secrets et choisit seul comme illustration de la pochette une centrale Ă©lectrique situĂ©e dans la banlieue de Londres, la fameuse Battersea Power Station. Entre les cheminĂ©es de celle-ci flotte un cochon volant, un montage qui reste visuellement lâun des plus marquants dans la discographie de Pink Floyd. Alors quâen gĂ©nĂ©ral les pochettes nâont que peu de rapport avec le contenu musical, celle dâAnimals illustre parfaitement le concept construit par Waters : une sociĂ©tĂ© autoritaire dirigĂ©e par les porcs oĂč les moutons sont surveillĂ©s par des chiens. Gonin dĂ©cortique les multiples influences et rĂ©fĂ©rences qui gouvernent lâĆuvre, plus nombreuses que la seule Ferme des animaux dâOrwell, une Ă©vidence en premiĂšre lecture. En effet, comme le souligne lâauteur, Waters redirige lâaspect politique de la fable vers une attaque frontale contre le capitalisme, confĂ©rant Ă cette nouvelle piĂšce une agressivitĂ© inĂ©dite, tant au niveau musical que dans les paroles, ces deux aspects Ă©tant finement analysĂ©s dans le livre. Avec un contenu qui sâadresse comme Ă son habitude Ă toutes sortes de mĂ©lomanes, simples amateurs ou instrumentistes en herbe, Philippe Gonin dresse le portrait dâune bande de musiciens qui, sâils travaillent ensemble, ne sont plus guĂšre des amis. Il relate ainsi la difficile naissance dâun disque, depuis des titres testĂ©s en concert dĂšs 1974 jusquâĂ sa mouture finale et sa promotion sur scĂšne. Pour cela, il croise dans son Ă©tude de nombreuses sources pour en faire un tĂ©moignage prĂ©cis, parfois pointu (quelques passages sont Ă la limite de la musicologie), mais qui se lit avec le mĂȘme plaisir que les volumes prĂ©cĂ©dents.â
âLire en intĂ©gralitĂ©â: https://www.chromatique.net/index.php/2025/04/05/philippe-gonin-pink-floyd-animals/
âLa centrale Ă©lectrique de Battersea Ă Londres pour Pink Floyd, la banane du Velvet underground, le pendu de â Canât Stand Losing You â de Police, le bĂ©bĂ© nageur de â Nevermind â⊠sans compter que le cinĂ©ma a aussi enfantĂ© quelques images cultes. On fait le point⊠Sorti en janvier 1977, Animals (photo) est le dixiĂšme album studio de Pink Floyd. InspirĂ© par le livre âLa Ferme des animauxâ de George Orwell, Animals utilise des mĂ©taphores animales pour dĂ©peindre les diffĂ©rentes classes sociales et les luttes de pouvoir au sein de la sociĂ©tĂ©. Mais le disque se distingue Ă©galement par son artwork emblĂ©matique, conçu par Storm Thorgerson. La pochette reprĂ©sente une vue saisissante de la centrale Ă©lectrique de Battersea, situĂ©e Ă Londres. Ce bĂątiment, avec ses quatre cheminĂ©es emblĂ©matiques, est un symbole de lâindustrialisation et de la modernitĂ©. Sur cette image, un Ă©norme cochon gonflable, surnommĂ© âAlgieâ, flotte au-dessus de la centrale, crĂ©ant un contraste frappant entre lâinnocence de lâanimal et la froideur de lâarchitecture industrielle. Ce cochon, qui reprĂ©sente lâaviditĂ© et la dĂ©shumanisation, est un Ă©lĂ©ment central de la critique sociale que Pink Floyd dĂ©veloppe dans lâalbum. Pour rĂ©aliser cette pochette, le groupe a utilisĂ© une photographie prise par Thorgerson, Ă laquelle ils ont ajoutĂ© le cochon en post-production. Le processus a Ă©tĂ© complexe, nĂ©cessitant des ajustements minutieux pour sâassurer que le cochon semblait flotter de maniĂšre rĂ©aliste. Ce souci du dĂ©tail tĂ©moigne de lâengagement de Pink Floyd envers une esthĂ©tique visuelle qui complĂšte leur musique. Depuis sa sortie, la pochette de Animals est devenue une icĂŽne dans le monde de la musique. Elle est souvent citĂ©e comme lâune des meilleures couvertures dâalbum de tous les temps, et elle continue dâinspirer des artistes et des designers. Le cochon dâAnimals est mĂȘme devenu un symbole de Pink Floyd, apparaissant dans divers concerts et Ă©vĂ©nements liĂ©s au groupe. On signalera encore la sortie dâun excellent bouquin (par Philippe Gonin aux Ă©ditions Le Mot et le Reste) uniquement consacrĂ© Ă ce disque mythique.â
âAh ça, on ne lâavait pas vu, en regardant la vitrine du petit disquaire prĂšs de la gare de Lille, ce matin glacial de Janvier 77. Lâalbum Animals venait dâarriver. Avec sa photo dâusine (La Battersea Power Station) et son cochon, mis en avant Ă cĂŽtĂ© des bouclettes de Peter Frampton (Comes Alive), du triangle cosmique de Tangerine Dream (Stratosfear), et du portrait en noir et blanc de Patti Smith (Radio Ethiopia). Finalement, on avait pris le vinyle noir, car moins cher et plus rĂ©sistant dâaprĂšs le vendeur. Tant pis pour le rose. Quelques heures plus tard, lâĂ©coute. On avait Ă©tĂ© surpris par la vignette acoustique du chanteur / bassiste Roger Waters en intro. Heureusement dĂ©butait ensuite une longue piĂšce, comme pour Atom Heart Mother et Meddle, avec une sĂ©rie dâaccords de guitare acoustique accompagnĂ©e de lâorgue de Rick Wright, puis le chant de David Gilmour, tout de suite vindicatif. AprĂšs lui, le dĂ©lugeâŠâ