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Parution : 21/03/2025
ISBN : 9782384315772
152 pages (148 x 210)

17 €

Pink Floyd Animals

Un ouvrage entier consacrĂ© Ă  Animals l’album-concept des Pink Floyd le plus virulent.

1977. Le punk bat son plein et Johnny Rotten se balade en arborant un tee shirt « I hate Pink Floyd ». C’est ce moment que choisit le groupe pour sortir son album le plus agressif. S’appropriant la critique du rĂ©gime soviĂ©tique par George Orwell dans La Ferme des animaux, Waters s’en prend au capitalisme. Comme si la foi perdue depuis Wish You Were Here Ă©tait revenue, c’est un groupe resserrĂ© et terriblement efficace qui enregistre ce nouvel opus. Pourtant les dissensions au sein du groupe atteignent leur paroxysme lors du dernier concert de leur tournĂ©e Ă  MontrĂ©al. Souvent sous-estimĂ©, Animals a aujourd’hui retrouvĂ© grĂące auprĂšs des fans. Les solos flamboyants de Gilmour, la hargne de Waters, les derniers Ă©clats de Wright et la batterie fougueuse de Mason font d’“Animals” un album essentiel.

Revue de presse

Pink Floyd: Retour sur «Animals», l’album inspirĂ© de George Orwell qui dĂ©nonçait le capitalisme Louise Bourdonnais Le journal de MontrĂ©al 24 aoĂ»t 2025
Philippe Gonin - Pink Floyd, Animals Hervé Devallan Vinyle & Audio juillet/août 2025
Pink Floyd Animals, un groupe à son apogée Sylvain Bonnet Boojum 2 avril 2025
« Pink Floyd – Animals » de Philippe Gonin HervĂ© Devallan Rock MadeInFrance 9 avril 2025
Philippe Gonin : Pink Floyd, Animals Yves Tassin JazzMania 13 avril 2025
Animals de Pink Floyd : la ferme se rebelle ! Max Dozolme Radio France 15 avril 2025
Philippe Gonin - Pink Floyd - Animals Jean-Philippe Haas Chromatique.net 21 mars 2025
Quand la pop-culture crée des images inoubliables Frédéric Vandecasserie RTBF // Classic 21 29 mars 2025
Le loup et les trois petits cochons Bruno Ledez Culturesco 20 mars 2025

Pink Floyd: Retour sur «Animals», l’album inspirĂ© de George Orwell qui dĂ©nonçait le capitalisme

“Les nostalgiques se souviendront de Pink Floyd et de The Dark Side of the Moon ou encore de la chanson Another Brick In the Wall qui avait ravi les jeunes et mĂȘme les moins jeunes. Bien que le groupe mythique britannique aux 360 millions d’albums vendus compte une quinzaine d’albums, on vient de faire paraĂźtre une nouvelle biographie consacrĂ©e uniquement Ă  leur album Animals, le plus controversĂ© et le plus virulent. L’auteur Philippe Gonin qui signe Pink Floyd, Animals n’en est pas Ă  ses dĂ©buts. Il a dĂ©jĂ  Ă©crit trois autres livres sur le cĂ©lĂšbre groupe britannique se consacrant tour Ă  tour sur les albums The Dard Side Of The Moon, The Wall et Wish You Were Here. Rien d’étonnant Ă  ce qu’il s’attaque maintenant Ă  l’album Animals sorti en 1977, le 10e album du groupe lĂ©gendaire qui a tant fait jaser. DĂ©jĂ , la pochette de l’album n’avait rien de banal. On y voyait un cochon flottant entre deux cheminĂ©es de la Battersea Power Station, une des premiĂšres grandes centrales Ă©lectriques au charbon d’Angleterre. Rappelons que nous Ă©tions dans l’ùre de la musique punk oĂč plusieurs voulaient dĂ©noncer notre sociĂ©tĂ© de consommation Ă©mergente. Et Pink Floyd ne faisait pas exception. Pour produire son album, la formation s’est, en partie, inspirĂ©e du roman La Ferme des animaux de George Orwell paru en 1945, qui dĂ©nonce la rĂ©volution russe tout en faisant une critique du rĂ©gime soviĂ©tique et oĂč les animaux se rĂ©voltent contre leur maĂźtre. Dans les animaux Ă©voquĂ©s sur l’album figurent des moutons, des chiens et des cochons, bel et bien inspirĂ©s de La Ferme des Animaux de George Orwell. Roger Waters, l’un des fondateurs du groupe qui s’est toujours considĂ©rĂ© comme le leader, est Ă  l’origine d’Animals, mettant l’accent dans cet album sur le cynisme, l’agressivitĂ© et la critique sociale. Il se sert de ses chansons pour dĂ©noncer les injustices de la sociĂ©tĂ© allant mĂȘme beaucoup plus loin dans son utopie. De surcroĂźt, il s’en prend au systĂšme capitalisme. Les questions existentielles et des rĂ©flexions sont mises de l’avant. Dans la chanson Dogs, notamment, on illustre Ă  l’aide de mĂ©taphores les personnages brutaux de la sociĂ©tĂ© aux services des plus puissants de l’État. La dĂ©cadence sociale et morale de la sociĂ©tĂ© contemporaine y est dĂ©peinte sans dĂ©tour, faisant un parallĂšle entre la condition humaine et celle des animaux. MĂȘme si l’album s’amorce avec une chanson d’amour, la suite est diffĂ©rente et l’univers musical est loin de faire dans le magnifique. Il prĂ©sente plutĂŽt un univers dangereux et injuste, dominĂ© par des chiens qui aboient. Pour pousser l’idĂ©e Ă  l’extrĂȘme, on utilisera aux fins de promotion et lors des spectacles un cochon gĂ©ant gonflĂ© Ă  l’hĂ©lium suspendu par des fils. ’ailleurs, Roger Waters n’avait pas apprĂ©ciĂ© le Stade olympique de MontrĂ©al ainsi que l’attitude de ses fans. Il avait mĂȘme Ă©tĂ© jusqu’à cracher Ă  la figure de l’un de ses spectateurs. L’incident lui a donnĂ© l’idĂ©e d’avoir un mur entre lui et les spectateurs. De lĂ  le concept de l’album suivant, The Wall qui sortira en 1979. Finalement, Roger Waters quittera le groupe en 1985 et c’est David Gilmour qui prendra la relĂšve, principalement en tant que parolier du groupe. Mais la fin est proche pour la formation et Gilmour amorcera ensuite une carriĂšre solo. C’est principalement la mort de Richard Wright en 2008 qui a mis fin dĂ©finitivement au groupe malgrĂ© de nombreuses prĂ©tentions de rĂ©unir le groupe. Certes, Pink Floyd aura marquĂ© l’univers musical Ă  leur façon. Outre la dimension musicale, il aura explorĂ© des thĂšmes profonds de la sociĂ©tĂ©, dont la folie, la guerre, la mort et l’aliĂ©nation, en utilisant parfois une dimension philosophique. MĂȘme si, Ă  certains Ă©gards, ce livre est trĂšs pointu dans les dĂ©tails, il n’en demeure pas moins des plus intĂ©ressants.”

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Louise Bourdonnais
Le journal de Montréal 24 août 2025

Philippe Gonin - Pink Floyd, Animals

“Ce livre pourrait facilement rebuter : on y parle uniquement de l’album Animals de Pink Floyd ! Oui, mais voilĂ , qu’on soit fan des Anglais ou simple curieux, Philippe Gonin arrive Ă  nous prendre par la main, Ă  nous surprendre et Ă  nous apprendre tout un tas de choses aussi Ă©tonnantes les unes que les autres sans nous ennuyer. Il faut dire qu’il connaĂźt bien son sujet puisqu’il a dĂ©jĂ  signĂ© des ouvrages thĂ©matiques sur trois albums des plus cĂ©lĂšbres Flamants Roses de la planĂšte. Avec ce quatriĂšme Ă©pisode, c’est Animals qui est minutieusement dĂ©cortiquĂ©. S’il demeure une pierre angulaire de leur discographie, le disque arrive encore Ă  dĂ©voiler des secrets. Des sĂ©ances d’enregistrement dans les nouveaux studios londoniens du groupe aux tensions internes entre Roger Waters et David Gilmour, en passant par la promotion de l’opus, les prises de vue de la pochette, les sources d’inspiration littĂ©raire de Roger Waters ou encore les tournĂ©es qui prĂ©cĂšdent et suivent la sortie de l’album, on vit de l’intĂ©rieur la crĂ©ation d’un vĂ©ritable classique du rock.”

Hervé Devallan
Vinyle & Audio juillet/août 2025

Pink Floyd Animals, un groupe à son apogée

“On connaĂźt Philippe Gonin pour ses ouvrages consacrĂ©s Ă  Pink Floyd et aux albums The Dark Side Of The Moon, The Wall et Wish You Were Here, tous publiĂ©s chez Le mot et le reste. Ici, il a choisi de se consacrer Ă  un album majeur, Animals, sorti en pleine pĂ©riode punk. A l’origine de cet album, on trouve deux morceaux, You Gotta Be Crazy et Raving and Drooling, jouĂ©s depuis 1974 et Ă©cartĂ©s lors de l’enregistrement de Wish You Were Here. Waters, de plus en plus central au sein du groupe, dĂ©cide de le refondre dans un concept album inspirĂ© de La ferme des animaux de George Orwell et d’en faire une critique de la sociĂ©tĂ© capitaliste des annĂ©es soixante-dix. Soit. Sa chance est d’avoir, pour servir ses textes virulents, parfois incisifs et dĂ©capants, David Gilmour. S’il ne signe que la musique de Dogs, ses solos de guitare Ă©lectrisent un album trĂšs inspirĂ©. Rick Wright n’est pas si en retrait qu’on ne l’a dit, signant avec Sheep, refonte de Raving and drooling, une partition magnifique qui, cinq ou six ans plus tard, aurait justifiĂ© un crĂ©dit de co-compositeur que Waters, Ă  l’ego surdimensionnĂ©, monopolise. Comme dirait un ami, c’est dĂ©jĂ  un vieux con avant l’ñge
 Pink Floyd part en tournĂ©e dĂ©fendre son album. On est alors en pleine vague punk (sans compter le disco avec ce groupe fondamental qu’est Chic) et les gros mastodontes du rock comme le Floyd ou Led Zeppelin se font Ă©triller par la presse. Le groupe est inĂ©gal lors des concerts, on aurait aimĂ© la publication de certains enregistrements. Waters se montre un peu renfermĂ© et le clash intervient Ă  MontrĂ©al face Ă  un spectateur, se terminant par un crachat du bassiste
 C’est lĂ  une des raisons de la naissance de The Wall, une autre histoire. Reste la musique d’Animals, complexe, souvent gĂ©niale, fougueuse. Un album sous-estimĂ© que ce livre trĂšs complet de Philippe Gonin permet de redĂ©couvrir.”

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Sylvain Bonnet
Boojum 2 avril 2025

« Pink Floyd – Animals » de Philippe Gonin

“Ce livre a tout pour ĂȘtre rasoir. Rendez-vous compte : on y parle que du seul album Animals de Pink Floyd. Oui, mais voilĂ , qu’on soit fan des anglais ou simple curieux, Philippe Gonin arrive Ă  nous prendre par la main, Ă  nous surprendre et Ă  nous apprendre tout un tas de choses aussi Ă©tonnantes les unes que les autres. Il faut dire qu’il connaĂźt son sujet puisqu’il a dĂ©jĂ  signĂ© des ouvrages thĂ©matiques sur trois albums des plus cĂ©lĂšbres Flamants Roses de la planĂšte. Avec ce quatriĂšme Ă©pisode, c’est « Animals » qui est dĂ©cortiquĂ© Ă  la loupe. S’il est une pierre angulaire de leur discographie, le disque dĂ©voile ici ses secrets. Des sĂ©ances d’enregistrement dans les nouveaux studios londoniens du groupe aux tensions internes entre Roger Waters et David Gilmour, en passant par la promotion de l’opus, les prises de vue de la pochette, les sources d’inspiration littĂ©raire de Roger Waters ou encore les tournĂ©es qui prĂ©cĂšdent et suivent la sortie de l’album, on est au cƓur de l’aventure. Au final, en pleine pĂ©riode punk, l’emblĂ©matique groupe de rock psychĂ©dĂ©lique britannique a bien conscience de son talent. Ce livre illustre ce truisme d’une façon fouillĂ©e et documentĂ©e sans pour autant nous ennuyer une seule seconde.”

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Hervé Devallan
Rock MadeInFrance 9 avril 2025

Philippe Gonin : Pink Floyd, Animals

“« Animals » ?! Fichtre, pourquoi celui-lĂ  ? Les fans du groupe anglais pourraient s’en Ă©tonner. Du moins ceux de la deuxiĂšme vie du Floyd, celle qui s’étend – disons – entre la date du limogeage de Syd Barrett (en fait le 26 janvier 1968, lorsque ses « amis » dĂ©cident de l’abandonner au bas de son immeuble oĂč il attend qu’on vienne le chercher pour rallier la salle oĂč ils jouent ce soir-lĂ ) et le sabordage autoproclamĂ© par Waters en 1985. Entre ces dates, il y a quelques albums de transition, puis une trilogie « Dark Side » / « Wish You Were Here » / « Animals » qui coĂŻncide Ă  la prise de pouvoir croissante de Waters et au succĂšs planĂ©taire de Pink Floyd. « The Wall » et « the Final Cut » ne devant dĂ©jĂ  plus ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme Ă©tant les albums d’un vĂ©ritable « groupe ». Pour ces fans (de la deuxiĂšme Ă©poque, donc
), « Animals » fait figure
 de vilain petit canard. On ne quitte dĂ©cidĂ©ment pas la ferme ! « La ferme des animaux », puisque Waters, en construisant son thĂšme, s’inspire ici d’un roman Ă©crit par George Orwell trente ans plus tĂŽt
 Ne se trouvant pas politiquement en phase avec le romancier londonien (mais avec qui parvenait-il Ă  s’entendre ?), Waters dĂ©vie le propos qui, d’une critique du rĂ©gime soviĂ©tique, devient une attaque contre le systĂšme capitaliste. Seul point commun entre eux : le constat que l’homme est un prĂ©dateur pour l’homme

Si ces fameux fans (de la fameuse deuxiĂšme pĂ©riode) ont pris le pli de considĂ©rer que ce disque Ă©tait infĂ©rieur aux autres, c’est parce que « Animals » se situe trĂšs clairement Ă  une pĂ©riode charniĂšre, celle qui correspond Ă  la fin annoncĂ©e de Pink Floyd. A juste titre, Waters estime que c’est lui qui apporte l’essentiel du matĂ©riel (thĂšmes, paroles et musiques) au groupe dont il prĂ©tend ĂȘtre le seul leader, tandis qu’à juste titre (aussi), Wright et Gilmour assurent que, sans eux, l’Ɠuvre de Pink Floyd se limiterait Ă  quelques chansons folk mal fagotĂ©es. Quant Ă  Mason, il compte les coups et les coĂ»ts sans trop se mouiller
 Au-delĂ  des problĂšmes d’ego, il y a bien Ă©videmment des problĂšmes de sous. Or, si seul (ou presque) le nom de Waters apparaĂźt dans les crĂ©dits sur les pochettes, cela sous-entend aussi qu’il ne laisse aux autres que les miettes du pactole « Pink Floyd ». Voici le (triste et nausĂ©eux) dĂ©cor plantĂ©. Dans ce livre de prĂšs de 150 pages (quand mĂȘme !), Philippe Gonin restitue le contexte pas Ă  pas (cette sombre histoire dĂ©marre au printemps 1974), nous rappelle que « Animals » est sorti en pleine vague punk, ce dont Waters comme les autres se souciaient peu. En bonus, Gonin nous apporte son analyse de musicien avec – sans doute – quelques dĂ©tails qui en Ă©gareront quelques-uns. Mais au final, son livre est passionnant car il ne se limite pas Ă  une chronique (de 150 pages
) d’un album qui, les dĂ©cennies passant, se rĂ©vĂšlera ĂȘtre une piĂšce angulaire dans l’histoire du rock (et plus
), au mĂȘme titre que « Dark Side », « The Wall » et « Wish You Were Here », qui, eux aussi ont Ă©tĂ© dĂ©cortiquĂ©s par le mĂȘme auteur
 Et donc Ă  la question « Pourquoi cet album ? », nous rĂ©pondrons simplement que lui aussi mĂ©ritait une mise en lumiĂšre. Ce que Philippe Gonin a parfaitement rĂ©alisĂ©.”

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Yves Tassin
JazzMania 13 avril 2025

Animals de Pink Floyd : la ferme se rebelle !

“AprĂšs avoir Ă©crit de nombreux ouvrages sur les Pink Floyd dont il est le grand spĂ©cialiste français, le guitariste et enseignant Philipe Gonin nous raconte aux Ă©ditions le Mot et le Reste, l’histoire d’Animals, l’un des disques les plus Ă©tonnants des Pink Floyd. Qu’ils semblent loin les arrangements complexes de The Dark Side of the Moon et le lyrisme de Wish You Were Here. Deux ans aprĂšs la sortie de cet album hommage au fondateur du groupe Syd Barrett, les glorieux et richissimes Floyd font un virage Ă  180 degrĂ© avec Animals. Un disque paru en 1977, qui s’ouvre, en pleine mode du punk par une ballade amoureuse. Pigs on the wing part 1. Un petit lever de rideau pastoral et folk composĂ© par Roger Waters comme l’intĂ©gralitĂ© des chansons de l’album oĂč le musicien dĂ©clare son amour Ă  sa seconde Ă©pouse sa nouvelle femme, Carolyne Christie. Mais ne vous fiez pas Ă  cette chanson d’amour, un registre plutĂŽt rare dans les compositions des Floyd. Car si Waters Ă©voque Ă  la guitare et Ă  la voix la bulle magique des amants, c’est pour mieux la faire Ă©clater et nous faire atterrir en plein milieu d’un autre monde, plus vaste et qui n’est pas toujours trĂšs beau. Un monde dangereux et injuste, dominĂ© par des chiens qui aboient.”

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Max Dozolme
Radio France 15 avril 2025

Philippe Gonin - Pink Floyd - Animals

“En 1976, il ne reste pas grand-chose de Pink Floyd en tant que groupe. Wish You Were Here a Ă©tĂ© en quelque sorte le chant du cygne d’une entitĂ© collective qui se craquelle depuis que les quatre musiciens sont devenus multimillionnaires avec The Dark Side of The Moon. Leurs concerts, aussi gargantuesques qu’impersonnels, sont sĂ©vĂšrement critiquĂ©s par la presse et Roger Waters se montre de plus en plus hĂ©gĂ©monique dans sa maniĂšre de diriger ce qui est devenu une vĂ©ritable entreprise. C’est ce que nous raconte Philippe Gonin dans un nouvel ouvrage consacrĂ© Ă  Animals , quatriĂšme partie d’un feuilleton qui tente d’analyser le groupe au travers de quelques-uns de ses albums majeurs. Un an auparavant, l’auteur dĂ©crivait une entitĂ© encore vaguement soudĂ©e, qui venait d’enregistrer et de promouvoir un disque charniĂšre, marquĂ© Ă  la fois par l’absence et la prĂ©sence de Syd Barrett. Comme dans toute bonne sĂ©rie qui se respecte, Gonin fait au dĂ©but de Pink Floyd – Animals un rĂ©sumĂ© de cet Ă©pisode prĂ©cĂ©dent, avant d’entrer dans le vif du sujet, celui d’un groupe en pleine dĂ©composition. MaĂźtre Ă  prĂ©sent de la direction artistique – seul David Gilmour a encore vaguement son mot Ă  dire – Waters impose sur l’album en devenir ses compositions et ses idĂ©es ; il va jusqu’à rejeter les propositions d’Hipgnosis, le studio responsable des visuels depuis A Saucerful of Secrets et choisit seul comme illustration de la pochette une centrale Ă©lectrique situĂ©e dans la banlieue de Londres, la fameuse Battersea Power Station. Entre les cheminĂ©es de celle-ci flotte un cochon volant, un montage qui reste visuellement l’un des plus marquants dans la discographie de Pink Floyd. Alors qu’en gĂ©nĂ©ral les pochettes n’ont que peu de rapport avec le contenu musical, celle d’Animals illustre parfaitement le concept construit par Waters : une sociĂ©tĂ© autoritaire dirigĂ©e par les porcs oĂč les moutons sont surveillĂ©s par des chiens. Gonin dĂ©cortique les multiples influences et rĂ©fĂ©rences qui gouvernent l’Ɠuvre, plus nombreuses que la seule Ferme des animaux d’Orwell, une Ă©vidence en premiĂšre lecture. En effet, comme le souligne l’auteur, Waters redirige l’aspect politique de la fable vers une attaque frontale contre le capitalisme, confĂ©rant Ă  cette nouvelle piĂšce une agressivitĂ© inĂ©dite, tant au niveau musical que dans les paroles, ces deux aspects Ă©tant finement analysĂ©s dans le livre. Avec un contenu qui s’adresse comme Ă  son habitude Ă  toutes sortes de mĂ©lomanes, simples amateurs ou instrumentistes en herbe, Philippe Gonin dresse le portrait d’une bande de musiciens qui, s’ils travaillent ensemble, ne sont plus guĂšre des amis. Il relate ainsi la difficile naissance d’un disque, depuis des titres testĂ©s en concert dĂšs 1974 jusqu’à sa mouture finale et sa promotion sur scĂšne. Pour cela, il croise dans son Ă©tude de nombreuses sources pour en faire un tĂ©moignage prĂ©cis, parfois pointu (quelques passages sont Ă  la limite de la musicologie), mais qui se lit avec le mĂȘme plaisir que les volumes prĂ©cĂ©dents.”

“Lire en intĂ©gralitĂ©â€: https://www.chromatique.net/index.php/2025/04/05/philippe-gonin-pink-floyd-animals/

Jean-Philippe Haas
Chromatique.net 21 mars 2025

Quand la pop-culture crée des images inoubliables

“La centrale Ă©lectrique de Battersea Ă  Londres pour Pink Floyd, la banane du Velvet underground, le pendu de “ Can’t Stand Losing You “ de Police, le bĂ©bĂ© nageur de “ Nevermind “
 sans compter que le cinĂ©ma a aussi enfantĂ© quelques images cultes. On fait le point
 Sorti en janvier 1977, Animals (photo) est le dixiĂšme album studio de Pink Floyd. InspirĂ© par le livre “La Ferme des animaux” de George Orwell, Animals utilise des mĂ©taphores animales pour dĂ©peindre les diffĂ©rentes classes sociales et les luttes de pouvoir au sein de la sociĂ©tĂ©. Mais le disque se distingue Ă©galement par son artwork emblĂ©matique, conçu par Storm Thorgerson. La pochette reprĂ©sente une vue saisissante de la centrale Ă©lectrique de Battersea, situĂ©e Ă  Londres. Ce bĂątiment, avec ses quatre cheminĂ©es emblĂ©matiques, est un symbole de l’industrialisation et de la modernitĂ©. Sur cette image, un Ă©norme cochon gonflable, surnommĂ© “Algie”, flotte au-dessus de la centrale, crĂ©ant un contraste frappant entre l’innocence de l’animal et la froideur de l’architecture industrielle. Ce cochon, qui reprĂ©sente l’aviditĂ© et la dĂ©shumanisation, est un Ă©lĂ©ment central de la critique sociale que Pink Floyd dĂ©veloppe dans l’album. Pour rĂ©aliser cette pochette, le groupe a utilisĂ© une photographie prise par Thorgerson, Ă  laquelle ils ont ajoutĂ© le cochon en post-production. Le processus a Ă©tĂ© complexe, nĂ©cessitant des ajustements minutieux pour s’assurer que le cochon semblait flotter de maniĂšre rĂ©aliste. Ce souci du dĂ©tail tĂ©moigne de l’engagement de Pink Floyd envers une esthĂ©tique visuelle qui complĂšte leur musique. Depuis sa sortie, la pochette de Animals est devenue une icĂŽne dans le monde de la musique. Elle est souvent citĂ©e comme l’une des meilleures couvertures d’album de tous les temps, et elle continue d’inspirer des artistes et des designers. Le cochon d’Animals est mĂȘme devenu un symbole de Pink Floyd, apparaissant dans divers concerts et Ă©vĂ©nements liĂ©s au groupe. On signalera encore la sortie d’un excellent bouquin (par Philippe Gonin aux Ă©ditions Le Mot et le Reste) uniquement consacrĂ© Ă  ce disque mythique.”

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Frédéric Vandecasserie
RTBF // Classic 21 29 mars 2025

Le loup et les trois petits cochons

“Ah ça, on ne l’avait pas vu, en regardant la vitrine du petit disquaire prĂšs de la gare de Lille, ce matin glacial de Janvier 77. L’album Animals venait d’arriver. Avec sa photo d’usine (La Battersea Power Station) et son cochon, mis en avant Ă  cĂŽtĂ© des bouclettes de Peter Frampton (Comes Alive), du triangle cosmique de Tangerine Dream (Stratosfear), et du portrait en noir et blanc de Patti Smith (Radio Ethiopia). Finalement, on avait pris le vinyle noir, car moins cher et plus rĂ©sistant d’aprĂšs le vendeur. Tant pis pour le rose. Quelques heures plus tard, l’écoute. On avait Ă©tĂ© surpris par la vignette acoustique du chanteur / bassiste Roger Waters en intro. Heureusement dĂ©butait ensuite une longue piĂšce, comme pour Atom Heart Mother et Meddle, avec une sĂ©rie d’accords de guitare acoustique accompagnĂ©e de l’orgue de Rick Wright, puis le chant de David Gilmour, tout de suite vindicatif. AprĂšs lui, le dĂ©luge
”

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Bruno Ledez
Culturesco 20 mars 2025