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Parution : 09/06/2020
ISBN : 9782361392260
380 pages (14,8 x 21 cm)

Pas lĂ  pour plaire!

Portraits de rappeuses

Un panorama rétrospectif et prospectif passionnant.

RodĂ©ric Mounir – Le Courrier

Prix de la Brasserie BarbĂšs 2020

Cet ouvrage s’interroge sur la place des femmes dans le rap français, en s’intĂ©ressant aux diffĂ©rentes thĂ©matiques qui touchent leur condition et Ă©mancipation puis en donnant la parole aux actrices de la scĂšne rap, par la mise en lumiĂšre de leurs Ɠuvres et parcours. Il est question des pionniĂšres – prĂ©sentes dĂšs la naissance du genre et invisibilisĂ©es au moment de son Ăąge d’or –, des figures incontournables que sont Diam’s, Casey et Keny Arkana, qui reprĂ©sentent chacune une facette diffĂ©rente de la rappeuse, et des hĂ©ritiĂšres, de plus en plus nombreuses, pour lesquelles l’urgence est dans la libĂ©ration des femmes et se ressent aussi bien dans leurs textes que dans leur attitude. Dans la lignĂ©e de Sans fautes de frappe, l’auteure explique ici les spĂ©cificitĂ©s langagiĂšres et musicales du rap, fait par des femmes, et dĂ©monte les clichĂ©s visant Ă  l’extraire d’une culture musicale francophone, en dĂ©pit de son indĂ©niable succĂšs populaire.

Revue de presse

- "Dans ma bulle", l'album de Diam's a 20 ans. Histoire d'un classique" Mehdi Maizi France Inter 7 février 2026
- La quĂȘte de Diam's Par Matthieu Garrigou-Lagrange. France culture 11 janvier 2026
- Le rap, un milieu sans rappeuses ? Christel Lerebourg DH.net 22 janvier 2022
- Puff Daddy, where is Mummy ? L. Hage Metro 20 novembre 2021
- Rap féminin, rap féministe ? Lucie Giovanetti Missives 10 février 2021
- Pas là pour plaire ! Sylvain Bertot Fake For Real 24 décembre 2020
- Rap français : les femmes prennent le pouvoir ! Nicolas George TV5 Monde 8 février 2021
- Interview de Bettina Ghio Jordi Batallé RFI / El invitado de RFI 22 janvier 2021
- Coup de coeur Théodora MédiathÚque Jules Verne de Vandoeuvre-lÚs-Nancy 19 décembre 2020
- Vers un rap plus féministe Lola Levent Backpackerz // Rap Explorerz janvier 2021
- Rappeuses le flow power Charline Lecarpentier Libération 12 décembre 2020
- Entretien avec Bettina Ghio Jeanne Lacaille Nova // L'Héroïne du Nova jour 2 octobre 2020
- Chronique livre Lola Rinse FM // Le Trou de la TĂȘte rap Ă©dition 22 septembre 2020
- Interview Bettina Ghio x ÉloĂŻse Bouton de Madame Rap Radio libertaire // Remue-MĂ©ninges FĂ©ministe 15 septembre 2015
- Rap : un autre genre est possible Salomé Kiner Le Temps 7 août 2020
- Le chant des partisanes Stéphane Gobbo Le Temps 16 août 2020
- Interview de Bettina Ghio Salomé Kiner RTS // Pony Express juin 2020
- Pas là pour plaire! Mélodine Lascombes Citizen Jazz 12 juillet 2020
- Bonnes feuilles à lire la rédaction Contretemps 3 juillet 2020
- Les femmes & le rap Benjamin Valentie FrancoFans août - sept. 2020
- Interview de Bettina Ghio - Rebelles parmi les rebelles Rodéric Mounir Le Courrier 11 juin 2020
- Interview de Bettina Ghio Isabelle Kortian Cause Commune // Le monde en questions #37 6 juillet 2020
- Bettina Ghio "Pas lĂ  pour plaire !" | Release Nathalie Gardner Nova 29 mai 2020
- Pas là pour plaire! la rédaction main tenant 16 août 2020
- Envie de maintenant Bettina Ghio ColÚres du présent 1er mai

- "Dans ma bulle", l'album de Diam's a 20 ans. Histoire d'un classique"

“Diam’s sortait en 2006 son troisiĂšme album solo “Dans ma bulle”. Comment ce disque continue-t-il aujourd’hui d’ĂȘtre une rĂ©fĂ©rence incontournable du rap français ? DĂ©couvrez ou redĂ©couvrez l’histoire de la rappeuse star de toute une gĂ©nĂ©ration, et notamment de jeunes femmes.”

Pour Ă©couter l’intervention de Betthina Ghio en podcast
Ou sur YouTube

Mehdi Maizi
France Inter 7 février 2026

- La quĂȘte de Diam's

Une exploration du parcours de la rappeuse Diam’s à partir des archives audiovisuelles et des paroles de ses chansons.

L’intervention de Bettina Ghio Ă  Ă©couter ici

Par Matthieu Garrigou-Lagrange.
France culture 11 janvier 2026

- Le rap, un milieu sans rappeuses ?

Dans Pas pour plaire ! Portraits de rappeuses, une enseignante passionnée de hip-hop, dresse une cartographie des femmes qui font le rap francophone.

“Madame, vous n’avez pas du tout la tête de quelqu’un qui aime le rap !” Bettina Ghio le reconnaĂźt, elle n’a pas la tĂȘte de l’emploi. Pourtant, cette enseignante, passionnĂ©e par la culture hip-hop, rĂ©alise un vĂ©ritable tour de force dans son livre Pas pour plaire ! Portraits de rappeuses : cartographier les femmes qui ont fait ou font le rap francophone.

Si aujourd’hui, en 2022, les femmes commencent Ă  se faire une petite place dans le milieu, elles n’en restent pas moins minoritaires et souffrent d’une surexposition continue des hommes. “Quand le rap a commencĂ©, au milieu des annĂ©es 80, il y avait beaucoup de filles par rapport Ă  maintenant. C’était un art trĂšs inclusif. Quand je regarde les premiĂšres revues, quand on parle du mouvement hip-hop, on parle des B-Boys et des Fly-Girls, des deux. Sur les photos, il y avait des garçons et des filles, mĂȘme s’il y avait un peu plus de garçons. Mais ça s’est constituĂ© comme un genre visiblement masculin et qui a laissĂ© un peu les femmes Ă  l’écart.”

Chilla, Lala &ce, Meryl, ont-elles moins de talent qu’OrelSan, Booba ou Damso ? Pourquoi existe-t-il un tel Ă©cart de traitement de la part de l’industrie et des mĂ©dias ? Les raisons sont plus complexes qu’il n’y paraĂźt, plus insidieuses aussi. Á force de voir les portes se fermer devant elles, de nombreuses femmes se sont dĂ©tournĂ©es du rap, laissant l’image d’une discipline faite par les hommes. “Ca fait 40 ans que le rap existe en France mais les femmes n’ont peut-ĂȘtre pas senti qu’elles avaient leur place dedans, que le rap pouvait ĂȘtre une façon pour elles de s’exprimer, raconte l’autrice. Les rappeuses que j’ai rencontrĂ©es me disent qu’elles ont fait pas mal d’ateliers dans des maisons de quartiers avec des filles pour leur dire qu’elles pouvaient rapper elles aussi, que c’est un art qui Ă©tait fait pour elle aussi.” A travers ces portraits, Bettina Ghio montre toute la difficultĂ© pour les femmes de se faire une place. Les maisons de disques ou des labels ont trĂšs longtemps voulu faire rentrer les rappeuses dans la case RnB Ă  leur insu.
Une autre question se pose, c’est la responsabilitĂ© du public ? Pourquoi n’écoute-t-on pas plus de femmes ? Bettina Ghio Ă©voque deux raisons probables : la misogynie et notre rapport Ă  la voix fĂ©minine. “Dans l’histoire de la musique, la premiĂšre place que les femmes ont eu, c’est celle du chant parce qu’elles avaient des voix plus douces que celles des hommes. En Occident, on est habituĂ© Ă  cette voix fĂ©minine douce. Et ce qui choque chez les rappeuses, c’est leur voix qui ne chante pas mais qui vocifĂšre, qui insulte, qui dit des choses de façon saccadĂ©e. Et dans notre imaginaire, ce n’est pas facile Ă  accepter. Et puis, en regardant sous les clips des rappeuses, la majoritĂ© des commentaires sont misogynes. Soit parce que la rappeuse a les cheveux courts et aucun attribut fĂ©minin. Soit parce qu’elle est trĂšs sexualisĂ©e et elle est insultĂ©e. Ce sont toujours des commentaires dĂ©nigrants.”

Pour comprendre ces problĂ©matiques, nous avons demandĂ© Ă  Bettina Ghio de faire le portrait express de quatre femmes qui ont fait le rap francophone, de B-Side, la premiĂšre Ă  rapper en français, Ă  MĂšlaaz, la femme dans l’ombre de MC Solaar en passant par la star Diam’s et la belge Shay.

Une interview vidéo à retrouver sur DH.net

Christel Lerebourg
DH.net 22 janvier 2022

- Puff Daddy, where is Mummy ?

Si vous cherchez le top 50 de rap nineties sur Youtube, vous n’y trouverez que deux femmes. C’est diffĂ©rent aujourd’hui ? Pas vraiment, explique Bettina Ghio, docteure en littĂ©rature aujourd’hui professeure de lycĂ©e, qui publie un deuxiĂšme livre au sujet du rap, en anglant cette fois sur les rappeuses. PrĂšs de 400 pages d’histoires de femmes qui, depuis le dĂ©but des annĂ©es 80, ont pris le mic pour livrer leur vĂ©ritĂ©. Mais si les mentalitĂ©s Ă©voluent, elles restent toujours largement invisibilisĂ©es.

Vous affirmez que seulement 5 % des albums de rap sont signés par des rappeuses. Si peu ?
« Oui, et c’est la raison de mon livre. Je suis Argentine et je suis venue en France pour faire un doctorat en littĂ©rature française. Ma thĂšse portait sur la littĂ©rature dans le rap. J’ai d’abord Ă©crit un premier livre sur le rap en gĂ©nĂ©ral (‘Sans fautes de frappe’, ndlr). C’est en dĂ©cortiquant le rap français depuis ses dĂ©buts dans les annĂ©es 90 que j’ai Ă©tĂ© interpellĂ©e d’une part par l’invisibilisation des femmes et, d’autre part, par le discours trĂšs peu nuancĂ© des mĂ©dias sur la misogynie dans le rap. Ils parlent de ça en boucle, sans mĂȘme demander l’avis des rappeuses. Les mĂ©dias et les maisons de disques ont mis du temps Ă  prendre le rap au sĂ©rieux. Et les rappeuses, elles, ne sont toujours pas prises au sĂ©rieux. »

Vous affirmez que l’industrie du rap aurait volontairement et stratĂ©giquement invisibilisĂ© les rappeuses.
« Les grandes maisons de disques ont toujours pensĂ© et pensent encore qu’une femme dans le rap cela ne peut pas les enrichir car cela ne va pas cartonner. Le problĂšme, c’est que lorsqu’ils signent avec une rappeuse, ils ne lui donnent pas les moyens pour le marketing, les tournĂ©es, etc. Et aprĂšs, ils disent ‘vous voyez, cela ne marche pas’. » [
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DĂ©couvrez l’interview de Bettina Ghio en intĂ©gralitĂ© sur Metro

L. Hage
Metro 20 novembre 2021

- Rap féminin, rap féministe ?

Dans cet ouvrage aussi riche qu’instructif, Bettina Ghio met en lumiĂšre les parcours des femmes qui ont participĂ© et participent encore activement Ă  l’épopĂ©e du rap français. Sexiste, misogyne, dĂ©gradant
 sont les qualificatifs qui s’appliquent le plus souvent au rap quand il s’agit d’évoquer la place qu’y occupent les femmes, forcĂ©ment objets, au mieux invisibilisĂ©es, au pire relĂ©guĂ©es au rang de chiennes soumises Ă  la sexualitĂ© dĂ©bridĂ©e et salissante de rappeurs hyper agressifs affirmant une virilitĂ© des plus grossiĂšre et caricaturale. L’autrice s’applique Ă  dĂ©construire les stĂ©rĂ©otypes qui nourrissent une vision destinĂ©e Ă  discrĂ©diter une pratique artistique dĂ©criĂ©e par les Ă©lites auto-Ă©rigĂ©es en gardiennes du bon goĂ»t, du bien penser, du bien parler et du bien crĂ©er. D’une part, on oublie trop souvent que le rap, comme tous les autres genres musicaux, charrie son lot d’opportunistes qui exploitent le filon commercial au dĂ©triment de toute rĂ©elle proposition artistique. D’autre part, il semblerait que le droit Ă  la fiction, que l’on accorde sans difficultĂ© Ă  toutes les autres disciplines artistiques, soit dĂ©niĂ© au rap.

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Non seulement le livre remarquable de Bettina Ghio se lit casque sur les oreilles, et permet d’élaborer au fil de la lecture une playlist Pas lĂ  pour plaire des plus rĂ©jouissantes, mais il nous propose aussi des grilles d’analyse qui s’appuient sur les lectures de Frantz Fanon, AimĂ© CĂ©saire, Virgine Despentes, Angela Davis, ou encore des rĂ©cents travaux d’Elsa Dorlin sur la violence et qui permettent d’élargir le champ de l’analyse artistique et littĂ©raire Ă  celui du politique. Le commentaire, l’usage de rĂ©fĂ©rences extra-musicales, la glose qui Ă©lĂšvent le rap Ă  une dignitĂ© universitaire Ă  laquelle il n’aspire peut-ĂȘtre pas, n’érodent en rien sa puissance subversive mais entĂ©rinent dĂ©finitivement sa prĂ©sence, et ici plus particuliĂšrement celle du rap fĂ©minin, dans l’espace artistique dont il quitte peu Ă  peu les marges pour s’installer au centre, en toute lĂ©gitimitĂ©.

Une chronique à retrouver en intégralité sur Missives

Lucie Giovanetti
Missives 10 février 2021

- Pas lĂ  pour plaire !

Bettina Ghio et moi Ă©tant chez le mĂȘme Ă©diteur, nous avons vite rĂ©alisĂ© que nous travaillions en parallĂšle sur le mĂȘme sujet : le long parcours des femmes dans le monde du rap. Nous savions, cependant, que nous ne publierions pas le mĂȘme livre. Nos perspectives seraient diffĂ©rentes, nos approches de ce genre musical seraient distinctes. Je m’intĂ©resse presque exclusivement au rap amĂ©ricain, alors que Bettina privilĂ©gie la scĂšne française. Elle l’aborde avant tout sous l’angle textuel, quand je considĂšre qu’il est, en tout premier lieu, une musique. Elle apporterait Ă  son livre une vision fĂ©minine, voire fĂ©ministe, une lecture dont j’ai voulu me tenir Ă  l’écart. Ses Ă©crits s’orientent souvent vers une lĂ©gitimation du rap, alors que j’exalte son caractĂšre “unapologetic”, alors que j’estime que la respectabilitĂ© est le dĂ©but de la mort.

Pas LĂ  pour Plaire, donc, n’est pas Ladies First. A prĂ©sent qu’ils sont tous les deux publiĂ©s, depuis de nombreux mois dĂ©jĂ , ces deux livres s’avĂšrent comme il Ă©tait prĂ©vu : diffĂ©rents, et complĂ©mentaires. Dans le fond (rap français contre rap amĂ©ricain), dans la forme (essai contre anthologie), ils n’ont pas grand-chose Ă  voir. Et pourtant, ils racontent plus ou moins la mĂȘme histoire. L’un et l’autre disent que des femmes ont toujours Ă©tĂ© lĂ , dans le rap, dans des rĂŽles importants, et ce depuis le commencement. Les deux ouvrages parlent ensuite d’une Ă©clipse, d’une relĂ©gation dans les coulisses, de ce que Bettina Ghio appelle l’invisibilisation des femmes. Les deux invitent Ă  ne pas dĂ©noncer trop vite les rappeuses provocantes et hypersexuĂ©es, et dĂ©montrent que leur posture est plus souvent libĂ©ratoire que dĂ©gradante. L’un comme l’autre signalent que les annĂ©es rĂ©centes, marquĂ©es par le triomphe final du rap, ont permis un retour des actrices de cette musique, et que celles-ci ont fait preuve d’une grande pluralitĂ© de styles.

Une histoire, une Ă©popĂ©e. C’est donc bel et bien cela que relate Bettina Ghio. Elle a lĂ©gĂšrement changĂ© d’approche depuis son premier livre. Elle est passĂ©e d’une dĂ©marche textuelle et littĂ©raire, attendue compte-tenu de son bagage universitaire et de son mĂ©tier d’enseignante, Ă  une autre, plus biographique et plus chronologique. Au terme d’un lourd travail d’écoutes, d’entretiens et de documentation, elle creuse des Ă©lĂ©ments qui n’étaient que survolĂ©s dans Ladies First. [
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Bettina Ghio reprend nĂ©anmoins sa casquette de professeur de lettres, quand on arrive aux grandes tĂȘtes d’affiche fĂ©minines du rap français, Diam’s, Keny Arkana et Casey. A ce stade du livre, le propos se dĂ©veloppe, et l’analyse de texte qui Ă©tait au cƓur de son ouvrage prĂ©cĂ©dent, Sans Fautes de Frappe, reprend le dessus. Quant Ă  la derniĂšre partie, elle mĂȘle les deux approches. L’auteure s’y penche sur plusieurs rappeuses francophones de la derniĂšre dĂ©cennie (Black Barbie, Orties, KT Gorique, La Gale, Billie Brelok, Sianna, Liza Monnet, Shay, etc.), au cours de plusieurs chapitres oĂč se mĂ©langent portraits et analyses thĂ©matiques.
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Ce livre de Bettina Ghio est au fond dans l’analyse plutĂŽt que dans la synthĂšse, dans le dĂ©tail et la description plutĂŽt que dans l’identification de grandes tendances, mĂȘme si, finalement, quelques thĂšses apparaissent. L’une d’elles, c’est que la marginalisation des femmes dans le rap est plus souvent le fait de l’industrie du divertissement, qui peine Ă  leur trouver une place dans l’univers viril du hip-hop, que des rappeurs eux-mĂȘmes. Ces derniers, au contraire, ont souvent fait la courte-Ă©chelle Ă  leurs consƓurs, ils se sont mĂȘme laissĂ© contredire par elles, comme dans le cas des SpĂ©cialistes, le duo entre Tepa et Princess AniĂšs. MĂȘme si cette vision des choses est Ă  nuancer, elle a le mĂ©rite d’apporter un dĂ©menti Ă  ceux qui, trĂšs probablement par prĂ©jugĂ© raciste, s’avĂšrent prompts Ă  dĂ©noncer la misogynie du rap et des quartiers.

S’il manque au livre une vue d’avion, si Bettina Ghio hĂ©site Ă  tirer des conclusions gĂ©nĂ©rales sur le parcours des femmes dans le rap français, c’est aussi, sans doute, parce qu’elle ne veut pas le simplifier. C’est parce qu’elle veut rendre compte de la variĂ©tĂ© des postures et des discours, plutĂŽt que chercher Ă  les schĂ©matiser et Ă  les catĂ©goriser. C’est parce qu’elle cherche Ă  rendre hommage et Ă  faire Ă©cho Ă  une trĂšs grande pluralitĂ© d’expĂ©riences et d’individualitĂ©s, plutĂŽt que de parler d’un seul et unique personnage, la rappeuse française, qui en soi n’existe pas.

Une chronique Ă  retrouver sur Fake For Real

Sylvain Bertot
Fake For Real 24 décembre 2020

- Rap français : les femmes prennent le pouvoir !

Nicolas George consacre sa rubrique culture Ă  la place des femmes dans le rap et vous recommande la lecture de Pas lĂ  pour plaire ! Portraits de rappeuses de Bettina Ghio.

Une émission à revoir sur TV5 Monde

Nicolas George
TV5 Monde 8 février 2021

- Interview de Bettina Ghio

Bettina Ghio Ă©tait l’invitĂ©e de Jordi BattalĂ© sur RFI. Ils discutent, en espagnol, de son livre Pas lĂ  pour plaire ! Portraits de rappeuses.

Une interview à réécouter sur RFI

Jordi Batallé
RFI / El invitado de RFI 22 janvier 2021

- Coup de coeur

Pas là pour plaire ! est le coup de coeur de Théodora de la MédiathÚque Jules Verne de Vandoeuvre-lÚs-Nancy.
Retrouvez la chronique en vidéo sur Facebook

Théodora
MédiathÚque Jules Verne de Vandoeuvre-lÚs-Nancy 19 décembre 2020

- Vers un rap plus féministe

À l’heure oĂč des artistes tels que Moha La Squale ou RomĂ©o Elvis sont accusĂ©s publiquement d’agressions sexuelles, et oĂč le mouvement #musictoo dĂ©nonce les violences sexuelles et le sexisme dans la musique, il est urgent d’interroger la vision des femmes dans le rap et de se demander s’il peut devenir plus fĂ©ministe.

Dans ce podcast consacré à la place des femmes dans le rap, la journaliste musicale Lola Levent recommande à plusieurs reprises la lecture de Pas là pour plaire !

À Ă©couter sur Backpackerz

Lola Levent
Backpackerz // Rap Explorerz janvier 2021

- Rappeuses le flow power

Mi-novembre, des rappeuses marseillaises se sont rĂ©unies pour proposer une nouvelle version de 13’OrganisĂ©, la compilation du collectif Jul, avec ue cinquantaine de rappeurs, dont une seule femme. Les huit rappeuses ont rĂ©ppliquĂ© avec un remix, rappelant leur existence. Dans ce mĂȘme mouvement pour faire tomber la cape d’invisibilitĂ© dont elles se passeraient bien, Bettina Ghio a publiĂ© Pas lĂ  pour plaire ! , en se prĂ©sentant d’entrĂ©e comme “une femme d’une quarantaine d’annĂ©es, enseignante, blanche, avec un accent Ă©tranger qu’on qualifie souvent de dĂ©licieux , mais aussi fĂ©ministe”, et qui donc, aime le rap. [
] Dans son livre, elle dĂ©fend l’idĂ©e que le rap de femmes permet mieux encore de dĂ©montrer les clichĂ©s qui pĂšsent sur ce genre, “un art du texte fondĂ© sur une performance vocale agonistique, combative, dont ces rappeuses s’emparent avec gĂ©nie.” Et dont elle dĂ©montre qu’il est tout Ă  fait compatible avec le fĂ©minisme.
Son livre articule ainsi des portraits de pionniĂšres françaises et une analyse de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de rappeuses qui remet les femmes Ă  leur place dans le rap : centre depuis les dĂ©buts. [
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L’article est Ă  lire en intĂ©gralitĂ© sur LibĂ©ration

Charline Lecarpentier
Libération 12 décembre 2020

- Entretien avec Bettina Ghio

L’HĂ©roĂŻne du Nova jour est enseignante et Ă©crivaine. Elle s’appelle Bettina Ghio, elle publie Pas lĂ  pour plaire, portraits de rappeuses.

Au micro de Jeanne Lacaille, elle explique son ouvrage musical qui s’interroge sur la place et la fonction des femmes dans le rap français.

Un ouvrage dense, musical, extrĂȘmement bien documentĂ©.

Un entretien à réécouter sur le site de Nova

Jeanne Lacaille
Nova // L'Héroïne du Nova jour 2 octobre 2020

- Chronique livre

“Hyper fourni, hyper intĂ©ressant, hyper riche.”

À la 50e minute, le livre de Bettina est chroniquĂ© est on en dit beaucoup de bien. On vous invite Ă  réécouter toute l’émission passionnante ICI

Lola
Rinse FM // Le Trou de la TĂȘte rap Ă©dition 22 septembre 2020

- Interview Bettina Ghio x Éloïse Bouton de Madame Rap

Quelle place pour les femmes dans le rap ?

Invitées :
‱ Bettina Ghio pour son livre « Pas lĂ  pour plaire ! – Portraits de rappeuses » aux Editions Le mot et le reste, 2020
‱ EloĂŻse Bouton, journaliste indĂ©pendante et autrice, fondatrice de Madame Rap, le premier mĂ©dia en France dĂ©diĂ© aux femmes et aux LGBT+ dans le hip hop

Écoutez l’émission

Radio libertaire // Remue-Méninges Féministe 15 septembre 2015

- Rap : un autre genre est possible

Alors que l’industrie de la musique cherche encore les moyens d’amĂ©liorer la paritĂ©, les rappeuses ne se rĂ©duisent pas Ă  lutter pour leur lĂ©gitimitĂ© dans un milieu qui les maintient minoritaires. Un livre de portraits, «Pas lĂ  pour plaire!», fait honneur Ă  leurs Ɠuvres.

«Mon statut d’femme fait de moi une exclue mise de cĂŽtĂ©/pas cotĂ©e, y a qu’les mecs qui peuvent s’la raconter»: en 1999, la rappeuse Lady Laistee sortait For the Ladies, plaidoyer pour la paritĂ© dans le milieu du hip-hop. Vingt ans plus tard, Chilla, la native du pays de Gex, chante toujours le mĂȘme refrain: «Il n’y a pas de place dans le game pour les femmes/Je retourne la donne et vous donne du glam, han!»

Aujourd’hui, dans l’espace francophone europĂ©en, 95% des albums de rap sont signĂ©s par des artistes masculins. OĂč sont les femmes? «Les rappeuses ont toujours Ă©tĂ© prĂ©sentes. Simplement, elles n’ont pas le mĂȘme statut de notoriĂ©tĂ© que les hommes. Ce problĂšme d’invisibilitĂ© n’est pas l’exclusivitĂ© du rap, il existe Ă  tous les niveaux de la sociĂ©tĂ©. Accuser le rap de misogynie, c’est une maniĂšre de minimiser la place et l’Ɠuvre des rappeuses.»

Lisez la chronique intégrale sur Le Temps

Salomé Kiner
Le Temps 7 août 2020

- Le chant des partisanes

Dans le monde de la musique, l’invisibilitĂ© des femmes demeure un problĂšme. Mais les choses peuvent – et doivent – changer.

Joan Baez pour les annĂ©es 1960, Janis Joplin pour les sauvages seventies, Madonna la dĂ©cennie suivante, puis CĂ©line Dion, Rihanna et enfin Taylor Swift. A chaque dĂ©cennie sa grande star fĂ©minine. A cette liste, on pourrait encore ajouter, de Patti Smith Ă  PJ Harvey, des musiciennes qui ont Ă©crit de belles pages du grand livre du rock alternatif. Mais, irrĂ©mĂ©diablement, vient ensuite cette remarque : pourquoi l’industrie musicale compte-t-elle finalement aussi peu de femmes? Ou, plus prosaĂŻquement : faut-il ĂȘtre un mec pour ĂȘtre une superstar traversant les Ăąges?

C’est ce que tendrait en tout cas Ă  prouver la liste des artistes intronisĂ©s au fameux Rock and Roll Hall of Fame. Sur plus de 230 noms, le pourcentage de filles se monte Ă  un petit 12%. L’univers du rap et des musiques urbaines, plus connu pour son sexisme que ses appels Ă  l’égalitĂ©, est aujourd’hui confrontĂ© au mĂȘme problĂšme. «Dans l’espace francophone europĂ©en, 95% des albums de rap sont signĂ©s par des artistes masculins», Ă©crivait la semaine derniĂšre une collĂšgue Ă  l’occasion de la sortie d’un livre essentiel : Pas lĂ  pour plaire! Portraits de rappeuses.

Son autrice, Bettina Ghio, y relĂšve que « ce problĂšme d’invisibilitĂ© n’est pas l’exclusivitĂ© du rap, il existe Ă  tous les niveaux de la sociĂ©tĂ©. Accuser le rap de misogynie, c’est une maniĂšre de minimiser la place et l’Ɠuvre des rappeuses. » Que faire, dĂšs lors, pour inverser la tendance? Plusieurs initiatives ont ces derniĂšres annĂ©es vu le jour, de mĂȘme que les paroles se libĂšrent. Faut-il imposer des quotas? Ce n’est certainement pas la meilleure des solutions. Mieux vaut se montrer proactif.

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Lisez la chronique entiĂšre sur le site du Temps

Stéphane Gobbo
Le Temps 16 août 2020

- Interview de Bettina Ghio

SalomĂ© Kiner a interviewĂ© Bettina Ghio pour la RTS. L’occasion d’aborder, en cinq Ă©pisodes de 15 minutes, son nouveau livre consacrĂ© au femmes dans le rap francophone.

épisode #1

épisode #2

épisode #3

épisode #4

épisode #5

Salomé Kiner
RTS // Pony Express juin 2020

- Pas lĂ  pour plaire!

En finissant, il y a quelques semaines, Rap ta France de José-Louis Bocquet et Philippe Pierre-Adolphe, une question me revenait inlassablement : « où sont les femmes ? ».
Trop souvent oubliées, mises de côté et invisibilisées, les rappeuses ne sont que trop peu intégrées dans les ouvrages qui traitent du rap ou de la musique en général : beaucoup soulignent l’absence des femmes. Pourtant, présentes, les femmes le sont, et depuis l’arrivée du rap en France.
C’est à la suite de ce constat que Bettina Ghio décide d’écrire un livre en mettant en valeur non pas l’absence mais la présence des femmes dans le rap.

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Bettina Ghio parle également de toutes celles qui – à défaut d’être sur scène – ont participé et participent toujours à l’ancrage, Ă  l’évolution et au partage de cette musique et de la culture hip hop, à l’instar des photographes, des productrices ou des directrices artistiques.

Je souligne aussi que la majorité des scientifiques, journalistes, essayistes, philosophes ou musicologues cités dans cet ouvrage sont des femmes : Mona Chollet, Elsa Dorlin, Patricia Hill Collins ou Sylvia Federici pour ne citer qu’elles.
Ce travail de recherche très poussé n’exige nullement d’être accoutumé à l’écriture universitaire ou d’être un érudit de la raposhère francophone car il accompagne le lecteur dans la découverte d’une musique, d’un milieu, de ses codes et de ses interprètes. Ce livre brise certaines idées reçues pouvant encore aujourd’hui donner à cette musique la réputation d’être misogyne.
Dans la lignée du travail d’Angela Davis dans Blues et Féminisme, Bettina Ghio montre des musiciennes qui pour beaucoup vont à l’encontre des exigences commerciales et déconstruisent les comportements genrés et sexués.
Ce sont des femmes, des rappeuses et elles ne sont pas là pour plaire !

La chronique intégrale est en ligne

Mélodine Lascombes
Citizen Jazz 12 juillet 2020

- Bonnes feuilles Ă  lire

La revue Contretemps vous propose de découvrir des bonnes feuilles du nouvel essai de Bettina Ghio consacré à la place des femmes dans le rap français.

Des extraits inédits à lire sur le site de Contretemps

la rédaction
Contretemps 3 juillet 2020

- Les femmes & le rap

Pas là pour plaire! C’est le titre de l’ouvrage que vient de faire paraütre Bettina Ghio chez Le Mot
et le Reste. Ce livre s’interroge sur la place des femmes dans le rap français, en s’intĂ©ressant aux diffĂ©rentes thĂ©matiques qui touchent leur condition et Ă©mancipation puis en donnant la parole aux actrices de la scĂšne rap, comme Casey, Keny Arkana ou mĂȘme Diam’s. L’auteure y explique aussi par
exemple les spécificités langagiÚres et musicales du rap, fait par des femmes. Passionnant.

Benjamin Valentie
FrancoFans août - sept. 2020

- Interview de Bettina Ghio - Rebelles parmi les rebelles

Un livre analyse les spécificités du rap fait par des femmes. Le parcours des pionniÚres francophones est complété par un repérage de la relÚve, dont la Suissesse KT Gorique, qui sort son nouvel album.

Quelle place pour les rappeuses en France et plus largement dans l’espace francophone? Sexisme, amalgames, genre, reprĂ©sentations du corps fĂ©minin, condition et sexualitĂ© fĂ©minine, Ă©mancipation, rĂ©cupĂ©rations : autant de thĂ©matiques abordĂ©es par Bettina Ghio dans Pas lĂ  pour plaire! Un livre qui paraĂźt aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, Ă  la suite d’un prĂ©cĂ©dent ouvrage de l’autrice consacrĂ© aux textes
du rap (Sans fautes de frappe, 2016). Docteure en littĂ©rature et civilisation françaises, enseignante au lycĂ©e, Bettina Ghio part d’un constat : les rappeuses dĂ©jouent les attentes de genre, tant vocalement en se dĂ©marquant de l’utilisation mĂ©lodieuse de la voix, que par l’usage d’un verbe haut voire violent, ou encore en adoptant des tenues non genrĂ©es (le survĂȘt’, les baggies, la casquette). ScindĂ© en trois volets, Pas lĂ  pour plaire! revient sur le parcours des pionniĂšres avant de brosser le portrait de trois incontournables aux trajectoires contrastĂ©es (Diam’s, Keny Arkana, Casey). Le livre dresse aussi la liste des hĂ©ritiĂšres dans toute leur diversitĂ© – on y trouve quelques Suissesses comme La Gale ou KT Gorique. Un panorama rĂ©trospectif et prospectif passionnant.
Entretien.

DĂ©couvrez l’interview donnĂ©e par Bettina au Courrier sur leur site

Rodéric Mounir
Le Courrier 11 juin 2020

- Interview de Bettina Ghio

Bettina Ghio est l’invitĂ©e d’Isabelle Kortian sur le plateau du Monde en questions Ă  l’occasion de la parution de son livre Pas lĂ  pour plaire!. Plus d’un heure d’émission, en musique, pour revenir sur la place des femmes dans le rap français.

Écoutez l’émission sur Cause Commune

Isabelle Kortian
Cause Commune // Le monde en questions #37 6 juillet 2020

- Bettina Ghio "Pas lĂ  pour plaire !" | Release

Quatre ans aprÚs la sortie de son essai Sans fautes de frappe. Rap et littérature qui a su décrédibiliser les clichés les plus tenaces au regard de la culture littéraire des rappeurs, Bettina Ghio, docteure en littérature et civilisation françaises a récemment publié Pas là pour plaire ! de nouveau chez Le Mot et le le reste.

Cet ouvrage s’interroge sur la place des femmes dans le rap français, en s’intĂ©ressant aux diffĂ©rentes thĂ©matiques qui touchent leur condition et Ă©mancipation puis en donnant la parole aux actrices de la scĂšne rap, par la mise en lumiĂšre de leurs Ɠuvres et parcours. Il est question des pionniĂšres – prĂ©sentes dĂšs la naissance du genre et invisibilisĂ©es au moment de son Ăąge d’or –, des figures incontournables que sont Diam’s, Casey et Keny Arkana, qui reprĂ©sentent chacune une facette diffĂ©rente de la rappeuse, et des hĂ©ritiĂšres, de plus en plus nombreuses, pour lesquelles l’urgence est dans la libĂ©ration des femmes et se ressent aussi bien dans leurs textes que dans leur attitude. Dans la lignĂ©e de Sans fautes de frappe, l’auteure explique ici les spĂ©cificitĂ©s langagiĂšres et musicales du rap, fait par des femmes, et dĂ©monte les clichĂ©s visant Ă  l’extraire d’une culture musicale francophone, en dĂ©pit de son succĂšs populaire.

La news sur le site de Nova

Nathalie Gardner
Nova 29 mai 2020

- Pas lĂ  pour plaire!

Des femmes, il y en a dĂšs le dĂ©but du rap français, n’en dĂ©plaise aux labels qui prĂ©fĂšrent soutenir les hommes ou garder les femmes dans les rĂŽles de danseuses ou de faire-valoir. On connaĂźt Sydney, l’animateur de l’émission H.I.P.H.O.P., mais c’est Marie-France BriĂšre qui produit l’émission, et Laurence Touitou, future directrice d’un label rap, et Sophie Bramly, photographe, qui travaillent Ă  l’émission (et qu’on ne voit pas Ă  l’écran). Ce livre, Pas lĂ  pour plaire, montre que les femmes, dans le rap, ne sont pas plus mal traitĂ©es que dans le reste de la sociĂ©tĂ© : le rap n’est pas hors sol.

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Bettina Ghio documente des premiĂšres annĂ©es Ă  nos jours une histoire trĂšs intĂ©ressante et hors des potins d’usage. Son livre est fait en trois parties principales : Les pionniĂšres, les incontournables – Diam’s, Keny Arkana, Casey -, les hĂ©ritiĂšres. Si vous le lisez, vous Ă©couterez le rap, ses rythmes et ses textes, comme jamais auparavant.

Lisez la chronique intégrale sur main tenant

la rédaction
main tenant 16 août 2020

- Envie de maintenant

Initialement invitée à participer aux excellentes ColÚres du Présent, Bettina Ghio a finalement écrit ce texte, sur proposition des équipes du festival, pour enrichir leur édition 2020 qui serait inévitablement numérique.

La consigne Ă©tait d’écrire sur le monde d’aprĂšs, mais j’ai plutĂŽt envie d’écrire sur le monde de maintenant. Sur ce monde qui s’est retrouvĂ© soudainement suspendu, mis de cĂŽtĂ©, entre parenthĂšses. Au dĂ©but du confinement, la boule au ventre, on avait tous et toutes plus ou moins la sensation d’ĂȘtre des protagonistes d’un roman d’anticipation, d’un film de catastrophe ou de contagion. Ce qu’on croyait jusqu’ici ĂȘtre de la fiction, de l’impossible, est devenu rĂ©el. DĂšs le dĂ©but, j’ai pensĂ© Ă  l’alerte lancĂ©e par la jeunesse ces deux derniĂšres annĂ©es sur la question environnementale et le dĂ©sastre qui arrivait. Mais j’avoue que ce futur inquiĂ©tant me semblait alors abstrait et incertain, et surtout un peu plus lointain. Bien que nos gouvernants n’aient jamais pris au sĂ©rieux ces revendications – et avec une condescendante attitude anti-jeune et misogyne notamment Ă  l’égard de Greta Thunberg – on a compris que ce futur est maintenant et qu’il est arrivĂ© comme ça. On expĂ©rimente la forme que prendra dorĂ©navant la vie face Ă  des catastrophes climatiques et des dĂ©rĂšglements environnementaux, dont les Ă©pidĂ©mies font tristement partie. L’isolement des populations et le confinement, tout comme les gestes barriĂšre, seront sĂ»rement des mĂ©thodes qu’on devra intĂ©grer dans nos vies.

Mais les jours passant, ce scĂ©nario improbable, plus que de nous confronter au futur dans le prĂ©sent, nous a mis devant la vraie vie, face au monde rĂ©el, celui qu’on a construit et qu’on a laissĂ© construire. Car la fiction, ce ne sont pas toujours les auteurs qui la produisent, comme dit l’écrivain espagnol Javier Cercas, mais la rĂ©alitĂ© mĂȘme. C’est pour cela qu’il est encore trop tĂŽt pour moi de spĂ©culer sur le monde d’aprĂšs, sur ce que ce traumatisme va faire de nous. J’ai besoin de maintenir encore plus longtemps le pied levĂ© de la pĂ©dale d’embrayage du rythme de la vie quotidienne, pour rĂ©flĂ©chir au monde qu’on a et qui nous a mis dans une situation pareille.

Je ne vais pas vous mentir, plusieurs aspects du confinement se prĂ©sentent pour moi comme la vie idĂ©ale. Je rĂ©alise la pĂ©nibilitĂ© des transports en commun. Le temps qu’on passe lĂ -dedans, entassĂ©.es, souvent harcelĂ©es, poussĂ©.es
 Je suis heureuse de ne plus devoir les prendre tous les jours, de ne pas ĂȘtre obligĂ©e de me lever deux heures plus tĂŽt que le dĂ©but de mes cours. Du temps que je gagne pour moi chaque matin, plus celui du soir. Je me plais Ă  travailler chez moi, dans le calme, loin du brouhaha du lycĂ©e. C’est mon cĂŽtĂ© solitaire, anti-social : dans mon bureau avec mes livres, une tasse de thĂ© Ă  cĂŽtĂ© de mon ordinateur. Je comprends aussi que je ne passais pas assez de temps avec mon fils. Le temps Ă©tait mĂ©diocre, partagĂ© entre la fatigue de la fin de journĂ©e, les mails Ă  rĂ©pondre, l’inquiĂ©tude des choses Ă  faire pour le lendemain, le bain Ă  donner, le repas Ă  prĂ©parer, le sac Ă  dos Ă  laisser prĂȘt. Les minutes restantes, Ă©taient alors pour lui. Mais je ne l’ai jamais vu aussi heureux, Ă©panoui, calme, rassurĂ© de se sentir aimĂ© que lors de ce confinement. Comme son pĂšre, je passe une bonne partie de la journĂ©e avec lui. C’est du temps de qualitĂ©, du temps rien que pour lui, rien que pour nous. Il est enchantĂ© de se poser avec ses jouets et ses livres dans sa chambre ou de jouer sur le balcon ensoleillĂ©, que maman et papa fassent avec lui les activitĂ©s proposĂ©es par la maĂźtresse sur la plateforme de l’école. Tu prĂ©fĂšres l’école ou ĂȘtre avec maman et papa ? – « La maison », me rĂ©pond-il chaque jour.

On dirait que le confinement est fait pour moi, ou plutĂŽt que je suis faite pour
 Je peux Ă©crire davantage, jardiner, lire, cuisiner, faire du rangement, de l’activitĂ© physique, prendre de nouvelles des proches, renouer avec des ancien.nes ami.es. Tout cela est Ă©videment possible parce que nous partageons les tĂąches familiales avec mon conjoint et que s’occuper d’un seul enfant n’est finalement pas si pĂ©nible que ça
 J’ai enfin du temps pour moi ! Je me rends compte combien j’en manquais dans la vie d’avant. Et je le retrouve paradoxalement dans la contrainte d’ĂȘtre enfermĂ©e et isolĂ©e, qui apporte Ă©videmment aussi une part d’angoisse, pour soi et pour les autres.

Or, en me surprenant dans ce type des pensées, je réalise à quel point le confinement est un privilÚge.

Je bĂ©nĂ©ficie de l’insouciance Ă©conomique de quelqu’un dont l’emploi est quasiment garanti. Mon salaire est bien au-dessus du SMIC et sera sur mon compte Ă  la fin du mois. MĂȘme si je n’ai pas rĂ©ussi Ă  faire mon quota horaire via le tĂ©lĂ©-enseignement, surtout parce que je garde mon fils une partie de la journĂ©e, mon crĂ©dit et mon pouvoir d’achat n’auront pas Ă  en souffrir. Cette aisance financiĂšre me permet de profiter au mieux de mes journĂ©es confinĂ©es. J’ai un appart spacieux avec un grand balcon pour une petite famille de trois. Dans ce quartier calme, mon fils peut sortir une fois par jour avec sa trottinette. Mais j’ai surtout la chance d’ĂȘtre confinĂ©e. De ne pas faire partie de « l’armĂ©e de l’ombre de cette guerre sanitaire » qui doit continuer d’aller travailler, de se lever tĂŽt, de prendre les transports pour que le confinement soit possible pour des gens comme moi. Pour que des gens comme moi ne tombent pas malade. Pour que des gens comme moi n’encourent pas le risque d’un refus de soins par manque de lits Ă  l’hĂŽpital. Pour que des gens comme moi soient soignĂ©.es s’ils ont des symptĂŽmes. Pour que des gens comme moi ne contaminent pas d’autres gens comme moi, si jamais on tombe malade ou qu’on est des porteurs sains du virus.

Je ne fais pas partie de celles et ceux qui assurent dans l’invisibilitĂ© toute sorte de tĂąches. J’aurais plutĂŽt pu faire partie des gens qui se font livrer des produits frais et bio sur le pas de leurs portes, qui ne manquent de rien lors du confinement, qui font des apĂ©ros virtuels tous les soirs. D’autres travaillent pour que des gens comme moi soient en sĂ©curitĂ© lorsqu’ils vont faire les courses. Qu’ils marchent dans des rues propres, que leurs poubelles ne soient pas entassĂ©es devant chez eux. Je suis heureusement « col blanc » et non pas « col bleu ». Je peux rester chez moi pour tĂ©lĂ©-travailler alors que les autres doivent continuer de produire. Je suis Ă  l’abri chez moi, alors que les autres sont la chair Ă  canon avec peu de protections salariales comme du matĂ©riel de base face Ă  la contagion.

Je ne fais pas partie non plus de toutes celles et ceux pour qui le confinement est une situation pĂ©nible, voire infernale. Jusqu’ici ma connexion internet marche au top pour tĂ©lĂ©-travailler. J’ai mon propre ordinateur, un autre de secours au cas oĂč. Ma chef d’établissement a tenu compte de la pĂ©nibilitĂ© de la situation et a proposĂ© des tĂąches et des Ă©chĂ©ances rĂ©alistes malgrĂ© les consignes du Ministre. Je n’ai pas mon fils dans les pattes quand je travaille, mon conjoint s’en occupe. (Jusqu’ici la date du 11 mai n’avait pas encore Ă©tĂ© prononcĂ©e. Mais, malgrĂ© tous mes privilĂšges, je risque de basculer en nouvelle chair Ă  canon pour sauver les privilĂšges des gens encore plus privilĂ©giĂ©s que moi, parce que ça existe).

Lors de ce confinement, je n’arrĂȘte pas de repasser en boucle les textes de rappeuses dans lesquels je me suis plongĂ©e ces deux derniĂšres annĂ©es pour Ă©crire l’ouvrage qui se retrouve aussi en quarantaine. Les vies qu’ils Ă©voquent doivent vivre ce confinement bien diffĂ©remment des gens comme moi. De surcroĂźt, je pense Ă  ces ados dont le test grossesse est positif. Les petits amis ne rĂ©pondant plus au tĂ©lĂ©phone, la situation facilitant l’évitement d’un enfant conçu Ă  deux. Les peurs, les inconnus, la solitude, le rejet et l’incomprĂ©hension des parents, le besoin de fuguer, le manque de l’étreinte d’une copine et l’accĂšs Ă  l’IVG possiblement entravĂ© dans cette pĂ©riode. Je pense aussi Ă  ces cris dans les chambres Ă  coucher, Ă  ces coups derriĂšre les portes, Ă  ces enfants qui les entendent, Ă  ces bleus qui n’ont pas besoin de maquillage en pĂ©riode de confinement. Je pense aux nanas qui approchent la quarantaine et portent un poids supplĂ©mentaire, parce que l’horloge biologique continue de tourner pendant le confinement. Je pense Ă  ces mamans qui sont seules, Ă  celles qui ont un homme mais qui font quand-mĂȘme tout Ă  la maison. A celles pour qui le fait d’ĂȘtre toute la journĂ©e chez elles n’est pas nouveau, mais qui sont maintenant enfermĂ©es avec quelqu’un qu’elles souhaiteraient voir dehors. A cette femme qui vient d’accoucher et qui fait un baby blues, mais qu’on n’a gardĂ© qu’un jour Ă  la maternitĂ©, les hĂŽpitaux dĂ©bordĂ©s. Aux mamans qui n’ont envie de rien faire et qu’on culpabilise si elles ne s’occupent pas comme il faut des enfants. A ces mamans qui ont la boule au ventre parce que leurs garçons sortent faire une course et qu’ils ont oubliĂ© leur attestation.

Je pense aussi aux HLM Ă©troits, insalubres, aux citĂ©s dortoir sans confort ni loisirs. A tout ce bĂ©ton, Ă  ces horizons gris et aux textes de rap qui les dĂ©crivent, les racontent, les fictionnalisent. Je pense aux gamins et aux gamines qui traĂźnent, aux chĂŽmeurs et chĂŽmeuses qui tournent en rond. A toutes ces journĂ©es interminables Ă  la citĂ© lorsque l’ennui rode et qu’on est jeune, pauvre et sans travail. Je pense Ă  ce dĂ©sir d’en partir, de quitter pour de bon ces lieux qui dĂ©vorent la jeunesse. Comment seront ces journĂ©es-lĂ  quand on est confinĂ©.e ? Par quoi est remplacĂ©e la rue, ce lieu de soulagement qui permet d’échanger et partager les peines, les doutes, de rire, de prendre tout simplement de l’air et de crĂ©er de la culture aux pieds de tours. Ceux et celles qui ne rĂȘvent que d’une autre vie, sont plus que jamais fixĂ©.es dans celle qu’ils et elles ont


Ce confinement me fait plus que jamais penser aux banlieues, Ă  tous les quartiers populaires, au 93 en particulier, « laboratoire de la France », comme dit la rappeuse Casey. Sa grande richesse cosmopolite favorise « un laboratoire linguistique » et culturel, mais il est en mĂȘme temps « le pire cauchemar » de l’État, toujours en conflit avec les immigrĂ©.es. Lorsque je vois passer les hĂ©licoptĂšres, je sais que ce n’est pas pour surveiller des gens comme moi, je suis une bonne Ă©lĂšve du confinement. Ils rappellent Ă  l’ordre une population qui est le mauvais exemple du confinement, celle « qui serait toujours prompte Ă  se soustraire Ă  la rĂšgle commune ». Celle qui ne sait pas rester Ă  dix dans 30m2. Celle incapable de tĂ©lĂ©travailler et de tĂ©lĂ©-Ă©tudier avec un seul ordinateur Ă  la maison, au mieux
 Celle qui, parfois sans papiers, ne bĂ©nĂ©ficie d’aucune protection officielle et doit ruser pour gagner sa vie. Celle apeurĂ©e des contrĂŽles policiers. Celle qui si jamais elle tombe malade, c’est forcĂ©ment sa faute, parce qu’elle n’a pas respectĂ© le confinement, indisciplinĂ©e qu’elle est.

J’aurais pu ĂȘtre de ceux et de celles qui s’indignent de ces comportements. Lire rĂ©voltĂ©e la presse qui signale le nombre record d’amendes en Seine Saint Denis face Ă  l’indiscipline des banlieusard.e.s et soutenir la litanie sans fin d’articles qui s’apitoient sur la difficultĂ© des Parisiens Ă  rester chez eux. La « crĂ©ature ratĂ©e » de Casey refait surface une nouvelle fois. C’est celle qui a toujours tort, elle est le « mal incarnĂ© », « l’ennemie des valeurs ». Elle est toujours une « menace », la honte de la RĂ©publique. Aujourd’hui les services de rĂ©animation de ces « territoires perdus », comme ceux de la Seine Saint Denis, sont les plus saturĂ©s. Cela serait « une preuve infaillible du manquement des habitants de ce dĂ©partement emblĂ©matique du « problĂšme des banlieues » aux rĂšgles Ă©lĂ©mentaires du vivre-ensemble en temps de pandĂ©mie ». C’est sĂ»rement la faute de ces populations. Avec cette attitude irresponsable, ils mettent la vie de gens comme moi en danger
 Comme si le gros des troupes qui sont « en premiĂšre ligne pour faire tourner un pays mis Ă  l’arrĂȘt par le coronavirus » n’habitent pas ces quartiers populaires


Je veux encore profiter de ce monde arrĂȘtĂ© qui rend transparente la vraie vie. Il me plaĂźt autant qu’il me terrorise. C’est le monde de maintenant qui me laisse me surprendre et me surprend Ă©veillĂ©e. Car je peux encore rĂȘver Ă  la fin des injustices et des inĂ©galitĂ©s, Ă  la fin du patriarcat, Ă  la fin du nĂ©olibĂ©ralisme. Je peux encore croire qu’aprĂšs ce qu’on vit, un capitalisme renforcĂ©, autoritaire, ne surviendra pas. Le monde de maintenant me permet encore de croire que c’est possible que le monde d’aprĂšs ne ressemble plus Ă  la vie d’avant.

Bettina Ghio

Bettina Ghio
ColÚres du présent 1er mai