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Parution : 23/08/2018
ISBN : 9782360548002
256 pages (148x210)

Nino Ferrer

Un homme libre

Henry Chartier rend justice Ă  l’Ɠuvre de Nino Ferrer par une analyse qui embrasse toute sa complexitĂ© et va au-delĂ  des classiques.

Entre “Mirza” , “Le TĂ©lĂ©fon” ou “Le Sud”, Nino Ferrer a illuminĂ© les annĂ©es soixante en recrĂ©ant un rhythm’n’blues Ă  la française, puis s’est lancĂ© dans les annĂ©es soixante-dix dans une musique ambitieuse mĂ©langeant rock progressif et dĂ©bridĂ©. Cas Ă  part dans l’univers musical français, il est un paradoxe Ă  lui seul : rares sont les artistes Ă  avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© toute leur carriĂšre d’une telle notoriĂ©tĂ©, en ayant connu une aussi longue traversĂ©e du dĂ©sert. Un cas d’école car peu de musiciens de ce calibre ont choisi de bĂątir leur carriĂšre en s’exonĂ©rant de la charge qui incombe Ă  un artiste populaire. À partir des interviews donnĂ©es par Nino Ferrer, de rencontres avec sa famille et certains tĂ©moins essentiels, cet ouvrage retrace le parcours d’un homme libre et replace son Ɠuvre dans la grande histoire de la pop music, au-delĂ  de ses tubes.

Revue de presse

- Interview Henry Chartier Nino Ferrer : un chanteur drÎle et mélancolique Laurent Hakim France 2 // Journal de 20h 10 novembre 2018
- Nino Ferrer Guillaume Lebouis Radio VassiviÚre // Accords/désaccords 3 novembre 2018
- Nino Ferre Jean-Louis Lemarchand L'Académie du jazz 29 septembre 2018
- Nino Francis Hébert La route aux quatre chansons 11 septembre 2018
- Nino Ferrer homme libre hors norme ! Franck dit Bart AgoraVox 8 septembre 2018
- Un homme libre
 Alain Vollerin Blog des Arts 1 septembre 2018
- Nino Ferrer, le jazzman qui chamboula la chanson Bruno Pfeiffer LibĂ©ration // Ça va jazzer 2 septembre 2018
- Z'avez pas vu Nino? Rebecca Manzoni France Inter // Pop & Co 27 août 2018

- Interview Henry Chartier Nino Ferrer : un chanteur drÎle et mélancolique

Nino Ferrer : un chanteur drÎle et mélancolique

Vingt ans aprùs la disparition de Nino Ferrer, France 2 revient sur l’histoire de la chanson Mirza et la carriùre du chanteur.

Nino Ferrer a trouvĂ© sa voix grĂące Ă  un chien perdu. Inconnu du public dans les annĂ©es 1960, il se rĂ©vĂšle en une soirĂ©e. Mais entre Nino Ferrer et la chanson Mirza, c’est Ă  la fois l’histoire d’un triomphe et d’une souffrance. En 1965, il est dĂ©jĂ  un musicien surdouĂ©, virtuose de la contrebasse jazz. Il aime le rythm’n blues, il admire Ray Charles, Ottis Redding et le tout jeune Stevie Wonder. Au cƓur de l’étĂ©, il se retrouve sur scĂšne Ă  La Playa Ă  Saint-Tropez (Var) et fait une petite blague. “Le propriĂ©taire (
) a perdu son chien et comme Nino est sur scĂšne, on lui demande de faire passer le message. Au lieu de faire un appel classique, on joue un fond musical et il se lance dans une improvisation”, raconte son biographe Henry Chartier. Il entonne ainsi un air de Stevie Wonder qu’il reprend dans la chanson.

Un tube dix ans aprĂšs

DĂšs lors, Nino Ferrer fabrique du “rigolo” puisqu’on lui en demande, comme avec Le TĂ©lĂ©fon ou encore Les Cornichons. Mais ce qui fait rire le public rend le chanteur mĂ©lancolique. “Sa maison de disque le poussait un petit peu dans ce sens-lĂ , et puis mĂȘme le public. Ses belles chansons, ses ballades, ça marchait moins bien”, explique Georges Chatelain, producteur, musicien et ami du chanteur. Déçu, Nino Ferrer s’éloigne de la scĂšne, part Ă  la campagne et peint. Dix ans aprĂšs Mirza Ă©merge un nouveau tube, une chanson qui ressemble enfin Ă  son auteur : Le Sud. Mais le chanteur considĂšre que son succĂšs entachera sa qualitĂ©. Comme pour se rĂ©concilier avec Mirza, il rĂ©enregistrera plus tard la chanson en gospel.

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Laurent Hakim
France 2 // Journal de 20h 10 novembre 2018

- Nino Ferrer

Cette biographie de plus de 200 pages, nous livre un portrait complet d’un personnage que l’on peut qualifier d’iconoclaste dans l’histoire de la chanson française.

Artiste, compositeur et musicien autodidacte surdouĂ© Nino Ferrer, dont les rapports en mode “Je t’aime moi non plus” avec les mĂ©dias pourraient ĂȘtre comparĂ©s avec ceux entretenus par un certain Jean Louis Murat (dont Il Francese, son dernier album sera chroniquĂ© dans notre prochaine Ă©mission), n’a jamais rĂ©coltĂ© de son vivant la reconnaissance qu’il aurait pu mĂ©riter.

AdulĂ© dans les annĂ©es 60 pour son rĂ©pertoire rythm & blues, qui derriĂšre la gaudriole et le pastiche (« Mirza »; « Ho, hĂ©, hein, bon »; « Je veux ĂȘtre noir »; et bien sĂ»r le “TĂ©lĂ©phon”
), constitue sans aucun doute ce qui se faisait de mieux dans les annĂ©es soixante; avec les premiers albums de Dutronc, Polnareff; Nino Ferrer a connu une incroyable traversĂ©e du dĂ©sert partiellement occultĂ©e par les succĂšs de “La Maison prĂšs de la fontaine” et bien sĂ»r de l’immense carton de la chanson “le Sud” qui s’est vendue Ă  l’époque Ă  plus d’un million d’exemplaires


Le drame de Nino Ferrer est qu’il ait Ă©tĂ© surtout reconnu et acclamĂ© pour ses singles; un peu Ă  la maniĂšre des Kinks en quelque sorte; et que la libertĂ© et la crĂ©ativitĂ© de ses albums n’ont jamais Ă©tĂ© soulignĂ©s
 Le travail de Henry Chartier met en avant les alĂ©as qu’à rencontrĂ© Nino Ferrer avec les maison de disques (9 durant sa carriĂšre), ses humeurs et parfois ses colĂšres (citons en vrac: guitares cassĂ©es de rage lors de concerts, Ă©chauffourĂ©es avec le public breton ou autres organisateurs, producteurs, musiciens ; brouilles avec des amis
), on y descelle Ă©galement une certaine distance avec les courants musicaux et les modes; un mĂ©pris des mĂ©dias
 Cet ouvrage permet de mieux comprendre les Ă©lĂ©ments de “dysfonctionnement” ou de caractĂšres d’autodestruction liĂ©s Ă  l’artiste.

De mĂȘme, la qualitĂ© de ses albums des annĂ©es 80 et 90, que l’auteur qualifient de passables ou mĂ©diocres ; et pour lesquels l’artiste Ă©tait quasiment autoproduit ; donnent Ă©galement des Ă©lĂ©ments de comprĂ©hension.

Nino Ferrer, malgrĂ© son talent n’aura pas gravĂ© son Nougayork ou son « Aux armes etcetera », lui assurant une reconnaissance tardive ou une renaissance commerciale.

Pour conclure, je citerai justement les quelques mots de Claude Nougaro au lendemain de la mort de Nino Ferrer. Rappelons que l’artiste s’est suicidĂ© d’une balle de carabine tirĂ©e en plein le cƓur, dans un champ prĂšs de sa villa de La Taillade :” Nino Ferrer Ă©tait un homme qui m’a toujours plu parce que c’était un esthĂšte. Il avait un cĂŽtĂ© aristocratique de la beautĂ©, de l’art. Il Ă©tait pur. Entre nous, il y avait quand mĂȘme une sorte de filiation profonde au point de vue du rythme. C’était un passionnĂ© de rythme et un grand Ă©crivain du rythme. C’était un noble profond. Il avait le sang bleu de l’ñme. Je trinque avec une larme.”

Une trùs belle biographie, d’un artiste majeur de la chanson française.

Guillaume Lebouis
Radio VassiviÚre // Accords/désaccords 3 novembre 2018

- Nino Ferre

Voici 20 ans qu’en plein Ă©tĂ©, le 13 aoĂ»t, Nino Ferrer s’est donnĂ© la mort en se tirant une balle en plein cƓur dans un champ. Une fin tragique pour un chanteur qui aura signĂ© quelques-uns des tubes les plus populaires des annĂ©es 60-70, ‘Mirza’, ‘Le tĂ©lĂ©fon’, ‘les cornichons’, ‘Oh ! HĂ© ! Hein ! Bon’ ! , des titres sensibles devenus des standards (‘Le Sud’, ‘La maison prĂšs de la fontaine’), sans oublier des morceaux engagĂ©s marquĂ©s par le rhythm’n’blues, au premier rang desquels ‘Je veux ĂȘtre noir’, oĂč il rend hommage Ă  James Brown et Wilson Pickett.
Dans cette biographie passionnante, Henry Chartier retrace le parcours d’un musicien libre, auteur Ă  succĂšs qui a coupĂ© les ponts avec le show-business et n’a jamais oubliĂ© le jazz de ses dĂ©buts professionnels comme contrebassiste dans un groupe dĂ©diĂ© au style New Orleans (les Dixie Cats). AssurĂ©ment, il faut réécouter Nino Ferrer, nĂ© Agostino Arturo Maria Ferrari le 15 aoĂ»t 1934 Ă  GĂȘnes, d’un pĂšre italien et d’une mĂšre française originaire de Nouvelle-CalĂ©donie.

Jean-Louis Lemarchand
L'Académie du jazz 29 septembre 2018

- Nino

À l’étĂ© 1998, Nino Ferrer dĂ©cidait de nous quitter, pour de bon cette fois, aprĂšs avoir fui le grand public et le milieu artistique. Il voulait vivre en marge, et il nous laisse une brassĂ©e de grandes chansons mĂ©lancoliques (Ma vie pour rien ; C’est irrĂ©parable ; La rua Madureira ; Oerythia ; L’inexpressible ; etc.) et des microsillons prodigieux (pour les meilleurs, citons « Enregistrement public » 1966; son chef-d’Ɠuvre de rock progressif « MĂ©tronomie »; « Nino Ferrer & Leggs »; « Nino and Radiah »; « Blanat »; et enfin « Ex-libris »). Et ne boudons pas nos plaisirs primaires avec des bulles de savon humoristiques comme Les cornichons; Oh! HĂ©! Hein! Bon!; Madame Robert


À l’occasion de ce funeste anniversaire, l’éditeur « Le mot et le reste » publie Nino Ferrer : un homme libre. C’est la deuxiĂšme fois qu’Henry Chartier consacre un ouvrage au chanteur. Chartier n’est pas Ă  proprement parler un expert en chanson française. Il se prĂ©sente plutĂŽt comme « spĂ©cialiste des musiques actuelles ». On lui doit des livres sur John Lennon, Serge Gainsbourg, Kurt Cobain, Christophe ou sur
 le rock satanique. Ce qui peut faire peur, admettons-le. Au bout du compte, il analyse le travail de Nino de maniĂšre parfois fine, avec force dĂ©tails (quelques fois trop), et en d’autres occasions superficiellement, multipliant les rĂ©fĂ©rences culturelles pĂ©dantes et surtout inutiles. Et on ne parle mĂȘme pas des comparaisons boiteuses entre Ferrer et ses collĂšgues.

Cependant, l’important est ailleurs: dans l’énergie et la passion que met Chartier pour nous faire redĂ©couvrir et approfondir le parcours de Nino. Il dĂ©crit la vie privĂ©e du chanteur, jusque dans des dĂ©tails trĂšs intimes sur ses mƓurs amoureuses. Mais ça aide Ă  comprendre l’homme et l’Ɠuvre. Il s’appuie sur de nombreuses entrevues et textes de Ferrer ainsi que sur des entretiens rĂ©alisĂ©s avec ses proches et collaborateurs. Il explore longuement la carriĂšre internationale de l’artiste, particuliĂšrement en Italie. On retrouve Ă©galement une discographie trĂšs riche, mais qui oublie quand mĂȘme de citer le cd hommage Ă  Nino Ferrer enregistrĂ© par des artistes quĂ©bĂ©cois (ma critique d’origine ici).

Touffu, son bouquin est un bon complĂ©ment Ă  la bio de rĂ©fĂ©rence («Nino Ferrer, du noir au sud» de Christophe Conte et Joseph Ghosn, qu’on aimerait bien voir rééditĂ©e en poche, actualisĂ©e).

Chartier dresse le portrait d’un artiste fantasque et colĂ©rique, amusĂ© et dĂ©sabusĂ©.

Lire la chronique sur le blog de Francis Hébert

Francis Hébert
La route aux quatre chansons 11 septembre 2018

- Nino Ferrer homme libre hors norme !

Nino fut bouffĂ© tout cru par ses quelques tubes, qui gommĂšrent toute son Ɠuvre riche et variĂ©e, aux frontiĂšres du jazz, du rhythm’n’blues et du rock’n’roll sur des paroles trĂšs actuelles et visionnaires pour son Ă©poque. Henry Chartier dans son livre rend hommage Ă  toutes ses activitĂ©s crĂ©atives et dresse le portrait d’un homme libre, Ă©corchĂ© vif rĂ©voltĂ© et bon vivant malgrĂ© tout.

Vous avez peut-ĂȘtre vous aussi remarquĂ© lors d’une Ă©poque morose oĂč la culture de bas Ă©tage ruisselle la miĂšvrerie aux gondoles de la consommation, les industries du disque se repaissent sur les cadavres des auteurs compositeurs interprĂštes qui avaient des tripes et un certain talent anticonformiste.

Ainsi, cet automne, on fĂȘtera, on festoiera sur les restes de Jacques Brel, qui quarante dĂ©jĂ  Ă©tait passĂ© de vie Ă  trĂ©pas. Au point qu’une revue trĂšs sĂ©rieuse telle Le nouveau Magazine littĂ©raire lui consacre un dossier en septembre 2018. A nous faire prendre des lanternes pour des Ă©toiles au firmament d’un Brel qui aurait Ă©tĂ© « un grand rockeur mĂ©connu » ! Ah bon, ça m’avait Ă©chappĂ© !

J’ai hĂąte de considĂ©rer sous quel regard le pĂšre Nino Ferrer (nĂ© le 15 aout 1934 Ă  GĂȘnes en Italie / et dĂ©cĂ©dĂ© le 13 aoĂ»t 1998 Ă  Saint-Cyprien dans le Lot) sera traitĂ©, suite justement Ă  la parution de sa biographie et dont je vais me faire un plaisir de vous repaitre. D’autant plus que « Vingt ans aprĂšs », on pourrait le dire en paraphrasant Dumas, Nino Ferrer est toujours vivant par son Ɠuvre multifacette, trĂšs riche et subversive.

Henri Chartier, l’auteur de « Nino Ferrer un homme libre » aux Ă©ditions Le mot et le reste lui redonne vie. Contrairement Ă  son blaze c’est un homme de lettres fĂ©ru de musiques ouvertes et textuelles. Capable Ă  lui tout seul de jeter des ponts entre Lennon, Gainsbourg, Cobain, Christophe, le rock et la politique et mĂȘme le rock satanique, Ă  qui il a dĂ©jĂ  consacrĂ© des ouvrages.

DĂ©jĂ , pour les Ă©ditions Au bord de l’eau, au trĂ©molo tout prĂšs de Bordeaux, il s’était penchĂ© sur le pĂšre Nino en 2007.

Marseille l’a pris sous son aile et c’est tout naturellement que les Ă©ditions Le mot et le reste lui ont ouvert leurs pages. D’autant que cet Ă©diteur Ă  consonance musicale actuelle et littĂ©raire reprĂ©sentait le parangon idĂ©al pour porter Nino Ă  sa juste dĂ©mesure, tant son Ɠuvre digresse toutes les catĂ©gories musicales oĂč on a voulu l’enfermer.

N’était-ce pas Monsieur Boris Vian qui caractĂ©risait le tube comme un morceau creux ? Nino pourtant pas nƓud nƓud s’était pris les pieds dedans et toute sa vie durant, on a voulu le parquer dans le carcan des « Mirza », « Le TĂ©lĂ©fon » ou « Le sud », qui au demeurant ne sont pas des raves !

Nino exprime son amertume pour ses fameuses chansons « Ces chansons (Mirza, Le TĂ©lĂ©fon ect) traversent les annĂ©es parce qu’elles ont Ă©tĂ© matraquĂ©es en radio. Le show-biz a fait ce qu’il fallait pour les faire entrer dans la tĂȘte des gens. « Mirza », c’est un blues en mineur sur tempo rapide, rien de plus. « Le TĂ©lĂ©fon, c’est un texte rigolo qui aurait sĂ»rement fait rire Max Jacob ou Alfred Jarry. Mais leur rĂ©alisation musicale et technique Ă©tait Ă©pouvantable ». (page 39)

C’est encore Boris Vian flanquĂ© d’Henry Salvador et Michel Legrand qui ont importĂ© le rock’n roll en France (il y est fait d’ailleurs une lĂ©gĂšre allusion dans le livre), comme une farce et ode Ă  la dĂ©rision pour se bidonner. Lorsqu’ils se sont s’aperçus que la sauce prenait, ils ont trĂšs vite retirĂ© leurs billes du jeu de massacre. D’autres aprĂšs eux beaucoup plus sĂ©rieux se sont enfournĂ©s dans la brĂšche pour recevoir les pĂ©pettes. Je prĂ©fĂšre taire leurs noms !

Nino quant Ă  lui Ă  ses dĂ©buts n’était pas encore le « T’es rock coco » d’un LĂ©o FerrĂ©, mais un crĂ©ateur de rhythm’n’blues Ă  la française. Tenant ses sources musicales dans le jazz. France Musique lui a consacrĂ© un temps d’antenne de qualitĂ© pour cerveau ouvert et accessible intitulĂ© « Nino Ferrer, l’enfant du jazz » et ce n’est sans doute pas un hasard.

Accompagnateur Ă  la contrebasse de la chanteuse Nancy Halloway, puis du batteur Richard Bennet, il est passĂ© du jazz, au blues, au rhythm’n’blues au rock’n roll. Car durant toute son existence, il s’est jouĂ© des styles musicaux pour effectuer une mue constante, une sorte de synthĂšse de diffĂ©rentes musiques qu’il affectionnait.

« Adolescent mal dans sa peau, appartenant Ă  une famille bourgeoise dĂ©classĂ©e et dĂ©racinĂ©e, la musique est un moyen de s’évader : « Ca m’a permis de dĂ©coller vers un autre monde » confiera-t-il ». (page 19)

Il a essayĂ© plĂ©thore d’instruments avant de jeter son dĂ©volu sur une guitare basse Fender. « La basse a Ă©tĂ© trĂšs importante pour moi. Je suis illettrĂ© en matiĂšre de musique, mais joue de la basse, ça m’a appris Ă  dĂ©composer les harmonies, ça m’a permis finalement de composer et d’arranger ». (page 19)

« IllettrĂ© en musique », c’est vite dit Nino ! Eclectique, il tire ses influences aussi diverses chez Mozart Ă  Rachmaninov, de Brassens Ă  FerrĂ©, de la bossa nova, des Beatles, Doors, Santana
 mais aussi du regrettĂ© Jacques Higelin, qui dans les annĂ©es 70 influencera son mode d’écriture de ses textes mis en musique. Mais aussi Ă©videmment de la musique noire amĂ©ricaine blues ou jazz (Armstrong, Modern Jazz Quartet, et ensuite du rhythm’n’blues (Ray Charles, Otis Redding
)

Sans oublier un James Brown qui chantait en 1968 : « Je suis noir et j’en suis fier » et associait musique et revendication des noirs. Quant Ă  Nino, il nous signifiait : « Je veux ĂȘtre noir ».

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Lisez l’intĂ©gralitĂ© de la chronique sur AgoraVox ou sur Le Mague

Franck dit Bart
AgoraVox 8 septembre 2018

- Un homme libre


Dans une collection publiĂ©e avec le concours de la RĂ©gion Sud Provence-Alpes CĂŽte d’Azur. Henry Chartier, spĂ©cialiste des musiques actuelles, est un biographe confirmĂ©. Il a Ă©crit Ă  propos de Serge Gainsbourg, Kurt Cobain, John Lennon, et, Christophe. Cette biographie est la seconde qu’il consacre Ă  l’itinĂ©raire de Nino Ferrer. Saviez-vous que Nino Ferrer Ă©tait nĂ© italien ? A l’origine, il se nomme Ferrari, et fit une longue partie de sa tumultueuse carriĂšre, en Italie. La lecture de ce texte n’est pas aisĂ©e. Henry Chartier dĂ©tenait une importante quantitĂ© d’informations. Tant mieux ! HĂ©las, il en fait un mauvais usage pour le lecteur, en abusant des rĂ©pĂ©titions, des redites, des retours en arriĂšre. C’est vraiment trĂšs pĂ©nible, d’autant plus que l’éditeur a fait le choix d’un caractĂšre trop petit. Nino Ferrer avait de trĂšs mauvais rapports avec la presse, et avec la tĂ©lĂ©vision, en particulier. Henry Chartier, nous rappelle que son opinion Ă©tait proche de celle de Pierre Bourdieu : « Comme l’a fort bien notĂ© Bourdieu, ĂȘtre « bien vu » des journalistes « implique bien des compromis et des compromissions » ce que Ferrer n’était, depuis des annĂ©es, plus prĂȘt Ă  faire. » Serge Halimi lui, parlait « des chiens de garde ». Aujourd’hui, rien n’a changĂ©, la situation, s’est encore dĂ©gradĂ©e, les artistes Ă©tant d’accord pour accepter tous les outrages, au nom de l’argent roi. On peut dire que les multiples «sautes d’humeur » de Nino Ferrer Ă©taient souvent justifiĂ©es. Nino Ferrer Ă©tait un homme gĂ©nĂ©reux, un crĂ©ateur engagĂ© dans des projets avec ses amis musiciens, qui le mettaient en difficultĂ©s financiĂšres, pour les combler, il donnait de nombreux concerts, assez tourmentĂ©s. Il Ă©tait capable d’insulter le public, lorsqu’il le trouvait indigne. Henry Chartier parle d’une cinquantaine de dates par an, entre 1981 et 1984. Nino Ferrer Ă©tait un passionnĂ© de jazz, et avant tout, un musicien. N’a t’il pas Ă©crit : « Je veux ĂȘtre noir ». Pas de doute, il aurait partagĂ© le chagrin des millions d’individus qui pleurĂšrent la mort d’Aretha Franklin. Nino Ferrer Ă©tait aussi peintre, et prĂ©senta ses Ɠuvres Ă  la Coupole (qui organisait des expositions, portĂ©e par le souvenir des cĂ©lĂ©britĂ©s qui firent sa rĂ©putation), en 1994. Il sera par la peinture nommĂ© officier des Arts et des Lettres. Nino Ferrer se donna la mort, le 13 aoĂ»t 1998, vers 13 heures, en se tirant une balle dans le cƓur. La meilleure façon de lui rendre hommage, c’est d’acheter ses disques, et surtout, pas seulement ses tubes. Il faut Ă©couter, et entendre les textes de Nino Ferrer, ils sont souvent une longue protestation. Un de ses derniers titres Ă©tant : la dĂ©sabusion. Une intelligente idĂ©e de cadeau !

Lire le billet sur le Blog des Arts

Alain Vollerin
Blog des Arts 1 septembre 2018

- Nino Ferrer, le jazzman qui chamboula la chanson

Agostino Arturo Maria Ferrari, naĂźt en Italie le 15 aoĂ»t 1934. La mĂšre française et le pĂšre gĂȘnois s’étaient rencontrĂ©s en Nouvelle-CalĂ©donie. Vingt ans aprĂšs son suicide, un ouvrage fouillĂ© (Un Homme Libre) – signĂ© Henry Chartier – et un coffret avec inĂ©dits (Et toujours en Ă©tĂ©) honorent l’artiste.

Hasard malencontreux, les Ferrari se rendent en vacances en Italie en 1939. Inspirons-nous pour le personnage de Nino du travail de Henry Chartier, l’auteur de la somme Un homme Libre. Surpris par la guerre, impossible de retourner en Nouvelle-CalĂ©donie. Nino a 5 ans. Il grandira dans la maison de famille, entre Ligurie et PiĂ©mont. Celui qui composera Le Sud rapportera : « il y avait la guerre partout.» Les Ferrari Ă©migrent Ă  Paris en 1947. A l’école, Nino sera en but au racisme quotidien des camarades de classe et des professeurs. Le soir, il Ă©coute le poste. Le jazz retient l’attention de l’hyper-sensible. Une rĂ©vĂ©lation. Il jette le dĂ©volu sur un banjo. En 1953, par une rencontre dans un bar de la place de l’OdĂ©on, la voie s’ouvre. Le batteur Richard Bennett Ă©tudie au LycĂ©e Louis-le-Grand; Nino Ferrari Ă  la Sorbonne. Ils vont jouer leur passion, le jazz de Louis Armstrong, au jardin du Luxembourg, et sous le Pont-Neuf. Entreprise lucrative. Les compĂšres forment les Dixie Cats. DĂ©crochent le concours de la revue Jazz Hot en 1956, jouent au club lĂ©gendaire du Vieux Colombier, Ă©cument les bals des grandes Ă©coles, se retrouvent en studio en 1959 derriĂšre le trompettiste Bill Coleman. Le 45 tours sort. Il s’intitule Boom (sic) HEC 1959 – Bill Coleman presents Richard Bennett et ses Dixie Cats. Je suis tombĂ© adolescent sur la pĂ©pite. C’est un bijou. Bill est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Toulouse en 1981. Un gĂ©ant mineur du jazz, comme on dirait d’Alexandre Vialatte qu’il est un gĂ©ant mineur de la littĂ©rature française. J’avais rencontrĂ© Lily, l’épouse – adorable – du trompettiste Ă  Marciac en 1990. Les plus grands noms ont sollicitĂ© l’AmĂ©ricain : Fats Waller, Count Basie, Lester Young, Django Reinhardt, etc. Son solo titanesque sur Blues for Teddy – 2 minutes 46 de bonheur – accroche immĂ©diatement, bouleverse. Quel improvisateur! Le premier titre de Boom HEC figure sur Youtube. Ecoutez-le! Louis Armstrong n’aurait pas hĂ©sitĂ© Ă  saluer le discours de Coleman. Pour son premier vĂ©ritable enregistrement, chance inouĂŻe, Nino tombe sur la perle rare. Selon ses termes, de surcroĂźt, Bill se montre «un type merveilleux». La jeune formation poursuit avec enthousiasme l’aventure. Nino passe du banjo Ă  la basse. Le voilĂ  sur orbite. C’est sans compter sur le contexte. La vague yĂ©-yĂ© percute la France. Ecarte brutalement le jazz des scĂšnes. Les Dixie Cats cherchent Ă  s’adapter. PrĂȘts Ă  sauter du ternaire (jazz), au binaire (rock, rythm’n’blues). A l’affĂ»t, ils sĂ©duisent Nancy Holloway. La chanteuse les engage. ScotchĂ©e par la voix de Nino, la diva lui cĂšde parfois le micro. Nancy : «Nino a toujours chantĂ© avec moi, mĂȘme au dĂ©but. J’aimais bien sa voix, j’aimais comme il chantait. On faisait beaucoup de duos».

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“Lisez l’intĂ©gralitĂ© du billet de Bruno Pfeiffer sur son blog”=http://jazz.blogs.liberation.fr/2018/09/02/nino-ferrer-le-jazzman-qui-chamboula-la-chanson/

Bruno Pfeiffer
LibĂ©ration // Ça va jazzer 2 septembre 2018

- Z'avez pas vu Nino?

Nino Ferrer a disparu il y a 20 ans, en 1998. À cette occasion, un coffret hommage Et toujours en Ă©té  par Barclay et une biographie Nino Ferrer un homme libre signĂ©e Henry Chartier viennent de paraĂźtre. L’artiste, souvent incompris, est au programme de “Pop & Co” ce lundi.

Écoutez la chronique sur le site de France Inter

Rebecca Manzoni
France Inter // Pop & Co 27 août 2018