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Parution : 15/06/2017
ISBN : 9782360542918
336 pages (14,8 x 21)

Musiques savantes Tome III

De John Zorn à la fin du monde, et aprùs
 1990-2015

Le troisiĂšme et dernier tome d’une oeuvre essentielle pour dĂ©crypter les tendances les plus reprĂ©sentatives de la musique de notre temps.

Aux portes de l’an 2000, la mondialisation balaye les certitudes esthĂ©tiques en mĂȘme temps que les derniĂšres utopies du XX^e^ siĂšcle. C’est la mort des avant-gardes, au profit de parcours artistiques individuels et Ă©clectiques. Au cours des vingt-cinq derniĂšres annĂ©es, sept tendances majeures se dĂ©gagent dans la composition musicale : le mĂ©tissage planĂ©taire et l’influence des rĂ©seaux ; l’hĂ©ritage de la musique spectrale ; la pĂ©rennitĂ© de l’écriture et des codages complexes ; la persistance du minimalisme ; la technologie au service de la culture du son ; la transversalitĂ© entre savant et populaire, formes, styles et langages artistiques ; l’immuable vague nostalgique aux visages multiples, souvent qualifiĂ©s de « nĂ©o ». Comme dans les deux tomes prĂ©cĂ©dents, Guillaume Kosmicki guide le lecteur dans la dĂ©couverte d’un rĂ©pertoire Ă  la richesse considĂ©rable et s’attache Ă  croiser histoire et esthĂ©tique afin de dĂ©crypter les musiques de cette pĂ©riode encore en cours d’écriture, au travers d’un panel multigĂ©nĂ©rationnel de compositeurs : de Zorn Ă  Saariaho, de Lachenmann Ă  Björk, d’Aperghis Ă  Benjamin, en passant par Aphex Twin, MĂąche, Escaich, Eötvös, Toeplitz, Manoury, Xu Yi et tant d’autres


Revue de presse

- GUILLAUME KOSMICKI MUSIQUES SAVANTES De John Zorn jusqu’à la fin du monde Franpi Barriaux Citizen Jazz 27 mai
- Découvrir la musique contemporaine Thierry Vagne Musique classique & Co 1 décembre 2017
- Interview Guillaume Kosmicki - Musica 2017 Arnaud Merlin France Musique // Le Concert du soir 25 octobre 2017
- Entretien - 121 minutes jusqu'à la fin du monde Raphaëlle Tchamitchian Hors-Série 30 septembre 2017
- Musiques savantes Tome III Keyboards Recording 1 septembre 2017
- Interview de Guillaume Kosmicki - Au-delĂ  du son avec Eliane Radigue Matthieu Conquet France Culture // Continent Musiques 30 septembre 2017
- Musiques savantes Tome III Laurent Bergnach Anaclase 20 septembre 2017
- Un nouveau livre majeur en 3 volumes, par Guillaume Kosmicki, sur la musique moderne Jean Huber Musique contemporaine 28 août 2017
- TroisiÚme tome de Musiques savantes par Guillaume Kosmicki MichÚle Tosi ResMusica 12 août 2017
- 5 bouquins pour l'été Olivier Pernot Trax juillet-août 2017
- Guillaume Kosmicki à Musicalame Sébastien Broquet Le Petit Bulletin 13 juin 2017

- GUILLAUME KOSMICKI MUSIQUES SAVANTES De John Zorn jusqu’à la fin du monde

Terminus, veuillez descendre dans le calme, voici la fin du monde
. Et il reste encore pas mal de chemin Ă  parcourir ! Si le sous-titre du troisiĂšme et dernier volume de Musiques savantes, la somme du musicologue Guillaume Kosmicki, est De John Zorn Ă  la Fin du Monde et aprĂšs
 , il n’y a lĂ  ni pessimisme, ni rĂ©signation : le prĂ©cĂ©dent volume s’arrĂȘtait Ă  la chute du Mur. Celui d’avant Ă  l’aube de l’ùre atomique, alors que pourrait-il se passer d’autre qu’un renouveau ? C’est ce qui traverse ce livre, de Charlemagne Palestine Ă  Heiner Goebels ; les trajectoires se croisent et annoncent de nouvelles approches, de nouvelles techniques (l’informatique prend une importance dĂ©cisive) et in fine de nouvelles grammaires. Tout est dĂ©crit avec prĂ©cision et didactisme, comme on nous attraperait la main dans un paysage de plus en plus complexe, les Trois SƓurs de PĂ©ter EĂłtvĂłs font cohabiter rĂ©fĂ©rences monteverdiennes et dispositifs sonores de hauts-parleurs, et Georges Aperghis annonce Un avis de tempĂȘte oĂč l’électronique joue le rĂŽle des bourrasques.
Et le jazz dans tout ça ?
Il est présent depuis le premier volume, il prenait son essor dans le second, et le voici en force, avec John Zorn ou *Anthony Braxton*

Mais comme les autres rĂ©fĂ©rences abordĂ©es, il se mutine, se questionne sur sa propre identitĂ©, s’installe en incontournable (nombreux sont les compositeurs qui ont approchĂ© le jazz ou l’aiment, comme Samuel Sighicelli ou Pascal Dusapin). Il en va de mĂȘme pour le rock, ou l’électronique que Björk et Aphex Twin incarnent presque naturellement. Des rĂ©fĂ©rences que nombre de musiciens de Jazz partagent Ă©galement et qui influencent durablement ceux qui cherchent, se questionnent et se remettent en cause. La pĂ©riode le commande : dĂ©sinvestissement des mĂ©cĂšnes institutionnels, Ă©clatement des formes Ă  l’instar d’un Emmanuel Nunes qui interroge l’électronique dĂ©s le dĂ©but des annĂ©es 70 et se passionne pour l’improvisation, et globalisation qui fait apparaĂźtre dans le livre d’autres pĂŽles que la musique Ă©crites occidentales, vers l’Orient notamment.
Il n’est pas toujours aisĂ© de tirer des bilans historiques d’une pĂ©riode en cours, c’est pour cela que la fin du recueil se transforme en une interview polyphonique d’acteurs contemporains, Ă  commencer par JoĂ«lle LĂ©andre. La richesse de Kosmicki est d’avoir su justement tracer des lignes directrices et des transversales communes Ă  certaines lames de fond qui irriguent la musique crĂ©ative de cet entre-deux-siĂšcles et dont les noms et les sigles ne sont plus totalement Ă©trangers aux amateurs de jazz et de musiques improvisĂ©es. Techniques Ă©tendues, IRCAM ou encore compositions instantanĂ©es ou alĂ©atoires.
En dĂ©butant son livre par le dĂ©roulement trĂšs pertinent d’une frise temporelle d’évĂ©nements marquants, politiques et sociĂ©taux qui induisent la pĂ©riode actuelle, Guillaume Kosmicki met fin Ă  une trilogie indispensable. Elle mĂȘle explications pĂ©dagogiques et documentation pointue qui Ă©clairera une pĂ©riode oĂč la musique savante semble disparaitre au profit du clinquant et du mĂ©diocre, comme le spectre audio dĂ©clinant sur la couverture pourrait le laisser songer. Il n’en est rien. Il suffit juste d’allumer la lumiĂšre.
Ce troisiĂšme tome est un fameux interrupteur.

Pour accĂ©der Ă  l’article cliquez ici

Franpi Barriaux
Citizen Jazz 27 mai

- Découvrir la musique contemporaine

Cet ouvrage – le 3^e^ d’une sĂ©rie – est en trois parties :

Une longue introduction – aussi dense qu’alerte – qui met en regard les Ă©volutions culturelles, sociologiques, politiques et scientifiques avec celles des musiques savantes.
Un bel effort de synthĂšse au travers de sept tendances : le mĂ©tissage planĂ©taire et l’influence des rĂ©seaux ; l’hĂ©ritage de la musique spectrale ; la pĂ©rennitĂ© de l’écriture et des codages complexes ; la persistance du minimalisme ; la technologie au service de la culture du son ; la transversalitĂ© entre savant et populaire, formes, styles et langages artistiques ; l’immuable vague nostalgique aux visages multiples, souvent qualifiĂ©s de « nĂ©o ».
43 fiches monographiques de compositeurs diffĂ©rents, par ordre chronologique de composition de l’Ɠuvre choisie, avec dans chacune un rĂ©sumĂ© biographique, la prĂ©sentation d’une Ɠuvre Ă©ditĂ©e en CD et une proposition d’écoutes complĂ©mentaires, trĂšs pertinentes
(ainsi en regard de Manoury propose-t-il Stockhausen, Boulez et Harvey et pour Hersant : Fauré, Greif, Florentz, Bacri, Dutilleux ou Matchuel).
Enfin un dialogue entre sept personnalités, de Benoßt Duteurtre à Joëlle Léandre

La sĂ©lection des compositeurs a le mĂ©rite de ne pas ĂȘtre franco-française et de faire appel Ă  des musiques diverses (Björk
). On peut ĂȘtre surpris de la prĂ©sence de certains et surtout de l’absence de nombreux autres d’esthĂ©tiques pourtant affirmĂ©es (Campo, Hurel
), mais c’est le lot de toute sĂ©lection contrainte en volume.

Rappelons l’ouvrage fondamental de Jean-NoĂ«l von der Weid, La musique du XXe siĂšcle, qui s’arrĂȘte donc en 2000.

(Thierry Vagne a listĂ©, par ordre alphabĂ©tique, les 43 composit.eurs.rices retenu.s.es par l’auteur et a Ă©toffĂ© cette liste de liens audio et vidĂ©o.)

Lire la chronique sur le blog de Thierry Vagne

Thierry Vagne
Musique classique & Co 1 décembre 2017

- Interview Guillaume Kosmicki - Musica 2017

Musica 2017 : le quatuor Danel interprÚte le Quatuor n°16 en fa Maj. de Beethoven. Henri Demarquette interprÚte la Sonate pour violoncelle seul de Ligeti. Ensemble, ils interprÚtent le Quintette pour deux violons, alto et deux violoncelles de Bruno Mantovani.

AprĂšs-concert : Interview de Guillaume Kosmicki pour la sortie du troisiĂšme tome de ses Musiques savantes.

Écouter l’émission sur le site de France Musique

Arnaud Merlin
France Musique // Le Concert du soir 25 octobre 2017

- Entretien - 121 minutes jusqu'Ă  la fin du monde

La journaliste Raphaëlle Tchamitchian reçoit Guillaume Kosmicki pour un entretien vidéo consacré aux trois tomes des Musiques savantes.

Ça fait des annĂ©es que, dans mes articles pour la presse musicale, j’écris que les styles sont dorĂ©navant obsolĂštes, que les frontiĂšres entre les genres n’ont plus lieu d’ĂȘtre et que les musiciens se nourrissent de toutes les influences qui sont Ă  leur portĂ©e indiffĂ©remment de leur provenance. Autour de moi, c’est un fait acquis pour tout le monde. Pourtant, on ne cesse de (se) le rĂ©pĂ©ter, et ce depuis au moins 10 ans, ce qui prouve que ça ne doit pas ĂȘtre si Ă©vident que ça. En effet, l’institution semble Ă  la traĂźne — beaucoup de musiciens doivent se battre pour exister parce qu’ils ne cochent pas les bonnes cases, ou parce qu’ils en cochent trop Ă  la fois — et, parfois, ce sont les artistes eux-mĂȘmes qui s’enferment dans des chapelles (le jazz en est un exemple particuliĂšrement friand).

En proposant un Ă©largissement de la dĂ©finition des “musiques savantes”, le musicologue Guillaume Kosmicki ajoute sa pierre Ă  l’édifice. Comme il l’explique longuement dans l’entretien, de la dĂ©finition originale il ne retient qu’une partie, afin de pouvoir intĂ©grer dans le tiroir des musiques d’art, Ă  cotĂ© de Debussy, Steve Reich et John Cage, des artistes aussi divers que Pink Floyd, John Coltrane, Björk ou John Zorn. Certains ont pu le lui reprocher, ici nous le saluons. Et si la musique Ă©crite domine son ouvrage, nous avons volontairement choisi d’évoquer aussi quelques artistes dits de “musique populaire” issus de sa sĂ©lection, pour contribuer encore un peu plus Ă  faire tomber ces maudites barriĂšres. Notre (longue) discussion dessine ainsi une vue d’ensemble de la musique occidentale du XXe siĂšcle, forcĂ©ment incomplĂšte, mais, je l’espĂšre, stimulante.

*Rendez-vous sur Hors-SĂ©rie pour voir l’entretien avec G. Kosmicki

Raphaëlle Tchamitchian
Hors-Série 30 septembre 2017

- Musiques savantes Tome III

AprĂšs avoir abordĂ© les pĂ©riodes 1882-1962, puis 1963-1989, voici le troisiĂšme tome de la saga, soit 1990 Ă  2015, Ă©crit par le journaliste Guillaume Kosmicki autour des musiques inclassables, celles de l’expĂ©rimentation et de l’intellect, et titrĂ© pour plus de facilitĂ© Musiques savantes. Musicologue, Guillaume ne peut s’en cacher, et c’est avec passion et anecdotes qu’en 50 pages l’auteur dĂ©marre par un panorama complet des bouleversements sociologiques et technologiques apparus depuis 25 ans. Le reste de l’ouvrage va se consacrer Ă  la mise en avant d’un artiste, d’un album et plus globalement d’un parcours. Le grand Ă©cart improbable devient alors Ă©vident, faisant se cĂŽtoyer Steve Reich, Aphex Twin, John Zorn, Bjork ou encore Georges Aperghis, Pascal Dusapin 
 Index, bibliographie, lexique complĂštent cet ouvrage dĂ©sormais rĂ©fĂ©rence.

Keyboards Recording 1 septembre 2017

- Interview de Guillaume Kosmicki - Au-delĂ  du son avec Eliane Radigue

Rencontre inĂ©dite avec la compositrice Eliane Radigue: portrait d’une indĂ©pendante, Ă  la dĂ©marche inclassable et radicale, Ă  l’instar des musiques savantes inventoriĂ©es par le musicologue Guillaume Kosmicki.

Musicologue et confĂ©rencier, spĂ©cialiste des musiques Ă©lectroniques (auteur de Musiques Ă©lectroniques: des avants gardes aux dancefloors, aux Ă©ditions Le mot et le reste Guillaume Kosmicki a consacrĂ© ses recherches Ă  la notion de musiques savantes au travers trois tomes dont le dernier s’intitule Musiques savantes, de John Zorn Ă  la fin du monde et aprĂšs (1990-2015) aux Ă©ditions Le mot et le reste. Entretien avec un spĂ©cialiste pour qui “Il n’y a pas de musiques inutiles”.

En seconde partie, plongĂ©e dans l’Ɠuvre d’Eliane Radigue, rencontrĂ©e chez elle Ă  Paris, Ă  l’occasion de son dernier album Occam ocean 1 (paru sur le label Shiiin).
PionniĂšre de la musique Ă©lectro-acoustique, elle a fait ses premiers pas avec Pierre Schaeffer au Studio d’Essai et Ă©voluĂ© aux cĂŽtĂ©s de Pierre Henry. Elle s’est ensuite dĂ©marquĂ©e pour crĂ©er sa propre musique, aux variations infimes et minimalistes, avec son propre matĂ©riel, le synthĂ©tiseur ARP 2500, son instrument de prĂ©dilection avec lequel elle a pu tout expĂ©rimenter, tout au long d’une carriĂšre qui dĂ©buta dans les annĂ©es 1960, jalonnĂ©e de rencontres, depuis les Nouveaux RĂ©alistes jusqu’à Xavier Veilhan, Ă  la Biennale de Venise 2017.

Réécouter l’émission sur le site de France Culture

Matthieu Conquet
France Culture // Continent Musiques 30 septembre 2017

- Musiques savantes Tome III

En Ă©voquant le mur de Berlin et la fin de la guerre froide dans le titre des prĂ©cĂ©dents ouvrages de sa trilogie [lire nos critiques du volume 1 et du volume 2, Guillaume Kosmicki affichait clairement qu’il analyserait la musique du XX^e^ siĂšcle Ă  l’aune d’évĂ©nements gĂ©opolitiques essentiels. Comment expliquer autrement la fuite vers l’Ouest de musiciens hostiles au bolchĂ©visme, au nazisme, au communisme ? Comment justifier sinon l’envie de dĂ©fricher de jeunes crĂ©ateurs que la Seconde Guerre mondiale a rapprochĂ©s d’autant plus qu’on aurait voulu qu’ils se dĂ©testent ?

Pour la pĂ©riode 1990-2015, le musicologue annonce d’emblĂ©e « des cendres, des illusions, des espoirs ». Les États-Unis raflant la mise aprĂšs l’effondrement de l’URSS, un monde sans transcendance voit le jour, oĂč triomphe l’individualisme. Pourtant, la rĂ©sistance s’organise sur tous les continents, favorisĂ©e par l’essor d’internet et des rĂ©seaux sociaux (Nation arc-en-ciel, Printemps arabe, altermondialisme, etc.). Culturellement, le mĂ©cĂ©nat privĂ© pallie la dĂ©mission des gouvernements, alors mĂȘme que des pays autrefois fermĂ©s, comme la Chine, se passionnent pour l’art occidental.

En Europe, le sĂ©rialisme agonise, avec la tradition des manifestes et chefs de file. La musique cherche sa voie dans l’hĂ©ritage moderne (AdĂšs, Dusapin, Eötvös, Mantovani, Pintscher, Rihm), spectral (Benjamin, Fedele, Jarrell, Saariaho) ou romantique, dans le pire des cas (Escaich, Hersant) ; elle prolonge le minimalisme (Mulhy, Reich, Aphex Twin), fouille les extrĂȘmes (Cendo, Furrer, Lachenmann, Sciarrino) et explore une transversalitĂ© savant/populaire (Neuwirth, Romitelli) – quand ils renoncent Ă  l’abrutissement des masses, le jazz (Braxton, Zorn) et la pop (Björk) peuvent ĂȘtre un pont en sens inverse.

Ainsi que dans les deux premiers volumes, Guillaume Kosmicki prĂ©sente une Ɠuvre gravĂ©e – Ă  l’exception de celle de Poppe, disponible grĂące Ă  un concert filmĂ© – et rĂ©sume de façon toujours remarquable la carriĂšre et l’esthĂ©tique de son auteur. Sensible aux musiques Ă©lectroniques auxquelles il a consacrĂ© un livre en 2009 [lire notre critique de l’ouvrage], il choisit des piĂšces mixtes signĂ©es Aperghis, Goebbels, MĂąche, Manoury, Matalon, Moultaka, Sighicelli, Toeplitz, Xu et ZanĂ©si. Aux noms mentionnĂ©s plus haut s’ajoutent ceux d’Haddad, Hosokawa, Huber, Kyburz, Nunes, Palestine, Posadas et Stroppa.

En dix pages, l’auteur conclut son travail par une rĂ©flexion sur l’avenir, complĂ©tĂ©e par des entretiens rĂ©alisĂ©s entre 2012 et 2014, comme garde-fou pour ne pas s’égarer en chemin. Responsables d’institutions (Madlener, Marcel-Berlioz, ZanĂ©si), organisateurs (Duteurtre, Köhler) et musiciens (Harrington, LĂ©andre, Morlet) livrent leurs pensĂ©es concernant le besoin de nouveautĂ© et celui d’une diffusion le plus efficace possible, entre crainte et optimisme. « Il y aura toujours des gens qui se questionnent, dit la cĂ©lĂšbre contrebassiste, qui rĂ©veillent, qui provoquent, qui rĂ©vĂšlent d’autres maniĂšres de voir, d’entendre
 ». Envers et contre tout, oui.

Retrouvez la chronique sur le site Anaclase

Laurent Bergnach
Anaclase 20 septembre 2017

- Un nouveau livre majeur en 3 volumes, par Guillaume Kosmicki, sur la musique moderne

Un triple livre sur la musique moderne et contemporaine, c’est une aubaine tellement rare que l’on est tentĂ© de fermer les yeux et de recommander l’initiative (de surcroĂźt avec un petit Ă©diteur aventureux).
Le premier volume paru il y a dĂ©jĂ  presque 5 ans paraissait attractif mais comme il concernait essentiellement la pĂ©riode d’avant celle couverte par le prĂ©sent site web, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© attendre de connaĂźtre le projet complet et je remercie son auteur Guillaume Kosmicki de l’avoir compris et d’avoir Ă©tĂ© patient.
Voici les titres des 3 volumes dans l’ordre anti-chronologique :

Musiques savantes Tome III, de John Zorn à la fin du monde, et aprùs
 1990-2015 (parution : 15/06/2017, 336 pages, 23 €)
Musiques savantes Tome II, de Ligeti à la fin de Guerre Froide 1963-1989 (parution : 20/11/2014, 400 pages, 23 €)
Musiques savantes Tome I, de Debussy au mur de Berlin 1882-1962 (parution : 18/10/2012, 432 pages, 23 €)

Disons-le d’emblĂ©e, notamment pour les gens pressĂ©s qui ne liront pas la suite, l’achat des 3 volumes (ou seulement du 3Ăšme volume qui vient de sortir, si vous possĂ©dez les 2 premiers) peut ĂȘtre engagĂ© les yeux fermĂ©s, et en tout cas, cet achat pour soi ou en cadeau (pour faire dĂ©couvrir cette musique de notre temps, notre musique, la musique de nos crĂ©ateurs) est ici vivement recommandĂ©.
AprÚs une courte interview de son auteur (réalisée fin Juin), les fondements de ce soutien objectif seront détaillés et argumentés (en relief et en creux), mais, auparavant, voici 4 séries de raisons express pour emporter votre décision :
– l’auteur a un sens remarquable de la bonne vulgarisation didactique (rendre accessible un sujet difficile au plus grand nombre, tout en restant exact et solide)

  • la sĂ©lection de compositeurs et de piĂšces emblĂ©matiques est certes engagĂ©e-assumĂ©e et personnelle, mais Ă  large spectre, consensuelle, rĂ©aliste, et sans biais-partialitĂ© majeurs (d’ailleurs, pour Ă©largir le champs des possibles, Ă  la fin de chaque compositeur-piĂšce choisi, sont listĂ©es d’autres pistes d’écoute possible, d’autres approches transverses, souvent attractives)
    la sĂ©lection est astucieusement complĂ©tĂ©e par des chapitres de respiration consacrĂ©s aux mouvements socio-politiques, culturels ou esthĂ©tiques des arts de la pĂ©riode considĂ©rĂ©e, ou Ă  la grande et petite Histoire (des dimensions qui influencent fortement l’inspiration des compositeurs et des artistes en gĂ©nĂ©ral)
  • l’auteur ne fait clairement pas partie du microcosme parisianiste car son style est vivant et direct (pas ampoulĂ©, pas allusif au second degrĂ©, pas hermĂ©tique-savant), sans dĂ©tour, sans aplomb vertical-doctoral, sans pĂ©dantisme et sans jargon, maniant agrĂ©ablement l’anecdote pimpante, le dĂ©tail colorĂ© et les faits rĂ©alistes, ou les explications claires (il y a quand mĂȘme un glossaire en fin de volume)

Voici, maintenant, les réponses à 3 questions posées à Guillaume Kosmicki (le 28 Juin 2017) :

MCI : «Comment ĂȘtes-vous venu Ă  la musique ?»
G.K. : «Je n’ai pas un parcours classique, car je ne suis pas issu d’une famille de musiciens (mes parents nous ont offert l’opportunitĂ© de nous intĂ©resser Ă  de nombreuses activitĂ©s, sport, peinture, musique etc. Pour ma part, j’ai commencĂ© avec passion l’étude du violon Ă  6 ans et plus tard la guitare en autodidacte) ; ensuite c’est un Bac option C, et trĂšs tĂŽt un objectif musicologie (ethnomusicologie, anthropologie, sociologie de la musique, sĂ©miologie, hermĂ©neutique musicale) Ă  l’UniversitĂ© d’Aix-en-Provence (mĂȘme si aujourd’hui je suis un Breton d’adoption, solidement ancrĂ© dans le Morbihan) ; enfin, mes recherches universitaires ont portĂ© sur la techno, l’électro, les Free Parties et les Raves ; au final, ma carriĂšre professionnelle correspond Ă  mes choix de jeunesse, car je donne essentiellement des confĂ©rences en freelance dans les conservatoires, les universitĂ©s (Aix-en-Provence, Metz, Paris VIII), les mĂ©diathĂšques, pour des associations d’amateurs d’arts, des festivals, des salles de concert etc. et puis je continue ma pratique musicale en amateur (dans un orchestre de chambre, Ă  Vannes et pour la musique de scĂšne dans une troupe de théùtre Ă  Pontivy), et bien sĂ»r j’ai aussi un site Internet personnel, ICI»

MCI : «comment en ĂȘtes-vous venu Ă  Ă©crire ce triple volume dĂ©diĂ© Ă  la musique moderne-contemporaine ?»
G.K. : «certainement, par passion, par expĂ©rience transversale et par raison professionnelle ; ma premiĂšre chance est d’avoir Ă©tĂ© contactĂ© par le mĂȘme Ă©diteur pour Ă©crire un premier livre sur les musiques Ă©lectroniques (intitulĂ© Musiques Ă©lectroniques : Des avant-gardes aux dance floors, 2009) ; il m’a ensuite interrogĂ© sur l’opportunitĂ© d’un autre livre dĂ©veloppant le sujet des musiques savantes du XXe siĂšcle, dĂ©jĂ  abordĂ© dans le prĂ©cĂ©dent ouvrage
 et c’était parti ; ensuite, par passion, la musique c’est ma vie, professionnelle et personnelle (mes confĂ©rences m’aident beaucoup Ă  affiner ma communication auprĂšs de publics trĂšs variĂ©s et me servent Ă  dĂ©finir la bonne formulation en terme de vulgarisation didactique dans mes Ă©crits) ; et enfin, Ă©crire un livre est pour moi apporter modestement ma contribution Ă  l’édifice de la connaissance, un regard, un point de vue, un angle diffĂ©rent ; il ne s’agit pas de remĂącher banalement ce qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit ; il faut pour cela convaincre son Ă©diteur, les mĂ©dias mais surtout ses lecteurs (en mĂȘme temps, mes livres servent de complĂ©ments durables aux participants Ă  mes confĂ©rences)»

MCI : «comment en ĂȘtes-vous arrivĂ© Ă  ces choix de sĂ©lection compositeur-piĂšce Ă  Ă©couter (en nombre limitĂ© sur les 3 volumes) ?»
G.K. : «tout d’abord je voudrais dire qu’au dĂ©part il ne devait y avoir qu’un seul livre (un seul volume) et puis comme ma sĂ©lection s’enrichissait de plus en plus, j’ai Ă©crit, j’ai Ă©crit tant et plus, et il y a eu 2 livres au programme, puis 3 ! (et je veux saluer ici la souplesse infinie de mon Ă©diteur face Ă  ma prolixitĂ©) ; et au sein de ce projet, mon objectif Ă©tait de parler sans les survoler des musiques des 25 derniĂšres annĂ©es (aprĂšs 1990), encore trĂšs peu abordĂ©es (le volume 3) ; ensuite, j’ai travaillĂ© sur une base limitĂ© de compositeurs incontournables par leur personnalitĂ©, par leurs choix visionnaires (trĂšs peu de compositeurs sont citĂ©s plus d’une fois
 VarĂšse, bien sĂ»r, Webern, Ligeti, Boulez, Chostakovitch), avant d’élargir avec Ă©clectisme et sans a priori (et en rapport avec les repĂšres historiques) ; enfin, je me suis fixĂ© des rĂšgles dans mes choix de sĂ©lection compositeur-piĂšce, Ă  savoir la volontĂ© de ne pas ĂȘtre uniquement Franco-Français, ni trop Allemand, Italien ou AmĂ©ricain), et aussi la nĂ©cessitĂ© d’un Ă©quilibre au niveau des genres choisis (depuis l’opĂ©ra jusqu’aux oeuvres pour instrument soliste en passant par l’électroacoustique et la musique mixte), afin de disposer d’un panel large, et enfin du prĂ©-requis que tous les choix soient disponibles Ă  l’écoute en CD (il n’y a qu’une exception, et elle est dans la tendance actuelle, le choix de la piĂšce d’Enno Poppe est seulement disponible Ă  l’écoute sur Internet)»

Voici, maintenant, une analyse critique (en relief et en creux) des 3 volumes, aprÚs lecture attentive, renouvelée :

Tout d’abord, sur les choix fondamentaux.
Commençons par une incongruitĂ©-incohĂ©rence majeure entre le titre mĂȘme des livres et le contenu dĂ©taillĂ© des choix : les 3 volumes sont titrĂ©s «Musiques savantes» et l’on s’attend Ă  des choix et des analyses exclusivement sur la musique dite classique pendant la pĂ©riode des 20Ăšme et 21Ăšme siĂšcles ; or, mĂȘme si les Ă©carts sont Ă  la marge (autour de 10%), il n’en est rien car inclure des compositeurs comme Louis Armstrong, Duke Ellington, Thelonious Monk, John Coltrane, Miles Davis, Cathy Berberian, The Beatles (mais pas The Rolling Stones !), Archie Shepp, Pink Floyd, Björk fait tiquer le lecteur car ils appartiennent Ă  la Pop ou au Jazz ou Ă  l’Impro, donc Ă  des musiques populaires, non savantes (sans dĂ©nigrement), mĂȘme si ces compositeurs, plus souvent mĂ©lodistes et arrangeurs accomplis, sont tout Ă  fait respectables et qu’ils ont mĂȘme innovĂ© Ă  leur maniĂšre (je pense ici Ă  Thelonious Monk pour les rythmes asynchrones, Ă  Miles Davis pour les libertĂ©s de timbres et de rythmes et pour les contructions-coordinations vertigineuses dans l’improvisation) [note : l’auteur m’a alors demandĂ© comment je dĂ©finierais les musiques non savantes
 et j’ai rĂ©pondu que historiquement au moins les musiques non savantes, quelles qu’elles soient, s’éteignaient avec leur temps, ou peu aprĂšs] ; Ă©galement, malgrĂ© la fiĂšvre qu’ils ont apportĂ© aux hits-parade en leur temps, les choix de Gordon Mumma, Morton Subotnick, Meredith Monk, John Zorn, Charlemagne Palestine, Nico Muhly, Kasper Toeplitz paraissent excessifs, eu Ă©gard Ă  leur notoriĂ©tĂ© en Europe et Ă  leur musique que je jugerai ~~mais c’est personnel~~ assez peu composĂ©e et bien moins savante et inspirĂ©e que des compositeurs qui semblent avoir Ă©tĂ© injustement oubliĂ©s (cf. plus loin).

Ensuite, sur la construction de chaque volume, il faut noter un choix fondĂ© de commencer, pour expliquer la destinĂ©e de la musique moderne, en remontant assez loin dans le temps, en substance Wagner (chromatisme), Franck (improvisations) et le dernier Liszt (atonalitĂ©), il faut noter une variĂ©tĂ© de bonne aloi dans la construction de chaque volume (dans le volume 1, c’est surtout l’introduction historico-esthĂ©tique qui est longue, suivie de courtes respirations qui sont priviliĂ©giĂ©es entre les sĂ©lections, dans le volume 2, Ă  l’image de cette pĂ©riode assez indĂ©cise sur le plan historique et musical, c’est plutĂŽt 2 intros assez longues avant les sĂ©lections et des explications sur les expĂ©rimentations musicales prolifĂ©rantes, dans le volume 3, Ă  l’image d’un monde plus stable et plus trivial, il y a une longue introduction (due Ă  la diversitĂ© des esthĂ©tiques musicales), avant un important post-sriptum et des interviews de personnalitĂ©s musicales qui apportent une vision extĂ©rieure, voire transversale, une autre perspective Ă  l’ensemble) ; le volume 1, c’est une extraordinaire profusion stylistique (compensĂ©e par le retour au passĂ© avec le nĂ©oclassicisme) ; le volume 2, c’est les thĂ©ories extrĂȘmes et les expĂ©riences les plus radicales, parallĂšlement au progressisme issu de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente ; le volume 3, c’est le parcours individuel avec synthĂ©tisme multiples (mĂ©tissage planĂ©taire, influence des rĂ©seaux, post-spectraux, gĂ©nĂ©ralisation de l’informatique au service de la culture du son, persistance du minimalisme, transversalitĂ© entre formes artistiques et vague nostalgique souvent prĂ©fixĂ©e de «nĂ©o»).

Enfin, sur les sĂ©lections principales compositeur-piĂšce Ă  Ă©couter (au total, 168, chacune avec 3 Ă  6 pages d’analyse, sans compter les pistes supplĂ©mentaires ; commençons par souligner la diversitĂ© esthĂ©tique (rien de majeur oubliĂ©) et de nationalitĂ© (bien sĂ»r il y a un biais inĂ©vitable en faveur des compositeurs Français ~~sur le prĂ©sent site web MCI, aussi !~~ car en concert sur le vif ou Ă  la radio, on Ă©coute en France en prioritĂ© des compositeurs Français vivants, et la distribution des disques en France suit la mĂȘme dĂ©marche) ; dans le dĂ©tail, dans le 1er volume, peu de commentaires (le temps a dĂ©jĂ  marquĂ© sa trace) sauf pour s’étonner, comme point de couture entre les siĂšcles, de la prĂ©sence de FaurĂ© (regard vers le passĂ© ?) et de Puccini (Ă©galement passĂ©iste, mais selon l’auteur, il s’agit ici de saluer les livrets anticipateurs du cinĂ©ma et la musique prĂ©monitrice des B.O.F.), puis dans les 2Ăšme et 3Ăšmes volumes, de la prĂ©sence de la rock-star Frank Zappa (certes adoubĂ© par Boulez) et du jazzman Anthony Braxton, qui ont tous deux Ă©margĂ© Ă  la musique contemporaine, mais qui objectivement sont des compositeurs (en terme de technique compositionnelle) de deuxiĂšme choix (voire un brin amateurs) ; et Ă  l’inverse de l’absence de Luigi Russolo et des premiers micro-tonaux (ou, plus tard, de Ivan Wyschnegradsky), puis pour la pĂ©riode de la guerre, de l’oubli des compositeurs dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s (selon les Nazis) et qui ont pĂ©ri avec la Shoah (par exemple, Ullmann) ; d’ailleurs de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, et c’est une tendance gĂ©nĂ©rale aujourd’hui, on peut parler, pour les compositeurs correspondant aux annĂ©es 1960-75, vĂ©ritablement de «gĂ©nĂ©ration oubliĂ©e» (post-sĂ©rielle, anti-sĂ©rielle, et autour), avec les oublis discutables de (par ordre alphabĂ©tique) Gilbert Amy, de Friedrich Cerha, de Nguyen-Thien Dao, de James Dillon, de Roberto Gerhard, d’Alberto Ginastera, de Karel Goeyvaerts, d’AndrĂ© Jolivet, de Xavier Montsalvatge, de Luis de Pablo, d’Henri Pousseur, d’Eliane Radigue, de Horatiu Radulescu, de Valentyn Silvestrov, de Mathias Spahlinger, de Michael Tippett, de Claude Vivier, etc. (mais il fallait faire des choix et le temps leur donnera peut-ĂȘtre raison, et il oubliera certains de ceux sĂ©lectionnĂ©s Ă  leur place) ; enfin, et plus important, cĂŽtĂ© injustice, il manque cruellement des compositeurs qui ont innovĂ© magistralement et dont la personnalitĂ© musicale est forte (et la musique prĂ©gnante, objectivement) : Galina Ustvolskaya (radicale), Conlon Nancarrow (rythmes superposĂ©s, qui ont tant influencĂ© Ligeti, derniĂšre maniĂšre), le regrettĂ© Christophe Bertrand (rythmes en spirale), MichaĂ«l Levinas (1er spectralisme, puis rĂ©sonance et polyrythmies complexes), Thierry PĂ©cou (sons et couleurs exotiques, avec rythmes asynchrones), Rebecca Saunders (rĂ©sonance en fuite), Hans Abrahamsen (dissonances imbriquĂ©es), Georg Friedrich Haas (microtonalitĂ© pulsĂ©e), sans oublier les 2 compĂšres saturateurs Yann Robin et Franck Bedrossian (de RaphaĂ«l Cendo, seul sĂ©lectionnĂ©, hĂ©las), et pourquoi pas les 3 professeurs Français de composition du CNSMDP, figures de prou de la modernitĂ© actuelle (FrĂ©dĂ©ric Durieux, Yan Maresz, GĂ©rard Pesson), notamment en informatique musicale.

En rĂ©sumĂ©, certainement, un must-achat de 3 livres incontournables (bravos Ă  l’auteur !) par leur didactisme, par leur prosĂ©litisme Grand-Public, par l’audience trĂšs large visĂ©e
 les mĂ©lomanes du rĂ©pertoire, les curieux de la Musique Contemporaine (comme pour ce site web MCI !) et tous les autres qui aiment dĂ©couvrir des musiques, notamment celles des compositeurs des annĂ©es 2000, accessibles Ă  tous, Ă  partir, pourquoi pas, du Rock, du Jazz, de l’impro, de la Pop, de l’Électro populaire (etc.)
 et pour terminer en guise de conclusion temporaire, un souhait un peu fou, celui de voir publier dans un futur indĂ©terminĂ© (l’auteur a le temps devant lui, il n’a que 43 ans) un 4Ăšme volume (au moins !) qui Ă©clairera les nouvelles tendances, les nouveaux compositeurs Ă©mergents de demain (encore inconnus) et mĂȘme d’aujourd’hui qu’il n’a pas sĂ©lectionnĂ©s (ils sont nombreux), et qui rĂ©parera les quelques oublis-injustices majeurs soulignĂ©s ici !

Addendum : Guillaume Kosmicki a aimablement acceptĂ© d’inclure, en exclusivitĂ© pour les lecteurs de cet Ă©dito, la liste des compositeurs-piĂšces sĂ©lectionnĂ©s dans ce triptyque, avec l’annĂ©e de composition (pas l’annĂ©e de crĂ©ation, comme dans MCI) ; le lecteur attentif la comparera, sur le prĂ©sent site web, Ă  la SÉLECTION de piĂšces-compositeurs (pas l’inverse, comme dans les 3 livres) et au XXL-SCOPE de MCI, et constatera Ă©normĂ©ment de points communs et quelques diffĂ©rences (complĂ©mentaritĂ©s) dont il fera son miel

Franz Liszt, “La Lugubre Gondole” (1882) | CĂ©sar Franck, “Choral n°3” (1890) | Gabriel FaurĂ©, “Prison” (1894) | Scott Joplin, “Ragtimes” (1899-1909) | Giacomo Puccini, “Tosca” (1900) | Claude Debussy, “PellĂ©as et MĂ©lisande” (1902) | Leos Janacek, “Jenufa” (1903) | Anton Webern, “Langsamer Satz” (1905) | Claude Debussy, “Images, Livres 1 et 2” (1905-1907) | Richard Strauss, “SalomĂ©â€ (1905) | Gustav Mahler, “Symphonie n°8” (1906) | Maurice Ravel, “Gaspard de la nuit” (1908) | BĂ©la BartĂłk, “Quatuors Ă  cordes” (1909-1939) | Alexandre Scriabine, “PromĂ©thĂ©e ou Le PoĂšme du feu” (1910) | Arnold Schoenberg, “Pierrot lunaire” (1912) | Henry Cowell, “Piano Music” (1912-1930) | Igor Stravinski, “Le Sacre du printemps” (1913) | Charles Ives, “Concord Sonata” (1915) | Erik Satie, “Parade” (1917) | Darius Milhaud, “Le BƓuf sur le toit” (1919) | Jean Cocteau et le Groupe des Six, “Les MariĂ©s de la Tour Eiffel” (1921) | Paul Hindemith, “Kammermusik” (1921-1927) | Alban Berg, “Wozzeck” (1922) | Manuel De Falla, “Le Retable de MaĂźtre Pierre” (1923) | Arthur Honegger, “Mouvements symphoniques 1-3” (1923-1932) | George Antheil, “Ballet mĂ©canique” (1925) | Alexandre Mossolov, “Zavod (Les Fonderies d’acier)” (1926) | Igor Stravinski, “Oedipus Rex” (1927) | Louis Armstrong, “West End Blues” (1928) | Kurt Weill, “L’OpĂ©ra de Quat’sous” (1928) | Maurice Ravel, “BolĂ©ro” (1928) | Heitor Villa-Lobos, “Bachianas Brasileiras 1-9” (1930-1945) | Edgar VarĂšse, “Ionisation” (1931) | Arnold Schoenberg, “MoĂŻse et Aron” (1932) | Dimitri Chostakovitch, “Lady Macbeth de Mzensk” (1932) | Edgar VarĂšse, “Ecuatorial” (1934) | Paul Hindemith, “Matis der Maler” (1935) | George Gershwin, “Porgy and Bess” (1935) | Alban Berg, “Concerto Ă  la mĂ©moire d’un ange” (1935) | BĂ©la BartĂłk, “Musique pour cordes, percussion et cĂ©lesta” (1936) | Samuel Barber, “Quatuor Ă  cordes” (1936, revisĂ© 1943) | Anton Webern, “Quatuor Ă  cordes op. 28” (1938) | SergueĂŻ Prokofiev, “Alexandre Nevski” (1938) | John Cage, “Imaginary Landscapes 1-5” (1939-1952) | Duke Ellington, “Ko-ko” (1940) | Luigi Dallapiccola, “Canti di prigionia” (1941) | Dimitri Chostakovitch, “Symphonie n°7 «Leningrad»” (1941) | Harry Partch, “Bartsow” (1941, revisĂ© 1968) | Ernst Krenek, “Lamentatio Jeremiae Prophetiae” (1942) | Aaron Copland, “Fanfare for the Common Man” (1942) | SergueĂŻ Prokofiev, “Sonate pour piano n°7” (1942) | Thelonious Monk, “‘Round Midnight” (1944) | Benjamin Britten, “Peter Grimes” (1945) | Pierre Schaeffer, “Cinq Ă©tudes de bruits” (1948) | Olivier Messiaen, “TurangalĂźla-Symphonie” (1948) | John Cage, “Sonatas and Interludes for Prepared Piano” (1948) | Pierre Schaeffer et Pierre Henry, “Symphonie pour un homme seul” (1950) | Karlheinz Stockhausen, “Kreuzspiel” (1951) | Jean BarraquĂ©, “Sonate pour piano” (1952) | Bruno Maderna, “Musica su due dimensioni” (1952) | Iannis Xenakis, “Metastasis” (1954) | Pierre Boulez, “Le Marteau sans maĂźtre” (1954) | Edgard VarĂšse, “DĂ©serts” (1954) | Leonard Bernstein, “West Side Story” (1957) | Miles Davis, “Ascenseur pour l’échafaud” (1957) | Francis Poulenc, “La Voix humaine” (1958) | Olivier Messiaen, “Catalogue d’oiseaux” (1958) | Luciano Berio, “Sequenza I-XIV” (1958-2002) | Giacinto Scelsi, “Quattro pezzi su una nota” (1959) | Krzysztof Penderecki, “ThrĂšne Ă  la mĂ©moire des victimes d’Hiroshima” (1960) | Hans Werner Henze, “Elegie fĂŒr junge Liebende” (1961) | György Ligeti, “Aventures” (1962) | Benjamin Britten, “War Requiem” (1962) | Bernd AloĂŻs Zimmermann, “Die Soldaten” (1963, 1965) | Terry Riley, “In C” (1964) | Luigi Nono, “La Fabbrica illuminata” (1964) | Betsy Jolas, “Quatuor II” (1964) | John Coltrane, “A Love Supreme” (1964) | La Monte Young, “Well-Tuned Piano” (1964-20??) | Cathy Berberian, “Stripsody” (1966) | The Beatles, “Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band” (1967) | Gordon Mumma, “Hornpipe” (1967) | Morton Subotnick, “Silver Apples of the Moon” (1967) | Archie Shepp, “The Magic of Ju-Ju” (1967) | Maurice Ohana, “Syllabaire pour PhĂšdre” (1967) | AndrĂ© Boucourechliev, “Archipel I Ă  IV, Anarchipel” (1967-1970) | Iannis Xenakis, “Polytopes” (1967-1978) | Karlheinz Stockhausen, “Stimmung” (1968) | György Ligeti, “Continuum” (1968) | Pierre Henry, “L’Apocalypse de Jean” (1968) | Luciano Berio, “Sinfonia” (1968-1969) | Frank Zappa, “Uncle Meat” (1969) | François Bayle, “JeĂźta ou Murmure des eaux” (1970) | Pink Floyd – Ron Geesin, “Atom Heart Mother” (1970) | Mauricio Kagel, “Acustica” (1970) | George Crumb, “Black Angels” (1970) | Henri Dutilleux, “Tout un monde lointain
” (1970) | Luc Ferrari, “Presque rien n°1 Ă  4” (1970-1998) | Toru Takemitsu, “In an Autumn Garden” (1973, “1979) | GĂ©rard Grisey, “Les Espaces acoustiques” (1974-1985) | Bernard Parmegiani, “De Natura Sonorum” (1975) | Steve Reich, “Music for Eighteen Musicians” (1976) | Philip Glass et Bob Wilson, “Einstein on the Beach” (1976) | Henryk Gorecki, “Symphonie n°3” (1976) | Alfred Schnittke, “Concerto grosso n°1” (1977) | Arvo PĂ€rt, “Tabula rasa” (1977) | John Chowning, “Stria” (1977) | Meredith Monk, “Dolmen Music” (1979) | Olivier Greif, “Sonate de requiem” (1979, rĂ©visĂ© 1992) | György KurtĂĄg, “Messages de feu Demoiselle R.V. Troussova” (1980) | Sofia GoubaĂŻdoulina, “Offertorium” (1980) | Pierre Boulez, “Repons” (1981-1984) | Jonathan Harvey, “Bhakti” (1982) | Tristan Murail, “DĂ©sintĂ©grations” (1982) | Witold Lutoslawski, “Symphonie n°3” (1983) | Morton Feldman, “String Quartet II” (1983) | Michel Redolfi, “Sonic Waters #2” (1983-1989) | Jean-Claude Risset, “Sud” (1985) | Magnus Lindberg, “Kraft” (1985) | György Ligeti, “Études pour piano” (1985-2001) | Brian Ferneyhough, “String Quartet n°3” (1987) | John Adams, “Nixon in China” (1987) | John Tavener, “The Protecting Veil” (1988) | John Zorn, “Naked City” (1990) | Thierry Escaich, “Esquisses 1-4” (1990-1993) | François-Bernard MĂąche, “Kengir” (1991) | Marco Stroppa, “Miniature estrose” (1991-2001) | Hanspeter Kyburz, “Cells” (1994) | Philippe Manoury, “En Ă©cho” (1994) | Michael Jarrell, “Cassandre” (1994) | Kaija Saariaho, “ChĂąteau de l’ñme” (1995) | Wolfgang Rihm, “Jagden und Formen” (1995-2001) | Christian ZanĂ©si, “Arkheion” (1995-1996) | PĂ©ter Eötvös, “Trois SƓurs” (1997) | Thomas AdĂšs, “Asyla” (1997) | Xu Yi, “Le Plein du Vide” (1997) | Pascal Dusapin, “Dona eis” (1997) | Charlemagne Palestine, “Schlongo!!!daLUVdrone” (1998) | Fausto Romitelli, “Professor Bad Trip, Lessons I-III” (1998-2000) | Olga Neuwirth, “Clinamen – Nodus” (1999) | Bruno Mantovani, “La Morte Meditata” (1999) | Helmut Lachenmann, “Quatuor Ă  cordes n°3 Grido” (2001) | Toshio Hosokawa, “Re-turning” (2001) | Aphex Twin, “Drukqs” (2001) | Steve Reich – Beryl Korot, “Three Tales” (2002) | Emmanuel Nunes, “Improvisation II – Portrait” (2003) | Georges Aperghis, “Avis de tempĂȘte” (2004) | Klaus Huber, “
à l’ñme de descendre de sa monture et aller sur ses pieds de soie
” (2004) | Björk, “Medulla” (2004) | Martin Matalon, “Traces I-VII” (2004-2008) | Nico Muhly, “Bright Mass with Canons” (2005) | Samuel Sighicelli, “MarĂ©e noire” (2005) | Saed Haddad, “Les Deux Visages de l’Orient” (2006) | RaphaĂ«l Cendo, “DĂ©combres” (2006) | Heiner Goebbels, “Stifters Dinge” (2007) | Beat Furrer, “Concerto pour piano” (2007) | Ivan Fedele, “En archù” (2008) | Alberto Posadas, “Liturgia Fractal” (2008) | Matthias Pintscher, “sonic eclipse” (2010) | Zad Moultaka, “Zajal” (2010) | Anthony Braxton, “Composition n°272” (2011) | Salvatore Sciarrino, “Cantiere del poema” (2011) | Kasper T. Toeplitz, “Inoculate?” (2011) | Philippe Hersant, “Instants limites” (2012) | George Benjamin, “Written on Skin” (2012) | Enno Poppe, “Filz” (2014)

Lisez l’article sur le site Musique Contemporaine

Jean Huber
Musique contemporaine 28 août 2017

- TroisiĂšme tome de Musiques savantes par Guillaume Kosmicki

Suite et fin d’un projet d’envergure en trois volumes menĂ© avec autoritĂ© par Guillaume Kosmicki (Tome 1 et Tome 2), qui aura couvert quelques 130 annĂ©es de « Musiques savantes », en allant de Claude Debussy Ă  John Zorn. FidĂšle Ă  sa mĂ©thode d’approche, l’auteur aborde dans ce tome ultime la frange des vingt-cinq derniĂšres annĂ©es qui butent sur 2015.

« Des cendres, des illusions, des espoirs » : voilĂ  le titre donnĂ© Ă  la premiĂšre partie de cet ouvrage. En une cinquantaine de pages plutĂŽt denses, l’auteur tente de brosser avec un bel esprit de synthĂšse, un « Ă©tat des lieux » Ă  l’échelle mondiale, de la chute de la mur de Berlin Ă  nos jours, tant gĂ©opolitique qu’esthĂ©tique. Dans cet itinĂ©raire croisĂ©, l’évĂ©nementiel est mis en rĂ©sonance avec le monde des idĂ©es, « l’esprit du temps » appelant ses « rĂ©ponses artistiques » dans l’univers des musiques savantes auxquelles, rappelons-le, l’auteur inclut le jazz. Comme dans les prĂ©cĂ©dents volumes, Guillaume Kosmicki sĂ©lectionne une Ɠuvre pour 43 compositeurs diffĂ©rents, disponible Ă  l’écoute et ancrĂ©e dans la pĂ©riode considĂ©rĂ©e. La prĂ©sentation est strictement chronologique, de John Zorn (Naked City, 1990) Ă  Enno Poppe (Filz, 2014), chaque personnalitĂ© donnant lieu Ă  une biographie, un aperçu esthĂ©tique de son travail et une lecture attentive de la partition, accessible au plus grand nombre. Un glossaire pour le vocabulaire spĂ©cialisĂ© est proposĂ© en fin de volume pour complĂ©ter la lecture. IntĂ©ressante Ă©galement, au terme de chaque prĂ©sentation, une rubrique « À Ă©couter aussi » propose d’élargir l’univers du compositeur par d’autres Ă©coutes liant l’hĂ©ritage au rĂ©pertoire d’aujourd’hui : les Dichterliebe de Robert Schumann avec La morte meditata de Bruno Mantovani, Avoaha de Maurice Ohana avec Zajal de Zad Moultaka ou encore TV Cello de Nam June Paik et Charlotte Moorman avec Three Tales de Steve Reich et Beryl Korot. Le panorama est riche, Ă©clectique et forcĂ©ment subjectif, mais toujours percutant.

La nouveautĂ© de ce troisiĂšme volume rĂ©side dans une postface passionnante prĂ©sentĂ©e sous forme d’entretiens avec sept personnalitĂ©s du monde de la musique, interprĂštes, penseurs, compositeurs et directeurs d’institution. L’expression – en l’occurrence pleinement assumĂ©e par l’auteur – de « musiques savantes » est mise en question. Politique, nouvelles technologies, mondialisation, pessimisme et optimisme
 autant de « tendances » du XXI^e^ siĂšcle y sont Ă©galement dĂ©battues au fil d’un propos argumentĂ© et pimentĂ© par le verbe haut de JoĂ«lle LĂ©andre. « On rĂ©siste » dit-elle in fine, s’accordant avec le plaidoyer Ă©clairĂ© de l’auteur qui, dans une conclusion rĂ©gĂ©nĂ©rante, invite Ă  « balayer le consensuel au profit d’un esprit d’aventure et de dĂ©couverte » !

Lire la chronique sur le site de ResMusica

MichĂšle Tosi
ResMusica 12 août 2017

- 5 bouquins pour l'été

Le musicologue Guillaume Kosmicki continue l’exploration des musiques savantes avec ce troisiĂšme volume consacrĂ© Ă  la pĂ©riode la plus rĂ©cente. Il balaie les tendances actuelles majeures, dont le mĂ©tissage planĂ©taire, la persistance du minimalisme, la technologie au service de la culture du son ou la transversalitĂ© entre savant et populaire. Plusieurs albums, bien connus des lecteurs de Trax, sont dĂ©cryptĂ©s comme Drukqs d’Aphex Twin et MedĂșlla de Björk, au milieu de disques plus obscurs signĂ©s John Zorn, Charlemagne Palestine ou Christian ZanĂ©si.

Olivier Pernot
Trax juillet-août 2017

- Guillaume Kosmicki Ă  Musicalame

Le livre dĂ©bute par John Zorn et son mythique Naked City. Et parcourt au fil des pages 25 ans de musiques de traverses, incendiaires, innovantes, compliquĂ©es
 savantes, dit l’auteur, Guillaume Kosmicki, qui clĂŽture ainsi une trilogie consacrĂ©e, donc, aux Musiques Savantes. De la musique spectrale Ă  la toujours trĂšs riche scĂšne minimale, des pas de cĂŽtĂ© de Björk Ă  Xu Yi ou Aphex Twin, c’est une somme essentielle qui se dessine lĂ  pour les fĂ©rus d’archĂ©ologie discographique. Guillaume Kosmicki, musicologue, prĂ©sentera son ouvrage Ă  la librairie Musicalame le jeudi 15 juin Ă  19h30.

Lire la chronique sur le site du Petit Bulletin

Sébastien Broquet
Le Petit Bulletin 13 juin 2017