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Parution : 18/10/2012
ISBN : 9782360540556
432 pages (148 x 210)

Musiques savantes Tome I

De Debussy au mur de Berlin 1882-1962

Avec ce type de lecture ludique et ingĂ©nieuse, la multiplicitĂ© des musiques dites savantes ne s’impose pas comme un kalĂ©idoscope complexe mais comme un puzzle sonore facile Ă  composer et Ă  comprendre. Une belle rĂ©ussite.

FrĂ©dĂ©ric Isoletta – Zibeline

La musique du XXe siĂšcle se caractĂ©rise par une diversitĂ© stylistique sans prĂ©cĂ©dent. Cette derniĂšre est favorisĂ©e par la mondialisation galopante, la rĂ©volution de l’enregistrement et les crises majeures que traverse l’humanitĂ©, qui remettent totalement en question notre vision du monde. Les musiques savantes vont embrasser un champ de recherche trĂšs Ă©tendu, empruntant une multitude de chemins entre des voies extrĂȘmes.

Au fil de la prĂ©sentation d’Ɠuvres emblĂ©matiques choisies dans ce rĂ©pertoire immense, et Ă  l’aide d’introductions historiques traitant des Ă©vĂ©nements du siĂšcle, des compositeurs remarquables, des courants majeurs et des Ă©coles, cet ouvrage offre une approche synthĂ©tique des recherches musicales tous azimuts de la premiĂšre moitiĂ© du siĂšcle, jusqu’aux portes des annĂ©es soixante. Surtout, il prĂ©sente un regard pertinent sur la maniĂšre dont l’histoire des hommes agit directement sur les compositions et comment, en retour, les Ɠuvres en offrent une relecture passionnante au travers du prisme musical.

Loin de prĂ©senter une somme exhaustive, souvent dĂ©courageante, il propose une porte d’entrĂ©e Ă  tous les amateurs curieux de musique mais encore timides vis-Ă -vis de ce monde musical singulier, en leur ouvrant de nombreuses pistes pour aller plus loin.

Un second volume prĂ©sentera la suite du parcours, des annĂ©es soixante Ă  nos jours, en s’interrogeant aussi sur les horizons possibles.

De Debussy à Boulez, de Stravinski à Stockhausen, de Bartók à Messiaen en passant par Milhaud, Varùse, Copland, Britten, Bernstein, Schaeffer, Henry, Cage et tant d’autres


Revue de presse

- Entretien - 121 minutes jusqu'à la fin du monde Raphaëlle Tchamitchian Hors-Série 30 septembre 2017
- Un nouveau livre majeur en 3 volumes, par Guillaume Kosmicki, sur la musique moderne Jean Huber Musique contemporaine 28 août 2017
- Découvrir la musique du 20e siÚcle Laurent Mettraux Revue Musicale Suisse-Romande Décembre 2015
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Eric Darsan Ericdarsan.blogspot.com 1 Avril 2015
- Guillaume Kosmicki Musiques savantes – De Debussy au mur de Berlin (1882-1962) Laurent Bergnach Anaclase
- Musiques savantes T.2 - À venir Le Mensuel du Golfe Octobre - Novembre 2013
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Jean-Marc Warszawski Musicologie.org 31 janvier 2013
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Christophe Bourseiller France Musique // La Matinale 30 janvier 2013
- Premier XXe Frédéric Isoletta Zibeline Février 2013
- Musiques savantes 1882-1962 Pierre Massé Classica février 2013
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Franpi Barriaux Citizen Jazz 21 Janvier 2013
- Guide de survie dans la jungle du XXe siÚcle Luca Sabbatini Le Courrier 22 décembre 2012
- MUSIQUES SAVANTES, PORTE D'ENTRÉE FRANCESCA GUERRASIO RES MUSICA 21 DÉCEMBRE 2012
- Livres de fin d'année Raymond Sérini Nouvelle Vague 14 novembre 2012
- Wake Up Call - La Matinale Juliana CANAL B 1er NOVEMBRE 2012
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki ADRIEN LANDIVIER Le Mouv' // Glitch 27 OCTOBRE 2012
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Jordan SAÏSSET VENTILO N°306 16 OCTOBRE 2012

- Entretien - 121 minutes jusqu'Ă  la fin du monde

La journaliste Raphaëlle Tchamitchian reçoit Guillaume Kosmicki pour un entretien vidéo consacré aux trois tomes des Musiques savantes.

Ça fait des annĂ©es que, dans mes articles pour la presse musicale, j’écris que les styles sont dorĂ©navant obsolĂštes, que les frontiĂšres entre les genres n’ont plus lieu d’ĂȘtre et que les musiciens se nourrissent de toutes les influences qui sont Ă  leur portĂ©e indiffĂ©remment de leur provenance. Autour de moi, c’est un fait acquis pour tout le monde. Pourtant, on ne cesse de (se) le rĂ©pĂ©ter, et ce depuis au moins 10 ans, ce qui prouve que ça ne doit pas ĂȘtre si Ă©vident que ça. En effet, l’institution semble Ă  la traĂźne — beaucoup de musiciens doivent se battre pour exister parce qu’ils ne cochent pas les bonnes cases, ou parce qu’ils en cochent trop Ă  la fois — et, parfois, ce sont les artistes eux-mĂȘmes qui s’enferment dans des chapelles (le jazz en est un exemple particuliĂšrement friand).

En proposant un Ă©largissement de la dĂ©finition des “musiques savantes”, le musicologue Guillaume Kosmicki ajoute sa pierre Ă  l’édifice. Comme il l’explique longuement dans l’entretien, de la dĂ©finition originale il ne retient qu’une partie, afin de pouvoir intĂ©grer dans le tiroir des musiques d’art, Ă  cotĂ© de Debussy, Steve Reich et John Cage, des artistes aussi divers que Pink Floyd, John Coltrane, Björk ou John Zorn. Certains ont pu le lui reprocher, ici nous le saluons. Et si la musique Ă©crite domine son ouvrage, nous avons volontairement choisi d’évoquer aussi quelques artistes dits de “musique populaire” issus de sa sĂ©lection, pour contribuer encore un peu plus Ă  faire tomber ces maudites barriĂšres. Notre (longue) discussion dessine ainsi une vue d’ensemble de la musique occidentale du XXe siĂšcle, forcĂ©ment incomplĂšte, mais, je l’espĂšre, stimulante.

*Rendez-vous sur Hors-SĂ©rie pour voir l’entretien avec G. Kosmicki

Raphaëlle Tchamitchian
Hors-Série 30 septembre 2017

- Un nouveau livre majeur en 3 volumes, par Guillaume Kosmicki, sur la musique moderne

Un triple livre sur la musique moderne et contemporaine, c’est une aubaine tellement rare que l’on est tentĂ© de fermer les yeux et de recommander l’initiative (de surcroĂźt avec un petit Ă©diteur aventureux).
Le premier volume paru il y a dĂ©jĂ  presque 5 ans paraissait attractif mais comme il concernait essentiellement la pĂ©riode d’avant celle couverte par le prĂ©sent site web, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© attendre de connaĂźtre le projet complet et je remercie son auteur Guillaume Kosmicki de l’avoir compris et d’avoir Ă©tĂ© patient.
Voici les titres des 3 volumes dans l’ordre anti-chronologique :

Musiques savantes Tome III, de John Zorn à la fin du monde, et aprùs
 1990-2015 (parution : 15/06/2017, 336 pages, 23 €)
Musiques savantes Tome II, de Ligeti à la fin de Guerre Froide 1963-1989 (parution : 20/11/2014, 400 pages, 23 €)
Musiques savantes Tome I, de Debussy au mur de Berlin 1882-1962 (parution : 18/10/2012, 432 pages, 23 €)

Disons-le d’emblĂ©e, notamment pour les gens pressĂ©s qui ne liront pas la suite, l’achat des 3 volumes (ou seulement du 3Ăšme volume qui vient de sortir, si vous possĂ©dez les 2 premiers) peut ĂȘtre engagĂ© les yeux fermĂ©s, et en tout cas, cet achat pour soi ou en cadeau (pour faire dĂ©couvrir cette musique de notre temps, notre musique, la musique de nos crĂ©ateurs) est ici vivement recommandĂ©.
AprÚs une courte interview de son auteur (réalisée fin Juin), les fondements de ce soutien objectif seront détaillés et argumentés (en relief et en creux), mais, auparavant, voici 4 séries de raisons express pour emporter votre décision :
– l’auteur a un sens remarquable de la bonne vulgarisation didactique (rendre accessible un sujet difficile au plus grand nombre, tout en restant exact et solide)

  • la sĂ©lection de compositeurs et de piĂšces emblĂ©matiques est certes engagĂ©e-assumĂ©e et personnelle, mais Ă  large spectre, consensuelle, rĂ©aliste, et sans biais-partialitĂ© majeurs (d’ailleurs, pour Ă©largir le champs des possibles, Ă  la fin de chaque compositeur-piĂšce choisi, sont listĂ©es d’autres pistes d’écoute possible, d’autres approches transverses, souvent attractives)
    la sĂ©lection est astucieusement complĂ©tĂ©e par des chapitres de respiration consacrĂ©s aux mouvements socio-politiques, culturels ou esthĂ©tiques des arts de la pĂ©riode considĂ©rĂ©e, ou Ă  la grande et petite Histoire (des dimensions qui influencent fortement l’inspiration des compositeurs et des artistes en gĂ©nĂ©ral)
  • l’auteur ne fait clairement pas partie du microcosme parisianiste car son style est vivant et direct (pas ampoulĂ©, pas allusif au second degrĂ©, pas hermĂ©tique-savant), sans dĂ©tour, sans aplomb vertical-doctoral, sans pĂ©dantisme et sans jargon, maniant agrĂ©ablement l’anecdote pimpante, le dĂ©tail colorĂ© et les faits rĂ©alistes, ou les explications claires (il y a quand mĂȘme un glossaire en fin de volume)

Voici, maintenant, les réponses à 3 questions posées à Guillaume Kosmicki (le 28 Juin 2017) :

MCI : «Comment ĂȘtes-vous venu Ă  la musique ?»
G.K. : «Je n’ai pas un parcours classique, car je ne suis pas issu d’une famille de musiciens (mes parents nous ont offert l’opportunitĂ© de nous intĂ©resser Ă  de nombreuses activitĂ©s, sport, peinture, musique etc. Pour ma part, j’ai commencĂ© avec passion l’étude du violon Ă  6 ans et plus tard la guitare en autodidacte) ; ensuite c’est un Bac option C, et trĂšs tĂŽt un objectif musicologie (ethnomusicologie, anthropologie, sociologie de la musique, sĂ©miologie, hermĂ©neutique musicale) Ă  l’UniversitĂ© d’Aix-en-Provence (mĂȘme si aujourd’hui je suis un Breton d’adoption, solidement ancrĂ© dans le Morbihan) ; enfin, mes recherches universitaires ont portĂ© sur la techno, l’électro, les Free Parties et les Raves ; au final, ma carriĂšre professionnelle correspond Ă  mes choix de jeunesse, car je donne essentiellement des confĂ©rences en freelance dans les conservatoires, les universitĂ©s (Aix-en-Provence, Metz, Paris VIII), les mĂ©diathĂšques, pour des associations d’amateurs d’arts, des festivals, des salles de concert etc. et puis je continue ma pratique musicale en amateur (dans un orchestre de chambre, Ă  Vannes et pour la musique de scĂšne dans une troupe de théùtre Ă  Pontivy), et bien sĂ»r j’ai aussi un site Internet personnel, ICI»

MCI : «comment en ĂȘtes-vous venu Ă  Ă©crire ce triple volume dĂ©diĂ© Ă  la musique moderne-contemporaine ?»
G.K. : «certainement, par passion, par expĂ©rience transversale et par raison professionnelle ; ma premiĂšre chance est d’avoir Ă©tĂ© contactĂ© par le mĂȘme Ă©diteur pour Ă©crire un premier livre sur les musiques Ă©lectroniques (intitulĂ© Musiques Ă©lectroniques : Des avant-gardes aux dance floors, 2009) ; il m’a ensuite interrogĂ© sur l’opportunitĂ© d’un autre livre dĂ©veloppant le sujet des musiques savantes du XXe siĂšcle, dĂ©jĂ  abordĂ© dans le prĂ©cĂ©dent ouvrage
 et c’était parti ; ensuite, par passion, la musique c’est ma vie, professionnelle et personnelle (mes confĂ©rences m’aident beaucoup Ă  affiner ma communication auprĂšs de publics trĂšs variĂ©s et me servent Ă  dĂ©finir la bonne formulation en terme de vulgarisation didactique dans mes Ă©crits) ; et enfin, Ă©crire un livre est pour moi apporter modestement ma contribution Ă  l’édifice de la connaissance, un regard, un point de vue, un angle diffĂ©rent ; il ne s’agit pas de remĂącher banalement ce qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit ; il faut pour cela convaincre son Ă©diteur, les mĂ©dias mais surtout ses lecteurs (en mĂȘme temps, mes livres servent de complĂ©ments durables aux participants Ă  mes confĂ©rences)»

MCI : «comment en ĂȘtes-vous arrivĂ© Ă  ces choix de sĂ©lection compositeur-piĂšce Ă  Ă©couter (en nombre limitĂ© sur les 3 volumes) ?»
G.K. : «tout d’abord je voudrais dire qu’au dĂ©part il ne devait y avoir qu’un seul livre (un seul volume) et puis comme ma sĂ©lection s’enrichissait de plus en plus, j’ai Ă©crit, j’ai Ă©crit tant et plus, et il y a eu 2 livres au programme, puis 3 ! (et je veux saluer ici la souplesse infinie de mon Ă©diteur face Ă  ma prolixitĂ©) ; et au sein de ce projet, mon objectif Ă©tait de parler sans les survoler des musiques des 25 derniĂšres annĂ©es (aprĂšs 1990), encore trĂšs peu abordĂ©es (le volume 3) ; ensuite, j’ai travaillĂ© sur une base limitĂ© de compositeurs incontournables par leur personnalitĂ©, par leurs choix visionnaires (trĂšs peu de compositeurs sont citĂ©s plus d’une fois
 VarĂšse, bien sĂ»r, Webern, Ligeti, Boulez, Chostakovitch), avant d’élargir avec Ă©clectisme et sans a priori (et en rapport avec les repĂšres historiques) ; enfin, je me suis fixĂ© des rĂšgles dans mes choix de sĂ©lection compositeur-piĂšce, Ă  savoir la volontĂ© de ne pas ĂȘtre uniquement Franco-Français, ni trop Allemand, Italien ou AmĂ©ricain), et aussi la nĂ©cessitĂ© d’un Ă©quilibre au niveau des genres choisis (depuis l’opĂ©ra jusqu’aux oeuvres pour instrument soliste en passant par l’électroacoustique et la musique mixte), afin de disposer d’un panel large, et enfin du prĂ©-requis que tous les choix soient disponibles Ă  l’écoute en CD (il n’y a qu’une exception, et elle est dans la tendance actuelle, le choix de la piĂšce d’Enno Poppe est seulement disponible Ă  l’écoute sur Internet)»

Voici, maintenant, une analyse critique (en relief et en creux) des 3 volumes, aprÚs lecture attentive, renouvelée :

Tout d’abord, sur les choix fondamentaux.
Commençons par une incongruitĂ©-incohĂ©rence majeure entre le titre mĂȘme des livres et le contenu dĂ©taillĂ© des choix : les 3 volumes sont titrĂ©s «Musiques savantes» et l’on s’attend Ă  des choix et des analyses exclusivement sur la musique dite classique pendant la pĂ©riode des 20Ăšme et 21Ăšme siĂšcles ; or, mĂȘme si les Ă©carts sont Ă  la marge (autour de 10%), il n’en est rien car inclure des compositeurs comme Louis Armstrong, Duke Ellington, Thelonious Monk, John Coltrane, Miles Davis, Cathy Berberian, The Beatles (mais pas The Rolling Stones !), Archie Shepp, Pink Floyd, Björk fait tiquer le lecteur car ils appartiennent Ă  la Pop ou au Jazz ou Ă  l’Impro, donc Ă  des musiques populaires, non savantes (sans dĂ©nigrement), mĂȘme si ces compositeurs, plus souvent mĂ©lodistes et arrangeurs accomplis, sont tout Ă  fait respectables et qu’ils ont mĂȘme innovĂ© Ă  leur maniĂšre (je pense ici Ă  Thelonious Monk pour les rythmes asynchrones, Ă  Miles Davis pour les libertĂ©s de timbres et de rythmes et pour les contructions-coordinations vertigineuses dans l’improvisation) [note : l’auteur m’a alors demandĂ© comment je dĂ©finierais les musiques non savantes
 et j’ai rĂ©pondu que historiquement au moins les musiques non savantes, quelles qu’elles soient, s’éteignaient avec leur temps, ou peu aprĂšs] ; Ă©galement, malgrĂ© la fiĂšvre qu’ils ont apportĂ© aux hits-parade en leur temps, les choix de Gordon Mumma, Morton Subotnick, Meredith Monk, John Zorn, Charlemagne Palestine, Nico Muhly, Kasper Toeplitz paraissent excessifs, eu Ă©gard Ă  leur notoriĂ©tĂ© en Europe et Ă  leur musique que je jugerai ~~mais c’est personnel~~ assez peu composĂ©e et bien moins savante et inspirĂ©e que des compositeurs qui semblent avoir Ă©tĂ© injustement oubliĂ©s (cf. plus loin).

Ensuite, sur la construction de chaque volume, il faut noter un choix fondĂ© de commencer, pour expliquer la destinĂ©e de la musique moderne, en remontant assez loin dans le temps, en substance Wagner (chromatisme), Franck (improvisations) et le dernier Liszt (atonalitĂ©), il faut noter une variĂ©tĂ© de bonne aloi dans la construction de chaque volume (dans le volume 1, c’est surtout l’introduction historico-esthĂ©tique qui est longue, suivie de courtes respirations qui sont priviliĂ©giĂ©es entre les sĂ©lections, dans le volume 2, Ă  l’image de cette pĂ©riode assez indĂ©cise sur le plan historique et musical, c’est plutĂŽt 2 intros assez longues avant les sĂ©lections et des explications sur les expĂ©rimentations musicales prolifĂ©rantes, dans le volume 3, Ă  l’image d’un monde plus stable et plus trivial, il y a une longue introduction (due Ă  la diversitĂ© des esthĂ©tiques musicales), avant un important post-sriptum et des interviews de personnalitĂ©s musicales qui apportent une vision extĂ©rieure, voire transversale, une autre perspective Ă  l’ensemble) ; le volume 1, c’est une extraordinaire profusion stylistique (compensĂ©e par le retour au passĂ© avec le nĂ©oclassicisme) ; le volume 2, c’est les thĂ©ories extrĂȘmes et les expĂ©riences les plus radicales, parallĂšlement au progressisme issu de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente ; le volume 3, c’est le parcours individuel avec synthĂ©tisme multiples (mĂ©tissage planĂ©taire, influence des rĂ©seaux, post-spectraux, gĂ©nĂ©ralisation de l’informatique au service de la culture du son, persistance du minimalisme, transversalitĂ© entre formes artistiques et vague nostalgique souvent prĂ©fixĂ©e de «nĂ©o»).

Enfin, sur les sĂ©lections principales compositeur-piĂšce Ă  Ă©couter (au total, 168, chacune avec 3 Ă  6 pages d’analyse, sans compter les pistes supplĂ©mentaires ; commençons par souligner la diversitĂ© esthĂ©tique (rien de majeur oubliĂ©) et de nationalitĂ© (bien sĂ»r il y a un biais inĂ©vitable en faveur des compositeurs Français ~~sur le prĂ©sent site web MCI, aussi !~~ car en concert sur le vif ou Ă  la radio, on Ă©coute en France en prioritĂ© des compositeurs Français vivants, et la distribution des disques en France suit la mĂȘme dĂ©marche) ; dans le dĂ©tail, dans le 1er volume, peu de commentaires (le temps a dĂ©jĂ  marquĂ© sa trace) sauf pour s’étonner, comme point de couture entre les siĂšcles, de la prĂ©sence de FaurĂ© (regard vers le passĂ© ?) et de Puccini (Ă©galement passĂ©iste, mais selon l’auteur, il s’agit ici de saluer les livrets anticipateurs du cinĂ©ma et la musique prĂ©monitrice des B.O.F.), puis dans les 2Ăšme et 3Ăšmes volumes, de la prĂ©sence de la rock-star Frank Zappa (certes adoubĂ© par Boulez) et du jazzman Anthony Braxton, qui ont tous deux Ă©margĂ© Ă  la musique contemporaine, mais qui objectivement sont des compositeurs (en terme de technique compositionnelle) de deuxiĂšme choix (voire un brin amateurs) ; et Ă  l’inverse de l’absence de Luigi Russolo et des premiers micro-tonaux (ou, plus tard, de Ivan Wyschnegradsky), puis pour la pĂ©riode de la guerre, de l’oubli des compositeurs dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s (selon les Nazis) et qui ont pĂ©ri avec la Shoah (par exemple, Ullmann) ; d’ailleurs de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, et c’est une tendance gĂ©nĂ©rale aujourd’hui, on peut parler, pour les compositeurs correspondant aux annĂ©es 1960-75, vĂ©ritablement de «gĂ©nĂ©ration oubliĂ©e» (post-sĂ©rielle, anti-sĂ©rielle, et autour), avec les oublis discutables de (par ordre alphabĂ©tique) Gilbert Amy, de Friedrich Cerha, de Nguyen-Thien Dao, de James Dillon, de Roberto Gerhard, d’Alberto Ginastera, de Karel Goeyvaerts, d’AndrĂ© Jolivet, de Xavier Montsalvatge, de Luis de Pablo, d’Henri Pousseur, d’Eliane Radigue, de Horatiu Radulescu, de Valentyn Silvestrov, de Mathias Spahlinger, de Michael Tippett, de Claude Vivier, etc. (mais il fallait faire des choix et le temps leur donnera peut-ĂȘtre raison, et il oubliera certains de ceux sĂ©lectionnĂ©s Ă  leur place) ; enfin, et plus important, cĂŽtĂ© injustice, il manque cruellement des compositeurs qui ont innovĂ© magistralement et dont la personnalitĂ© musicale est forte (et la musique prĂ©gnante, objectivement) : Galina Ustvolskaya (radicale), Conlon Nancarrow (rythmes superposĂ©s, qui ont tant influencĂ© Ligeti, derniĂšre maniĂšre), le regrettĂ© Christophe Bertrand (rythmes en spirale), MichaĂ«l Levinas (1er spectralisme, puis rĂ©sonance et polyrythmies complexes), Thierry PĂ©cou (sons et couleurs exotiques, avec rythmes asynchrones), Rebecca Saunders (rĂ©sonance en fuite), Hans Abrahamsen (dissonances imbriquĂ©es), Georg Friedrich Haas (microtonalitĂ© pulsĂ©e), sans oublier les 2 compĂšres saturateurs Yann Robin et Franck Bedrossian (de RaphaĂ«l Cendo, seul sĂ©lectionnĂ©, hĂ©las), et pourquoi pas les 3 professeurs Français de composition du CNSMDP, figures de prou de la modernitĂ© actuelle (FrĂ©dĂ©ric Durieux, Yan Maresz, GĂ©rard Pesson), notamment en informatique musicale.

En rĂ©sumĂ©, certainement, un must-achat de 3 livres incontournables (bravos Ă  l’auteur !) par leur didactisme, par leur prosĂ©litisme Grand-Public, par l’audience trĂšs large visĂ©e
 les mĂ©lomanes du rĂ©pertoire, les curieux de la Musique Contemporaine (comme pour ce site web MCI !) et tous les autres qui aiment dĂ©couvrir des musiques, notamment celles des compositeurs des annĂ©es 2000, accessibles Ă  tous, Ă  partir, pourquoi pas, du Rock, du Jazz, de l’impro, de la Pop, de l’Électro populaire (etc.)
 et pour terminer en guise de conclusion temporaire, un souhait un peu fou, celui de voir publier dans un futur indĂ©terminĂ© (l’auteur a le temps devant lui, il n’a que 43 ans) un 4Ăšme volume (au moins !) qui Ă©clairera les nouvelles tendances, les nouveaux compositeurs Ă©mergents de demain (encore inconnus) et mĂȘme d’aujourd’hui qu’il n’a pas sĂ©lectionnĂ©s (ils sont nombreux), et qui rĂ©parera les quelques oublis-injustices majeurs soulignĂ©s ici !

Addendum : Guillaume Kosmicki a aimablement acceptĂ© d’inclure, en exclusivitĂ© pour les lecteurs de cet Ă©dito, la liste des compositeurs-piĂšces sĂ©lectionnĂ©s dans ce triptyque, avec l’annĂ©e de composition (pas l’annĂ©e de crĂ©ation, comme dans MCI) ; le lecteur attentif la comparera, sur le prĂ©sent site web, Ă  la SÉLECTION de piĂšces-compositeurs (pas l’inverse, comme dans les 3 livres) et au XXL-SCOPE de MCI, et constatera Ă©normĂ©ment de points communs et quelques diffĂ©rences (complĂ©mentaritĂ©s) dont il fera son miel

Franz Liszt, “La Lugubre Gondole” (1882) | CĂ©sar Franck, “Choral n°3” (1890) | Gabriel FaurĂ©, “Prison” (1894) | Scott Joplin, “Ragtimes” (1899-1909) | Giacomo Puccini, “Tosca” (1900) | Claude Debussy, “PellĂ©as et MĂ©lisande” (1902) | Leos Janacek, “Jenufa” (1903) | Anton Webern, “Langsamer Satz” (1905) | Claude Debussy, “Images, Livres 1 et 2” (1905-1907) | Richard Strauss, “SalomĂ©â€ (1905) | Gustav Mahler, “Symphonie n°8” (1906) | Maurice Ravel, “Gaspard de la nuit” (1908) | BĂ©la BartĂłk, “Quatuors Ă  cordes” (1909-1939) | Alexandre Scriabine, “PromĂ©thĂ©e ou Le PoĂšme du feu” (1910) | Arnold Schoenberg, “Pierrot lunaire” (1912) | Henry Cowell, “Piano Music” (1912-1930) | Igor Stravinski, “Le Sacre du printemps” (1913) | Charles Ives, “Concord Sonata” (1915) | Erik Satie, “Parade” (1917) | Darius Milhaud, “Le BƓuf sur le toit” (1919) | Jean Cocteau et le Groupe des Six, “Les MariĂ©s de la Tour Eiffel” (1921) | Paul Hindemith, “Kammermusik” (1921-1927) | Alban Berg, “Wozzeck” (1922) | Manuel De Falla, “Le Retable de MaĂźtre Pierre” (1923) | Arthur Honegger, “Mouvements symphoniques 1-3” (1923-1932) | George Antheil, “Ballet mĂ©canique” (1925) | Alexandre Mossolov, “Zavod (Les Fonderies d’acier)” (1926) | Igor Stravinski, “Oedipus Rex” (1927) | Louis Armstrong, “West End Blues” (1928) | Kurt Weill, “L’OpĂ©ra de Quat’sous” (1928) | Maurice Ravel, “BolĂ©ro” (1928) | Heitor Villa-Lobos, “Bachianas Brasileiras 1-9” (1930-1945) | Edgar VarĂšse, “Ionisation” (1931) | Arnold Schoenberg, “MoĂŻse et Aron” (1932) | Dimitri Chostakovitch, “Lady Macbeth de Mzensk” (1932) | Edgar VarĂšse, “Ecuatorial” (1934) | Paul Hindemith, “Matis der Maler” (1935) | George Gershwin, “Porgy and Bess” (1935) | Alban Berg, “Concerto Ă  la mĂ©moire d’un ange” (1935) | BĂ©la BartĂłk, “Musique pour cordes, percussion et cĂ©lesta” (1936) | Samuel Barber, “Quatuor Ă  cordes” (1936, revisĂ© 1943) | Anton Webern, “Quatuor Ă  cordes op. 28” (1938) | SergueĂŻ Prokofiev, “Alexandre Nevski” (1938) | John Cage, “Imaginary Landscapes 1-5” (1939-1952) | Duke Ellington, “Ko-ko” (1940) | Luigi Dallapiccola, “Canti di prigionia” (1941) | Dimitri Chostakovitch, “Symphonie n°7 «Leningrad»” (1941) | Harry Partch, “Bartsow” (1941, revisĂ© 1968) | Ernst Krenek, “Lamentatio Jeremiae Prophetiae” (1942) | Aaron Copland, “Fanfare for the Common Man” (1942) | SergueĂŻ Prokofiev, “Sonate pour piano n°7” (1942) | Thelonious Monk, “‘Round Midnight” (1944) | Benjamin Britten, “Peter Grimes” (1945) | Pierre Schaeffer, “Cinq Ă©tudes de bruits” (1948) | Olivier Messiaen, “TurangalĂźla-Symphonie” (1948) | John Cage, “Sonatas and Interludes for Prepared Piano” (1948) | Pierre Schaeffer et Pierre Henry, “Symphonie pour un homme seul” (1950) | Karlheinz Stockhausen, “Kreuzspiel” (1951) | Jean BarraquĂ©, “Sonate pour piano” (1952) | Bruno Maderna, “Musica su due dimensioni” (1952) | Iannis Xenakis, “Metastasis” (1954) | Pierre Boulez, “Le Marteau sans maĂźtre” (1954) | Edgard VarĂšse, “DĂ©serts” (1954) | Leonard Bernstein, “West Side Story” (1957) | Miles Davis, “Ascenseur pour l’échafaud” (1957) | Francis Poulenc, “La Voix humaine” (1958) | Olivier Messiaen, “Catalogue d’oiseaux” (1958) | Luciano Berio, “Sequenza I-XIV” (1958-2002) | Giacinto Scelsi, “Quattro pezzi su una nota” (1959) | Krzysztof Penderecki, “ThrĂšne Ă  la mĂ©moire des victimes d’Hiroshima” (1960) | Hans Werner Henze, “Elegie fĂŒr junge Liebende” (1961) | György Ligeti, “Aventures” (1962) | Benjamin Britten, “War Requiem” (1962) | Bernd AloĂŻs Zimmermann, “Die Soldaten” (1963, 1965) | Terry Riley, “In C” (1964) | Luigi Nono, “La Fabbrica illuminata” (1964) | Betsy Jolas, “Quatuor II” (1964) | John Coltrane, “A Love Supreme” (1964) | La Monte Young, “Well-Tuned Piano” (1964-20??) | Cathy Berberian, “Stripsody” (1966) | The Beatles, “Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band” (1967) | Gordon Mumma, “Hornpipe” (1967) | Morton Subotnick, “Silver Apples of the Moon” (1967) | Archie Shepp, “The Magic of Ju-Ju” (1967) | Maurice Ohana, “Syllabaire pour PhĂšdre” (1967) | AndrĂ© Boucourechliev, “Archipel I Ă  IV, Anarchipel” (1967-1970) | Iannis Xenakis, “Polytopes” (1967-1978) | Karlheinz Stockhausen, “Stimmung” (1968) | György Ligeti, “Continuum” (1968) | Pierre Henry, “L’Apocalypse de Jean” (1968) | Luciano Berio, “Sinfonia” (1968-1969) | Frank Zappa, “Uncle Meat” (1969) | François Bayle, “JeĂźta ou Murmure des eaux” (1970) | Pink Floyd – Ron Geesin, “Atom Heart Mother” (1970) | Mauricio Kagel, “Acustica” (1970) | George Crumb, “Black Angels” (1970) | Henri Dutilleux, “Tout un monde lointain
” (1970) | Luc Ferrari, “Presque rien n°1 Ă  4” (1970-1998) | Toru Takemitsu, “In an Autumn Garden” (1973, “1979) | GĂ©rard Grisey, “Les Espaces acoustiques” (1974-1985) | Bernard Parmegiani, “De Natura Sonorum” (1975) | Steve Reich, “Music for Eighteen Musicians” (1976) | Philip Glass et Bob Wilson, “Einstein on the Beach” (1976) | Henryk Gorecki, “Symphonie n°3” (1976) | Alfred Schnittke, “Concerto grosso n°1” (1977) | Arvo PĂ€rt, “Tabula rasa” (1977) | John Chowning, “Stria” (1977) | Meredith Monk, “Dolmen Music” (1979) | Olivier Greif, “Sonate de requiem” (1979, rĂ©visĂ© 1992) | György KurtĂĄg, “Messages de feu Demoiselle R.V. Troussova” (1980) | Sofia GoubaĂŻdoulina, “Offertorium” (1980) | Pierre Boulez, “Repons” (1981-1984) | Jonathan Harvey, “Bhakti” (1982) | Tristan Murail, “DĂ©sintĂ©grations” (1982) | Witold Lutoslawski, “Symphonie n°3” (1983) | Morton Feldman, “String Quartet II” (1983) | Michel Redolfi, “Sonic Waters #2” (1983-1989) | Jean-Claude Risset, “Sud” (1985) | Magnus Lindberg, “Kraft” (1985) | György Ligeti, “Études pour piano” (1985-2001) | Brian Ferneyhough, “String Quartet n°3” (1987) | John Adams, “Nixon in China” (1987) | John Tavener, “The Protecting Veil” (1988) | John Zorn, “Naked City” (1990) | Thierry Escaich, “Esquisses 1-4” (1990-1993) | François-Bernard MĂąche, “Kengir” (1991) | Marco Stroppa, “Miniature estrose” (1991-2001) | Hanspeter Kyburz, “Cells” (1994) | Philippe Manoury, “En Ă©cho” (1994) | Michael Jarrell, “Cassandre” (1994) | Kaija Saariaho, “ChĂąteau de l’ñme” (1995) | Wolfgang Rihm, “Jagden und Formen” (1995-2001) | Christian ZanĂ©si, “Arkheion” (1995-1996) | PĂ©ter Eötvös, “Trois SƓurs” (1997) | Thomas AdĂšs, “Asyla” (1997) | Xu Yi, “Le Plein du Vide” (1997) | Pascal Dusapin, “Dona eis” (1997) | Charlemagne Palestine, “Schlongo!!!daLUVdrone” (1998) | Fausto Romitelli, “Professor Bad Trip, Lessons I-III” (1998-2000) | Olga Neuwirth, “Clinamen – Nodus” (1999) | Bruno Mantovani, “La Morte Meditata” (1999) | Helmut Lachenmann, “Quatuor Ă  cordes n°3 Grido” (2001) | Toshio Hosokawa, “Re-turning” (2001) | Aphex Twin, “Drukqs” (2001) | Steve Reich – Beryl Korot, “Three Tales” (2002) | Emmanuel Nunes, “Improvisation II – Portrait” (2003) | Georges Aperghis, “Avis de tempĂȘte” (2004) | Klaus Huber, “
à l’ñme de descendre de sa monture et aller sur ses pieds de soie
” (2004) | Björk, “Medulla” (2004) | Martin Matalon, “Traces I-VII” (2004-2008) | Nico Muhly, “Bright Mass with Canons” (2005) | Samuel Sighicelli, “MarĂ©e noire” (2005) | Saed Haddad, “Les Deux Visages de l’Orient” (2006) | RaphaĂ«l Cendo, “DĂ©combres” (2006) | Heiner Goebbels, “Stifters Dinge” (2007) | Beat Furrer, “Concerto pour piano” (2007) | Ivan Fedele, “En archù” (2008) | Alberto Posadas, “Liturgia Fractal” (2008) | Matthias Pintscher, “sonic eclipse” (2010) | Zad Moultaka, “Zajal” (2010) | Anthony Braxton, “Composition n°272” (2011) | Salvatore Sciarrino, “Cantiere del poema” (2011) | Kasper T. Toeplitz, “Inoculate?” (2011) | Philippe Hersant, “Instants limites” (2012) | George Benjamin, “Written on Skin” (2012) | Enno Poppe, “Filz” (2014)

Lisez l’article sur le site Musique Contemporaine

Jean Huber
Musique contemporaine 28 août 2017

- Découvrir la musique du 20e siÚcle

Faire dĂ©couvrir la diversitĂ© des oeuvres importantes du 20e siĂšcle, tel est le but des deux premiers tomes d’un ouvrage qui en comprendra trois, parus aux Ă©ditions Le mot et le reste.

Dans ses présentations, en général sur trois à six pages, de 123 oeuvres emblématiques des années 1882 à 1962 (tome 1) et 1963
Ă  1989 (tome 2), Guillaume Kosmicki ne se contente pas seulement d;une approche vivante des compositeurs et des oeuvres choisies, il les replace Ă©galement dans leur Ă©poque et en relation tant avec le passĂ© qu’avec le futur. Pensant que “tout artiste est forcĂ©ment le fruit de son Ă©poque et de la sociĂ©tĂ© dans laquelle il s’inscrit ou refuse de s’inscrire”, il fait preuve d’ouverture d’esprit face aux diffĂ©rentes esthĂ©tiques qui forment la richesse de la musique du 20e siĂšcle. Le but de l’auteur n’est pas l’exhaustivitĂ© (on n’y trouvera par exemple ni Sibelius, ni Szymanowski, ni Nancarrow), mais de brosser un vaste panorama (de Liszt Ă  Tavener, de Joplin Ă  Pan, en passant
par Cage, Xenakis, Ligety ou Grisey) d’un siĂšcle oĂč la musique s’est diversifiĂ©e Ă  l’extrĂȘme. Un Ă©quilibre a Ă©tĂ© recherchĂ© dans le premier volume entre les diffĂ©rents genres prĂ©sentĂ©s : opĂ©ra, ballet, musique de chambre, musique symphonique, oeuvres pour piano, oeuvres vocales. Le second volume reflĂšte Ă©galement l’éclatement des genres et l’ouverture progressive des frontiĂšres vers d’autres musiques.

Aucune analyse froide ou hermĂ©tique, car le but recherchĂ© reste de faire dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir des jalons essentiels de la musique savante occidentale, et cela aussi bien aux musiciens ou mĂ©lomanes qu’aux nĂ©ophytes.
Pour ces derniers, un glossaire des principaux termes musicaux utilisĂ©s se trouve Ă  la fin de l’ouvrage. AprĂšs avoir mis l’eau Ă  la bouche du lecteur, Guillaume Kosmicki propose une version sur disque de chaque piĂšce analysĂ©e ainsi qu’un choix complĂ©mentaire d’oeuvres Ă  Ă©couter. Dans de vastes introductions Ă  chaque pĂ©riode, l’auteur fait preuve de talent pour dĂ©crire le contexte historique, sociologique et culturel, de mĂȘme que les grands mouvements sous-jacents qui tissent la trame dans laquelle s’insĂšrent les compositeurs et leurs oeuvres.

Laurent Mettraux
Revue Musicale Suisse-Romande Décembre 2015

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Sorti fin 2012, ce premier tome se prĂ©sente Ă  juste titre comme « une porte d’entrĂ©e solide » aux musiques dites savantes Ă  travers la prĂ©sentation de plus de soixante-dix Ɠuvres et compositeurs rĂ©partis en cinq pĂ©riodes, le tout trĂšs justement introduit et complĂ©tĂ© par un indispensable glossaire, un index des compositeurs, d’importantes bibliographie et webographie, ainsi qu’un appel Ă  frĂ©quenter les bibliothĂšques, disquaires et concerts. De Debussy au mur de Berlin, pour chacune des Ɠuvres chroniquĂ©es, Guillaume Kosmicki prĂ©sente tour Ă  tour : la biographie, la formation et les influences du compositeur, les caractĂ©ristiques, la mise en Ɠuvre et interprĂ©tations de ses compositions, la progression narrative et la succession instrumentale du morceau choisi. Sans jamais cĂ©der Ă  l’anecdote, et parfois en termes trĂšs techniques, il permet ainsi au lecteur d’aborder les musiques savantes par diffĂ©rents biais et lectures — linĂ©aire ou transversale, historique ou musicale – en fonction de ses connaissances et centres d’intĂ©rĂȘt.

« De l’écriture, tout dĂ©coule », et notamment cette « exigence de recherche et de composition » caractĂ©ristique des musiques savantes ainsi que son appartenance historique Ă  une Ă©lite et leur opposition Ă  l’oralitĂ© de la culture populaire. A travers une longue introduction, Guillaume Kosmicki parvient Ă  nous rĂ©sumer l’évolution millĂ©naire de cette « musica reservata » consacrĂ©e au XIXe par l’établissement de trois catĂ©gories — savantes, populaires et traditionnelles – subjectives et bouleversĂ©es au siĂšcle suivant au grĂ© des usages, de la technique, et surtout de l’Histoire et de sa marche vers la marchandisation. Une Ă©volution menant Ă  la prĂ©dominance du timbre dans la composition, « seul langage commun qui resort vĂ©ritablement des cent derniĂšres annĂ©es, toutes musiques confondues ».

Didactique, historique, proposant Ă  la curiositĂ© du lecteur, du mĂ©lomane, du musicien ou du compositeur, tout autant de rĂ©ponses que de questions, Musiques savantes se rĂ©vĂšle ĂȘtre une mine d’or pour qui s’intĂ©resse au travail de composition. A la conception du gĂ©nie qui, tel Bach, dĂ©clare « ça leur plaira plus tard » et se voit le plus souvent considĂ©rĂ© « en avance sur son temps », Guillaume Kosmicki rĂ©pond — conscient que cette position est aussi celle de notre Ă©poque — « Nous n’adhĂ©rons pas Ă  ce type de dĂ©finition, car tout artiste est forcĂ©ment le fruit de son Ă©poque et de la sociĂ©tĂ© dans laquelle il s’inscrit (ou refuse de s’inscrire, ce qui revient au mĂȘme) quand bien mĂȘme il n’est pas compris immĂ©diatement par le plus grand nombre » comme l’illustre la rĂ©ception de l’incontournable Sacre du printemps de Stravinsky, choquant en 1913 et triomphant en 1914.

MĂ©lomane, Ă  dĂ©faut encore d’ĂȘtre musicien, Ă©crivain et chroniqueur, c’est avec bonheur en rĂ©sumĂ© que je me suis plongĂ© dans cette vĂ©ritable bible musicale consacrĂ©e Ă  la crĂ©ation et Ă  ces musiques aux multiples aspĂ©ritĂ©s, dĂ©couvertes au lycĂ©e grĂące Ă  un professeur d’histoire passionnĂ© et Ă  cĂŽtĂ© desquelles j’étais passĂ© en rĂ©alitĂ©. Encore tout cela n’est-il qu’un aperçu des richesses offertes par ces incontournables Musiques savantes que je vous invite Ă  dĂ©couvrir par vous mĂȘme en compagnie du passionnant ouvrage de Guillaume Kosmicki. Quant Ă  moi je vous donne rendez-vous dans deux semaines avec Moondog qui Ă©tonnamment n’y figure pas – peut-ĂȘtre verrons-nous pourquoi – Ă  l’occasion de la confĂ©rence d’Amaury Cornut intitulĂ©e Moondog Ă  travers le XXe siĂšcle.

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Eric Darsan
Ericdarsan.blogspot.com 1 Avril 2015

- Guillaume Kosmicki Musiques savantes – De Debussy au mur de Berlin (1882-1962)

En ce dĂ©but de XXIe siĂšcle, nombre de musicographes souhaitent rendre compte de ce qu’était la musique durant les dix dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes. Il y a cinq ans, par exemple, Jean-Yves Bras proposait sa vision des diffĂ©rents courants musicaux de l’époque [lire notre critique de l’ouvrage], tandis que, dĂ©jĂ  auteur d’un livre essentiel sur les musiques Ă©lectroniques [lire notre critique de l’ouvrage], Guillaume Kosmicki fait aujourd’hui l’inventaire des musiques savantes apparues entre 1882 et 1962. Le pluriel se justifie car, libĂ©rĂ© d’une transmission orale qui nĂ©cessitait une certaine stabilitĂ© – « trop changer, c’est oublier » – et dĂ©sormais liĂ© au dĂ©veloppement de l’écriture, l’art musical ne peut qu’évoluer et se diversifier, de surcroĂźt lors d’une pĂ©riode riche en dĂ©veloppements technologiques (radio, disque, Ă©lectroacoustique, etc.).

Kosmicki a sĂ©parĂ© la tranche temporelle abordĂ©e en plusieurs autres, introduites par quelques pages d’histoire politico-artistique. « Point de couture entre les siĂšcles », 1880-1905 voit la bourgeoisie cultiver la libertĂ© individuelle propice aux entreprises de spectacle, mais aussi au romantisme, Ă  l’impressionnisme, au vĂ©risme, Ă  l’expressionnisme, etc. En 1905-1918, tandis que les États-Unis connaissent leurs premiers compositeurs d’envergure (Ives, Cowell), la modernitĂ© souffle sur une Europe bientĂŽt traumatisĂ©e (atonalitĂ©, Ballets russes, etc.), tentĂ©e par un nĂ©o-classicisme rassurant. L’entre deux-guerres, 1818-1939, ouvre la voie Ă  des innovations dadaĂŻstes, dodĂ©caphoniques ou prolĂ©tariennes (Neue Sachlichkeit, Gebrauchsmusik, etc.) – mais aussi au terme d’entarte Musik (musique dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e) dont beaucoup de reprĂ©sentants involontaires perdent la vie entre 1939 et 1945, quand d’autres crĂ©ateurs rĂ©sistent ou se compromettent – comme l’évoquait encore rĂ©cemment Michael Hans Kater [lire notre critique de l’ouvrage]. « Reconstruire un monde » aprĂšs d’innombrables gĂ©nocides (Japon, Pologne, Allemagne, etc.), c’est ce qui va occuper la gĂ©nĂ©ration de 1925 en 1945-1962 – ou, si l’on prĂ©fĂšre, « reconquĂ©rir [
] les diffĂ©rents stades de l’écriture », comme l’écrit Boulez (1952). Paradoxalement, c’est une pĂ©riode de rupture avec le grand public, sĂ©duit par d’autres musiques moins cĂ©rĂ©brales – tel le jazz, au carrefour des expressions traditionnelles, populaires et savantes, auquel Kosmicki accorde sa place –, voire seulement dansantes. À l’Est, les compositeurs Ă©voluent en vase clos tandis que l’avant-garde de l’Ouest cultive son identitĂ© nationale loin de Darmstadt.

L’originalitĂ© de ce calendrier musical est de prĂ©senter une Ɠuvre par an – grosso modo, bien sĂ»r, puisque les annĂ©es 1883 Ă  1889 ne sont pas illustrĂ©es, tandis que Mathis der Maler, Porgy and Bess et le Concerto Ă  la mĂ©moire d’un ange sont créés tout trois en 1935, de mĂȘme que Metastaseis, Le marteau sans maĂźtre et DĂ©serts en 1954. Le choix est inĂ©vitablement subjectif, quoique emblĂ©matique des bouleversements en cours. On ne s’étonnera pas de voir au moins deux fois le nom de certains qui ont conçu des chefs-d’Ɠuvre dans la mĂȘme poignĂ©e d’annĂ©es (Cage, Debussy, Messiaen, Prokofiev, Schaeffer) ou sur le long terme (BartĂłk, Berg, Britten, Hindemith, Ravel, Schönberg, Stravinsky, VarĂšse, Webern). Sachant qu’un second volume se prĂ©pare (1962-2012), il est probable de voir rĂ©apparaĂźtre les noms de Berio, Boulez et Ligeti


En deux ou trois pages, l’Ɠuvre est inscrite dans son temps, ainsi que les recherches de son crĂ©ateur Ă  la vie rapidement brossĂ©e : Liszt Ă©mancipe la dissonance, Franck profite des qualitĂ©s du grand orgue romantique, FaurĂ© dĂ©veloppe la mĂ©lodie de salon, Puccini renonce aux standards italiens, Janáček soigne la psychologie de drames intĂ©rieurs, BartĂłk collecte les chants paysans, Cowell invente le cluster, Strauss explore l’expressivitĂ© en amont de Schönberg, Mahler incarne le dernier romantique et Ravel un apĂŽtre du piano moderne, Ives s’intĂ©resse Ă  la spatialisation et Satie Ă  la « musique d’ameublement », Hindemith et Falla lorgnent les modĂšles passĂ©s tandis qu’Honegger et Antheil exploitent la richesse du quotidien, ou Milhaud les accents venus d’ailleurs – on pourrait encore citer Kƙenek, BarraquĂ© ou Partch [lire notre dossier], moins attendus, que nous sommes heureux de ne pas voir oubliĂ©s.

« Porte d’entrĂ©e solide » Ă  tous les curieux (avec glossaire et conseils d’écoute) ou, pour le spĂ©cialiste, alternative Ă  une approche souvent thĂ©matique du XXe siĂšcle, le fabuleux travail de Guillaume Kosmicki enrichit la culture de chacun et nourrit ses envies de (re)dĂ©couvertes.

Musiques Savantes – Anaclase

Laurent Bergnach
Anaclase

- Musiques savantes T.2 - À venir

AprĂšs s’ĂȘtre penchĂ© sur le cas des free parties, des musiques Ă©lectroniques et sur celui des musiques “savantes” de 1882 Ă  1962 dans un premier tome, le musicologue morbihannais Guillaume Kosmicki s’attaque dĂ©sormais Ă  la pĂ©riode contemporaine. Dans Musiques savantes : De Ligeti Ă  la fin du monde, et aprĂšs
 1963 – 2013, titre de son quatriĂšme ouvrage dont la sortie est prĂ©vue en mai 2014, l’auteur s’intĂ©resse Ă  l’évolution des “musiques savantes”. DerriĂšre ce barbarisme se cache ‘notamment la musique classique contemporaine mais pas que. Le jazz peut en faire partie Ă©galement”, prĂ©cise le pensionnaire de l’Orchestre de chambre de Vannes.
Dans son futur ouvrage, Guillaume Kosmicki croisera son objet d’étude avec le contexte historique. DĂ©colonisation, fin de la Guerre froide, mondialisation
 “Cette musique Ă©volue avec son temps et demeure actuelle aujourd’hui encore.” TĂ©moignages d’artistes et mise en relief de soixante-dix Ɠuvres complĂ©teront son propos. Que les mĂ©lomanes morbihannais se rassurent, “ce sera un ouvrage de vulgarisation, Ă  la portĂ©e de tous”.

Le Mensuel du Golfe Octobre - Novembre 2013

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Voici un livre Ă©rudit, qui prĂ©sente environ quatre-vingts Ɠuvres de musiques savantes au pluriel et remarquables selon l’auteur, composĂ©es dans une pĂ©riode comprise entre 1882 et 1962. Ce qui est dĂ©jĂ  d’une certaine originalitĂ© au regard des pĂ©riodisations scolaires traditionnelles.

Contrairement Ă  la vague positiviste illustrĂ©e par l’aventure WikipĂ©dia, c’est un livre rĂ©digĂ©, non seulement l’auteur a un point de vue sur les Ɠuvres qu’il prĂ©sente, mais encore, les organise-t-il dans une vaste fresque et en moments privilĂ©giĂ©s, justifiĂ©s par une rĂ©flexion personnelle.

Donc un livre Ă©rudit, mais aussi un livre savant, puisqu’on y rĂ©flĂ©chit et qu’on y problĂ©matise. C’est un livre d’auteur.

Peut-ĂȘtre “Guide des musiques savantes” aurait-il Ă©tĂ© un titre plus judicieux. Car, mĂȘme s’il discute cette idĂ©e de musique savante, qu’il en montre les limites et l’illogisme, l’auteur ne fait pas ce qu’il devrait faire : s’en dĂ©barrasser radicalement. Ce qui Ă©viterait de dĂ©placer sans fin cette aporie et d’en plomber les questions de l’élitisme ou du populaire, de l’écriture ou de l’oralitĂ©. D’autant qu’en art, la conception et l’accueil du public ne sont pas consubstantiels.

Guillaume Kosmicki donne corps Ă  deux idĂ©es fortes. D’une part la musique est pour lui comme une analogie de la vie sociale. Une des richesses de ce livre est de considĂ©rer la musique comme un Ă©lĂ©ment des dynamiques historiques. D’autre part il associe savant et Ă©criture.

C’est donc Ă  juste titre que des Ɠuvres de Duke Ellington, Louis Armstrong, ou Thelonious Monk figurent au catalogue, tout comme celle du fabuleux Harry Partch, trop original, Ă©voquant trop la culture indienne amĂ©ricaine pour espĂ©rer quelque reconnaissance. Mais dans cette optique de dĂ©senclavement, des compositeurs comme JĂłzsef Kozma, Paul Delmet, ou Gus Viseur, voire Boris Vian ou Django Reinhardt, illustrant d’importants courants musicaux, depuis la musique de film jusqu’au musette swing, en passant pas la chanson, auraient eu une entiĂšre lĂ©gitimitĂ© Ă  ĂȘtre Ă©voquĂ©s.

Si j’apprĂ©cie au plus haut point la volontĂ© de placer le propos et la documentation Ă©rudite dans une dynamique historique, je relĂšve toutefois quelques simplifications, qui ne sont pas le fait de l’auteur, mais des manuels d’histoire de la musique. L’écriture n’est pas fondamentalement Ă©litiste. Au dĂ©part, elle est confiĂ©e Ă  des employĂ©s (il y a toujours des employĂ©s aux Ă©critures), et les philosophes grecs enseignent oralement. Au IXe siĂšcle, l’apparition des neumes n’est pas celle de l’écriture de la musique, mais de sa sacralisation Ă  l’église (lire Olivier Cullin Ă  ce propos). Il est vrai que la pratique de la notation neumĂ©e va se fondre avec l’apparition de la notation musicale et en effet — chose extraordinaire — on va pouvoir concevoir la composition musicale et sa transmission de maniĂšre conceptuelle, mais ce n’est pas ce qui lui donne un caractĂšre savant ou, ce qui n’est pas la mĂȘme chose, Ă©litiste (il y avait des pratiques musicales savantes avant le IXe siĂšcle). Cela dĂ©pend de l’usage social auquel est destinĂ©e la musique, et de la confusion entre notation musicale et Ă©criture sĂ©mantique, qui ferait de la musique un art Ă  comprendre plus qu’à Ă©couter. En fait on est entre arts bruts, par exemple avec les recherches (sophistiquĂ©es) de John Cage, ou un Harry Partch, et l’harmonie des sphĂšres, avec par autre exemple les Structures de Boulez. De ce point de vue, des compositeurs voulant tenir les deux bouts, comme AndrĂ© Jolivet, Henri Tomasi, voire Jean Françaix, absents du panorama auraient Ă©tĂ© bienvenus.

Si la musique, comme tout art est un Ă©lĂ©ment des dynamiques historique, je ne pense pas qu’elle en soit une analogie, mais plutĂŽt une Ă©manation fantasmagorique (un Ă©lĂ©ment de la superstructure de la sociĂ©tĂ© selon Karl Marx). C’est ici, une autre source des quelques simplifications, Ă  mon sens, que j’ai relevĂ©es. Par exemple, on ne peut pas dire que le Romantisme soit l’art bourgeois par excellence, parce que les caractĂšres musicaux du romantisme (lesquels en vrai ?) correspondent aux caractĂšres sociaux et existentiels de la bourgeoisie.

C’est pourquoi le titre du livre met le mur de Berlin au regard de Claude Debussy, Ă©galitĂ© entre Ă©vĂ©nement politique et Ă©vĂ©nement musical. De ce point de vue, je me mĂ©fierais en faisant de l’histoire, de la mĂ©moire collective issue de la guerre froide. Personnellement, je ne reprendrais pas sans Ă©tude critique, la rengaine du Chostakovitch « subissant les foudres du Parti et de la censure », pas seulement parce qu’il fut un compositeur particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© et cĂ©lĂ©brĂ©, mais il faudrait ce faisant, pour que cela ait un sens autre que seulement antisoviĂ©tique, rĂ©flĂ©chir Ă  ce qu’est la libertĂ© de crĂ©ation en gĂ©nĂ©ral, aux politiques de programmation, aux dictats acadĂ©miques y compris en France (en passant : Ă  l’interdiction des rassemblements technos). Se demander pourquoi on se rĂ©gale sans restriction des musiques du XVIIe siĂšcle, Ɠuvres de compositeurs assujettis aux princes et Ă  l’église, et pourquoi, par exemple, Ă  propos de Thelonious Monk, on Ă©voque seulement dans ce livre des oppositions entre noirs et blancs, alors que les noirs Ă©taient privĂ©s de droits civiques. Je ne suis pas contre, a priori, l’idĂ©e que la sujĂ©tion, la privation de libertĂ©s, voire l’esclavage, aient motivĂ© des crĂ©ations artistiques de qualitĂ©, et que lĂ , l’intolĂ©rance fut catastrophique, surtout quand il s’agit de l’Ɠuvre gĂ©niale de Chostakovitch : il faut y aller voir.

Un livre Ă©rudit, rĂ©digĂ©, savant
 et qui fait discuter, une raretĂ© dont il faut profiter, le temps n’étant pas Ă  cet air.

Jean-Marc Warszawski
Musicologie.org 31 janvier 2013

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Guillaume Kosmicki Ă©tait l’invitĂ© de La Matinale pour parler de son nouvel ouvrage : MUSIQUESSAVANTES, DE DEBUSSY AU MUR DE BERLIN (1882-1962). Tome 1

Podcast en écoute ICI

Christophe Bourseiller
France Musique // La Matinale 30 janvier 2013

- Premier XXe

Difficile de rĂ©unir au sein d’un mĂȘme ouvrage la totalitĂ© d’un vingtiĂšme siĂšcle musical plus que plĂ©thorique ? Guillaume Kosmicki et les Ă©ditions Le Mot et le Reste s’en sont chargĂ©s. En attendant le second volume qui couvrira les annĂ©es soixante Ă  nos jours, Musiques Savantes, de Debussy au mur de Berlin (1882-1962), offre de multiples portes d’entrĂ©es Ă  tous les amateurs curieux et mĂ©lomanes soucieux de parfaire leurs connaissances. ArticulĂ© en cinq grandes parties introduites par un prĂ©ambule historique, l’ouvrage fonctionne par entrĂ©es prĂ©sentant Ɠuvres remarquables, emblĂ©matiques ou indispensables Ă  la comprĂ©hension d’une Ă©poque, d’un courant artistique. Avec ce type de lecture ludique et ingĂ©nieuse, la multiplicitĂ© des musiques dites savantes ne s’impose pas comme un kalĂ©idoscope complexe mais comme un puzzle sonore facile Ă  composer et Ă  comprendre. Une belle rĂ©ussite.

Article Ă  retrouver ICI

Frédéric Isoletta
Zibeline Février 2013

- Musiques savantes 1882-1962

Un guide bienvenu, car plutÎt rare, sur les musiques du XXe siÚcle, qui part de Debussy, fait une pause sur les deux guerres (qui voient la confrontation des styles, entre Falla, Berg, Mossolov, VarÚse, Cage et Monk
) et se fixe, malheureusement un peu trop, sur les Modernes des années 1950 et 1960. Le demi-siÚcle manquant est annoncé dans un second volume.

Pierre Massé
Classica février 2013

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

SpĂ©cialiste rĂ©putĂ©, auteur de l’excellent Musiques Ă©lectroniques, des avant-gardes aux dance floors, le musicologue Guillaume Kosmicki propose aujourd’hui aux Ă©ditions Le Mot et le Reste un ouvrage traitant des musiques Ă©crites occidentales qui, outre son historiographie trĂšs documentĂ©e, trace un parcours amoureux au cƓur d’une musique jugĂ©e parfois radicale Ă  sa crĂ©ation et pourtant souvent devenue universelle. Il prĂ©sente pour cela soixante-treize Ɠuvres classĂ©es en six pĂ©riodes distinctes, liĂ©es aux Ă©vĂ©nements mondiaux qui ont morcelĂ© le siĂšcle en question et courent de La lugubre gondole de Frantz Liszt au War Requiem de Benjamin Britten.

AprĂšs avoir dĂ©fini ce qu’il entend par « musiques savantes » et les distances qu’il convient pourtant de prendre avec cette expression imparfaite, utilisĂ©e faute de mieux, il envisage de maniĂšre linĂ©aire la fĂ©conditĂ© d’une pĂ©riode oĂč l’on trouve, comme il l’écrit, « une diversitĂ© stylistique encore jamais rencontrĂ©e dans l’histoire de la musique ». De l’approche inĂ©dite du timbre Ă  l’introduction de l’électroacoustique et mĂȘme du jazz, cet ouvrage ausculte en profondeur tout ce qui constitue le langage des musiques exigeantes de notre temps. L’auteur raccroche l’univers des compositeurs aux rĂ©alitĂ©s de l’Histoire : exil et oppression pour Hindemith lorsqu’il Ă©crit Mathis der Maler en 1935, propagande pour Chostakovitch lorsqu’il compose sa Symphonie n°7 « Leningrad » sous les bombes en 1941
 Mais aussi scandales et rĂ©volution de Stravinski et son Sacre du printemps, jusqu’au DĂ©serts de VarĂšse, auquel Kosmicki voue une sincĂšre – et bien comprĂ©hensible – admiration. Chaque Ɠuvre dispose d’une entrĂ©e indĂ©pendante oĂč une large part est faite Ă  la didactique et Ă  la critique. Servi par une Ă©criture fluide, l’ensemble est envisagĂ© avec beaucoup de passion et permettra mĂȘme aux lecteurs les plus pointus de trouver les clĂ©s nĂ©cessaires Ă  la dĂ©couverte de Mossolov, ou de Scelsi.

Et le jazz dans tout ça ? Il est partout, rĂ©pondra le provocateur. L’auteur a l’excellente idĂ©e de ne pas cloisonner les musiques au profit de LA musique, qui s’irrigue dans cette pĂ©riode, bien plus que dans d’autres, de l’ensemble de ses vaisseaux. On retrouve ainsi Ellington (Ko-Ko) bien assis entre John Cage et Luigi Dallapicola ou encore Monk (’Round Midnight) Ă  la suite de Prokofiev
 Mais aussi, de loin en loin, l’influence de cette musique sur Satie, Berio, et bien sĂ»r Bernstein et Gershwin. Cet ouvrage est d’ailleurs indispensable Ă  ceux qui voudraient comprendre ce qui pĂ©trit largement le jazz contemporain. Un second tome est en prĂ©paration, qui Ă©voquera la pĂ©riode allant de 1962 Ă  nos jours
 Prenons dĂ©jĂ  les paris : Coltrane ? Zappa ? Aphex Twin ? Levinas ? Braxton ? Les choix seront sans doute cornĂ©liens. On en salive d’avance !

CITIZENJAZZ

Franpi Barriaux
Citizen Jazz 21 Janvier 2013

- Guide de survie dans la jungle du XXe siĂšcle

Guillaume Kosmicki propose un parcours musical Ă  l’usage des mĂ©lomanes curieux.
Qui a encore peur de la musique moderne? Avec l’avĂšnement du disque, puis de la radio et plus encore d’internet, le XXe siĂšcle a rapprochĂ© l’art musical savant et les pratiques plus intuitives de la musique populaire. La technologie a bouleversĂ© les habitudes d’écoute, la rapiditĂ© de diffusion des musiques mĂȘme les plus obscures, aussi bien que la composition elle-mĂȘme. RĂ©sultat: les barriĂšres entre les styles tombent, les limites des genres deviennent floues, les esthĂ©tiques se mĂ©langent, l’écoute se «mondialise». L’heure est au remix global, et la «gĂ©nĂ©ration electro» n’hĂ©site plus dĂ©sormais Ă  mettre cĂŽte Ă  cĂŽte sur ses platines ou ses playlists le souffle hypnotique de Miles Davis, les illusions sonores de György Ligeti, les incantations instrumentales de Mulatu AstatqĂ© et les martĂšlements entĂȘtants de Squarepusher.
Les mĂ©lomanes qui ont biberonnĂ© aux vinyles improbables et aux MP3 de toutes provenances recherchent avant tout l’excitation de nouveaux territoires Ă  dĂ©fricher. Mais comment s’y retrouver dans la joyeuse cacophonie des styles du XXe siĂšcle? MalgrĂ© son titre austĂšre, Musiques savantes, de Debussy au Mur de Berlin 1882-1962 de Guillaume Kosmicki ouvre des pistes utiles pour explorer cette fascinante et labyrinthique pĂ©riode de l’histoire de la musique.
PlutĂŽt qu’une «somme exhaustive» mais Ă  la lecture facilement «dĂ©courageante», le jeune chercheur prĂ©fĂšre proposer une forme plus accessible: une sĂ©lection de septante-trois Ɠuvres reprĂ©sentatives d’autant de courants diffĂ©rents dans la musique du XXe siĂšcle (et de la toute fin du XIXe siĂšcle). Chacune est briĂšvement commentĂ©e et inscrite dans le parcours crĂ©atif de son compositeur. ForcĂ©ment subjective, d’une ambition Ă  la fois vaste et mesurĂ©e, l’approche de Guillaume Kosmicki souhaite offrir une «porte d’entrĂ©e» aux «amateurs curieux mais encore timides vis-Ă -vis de ce monde musical singulier», et elle y parvient.
Aux cĂŽtĂ©s des titres incontournables, Sacre du printemps, Pierrot lunaire et autre BolĂ©ro, le choix abonde en musiques «charismatiques», susceptibles d’avoir un impact immĂ©diat sur les oreilles curieuses: du Ballet mĂ©canique de George Antheil aux percussions de Ionisation d’Edgar VarĂšse, en passant par le piano prĂ©parĂ© de John Cage, les rythmes machinistes d’Alexandre Mossolov ou la musique concrĂšte de Pierre Schaeffer.
PAS D’EXCLUSION
Loin de ne s’intĂ©resser qu’aux avant-gardistes, Guillaume Kosmicki rappelle que le lyrisme appuyĂ© de Barber, Bernstein ou Britten a pu cohabiter avec les Ă©pines sonores de BarraquĂ©, Boulez, Stockhausen ou Xenakis, sans que ces esthĂ©tiques si radicalement opposĂ©es ne s’excluent mutuellement. Et si au moins une figure majeure brille par son absence (Sibelius!), quelques incursions du cĂŽtĂ© de la note bleue viennent souligner Ă  quel point une musique d’origine populaire comme le jazz a pu s’élever au rang d’art et contribuer au rapprochement actuel entre les genres. L’apprenti mĂ©lomane trouvera dans Musiques savantes de quoi apaiser sa soif de nouveautĂ©. Le second tome, Ă  paraĂźtre, prolongera l’invitation Ă  la curiositĂ© jusqu’à nos jours. Un livre pour ne pas Ă©couter idiot.

LE COURRIER

Luca Sabbatini
Le Courrier 22 décembre 2012

- MUSIQUES SAVANTES, PORTE D'ENTRÉE

Sous le titre de Musiques savantes, ce livre embrasse un champ de recherche trĂšs large qui s’étend de la fin du XIXe siĂšcle jusqu’à la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle. Exactement quatre-vingts ans caractĂ©risĂ©s par la diversitĂ© musicale et deux Ă©vĂ©nements historiques importants : la mondialisation consĂ©quente Ă  la fin du romantisme Ă  la construction du mur de Berlin.

Raconter en environ quatre cent pages les diversitĂ©s stylistiques de ces annĂ©es, encadrer les frontiĂšres des nouveaux langages musicaux, diffĂ©rencier les genres musicaux et faire un choix de compositeurs Ă  prĂ©senter Ă  travers une ou deux Ɠuvres de rĂ©fĂ©rence, n’était a priori pas simple. MalgrĂ© tout, le musicologue Guillaume Kosmicki dĂ©jĂ  auteur de Musique Ă©lectroniques, des avant-gardes aux dance floors pour les Ă©ditions Le Mot et le Reste, offre une somme, bien entendu, non exhaustive des recherches musicales les plus significatives.

Le livre prĂ©sente une sĂ©lection chronologique des Ɠuvres les plus reprĂ©sentatives des courants musicaux et les plus emblĂ©matiques des crĂ©ations des compositeurs. Le choix Ă©tant subjectif, l’auteur prĂ©cise bien, dans l’introduction Ă  cet ouvrage qu’il convient de prendre ses suggestions pour ce qu’elles sont : une piste qui pousse les amateurs timides Ă  se familiariser avec ce siĂšcle hĂ©tĂ©rogĂšne, et une porte Ă  franchir pour les plus curieux assoiffĂ©s de connaissances. Il faut donc se mĂ©fier du titre un peu obscur et vaguement Ă©litisme, car Musiques savantes prend en considĂ©ration beaucoup de rĂ©pertoires se dĂ©marquant tout simplement des musiques populaires. A cĂŽtĂ© des Ragtimes de Scott Joplin, on trouve en effet Tosca de Giacomo Puccini, Parade d’Erik Satie, Ecuatorial, DĂ©sert et Ionisation d’Edgar VarĂšse, Ko-ko de Duke Ellington, Round Midnight de Thelonious Monk, Cinq Etudes de bruits de Pierre Schaeffer etc. Une panoplie d’Ɠuvres, de styles et de compositeurs qui ont en commun la recherche sur le timbre. La derniĂšre Ɠuvre prĂ©sentĂ©e War Requiem de Britten, avec son hommage aux victimes du conflit mondial, encadre idĂ©alement une pĂ©riode d’horreur et ouvre sur de nouveaux horizons qui seront prĂ©sentĂ©s, par le mĂȘme auteur, dans le deuxiĂšme volume de Musiques Savantes.

RESMUSICA

FRANCESCA GUERRASIO
RES MUSICA 21 DÉCEMBRE 2012

- Livres de fin d'année

Encore une belle moisson de livres en cette fin d’annĂ©e Ă  offrir Ă  vos amis ou Ă  vous mĂȘme. Aux Ă©ditions Le mot et le reste, Guillaume Kosmicki explore dans « Musiques savantes » la diversitĂ© sans prĂ©cĂ©dent de la musique du XXe siĂšcle de Debussy Ă  Boulez jusqu’à Stravisky et Messian. De leur cĂŽtĂ©, les Ă©ditions Fetjaine font dans la diversitĂ© avec « Bowie les annĂ©es studio » de Paolo Hewitt qui prĂ©sente toute la carriĂšre et le gĂ©nie crĂ©atif du musicien camĂ©lĂ©on, « Desperate Rockwives » de Pierre Mikailoff qui raconte le destin de ces femmes qui unirent leur destin Ă  des vedettes du rock pour le meilleur ou pour le pire et un superbe coffret qui rend hommage au lĂ©gendaire groupe Led Zeppelin Ă  travers un livre illustrĂ© et des documents rares. Puis, aux Ă©ditions Camion Blanc, Chris Salewicz nous conte avec force dĂ©tail la vie de Bob Marley et son parcours atypique pour devenir le plus grand artiste de reggae de l’histoire et une icĂŽne emblĂ©matique. Dans deux ouvrages passionnants aux Ă©ditions Rivages, David Linskey nous relate dans « 33 rĂ©volutions par minute » la naissance de la protest-song moderne et les principaux hymnes qui ont accompagnĂ© les grands moments de l’histoire contemporaine. Retour en France avec les Ă©ditions du Cherche-Midi et l’ouvrage de Pascal Spizzo : « Cabrel par Cabrel » dans lequel le barde d’Astaffort se livre pour la premiĂšre fois sans dĂ©tours. Enfin, pour terminer ce tour d’horizon, dans « Profondeur de chant » (Ă©ditions de l’Archipel), Alain Wodraka analyse en dĂ©tail le cheminement artistique d’Yves Duteil qui fĂȘte quarante ans de chansons cette annĂ©e.

NOUVELLEVAGUE

Raymond Sérini
Nouvelle Vague 14 novembre 2012

- Wake Up Call - La Matinale

Ce matin-lĂ , Guillaume Kosmicki Ă©tait l’invitĂ© de la matinale de radio CANAL B et prĂ©sentait son ouvrage Musiques savantes. Une Ă©mission Ă  réécouter ICI

CANAL B

Juliana
CANAL B 1er NOVEMBRE 2012

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Glitch recommande aussi la lecture de Musiques savantes de Guillaume Kosmicki, paru ce mois ci dans l’excellente maison d’édition Le mot et le reste.

“GLITCH – LE MOUV”: http://www.lemouv.fr/diffusion-glitch-ep-9

ADRIEN LANDIVIER
Le Mouv' // Glitch 27 OCTOBRE 2012

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Dans un monde obsĂ©dĂ© par la simplification, oĂč l’amalgame entre savoir et Ă©litisme est monnaie courante, ce que l’on nomme « musiques savantes » fait parfois l’objet de mĂ©pris car bien souvent mĂ©connu. Si au dĂ©part, elles diffĂšrent des musiques dites populaires en cela qu’elles s’écrivent, elle n’en demeurent pas moins Ă  l’origine de la plupart des grands bouleversements esthĂ©tiques du siĂšcle dernier – dont il est principalement question ici. AprĂšs s’ĂȘtre fait remarquer grĂące Ă  Musiques Ă©lectroniques et, surtout, Free Party, une histoire, des histoires, le musicologue Guillaume Kosmicki nous invite Ă  revivre l’histoire et rebondit sur une sĂ©lection pertinente d’Ɠuvres – de Debussy Ă  Cage, de Stravinsky Ă  Schaeffer. L’ouvrage s’arrĂȘtant en 1962, un second tome est prĂ©vu afin de couvrir le spectre jusqu’à nos jours. On vous en reparle, car ce premier volet est d’ores et dĂ©jĂ  Ă  mettre dans toutes les mains.

VENTILO

Jordan SAÏSSET
VENTILO N°306 16 OCTOBRE 2012