Musiques populaires brésiliennes
Cet ouvrage se veut une prĂ©sentation de tout un pan de la musique brĂ©silienne, depuis la bossa nova de la fin des annĂ©es cinquante Ă nos jours, en passant par le tropicalisme, la pop, la soul, la samba-cançao et les divers courants qui ont pu animer la musique populaire du pays. Le choix des Ćuvres tout comme le ton adoptĂ© se veut accessible et pensĂ© pour les lecteurs curieux de dĂ©couvrir ce vaste univers musical.
Les chroniques sont prĂ©cĂ©dĂ©es dâune introduction qui prĂ©cise les pĂ©riodes et styles privilĂ©giĂ©s, et permet de les situer au sein dâun ensemble beaucoup plus vaste. LâĂ©volution de la musique populaire brĂ©silienne y est mise en perspective avec lâhistoire du pays, dont elle est indissociable, ainsi quâavec les grands courants du rock et du jazz, avec lesquels elle nâa cessĂ© dâentretenir un dialogue fructueux, entre absorption et rejet de lâinfluence extĂ©rieure.
De Chico Buarque Ă Seu Jorge en passant par Caetano Veloso et Jorge Ben, David Rassent contextualise lâartiste, son style, et Ă©tablit des parallĂšles avec des musiciens anglo-saxons, esquissant des points de repĂšres parfois plus familiers pour le lecteur.
Revue de presse
- Brésil avec LUCAS SANTTANA et DAVID RASSENT Mathieu Conquet France Culture // Continent Musiques 2 Mai 2015
- Cannibales adorés : la face cachée de la MPB Philippe Levreaud BibliothÚque(s) mars 2015
- Bookhouse boy : David Rassent, chroniqueur musical Le Feu sacré 16 février 2015
- MPB Guy Darol Jazz Magazine Août 2014
- MPB Sylvain Bertot Fake For Real 12 septembre 2014
- Livre de la semaine Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 7 septembre 2014
- Trois livres pour passer de belles vacances au pays de la Rétromanie Stéphane Deschamps Les Inrockuptibles 16 juillet 2014
- Brésiliennes ou expérimentales, des musiques au pied de la lettre Vincent Caffiaux Star Wax automne 2014
- MPB PAPERBOYS
- Brésil : Chantez maintenant Philippe Brochen Libération // Next 11 juillet 2014
- Petit précis de musiques brésiliennes Jean Rouzaud Novaplanet 9 juillet 2014
- Site personnel de l'auteur David Rassent Alfomega
Interview : David Rassent Maxime Delcourt So Foot 18 juin 2014
ââRetour vers le(s) futur(s) â Le continent musical brĂ©silien dâaujourdâhui et de demain, entre rĂ©invention de musiques existantes et Ă©laboration de nouvelles esthĂ©tiques.â Câest la thĂ©matique proposĂ©e pour une discussion ouverte Ă tous·tes, le samedi 14 juin Ă 18 h 30, Ă Toulouse, Ă la Prairie des filtres. Pays de grande envergure, caractĂ©risĂ© par un brassage continu de cultures et dâinfluences depuis sa crĂ©ation au XVIe siĂšcle, le BrĂ©sil abrite en son sein un paysage musical multicolore, trĂšs loin dâĂȘtre rĂ©ductible Ă ses deux styles iconiques (samba, bossa nova). Ă lâoccasion de lâĂ©dition 2025 de Rio Loco, une table ronde invite Ă explorer ce luxuriant paysage en croisant les paroles de plusieurs personnes expertes sur le sujet, chacune Ă sa maniĂšre. Deux protagonistes de la scĂšne brĂ©silienne actuelle, KirĂĄ (fils de Manu Chao) et Karla da Silva, vont ainsi partager leurs expĂ©riences avec les points de vue de Michelle Cano (sous rĂ©serve), directrice du festival pluridisciplinaire CoMA (Ă Brasilia), et de David Rassent, auteur du livre de rĂ©fĂ©rence Musiques populaires brĂ©siliennes (paru chez Le Mot et le Reste en 2014). La modĂ©ration est assurĂ©e par JĂ©rĂŽme Provençal, journaliste culture, qui travaille de longue date avec les Inrocks. La discussion a lieu la veille de la derniĂšre journĂ©e de Rio Loco (du 11 au 15 juin), largement dĂ©diĂ©e Ă la scĂšne brĂ©silienne, en lien Ă©troit avec la saison BrĂ©sil-France 2025. Ce sujet est vaste ! Ces autres articles vous aideront Ă lâapprofondir.Un sujet similaire est explorĂ© dans Le festival Rio Loco a illuminĂ© Toulouse une fois encore.DĂ©couvrez un autre aspect avec En Ă©coute : la playlist Rio Loco 2023 des Inrocks ! Vous trouverez un point de vue diffĂ©rent dans Rio Loco 2024 : une ode flamboyante Ă la MĂ©diterranĂ©e.Pour approfondir votre connaissance du sujet, dĂ©couvrez On y Ă©tait : Rio Loco 2023, un millĂ©sime haut en couleur et riche en ferveur.â
âBRESILâ avec le musicien et producteur Lucas Santtana et David Rassent qui vient de publier Musiques Populaires BrĂ©siliennes, Le Mot et le Reste)
David Rassent présente sa sélection de vinyles autour des musiques populaires brésiliennes puisés dans la réserve de la DiscothÚque de Radio France.
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Une introduction copieuse suivie dâune sĂ©lection commentĂ©e de 100 disques pour jalonner un parcours Ă travers la jungle des musiques populaires brĂ©siliennes, câest la formule dĂ©sormais classique de cette collection du Mot et le reste souvent vantĂ©e dans nos pages. Lâauteur crĂ©ateur dâun blog dĂ©volu Ă ces musiques, a la modestie de se prĂ©senter en amoureux du BrĂ©sil musical plutĂŽt quâen spĂ©cialiste, connaisseur du pays et musicologue patentĂ©.
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Jâattendais depuis longtemps quâun livre simple mais Ă©rudit paraisse en langue française sur la musique populaire BrĂ©silienne. Câest dĂ©sormais chose faite grĂące au travail de dĂ©frichage que David Rassent a rĂ©alisĂ© ces derniĂšres annĂ©es et que les Ă©ditions Le Mot & le Reste ont rĂ©cemment publiĂ©.
âMusiques Populaires BrĂ©siliennesâ se dĂ©ploie donc en deux parties : une longue introduction visant Ă replacer le BrĂ©sil dans toute sa complexitĂ© multiculturelle (la beautĂ© de la MPB, câest son impuretĂ© originelle), suivie de chroniques des cents disques incontournables â se dĂ©ployant entre 1954 et 2014 sans oublier aucun genre : forrĂł, samba-cançao, tropicalisme, bossa nova, etc. Pour ma part, ce sont surtout les annĂ©es 60 & 70 qui mâintĂ©ressent, et fort heureusement, elles occupent les Ÿ du livre.
Jâai donc spontanĂ©ment Ă©crit Ă David pour lui dire le bien que je pensais de son ouvrage et je mâaperçois â ĂŽ joie â quâil est Lyonnais, et quâil habite par dessus le marchĂ© Ă deux pas de chez moi. Que de bonnes raisons pour lui soumettre notre questionnaire des Bookhouse Boys afin de savoir un peu quels livres soutiennent cette Ă©rudition musicale.
On trouve quoi comme nouvelles acquisitions dans ta bibliothĂšque ?
Essentiellement des essais sur la musique : Bubblegum & Sunshine Pop â La confiserie magique de Jean-Emmanuel Deluxe, Outsiders de Guy Darol, une bio dâEliane Radigue rĂ©alisĂ©e par Emmanuel Holterbach, deux courtes biographies de Caetano Veloso et de Gilberto Gil toutes deux signĂ©es Ricardo Pessanha & Carla Cintia Contero, et enfin le passionnant Sounds & Colours Brazil, ouvrage collectif du webzine du mĂȘme nom.
Ah si, quand mĂȘme un peu de fiction, un livre de nouvelles tout Ă fait intriguant, Le Roi des zones, signĂ© âi zimbraâ, ce qui nous ramĂšne Ă la musiqueâŠ
Quel livre marquant as-tu dĂ©couvert Ă lâadolescence et que tu possĂšdes toujours ?
Un peu banal : 1984 de George Orwell. Je pourrais aussi citer lâAnthology des Beatles, qui relĂšve plus de la fiction et de lâĂ©vasion que le Orwell.
Sans égard pour sa qualité, lequel de tes livres possÚde la plus grande valeur sentimentale, et pourquoi ?
Je nâaccorde quasiment pas de valeur sentimentale Ă lâobjet livre, mais je tiens assez Ă la collection dâAstĂ©rix lĂ©guĂ©e par mon grand-pĂšre, dont nâimporte quel volume aurait dâailleurs pu figurer en rĂ©ponse aux Ÿ de ces questions, si je veux ĂȘtre honnĂȘte.
Tu prĂȘterais lequel de tes livres Ă quelquâun que tu voudrais sĂ©duire ?
Jâai du mal avec le concept de sĂ©duction, dont je maĂźtrise vraiment pas les ressorts. Jâimagine que ça dĂ©pend complĂštement de la personne. Je pense que jâemprunterai plutĂŽt que de prĂȘter Ă cette personne, ou bien que je lui donnerais.
Que trouve t-on comme livres âhonteuxâ dans tes rayonnages ?
Jâai un livre qui sâappelle Le MystĂšre John Lennon, mais ça nâest pas si honteux que cela, si ?
Quels livres as-tu hérité de tes proches ?
Quelques Pagnol, Camus, PrĂ©vert, Eluard et Fables de la Fontaine, de mes parents. Une trĂšs vieille histoire de France illustrĂ©e, de mes grands-parents, et une bible, de ma tante. Mais il y en a dâautres, que jâoublie.
Le livre que tu as le plus lu et relu ?
Probablement un tome de Thorgal ! Au-delĂ des ombres peut-ĂȘtre. Lolita de Nabokov, aussi, pour cause dâĂ©preuve de concours, mais câest vite devenu un prĂ©texte pour le relire en anglais puis en français, câest tellement richeâŠ
Le livre qui suscite en toi des envies dâautodafĂ© ?
Quelle drĂŽle dâidĂ©e. Je pense que la destruction de livres quels quâils soient devrait ĂȘtre rĂ©primĂ©e par la loi, et je suis toujours interpellĂ© par le sort rĂ©servĂ© aux livres âdĂ©sherbĂ©sâ par les bibliothĂšques, qui pose la question de la valeur accordĂ©e au savoir et de lâincapacitĂ© Ă lâexploiter et Ă le transmettre. Disons, pour reprendre un ton plus lĂ©ger, quâavec Merci pour ce moment de ValĂ©rie Trierweiler, on devrait pouvoir griller pas mal de chamallows, ce qui lui trouverait une utilitĂ©, mais en vrai, non, tout ce que mâĂ©voque le mot âautodafĂ©â câest la scĂšne finale du Destin de Youssef Chahine, oĂč il est dit âLa pensĂ©e a des ailes, nul ne peut arrĂȘter son envolâ (certes, la bĂȘtise aussi, mais raison de plus pour ne pas sâen occuper).
On te propose de vivre éternellement dans un roman de ton choix, tu optes pour lequel ?
Ăternellement, aucun. Le temps de sa durĂ©e dans le temps, Acid Test de Tom Wolfe serait pas mal !
Quel est lâincunable que tu rĂȘves de possĂ©der, ton Saint Graal bibliophilique ?
Je pensais ĂȘtre totalement vaccinĂ© contre toute amorce de bibliophilie jusquâĂ ma dĂ©couverte de lâexistence du Livre Rouge de Jung. Jâaimerais prendre le temps de le feuilleter un peu et de le montrer Ă quelques amis si je le pouvais, Ă dĂ©faut de le possĂ©der.
Au bout dâune vie de lecture, et sâil nâen restait quâun ?
Le MaĂźtre et Marguerite de Boulgakov, mais je nâai vraiment pas lu beaucoup de livres, et jâespĂšre ĂȘtre encore loin du bout de ma vie !
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Musiques populaires brésiliennes : cent disques à (re)découvrir, intelligemment commentés, et une longue introduction qui remet le lecteur dans ce grand bain bouillonnant, on ne demandait pas mieux.
CâĂ©tait il y a quelques annĂ©es. Par hasard, je mâĂ©tais retrouvĂ© sur un forum consacrĂ© Ă la bossa nova. LĂ -bas, certains dĂ©fendaient une thĂ©orie intĂ©ressante. Ils jugeaient que la musique brĂ©silienne, qui avait de nombreux points commun avec lâĂ©tatsunienne (elle est le fruit dâune rencontre entre des traditions africaines et europĂ©ennes, voire amĂ©rindiennes), lui Ă©tait son Ă©gale en qualitĂ© et en crĂ©ativitĂ©. Mais que contrairement Ă lâautre, qui bĂ©nĂ©ficiait de lâimmense puissance culturelle et de la prééminence gĂ©opolitique du gĂ©ant amĂ©ricain, elle nâavait jamais profitĂ© de la reconnaissance mĂ©diatique internationale quâelle mĂ©ritait.
Cette thĂšse Ă©tait sĂ©duisante. Elle disait quelque chose que mĂȘme les incultes en musique brĂ©silienne (au rang desquels votre serviteur a le regret de figurer) se doivent de reconnaĂźtre : la musique brĂ©silienne est riche, trĂšs riche. Un livre rĂ©cent le confirme, sorti par David Rassent, chroniqueur pour le site Guts of Darkness , qui poursuit avec lui cette longue et mĂ©thodique exploration de tous les genres musicaux, commencĂ©e il y a presque dix ans par les Ă©ditions Le mot et le reste, avec le critique Philippe Robert. Sorti trĂšs opportunĂ©ment au moment de la Coupe du Monde, alors que tous les regards se portaient sur le gĂ©ant sud-amĂ©ricain, il reprend le format habituel Ă cette collection : dâabord une mise en perspective, qui retrace Ă grands traits lâhistoire de la musique brĂ©silienne et qui souligne ses spĂ©cificitĂ©s, suivie dâune sĂ©lection dâune centaine dâalbums emblĂ©matiques.
Le mĂ©rite de ce livre, par ailleurs bien Ă©crit, est de ne pas sâattarder sur le moment oĂč la musique brĂ©silienne a sĂ©duit le Nord, celui de la bossa nova, dans les annĂ©es 60, et de ses quelques flirts avec le jazz. MĂȘme sâil sâattarde sur le dĂ©but des annĂ©es 70, manifestement riche en chefs dâĆuvre, il ne parle pas non plus que de cette MPB, ou MĂșsica Popular Brasileira (la Musique Populaire BrĂ©silienne donc), qui sâimposa aprĂšs la bossa nova, quand les musiques traditionnelles du pays sâouvrirent au jazz et au rock anglo-saxons. Non, il parle de tous les genres, sous-genres, et tendances apparus dans le dernier demi-siĂšcle au BrĂ©sil : les diffĂ©rents styles rĂ©gionaux (un rappel que le BrĂ©sil est vaste et divers), les musiques dâavant lâinvasion pop anglo-saxonne (samba, choro, forrĂł, brega, et autres), celles dâaprĂšs (tropicalisme, techno brega, funk carioca / baile funk, manguebit), tout comme les adaptations locales de formes venues dâailleurs, le pays ayant aussi eu des groupes remarquables en matiĂšre de rock, post-punk, metal ou hip-hop.
Ce dialogue entre les traditions populaires et les musiques anglo-saxonnes (voire africaines et europĂ©ennes, françaises notamment), câest le sujet au cĆur du livre. Ă en croire David Rassent, le BrĂ©sil, Ă quelques yĂ©-yĂ©s locaux prĂšs, a su trouver lâĂ©quilibre parfait entre influences internes et externes. Il a su intĂ©grer ses rythmes propres, issus comme beaucoup dâautres aux AmĂ©riques des esclaves africains, Ă lâenvironnement pop international. Sa musique est le rĂ©sultat dâune appropriation rĂ©ussie, professĂ©e dĂšs la fin des annĂ©es 60 par le tropicalisme de Caetano Veloso et de Gilberto Gil, et entretenue tout au long de son histoire par ses allers et retours avec lâAmĂ©rique : collaboration entre JoĂŁo Gilberto et Stan Getz dans les annĂ©es 60, ponts jetĂ©s bien plus tard par lâexpĂ©rimentateur Arto Lindsay, issu de la no wave newyorkaise, et le producteur hip-hop Mario Caldato Jr. (Tone Loc, Young MC, Beastie Boys), deux BrĂ©siliens de naissance ayant connu une carriĂšre faste aux Ătats-Unis, tout en maintenant des liens avec leur pays dâorigine.
Lâautre dialogue dont il est question, câest celui entre les musiques populaires et les musiques savantes. Car au BrĂ©sil, David Rassent souligne-t-il, la musique du peuple a souvent Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme une affaire Ă©minemment sĂ©rieuse. ComprĂ©hensible, dans un pays marquĂ© par les soubresauts politiques et par des pĂ©riodes dictatoriales dures. Etre un musicien, au BrĂ©sil, a souvent Ă©tĂ© un vĂ©ritable engagement. Cela en a conduit plusieurs dâentre eux, notamment les tropicalistes, Ă lâexil, ou dans les geĂŽles de la dictature, voire dans ses salles de torture. David Rassent, donc, rend compte de tout cela, et cela est lâessentiel.
Alors bien sĂ»r, il reste Ă rĂ©soudre lâautre question, celle de la pertinence et de la qualitĂ© de sa sĂ©lection, ce que je ne me hasarderai pas Ă tenter, nâayant Ă©coutĂ© tout au plus que trois ou quatre disques dans cette sĂ©lection. Dâautres sâen chargeront. Pour les ignares comme moi, toutefois, le livre a au moins le mĂ©rite de jeter sans arrĂȘt des ponts entre les musiques brĂ©siliennes et dâautres, mieux exposĂ©es, soit en parlant des influences et des collaborations, soit en comparant telle ou telle Ćuvre Ă une homologue europĂ©enne ou nord-amĂ©ricaine.
Et le spectre est large, lâauteur citant avec facilitĂ© des artistes venus de tous les univers, jazz, rock, hip-hop ou autres, mĂȘme si dominent ici, lĂ©gĂšrement, des rĂ©fĂ©rences trĂšs ârock adulte alternatifâ. Cela vire parfois au name-dropping, mais ces comparaisons sont utiles, elles sont dâimportants repĂšres pour tout nĂ©ophyte. Ou plutĂŽt, pour tout nĂ©ophyte en musiques brĂ©siliennes, mais qui dispose, au moins, dâun premier vernis important en matiĂšre de pop music internationale.
LIRE LA CHRONIQUE DE SYLVAINBERTOTSURSONSITE
Nos amis dâEasy Rider ont lu Musiques populaires brĂ©siliennes de David Rassent et vous en parlent ICI
âFais-moi oublier RĂ©tromaniaâ, aurait demandĂ© Simon Reynolds Ă François Gorin tout en sirotant un drĂŽle de thĂ© au dĂ©but dâun dialogue socratique imaginaire. Câest le dispositif fictionnel du dernier livre de Gorin, auteur et rock-critic français Ă©mĂ©rite, dĂ©sormais hĂ©bergĂ© chez TĂ©lĂ©rama : inviter dans son salon lâauteur du livre RĂ©tromania (ce gros pavĂ© dans la mare de la modernitĂ©, dont la thĂšse mĂ©lancolique Ă©tait de dĂ©montrer que le rock, câest fini pliĂ©, refroidi par les rééditions, les rĂ©formations, la nostalgie et le poids de lâhistoire) pour discuter de choses et dâautres.
Tout en restant intĂ©ressant, Gorin va dĂ©cevoir Reynolds : son livre, plus lĂ©ger quâun ballon de plage, ne fera pas du tout oublier RĂ©tromania. Câest au contraire une autre balade Ă rebours dans sa vie de rock-critic, de fan Ă©clectique de musique (de la pop au blues dâavant-guerre en passant pas les chanteuses de jazz ou le hop-hop), de collectionneur de disques et de type qui a toujours su poser les vraies questions drĂŽles (comme celle-ci : le rock Ă©tant antĂ©rieur au punk, comme le post-punk a-t-il pu prĂ©cĂ©der le post-rock?).
Pour la suite des vacances en RĂ©trmanie (ce pays imaginaire quâon visite tous les jours), on conseille deux autres livres publiĂ©s par Le mot et le reste (officiellement meilleur Ă©diteur français de textes sur la musique) :Sun Ra, Plamiers et pyramides de Joseph Ghosn (ex-_Inrocks_), et Musiques populaires brĂ©siliennes de David Rassent. Les deux livres, Ă©galement passionnĂ©s, proposent un point de vue (personnel pour le premier, plus historique pour le second) et une utile sĂ©lection discographique commentĂ©e. Sâils vont bien ensemble, et quâentre le jazzman cosmique Sun Ra et le contingent des BrĂ©siliens, il y a un mĂȘme goĂ»t pour lâaventure spatiotemporelle, le dĂ©chiffrage, lâinvention, lâavant-garde. RĂ©tromanie oui, mais au futur antĂ©rieur.
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La maison Le mot et le reste édite deux ouvrages signés par David Rassent et Philippe Robert, consacrés aux répertoires populaires brésiliens et aux musiques expérimentales, ces anthologies sont autant de mines de renseignements concernant lesdits genres.
Dj et webjournaliste, David Rassent est lâauteur de Musiques populaires brĂ©siliennes, livre passionnant relatif Ă la samba, Ă la bossa nova, et aux mouvements tropicalisa ou mangue beat. Lâouvrage couvre prĂšs dâun siĂšcle de mouvements interactifs avec la sociĂ©tĂ© et lâhistoire du BrĂ©sil. ConsidĂ©rĂ©e tort comme une musique pour touristes, la samba renvoie surtout aux fondations culturelles de ce pays et aux peuplades amĂ©rindienne, europĂ©enne et africaine. Le lien avec les cultures africaines et le gĂ©ant sud amĂ©ricain est Ă©vident. Tout comme lâabsence de barriĂšres enctre rythmes populaires et savants. Contrairement aux idĂ©es reçues, ces rĂ©pertoires ne se rejettent pas mais sâassimilent au fil du temps. Câest le cas de la samba que Joao Gilberto et Tom Jobim, pionniers de la sophistiquĂ©e bossa nova, considĂ©raient comme indissociable de lâhĂ©ritage culturel national. Devenu un Ă part entiĂšre, la musique populaire brĂ©silienne (MPB) va se nourrir de la sĂšve des tropicalises et de leur rĂ©pertoire politisĂ©.
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On ne lĂąche pas quelquâun lorsquâil est au fond du trou. Et on ne parle sĂ»rement mĂȘme plus de saudade. Que vont pouvoir faire les BrĂ©siliens? Supporter lâĂ©quipe qui les a humiliĂ©s chez eux, les bourreaux de tout un peuple? Lâennemi numĂ©ro un argentin? Bien sĂ»r que non. Les images oranges fleurissent donc depuis hier sur les pages des amis brĂ©siliens.
Toujours est-il que cĂŽtĂ© musique, lâoccasion de ce mondial Ă©tait belle pour ressortir les vieilles galettes du placard (oui, on aurait pu avoir mieux que Pitbull pour lâinauguration). On a Fusil Ă Pompe qui nous a sorti un trĂšs bon mix de derriĂšre les fagots (sĂ©lection de Damenico; mix de Tomalone). Vous aurez dĂ©jĂ une trĂšs belle heure Ă passer.
Vous retrouverez sur le soundcloud la tracklist complĂšte, de quoi prendre des rĂ©fĂ©rences et vous faire une belle bande originale de lâĂ©tĂ©. Vous cherchez un peu de lecture pour accompagner cette BO? Pas de problĂšme, David Rassent et les Ă©ditions Le mot et le reste sont lĂ pour vous puisquâest sorti il y a peu Musiques populaire brĂ©siliennes, âune prĂ©sentation de tout un pan de la musique brĂ©silienne, depuis la bossa nova de la fin des annĂ©es cinquante Ă nos jours, en passant par le tropicalisme, la pop, la soul, la samba-cançao et les divers courants qui ont pu animer la musique populaire du pays.â
Un premier pas pour le novice, une rĂ©fĂ©rence de plus pour le connaisseur, ce bouquin vous fait rentrer au travers de chroniques de disques marquants dans lâunivers de leurs interprĂštes et musiciens, les replaçant dans leur contexte et situant leurs influences et environnements. Il vous propose mĂȘme une playlist en Ă©coute ICI.
La planĂšte foot sâapprĂȘte Ă dire adeus Ă un BrĂ©sil en deuil depuis la rouste administrĂ©e Ă la Seleção par la Mannschaft. Mais il ne saurait ĂȘtre question de quitter le pays de Neymar sans mettre un coup de projecteur sur lâautre pan indiscutable de la culture auriverde : la musique.
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Dans la premiĂšre partie de lâouvrage, lâauteur propose une visite historique des styles de la bande-son brĂ©silienne depuis les annĂ©es 30-40, avec les crooners du samba-canção, jusquâĂ la riche scĂšne pauliste contemporaine. La seconde partie rĂ©unit cent chroniques de disques dâartistes majeurs de la scĂšne brĂ©silienne, de Jackson do Pandeiro (1954) Ă Meta Meta (2014) en passant par JoĂŁo Gilberto (1959).
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Comment ne pas se perdre dĂ©finitivement dans la jungle ultra touffue de la musique brĂ©silienne ? Avec ses arbres gĂ©ants, ses plantes grimpantes, ses fleurs enivrantes, ses espĂšces variĂ©es infinies, la forĂȘt dâĂ©meraude et de sons ne sâaborde pas sans guide. Bien sĂ»r le camarade RKK sait tout sur les produits maison : il y a vĂ©cu, produit, jouĂ©, accompagnĂ©, mixĂ©, bavardĂ©, mais il lui faudrait des nuits pour tout expliquer des mĂ©andres rythmiques et mĂ©lodiques dâun pays continent ou tout le monde chante et danse.
Alors un livre serrĂ©, concentrĂ© sur lâimpossible Ă©ventail, serait un raccourci, un dĂ©but de solution ? Avec une ouverture chronologique de 60 pages, puis 200 pages dâalbums, car tant de sensibilitĂ©s, de directions, dâidĂ©es et de mĂ©langes ne sâenvisage que cas par cas, David Rassent tente le pari. En tout cas il a rĂ©ussi une sorte de guide du routard (avec beaucoup dâescales) et aussi un dictionnaire-boussole qui peuvent nous aider Ă nous repĂ©rer.
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David Rassent, auteur de Musiques populaires brĂ©siliennes a lancĂ© un blog autour de son livre pour apporter un contenu parallĂšle Ă celui de lâouvrage et regrouper les informations autour de son livre.
LIENVERS LE BLOG DE DAVIDRASSENT
VoilĂ plusieurs dĂ©cennies que les musiques populaires et le football se font du pied au pays de Gilberto Gil et de PelĂ©. Une relation sur laquelle David Rassent, auteur rĂ©cemment de Musiques populaires brĂ©siliennes (Ă©d. Le mot et le reste), pose aujourdâhui un regard subtil et pointu. Pitbull et J.Lo nâont quâĂ bien se tenir.
Les musiques populaires brésiliennes ont-elles toujours entretenu un lien avec le football ?
Câest difficile Ă dire, mais en tout cas, ça remonte au moins Ă lâĂšre des grands sambistes, Ă Noel Rosa, par exemple, considĂ©rĂ© comme lâun des plus grands compositeurs de samba et certainement lâun des plus grands paroliers. DĂ©jĂ en 1935, il Ă©crit âConversa de Botequimâ, qui signifie « conversation de bistrot ». Câest une chanson qui parle du rituel de sâinstaller dans les bars pour suivre les rĂ©sultats du foot, mĂȘme Ă une Ă©poque oĂč il nây a bien sĂ»r pas de tĂ©lĂ©vision dans les bars. Le football nâest pas central dans la chanson mais est associĂ© aux malandros, qui Ă lâĂ©poque sont le comble du cool pour le milieu artistique brĂ©silien.
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