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Parution : 28/05/2025
ISBN : 9782384316328
432 pages (14,8 x 21 cm)

28 €

Musiques électroniques - Nouvelle édition

Des avant-gardes aux dance floors

Un ouvrage passionnant qui réussit le pari de traiter avec exhaustivité le large domaine des musiques électroniques.

Sophie Rosemont – nonfiction.fr

L’histoire de la musique du XX^e^ siĂšcle est profondĂ©ment marquĂ©e par l’apport de l’électronique. Cette aventure, d’abord technologique, a commencĂ© dĂšs le dĂ©but du siĂšcle avec le dĂ©veloppement de l’enregistrement et l’apparition des premiers instruments de synthĂšse sonore. Mais c’est dans les annĂ©es cinquante qu’un Ă©lan impulsĂ© par des musiciens savants consacre la naissance des premiers styles purement Ă©lectroniques. De maniĂšre plus ou moins directe, ces avant-gardes ont influencĂ© l’apparition de nombreux genres musicaux populaires comme le dub, le hip-hop, l’electro, puis la house et la techno. La technologie a servi de fil conducteur Ă  toutes ces expĂ©riences, tout comme l’intĂ©rĂȘt primordial pour le son. Depuis les premiers essais de John Cage avec des tourne-disques jouĂ©s en direct en 1939, le phĂ©nomĂšne du Disc-Jockey a pris une ampleur considĂ©rable pour le consacrer comme vĂ©ritable crĂ©ateur depuis les sound-systems jamaĂŻquains jusqu’au dĂ©veloppement des night-clubs de New York, Chicago, Detroit puis d’Europe. Le mouvement techno, au travers des raves et surtout des free parties, s’est rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre une vĂ©ritable contre-culture. Pour complĂ©ter cette approche historique, l’auteur propose une sĂ©lection anthologique de compact discs.

Revue de presse

_ Blindtest #9 : Musiques électroniques _ Diagonale Sonore Raphaëlle Tchamitchian Hors-série 29 avril 2023
- Interview - De Mitterrand à la tecktonik : le récit fou de 20 ans de Techno Parade (1/2) Ana Boyrie et Maxime Jacob Greenroom 21 septembre 2018
- Un livre de référence sur le sujet G. Abitbol MédiathÚque La Madeleine 26 mai 2016
- Chronologie électronique Trax Janvier 2016
- Musiques électroniques Jean Rouzaud Radio Nova // Nova Club 18 février 2016
- Un siÚcle de bidouille électronique Jean Rouzaud novaplanet.com 11 février 2016
- Machine Musik Elizabeth Tchoungi France Culture // Sur écoute 21 septembre 2013
- Extatique : Les musiques électroniques Laura Jachymiak FRANCE MUSIQUE 30 juillet 2011
- Musiques électroniques Sonia Devillers France Inter // Le Grand Bain 23 août 2012
- Musiques électroniques Thomas Baumgartner France Culture // L'Atelier du son juin 2012
- L'Objet sonore Laurent Bergnach ANACLASE
- Musiques électroniques Stéphane Allégret Radio Libertaire // Bulles noires 15 octobre 2011
- Musiques électroniques THOMAS BAUMGARTNER France Culture // L'Atelier du son 16 septembre 2011
- Entretien avec Guillaume Kosmicki Agents d'entretiens mai 2011
- La Clef des sons Jet FM février et mars 2011
- Essai en février : travellers, raves et free parties Isa Alter1fo février 2011
- Musiques savantes, dance floor, Allez, debout lĂ -dedans ! Canal B 5 janvier 2011
- Musiques Ă©lectroniques Éric Deshayes Traverses mai 2010
- librairie: lu, retenu, soutenu Site Irma septembre 2009
- Musiques électroniques Laurent Bergnach Anaclase.com avril 2010
- Musiques électroniques Revue de la BPI
Musique électro à la BPI Site de la BPI (Centre Pompidou) avril 2010
- Musiques électroniques Jean-Marc Warszawski musicologie.org février 2010
- Musiques électroniques Franck Tenaille César février 2010
- Musiques électroniques Blog - Pression live février 2010
- Musiques électroniques Sylvain Bertot Fake For Real janvier 2010
- Interview Guillaume Kosmicki Entretien avec Nassim Radio Grenouille - l'écoute à la carte décembre 2009
- Lectures recommandées David Jisse, Christian Zanési, Christophe Bourse France Musique / Electromania novembre 2009
- Musiques électroniques Jean-Guillaume Lanuque site Dissidences
- Le livre du mois Nicolas Bresson Tsugi novembre 2009
- Musiques électroniques Nas/im Ventilo octobre 2009
- Entretien avec Guillaume Kosmicki Olivier Pernot Trax octobre 2009
- Musiques électroniques J.P. Boyer Nouvelle Vague 14 septembre 2009
- L'électro dans tous ces états Sophie Rosemont nonFiction.fr 21 septembre 2009
- Nouveau livre sur l'histoire de la musique électronique blog - En attendant Jarre septembre 09
- Musiques Ă©lectroniques Éric Deshayes NĂ©osphĂšres Septembre 09
- Lectures musicales le blog "Aires libres" août 2009
- Musiques électroniques Joe Farmer France Inter / Zap Zik 6 août 2009
- Musiques électroniques GérÎme Guibert Magic août 2009
- Musiques électroniques Sonhors juillet 2009
- Électronifiant X-Ray Zibeline juillet 2009
- Musiques électroniques D-Side juillet 09
- Musiques électroniques L'Azile le + sûr / radio Canal B juin 2009

_ Blindtest #9 : Musiques électroniques _ Diagonale Sonore

Blindtest #9 : Musiques électroniques
Diagonale Sonore par Raphaëlle Tchamitchian
Invité Guillaume Kosmicki

Musicologue, journaliste et enseignant, Guillaume Kosmicki sillonne la France depuis plus de 20 ans pour faire des confĂ©rences sur la musique, toutes les musiques, dans tous les contextes, et transmettre son savoir, sa passion et dans certains cas son expĂ©rience. Il a baignĂ© dans les annĂ©es 1990 dans le milieu des sound systems, des raves et des free parties, a.k.a. ces fĂȘtes libertaires organisĂ©es le plus souvent dans la nature, dans un champ ou une forĂȘt, par des collectifs techno, et oĂč des dizaines voire des centaines de personnes se rassemblent pour quelques heures, en-dehors du quotidien. À travers des nuits entiĂšres de transe accompagnĂ©e de musique et de toutes sortes de substances, il s’agit de vivre la techno dans ce qu’elle a de meilleur — le gros son, la danse, la communion, l’oubli de soi, etc. — mais aussi d’expĂ©rimenter une utopie musicale et sociale, dans un espace-temps arrachĂ© aux frontiĂšres et aux exigences de la sociĂ©tĂ© capitaliste.

Lors de ses premiĂšres recherches (Musiques Ă©lectroniques : des avant-gardes aux dance floors est paru en 2009 aux Ă©ditions Le Mot et Le Reste), Guillaume Kosmicki a remontĂ© le cours de l’histoire pour retracer la gĂ©nĂ©alogie de la techno, et au-delĂ  de toutes les musiques Ă©lectroniques, qu’elles soient savantes ou populaires, faites pour la mĂ©ditation ou pour la danse, jouĂ©es Ă  plusieurs ou sur des boĂźtes Ă  rythme. L’émission commence plus ou moins lĂ  oĂč celle de Laurent de Wilde (blindtest #6) s’était terminĂ©e. Elle portait sur « les fous du sons », c’est-Ă -dire les inventeurs extraordinaires d’instruments Ă©lectroniques, en particulier les claviers et les synthĂ©tiseurs, pendant tout le xxe siĂšcle. Celle-ci prolonge la rĂ©flexion en traversant toutes sortes de musiques diffĂ©rentes, toutes affectĂ©es Ă  un niveau ou Ă  un autre par l’apport de l’électronique, qu’elles soient uniquement fabriquĂ©es grĂące Ă  des machines ou bien qu’elles y puisent leur imaginaire. Au menu donc de ce 9e blindtest : minimalisme amĂ©ricain, rock allemand, musique industrielle, disco, techno
 Bon voyage !

Émission publiĂ©e le 29/04/2023
Réécoutez là ici

Raphaëlle Tchamitchian
Hors-série 29 avril 2023

- Interview - De Mitterrand à la tecktonik : le récit fou de 20 ans de Techno Parade (1/2)

Guillaume Kosmicki a Ă©tĂ© interviewĂ© par deux journalistes de l’équipe de Greenroom Ă  l’occasion des vingt ans de la Techno Parade. TĂ©moignages.

DJ mis sur Ă©coute ou Ă©piĂ©s par les renseignements, descentes de police lors des rave parties
 En 1998, en rĂ©action aux menaces des autoritĂ©s, les grands acteurs de la scĂšne Ă©lectronique française dĂ©filent dans Paris, sur des 38 tonnes sonorisĂ©s. Ainsi fut la premiĂšre Techno Parade, qui a rassemblĂ© jusqu’à 200 000 personnes place de la Nation pour le set de Laurent Garnier. Une grande histoire toujours en marche, parsemĂ©e de jets de sucettes, de castagne, de lycĂ©ens Ă©pris de tecktonik, et d’un PrĂ©sident de la RĂ©publique en rave party. Vingt ans plus tard, et pour la premiĂšre fois, (presque) tous les protagonistes racontent.

Jack Lang, ancien ministre de la Culture, prĂ©sident de l’Institut du Monde Arabe : Peu de gens le savent, mais la France est une terre de naissance de la musique Ă©lectronique. Il y avait, au sein de l’ORTF (ancien office de l’audiovisuel public, ndlr), un centre de recherche en musique expĂ©rimentale.

Jack de Marseille, DJ : A la fin des annĂ©es 1980, l’acid house, populaire en Angleterre et aux États-Unis, arrive timidement en France. La premiĂšre fois que tu entends ces sons-lĂ , tu te demandes un peu ce que c’est. TrĂšs vite, j’ai cherchĂ© des endroits oĂč on pouvait danser sur cette musique. DĂšs 1990, c’est rĂ©ellement l’aspect communautaire qui m’emballe : la techno et la house Ă©taient des musiques de marginaux. On ne s’habillait pas comme tout le monde et on Ă©prouvait un sentiment de libertĂ© incroyable en soirĂ©es.Jack Lang : C’est en Allemagne de l’Est que la techno est apparue comme art de rĂ©sistance. Ma premiĂšre expĂ©rience techno, je l’ai vĂ©cue Ă  Berlin Est en 1988. J’étais en voyage officiel avec le PrĂ©sident François Mitterrand. Heiner Muller, un dramaturge et auteur trĂšs cĂ©lĂšbre Ă  l’époque, vivait sur place et nous a dit : « Venez, je vous emmĂšne quelque part ! » Et on s’est retrouvĂ© dans une sorte de chantier, plus ou moins abandonnĂ©, oĂč se tenait une rave party.

Josselin Hirsch, premier prĂ©sident de Technopol, association Ă  l’origine de la techno-parade : Avec mes potes, on n’hĂ©sitait pas Ă  faire 500 kilomĂštres pour aller Ă  des soirĂ©es techno, comme Ă  la friche la Belle de Mai de Marseille. On a vite lancĂ© une Ă©mission de radio. Un jour, un inconnu Ă  Montpellier nous a contactĂ© et nous a proposĂ© d’organiser une rave : la Neuro rave. Le type a disparu avec la caisse
 Ça nous a quand mĂȘme permis de nous Ă©tablir en tant que collectif. On Ă©tait une vingtaine et on a lancĂ© la premiĂšre soirĂ©e « BorĂ©alis » en 1993 au New-York Ă  PĂ©zenas.

Jack de Marseille : J’ai mixĂ© Ă  cette soirĂ©e d’ailleurs, sur le parking du club !

Josselin Hirsch : 2500 personnes se sont ramenĂ©es. Tout le monde avait la sensation de vivre quelque chose Ă  part. Quand tu Ă©tais dans les soirĂ©es, l’ambiance n’avait rien Ă  voir avec les discothĂšques, oĂč les filles se faisaient draguer lourdement, la musique Ă©tait celle de nos parents. L’arrivĂ©e de la techno a Ă©tĂ© un changement de paradigme complet.

Eric Morand, co-fondateur avec Laurent Garnier du label F-Com : J’ai commencĂ© Ă  organiser des raves quand je travaillais pour le label Barclay. J’étais dĂ©jĂ  Ă  l’époque dans la house et la techno. Au mĂȘme moment, je rencontre Laurent Garnier. On a tout de suite sympathisĂ© et on est devenu potes, puis on a montĂ© ensemble le label F-Com en 1994. Entre-temps, en 1992, nous avons organisĂ© une rave Ă  l’Arche de la DĂ©fense.

« LESRENSEIGNEMENTSAVAIENTNOSNOMS »

Jack Lang : Pour des raisons trĂšs Ă©tranges, les musiques Ă©lectroniques et les raves ont commencĂ© Ă  susciter une sorte de mĂ©fiance, de peur mĂȘme, plus ou moins irrationnelle et la musique techno avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e par certains dans la presse et dans la politique comme une musique du diable. On s’imaginait que les participants y cĂ©lĂ©braient je ne sais quel rituel satanique.

Josselin Hirsch : C’était une sous-culture, complĂštement minoritaire, mal vue, associĂ©e Ă  la drogue.

Jack Lang : Je ne sais pas comment cette image s’est propagĂ©e. Il y a probablement eu des incidents ici ou lĂ , avec des maires
 Mais la France est un pays Ă  la fois rĂ©volutionnaire et rĂ©actionnaire.

Jack de Marseille : A partir de 1993 ou 1994, les flics nous emmerdent. Les services de renseignements avaient nos noms, ceux de tous les fanzines Ă©lectro, de tous les DJ, de tous les organisateurs. Des hĂ©licoptĂšres de police volaient au dessus des raves ! On m’a mĂȘme mis sur Ă©coute ! On nous prenait pour des activistes, quoi. D’ailleurs, pour les flics, « DJ » ça signifiait « Dealer Jockey » !

Josselin Hirsch : Je me souviens qu’à PĂ©zenas, il y avait mĂȘme un gendarme qui faisait le tour des lycĂ©es pour faire de la prĂ©vention anti-rave auprĂšs des jeunes.Jack Lang : Chacune des formes musicales contemporaines s’est heurtĂ©e Ă  une rĂ©ticence et Ă  une hostilitĂ©. Les concerts de rock de groupes indĂ©pendants faisaient dĂ©jĂ  l’objet d’interdits dans les annĂ©es 1980.

Tommy Vaudecrane, prĂ©sident actuel de Technopol : Lors d’une free party dans un entrepĂŽt de Melun, on s’est fait encercler par les CRS, qui ont cassĂ© les vitres du bĂątiment et ont tirĂ© des bombes lacrymogĂšnes Ă  l’intĂ©rieur. Tu avais une porte de deux mĂštres sur deux pour sortir mais il y avait 4000 personnes dans l’entrepĂŽt
 c’était ultra violent !

Christophe CrĂ©nel, rĂ©dacteur en chef de Plus vite que la musique sur M6 : En mĂȘme temps, c’était quand mĂȘme Charles Pasqua en poste au ministĂšre de l’IntĂ©rieur jusqu’en 1995, donc pas vraiment un raver dans l’ñme


Jack de Marseille : Pour contrer cette mauvaise image, la scÚne techno française avait besoin de se construire une légitimité artistique.

Eric Morand : MĂȘme dans l’industrie du disque, la techno n’était pas reconnue. Quand Pascal NĂšgre a repris Barclay, la musique Ă©lectronique n’était pas son truc. Tout le monde me prenait pour un fou furieux quand je parlais de techno
 Lorsque je leur ai fait Ă©couter les premiers morceaux de Laurent Garnier, ils m’ont rĂ©pondu avec une drĂŽle de voix : « Oh ! Dis-Donc ! On dirait du Jean-Michel Jarre ! » A partir de lĂ , j’ai compris que je perdais mon temps


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« PHASE DE RÉUNIONITEAIGUË »

Christophe Vix : À la base, le nom « Techno Parade » ne partait pas favori. On pensait appeler ça « Charivari » ! C’était pas mal, alors que Techno Parade, c’est plus littĂ©ral.

Sophie Bernard, membre de Technopol de 1997 Ă  2009 : C’était mon idĂ©e, Charivari ! Parce que j’étudiais l’Histoire mĂ©diĂ©vale Ă  cette Ă©poque. Le charivari Ă©tait une sorte de carnaval au Moyen-Age, un truc dionysiaque qui s’entendait de loin.

Eric Morand : Il y a eu une phase de rĂ©unionite aiguĂ« pour monter l’évĂ©nement. Certaines se tenaient d’ailleurs chez Jack Lang.

Christophe Vix : Je me souviens trĂšs bien de toutes ces rĂ©unions. Il y a eu beaucoup d’engueulades, sur tous les sujets possibles : financiers, offres des chars
 ça se tapait dessus, ça s’envoyait des bourre-pif en pleine rĂ©union


Samuel Raymond : C’était violent. Mais ça m’a appris mon mĂ©tier. Voir chacun essayer de tirer la couverture sur soi, se battre pour savoir qui prĂ©senterait l’évĂ©nement. Certains n’arrĂȘtaient pas d’essayer de doubler les autres ou de s’imposer. C’était la guerre !

Eric Morand : Les grands absents de ce moment-lĂ , c’est la French Touch. DĂšs l’apparition du projet de la Techno Parade, toute cette gĂ©nĂ©ration, les Daft, les Sinclar, a Ă©tĂ© contactĂ©e et tous ont dit : « Ah non mais nous on n’est pas techno ». Ce n’était pas leur truc, ils n’étaient pas du tout militants


Christophe Vix : Ils nous trouvaient dĂ©jĂ  ringards. Ils n’aimaient pas le cĂŽtĂ© rave qui sent la gadoue. On Ă©tait moins Ă©litistes que toute cette nouvelle scĂšne. Ils ne se revendiquaient pas de la mĂȘme histoire, alors que. D’autres ont refusĂ© de participer, des collectifs qui refusaient l’idĂ©e de dĂ©filer avec des sponsors.

« LESCANDIDATURESPARFAX »

Guillaume Kosmicki, musicologue, spĂ©cialiste de la musique Ă©lectronique et auteur de deux livres, sur les musiques Ă©lectroniques et les free party) : Pour avoir le droit d’organiser une fĂȘte sur un char, il fallait payer cher. Les collectifs de free party ne pouvaient pas ĂȘtre en accord avec cet Ă©tat d’esprit, ils venaient d’un systĂšme qui marchait sur le troc, il y avait un esprit libertaire.

Josselin Hirsch : De toute façon, on ne pouvait pas monter ça sur nos propres fonds. C’est un Ă©vĂ©nement qui coĂ»tait 1,8 million de francs, on Ă©tait donc obligĂ© de faire appel aux sponsors.

Sophie Bernard : Une fois l’évĂ©nement validĂ©, j’étais chargĂ©e de l’attribution des chars. Une vraie galĂšre. Il fallait programmer quarante chars et respecter certaines contraintes : on devait reprĂ©senter tous les styles et s’assurer que les collectifs viennent de partout en France, dans un souci de reprĂ©sentation. Et Ă  l’époque, on recevait les candidatures par fax !

Samuel Raymond : On a reçu de l’aide de tout le monde. Pour la grande scĂšne place de la Nation, ça coĂ»tait un max. On nous a alors filĂ© les contacts de Jean-Paul Goude pour la scĂ©nographie et on a passĂ© une aprĂšs-midi chez lui avec Sophie Bernard Ă  discuter.

Sophie Bernard : C’était « Monsieur scĂ©nographie » en France. Je me rappelle que chez lui, il y avait plein de photos monstrueuses accrochĂ©es aux murs. J’étais tellement impressionnĂ©e que je n’ai pas dĂ©crochĂ© un mot.

Samuel Raymond : Il a fini par nous donner des Ă©lĂ©ments graphiques. Tout ça gratuitement ! C’était en mode : « Venez chez moi les jeunes ! On boit un thĂ©, on fait des dessins, vous m’expliquez votre truc. Ah, je vois qu’on pourrait faire un truc comme ça
 » Cette spontanĂ©itĂ© Ă©tait vraiment gĂ©niale !

UNEFÊTETOUTE LA NUITDANS UN TRAIN

Guilaume Kosmicki : Pendant toute la semaine qui a prĂ©cĂ©dĂ© la Parade, beaucoup d’évĂ©nements off se sont tenus, comme des petits squats dans des lieux associatifs. Il y avait du cĂŽtĂ© de la Villette, sur le canal de l’Ourcq, une semaine d’évĂ©nements techno avec un thĂšme par soir organisĂ© par le collectif Freaks Factory : une soirĂ©e hardcore, une soirĂ©e trance. Et puis, le grand jour avec le dĂ©filĂ© et ces milliers de raveurs.

Christophe CrĂ©nel : M6 avait misĂ© gros sur l’évĂ©nement. Plus vite que la musique avait pour mission de couvrir la journĂ©e avec quelques directs. On a mĂȘme filmĂ© les voyageurs de l’association Zenophobia qui sont partis la veille de Toulouse, dans un train spĂ©cialement affrĂ©tĂ© par la SNCF avec des DJ Ă  l’intĂ©rieur. Autant dire que certains Ă©taient en grande forme quand le cortĂšge a dĂ©marrĂ© Place Denfert-Rochereau Ă  14h


SĂ©bastien Lara, membre de l’association Zenophobia : J’ai demandĂ© Ă  un gars qui bossait Ă  la SNCF : « Vous n’auriez pas un wagon qu’on pourrait amĂ©nager en club pour aller sur Paris ? » Étonnement, le mec m’a rĂ©pondu que oui. Pour 150 francs, on a pris des passagers Ă  Toulouse, Montauban et Cahors. Il y avait une cabine DJ oĂč des platines Ă©taient installĂ©es sur des bouĂ©es pour que le diamant des platines ne saute pas. Vers 21 heures, on a commencĂ© Ă  envoyer le son, les lumiĂšres et Ă  ouvrir le bar. C’était un vrai club, quoi ! Le seul arrĂȘt s’est fait Ă  Limoges, vers 3 heures du matin oĂč tout le monde est descendu sur le quai pour danser. On a dĂ» retarder le train. On Ă©tait une centaine environ, tous entre 20 et 50 ans. On a fini par arriver Ă  Paris sur les coups de 7 heures du matin. Imaginez l’état !

Eric Morand : C’était trĂšs tendu sur le parcours, du fait de la frĂ©quentation. La RATP aussi a morflĂ©.

Guillaume Kosmicki : Je sortais d’un after, je n’avais pas dormi de la nuit et lorsque j’ai pris le mĂ©tro pour aller Ă  la parade du cĂŽtĂ© de Denfert-Rochereau, la rame s’est arrĂȘtĂ©e. Il n’y avait plus moyen de continuer car les stations Ă©taient blindĂ©es. C’était fort. Les wagons Ă©taient remplis de teufeurs et de raveurs, et j’ai entendu la voix du chauffeur dire : « Pour cause de Techno Parade, le mĂ©tro ne peut pas aller plus loin, nous vous invitons Ă  descendre sur ce quai ». Tout le monde a commencĂ© Ă  hurler, c’était super.

Sophie Bernard : Une fois sur place, on a hallucinĂ©. C’était un mĂ©lange de stupeur et d’excitation absolue face Ă  la foule qui se dĂ©plaçait. On Ă©tait une petite Ă©quipe et on se rendait compte qu’on accouchait d’un gros, gros truc.

SĂ©bastien Lara : Quand on est arrivĂ© Ă  la Techno Parade pour rĂ©cupĂ©rer le char, on Ă©tait morts ! On avait comme partenaire Chupa Chups, qui nous avait donnĂ© des tonnes de sucettes. Les personnes qui s’occupaient de la sĂ©curitĂ© du char ont sans doute vĂ©cu les pires moments de leur vie. On arrĂȘtait pas de jeter des sucettes aux gens et tous se jetaient sous le char pour aller en chercher
 Un vrai bordel !

Josselin Hirsch : D’ailleurs, la seule plainte qu’on ait reçu aprĂšs la Parade a Ă©tĂ© portĂ©e par une mĂšre dont le fils s’était pris une sucette en pleine gueule.

(Ă  suivre : la deuxiĂšme partie de la grande histoire de la Techno Parade)

RETROUVEZ L’INTERVIEWCOMPLÈTESURGREENROOM

Ana Boyrie et Maxime Jacob
Greenroom 21 septembre 2018

- Un livre de référence sur le sujet

5/5

En nous proposant de parcourir plus d’un siĂšcle de musiques Ă©lectroniques, Guillaume Kosmicki rĂ©ussit l’exploit d’ĂȘtre Ă  la fois pointu et Ă©tonnamment clair et accessible. Il aborde parfaitement les origines savantes du mouvement (Stockhausen, VarĂšse, les recherches instrumentales
) et n’oublie pas pour autant les courants les plus secrets et actuels. La discographie finale vaut Ă  elle seule de plonger dans ce livre, passionnant.

Plus de chroniques sur le site de la médiathÚque

G. Abitbol
MédiathÚque La Madeleine 26 mai 2016

- Chronologie électronique

Cinq ans aprĂšs sa premiĂšre parution, cet ouvrage didactique et trĂšs complet sur l’histoire des musiques Ă©lectroniques, est rééditĂ©. L’auteur, Guillaume Kosmicki, est musicologue, enseignant et confĂ©rencier. Ce spĂ©cialiste, qui a Ă©galement rĂ©digĂ© un livre sur le mouvement free party, aborde la musique Ă©lectronique sous l’angle historique avec une approche universitaire trĂšs accessible. Pour la remise Ă  jour de l’ouvrage. il a rajoutĂ© une postface d’une quinzaine de pages dans laquelle il traite de la pĂ©riode rĂ©cente avec l’apparition de I’EDM, Ia French Touch 2.0, le dubstep et la bass music, les croisements entre classique et Ă©lectronique, la mondialisation et les fusions.

Trax Janvier 2016

- Musiques électroniques

David Blot laisse la parole à Jean Rouzaud pour vous présenter la nouvelle édition du livre de Guillaume Kosmicki. Débat autour de Musiques électroniques en introduction du Nova Club.

*Réécoutez le Nova Club*

Jean Rouzaud
Radio Nova // Nova Club 18 février 2016

- Un siÚcle de bidouille électronique

De l’avant-garde aux dancefloors.

Avec la réédition, augmentĂ©e et complĂ©tĂ©e, de cette encyclopĂ©die de 400 pages, l’editeur le Mot et le Reste met Ă  l’honneur cette tentaculaire musique Ă©lectronique.

L’auteur, Guillaume Kosmicki, spĂ©cialiste enseignant, avait dĂ©jĂ  frappĂ© avec les Free Parties, et montrĂ© son admiration pour les musiques savantes( tome 1 et 2)

Avec un index de 15 pages, bourrĂ©es de noms propres on Ă©value l’historique : des premiers enregistreurs, puis Ă©metteurs et autres modulateurs Ă©lectroniques pour en arriver Ă  la danse planĂ©taire d’aujourd’hui, quel chemin parcouru !

Un chapitre de Technologie et d’amĂ©liorations, puis de popularisation: les engins sont de bonnes bases pour crĂ©er. C’est tout le dĂ©but du siĂšcle, avec les savants fous qui bricolent des machines.

Un chapitre des prĂ©curseurs avant gardistes : Futuristes, VarĂšse, Stockhausen John Cage
un discours de l’auteur parfois trop respectueux, car il y eut bien des voies de garage, et de la branlette intellectuelle stupide!

Un chapitre hard d’électroacoustique : pure Ă©lectronique, hauts parleurs, et sons industriels, bandes enregistrĂ©es et cassettes, puis ordinateurs, il faut s’accrocher , c’est le HARDWARE !

L’explosion des annĂ©es 50 : AprĂšs la guerre tout est perfectionnĂ© et prĂȘt. Et voilĂ  les bruitages, musique concrĂšte, bandes et expĂ©rimentations chiantes mais qui vont donner des idĂ©es.

Les années 70 : les musiciens reprennent le pas sur les savants et balancent la purée : Kraftwerk , Krautrock , Dub, Fusion, Progressif et Indus !!!

Les annĂ©es 80 ou l’avĂšnement : cette fois ce sont les amateurs et le public qui en veulent ! Avec les synthĂ©tiseurs c’est la ruĂ©e. Boites Ă  rythmes, New Wave, Rap, Post Punk, Synth Pop, Electro et Body, Transe et Techno


Les annĂ©es 90 : Cette fois, les clubs s’en mĂȘlent et les DJ’s ont du GOUT pour atteindre les foules. Garage, House, Dance, Jungle, Drum and Bass
 C’est l’émergence d’un genre Ă  part entiĂšre ?

Ces « pĂ©dagogiques chapitres » se terminent par les effets Rave et Free Parties, puis l’évolution des styles, jusqu’à des mĂ©langes indĂ©mĂȘlables d’influences.

L’auteur y oublie un peu le fait que souvent l’Electronique a eu – et dĂšs le dĂ©but -besoin de vrais sons de voix, cordes ou percussions pour Ă©merger de l’informe absolu ou de l’abstrait total. Il l’évoque, mais c’est un des nƓud de l’Electro
 ( un des effets de surplace se produit quand les computers se donnent un mal fou Ă  imiter cloches, violons, voix et autres cornemuses ! )

Bref pour un nĂ©ophyte comme moi, pour qui les sons synthĂ©tiques ont produit 2 grands effets : la Techno BOUMBOUM, et les nappes PLANANTES,- et finalement j’aime les deux -, frĂ©nĂ©sie de percussions ou au contraire interminables glissendos, cette compilation d’infos reste un dictionnaire, une base de rĂ©fĂ©rences.

Conclusion : toute cette technologie ne sert – en bout de course – qu’ Ă  nous mettre dans des Ă©tats d’excitation et d’euphorie, rĂ©servĂ©es jusque-lĂ  aux seules les substances chimiques actives : les drogues et alcools !


Je me trompe ?


Retrouvez cet article sur le site de Nova

Jean Rouzaud
novaplanet.com 11 février 2016

- Machine Musik

Guillaume Kosmicki Ă©tait l’invitĂ© d’Elizabeth Tchoungui sur France Culture pour une Ă©mission qui passe en revue la scĂšne musicale allemande Ă  l’occasion des Ă©lections lĂ©gislatives.

Mandaté pour ses ouvrages Free Party et Musiques électroniques, Guillaume Kosmicki analyse la scÚne électronique actuelle.

À réécouter au plus vite !

Elizabeth Tchoungi
France Culture // Sur écoute 21 septembre 2013

- Extatique : Les musiques électroniques

L’histoire des musiques Ă©lectroniques a rĂ©ellement commencĂ© Ă  ĂȘtre Ă©crite sous des formes trĂšs souvent parcellaires dans les annĂ©es quatre-vingt-dix, alors que le phĂ©nomĂšne techno devait passer par l’explication de texte pour ĂȘtre mieux compris politiquement et socialement. Ou bien lorsque les tribulations des post-rockers les amenaient Ă  se tourner vers le passĂ© pour mieux se comprendre eux-mĂȘmes. Il fallait donc un peu de distance, une bonne dose de pĂ©dagogie et aussi une implication directe dans la rĂ©alitĂ© du phĂ©nomĂšne pour enfin aboutir Ă  cette somme que constitue Musiques Ă©lectroniques : des avant-gardes aux dance floors. Guillaume Kosmicki (un nom que les adeptes de musiques de transe peuvent mĂȘme considĂ©rer comme prĂ©destinĂ©) Ă©tait bien placĂ© pour relever le dĂ©fi.
ImpliquĂ© dans le mouvement free party, musicologue et confĂ©rencier, il avait manifestement les qualitĂ©s requises, et les met d’ailleurs dĂ©jĂ  Ă  profit dans son activitĂ© d’orateur Ă  l’agenda bien Ă©toffĂ©. Il prend les choses par le bon bout et assoie sa dense synthĂšse sur un plan sans doute Ă©prouvĂ© lors de multiples explications Ă  voix haute. Il stabilise en prĂ©liminaire une dĂ©finition tout Ă  fait limpide des musiques Ă©lectroniques, puis en sape littĂ©ralement les fondements le paragraphe suivant pour mieux en Ă©clairer la multiplicitĂ©. Vient ensuite une longue partie sur la rĂ©volution technologique, partie qui ne pouvait
pas ĂȘtre plus judicieuse pour aborder d’entrĂ©e de jeu le nerf de la guerre, ou plutĂŽt le choix des armes sur le champ de bataille. Se dĂ©ploie enfin le long dĂ©roulĂ© chronologique des styles et des pratiques musicales constituant cette grande histoire. Les futuristes italiens, la musique concrĂšte, les DJ, le hip-hop, en passant par la popularisation du son Ă©lectronique et par d’autres subdivisions moins balisĂ©es, l’affaire est rondement menĂ©e. Guillaume Kosmicki fait preuve de la prĂ©cision, de la justesse et de l’esprit de synthĂšse qui Ă©taient nĂ©cessaires pour faire tenir en quatre-cent pages une histoire trĂšs riche et
aux ramifications qui souvent s’ignoraient les unes les autres. Il apporte surtout au fil de son rĂ©cit des clĂ©s de comprĂ©hension Ă©tayant l’ensemble
de l’édifice. On notera par exemple son bel Ă©clairage de musicologue sur l’importance du timbre dans la musique occidentale, un aspect qui est rarement abordĂ© dans ce type d’ouvrage. Voici donc sans doute la premiĂšre vĂ©ritable histoire des musiques Ă©lectroniques, parce que particuliĂšrement complĂšte et bĂ©nĂ©ficiant du recul nĂ©cessaire d’un «praticien-chercheur ».

FRANCEMUSIQUE

Laura Jachymiak
FRANCE MUSIQUE 30 juillet 2011

- Musiques électroniques

Jeudi 23 aoĂ»t 2012, Guillaume Kosmicki Ă©tait invitĂ© Ă  l’émission Le Grand Bain consacrĂ©e Ă  la techno pour rĂ©pondre Ă  la question : “La techno est-elle devenue une musique officielle?”

ÉCOUTER L’ÉMISSION

Sonia Devillers
France Inter // Le Grand Bain 23 août 2012

- Musiques électroniques

Guillaume Kosmicki, musicologue, Ă©tait dĂ©jĂ  intervenu dans L’Atelier du Son, pour donner quelques repĂšres au sujet d’Hakim Bey, des Zones autonomes temporaires et de ses “Sermons radiophoniques”. Quelques minutes seulement. On s’était promis de le rĂ©inviter, en prenant plus de temps, pour revenir sur la somme qu’il a fait paraĂźtre il y a quelque temps et qui est sur le point d’ĂȘtre rééditĂ©e : Musiques Ă©lectroniques, des avant-gardes aux dance floors (Ă©d. Le Mot et le Reste). C’est ce qu’on fait – enfin – ce soir.

La clartĂ©, voilĂ  la vertu de ce livre. En questionnant l’effet de l’impulsion Ă©lectrique entrĂ©e dans le champ du sonore, Guillaume Kosmicki Ă©tablit des passerelles (entre les genres, entre les individus et entre les pĂ©riodes) et donne Ă  voir la marche de la crĂ©ation sonore et musicale au XXe siĂšcle. Un des mouvements du livre est de montrer comment la part de l’expĂ©rience et de la recherche glisse progressivement vers l’expression musicale populaire. Et que de VarĂšse au sample hip-hop, il y a des liens. Que de Dada au drone, on peut tracer une ligne. Que Fluxus et Kraftwerk ne sont pas si Ă©loignĂ©s.

Bien sĂ»r, Guillaume Kosmicki ne fait pas l’impasse sur les traces de l’époque dans l’expression sonore et musicale : effets de ruptures, de provocation, introduction du bruit du monde dans les partitions
 Pour arriver Ă  la pĂ©riode actuelle, marquĂ©e par les reprises, les croisements, les hybridations, le partage, la fĂȘte. Jusqu’à aujourd’hui, oĂč il annonce que nous sommes “à une pĂ©riode charniĂšre” : “le calme avant la tempĂȘte”.

Ce soir, nous vous proposons une bande originale possible de “Musiques Ă©lectroniques, des avant-gardes aux dance floors”, commentĂ©e avec l’auteur, Ă©videmment.

ÉCOUTER L’ÉMISSION

Thomas Baumgartner
France Culture // L'Atelier du son juin 2012

- L'Objet sonore

De la fin du XIXe siĂšcle (premiers sons gravĂ©s) au milieu du suivant (essor de l’informatique), les avancĂ©es technologiques ont rĂ©volutionnĂ© notre art de l’écoute. Les musiques Ă©lectroniques voient en effet le jour, que Guillaume Kosmicki dĂ©finit comme « reposant sur des sons d’origine acoustique ou de synthĂšse sonore, traitĂ©s (rĂ©verbĂ©ration, filtrage, transposition, etc.) puis enregistrĂ©s sous forme d’un signal analogique ou numĂ©rique (ou enregistrĂ©s puis traitĂ©s), et destinĂ©s Ă  ĂȘtre amplifiĂ©s puis retransmis par le biais de haut-parleurs ».

L’auteur suit les Ă©tapes d’une aventure d’abord liĂ©es aux sciences. L’une des premiĂšres est le brevet du Phonographe dĂ©posĂ© en 1878 par Thomas Edison – pour qui la conservation de la musique n’est pas une prioritĂ©. Moins de dix ans plus tard, le Gramophone d’Émile Berliner rejette le cylindre au profit du disque. Puis apparaissent le premier instrument Ă©lectrique (autour de 1905), l’enregistrement avec micro – dont certains chanteurs de variĂ©tĂ© sauront tirer partie –, le support magnĂ©tique puis numĂ©rique.

Toutes ces dĂ©couvertes permettent dĂ©sormais artifices (trucage d’une voix lyrique, rĂ©sonnance d’une cloche dĂ©pourvue d’attaque, invention ircamienne d’un gong d’un kilomĂštre de diamĂštre, etc.) et crĂ©ations. AprĂšs la conquĂȘte du timbre et de la dissonance par les romantiques, les compositeurs vont fouiller plus avant la matiĂšre sonore, que se soit VarĂšse avec le Theremin Vox, Cage avec deux tourne-disques, Stockhausen avec un hĂ©licoptĂšre, etc.

EntamĂ©es sur les dissensions musique concret / elektonische musik, les annĂ©es cinquante permettent Ă  la musique populaire de conquĂ©rir l’électro-acoustique. La seconde partie du livre Ă©voque ces courants aux diffĂ©rences de plus en plus subtiles – jazz fusion, krautrock, gansta rap, cold wave, acid house, downtempo, dubstep, etc. –, intĂ©grant guitares saturĂ©es, scratches et synthĂ©s. Ici comme souvent, Ă©conomie et sociologie Ă©clairent les Ă©mergences artistiques.

FĂ©licitons l’auteur (spĂ©cialiste du phĂ©nomĂšne techno et de sesfree parties qui dĂ©rangent
) pour cette traversĂ©e passionnante et lucide d’un siĂšcle qu’enrichissent aussi bien Reich et Ligeti que stars de la Motown et DJ de JamaĂŻque. La formule est souvent galvaudĂ©e, mais pour qui souhaite un panorama exhaustif des avant-gardes aux dance floors, richement illustrĂ©, son ouvrage est indispensable.

ANACLASE

Laurent Bergnach
ANACLASE

- Musiques électroniques

Dans son Ă©mission du 15 octobre, StĂ©phane recevait Guillaume Kosmicki pour parler d’Hakim Bey, de raves et de musiques Ă©lectroniques.

Lien permanent pour réécouter l’émission

Stéphane Allégret
Radio Libertaire // Bulles noires 15 octobre 2011

- Musiques électroniques

Dans la deuxiĂšme partie de l’émission, le musicologue Guillaume Kosmicki revient sur les Sermons radiophoniques d’Hakim Bey, qui paraissent aux Ă©ditions Le Mot et le Reste et dont il signe l’introduction. Hakim Bey, thĂ©oricien amĂ©ricain, inventeur du concept de “Zones d’autonomes temporaires”, explique ici “l’immĂ©diatisme”, ou l’art comme jeu quotidien. Guillaume Kosmicki explique en quoi la parole d’Hakim Bey entre en Ă©cho avec les free parties et la musique Ă©lectronique.

L’Atelier du son
Lien permanent sur le site de Guillaume Kosmicki

THOMAS BAUMGARTNER
France Culture // L'Atelier du son 16 septembre 2011

- Entretien avec Guillaume Kosmicki

*Agents d’entretiens, le portail d’interviews pour balayer les idĂ©es reçues, a interrogĂ© Guillaume Kosmicki.
Extraits*

Enseignant et confĂ©rencier, Guillaume Kosmicki est un spĂ©cialiste des musiques Ă©lectroniques, dont les deux ouvrages parus sur la question (Musiques Ă©lectroniques – Des avant-gardes aux dance floors et Free parties – Une histoire, des histoires) font figure de rĂ©fĂ©rences pour tous les aficionados de ce courant musical si intimement liĂ© Ă  la fĂȘte. De la thĂ©orie Ă  la pratique, il n’y a qu’un pas que l’enseignant franchit volontiers en troquant sa tenue de confĂ©rencier pour celle de DJ Tournesol, son pseudo une fois la nuit tombĂ©e. En cette pĂ©riode estivale qui voit fleurir comme des champignons magiques les plus gros festivals de musiques Ă©lectroniques, il Ă©tait donc de rigueur de faire un tour d’horizon sur la techno d’hier, d’aujourd’hui et de demain, afin de mieux comprendre l’engouement exponentiel pour ce mouvement qui se veut d’abord libertaire. En piste !

À quelle pĂ©riode les premiĂšres musiques dites Ă©lectroniques sont-elles apparues ?
Tout dĂ©pend de ce que l’on entend par “musiques Ă©lectroniques”. Historiquement, la premiĂšre fois que l’on a utilisĂ© le terme, c’était en 1951, Ă  Cologne, en Allemagne, dans le laboratoire de la WDR, Ă  propos d’une musique entiĂšrement rĂ©alisĂ©e Ă  partir de synthĂ©tiseurs. Le projet Ă©tait initiĂ© par l’universitaire Herbert Werner-Eppler, le technicien Robert Beyer et le compositeur Herbert Eimert. Ils ont vite Ă©tĂ© rejoints par de nombreux autres compositeurs, comme Karlheinz Stockhausen en 1952, puis Henri Pousseur et Karel Goeyvaertz en 1954. Le projet a essaimĂ© ensuite dans de nombreux autres pays, comme en Italie en 1955, au studio de la RAI Ă  Milan, avec Luciano Berio, Bruno Maderna et Luigo Nono. Inutile de prĂ©ciser que les musiques qui sortaient alors de ces studios, reposant sur des processus compositionnels trĂšs savants et souvent inspirĂ©s par le sĂ©rialisme intĂ©gral alors en vogue chez les compositeurs d’avant-garde, Ă©taient trĂšs Ă©loignĂ©es de la techno et de la house. Mais, d’un point de vue technologique, on pourrait aussi dans l’absolu parler de musiques Ă©lectroniques, Ă  partir du moment oĂč l’on a commencĂ© Ă  utiliser des instruments reposant sur des nouvelles lutheries en appelant Ă  l’électricitĂ©. Les premiers essais sont le TĂ©lĂ©graphe musical d’Elisha Grey en 1876, le Dynamophone de Thaddeus Cahill en 1905, l’Audion piano de Lee de Forest en 1915 (l’inventeur de la triode, et donc de l’amplification d’un signal sonore), puis le ThereminVox de LĂ©on Theremine en 1920. DĂšs lors, les nouvelles inventions ne vont cesser d’apparaĂźtre dans les annĂ©es qui suivent, et de nombreuses Ɠuvres de compositeurs vont intĂ©grer ces instruments, et parfois reposer entiĂšrement sur leur utilisation (que l’on pense par exemple Ă  des Ɠuvres d’Olivier Messiaen sur Ondes Martenot, ou Ă  celles de Paul Hindemith et d’Oskar Sala sur Mixturtrautonium). L’utilisation de ces nouvelles lutheries a commencĂ© Ă  se gĂ©nĂ©raliser dans tous les genres musicaux Ă  la fin des annĂ©es 1960, au moment oĂč elles se sont multipliĂ©es et vendues Ă  grande Ă©chelle (synthĂ©tiseurs Moog, puis Arp, Oberheim etc.). Au-delĂ  des musiques savantes, le rock, le jazz, le funk, la soul et bien d’autres genres les ont alors adoptĂ©es sans discontinuer. On parle en effet couramment de “techno rock” dans les annĂ©es 1970 ou d’“electro-pop” dans les annĂ©es 1980.
La musique Ă©lectronique englobe aussi l’utilisation de l’enregistrement, non plus comme support de reproduction sonore, mais comme outil de crĂ©ation musicale. Au-delĂ  du prĂ©curseur John Cage, qui a utilisĂ© des platines de tourne-disques dans une Ɠuvre dĂšs 1939, les expĂ©riences ont Ă©tĂ© nombreuses Ă  partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, comme la musique concrĂšte de Pierre Schaeffer en 1948 (rejoint par Pierre Henry en 1949) ou les premiers gestes virtuoses des disc-jockeys jamaĂŻcains Ă  la mĂȘme pĂ©riode, qui transformeront ce personnage en un vĂ©ritable acteur musical. Les studios d’enregistrement deviennent des vĂ©ritables espaces de crĂ©ation Ă  la mĂȘme pĂ©riode. Finalement, ce que l’on appelle aujourd’hui “musiques Ă©lectroniques” ne se concentre que sur des musiques apparues autour de 1985, au moment oĂč se sont trĂšs largement dĂ©mocratisĂ©es les nouvelles technologies musicales, avec l’apparition du concept de “home studio”, permis par l’utilisation d’une nouvelle norme de communication entre les diffĂ©rents instruments, permettant de les synchroniser (le MIDI), et les premiĂšres possibilitĂ©s de l’informatique musicale. Et encore, on ne parlait pas de “musiques Ă©lectroniques” mais de musiques “techno” et “house”. Le terme ne s’est imposĂ© qu’en 1995-96 en France, alors que la rave avait trĂšs mauvaise presse et qu’il fallait, pour certains organisateurs, donner des lettres de noblesse Ă  ces musiques. Ainsi, en utilisant cette dĂ©finition gĂ©nĂ©rique, on rattachait artificiellement cette electronic dance music Ă  une longue tradition historique. On a vu sortir dans la presse d’énormes raccourcis comme celui qui veut que Pierre Henry soit “le grand-pĂšre de la techno”. Le lien rĂ©el qui existe entre toutes ces musiques est la technologie, et c’est surtout ce qu’il faut en retenir. Il y a aussi la tendance gĂ©nĂ©rale de musiques reposant sur le timbre plus que sur d’autres paramĂštres. (
)

Pour consulter l’intĂ©gralitĂ© des Ă©changes avec Guillaume K. sur les musiques Ă©lectroniques et les free parties :
Agents d’entretiens

Agents d'entretiens mai 2011

- La Clef des sons

Voici une sĂ©rie de trois Ă©missions oĂč l’on met l’ouvrage de Guillaume Kosmicki en confrontation avec des morceaux issus de l’Anthology of Noise & Electronic Music en 6 volumes parue sur le label belge Sub Rosa 


A écouter absolument !

émission 1
émission 2
émission 3

Jet FM février et mars 2011

- Essai en février : travellers, raves et free parties

Un musicien free universitaire

On a dĂ©couvert Guillaume Kosmicki avec la sortie d’un des meilleurs ouvrages Ă©crits sur la musique Ă©lectronique (et en passionnĂ©, on peut dire qu’on en a lu un paquet
) : Musiques Ă©lectroniques, des avant-gardes au dancefloor. Il tentait d’y dĂ©finir les musiques Ă©lectroniques Ă  partir de la naissance de l’enregistrement et du changement d’esthĂ©tique basĂ©e non plus sur la hauteur des notes mais sur le timbre, sur la matiĂšre sonore. On avait apprĂ©ciĂ© que dans cet ouvrage, musiques populaires et musiques dites « savantes » aient une place identique. Le musicologue parlait aussi bien de Ligeti, de Fluxus, de musique Ă©lectro-acoustique, de musique rĂ©pĂ©titive, que de krautrock, de house ou de techno
 On avait apprĂ©ciĂ© cette grande ouverture d’esprit Ă  toutes les musiques ainsi que l’approche historique et universitaire qui reste Ă  chaque chapitre parfaitement accessible.

Musicologue, confĂ©rencier et universitaire, Guillaume Kosmicki est aussi musicien. Membre du collectif öko system, groupe punk/electronique marseillais, il a Ă©galement participĂ© de prĂšs Ă  la scĂšne des free parties et des teknivals. Il continue d’ailleurs de se produire sous le nom de Tournesol dans des Ă©vĂ©nements alternatifs, des free parties ou des squats, dans un registre moins hardtek/hardcore qu’à ses dĂ©buts mais plus techno acid et dancefloor. On a lu qu’il avait fait ses Ă©tudes de 2Ăšme et 3Ăšme cycle en courant « les raves, les free parties et les teknivals Ă©quipĂ© d’un appareil photo, d’un carnet de notes et d’un magnĂ©tophone pour recueillir des tĂ©moignages » 
 On a donc Ă©tĂ© que peu Ă©tonnĂ© en voyant le titre de son nouvel ouvrage, paru lui aussi chez Le Mot et le Reste, Ă©diteur, qui comme Allia, propose dĂ©sormais une collection impressionnante d’ouvrages musicaux de qualitĂ©.

La free party appréhendée à travers les témoignages
Free Party, une histoire, des histoires. Et c’est d’abord la premiĂšre chose qui frappe Ă  la lecture de ce livre. S’il est synthĂ©tique car il regroupe une multitude de tĂ©moignages en un mĂȘme ouvrage, ce livre ne cherche pas Ă  synthĂ©tiser, Ă  circonscrire l’histoire du mouvement des free parties dans une seule voix. Guillaume Kosmicki a en effet choisi de prĂ©senter son livre sous forme d’une quarantaine de tĂ©moignages d’acteurs de ce mouvement. Dans le registre rock, on pense Ă  Please Kill Me qui donnait Ă  lire les diffĂ©rentes voix du punk new yorkais. On pense aussi dans un registre plus sociologique aux ouvrages de Studs Terkel, Ă©crivain amĂ©ricain rassemblant des tĂ©moignages divers et nombreux sur le concept de race ou sur la Grande DĂ©pression. Studs Terkel voulait Ă©crire une « histoire orale » de la Grande DĂ©pression. On pourrait dire que l’ouvrage de Guillaume Kosmicki souhaite dĂ©livrer une « histoire orale de la free party » .

Free party mur
Guillaume Kosmicki y donne la parole Ă  des acteurs trĂšs divers : des membres de la Spiral Tribe, le mythique collectif anglais, d’autres des sound-systems français OKP, Teknocrates, les Galettes Bretonnes, Tomahawk ou Heretik, d’autres de Penguins Records, du label Kanyar, les fondateurs du webzine Defcore, celui de CRS (Cirkus Road System) – collectif de performances artistiques -, de Full Vibes, de Facom Unit, l’instigateur de la radio l’Eko des Garrigues, des travellers ou teufeurs plus anonymes, pour n’en citer que quelques uns. On reconstruit donc progressivement ce qui s’est passĂ© Ă  travers ces tĂ©moignages, parfois concordants, parfois opposĂ©s.

Ces tĂ©moignages recueillis, Guillaume Kosmicki a ensuite dĂ©cidĂ© de les dĂ©couper, de les rĂ©organiser autour de thĂšmes, Ă©vĂšnements, histoires d’un sound-system particulier : le teknival de Millau, le label Kanyar, les premiĂšres expĂ©riences de rave, le collectif des teknocrates, le chill out, la scission rave/free party, les drogues, la musique jouĂ©e
 etc. Chaque sous-chapitre est ainsi racontĂ© par diverses voix qui dĂ©fendent parfois des avis diffĂ©rents. La partie sur les raves vs free parties donne ainsi Ă  entendre la voix de la Tribu des Pingouins Ă  l’origine d’une des plus grosses raves (entendez payante) du sud de la France, Borealis, celles des teufeurs qui passent des free (entendez sur donation) aux raves sans distinction, d’autres qui pestent quand le public de ravers dĂ©barque dans les free
 Et la force du livre est de ne pas hiĂ©rarchiser ces diffĂ©rents tĂ©moignages mais de leur laisser Ă  tous une place Ă©quivalente « Ă  l’image de l’utopie de la free party » ainsi que le suggĂšre la quatriĂšme de couverture.

NO SACEMINSIDE
Free par NeSs’tahLe livre se dĂ©coupe en trois parties distinctes : La dĂ©couverte, Franchir le pas, Et aprĂšs
, mais est aussi complĂ©tĂ© par une chronologie dĂ©taillĂ©e qui permet de remettre tout ce qu’on a lu dans l’ordre et de replacer les faits marquants (prĂ©misses, dĂ©veloppements du mouvement, les teknivals qui ont fait date, la crĂ©ation de certains sound-systems, ou les « dĂ©cisions politiques et lĂ©gislatives ayant des consĂ©quences sur l’évolution du mouvement » ). Suivent aussi une bibliographie, une « webographie » , plusieurs photos couleurs de diffĂ©rents teknivals, sound systems, etc. On notera aussi l’utilitĂ© du glossaire pour qui n’est pas forcĂ©ment familier de la diffĂ©rence entre sound-system (systĂšme de sonorisation mobile complet, vĂ©hicule qui le transporte et personnes qui s’en servent), teknival ( « Free party gĂ©ante de plusieurs jours regroupant plusieurs sound-systems Ă  l’invitation de l’un deux ») ou free party ( « fĂȘte techno clandestine et sur donation (
) libre sur les conditions d’accĂšs »)


Et comme l’histoire des free est aussi une histoire musicale, Guillaume Kosmicki a choisi de glisser un disque Ă  la fin de son ouvrage afin de donner un aperçu sonore des diffĂ©rents musiciens, des divers styles et des diffĂ©rentes Ă©poques de la free party. On notera que le disque, en accord avec les principes des acteurs de la free party, ne contient que des morceaux non dĂ©clarĂ©s Ă  la SACEM.

Des histoires individuelles
Les trois parties de l’ouvrage permettent de recentrer les propos autour de grandes lignes directrices. La dĂ©couverte retrace pour chacun des acteurs cette rencontre Ă©motionnelle souvent puissante avec la tekno et la free party. On y sourit en lisant ces parcours divers qui ne se ressemblent pas : de Marko qui dĂ©couvre le son acid une nuit sur France Culture Ă  Benji qui vient de la mouvance rock’n roll et qui voit impuissant ses amis un Ă  un « tomber dans la techno », de CCil et son « dĂ©clic » pendant le nouvel an 94 Ă  Berlin avec les Spiral Tribe Ă  Josy d’origine antillaise qui suit un pote lui ayant affirmĂ© « Il y a deux mille blancs qui dansent dans un entrepĂŽt » et qui ne peut en croire ses oreilles
 Une des rĂ©ussites de ce chapitre, c’est que sont juxtaposĂ©s les tĂ©moignages de diffĂ©rentes Ă©poques : les paroles des teufeurs « premiĂšre gĂ©nĂ©ration » sont mĂ©langĂ©es avec les rĂ©cits d’une dĂ©couverte de la tekno par de nouveaux adeptes plus d’une dĂ©cennie plus tard. On y retrouve pourtant beaucoup de points communs. Pour autant, tous ne viennent pas pour les mĂȘmes raisons, tous ne partagent pas les mĂȘmes valeurs, mais qu’importe, car comme le rappelle l’un des tĂ©moignages : « free », ça ne veut pas dire « gratis » mais « libre » . La variĂ©tĂ© des aspirations des acteurs de cette contre-culture l’illustre constamment.

Free
Dans la deuxiĂšme partie du livre, Franchir le pas, Guillaume Kosmicki rassemble les tĂ©moignages de ceux qui s’engagent le plus souvent corps et Ăąmes dans l’aventure. Autrefois simples teufeurs, ces individus deviennent Ă  leur tour acteurs des free parties. La tekno les a amenĂ©s Ă  ce basculement « plus ou moins rapide et plus ou moins radical » . Certains restent sĂ©dentaires, mais la plupart prennent la route et deviennent des travellers ou plus exactement des « tekno travellers ». Ils sillonnent l’Europe et parfois le monde entier pour organiser des free un peu partout. Certains « appartiennent » Ă  un sound-system, d’autres Ă©voluent en « Ă©lectrons libres » . Certains ont dĂ©jĂ  des enfants qu’ils emmĂšnent avec eux. D’aucuns vivent en communautĂ©s nomades, d’autres dans des squats. Tous ont cependant choisi une vie sans confort et loin des valeurs du consumĂ©risme.

habiter-le-nomadisme-exemple-habitat-mobile-travellers-mouvement-techno3Dans la derniĂšre partie du livre, Et aprĂšs, on retrouve nos travellers, ravers et free parteux Ă  un moment diffĂ©rent de leurs existences : dĂ©sillusion pour certains, mais surtout activisme encore pour la plupart d’entre eux. MĂȘme si les actions ont souvent changĂ©. D’aucuns montent des sound-systems sĂ©dentaires, d’autres quittent l’Europe et partent avec leurs camions sur d’autres continents, d’autres encore s’inscrivent dans un mouvement plus gĂ©nĂ©ral de squat artistique (voir l’excellent chapitre sur « La Villa » rennaise et Lâ€˜Ă©laboratoire). Les Rennais y dĂ©couvriront aussi le parcours d’un disquaire aux oreilles sans angle mort, ou celui de sound-systems bretons nĂ©s aprĂšs « la loi » (2001, l’amendement Mariani impose aux organisateurs des free parties une dĂ©claration prĂ©alable en prĂ©fecture sous peine de saisie de matĂ©riel) mais qui existent et alternent fĂȘtes lĂ©gales et illĂ©gales.

Pourtant, note Guillaume Kosmicky, « si diverses soient-elles, bien des voies choisies par les acteurs de la free au sortir de cette pĂ©riode de leur vie sont pour eux une suite logique de leur investissement et (
) ils y retrouvent les valeurs auxquelles ils ont adhĂ©rĂ© » . On suit ces voies et ces parcours avec un intĂ©rĂȘt grandissant au fil des pages, heureux d’apprĂ©hender cette rĂ©alitĂ© par des voix multiples, diffĂ©rentes, qui donnent toute son Ă©paisseur Ă  ce mouvement complexe.

Alors, la free party, une histoire ? Non, résolument, des histoires.
alter1fo.com

Isa
Alter1fo février 2011

- Musiques savantes, dance floor, Allez, debout lĂ -dedans !

MatinĂ©e festive autour des Musiques Electroniques. Guillaume Kosmicki nous dĂ©voile l’histroire, les Ă©volutions techniques, sociologiques et musicales du XX siĂšcle. Passionnant son livre est, passionnante l’émission fut. En plus, on a fait les auditeurs dancer dĂšs 8h du mat ! De quoi se rĂ©chauffer en ce dĂ©but d’annĂ©e plongĂ© dans la grisaille hivernale


Pour accĂ©der au podcast de l’émission, cliquez ci-dessous :

canal B

Canal B 5 janvier 2011

- Musiques électroniques

L’histoire des musiques Ă©lectroniques a commencĂ© depuis longtemps Ă  ĂȘtre Ă©crite mais sous des formes trĂšs parcellaires. D’abord dans des ouvrages spĂ©cialisĂ©s dans lesquels un ou plusieurs chapitres portaient sur les compositeurs de « musique savante » s’appuyant sur les technologies nouvelles. Puis dans un domaine plus « grand public » Ă  partir des annĂ©es quatre-vingt-dix dans des magazines (Coda, Trax
) et ouvrages (Techno rebelle d’Ariel KYROU notamment) alors que le phĂ©nomĂšne de la Techno devait passer par l’explication de texte pour ĂȘtre mieux compris politiquement et socialement (et pour y gagner une certaine lĂ©gitimitĂ©). ParallĂšlement aussi, les tribulations des post-rockers amenaient Ă  se tourner vers le passĂ© pour mieux comprendre un mode de crĂ©ation de plus en plus liĂ© Ă  la technologie mais qui faisait toujours la part belle Ă  l’instrumental.

Il fallait donc un peu de distance, une bonne dose de pĂ©dagogie et aussi une implication directe dans la rĂ©alitĂ© du vaste phĂ©nomĂšne des « musiques Ă©lectroniques » pour enfin aboutir Ă  cette somme que constitue Musiques Ă©lectroniques: des avant gardes aux dance floors. Guillaume KOSMICKI (un nom que les adeptes de musiques de transe peuvent mĂȘme considĂ©rer comme prĂ©destinĂ©) Ă©tait bien placĂ© pour relever le dĂ©fi. ImpliquĂ© dans le mouvement free party, musicien sous le nom de TOURNESOL et impliquĂ© dans le collectif OKO SYSTEM, musicologue et confĂ©rencier, il avait manifestement les qualitĂ©s requises et il les mettait d’ailleurs dĂ©jĂ  Ă  profit dans son activitĂ© d’orateur Ă  l’agenda bien Ă©toffĂ©.

Guillaume KOSMICKI prend les choses par le bon bout et assoie sa dense synthĂšse sur un plan sans doute Ă©prouvĂ© lors de multiples explications Ă  voix haute. Il stabilise en prĂ©liminaire une dĂ©finition tout Ă  fait limpide des musiques Ă©lectroniques, puis en sape littĂ©ralement les fondements le paragraphe suivant pour mieux en Ă©clairer la multiplicitĂ©. Vient ensuite une longue partie sur la rĂ©volution technologique, partie qui ne pouvait pas ĂȘtre plus judicieuse pour aborder d’entrĂ©e de jeu le nerf de la guerre, ou plutĂŽt le choix des armes sur le champ de bataille (bandes magnĂ©tiques, synthĂ©tiseurs, samplers, home studio
).

Se dĂ©ploie enfin le long dĂ©roulĂ© chronologique des styles et des pratiques musicales constituant cette grande histoire. Les futuristes italiens, la musique concrĂšte, les DJ, le hip-hop, en passant par la popularisation du son Ă©lectronique. Mentionnons au passage le sous chapitre « Radio, cinĂ©ma, Ă©lectronique et bruitages » (1950 1980) qui fait dĂ©filer les expĂ©rimentations de, entre autres, Joe MEEK, VANGELIS, Pierre HENRY, Giorgio MORODER
 Chaque chapitre prĂ©sente des subdivisions et autant de sous-genres. Citons en une poignĂ©e: Tape Music, Disco, Funk, Electronic Body Music, Techno de DĂ©troit, Trance Goa, Dubstep


Guillaume KOSMICKI fait preuve de la prĂ©cision, de la justesse et de l’esprit de synthĂšse qui Ă©taient nĂ©cessaires pour faire tenir en quatre cent pages une histoire trĂšs riche et aux ramifications qui souvent s’ignoraient les unes les autres. Ainsi Ă©videmment chaque tribu pourra reprocher au livre de ne pas assez dĂ©tailler son prĂ©-carrĂ© mais chacune pourra aussi connaĂźtre l’essentiel sur les autres. L’auteur apporte surtout au fil de son rĂ©cit des clĂ©s de comprĂ©hension Ă©tayant l’ensemble de l’édifice. On notera par exemple son bel Ă©clairage de musicologue sur l’importance du timbre dans la musique occidentale, un aspect qui est rarement abordĂ© dans ce type d’ouvrage. Voici donc sans doute la premiĂšre vĂ©ritable histoire des musiques Ă©lectroniques, parce que particuliĂšrement complĂšte et bĂ©nĂ©ficiant du recul nĂ©cessaire d’un « praticien chercheur ».

Éric Deshayes
Traverses mai 2010

- librairie: lu, retenu, soutenu

Irma

Site Irma septembre 2009

- Musiques électroniques

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FĂ©licitons l’auteur (spĂ©cialiste du phĂ©nomĂšne techno et de ses free parties qui dĂ©rangent
) pour cette traversĂ©e passionnante et lucide d’un siĂšcle qu’enrichissent aussi bien Reich et Ligeti que stars de la Motown et DJ de JamaĂŻque. La formule est souvent galvaudĂ©e, mais pour qui souhaite un panorama exhaustif des avant-gardes aux dance floors, richement illustrĂ©, son ouvrage est indispensable.

Anaclase.com

Laurent Bergnach
Anaclase.com avril 2010

- Musiques électroniques

Revue de la BPI

Revue de la BPI

Musique électro à la BPI

Site de la BPI.fr

Site de la BPI (Centre Pompidou) avril 2010

- Musiques électroniques

Ce livre est une de ces bonnes surprises, qui, de loin en loin, nous tombent dans les mains, pour y rester fermement amarrées au fil des pages.

Cette Ă©tude, Ă  l’heure des petites spĂ©cialitĂ©s positives Ă©triquĂ©es, peut sembler ĂȘtre de la dĂ©mesure, dans l’ambition d’un auteur solitaire, qui a pourtant atteint son but.

Le sujet est immense, puisque l’électronique c’est l’amplification, la duplication mĂ©canique par l’enregistrement, le retraitement et la modification des sons, elle permet de crĂ©er des instruments rĂ©els et virtuels, aux timbres nouveaux, mais encore, les ordinateurs sont aussi des outils utiles Ă  la pensĂ©e musicale, ce qu’on appelle la musique assistĂ©e par ordinateur. Les ordinateurs familiaux d’aujourd’hui peuvent ĂȘtre des studios de production sonore extrĂȘmement complets et performants.

Les compositeurs des musiques dites savantes utilisent abondamment l’électronique, mais depuis longtemps dĂ©jĂ , ce sont les ingĂ©nieurs du son, qui, par le disque, donnent un « son » au rĂ©pertoire plus ancien. On sait aussi comment Glenn Gould montait ses enregistrements Ă  partir de nombreuses prises, parfois de quelques mesures. C’est aussi les Ondes Martenot, ou la thĂ©rĂ©mine (thĂ©rĂ©minovox ou « antenne chantante », de Lev ThĂ©rĂ©mine)

L’électronique c’est le Rock, le son saturĂ©, le larsen de Jimi Hendrix, le son du piano Rhodes Fender et de l’orgue Hammond, le mini Moog (ah ! Emerson Lake & Palmer !), le mĂ©lotron (un court temps chez Michel Polnareff), mais c’est aussi en plein, le disco, la techno, le rap, hip-hop, tout l’art des D’js, et une incroyable multitude des styles et variantes.

Guillaume Kosmicki fait preuve d’un bel esprit encyclopĂ©dique, qui n’a rien Ă  voir avec le ramassage wikipĂ©dien. Tout le livre est traversĂ© par l’engagement des idĂ©es personnelles, qui rendent ce livre attachant, mĂȘme si nous ne partageons pas nombre d’entre elles. Il sait aller chercher les informations utiles Ă  son projet, mais aussi les problĂ©matiques.

Ainsi, part-il de l’idĂ©e de la prĂ©occupation des musiciens pour le son, le timbre, bien avant qu’ils aient pu penser Ă  quelque chose comme les moyens de l’électronique. Il perçoit les premiers signes de cette prĂ©occupation chez Beethoven, on peut le contester. Mais il est vrai que les choix instrumentaux de Beethoven sont singuliĂšrement et difficilement interchangeables. DĂ©sintĂ©rĂȘt ou condition d’emploi des compositeurs ?

Peut-ĂȘtre encore n’est-on pas ici au meilleur des sources pour ce qui concerne Joseph Sauveur (le premier acousticien moderne), ou encore dans la vision d’un XVIIIe siĂšcle musical vissĂ© comme un seul homme derriĂšre les conceptions harmoniques de Jean-Philippe Rameau, oĂč il faudrait faire une bonne part aux critiques et au bon sens de Jean-Jacques Rousseau.

Guillaume Kosmicki écrit bien, et réalise le tour de force de présenter clairement et trÚs pédagogiquement cette jungle, en une succession judicieuse, de courts paraphes bien cernés.

musicologie.org

Jean-Marc Warszawski
musicologie.org février 2010

- Musiques électroniques

La somme que constitue ce copieux ouvrage, paru il y a quelques temps comble un manque. Guillaume Kosmicki, avec beaucoup de pédagogie, raconte la longue mutation des musiques électroniques.
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Le lecteur perçoit mieux la partie immergĂ©e de l’iceberg Ă©lectro actuel, pouvant comme le petit poucet retrouver son chemin entre Garage, House, Techno etv toutes leurs expressions hybrides.

Franck Tenaille
César février 2010

- Musiques électroniques

Pression live

Blog - Pression live février 2010

- Musiques électroniques

Un musicologue au nom prĂ©destinĂ© retrace l’histoire des musiques Ă©lectroniques. Ou plus exactement, l’histoire des musiques du XXĂšme siĂšcle Ă  l’aune des innovations technologiques. TrĂšs pĂ©dagogique, trĂšs complet, mais sans doute davantage pour le grand public et les nĂ©ophytes que pour les fans de musique. Et avec quelques approximations et racourcis dommageables Ă  force de vouloir parler de trop de choses.

Il fait peur, le sous-titre de ce livre. En lisant sur la couverture la mention “Des Avant-Gardes aux Dance Floors”, on craint que cette histoire des musiques Ă©lectroniques voudra nous expliquer qu’il y aurait un continuum entre les expĂ©riences de Stockhausen et la techno triomphante des annĂ©es 90, que cette derniĂšre serait le rejeton direct et lĂ©gitime de ces derniĂšres.

Mais non. En fait, c’est mĂȘme tout le contraire. Guillaume Kosmicki, musicologue de son Ă©tat, rappelle Ă  plusieurs reprises Ă  quel point les formules journalistiques façon “Pierre Henry, grand-pĂšre de la techno” avaient tout faux, en quoi elles inventaient une filiation erronĂ©e entre deux mondes qui se sont longtemps ignorĂ©s.

L’histoire racontĂ©e par Guillaume Kosmicki est en fait bien plus vaste. Elle ne parle pas que des musiques Ă©lectroniques au sens oĂč on l’entend usuellement, c’est-Ă -dire des genres nĂ©s des explosions techno et house de la fin des 80’s. Elle ne se contente pas de traiter des musiques Ă©lectroniques stricto sensu, qu’elles soient populaires ou savantes. Non, ça va bien au-delĂ . L’auteur parle en fait de toutes les transformations que la technologie et les nouvelles techniques d’enregistrement ont fait subir Ă  la musique, sans jamais exagĂ©rer les liens de parentĂ© entre les diffĂ©rents genres.

C’est donc quasiment toute la musique de la deuxiĂšme moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle qui dĂ©file, y compris le jazz, ou le rock, quand il s’agit d’expliquer ce que ces genres ont dĂ» Ă  l’amplification et aux nouvelles techniques de manipulation du son, ou de dĂ©tailler les expĂ©riences auxquelles ils se sont adonnĂ©. L’auteur remonte mĂȘme plus loin, jusqu’à Beethoven, jusqu’à des compositeurs anciens restĂ©s fidĂšles Ă  la lutherie occidentale classique, mais qui, par leurs prĂ©monitions, ont annoncĂ© les innovations formelles systĂ©matisĂ©es et popularisĂ©es plus tard par les musiques Ă©lectroniques.

En effet, Kosmicki parle de tout. Il va mĂȘme au-delĂ  de son cƓur de mĂ©tier, la musique et la musicologie, en frĂŽlant les sujets sociologiques liĂ©s Ă  l’émergence du phĂ©nomĂšne rave, en parlant longuement des travellers et de leurs prĂ©ceptes, en abordant des questions de lĂ©gislation.

De fait, comme pour l’ensemble des livres de la collection Formes, celui-ci fait preuve avant tout de pĂ©dagogie, prĂ©fĂ©rant l’explication Ă  la polĂ©mique, adoptant un point de vue consensuel plutĂŽt que de dĂ©fendre des thĂšses. Ce livre, l’auteur aurait pu le sortir chez Que-Sais-Je? s’il avait Ă©crit moins de pages, ou le nommer La Musique Electronique pour les Nuls, puisqu’il s’emploie Ă  faire le tour du sujet, Ă  ne surtout rien laisser de cĂŽtĂ©.

C’est le grand avantage de l’ouvrage, mais c’est aussi son gros dĂ©faut. L’auteur a voulu compiler une somme, mais Ă  force de vouloir tout traiter, il reste parfois superficiel. Tout est traitĂ©, mais vite. Dans les passages consacrĂ©s au rock, notamment, les Ă©tiquettes valsent de façon un peu alĂ©atoire et approximative, quand Bowie et les Talking Heads se retrouvent cataloguĂ©s prog rock, quand Suicide se voit qualifiĂ© de groupe no-wave, tant et si bien qu’on a parfois l’impression de lire cette encyclopĂ©die trĂšs grand public et bien imprĂ©cise qu’est le Quid.

Dominent aussi des partis-pris un peu lĂ©ger, par exemple quand Kosmicki rejette ABBA et Boney M dans le mĂȘme bain d’une disco dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. Apparaissent Ă©galement les traces d’un certain romantisme de gauche qui conduit l’auteur Ă  parler constamment de “rĂ©cupĂ©ration”, quand le terme “popularisation” conviendrait tout autant, ou Ă  dĂ©crire avec exagĂ©ration ces musiques comme le produit de la noirceur des ghettos, ou de la duretĂ© des libĂ©ralismes thatchĂ©rien et reaganien.

Aussi, Ă  force de vouloir tout passer en revue, le livre prend le risque de ne contenter personne, d’ĂȘtre trop complet et touffu pour les nĂ©ophytes, mais de ne pas apprendre grand-chose aux amateurs de ces musiques. Parce qu’il privilĂ©gie les artistes reprĂ©sentatifs des diffĂ©rents genres qu’il aborde, Kosmicki ne leur fera rien dĂ©couvrir.

Cependant, il devient nettement plus captivant quand il dĂ©ploie tout son savoir de musicologue pour expliquer en quoi les musiques Ă©lectroniques, les savantes comme les populaires, ont renouvelĂ© les formes et les axes de rĂ©flexion de la musique occidentale, quand il dĂ©taille quelles sont, d’un point de vue formel, leurs originalitĂ©s et leurs grandes spĂ©cificitĂ©s. Ce sont dans ces dĂ©tails techniques, mais toujours exposĂ©s de maniĂšre claire et didactique, que rĂ©side une bonne part de l’intĂ©rĂȘt de cet ouvrage.

Un ouvrage recommandable, donc, mĂȘme si le grand public devra se faire aux listes de noms et de rĂ©fĂ©rences Ă©talĂ©es Ă  l’envie en tĂ©moin, sans ĂȘtre vraiment creusĂ©es. Et mĂȘme si pour les connaisseurs, ce Musiques Electroniques prendra parfois l’allure d’une longue rĂ©vision.

Fake fo real

Sylvain Bertot
Fake For Real janvier 2010

- Interview Guillaume Kosmicki

radio grenouille

Entretien avec Nassim
Radio Grenouille - l'écoute à la carte décembre 2009

- Lectures recommandées

Electromania

David Jisse, Christian Zanési, Christophe Bourse
France Musique / Electromania novembre 2009

- Musiques électroniques

Avec cet ouvrage, Guillaume Kosmicki (nom prĂ©destinĂ© ou pseudonyme ciblĂ© ?) livre une Ă©tude de fond sur un thĂšme qui n’avait Ă©tĂ© jusqu’à prĂ©sent qu’abordĂ© par la bande dans de prĂ©cĂ©dents ouvrages des Ă©ditions Le Mot et le Reste (L’underground musical en France , par exemple, chroniquĂ© sur notre site). L’auteur maĂźtrise assurĂ©ment son sujet, et ses nombreuses considĂ©rations musicologiques sont gĂ©nĂ©ralement bien expliquĂ©es. Le livre n’en est pas moins relativement exigeant, prĂ©sentant un foisonnement d’expĂ©rimentations et d’Ɠuvres assez Ă©tourdissant ; l’ajout d’un CD proposant une sĂ©lection de morceaux Ă©voquĂ©s aurait sans doute Ă©tĂ© utile (avec le problĂšme du surcoĂ»t ainsi engendrĂ©), ou Ă  dĂ©faut la mise Ă  disposition d’extraits sur un site créé pour la circonstance


Guillaume Kosmicki insiste en tout cas trĂšs bien sur le lien consubstantiel existant entre ces musiques Ă©lectroniques et les progrĂšs technologiques opĂ©rĂ©s depuis les dĂ©buts de l’ùre industrielle, progrĂšs auxquels un chapitre prĂ©alable est consacrĂ©. Sont ainsi explorĂ©s les amĂ©liorations des techniques d’enregistrement et la crĂ©ation de nouveaux instruments Ă©lectriques, parmi lesquels le Theremin soviĂ©tique, les Ondes Martenot, l’orgue hammond, la guitare Ă©lectrique ou le vocoder dans l’entre-deux-guerres. L’accĂ©lĂ©ration postĂ©rieure au second conflit mondial est ensuite sensible, avec dĂšs les annĂ©es 50 les premiers pas du numĂ©rique et de l’informatique musicale. Les annĂ©es 60 semblent marquer un tournant essentiel, vers une popularisation croissante de ces techniques ou instruments initialement Ă©litistes, Ă  travers les synthĂ©tiseurs en particuliers (dont le Moog ou le Yamaha DX7, premier synthĂ©tiseur numĂ©rique en 1983). L’apparition du home studio et du sampler dans les annĂ©es 80, puis des formats compressĂ©s tel le MP3 dans la dĂ©cennie suivante, sont d’autres rĂ©volutions majeures.

Les chapitres ultĂ©rieurs sont thĂ©matico-chronologiques, avec en guise de fil conducteur l’idĂ©e conjointe d’une diversitĂ© des musiques Ă©lectroniques et d’un intĂ©rĂȘt commun pour la technologie et l’étude du son (1). Si des compositeurs comme Beethoven ou Bartok s’intĂ©ressĂšrent dĂ©jĂ  au timbre, c’est surtout au XXĂšme siĂšcle que la dĂ©finition traditionnelle de la musique est bouleversĂ©e, la stricte sĂ©paration entre son et bruit Ă©tant remise en question par les futuristes ou par ce prĂ©curseur majeur qu’est Edgar VarĂšse (2). Satie, Antheil, Mossolov ou ces avants-gardes artistiques que sont les dadaĂŻstes et l’Internationale lettriste participent eux aussi de l’élaboration d’une musique vĂ©ritablement industrielle, tant « L’homme se sert de l’art pour dire son milieu » (p.71). AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, deux courants parallĂšles, appuyĂ©s sur de vĂ©ritables laboratoires, marquent une Ă©volution supplĂ©mentaire de ces recherches sonores : celui de la musique concrĂšte avec Pierre Schaeffer et Pierre Henry, et celui de la musique Ă©lectronique influencĂ©e par le sĂ©rialisme (avec la figure surplombante de Stockhausen). Ils se rejoignent finalement Ă  la fin de la dĂ©cennie dans la musique dite Ă©lectroacoustique, active aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, d’oĂč Ă©merge la musique minimaliste. Ces dissidences musicales entretiennent d’ailleurs des liens avec l’engagement politique. Ainsi, dans les annĂ©es 60, de ces figures de l’école minimaliste, la fĂ©ministe Pauline Oliveros et Steve Reich, dĂ©fenseur de la lutte des noirs.

Les annĂ©es 60, justement, sont celles de l’essor du travail en studio des musiciens rock et pop, aprĂšs les efforts prĂ©curseurs de Les Paul sur l’utilisation des pistes de magnĂ©tophones et les innovations de certaines musiques de films (le classique de la science-fiction PlanĂšte interdite , par exemple) ; la popularisation des musiques Ă©lectroniques ne va dĂšs lors plus cesser. On doit ici citer les Ɠuvres des Beatles, bien sĂ»r, des Beach Boys ou de Jimi Hendrix. S’intĂ©ressant Ă  d’autres formations, Guillaume Kosmicki insiste au passage sur le duo new-yorkais Silver Apples, « premier groupe purement Ă©lectronique de l’histoire » (p.159). Avec la dĂ©cennie 1970, c’est l’explosion tous azimuts : le dub de JamaĂŻque ; le jazz fusion avec Miles Davis et Herbie Hancock ; le krautrock ; l’ambient lancĂ©e par Brian Eno ; l’indus, hĂ©ritier du futurisme et proche du punk ; le funk, et la disco en particulier, de par son influence rythmique et sa naissance au sein des communautĂ©s afro-amĂ©ricaine et homosexuelle.

Les annĂ©es 1980 voient ensuite l’émergence du hip hop et du rap, avec une charge rĂ©volutionnaire dans ses dĂ©buts (Public Enemy, Wu-Tang-Clan), ainsi que de la new wave, le post punk (Talking Heads), et l’électro-pop, jugĂ©e essentielle dans l’évolution des musiques Ă©lectroniques (Depeche Mode, New Order, Art Of Noise), tout comme son contraire, l’electronic body music (Front 242). Les deux derniers chapitres sont tout entier consacrĂ©s Ă  la house et Ă  la techno, nĂ©s au milieu des annĂ©es 80 aux Etats-Unis, dans les ghettos de Chicago et de DĂ©troit, rĂ©sultant d’un mĂ©tissage continu des styles favorisĂ©e par les techniques du mix et du sample, avec un essor et un succĂšs surtout concentrĂ©s en Europe. A chaque fois, le constat est clair : la dimension underground de la plupart de ces styles est peu Ă  peu concurrencĂ©e par la rĂ©cupĂ©ration des grandes maisons de disques.

En fait, l’exposĂ© de Guillaume Kosmicki tend Ă  faire penser que la techno et la house sont un aboutissement de toutes les Ă©tapes antĂ©rieures, entraĂźnant de larges dĂ©veloppements sur la culture que ces styles vĂ©hiculent (raves, ecstasy), nĂ©gligeant leur principale limite, celle d’ĂȘtre une musique pour DJ et pour la danse. Tout cela en Ă©clipsant au passage un grand nombre d’autres tendances actuelles (on pense Ă  la new age ou au travail d’un groupe comme Radio Massacre International). Sans doute le choix de privilĂ©gier un angle d’approche trĂšs large, axĂ© sur la technologie, conduit-il Ă  l’impossibilitĂ© de traiter seul d’un trop grand nombre de thĂšmes. D’autre part, la multiplicitĂ© des exemples Ă©voquĂ©s entraĂźne quelques jugements de valeur un peu rapides (3). Son ouvrage n’en demeure pas moins une rĂ©fĂ©rence avec laquelle il faudra dĂ©sormais compter.

Jean-Guillaume Lanuque

(1) La nature journalistique et rĂ©cente de l’expression quelque peu fourre tout de « musiques Ă©lectroniques » est utilement rappelĂ©e par l’auteur, qui propose une dĂ©finition plus prĂ©cise et plus thĂ©orique : « Il s’agit d’un ensemble de musiques reposant sur des sons d’origine acoustique ou de synthĂšse sonore, traitĂ©s (
) puis enregistrĂ©s sous forme d’un signal analogique ou numĂ©rique (
), et destinĂ©s Ă  ĂȘtre amplifiĂ©s puis retransmis par le biais de hauts-parleurs. Ces sons peuvent aussi ĂȘtre jouĂ©s en direct (
) Il est possible d’adjoindre Ă  ces dispositifs de transmission des instruments acoustiques jouant en direct, eux-mĂȘmes pouvant Ă  leur tour ĂȘtre traitĂ©s », p.15.

(2) « Tout est musique », pour reprendre l’expression de John Cage.

(3) Ainsi, Ă  propos du Tangerine Dream des annĂ©es 1970 : « Mais le groupe sombre souvent dans le grandiloquent servi par des mĂ©lodies qui ont aujourd’hui trĂšs mal vieilli », p.179 (il manque pour le moins des exemples argumentĂ©s). De mĂȘme, lors de l’évocation de la vague disco, « Le rock a perdu son potentiel de bonheur, les concerts de hard rock gigantesques des annĂ©es 1975-80 sont des rituels de virilitĂ© stĂ©rĂ©otypĂ©s oĂč l’on ne sourit plus lĂ  oĂč le disco permet des dĂ©monstrations de joie (
) », p.207.

Dissidences

Jean-Guillaume Lanuque
site Dissidences

- Le livre du mois

Vous avez dĂ©jĂ  lu Global Techno, Électrochoc, et Rebelle, et pensez ĂȘtre incollables sur l’histoire des musiques Ă©lectroniques? Voici trois bonnes raisons pour se pencher sur ce nouvel ouvrage.

L’auteur
Guillaume Kosmicki est Ă  la fois un trĂšs sĂ©rieux musicologue et un passionnĂ© de techno de la premiĂšre heure, s’étant notamment investi dans le milieu free party du sud de la France sous le pseudonyme Tournesol. Un grand Ă©cart qui ne peut qu’éveiller la curiositĂ©.
Un peu de culture
De par sa formation, Kosmicki s’avĂšre ĂȘtre un excellent pĂ©dagogue. AprĂšs lecture de l’ouvrage, vous pourrez, par exemple disserter sans broncher sur les diffĂ©rences fondamentales entre musique concrĂšte Ă  la française et musique Ă©lectronique allemande des annĂ©es cinquante.
Le parti pris
Avec un tel parcours, l’auteur n’hĂ©site pas Ă  donner son avis, souvent enthousiaste, parfois critique – sur l’industrie du disque, les politiques, les dĂ©rives de certains styles – et quelques fois plus surprenant voire provocateur, notamment lorsqu’il voit en Village People un groupe Ă©minemment subversif!

Nicolas Bresson
Tsugi novembre 2009

- Musiques électroniques

Musicologue et thĂ©oricien du phĂ©nomĂšne techno Ă  travers les raves et les free-parties, Guillaume Kosmicki s’est tout rĂ©cemment attaquĂ© Ă  l’histoire des musiques Ă©lectroniques. Un pavĂ© qui remonte Ă  la source (l’électronique pionniĂšre) pour mieux apprĂ©hender le futur.

Ventilo

Nas/im
Ventilo octobre 2009

- Entretien avec Guillaume Kosmicki

- Quel est votre parcours ; d’universitaire, de mĂ©lomane et de musicien ?
AprĂšs le bac, j’ai orientĂ© mes Ă©tudes vers la musicologie pour que ma vie soit entiĂšrement baignĂ©e dans ce monde. Ma maĂźtrise a traitĂ© des phĂ©nomĂšnes de transe dans les raves, puis j’ai orientĂ© mes recherches de 3Ăšme cycle sur la signification musicale : ce que veulent nous dire ces musiques sur notre monde, sur notre environnement. J’ai donc couru les raves, les free parties et les teknivals Ă©quipĂ© d’un appareil photo, d’un carnet de notes et d’un magnĂ©tophone pour recueillir des tĂ©moignages ; et j’ai aussi tentĂ© d’agir en tant qu’activiste dans ce milieu des teknivals et des free parties. Aujourd’hui, dans le cadre de mes recherches, je m’intĂ©resse plus particuliĂšrement Ă  ceux qui, d’une maniĂšre ou d’une autre, continuent dans leur vie l’alternative rencontrĂ©e dans les free parties.
En tant que musicien, j’ai appris le violon et la guitare, de la musique classique jusqu’au punk, en passant par le rĂ©pertoire du bal. Depuis 1994, je joue dans Öko System, groupe de punk marseillais, qui s’est au fil du temps franchement « Ă©lectronisĂ© ». Je fais des lives aussi sous le nom de Tournesol, gĂ©nĂ©ralement dans des squats, des free parties ou des Ă©vĂ©nements alternatifs. D’un registre hardtek / hardcore au dĂ©part, ma musique s’est largement calmĂ©e vers la techno acid et dancefloor aujourd’hui.

- Quelle est l’ambition de votre livre Musiques Ă©lectroniques : des avant-gardes aux dancefloors ?
La premiĂšre tĂąche a Ă©tĂ© de dĂ©finir les musiques Ă©lectroniques, et tous les mondes musicaux trĂšs diffĂ©rents qui se cĂŽtoient dans cette famille, somme toute trĂšs artificielle. Deux facteurs les rĂ©unissent : les formidables dĂ©veloppements technologiques du 20e siĂšcle Ă  partir de la naissance de l’enregistrement Ă  la fin du siĂšcle prĂ©cĂ©dent ; et la notion d’esthĂ©tique du bruit, c’est-Ă -dire l’abandon des hauteurs au profit du timbre, de la matiĂšre sonore. Les racines se trouvent au dĂ©but du 19e siĂšcle, chez Beethoven notamment, le premier Ă  composer volontairement avec les masses sonores, les couleurs. De ces deux points se dĂ©gagent une multitude de musiques et de mondes trĂšs diffĂ©rents, aussi bien dans le domaine des musiques dites “savantes” que des musiques “populaires”. Mon ambition a Ă©tĂ© de traiter Ă  part Ă©gale ces deux mondes, et d’ĂȘtre le plus exhaustif possible car chaque style, chaque mouvement, chaque pĂ©riode est une rĂ©ponse prĂ©cise aux enjeux d’une Ă©poque.
Ainsi, j’ai traitĂ©, par exemple, des Ă©critures orchestrales de Giacinto Scelsi et de György Ligeti, de la musique rĂ©pĂ©titive et du mouvement happening, de Fluxus etc. Tout cela au mĂȘme titre que des exemples beaucoup plus Ă©vidents : la rĂ©volution Ă©lectroacoustique, Pierre Schaeffer et Pierre Henry, Karlheinz Stockhausen, l’acid rock des annĂ©es 1960/1970, l’electric jazz, le krautrock, l’indus, la dance music (funk, disco), la house et la techno, etc.
Enfin, j’ai Ă©vitĂ© soigneusement le domaine de l’anecdote lorsqu’elle ne servait pas mon propos. Les vies de vedettes, les dĂ©tails croustillants recherchĂ©s par les fans ne figurent pas dans cet ouvrage qui n’aurait d’ailleurs pas pu les contenir tant le projet est vaste.

-*Pourquoi avez-vous fait le choix d’une approche historique, documentĂ©e, universitaire, de la musique Ă©lectronique ?*
Tout simplement parce qu’aucune approche historique complĂšte de ce phĂ©nomĂšne n’avait Ă©tĂ© ainsi menĂ©e en France. MĂȘme si des publications fondamentales, riches et intĂ©ressantes ont vu le jour, elles restent parcellaires ou souffrent de certaines lacunes.
La prĂ©sentation que j’ai choisie, mĂȘme si elle est imprĂ©gnĂ©e de rĂ©flexes universitaires, est bien plus de l’ordre de la vulgarisation que de celui de la publication scientifique. J’ai cherchĂ© Ă  rendre accessibles mes propres analyses pour ne pas perdre le lecteur dans des considĂ©rations trop ardues.

- Vous avez étudié la musique électronique sur tout le siÚcle dernier. Comment voyez-vous son évolution sur le siÚcle en cours ?
Je suis optimiste. Les possibilitĂ©s croissantes – voire exponentielles – d’entendre un panel gigantesque de musiques diverses de toutes cultures et de disposer d’outils intuitifs et de plus en plus puissants pour composer de la musique via l’informatique (y compris par le geste, par le dĂ©placement etc.), tout cela m’amĂšne Ă  croire Ă  une dĂ©mocratisation de la pratique musicale et Ă  un affaiblissement consĂ©quent des frontiĂšres Ă©tablies jusqu’alors entre les Ă©lites et le reste. Je pense que, tout en conservant ses catĂ©gories fonctionnelles (mĂ©ditative, festive, rituelle, sacrĂ©e, etc.), la musique va s’ouvrir une multitude de nouveaux horizons expĂ©rimentaux.
Loin de l’uniformisation redoutĂ©e par les critiques de la mondialisation, le 21e siĂšcle risque d’ĂȘtre un joyeux fouillis de tendances multiples. Cela fait deux siĂšcles que le langage musical occidental se cherche un nouveau chemin. Le 21e siĂšcle poursuivra ces tĂątonnements, mais au niveau planĂ©taire.

- Personnellement, quels sont les “musiciens Ă©lectroniques” qui vous passionnent ?
Je suis un inconditionnel de Pierre Henry, mais aussi de Karlheinz Stockhausen. J’ai toujours trouvĂ© qu’il n’y avait rien Ă  jeter chez Jeff Mills (« Metropolis » est pour moi un disque de chevet). Liza n’Eliaz a reprĂ©sentĂ© une perfection dans l’art du mix, que je retrouve chez Manu le Malin et Richie Hawtin. La diversitĂ© stylistique d’Aphex Twin et surtout son originalitĂ© me fascinent. Dans cet aspect expĂ©rimental, Dan Hekate m’a toujours accrochĂ© et j’ai adorĂ© les deux premiers albums de Mr Oizo (mais pas ce qu’il fait maintenant), comme j’apprĂ©cie Scorn. Le label Mille Plateaux, et notamment Geeez n’Gosh, font partie des artistes qui, actuellement, me font le plus d’effet, au mĂȘme titre que Ricardo Villalobos. CĂŽtĂ© dance-floor, j’ai toujours adorĂ© l’acid, alors je donnerais juste deux noms parmi tant d’autres : Hardfloor et Rob Acid.

Trax

Olivier Pernot
Trax octobre 2009

- Musiques électroniques

Vaste sujet que l’évolution de la musique Ă©lectronique sur plus d’un siĂšcle, que ce soit au travers des techniques d’enregistrement comme en analysant les divers styles musicaux, l’auteur nous livre un panorama assez exhaustif de tout ce qui est liĂ© de prĂšs ou de loin Ă  cette mutation progressive, qui donne au final le D.J. Ainsi, ce livre nous amĂšne d’Edgar VarĂšse Ă  John Cage, de Kraftwerk Ă  Daft Punk, dĂ©cortiquant tous les courants musicaux et montrant l’implication de l’arrivĂ©e de ces nouveaux outils Ă  chaque fois. Traçant une histoire Ă  un style que l’on a tendance Ă  considĂ©rer un peu trop vite comme issu d’une gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e, cet ouvrage permet Ă  tous fans d’électronique de reconstituer son arbre gĂ©nĂ©alogique et Ă  n’importe quel autre curieux de mieux concevoir les ramifications entre des styles musicaux parfois trĂšs Ă©loignĂ©s.

nouvelle vague

J.P. Boyer
Nouvelle Vague 14 septembre 2009

- L'électro dans tous ces états

Un ouvrage passionnant qui réussit le pari de traiter avec exhaustivité le large domaine des musiques électroniques.

Des avant-gardes au dance-floor : tel est le sous-titre de l’ouvrage de Guillaume Kosmicki, prĂ©sentĂ© comme musicologue, enseignant, confĂ©rencier et « spĂ©cialiste du phĂ©nomĂšne techno Ă  travers les raves et les free parties » depuis de nombreuses annĂ©es. Fort de son expertise en la matiĂšre, il nous livre cette quasi encyclopĂ©die de ce qu’on appelle aujourd’hui l’électro. « Historiquement, sa premiĂšre utilisation date de 1951, Ă  Cologne. L’Elektronishe Musik (Herbert Eimert, puis Karlheinz Stockhausen, Henri Pousseur, etc.) rĂ©pond Ă  un projet de langage musical savant et abstrait
 » nous explique l’auteur dĂšs les premiĂšres pages du livre, issues du chapitre Pour une dĂ©finition, chapitre important s’il en est, et nĂ©cessaire. L’électro, terme Ă  la fois fourre-tout et prĂ©cis, est rarement soumise Ă  recherche sĂ©mantique.
Le temps est donc venu de se pencher sĂ©rieusement sur la question de ces musiques Ă©lectroniques. Guillaume Kosmicki s’attelle Ă  la tĂąche avec minutie, choisissant de traiter le sujet d’un point de vue chronologique, lui confĂ©rant une aura historique – amplement mĂ©ritĂ©e au vu de sa polymorphie. Pour ce faire, il donne d’abord une dĂ©finition des musiques Ă©lectroniques : « Il s’agit d’une ensemble de musiques reposant sur des sons d’origine acoustique ou de synthĂšse sonore, traitĂ©s (rĂ©verbĂ©ration, filtrage, transposition) puis enregistrĂ©s sous forme d’un signal analogique ou numĂ©rique (ou enregistrĂ©s puis traitĂ©s), et destinĂ©s Ă  ĂȘtre amplifiĂ©s puis retransmis dans par le biais de hauts-parleurs (
) ». Notons que l’auteur prĂ©cise que cette dĂ©finition s’est construite depuis les annĂ©es 50, et qu’elle se serait peut-ĂȘtre bien mieux accommodĂ©e d’une autre appellation, comme celle d’ « art Ă©lectroacoustique ». À mĂ©diter


AprĂšs cette pointilleuse introduction, l’auteur s’attaque Ă  la « rĂ©volution technologique » du XXe siĂšcle. Sont successivement convoquĂ©s le Gramophone d’Emile Berliner, le tourne-disque Ă  vitesse variable de John Cage, le Theremin Vox de LĂ©on Theremin, les guitares Ă©lectriques d’Adolphe Rickenbacker, les synthĂ©tiseurs de Robert Moog, le sampler, la M.A.0 (musique assistĂ©e par ordinateur), le logiciel Pro Tools, etc. Les courants prĂ©curseurs (1800-1950) s’attardent quant Ă  eux sur des figures prophĂ©tiques de l’électro : Edgar VarĂšse, Eric Satie, BĂ©la Bartok, John Cage


L’essor de la musique Ă©lectroacoustique (1928-2000) est traitĂ© de la musique concrĂšte Ă  la musique spectrale en passant par la fameuse musique minimaliste. Se succĂšdent dans une impressionnante logique la popularisation progressive du son Ă©lectronique (1950-1970), la musique populaire expĂ©rimentale et dance music (annĂ©es soixante-dix), l’avĂšnement de la musique Ă©lectronique (annĂ©es quatre-vingt)
 Pour arriver Ă  ce que le nĂ©ophyte considĂšre comme de l’électro, en l’occurence l’émergence de la house et la techno (1985-1990), il faut attendre la page 251 ! Car, on l’a compris, le but ici est de brosser le portrait d’un genre musical aux milles facettes, dont aucune ne saurait dominer l’autre. Tous les artistes ayant de prĂšs ou de loin affaire avec l’électronique rĂ©pondent prĂ©sents : Philip Glass, Pink Floyd, les Beatles, Kraftwerk, New Order, Jeff Mills – et bien d’autres encore, mondialement connus ou presque inconnus au bataillon. Tous les lieux ayant accueillis sous leurs toits les vibrations de l’électronique lĂšvent la main : le Paradise Garage, l’UFO, le Ministry of Sound
 Tous les styles possibles et inimaginables affublĂ©s de l’étiquette Ă©lectro sont passĂ©s en revue : hardcore, downtempo, transe, big beat, electroclash, etc, etc.

Enfin, le retentissement europĂ©en (1987-2000) permet Ă  Guillaume Kosmicki de se pencher un peu plus sur ce qui l’a conduit Ă  se plonger dans l’électronique : le mix des DJ, le mythe des bienheureuses raves et free parties
 En effet, « plus que dans aucun autre genre musical, les maniĂšres de construire un Ă©vĂ©nement autour de la techno sur le principe du DIY ont poussĂ© le public Ă  dĂ©passer le cadre du simple consommateur pour s’investir Ă  son tour. LĂ  est le fondement mĂȘme du principe de la rave : le spectacle, c’est nous tous. » Ce n’est pas sans Ă©motion que l’auteur Ă©voque les effets du MDMA, la drogue de la house et de la techno par excellence.

Musiques Ă©lectroniques – des avant-gardes au dance-floor porte dĂ©cidĂ©ment bien son nom. Avec une justesse et une dextĂ©ritĂ© remarquables, Guillaume Kosmicki synthĂ©tise un siĂšcle et demi d’électro, rĂ©futant les a priori et dĂ©taillant chaque courant avec pertinence. Le sujet devient alors une histoire passionnante, richement documentĂ©e et touffue d’anecdotes. Rien n’est laissĂ© au hasard, et le style aĂ©rĂ© et accessible de l’auteur rend digeste cette avalanche d’informations, permettant au profane de se plonger avec aisance dans cet univers d’une poĂ©sie toute technique.

Guillaume Kosmicki tire sa conclusion d’un triste constat fait Ă  partir des annĂ©es 2000 : l’électro s’est tellement dĂ©mocratisĂ©e qu’elle ne dĂ©tient plus qu’un intĂ©rĂȘt somme toute assez faible. La French Touch n’a, selon lui, jamais rĂ©ellement existĂ©. Si certains artistes savent tirer leur Ă©pingle du jeu, d’autres reprĂ©sentants actuels de l’électro comme Justice ne trouvent pas (ou si peu) grĂące aux yeux de l’auteur. Et pour cause, leur son est « surproduit, extrĂȘmement compressĂ© et efficace mais sans aĂ©ration ».

« Mais les faits sont lĂ , la musique redevient un vĂ©ritable vecteur de partage, d’appropriation collective et non plus un banal objet de consommation », retient cependant avec optimisme Guillaume Kosmicki. Polymorphes et bouillonnantes, les musiques Ă©lectroniques ont prouvĂ© qu’elles rĂ©ussissaient Ă  se transcender quoiqu’il arrive. PerpĂ©tuellement prĂȘtes Ă  l’évolution, les multiples branches de l’électro composeraient un arbre phƓnix, inusable et recyclable Ă  souhait. Le futur est en marche .

nonFiction.fr

Sophie Rosemont
nonFiction.fr 21 septembre 2009

- Nouveau livre sur l'histoire de la musique électronique

J’ai terminĂ© la lecture d’un nouveau livre sur la musique Ă©lectronique qui s’intitule : Musiques Ă©lectroniques, des avant-gardes aux Dance Floors, par un musicologue et enseignant-confĂ©rencier du nom de Guillaume Kosmicki (membre du collectif Oko System) aux Ă©ditions Le mot et le reste, paru cette annĂ©e.

Le livre est d’un volume consĂ©quent (400 pages), a une approche chronologique (contrairement au livre Techno rebelle, auquel il est une alternative) et dĂ©taille bien les diffĂ©rents mouvements de ce mouvement de la musique Ă©lectronique. Je veux parler notamment les pionniers des annĂ©es 50 et 60, (1/3 du livre). L’immiscion de ses techniques et sa philosophie dans d’autres genres musicaux, comme le hip-hop, le punk ou la musique classique y est bien dĂ©crite. Et surtout, il est bien Ă©crit, dans un style fluide qui Ă©vite les trop longues Ă©numĂ©rations ou l’aspect concours d’égo avec chiffres Ă  l’appui.

L’auteur prend le soin de s’attarder sur la courroie de transmission entre avant-garde et musique Ă©lectronique Ă  proprement parler, les progrĂšs de l’enregistrement et de la diffusion de la musique Ă©tant l’étape prĂ©alable Ă  toute performance Ă©lectronique. L’aspect “lutherie Ă©lectronique” est Ă©galement abordĂ©. Le livre comprend un distinguo assez Ă©quilibrĂ© entre les termes “rave” et “free” parties”. Quand Ă  la French Touch, les paragraphes qui lui sont consacrĂ©s sont assez critiques, ce qui, de la part d’un auteur français, ne m’a pas dĂ©plu. Ce qui est le plus intĂ©ressant dans le livre, c’est qu’il Ă©voque aussi des territoires moins fertiles sous d’autres plumes, comme le Japon (c’est fou quand on considĂšre rien que son apport au synthĂ©tiseur de le voir si peu citĂ©) ou les pays de l’Est.

Quand Ă  l’inclassable Jean Michel Jarre, il est Ă©voquĂ©, essentiellement pour l’album inclassable
 OxygĂšne, son importance, et pour expliquer que ces spectacles “pouvaient” (le verbe veut tout dire) avoir des aspects mĂ©galomaniaques.

blog – En attendant Jarre

blog - En attendant Jarre septembre 09

- Musiques électroniques

L’histoire des musiques Ă©lectroniques a rĂ©ellement commencĂ© Ă  ĂȘtre Ă©crite sous des formes trĂšs souvent parcellaires dans les annĂ©es quatre-vingt-dix, alors que le phĂ©nomĂšne techno devait passer par l’explication de texte pour ĂȘtre mieux compris politiquement et socialement. Ou bien lorsque les tribulations des post-rockers les amenaient Ă  se tourner vers les passĂ© pour mieux se comprendre eux-mĂȘmes. Il fallait donc un peu de distance, une bonne dose de pĂ©dagogie et aussi une implication directe dans la rĂ©alitĂ© du phĂ©nomĂšne pour enfin aboutir Ă  cette somme que constitue Musiques Ă©lectroniques : des avant-gardes aux dances-floors. Guillaume Kosmicki (un nom que les adeptes de musiques de transe peuvent mĂȘme considĂ©rer comme prĂ©destinĂ©) Ă©tait bien placĂ© pour relever le dĂ©fi. ImpliquĂ© dans le mouvement free party, musicologue et confĂ©rencier, il avait manifestement les qualitĂ©s requises, et les met d’ailleurs dĂ©jĂ  Ă  profit dans son activitĂ© d’orateur Ă  l’agenda bien Ă©toffĂ©. Il prend les choses par le bon bout et assoie sa dense synthĂšse sur un plan sans doute Ă©prouvĂ© lors de multiples explications Ă  voix haute. Il stabilise en prĂ©liminaire une dĂ©finition tout Ă  fait limpide des musiques Ă©lectroniques, puis en sape littĂ©ralement les fondements le paragraphe suivant pour mieux en Ă©clairer la multiplicitĂ©. Vient ensuite une longue partie sur la rĂ©volution technologique, partie qui ne pouvait pas ĂȘtre plus judicieuse pour aborder d’entrĂ©e de jeu le nerf de la guerre, ou plutĂŽt le choix des armes sur le champ de bataille. Se dĂ©ploie enfin le long dĂ©roulĂ© chronologique des styles et des pratiques musicales constituant cette grande histoire. Les futuristes italiens, la musique concrĂšte, les DJ, le hip-hop, en passant par la pouplarisation du son Ă©lectronique et par d’autres subdivisions moins balisĂ©es, l’affaire est rondement menĂ©e. Guillaume Kosmicki fait preuve de la prĂ©cision, de la justesse et de l’esprit de synthĂšse qui Ă©taient nĂ©cessaires pour faire tenir en quatre-cent pages une histoire trĂšs riche et aux ramifications qui souvent s’ignoraient les unes les autres. Il apporte surtout au fil de son rĂ©cit des clĂ©s de comprĂ©hension Ă©tayant l’ensemble de l’édifice. On notera par exemple son bel Ă©clairage de musicologue sur l’importance du timbre dans la musique occidentale, un aspect qui est rarement abordĂ© dans ce type d’ouvrage. Voici donc sans doute la premiĂšre vĂ©ritable histoire des musiques Ă©lectroniques, parce que particuliĂšrement complĂšte et bĂ©nĂ©ficiant du recul nĂ©cessaire d’un « praticien-chercheur ».

NéosphÚres

Éric Deshayes
NéosphÚres Septembre 09

- Lectures musicales

Puisque nous parlions de livres, voici le dernier rĂ©cit en date pour la derniĂšre rĂ©volution musicale enregistrĂ©e, Ă©crit par Guillaume Kosmicki, un jeune enseignant et musicologue
 connu aussi sous le nom de Tournesol, au sein du collectif Öko sound system.

A quand la 2° partie: 
des dance-floor aux prairies ?

Aires libres

le blog "Aires libres" août 2009

- Musiques électroniques

France Inter Zap Zik

Joe Farmer
France Inter / Zap Zik 6 août 2009

- Musiques électroniques

À sa naissance, la techno paraĂźt dĂ©barquer de nulle part et ses protagonistes revendiquent cette nouveautĂ© radicale.
Mais les temps changent et Ă  mesure que le phĂ©nomĂšne prend de la bouteille, dans les 90’s, ceux qui s’intĂ©ressent aux Bpm cherchent des racines Ă  cette musique.
C’est dans cette perspective que s’inscrit Guillaume Kosmicki, Ă  la fois musicien (collectif Ôko system) et thĂ©oricien du mouvement depuis de nombreuses annĂ©es.
Le livre est une impressionnante somme de quatre cents pages remplies d’anecdotes et de documents visuels. Il est Ă©laborĂ© Ă  partir d’un savoir encyclopĂ©dique. Il s’agit d’un rĂ©cit militant et communautaire qui retrace l’histoire des technologies et du son, de la naissance de l’enregistrement jusqu’à l’affirmation de la techno en France.
Le propos est Ă©volutionniste, chaque pĂ©riode, chaque innovation technologique apportant sa pierre Ă  l’édifice final, c’est-Ă -dire une techno plutĂŽt esthĂ©tiquement radicale et marquĂ©e par DIY. Il en va ainsi de l’utilisation du timbre. Ainsi par exemple, pour Kosmicki,les Beatles sont-ils rĂ©vĂ©lĂ©s grĂące au travail de Georges Martin et la plupart de leurs titres les plus intĂ©ressants sont complĂštement sortis des structures traditionnelles couplet/refrain/pont.
La chronologie de l’avĂšnement de la techno opĂ©rĂ©e par l’auteur reprend la structure de la plupart des promoteurs français impliquĂ©s dans ces musiques. C’est pourquoi si l’on suit les propos du livre, jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 60, la production de musiques savantes est hĂ©gĂ©monique comme source de la techno alors que dans la pĂ©riode la plus rĂ©cente, la focale se dĂ©place sur les musiques populaires enregistrĂ©es. Ce qui s’explique avant tout parce que l’angle techniciste choisi permet une apprĂ©hension partielle de la musique. Last night a (free party) DJ Saved My Life?

GérÎme Guibert
Magic août 2009

- Musiques électroniques

En projet depuis au moins deux ans chez Le mot et le reste, l’ouvrage trouve enfin sa forme dĂ©finitive avec un rĂ©dacteur (unique) de premier choix en la personne de Guillaume Kosmicki, musicologue, et enseignant-confĂ©rencier connu Ă©galement sour le pseudo musical de Tournesol !

Le pavĂ© de 406 pages dĂ©bute ainsi : “L’histoire de la musique du XX^e^ siĂšcle est profondĂ©ment marquĂ©e par l’apport de l’électronique”, cela n’étonnera personne, surtout pas pour vous qui ĂȘtes arrivĂ©s jusqu’ici Ă  lire ces quelques lignes. Que dire de plus dans ce webzine, sinon que ce livre est bien conçu, que l’on y apprend beaucoup et que l’auteur “mouille littĂ©ralement la chemise” au travers de quelques dĂ©monstrations, grands Ă©carts nĂ©cessaires et autres Ă©critures de l’histoire musicale (rĂ©cente).

Guillaume Kosmicki trouve une (la ? sa ?) filiation “technologique” entre le dĂ©but de l’enregistrement, l’apparition des premiers instruments de synthĂšse sonore, la naissance des premiers styles purement Ă©lectroniques, la disco, le hip-hop, l’electro, la house et la techno
 une filiation entre les tourne-disques jouĂ©s en direct de John Cage et le Djing via un dĂ©tour par les sound-systems jamaĂŻquains. Raves et free parties = contre culture !

Une approche historique étayée, référencée que nous ne pouvons que saluer. Ici bas, on apprécie de retrouver Sonhors en bonne place dans la sélection des sites internet.

Sonhors

Sonhors juillet 2009

- Électronifiant

Comment en est-on arrivĂ© lĂ  ? La plupart des musiques acoustiques, savantes ou traditionnelles, intĂšgrent aujourd’hui le son Ă©lectronique dans leur processus de crĂ©ation
 fait rĂ©cemment constatĂ© sur les scĂšnes du Bab El Med, ou du festival les Musiques. Pour comprendre ce fait, l’auteur n’hĂ©site pas Ă  en refaire le cheminement, en partant de Beethoven !, et Ă  passer en revue tous les courants, aux antipodes de la techno et la house, sans qui ces bruits n’auraient pu naĂźtre et se propager
 Ceux qui baignent dans le bon vieux rock Ă  Papa devront se rĂ©soudre Ă  l’écouter d’une autre oreille. De la rĂ©sonance d’une Les Paul au psychĂ©dĂ©lisme d’Amon Duul II, en passant par le minimalisme de Steve Reich et l’influence des Pink Floyd, il n’y a que quelques nappes synthĂ©tiques, samplers ou boucles Ă  ajouter pour suivre ces expĂ©riences jusque dans les Clubs d’Ibiza
 Mais Guillaume Kosmicki ne s’attarde pas sur la piste de danse et remet certaines pendules Ă  l’heure, notamment sur le titre de grand-pĂšre de la techno attribuĂ© Ă  Pierre Henry. Il insiste surtout sur l’origine du style (bien avant que les artistes plongĂ©s dans la jet set ne poussent le vinyl sur les plages de Goa), la mixitĂ© et la marginalitĂ© de son public, qui rejette toute forme de disco
 tout en suivant son rythme ! Ce mouvement basĂ© sur le DIY (Do it yourself) a secouĂ© l’Europe, et ses implications sociologiques sont Ă©voquĂ©es ici, depuis le dĂ©roulement chaotique des rave parties jusqu’aux difficultĂ©s de copyright. Ainsi, avec ce parfait manuel, vous saurez discerner les nuances entre le chill out, le doom-core et le speed garage, mĂȘme si vous ne possĂ©dez rien de tout cela dans votre discothĂšque !

X-Ray
Zibeline juillet 2009

- Musiques électroniques

Musicologue, enseignant, confĂ©rencier, mais surtout membre du collectif de DJ marseillais Öko System ; Guillaume Kosmicki Ă©tait sans doute le mieux placĂ© pour Ă©crire Musiques Ă©lectroniques – Des Avant-gardes aux Dance Floors qui paraĂźt ce mois-ci aux Ă©ditions Le Mot et le reste. Car l’histoire des musiques Ă©lectroniques est un vaste champ, autant historique que stylistique, et que Kosmicki a le bon goĂ»t de la faire remonter trĂšs loin, jusqu’à Beethoven, qui rĂ©volutionna le timbre, mais aussi jusqu’aux futuristes, aux dadaĂŻstes ou Ă  VarĂšse, vĂ©ritables dĂ©fricheurs qui introduisirent la notion du bruit comme musique. Étroitement liĂ©e Ă  ces rĂ©volutions, mais Ă©galement indissociable des Ă©volutions technologiques du siĂšcle (ce que Kosmicki montre trĂšs bien, la musique passant de l’expĂ©rience live obligatoire Ă  sa reproduction domestique par le biais du vinyle, puis du CD, tandis que la production elle-mĂȘme se dĂ©localise des studios aux laptops des musiciens d’aujourd’hui), la musique Ă©lectronique passe peu Ă  peu dans l’inconscient collectif, les premiĂšres expĂ©riences acadĂ©miques de Pierre Henry ou Pierre Schaeffer Ă  Paris rejoignant celles de John Cage Ă  New York ou de Karl-Heinz Stockhausen Ă  Cologne, avant d’infuser les diverses chapelles du rock des annĂ©es 60 et 70, de donner naissance au dub et au krautrock pour littĂ©ralement exploser en sous-mouvements au cours des trois derniĂšres dĂ©cennies. Remarquablement documentĂ© (c’est sans doute l’ouvrage le plus pointu publiĂ© Ă  ce jour sur une thĂ©matique aussi Ă©tendue en France), le livre de Guillaume Kosmicki entreprend alors le dĂ©cryptage, forcĂ©ment pas Ă©vident, de toutes les tendances qui, de la disco Ă  l’EBM et l’indus, de la drum’n’bass Ă  l’électroclash, du hip-hop Ă  la techno, ont modelĂ©, et continuent de le faire, par hybridations multiples, le paysage des musiques Ă©lectroniques. ParticuliĂšrement dense et touffu dĂšs lors qu’il s’agit de la techno et de ses avatars (le DJ reprenant alors le pas sur le musicologue avec une Ă©tude sur le mix et une autre sur le phĂ©nomĂšne des free parties), Kosmicki s’avĂšre moins prolixe dĂšs lors qu’il traite d’autres genres qui nous prĂ©occupent ici (Skinny Puppy ou Front Line Assembly ravalĂ©s au mĂȘme rang que Rammstein dans le paragraphe rĂ©servĂ© au mĂ©tal-indus, ou les chapitres sur l’EBM ou l’electronica, un peu pauvres). Mais devant le foisonnement d’une scĂšne qui se renouvelle sans cesse, engendrant, presque chaque mois de nouveaux courants et sous-courants, de telles impasses se rĂ©vĂšlent sans doute impossible Ă  Ă©viter, pour peu que l’on veuille ĂȘtre exhaustif. Et c’est cette exhaustivitĂ© que l’on retiendra dans cet ouvrage, seul capable Ă  ce jour de citer aussi bien Alec Empire que Scorn, Mad Professor que Derrick May, Hakim Bey que Robert Moog. Essentiel !

D-Side juillet 09

- Musiques électroniques

Canal B

L'Azile le + sûr / radio Canal B juin 2009