Miossec
Une bonne carcasse
Superbe chanteur, carriĂšre exemplaire et excellent Ă©crivain font de Miossec, une bonne carcasse lâun des livres essentiels de la rentrĂ©e.
Louis â Soul Kitchen
En 1994, Christophe Miossec, tout juste trentenaire, est rĂ©vĂ©lĂ© par Les Inrocks et J.-D. Beauvallet avec sa chanson « Non, Non, Non, Non (Je ne suis plus saoul) ». Câest dans un mĂ©lange de musique tendance rock acoustique et de chanson française que le public le dĂ©couvre et lâadopte, le consacrant, aux cĂŽtĂ©s de Dominique A ou Arthur H, comme un des hauts reprĂ©sentants de la Nouvelle chanson française. Depuis son bout du monde brestois, il chante ce quâil est et ce quâil connaĂźt, sur des albums aux titres clairs et crus (Baiser, Boire, Ă prendre). Il bĂątit trĂšs vite son Ă©criture au travers des petits riens dâune classe sociale prolĂ©taire et des maux de son quotidien. Progressivement, ses textes directs et sans aucun maniĂ©risme sâuniversalisent et il livre, en 2018, son onziĂšme opus : Les RescapĂ©s.
Revue de presse
- Miossec NicoTag Xsilence 1 janvier 2020
- Livres du mois Thibaut Allemand Let's Motiv octobre 2019
- Miossec, une bonne carcasse Grégory Bodenes Magic septembre-octobre 2019
- Miossec Francis Hébert La route aux quatre chansons 13 septembre 2019
- Miossec, une bonne carcasse rédac Comme Certains Vivent - le blog de Dominique A 3 septembre 2019
- Miossec, une bonne carcasse Hervé Devallan Bretagne actuelle 30 août 2019
- Qui ĂȘtes-vous, Christophe Miossec? Rebecca Manzoni France Inter // Pop & Co 2 septembre 2019
Interview - Christophe Miossec par Thierry Jourdain Louis Soul Kitchen 19 août 2019
Certains ont reprochĂ© Ă Christophe Miossec dâavoir quittĂ© sa ville de Brest pour aller voir ailleurs. Comme il dit, il nâavait pas envie dâĂȘtre un coq local. Il ajoute quâil serait mort depuis longtemps ! Cela ne lâa pas empĂȘchĂ© de revenir Ă la pointe de son FinistĂšre de temps en temps. Miossec a 30 ans quand il sort « Boire », son premier disque. Il a dĂ©jĂ pas mal bourlinguĂ© notamment en tant que journaliste Ă Ouest-France. Un langage cru et poĂ©tique, les amours déçus, le monde du travail tel quâil est perçu, gris, lâerrance de bar en bar. Miossec a des allures de Kerouac brestois, une voix traĂźnante, une silhouette mal assurĂ©e. MalgrĂ© un folk dĂ©pouillĂ©, sans trop dâĂ©lectricitĂ©, on sent la rage, lâenvie de cracher. Son titre « Non, non, non, non (je ne suis plus saoul) » tape dans lâoreille de Jean-Daniel Beauvallet des Inrocks. Le magazine va apporter son soutien Ă lâartiste. Câest le dĂ©but dâune longue carriĂšre, son onziĂšme disque, paru en 2018 sâappelle « Les rescapĂ©s ». Il a traversĂ© bien des tempĂȘtes, voguer sur des mers dĂ©chaĂźnĂ©es mais Miossec est toujours lĂ . Dans ce livre, Thierry Jourdain suit le fil chronologique de la carriĂšre de Miossec, disque par disque et de son travail dâĂ©criture pour dâautres : Juliette GrĂ©co, Johnny, Jane Birkin, Bashung.
Ăa commence par une photo. Le visage de Miossec trĂšs proche, sans fard, humble, comme ses chansons. JĂ©rĂŽme Servette en est lâauteur.
Thierry Jourdain construit son livre simplement. Un album par chapitre, complĂ©tĂ© par une vingtaine de pages en guise dâintroduction. Le livre est nourri dâextraits plus ou moins long dâentretiens avec Miossec, parfois avec des gens qui lâont cotoyĂ©s, musiciens, producteurs, etc
Avant ces pages, lâauteur a choisi de mettre en exergue un bout de phrase dâHenri Calet. Pour qui connait un peu les livres, Monsieur Paul, Le Bouquet, ces recueils de reportages, de cet Ă©crivain du milieu du XXĂšme siĂšcle, le lien avec Miossec coule de source. Ils sont de la mĂȘme pĂąte sensible. AncrĂ©s dans une rĂ©alitĂ© sociale, populaire, Ă hauteur dâhommes. Je les ai dĂ©couverts en mĂȘme temps, lâun avec Boire, lâautre avec Contre lâoubli, en 1995. Si jâai mis un peu de cĂŽtĂ© Calet aprĂšs lâavoir lu assidument, les chansons de Miossec mâaccompagnent toujours.
La trĂšs utile introduction nous prĂ©sente Christophe Miossec, le gars avant Boire. La famille, les voyages avec, puis les voyages sans. Printemps Noir, le premier groupe, Ă 15 ans, couronnĂ© par un passage aux Enfants Du Rock en 1983, aprĂšs avoir tourner avec Orchestre Rouge, Kas Product. Les Ă©tudes, les piges pour Ouest-France Ă Pontivy dâabord, Ă Brest plus tard. La musique est toujours lĂ , mais diffĂ©remment, Miossec est roadie sur des festivals. Puis les passages chez Gallimard, TF1, le dĂ©part Ă La RĂ©union comme journaliste et les premiĂšres compositions.
DĂšs son retour Ă Brest, il compose, durement, laborieusement dans sa chambre dâenfant, comme Dominique A et Philippe Katerine avant lui, rencontre Guillaume Jouan, puis Bruno Leroux. Une cassette de dĂ©mos arrive dans les mains de Jean-Daniel Beauvallet des Inrockuptibles. GrĂące Ă lui les premiers concerts, la signature chez PIAS, on arrive au premier chapitre du livre : Boire.
Les chapitres ont tous une trame plus ou moins commune. Le sujet principal en est lâalbum, avec un peu dâanalyse musicale, les conditions dâenregistrements, les tournĂ©es. Puis les Ă -cĂŽtĂ©s, la vie privĂ©e seulement si nĂ©cessaire et Ă©vasivement, les collaborations et les commandes (jamais de propositions) de textes par dâautres artistes.
Cela dit les chapitres sont diffĂ©rents car Miossec Ă©volue. Boire est le premier, lâalbum ressemble Ă la maquette, la tournĂ©e est enjouĂ©e et catastrophique, trop peu de matiĂšres pour jouer sur scĂšne plus de trente minutes. Le concert Ă la Cigale en 1995 Ă©tait terrible, trop saouls, ils ont finis par reprendre plusieurs fois les mĂȘmes titres, mais quel souvenir !
Le succĂšs est au rendez-vous, lâalbum avec la photo prise par Richard Dumas, qui deviendra un fidĂšle, se vend Ă plus de cent mille exemplaires, la reconnaissance est dâabord critique et trĂšs vite publique.
Pour lâalbum Baiser, le deuxiĂšme, les compositions et lâenregistrement se sont faits rapidement, toujours avec une grande Ă©conomie de moyens, une sobriĂ©tĂ© musicale, finissant la tournĂ©e Boire, avec le dĂ©part de Bruno Leroux, pour en entamer une autre avec lâarrivĂ©e du multi-instrumentiste Oliver Mellano. A nouveau un succĂšs.
La dĂ©ception arrive en 1998 avec A prendre, reniĂ© Ă peine nĂ©. La musique est plus riche, mais bourrĂ©e de clichĂ©s des deux premiers albums. Le dĂ©part de Guillaume Jouan, prĂ©vu depuis Boire, est anticipĂ©. Le salut pointe son nez de lâextĂ©rieur, deux artistes de renom lui commandent des textes : Jane Birkin, et Johnny Halliday, dĂ©but dâune longue collaboration qui lui fournira des droits suffisants pour faire ce quâil veut. A cette pĂ©riode il multiplie Ă©galement les participations, avec Yann Tiersen entre autres, et les hommages partagĂ©s, Gainsbourg et Brassens par exemple.
A partir de Brûle, Miossec change réguliÚrement de musiciens, de producteurs, au gré des rencontres, des présentations, des recommandations.
Ce que montre trĂšs bien Thierry Jourdain, câest le Miossec travailleur, trĂšs professionnel, surtout aprĂšs le mĂ©diocre A prendre.
Les mĂ©thodes de travail Ă©voluent, changent mais la musique reste simple et efficace, Ă lâexception de 1964. En effet, plusieurs titres dĂ©coulent indirectement dâune commande de lâOrchestre Des Pays De La Loire, câest pourquoi il paraĂźt grandiloquent.
Lâauteur analyse briĂšvement lâĂ©criture des textes, Miossec est prolixe en commentaires sur les provenances de ses textes, ses emprunts parfois Ă©tonnants : «Tout brille, tout brĂ»le mais rien ne brĂ»le» est extrait de «La fille aux yeux dâor » de Balzac, citĂ© dans LibĂ©ration par Philippe Lançon.
âAinsi soit-elleâ est lâadaptation musicale dâun poĂšme du trop mĂ©connu Georges Perros, dont lâunivers, comme Henri Calet, est proche de celui de Miossec.
Ses textes sont lâoccasion de citer, de sâinspirer dâĂ©crivains quâil apprĂ©cie comme Raymond Carver, pas Ă©tonnant non plus de le retrouver dans son panthĂ©on littĂ©raire.
AprĂšs LâĂ©treinte, dont la pochette est signĂ©e de lâartiste brestois Paul Bloas, sort le Brest of, accompagnĂ© dâun dvd live.
FinistĂ©riens est un aboutissement, Miossec se dĂ©passe musicalement, pousser par Yann Tiersen, il ne se contentera plus seulement de faire des dĂ©mos. Contrairement Ă Thierry Jourdain qui trouve que lâalbum est proche de lâunivers de Yann Tiersen, je trouve au contraire que câest un trĂšs bon album de Miossec.
Chansons ordinaires sonne rĂ©solument plus rude que tous les autres albums. Il choisit de travailler avec lâĂ©quipe de Dominique A pour lâenregistrement, producteur et musiciens. LĂ encore la littĂ©rature est trĂšs prĂ©sente dans les textes, Georges Perros encore, Robert McLiam Wilson, AndrĂ© Gide, etc. Lâenregistrement se fait presque live, les musiciens improvisent sur les Ă©bauches de Miossec, qui Ă©crit les textes en mĂȘme temps. La tournĂ©e se fera avec Cocoon comme backing-band, Dominique A enregistre un nouvel opus.
Les comandes de textes sont toujours nombreuses, avec des artistes aussi divers que Mass Hysteria et M Pokora. Johnny Halliday toujours. Et en point dâorgue, Juliette GrĂ©co, collaboration dont Miossec est le plus fier.
Il joue son propre rĂŽle dans Lâair de rien, agrĂ©able film mettant en scĂšne Michel Delpech, dans son propre rĂŽle Ă©galement. Il a un rĂŽle dans Les salauds de Claire Denis Ă la mĂȘme pĂ©riode. Curieusement le sujet du cinĂ©ma, mĂȘme mineur, nâest pas du tout abordĂ© dans le livre.
Le disque suivant Ici-bas, Ici-mĂȘme, se fera les mĂȘmes conditions que le prĂ©cĂ©dent. Pour lâenregistrement Miossec fait appel Ă une Ă©quipe rĂ©duite, dont Albin De La Simone ; et tournera avec un groupe de cinq autres musiciens. Câest sur cette tournĂ©e que va naĂźtre MammifĂšres, fruit de la rencontre avec Mirabelle Gilis.
Si lâalbum sort en 2016, il se construit sur les routes lors dâune tournĂ©e de petites salles Ă partir de lâĂ©tĂ© 2015. La tournĂ©e continue jusquâen 2017 avec lâenregistrement du premier vĂ©ritable album live : MammifĂšres Aux Bouffes du Nord. Lâauteur Ă©lude le sujet, mais un incident marque la rupture avec lâaccordĂ©oniste du groupe qui part Ă quelques dates de la fin. Il nâest pas sur le live. Enfin, dernier en date, Les rescapĂ©s, toujours avec Mirabelle Gilis et dâautres musiciens, ne fait que confirmer lâimportance de Miossec dans le paysage musical actuel.
Lâauteur brosse un portrait trĂšs complet, humain, de Miossec, Ă partir des heures dâentretiens quâil a accumulĂ©es. Sa mĂ©thode chronologique permet de bien mettre en valeur la progression musicale. Surtout il sâattache Ă son sujet : la musique. Au sujet des textes, il est Ă©tonnant de voir que les thĂšmes ont peu changĂ©, le couple, la mĂ©diocritĂ© et le fragilitĂ© masculines, la souffrance populaire, et que la source nâest pas tarie pour autant, la qualitĂ© ne fait que trĂšs rarement dĂ©faut.
Un bon chanteur mort. Ainsi sâintitulait lâessai de Dominique A en 2008. Vrai que pour un biographe, mieux vaut Ă©crire sur une personne disparue â ainsi, on peut se pencher sur une existence achevĂ©e. Jusquâalors deux livres, vieux de plus de dix ans, faisaient autoritĂ© pour Miossec et Daho. Il sâagissait dâEn quarantaine et dâĂtienne Daho : Portraits et entretiens, respectivement rĂ©digĂ©es par Vincent Brunner et BenoĂźt Cachin en 2007. Thierry Jourdain et FrĂ©dĂ©ric Tallieux leur emboĂźtent le pas. Dans le cas du Brestois, Jourdain a rencontrĂ© le songwriter et quelques collĂšgues (Tiersen, Mellano, GilisâŠ) laissant dâautres avis sur le bas-cĂŽtĂ©. Dommage, car lâouvrage prĂ©citĂ© exposait davantage dâinvitĂ©s et surtout des voix dissonantes. Quant Ă Ătienne Daho, cette biographie fondĂ©e sur la discographie du natif dâOran, de Mythomane (1981) Ă Blitz (2017) comporte des lacunes. MalgrĂ© une volontĂ© dâexhaustivitĂ©, nulle trace de sa participation au premier essai de Yan Wagner par exemple. Ceci posĂ©, ces deux sommes restent recommandables Ă qui ne possĂšde pas les rĂ©fĂ©rences antĂ©rieures.
Il fallait bien un ouvrage pour dĂ©passer les clichĂ©s qui entourent Christophe Miossec, son rapport Ă sa ville natale, Brest, et pour cerner la complexitĂ© dâun individu qui, de disque en disque, ne se dĂ©voile jamais totalement. Thierry Jourdain, connu pour ses livres sur Bruce Springsteen, Elliott Smith ou encore Chokebore, sâattaque Ici Ă une pierre angulaire de ce qui constitua la nouvelle scĂšne française. Sâappuyant aussi bien sur ses rencontres avec lâauteur de Boire quâavec Dominique A ou Albin de la Simone, Miossec Une Bonne Carcasse parvient aisĂ©ment Ă dessiner les contours de cette ombre brinquebalante que lâon croise souvent du cĂŽtĂ© de la salle Vauban par soirs de bruine. Ou comment raconter le parcours de Printemps Noir et de son tube volĂ© Les yeux de Laura jusquâau Miossec des RescapĂ©s (2018). Un parcours de vie comme la construction dâune Ćuvre majeure.
Sur le chanteur breton, il y avait un bouquin de rĂ©fĂ©rence, mais il date de 2007: «En quarantaine», de Vincent Brunner. Il Ă©tait temps dâen remettre une couche. Surtout quand on a tant fait tourner «Boire», «Baiser», «BrĂ»le», «FinistĂ©riens» et «Ici-bas, ici mĂȘme», ses plus puissants opus.
Avec «Miossec, une bonne carcasse», Thierry Jourdain signe non pas une biographie, mais une Ă©tude de lâoeuvre: les onze albums de lâartiste sont analysĂ©s, remis en contexte. De courts Ă©lĂ©ments biographiques sont Ă©voquĂ©s, mais uniquement pour comprendre le parcours artistique. On fait appel Ă des tĂ©moignages dâartistes, de collaborateurs, de journalistes⊠On Ă©voque des chanteurs, des auteurs. Une absence Ă©trange: le groupe De Calm qui avait Ă©crit en guise dâhommage la chanson Lâenvie dâĂ©couter Miossec.
Mais le livre sâappuie surtout sur des entretiens de Jourdain avec Miossec. Câest la vision du Breton quâon nous offre ici. Rares sont les passages oĂč Jourdain se permet dâĂ©mettre des rĂ©serves artistiques. Et pourtant, des disques ratĂ©s ou ennuyeux, Miossec en a commis quelques-uns. Ă lire cet ouvrage, on saisit pourquoi. Câest un bon portrait dâun rescapĂ© de la chanson française. On a toujours vantĂ© le cĂŽtĂ© incisif et ramassĂ© de la plume de Miossec: Jourdain sâen inspire et va droit au but. En pleine lucarne.
âŠ
Toute la chronique est disponibe sur le blog de Francis Hébert
Thierry Jourdain, a qui lâon doit la revue Equilibre Fragile (dont le n° 1 a Ă©tĂ© consacrĂ© Ă Dominique A), vient de signer une biographie sur Miossec. Le parcours du breton est passĂ© au peigne fin, mais vous pourrez Ă©galement y lire des contributions de Dominique A, Yann Tiersen, Thomas Poli, Olivier Mellano⊠Lâexcellent ouvrage est disponible aux Ă©ditions Le Mot et le Reste.
Note : 4/5
«Je ne suis pas breton, je suis brestois »⊠Admettons. Mais Ă la lecture de cette excellente bio, le constat est flagrant : Christophe Miossec travaille naturellement avec beaucoup de bretons. Ses potes de Brest tout dâabord pour ses 3 premiers albums (Guillaume Jouan, Bruno Leroux), puis dans le dĂ©sordre Yan Tiersen, Ollivier Mellano, les rennais de Santa Cruz ou le nantais dâadoption Dominique A. Quâimporte, ça doit ĂȘtre le fruit du hasard. Une chose est sĂ»re, Miossec (lâartiste a perdu son prĂ©nom) est devenu celui dont on recherche (sâarrache ?) les mots. Johnny Hallyday sur 3 albums a profitĂ© de son talent. Et une dizaine dâautres. La libertĂ© financiĂšre nâa pas de prix.
Le livre de Thierry Jourdain prend le temps de donner la parole aux autres (câest si rare en 2019), ceux qui ont croisĂ© la route du chanteur. Ses musiciens essentiellement. On y dĂ©couvre lâinstant de la rencontre, les plaisirs partagĂ©s des tournĂ©es, le travail en studio, les choix, les affres, les doutes. Et cette « bonne carcasse » quâest Miossec. Un homme quâon aimerait rencontrer. Pour discuter, Ă©changer⊠Apprendre un peu. Car derriĂšre lâartiste se dessine un homme qui a longtemps travaillĂ© Ă droite et Ă gauche. A lâarsenal de Brest, Ă Ouest France, Ă TF1⊠En fait, Miossec ne commence sa vie de saltimbanque quâĂ 30 ans. De quoi se forger certaines idĂ©es sur le monde du salariat, jusquâĂ se prĂ©senter aux Ă©lections municipales dans un petit village du cĂŽtĂ© de Brest. « Mais pas Ă©ligible, hein ! » Oui, la Bretagne on y revient.
Vingt-cinq ans plus tard, Miossec est aussi un passeur. Il aide la jeune gĂ©nĂ©ration avec notamment Baptiste W. Hamon quâil Ă©paule. Car, « Ce nâest pas fini, on vient juste de commencer » conclu le livre de Thierry Journdain. Bonne chute.
La chronique en ligne sur Bretagne actuelle
Une excellente biographie de Christophe Miossec, signĂ©e Thierry Jourdain et intitulĂ©e Miossec â Une bonne carcasse, vient de paraĂźtre aux Ă©ditions Le mot et le reste. Pour lâoccasion, Pop Nâ Co revient ce lundi sur la carriĂšre et la trajectoire de cet auteur-compositeur-interprĂšte singulier⊠et brestois.
Ăcoutez la chronique sur le site de France Inter
Dans la vie, il est important dâavoir de bonnes idĂ©es. Thierry Jourdain a eu lâexcellente idĂ©e de faire un livre qui narre la carriĂšre de Christophe Miossec. Superbe chanteur, carriĂšre exemplaire et excellent Ă©crivain font de Miossec, une bonne carcasse lâun des livres essentiels de la rentrĂ©e.
Miossec, une bonne carcasse est un page-turner. Ouvrir ce livre, câest en devenir prisonnier tant quâon ne lâa pas terminĂ©. Richement documentĂ©* (lâauteur a multipliĂ© les entretiens), cette biographie de Miossec nous replonge dans les heures bĂ©nies de Boire et de Baiser, dans les doutes du troisiĂšme album, dans la renaissance de BrĂ»le et de 1964, dans lâocĂ©an pop de LâĂtreinte.
On se trouve Ă Brest, sur les routes des diffĂ©rentes tournĂ©es, Ă Bruxelles et au siĂšge de PIAS. Miossec, une bonne carcasse nous prend par la main et nous fait voyager sur une Ă©tagĂšre oĂč seraient rangĂ©s tous les disques de Miossec, dans le temps et dans lâespace.
Il sâagit de ton premier livre sur un artiste français. Est-ce quelque chose qui a comptĂ© pour toi ?
Thierry Jourdain : Inconsciemment oui, jâimagine quâil y a quelque chose de diffĂ©rent pour moi dans le fait dâĂ©crire sur un artiste français. Ce nâest pas Ă proprement parlĂ© un facteur qui compte au moment de lâĂ©criture mais en tout cas câest indubitablement une pression supplĂ©mentaire. DĂ©jĂ parce que le principal intĂ©ressĂ© va comprendre tout ce que je peux bien raconter, je nâai donc pas intĂ©rĂȘt Ă me tromper ou Ă dire nâimporte quoi⊠encore que normalement, lâayant Ă©crit avec son aide et sa participation, Christophe (Miossec) ne devrait ni ĂȘtre surpris, ni déçu quand il aura le livre entre les mains, en tout cas je lâespĂšre. Un musicien français, hormis les Gainsbourg, Phoenix, Daft Punk et quelques autres exceptions, a souvent le cĆur de son public en France, il va donc y avoir une attente plus particuliĂšre jâimagine, câest donc une excitation supplĂ©mentaire pour moi.
Tu as Ă©tĂ© Ă la rencontre de Miossec. Mais aussi de beaucoup de ses pairs comme Dominique A ou Albin de la Simone. Pourquoi as-tu pris la dĂ©cision dâaller les rencontrer ?
Tout dâabord, jâaime les rencontres et pas que celles avec les artiste dont je souhaite Ă©crire un livre. Aller Ă la rencontre dâautres personnes qui ont pu collaborer avec lâartiste principal des mes livres est avant tout un plaisir mais aussi une matiĂšre prĂ©cieuse pour Ă©tayer mon propos. Câest ce qui a, entre autre, plu Ă Yves Jolivet des Ă©ditions Le Mot et le Reste quand on sâest rencontrĂ© : que jâaille Ă la rencontre de nombreux artistes pour les interviewer dans ma revue Ăquilibre Fragile. Et puis Ă un moment donnĂ©, surement quand il a vu que je commençais Ă compiler par mal de tĂ©moignages, Christophe lui-mĂȘme a manifestĂ© le dĂ©sir que jâaille plus loin en me donnant les contacts dâautres personnes quâil souhaitait Ă©galement voir prĂ©sentes dans le livre. Il nây a malheureusement pas tous les personnes que lui et moi aurions voulu, par manque de temps et parfois dâopportunitĂ©s, mais je suis trĂšs fier du rendu final. Je suis trĂšs reconnaissant de tous les artistes qui ont acceptĂ© de rĂ©pondre Ă mes questions, ceux plus ou moins de sa gĂ©nĂ©ration comme Dominique A, Yann Tiersen ou Olivier Mellano, comme ceux de ce que lâon appelle la « jeune gĂ©nĂ©ration » comme Baptiste W Hamon, Thomas Poli ou bien encore Jeanne Added.
âŠ
Retrouvez toute lâinterview sur Soul Kitchen