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Parution : 15/06/2017
ISBN : 9782360543885
384 pages (14,8 x 21)

MĂ©moires d’un temps oĂč l’on s’aimait

De l’underground parisien des 60’s aux trips d’acide Ă  Goa pendant les 70’s, Ă  son retour Ă  la scĂšne dans les 80’s, la vie d’artiste et l’aventure hippie racontĂ©e par une des figures les plus touchantes de ces annĂ©es folles.

D’abord jeune premiĂšre – chez Lelouch, Godard, Garrel, Schroeder ou de Broca notamment – puis auteure-compositrice-interprĂšte d’une quinzaine de 45-tours et de six albums, ValĂ©rie Lagrange quitte le show-business et la cĂ©lĂšbre maison ouverte du parc Montsouris au tournant de Mai 68 pour embrasser la vie hippie. De la Nouvelle-GuinĂ©e Ă  l’Inde en passant par les BalĂ©ares, l’Asie et l’Italie, elle entraĂźne les lecteurs Ă  sa suite et raconte son expĂ©rience sur la route, loin des clichĂ©s peace and love, avant un retour en France et Ă  la scĂšne dans les annĂ©es 1980. Tour Ă  tour douloureuse, merveilleuse et inattendue – toujours enrichissante – la vie de ValĂ©rie Lagrange alterne drames familiaux et succĂšs artistiques. TĂ©moignage essentiel et rare, MĂ©moires d’un temps oĂč l’on s’aimait dessine, sans concessions, le portrait d’une femme ayant pleinement vĂ©cu.

Revue de presse

- La sélection Alain Vollerin Mémoires des Arts sept.-oct. 2017
- Cargo Culte Philippe Azoury Grazia 10 novembre 2017
- Aux BibliothÚques idéales : Valérie Lagrange : all you need is love Serge Hartmann Les DerniÚres Nouvelles d'Alsace 30 août 2017

- La sélection

Yves Jolivet qui dirige les Ă©ditions Le mot et le reste, a demandĂ© Ă  ValĂ©rie Lagrange de les réécrire. Une excellente idĂ©e. ValĂ©rie Lagrange a participĂ© Ă  toute l’aventure de la musique, de la chanson et du cinĂ©ma avant, pendant et aprĂšs 1968. Elle compose ses chansons, souvent prĂ©sentes dans ce livre. ValĂ©rie Lagrange est trĂšs lucide sur l’évolution de notre sociĂ©tĂ©. Son amour pour son compagnon, lan est un exemple de courage et de dĂ©vouement. Combien seraient parties? ValĂ©rie Lagrange a raison, notre monde change, les gens ne s’aiment plus. Je crois que nous sommes en rĂ©el danger. ValĂ©rie Lagrange Ă©crit : “ Aujourd’hui, en Europe, nous vivons dans une dĂ©mocratie de façade, gouvernĂ©e par le grand capital. Nous sommes en pleine pĂ©riode de mutation, dit-on. EspĂ©rons que les gĂ©nĂ©rations futures Ă©viteront que cette mutation ne soit la premiĂšre marche vers le commencement de notre dĂ©clin .” En lisant ce livre passionnant, des noms rĂ©sonneront : Jack Kerouac, Serge Gainsbourg. Brigitte Bardot, Pierre Barouh, Goa, Katmandou, Bombay, New Delhi, Gurdjieff, Barbet Shroeder, Wight, Pierre ClĂ©menti, Bob Dylan, Positano, Olivier Mosset, Alexandra David-NĂ©el, Jean-Louis Aubert, Jean-Pierre Kalfon, Alain Bashung, Jean-Luc Godard, Villa Montsouris, Philippe Constantin, les Ruts, Formentera, Claude Lelouch, Jacques Higelin, Benjamin Biolay, etc. Un premier drame dans la vie de ValĂ©rie lagrange, fut le suicide de son mari, le photographe, Serge Beauvarlet. Les nombreuses photographies sont de vĂ©ritables documents, reproduits en pleine page. Je vous souhaite un bon voyage.

Alain Vollerin
Mémoires des Arts sept.-oct. 2017

- Cargo Culte

StupĂ©faction bĂ©ate en lisant les mĂ©moires de ValĂ©rie Lagrange, figure de l’underground parisien des annĂ©es 60 Ă  80. Cette fille a tout connu, tout bravĂ©. La libertĂ©, comme le reste.

Une splendide brune Ă  frange, jeune actrice des annĂ©es yĂ©-yĂ© chez Lelouch (Un hommes et une femme), hippie rĂȘveuse en tunique marocaine dans un film LSD de Philippe Garrel, ou encore, dĂ©but 80, une illustration, veste cintrĂ©e et moue rebelle, d’une certaine idĂ©e du rock en France, entre Bashung et TĂ©lĂ©phone. Chacun a son image de ValĂ©rie Lagrange. Lire ses mĂ©moires, c’est refaire la route avec elle : la bande la Coupole en 1965 aux cĂŽtĂ©s de Jean-Pierre Kalfon, la maison ouverture en bordure du parc Montsouris oĂč, de Keith Richards aux situationnistes, tout le monde s’essayait au LSD. Puis Rome ou Positano, la recherche d’une autre vie possible, les grands voyages tiers-mondistes, le retour Ă  la dĂ©sillusion quand, Ă  Paris, l’utopie a Ă©tĂ© remplacĂ©e par le cynisme ou l’autodestruction. La difficultĂ© Ă  Ă©lever un enfant parmi cela. Une vie. Si nous avions tentĂ© ne serait-ce que la moitiĂ© de ces expĂ©riences, nous nous prendrions pour des hĂ©ros. Pas elle : trop humble, trop bien.

Philippe Azoury
Grazia 10 novembre 2017

- Aux BibliothÚques idéales : Valérie Lagrange : all you need is love

« Je suis allĂ©e au nord, je suis allĂ©e au sud/Je suis allĂ©e Ă  l’est, je suis allĂ©e Ă  l’ouest/Je suis allĂ©e si bas, que j’pensais plus r’monter/Je suis allĂ©e si haut, que j’pensais plus r’tomber ». L’un de ses tubes, teintĂ© de reggae, ( Faut plus me la faire ) offrait une assez bonne synthĂšse de la trajectoire artistique et personnelle de ValĂ©rie Lagrange. Qu’elle raconte dans son autobiographie! MĂ©moires d’un temps oĂč l’on s’aimait (Ă©d. Le Mot et le Reste).

Starlette bĂ©nĂ©ficiant d’un physique avantageux, elle fait ses dĂ©buts au cinĂ©ma, en 1959, dans La Jument Verte de Claude Autant-Lara au cĂŽtĂ© de Bourvil. Elle enchaĂźne les seconds rĂŽles, avec une prĂ©dilection pour les jeunes Ă©cervelĂ©es, en mĂȘme temps qu’elle inaugure une carriĂšre de chanteuse de variĂ©tĂ©s. Pas de quoi tomber Ă  la renverse mais elle atteint une certaine notoriĂ©tĂ© et une belle aisance financiĂšre.

CĂŽtĂ© cƓur, la pioche est moins rĂ©ussie : son premier mari, peu portĂ© Ă  la fidĂ©litĂ© conjugale, se suicide alors qu’elle prend ses distances avec lui. Une vie de bĂąton de chaise ne lui permet pas d’élever son enfant qu’elle confie Ă  ses parents.

Le grand choc sera la liĂ© Ă  la dĂ©ferlante du rock et du protest song. ValĂ©rie Lagrange dĂ©couvre Bob Dylan, Joan Baez et Leonard Cohen. Les idĂ©aux de paix et de vie communautaire attirent la jeune femme. La grande fĂȘte de Mai 68 accentue encore le rejet du show-business et du consumĂ©risme ambiant alors que dans le mĂȘme temps elle vit une forte relation amoureuse avec l’acteur et chanteur rock Jean-Pierre Kalfon. Elle saborde une offre allĂ©chante (ĂȘtre la prochaine James Bond girl !) et paye sa libertĂ© d’annĂ©es de galĂšre qui ne l’empĂȘchent pas d’effectuer de nombreux voyages, trouvant toujours des points de chute dans d’hospitaliĂšres communautĂ©s hippies Ă  la façon de La Maison bleue de Maxime Leforestier.

Dans ses MĂ©moires d’un temps oĂč l’on s’aimait , dont la premiĂšre Ă©dition est parue en 2005, ValĂ©rie Lagrange Ă©voque cette gĂ©nĂ©ration qui refusa d’entrer dans le moule de ce qu’on appelait alors « le systĂšme ». Le parcours fut loin d’ĂȘtre enchanteur, beaucoup restĂšrent sur le carreau, broyĂ©s par la dope et l’acide. Un aspect que n’occulte pas l’artiste. Adepte d’un bouddhisme qu’elle pratique sans prosĂ©lytisme, ValĂ©rie Lagrange revendique encore et toujours une philosophie de la vie marquĂ©e par l’hĂ©ritage du peace and love. MĂ©lange de naĂŻvetĂ© et de sincĂ©ritĂ©, de gĂ©nĂ©rositĂ© et d’amour, ses souvenirs dessinent une figure d’artiste singuliĂšre autant qu’ils restituent les contours d’une gĂ©nĂ©ration contestaire surgie au mitan des annĂ©es soixante. Certains se reniĂšrent. ValĂ©rie Lagrange, non.

Consulter l’article sur le site des DNA

Serge Hartmann
Les DerniÚres Nouvelles d'Alsace 30 août 2017