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Parution : 19/04/2012
ISBN : 9782360540471
224 pages (148 x 210)

24 €

LZ 75

Les Chroniques égarées de la tournée américaine de Led Zeppelin

Une Ă©popĂ©e sombre, cynique et humaine qui permet de comprendre un peu mieux l’exceptionnelle richesse sonore de ce groupe inventif et prĂ©curseur qu’était Led Zeppelin.

Eric Serva – France Musique

Traduit de l’anglais par Philippe Paringaux.

En 1975, le jeune critique musical Stephen Davis se voit proposĂ© de couvrir la tournĂ©e nord-amĂ©ricaine de Led Zeppelin : on lui remet un passe pour les backstages, il interview les membres du groupe et se voit mĂȘme concĂ©der une place sur le luxueux jet privĂ© affrĂ©tĂ© pour la tournĂ©e de Led Zeppelin, le Starship. Au fil de la tournĂ©e, il remplit trois carnets de notes (dont un porte mention sur sa couverture de LZ-’75) et rassemble du matĂ©riel qui lui servent de base pour l’écriture de son article. En 2005, trente ans plus tard, Stephen Davis remet la main sur ce matĂ©riel qu’il pensait Ă©garĂ©. De cette redĂ©couverte, qui le replonge dans cette annĂ©e cruciale tant dans son histoire personnelle que dans celle du groupe lĂ©gendaire, il tire ce livre trĂ©pidant, une chronique dĂ©taillĂ©e des performances des musiciens et de leur vie en tournĂ©e qui met en perspective la carriĂšre du groupe et rĂ©vĂšle nombre d’anecdotes sur la vie extravagante de ses membres et de leurs rapports avec d’autres grandes figures de l’époque.

Revue de presse

- La Rock Culture Le Rock Octobre 2012
- La chronique d'Eric Serva Eric Serva France Musique 29 juin 2012
- Phénoménologie Gonzo Sigismund Benway Gonzaï 21 mai 2012

- La Rock Culture

LZ-75’ compile les carnets de route de Stephen Davis, journaliste “infiltrĂ©â€ dans la rocambolesque campagne US suivant la sortie de Physical Graffiti. En direct des coulisses des concerts et Ă  bord du Starship, le Boeing privĂ© du groupe, Davis tente de retranscrire l’aura de l’extraverti Robert Plant, de l’énigmatique Jimmy Page, du taciturne John Paul Jones et de l’inquiĂ©tante personnalitĂ© bipolaire de John Bonham. Une intĂ©ressante plongĂ©e in situ dans l’univers nĂ©buleux du Zep !

Le Rock Octobre 2012

- La chronique d'Eric Serva

“Toujours de Philippe Paringaux mais cette fois en tant que traducteur chez le mĂȘme Ă©diteur, je recommande aux amateurs de rĂ©cits rock’n‘rollesques la lecture des chroniques Ă©garĂ©es de la dixiĂšme tournĂ©e amĂ©ricaine de Led Zepplin. Il s’agit d’une sĂ©rie de chroniques rĂ©digĂ©es en 1975 par le journaliste musical amĂ©ricain Stephen Davis chargĂ©, avec quelques uns de ses collĂšgues, d’accompagner le groupe et de rendre compte de leur sulfureuse tournĂ©e hivernale. DĂ©licate mission puisque la plupart des
journalistes Ă©taient totalement effrayĂ©s Ă  l’idĂ©e de cĂŽtoyer ces musiciens et leur entourage qui tous affichaient une franche hostilitĂ© Ă  leur Ă©gard. Partir en tournĂ©e avec ces fous furieux souvent alcooliques, addicts aux drogues les plus dures, impulsifs et incontrĂŽlables Ă©tait une sacrĂ©e aventure, ce rĂ©cit en tĂ©moigne puisqu’il nous raconte sans dĂ©tour cette extravagance quasi quotidienne qui fit la lĂ©gendaire rĂ©putation du groupe. Entre grandeur et dĂ©cadence, tous les stĂ©rĂ©otypes sont prĂ©sents : l’argent, l’hĂ©roĂŻne, la coke, les fan, les limousines, le Boeing privĂ© recouvert de moquette violette Ă  l’intĂ©rieur, le sexe, les palaces, la police, les galĂšres, les tensions, l’amitiĂ©, les rancƓurs, les concerts exceptionnels ou calamiteux. Une Ă©popĂ©e sombre, cynique et humaine qui permet de comprendre un peu mieux l’exceptionnelle richesse sonore de ce groupe inventif et prĂ©curseur qu’était Led Zepplin.” (Eric Serva pour France Musique – juin 2012)

REECOUTER L’EMISSION

Eric Serva
France Musique 29 juin 2012

- Phénoménologie Gonzo

Est-il vraiment possible d’approcher un groupe tel que Led Zeppelin ? C’est l’expĂ©rience que tente le jeune Stephen Davies, muni d’un pass all access sur la gigantesque tournĂ©e qu’entame le groupe en 1975 Ă  travers les États-Unis. Une commande pour un article fumeux dans The Atlantic Monthly — l’équivalent de notre Figaro, pĂ©riode Mauriac plutĂŽt que Dassault — qui sera bien sĂ»r refusĂ© au final. Mais peu importe. Sexe, drogues et magie noire ?

Led Zeppelin. Les fondateurs du heavy metal. Ou plutĂŽt les fondeurs. Le forgeron Bonham qui frappe ses fĂ»ts toutes les nuits en jouant sur les disques d’Alphonse Mouzon, autre forgeron du genre exerçant dans le jazz. Les bouclettes de Robert Plant, les interminables improvisations d’orgue de John Paul Jones et les solos de guitare agrĂ©mentĂ©s de lasers de Jimmy Page. Quelque chose d’énorme, qui laboura l’AmĂ©rique au cours de gigantesques tournĂ©es et des centaines de milliers de metal kids surgissant du sol pour rejoindre en masses grouillantes les fosses des grandes Arenas amĂ©ricaines. Led Zeppelin, c’est l’équilibre parfait : le son le plus lourd qui soit, mais encore assez groovy pour accrocher les corps. Notamment les hanches des jeunes filles. Suivraient la rĂ©action punk puis le marteau-piqueur Slayer. Des choses un peu moins sexy.

Et donc le jeune Stephen Davis, qui remue ciel et terre pour faire partie de la tournĂ©e, qui se retrouve zonant dans les couloirs d’hĂŽtels avec le staff en espĂ©rant croiser les membres Ă©mĂ©rites du Zeppelin pour leur tirer des interviews, s’enquillant concert sur concert — entre 3 et 4 heures Ă  chaque fois, pensez bien que “Dazed and Confused” pouvait durer jusqu’à 45 minutes. Les couloirs qui bruissent de rumeurs sur le groupe, dont la cĂ©lĂšbre anecdote du godage de groupie avec un requin mort fraĂźchement pĂȘchĂ© par Bonham (ou alors une sardine), ou ces histoires de magie noire. Mais voici que, rapidement, notre jeune Tintin reporter gonzo se heurte Ă  un mur. Il y a toujours une foule de gardiens entre lui et Page ou Plant. S’il frappe Ă  une porte, ce n’est jamais la bonne. S’il parvient Ă  la trouver, on lui dira que Jimmy se repose dans la chambre du fond et qu’il ne faut pas le dĂ©ranger. Et s’il finit par accĂ©der Ă  Jimmy, celui-ci est de toute maniĂšre trop “ailleurs” . Le journaliste finira bien sĂ»r par se rendre compte que ce sont des gens normaux : Bonham qui souffre de l’absence de sa femme et de ses enfants, Page horrifiĂ© par une scĂšne de violence qui se passe sous ses yeux (des vigiles qui fracassent un pauvre adolescent pour une raison obscure), Robert et ses problĂšmes de jeunes filles. Quant Ă  John Paul Jones, il n’intĂ©resse personne. Il n’y a pas de Led Zeppelin Ă  dĂ©busquer au fond des loges ou des suites d’hĂŽtels : Led Zeppelin n’existe que sur scĂšne.

LZ-’75 est par ailleurs plein de dĂ©tails scabreux sur la vie d’un groupe en tournĂ©e. Page qui se foule un doigt, Plant qui s’enrhume, Bonham qui a des diarrhĂ©es. Le livre raconte Ă©galement la solitude infinie des stars du rock quittant chaque concert sous les jets de projectiles. La vie de jeunes gens dans la vingtaine, entourĂ©s d’une nuĂ©e de dealers et de groupies de 17 ans, adulĂ©s comme des dieux fainĂ©ants. Des dieux nomades et malheureux, pourchassĂ©s par le fisc anglais — qui Ă  l’époque prĂ©levait 95 % des royalties — errant de rĂ©sidence en rĂ©sidence, de Los Angeles Ă  l’Allemagne en passant par la Suisse, le Maroc ou la GrĂšce, mais jamais trop longtemps. Toujours en mouvement. Sans compter l’idĂ©e de se retrouver dans un avion privĂ© avec un Bonham ivre mort, violent et incontrĂŽlable. Et avoir rapidement pour seul horizon un ocĂ©an de moquette d’hĂŽtel, d’aĂ©roports et d’avions. Quoi qu’il en soit, une bonne tranche de rock’n’roll qui se lit comme on vide une pinte par un aprĂšs-midi ensoleillĂ©.

GonzaĂŻ

Sigismund Benway
GonzaĂŻ 21 mai 2012