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Parution : 28/06/2024
ISBN : 9782384313914
192 pages (14,8 X 21 cm)

Lynyrd Skynyrd _ Nouvelle Édition

Au-delà de sa trajectoire dramatique, le parcours musical de Lynyrd Skynyrd enfin analysé dans une monographie.

FondĂ© dans les annĂ©es soixante en Floride, Lynyrd Skynyrd s’impose une dĂ©cennie plus tard comme le groupe phare du rock sudiste. Pourtant, lorsqu’en 1976 Time Magazine lui consacre un article, la musique est effleurĂ©e en quelques mots, et les frasques dĂ©crites en profondeur (alcool, violence, scĂšnes de mise Ă  sac). Dans la trajectoire de Lynyrd Skynyrd, l’image a souvent Ă©clipsĂ© la musique. Et les malentendus ont souvent brouillĂ© cette image. Son histoire est ici racontĂ©e dans ses triomphes et ses tragĂ©dies constamment entremĂȘlĂ©s, en restituant par ailleurs la consistance du rĂ©pertoire. Avec des titres comme «Free Bird», «Sweet Home Alabama» ou «Simple Man», le groupe s’extirpe des quartiers durs de Jacksonville pour tutoyer la gloire, jusqu’à s’en retrouver brutalement dĂ©possĂ©dĂ© aprĂšs un accident d’avion fatal Ă  plusieurs d’entre eux.

• Lire un extrait

Revue de presse

BERTRAND BOUARD : Lynyrd Skynyrd Jean Christophe Mary Nouvelle Vague 6 décembre 2024
LYNYRD SKYNYRD par Bertrand BOUARD Jean-Christophe Mary Gonzo Music 16 octobre 2024
- La grande librairie du Rock et du Blues, Lynyrd Skynyrd, Bertrand Bouard Perfecto Music Perfecto Music 4 janvier 2023
- BERTRAND BOUARD - Lynyrd Skynyrd codotusylv FAKE FOR REAL 4 juin 2018
- Sur la route avec Lynyrd Skynyrd Poulpy Addict Culture 12 avril 2018
- Lynyrd Skynyrd, la lĂ©gende du southern rock Éric Delzard Boojum 17 janvier 2018
- Lynyrd Skynyrd Chirstian Le Morvan Blues magazine avril-mai-juin 2018

BERTRAND BOUARD : Lynyrd Skynyrd

“Cet ouvrage est conçu comme un thriller. Les premiĂšres pages dĂ©butent sur le tarmac de l’aĂ©roport de Greenville en Caroline du Nord quelques heures avant le crash de l’avion. A bord de ce Convair 240 qui n’est “pas exactement de premiĂšre jeunesse”, se trouvent Ronnie Van Zant (chant) , leur road manager Ron Eckerman et son assistant Dean Kilpatrick, l’ingĂ©nieur du son Kevin Elson, Billy Powell (piano), Artimus Pyle (batterie) Leon Wilkeson (basse), les trois guitaristes Steve Gaines, Allen Collins et Gary Rossington, la choriste Cassie Gaines, ainsi que l’équipe des roadies et un camĂ©raman. Les deux pilotes Walter Mc Creary et William Gray s’affairent autour de l’un des moteurs qui semblent ĂȘtre dĂ©fectueux. Un problĂšme mineur que les pilotes ne jugent pas sĂ©rieux. “C’est rien de mĂ©chant rencĂ©hrit McCreary. On doit juste rĂ©parer pour que le moteur tourne mieux. Au pire si un moteur venait Ă  s’éteindre ce qui, n’arrivera pas, on peut toujours voler avec un seul”. La suite, on la connaĂźt. Elle est Ă©toffĂ©e Ă  la fin de l’ouvrage. Entre ces deux chapitres autour du crash, on pĂ©nĂštre dans les coulisses de la lĂ©gende du groupe rock sudiste. IllustrĂ© de photos noir et blanc, le texte de Bertrand Bouard relate la genĂšse et les temps forts de ce gang de musiciens qui s’est hissĂ© au sommet en l’espace d’une dizaine d’annĂ©e. Ce fĂ»t non sans peine. L’ouvrage propose un regard neuf sur la genĂšse du groupe, les premiers concerts, les enregistrements de cette Ɠuvre limitĂ©e finalement Ă  cinq albums fondateurs “Pronounced ‘l?h-‘nĂ©rd ‘skin-‘nĂ©rd” (1973), “Second Helping” (1974), “Nuthin’ Fancy” (1975) “Gimme Back My Bullets” (1976), “Street Survivors” (1977) et deux immenses single “Free Bird” et “Sweet Home Alabama”. Une Ɠuvre qui aura eu un impact considĂ©rable sur la musique et la culture de ces soixante derniĂšres annĂ©es pour devenir une figure majeure de la culture populaire amĂ©ricaine. Au fil des pages, on remonte aux racines Ă  travers une foule de dĂ©tails croustillants, d’anecdotes et d’informations en ce dĂ©but des 60’s. On dĂ©couvre la personnalitĂ© explosive des membres, la figure autoritaire et complexe de leur leader Ronnie Van Zant, son tempĂ©rament fougueux, son enfance Ă  Shantytown, un bidonville de Jacksonville. La mĂšre de Ronnie raconte : “Il y avait beaucoup de durs Ă  Shantytown, mais Ronnie Ă©tait le pire d’entre eux”. Le pĂšre, routier, est souvent absent. La mĂšre vendeuse des Donuts Ă©lĂšve seule la fratrie. Ado Ronnie est pris de passion pour la boxe, les courses automobile, la pĂȘche Ă  ligne. FormĂ© originellement en 1964 sous le nom de “My Backyard” avant de devenir “The Noble Five” et plus tard “One Percent”, il faut attendre 1970 pour que Lynyrd Skynyrd devienne le nom officiel. L’ouvrage relate les premiĂšres rĂ©pĂ©titions Ă  la Hell House, une cabane en bois avec un toit en ferraille avec Gary Rossington guitare), Allen, Collins (guitare), Bob Burn ( premier batteur) et Ronnie Van Zant (chant) autour de reprises de leurs idoles, les Rolling Stones, les Beatles, les Allman Brothers. On y apprend que le nom du groupe fait rĂ©fĂ©rence Ă  leur professeur de gym et surveillant gĂ©nĂ©ral, un certain Leonard Skinner qui n’arrĂȘtait pas de les harceler au lycĂ©e Ă  cause de leurs cheveux longs. Les dĂ©buts sont difficiles : “Fin 1972, Lynyrd Skynyrd qui a donnĂ© plus de mille concerts, semble condamnĂ© Ă  ĂȘtre qu’un groupe de scĂšne”. Mais la rencontre avec le guitariste Ed King puis le producteur Al Kooper va propulser leur carriĂšre grĂące une prestation mĂ©morable en premiĂšre partie des Who Ă  San Francisco (1973). L’ouvrage relate les facĂ©ties de Leon Wilkeson dans les hĂŽtels, celles de Artimus Pyle qui se hisse sur le toit d’une voiture lancĂ©e Ă  110 km. On apprend que l’alcool est primordial pour eux afin d’affronter les situations stressantes, comme monter sur scĂšne ( au sommet de leur carriĂšre ils auront un bar portatif sur scĂšne !). L’auteur dĂ©cortique l’enregistrement des albums, les succĂšs radio notamment “Sweet Home Alabama” et “Free Bird”, Ă©ditĂ© pour les radios dans une version Ă©courtĂ©e de 4,10’. L’auteur documente la genĂšse des chansons comme “Double Trouble” (Fauteur de troubles !) qui fait rĂ©fĂ©rence aux nombreuses arrestations du chanteur, sans oublier d’évoquer le festival de Knebworth en Angleterre (1976) qui les rĂ©vĂšlera au reste du monde l . Et bien sĂ»r, on se rĂ©gale des mille et une anecdotes sur les accidents de voitures, la violence, les bagarres entre les musiciens, les drogues, l’alcool et les trahisons. En 1987, les rescapĂ©s du crash de 1977 reformĂšrent le groupe pour une tournĂ©e en hommage aux disparus. Ed King fit son retour et Johnny Van Zant remplaça son frĂšre aĂźnĂ© au chant. La tournĂ©e fut un succĂšs (375 000 personnes assistĂšrent au shows) ce qui incita le groupe Ă  continuer l’aventure. En 2006, le groupe connaĂźtra la consĂ©cration en faisant son entrĂ©e au Rock and Roll Hall of Fame. Depuis la disparition de Gary Rossington le 05/03/2023, qui Ă©tait le seul membre originel aprĂšs le crash, le groupe a dĂ©finitivement cessĂ© d’exister. Entre triomphes et tragĂ©dies constamment entremĂȘlĂ©es, ces deux cent pages se dĂ©vorent d’une seule traite.”

A lire en intégralité

Jean Christophe Mary
Nouvelle Vague 6 décembre 2024

LYNYRD SKYNYRD par Bertrand BOUARD

“« Sweet home Alabama », « Free Bird », « That Smell », « Simple Man »  Entre 1971 et 1976, alors au sommet de son art, cette puissante formation de rock sudiste aux accents blues et country US compose une trentaine de classiques qui bĂątissent la lĂ©gende. Lynyrd Skynyrd se distingue Ă©galement au pays du rock par son beef avec Neil Young concernant « leur » Alabama. Jusqu’à ce tragique accident d’avion le 20 octobre 1977 qui coĂ»tera la vie au chanteur Ronnie Van Zant, au guitariste Steve Gaines ainsi qu’à sa sƓur, la choriste Cassie Gaines. Entre temps les autres membres ont eux aussi tous disparu. Cette réédition du livre de Bertrand Bouard apporte son prĂ©cieux Ă©clairage Ă  la formation de Jacksonville et c’est sur et certain on ne reste pas sur sa soif !”

A lire en intégralité

Jean-Christophe Mary
Gonzo Music 16 octobre 2024

- La grande librairie du Rock et du Blues, Lynyrd Skynyrd, Bertrand Bouard

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Perfecto Music
Perfecto Music 4 janvier 2023

- BERTRAND BOUARD - Lynyrd Skynyrd

C’est un style musical dont les racines s’enfoncent profondĂ©ment dans le sol boueux du Sud, dans ces anciens Etats esclavagistes qui ont Ă©tĂ© la matrice de toutes les musiques afro-amĂ©ricaines. Cependant, c’est par des artistes issus de New-York et de Californie, ces siĂšges de l’industrie du divertissement, qu’il s’est fait connaĂźtre Ă  l’ensemble du pays. Mais le Sud, finalement, avec une dĂ©cennie de retard, a su prendre sa revanche. Ses musiciens, d’abord snobĂ©s, d’abord considĂ©rĂ©s comme des attardĂ©s, l’ont emportĂ© Ă  force de travail, de talent et de proximitĂ© avec le public. Ils sont devenus, au bout du compte, le choix du peuple.
Ce style musical, ce n’est pas le rap. En tout cas pas seulement. Cette histoire, en effet, c’est aussi celle du rock, dont la fraction sudiste est devenue trĂšs populaire au dĂ©but des annĂ©es 70. Et si les Allman Brothers en ont Ă©tĂ© Ă  l’origine de cette mouvance, si, dans les annĂ©es 80, ZZ Top a su la reprĂ©senter en se pliant aux nouveaux codes en vigueur, aucun groupe ne l’a incarnĂ© aussi bien que Lynyrd Skynyrd. Les musiciens de ce collectif originaire de Jacksonville, en Floride, ont donnĂ© avec “Free Bird” et “Sweet Home Alabama” ses plus grands hymnes au rock sudiste, et quelques-uns de ses albums les plus aboutis. Par ailleurs, cette production musicale riche s’est doublĂ©e d’une carriĂšre tragique, d’existences parsemĂ©es d’excĂšs et, en 1977, marquĂ©es par l’accident d’avion qui aura coĂ»tĂ© la vie Ă  trois membres du groupe (dont les plus importants, Ronnie Van Zant et Steve Gaines), et brisĂ© tous les autres, physiquement et/ou psychologiquement.
L’épopĂ©e de Lynyrd Skynyrd, c’est en effet une histoire amĂ©ricaine, celle de braves gars un peu rustres et mĂ©prisĂ©s (pas assez branchĂ©s pour les hippies, trop hippy pour les rednecks), mais qui finit en tragĂ©die grecque, avec le drame de l’avion, le trou d’air des annĂ©es 80, et cette reformation qui, en dĂ©pit du succĂšs, n’a jamais fait honneur Ă  la grandeur passĂ©e du groupe. C’est un parcours digne d’un roman, et qui mĂ©ritait donc un livre en français, une tĂąche Ă  laquelle s’est attelĂ© Bertrand Bouard. Ce dernier, critique musical, notamment pour Rock & Folk, s’est efforcĂ© de retracer leur carriĂšre, puisant sa matiĂšre dans des ouvrages rĂ©digĂ©s en anglais, et sur des tĂ©moignages, parfois divergents, des rockeurs et de certains proches.
Le format est assez classique. Le rĂ©cit, Ă©crit avec une plume fluide, ressemble de prĂšs au scĂ©nario d’un biopic. AprĂšs une introduction qui raconte les derniĂšres heures de ces femmes et de ces hommes avant le vol fatidique qui bouleversa (voire mettra fin Ă ) leur vie, Bouard suit un dĂ©roulĂ© chronologique, alternant Ă©pisodes biographiques et descriptions critiques de leurs diffĂ©rents titres, de leurs divers albums. C’est l’histoire haute en couleur, mille fois lue mais toujours pleine d’anecdotes croustillantes, d’un groupe de rock ‘n’ roll, d’une joyeuse bande de jeunes gens talentueux mais dysfonctionnels, qui s’adonnent aux excĂšs de la drogue et de la boisson, et qui finissent par se dĂ©chirer et par s’autodĂ©truire.
C’est aussi une mise au point sur le groupe, et sur les mĂ©prises le concernant. Souvent dĂ©daignĂ©, jugĂ© lourdaud, il a depuis largement Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©, et Bertrand Bouard va dans ce sens : il rappelle la diversitĂ© de leurs influences, le rock anglais, mais aussi les musiques de leur Sud d’origine, noires et blanches ; il souligne bien sĂ»r la subtilitĂ© de leurs arpĂšges de guitare ; et il insiste Ă  multiples reprises sur les talents de songwriter de leur leader, Ronnie Van Zant. En plus, l’auteur s’efforce aussi de dissiper une fois pour toutes le malentendu provoquĂ© par leur image de pĂšquenauds racistes, prompts Ă  proclamer leur fiertĂ© sudiste et Ă  arborer le drapeau confĂ©dĂ©rĂ©. Il prĂ©sente au contraire, chez Ronnie Van Zant, un homme dans la lignĂ©e des idĂ©aux progressistes des hippies, et un musicien plutĂŽt proche des Afro-amĂ©ricains, influencĂ© par leur musique et conscient de son importance. Il le dĂ©peint aussi en militant anti-armes. Et il blĂąme son jeune frĂšre Johnny, son remplaçant quand le groupe s’est reformĂ©, d’avoir embrassĂ© la caricature rĂ©actionnaire qui avait Ă©tĂ© faite du groupe, plutĂŽt que de l’avoir combattue.
Bien vite ringardisĂ© quand l’accident a tuĂ© ses membres les plus douĂ©s, et que le punk et la new-wave ont dĂ©barrassĂ© le rock de ses attaches avec l’AmĂ©rique traditionnelle, Lynyrd Skynyrd a nĂ©anmoins vite eu un mĂ©rite, qui transparait Ă  la lecture de ce livre. Ne s’embarrassant pas de chichis et d’artifice, comme l’illustrent les pochettes souvent sobres et dĂ©pouillĂ©es de leurs albums, ainsi que leur look peu sophistiquĂ© ou leurs occupations simples (boire, pĂȘcher
), ce groupe aura Ă©tĂ© sans doute, parmi les plus honnĂȘtes et attachants du rock amĂ©ricain.

Retrouvez cet article sur FAKEFORREAL en cliquant ici

codotusylv
FAKE FOR REAL 4 juin 2018

- Sur la route avec Lynyrd Skynyrd

Trouver le bon angle d’attaque pour entamer une bio musicale n’est pas chose aisĂ©e, mais quand il s’agit d’un des groupes de rock dit sudiste les plus connus, crashĂ©s au sens propre Ă  mi-parcours, entamer l’histoire avec ce vol fatal, nous plonge directement dans l’intrigue et l’histoire tragique de ce groupe.

Bertrand Bouard (familier de l’écriture musicale, journaliste Ă  Rock & Folk) s’est donnĂ© pour mission de retracer le parcours chaotique de ce groupe mythique qu’est Lynyrd Skynyrd, et ce en Ă©tant au plus prĂšs de la rĂ©alitĂ©.
Pas de bio fictionnĂ©e volumineuse ici, des faits, rien que des faits, et l’auteur n’a pas hĂ©sitĂ© notamment Ă  recroiser ses sources, ou Ă  les multiplier afin d’ĂȘtre au plus prĂšs de la rĂ©alitĂ©. On ne va pas vous refaire la bio du groupe, le livre est lĂ  pour ça et le fait trĂšs bien, mais nĂ©anmoins rappeler quelques jalons.

Il existe en gros quatre pĂ©riodes qui marquent l’histoire du groupe : les dĂ©buts, la reconnaissance, le crash et ses consĂ©quences et le retour.

Les débuts
Tout commence Ă  Jacksonville, Floride, et comme c’est le cas pour Ă©normĂ©ment de formations de cette Ă©poque, les vocations des futurs musiciens vont Ă©merger suite au passage des Beatles Ă  la TV amĂ©ricaine dĂ©but 64, et au choc visuel que reprĂ©sentent les Stones.
À la base, Ă©tudiants un peu paumĂ©s, les futurs membres du groupe, suite Ă  ces chocs visuels et sonores, prennent conscience que c’est ce qu’ils veulent faire. Au centre au chant, le charismatique mais bagarreur Ronnie van Zandt qui va travailler dur comme fer et surtout faire travailler ses musiciens pour qu’ils assurent. Le noyau du groupe va trĂšs vite se former : Ronnie au chant, Gary Rossington, Allen Collins, (guitares) Bob Burns Ă  la batterie, Larry Junstrom (basse).

Au dĂ©part, c’est une formation aux noms changeants en permanence. C’est un rĂ©gal de plonger dans les traditionnelles galĂšres du dĂ©but, puis de voir le groupe se stabiliser peu Ă  peu, et adopter un nom dĂ©finitif – en 1971 tout de mĂȘme – en rĂ©fĂ©rence au terrifiant prof de gym de leur Ă©cole (Leonard Skinner). Ils commencent Ă  rĂ©pĂ©ter dur et avec exigence pour avoir un rĂ©pertoire solide.

Les premiĂšres annĂ©es du groupe sont faites de rĂ©pĂ©titions constantes, permettent de fignoler son rĂ©pertoire et de commencer Ă  se faire un nom scĂ©nique dans les clubs. Mais ils n’arrivent pas Ă  dĂ©crocher un contrat pour enregistrer un disque. Pourtant, trĂšs tĂŽt, les futurs tubes seront crĂ©es, Freebird par exemple, Ă©voluera beaucoup avant de trouver sa forme finale, mais est prĂ©sent assez rapidement dans le rĂ©pertoire. Le groupe est sous l’influence de plusieurs styles musicaux, blues, bien sĂ»r, mais plutĂŽt Ă©lectrique, dans la veine de Cream, dont ils reprendront le Crossroads, mais aussi, folk et country, sans oublier une pincĂ©e de soul bien sĂ»r, il suffit d’écouter le piano et les chƓurs de Sweet Home Alabama pour s’en convaincre.

Bertrand Bouard nous explique bien comment le groupe s’est fait, cette pĂ©riode charniĂšre de galĂšre, entre 65 et 73, oĂč le groupe n’arrive pas Ă  dĂ©crocher de contrats, mais joue sans relĂąche, de 8h du matin Ă  tard le soir, rĂ©pĂ©tant inlassablement ses morceaux, dont les futurs tubes afin de les connaĂźtre par cƓur, solos compris.

Car Lynyrd Skynyrd, Ă  la diffĂ©rence de leur camarade de la scĂšne sudiste les Allman Brothers Band, plutĂŽt influencĂ©s jazz, n’est pas branchĂ© impro. L’auteur nous montre Ă©galement comment la formation du groupe a Ă©voluĂ© au fil des annĂ©es, et comment ces changements de musiciens ont pu ĂȘtre des dĂ©clics pour leur son.

Une des caractĂ©ristiques du groupe justement est son personnel qui a beaucoup fluctuĂ© : bassiste qui devient guitariste, batteur changeant, duos de guitaristes qui devient un trio jusqu’à devenir sa marque de fabrique. Retrouver la liste complĂšte des musiciens passĂ©s par le groupe est une sacrĂ©e tĂąche, et fait du groupe une grande famille.

Le succĂšs
C’est Al Kooper, musicien lĂ©gendaire qui finira par les signer pour leur premier album en 1973, aprĂšs huit annĂ©es de galĂšre Ă  forger le son du groupe au millimĂštre prĂšs. Lynyrd Skynyrd bataille auprĂšs de la maison de disque, MCA, pour garder son nom jugĂ© imprononçable. Compromis sera trouvĂ© en donnant comme titre la prononciation phonĂ©tique du nom du groupe. L’album marche honorablement, mais sans plus, malgrĂ© la prĂ©sence du titre emblĂ©matique Freebird.

TrĂšs vite, en 1974, sort Second Coming, portĂ© par l’hymne sudiste, Sweet Home Alabama, tant rĂ©pĂ©tĂ© lui aussi. Le titre va cartonner propulsant l’album dans les charts, et ramenant Ă  sa suite le premier album et notamment Freebird qui deviendra leur hymne. Le morceau est une rĂ©ponse au Alabama de Neil Young, et leur collera une image de yankee Ă  vie.

Bertrand Bouard s’attarde bien Ă  nous dĂ©crire les morceaux, leur construction, leur Ă©criture et l’esprit des albums qui alternent morceaux rapides et morceaux lents.
Le livre montre Ă©galement que malgrĂ© une discipline d’enfer, le groupe est une juxtaposition de caractĂšres diffĂ©rents, amochĂ©s par la vie, d’ego surdimensionnĂ©s, que la vie sur la route et la routine drogues/alcool n’aide pas. Le groupe monte en puissance mais se casse la figure, parfois mĂȘme littĂ©ralement entre eux. L’auteur nous narre de maniĂšre simple l’ascension du groupe, comment aprĂšs sept annĂ©es de galĂšre, tout s’enchaĂźne. Lynyrd Skynyrd passe son temps sur la route et va s’imposer comme un groupe scĂ©nique de premier ordre, jusqu’à voler la vedette aux tĂȘtes d’affiches.

Avec les Allman Brothers, camarades musicaux, ils sont la pierre angulaire de ce qu’on appellera le rock sudiste, appellation controversĂ©e, mais qui montre bien la fiertĂ© d’avoir rĂ©ussi du groupe. Car il faut s’attarder un peu sur l’image du groupe, qui trĂšs tĂŽt « se fait traiter de hippie par les redneck, mais se fait traiter de redneck par les hippies » . Il faut dire que le groupe est trĂšs fier de sa provenance, un Ă©tat du sud Ă  l’écart des populaires cĂŽtes Est et Ouest mais pas sudiste pour autant. NĂ©anmoins, Lynyrd Skynyrd joue beaucoup avec, arborant Stetson et drapeau sudiste en fond de scĂšne.

Bertrand Bouard nous mĂšne au cƓur de la folie des tournĂ©es, le groupe est sur la route 300 jours par an et si cela leur ouvre les portes du succĂšs, ce rythme les mange mentalement et psychologiquement. AprĂšs quelques disques inĂ©gaux, le groupe a mĂȘme du mal Ă  se renouveler.

Le crash et ses conséquences
Lynyrd Skynyrd est surtout connu pour avoir perdu une partie de ses membres dans un accident d’avion. Cela fait partie de leur histoire intrinsĂšque. Le premier chapitre du livre attaque directement sur ce jour fatidique d’octobre 1977. Notamment en expliquant que, depuis quelques annĂ©es, le groupe en avait marre de se dĂ©placer en bus, et avait dĂ©cidĂ© de louer un avion pour ses dĂ©placements.
Que s’est-il passĂ© ce soir-lĂ  pour que l’avion tombe Ă  court de carburant ? Le livre explore plusieurs hypothĂšses. Mais en bref, en ce terrible jour, le groupe va perdre son chanteur, un de ses guitaristes, sa choriste favorite et quelques membres du raod crew. Sans parler des blessĂ©s Ă  vie et du traumatisme des survivants.

Cet accident va signer la fin du groupe, qui jure de ne plus utiliser le nom. C’est le dĂ©but d’une pĂ©riode de dix ans de disette et de dĂ©pressions pour les musiciens survivants, dix ans de vaches maigres, de tournĂ©es avec d’autres formations, souvent avec le rĂ©pertoire du groupe.

Le retour
Pourtant au bout de quelques annĂ©es, l’envie se fait auprĂšs des survivants de reprendre le flambeau. Encore mieux, pensant que les annĂ©es 80 les avaient oubliĂ©s, ils s’aperçoivent que leur rĂ©pertoire est demandĂ©. Se reformant avec le frĂšre du chanteur Johnny Van Zandt au chant, lors d’une tournĂ©e commĂ©morative en 1987, le groupe voit que sa popularitĂ© a gagnĂ© en audience, c’est le dĂ©but d’un comeback qui n’a pas cessĂ© depuis.
Retour qui ne s’est pas fait sans mal, notamment sur l’utilisation du nom du groupe qui a fait l’objet d’arrangements financiers. La nouvelle mouture du groupe a vu Ă©galement passer pas mal d’autres musiciens, anciens et nouveaux. Depuis son retour, le groupe a enregistrĂ© plus de morceaux que pendant sa premiĂšre pĂ©riode, sans toutefois graver des morceaux inoubliables.

Les bios du groupe en français ne sont pas lĂ©gion (en existe-t-il d’ailleurs ?), et il est toujours bon de se rappeler le parcours d’un groupe. Ainsi, Bertrand Bouard nous narre de façon fluide, le rĂ©cit de ce groupe majeur du rock sudiste Lynyrd Skynyrd, publiĂ© chez Le mot et le reste, un super Ă©diteur expert en musique.

Article Ă  retrouver sur Addict Culture

Poulpy
Addict Culture 12 avril 2018

- Lynyrd Skynyrd, la légende du southern rock

« Ain’t no good life, not the one that I lead. »
Lynyrd Skynyrd, dans l’esprit de beaucoup, ce sont deux morceaux : Sweet Home Alabama au riff imparable (rĂ©ponse Ă  la chanson Alabama de Neil Young) et Freebird, fausse balade culminant en un jubilatoire barnum de soli de six cordes savamment entremĂȘlĂ©s. Lynyrd Skynyrd, c’est aussi — et surtout — LE groupe emblĂ©matique du southern rock, musique mĂ©langeant avec habiletĂ© country, blues, bluegrass et hard-rock. Si le band n’est pas le gĂ©niteur du genre — on pensera plutĂŽt Ă  l’Allman Brothers Band — il en est en tout cas son ambassadeur le plus renommĂ©, aux cĂŽtĂ©s de formations comme The Outlaws, Molly Hatchet, Blackfoot, Point Blank ou 38 Special.
Auteur d’albums studios remarquables (Nuthin’ Fancy, album gras et bluesy en diable, Street Survivors Ă  la pochette hĂ©las prophĂ©tique, bijou rock suintant la country et le blues par tous ses sillons) et d’un album live mythique (One More From The Road), Lynyrd Skynyrd a gagnĂ© le droit de figurer en bonne place dans toute playlist rock digne de ce nom. Lynyrd Skynyrd c’est surtout une lĂ©gende forgĂ©e dans les excĂšs (violence, alcool et drogue) et le drame, lorsque le groupe perd la moitiĂ© de ses membres lors du crash d’un avion les transportant vers BĂąton-Rouge.
Lynyrd Skynyrd aura cependant survĂ©cu au pire pour continuer Ă  exister sous la forme quelque peu originale d’un conglomĂ©rat du rock sudiste de l’époque, agrĂ©gĂ© autour des survivants de l’accident. On retrouve, entre autres, en son sein, Johnny Van Zant (ex. The Austin Nickels Band) au chant, frĂšre cadet de Ronnie chanteur originel de l’orchestre, ou encore Ricky Medlocke, ex-leader de Blackfoot (groupe au rock assez velu Ă  dĂ©couvrir urgemment) Ă  la guitare lead.

« The smell of death surrounds you »
C’est par ce jour fatidique de 1976 que commence le trĂšs bon ouvrage de Bertrand Bouard, journaliste Ă  Rock & Folk. Bonne idĂ©e s’il en est, puisque cela permet Ă  l’auteur de nous ramener promptement aux origines du groupe en nous plongeant dans l’adolescence puis l’ascension de ses membres dans la morne et parfois hostile banlieue de Jacksonville en Floride.
En choisissant de coller au plus prĂšs des membres de Skynyrd, Bouard créé une proximitĂ© avec eux, permettant ainsi au lecteur de se faire le cuir au caractĂšre abrasif de Ronnie Van Zant, vocaliste, et de s’émerveiller des prouesses de Duane Allman Ă  la slide-guitar au cĂŽtĂ© des redoutables guitaristes que deviendront Allen Collins et Gary Rossington.
Comme dans un roman, nous suivons au plus prĂšs le — dur — apprentissage de la vie de groupe et la dĂ©couverte Ă©blouissante de la British Invasion (Beatles, Kinks, The Who
) qui a ouvert les Ă©coutilles de toute une gĂ©nĂ©ration de turbulents branleurs, les poussant Ă  leur tour Ă  construire un pan nouveau — et plus dur — du rock amĂ©ricain.

« Bullshit aside, take it easy no drama man »
Difficile de poser ce livre tant la lecture en est prenante et fluide par la grĂące d’une Ă©criture Ă  la redoutable simplicitĂ©. Mais pour qu’une biographie soit solide, il faut d’autres qualitĂ©s. Soyons rassurĂ©s, ce livre est abondamment sourcĂ©, parsemĂ© d’anecdotes parfois connues qui, remises en contexte, prennent une dimension plus humaine et mettent en perspective le destin d’un groupe hors normes. Tout juste peut-on regretter que l’iconographie ne soit plus fournie ; on sait la photographie rock souvent au service du talent des musiciens — quand elle ne le magnifie pas — on aurait donc aimĂ© au moins voir des clichĂ©s des performances live oĂč le groupe excellait souvent.
Quoiqu’il en soit, voilĂ  un ouvrage Ă  lire absolument pour le bĂ©otien en la matiĂšre, le spĂ©cialiste Ă©clairĂ© ou le farouche admirateur du groupe.

Pour lire l’article sur Boojum

Éric Delzard
Boojum 17 janvier 2018

- Lynyrd Skynyrd

Dans cet ouvrage, l’auteur, Bertrand Bouard, passe en revue la vie des membres de Lynyrd Skynyrd, créé en 1964, mais c’est seulement en 1970 qu’ils adopteront leur nom farfelu de Lynyrd Skynyrd. Dans ce 1er livre français s’intĂ©ressant au groupe, il est autant question de leurs frasques, alcool, drogues, destruction de chambres d’hĂŽtels, problĂšmes d’égos, que de leur musique. On apprend que Ronnie Van Zant, chanteur et leader du groupe, au sens fort du mot, a le coup de poing facile. Mais, c’est aussi l’un des plus grands groupes de Rock sudistes des États-Unis, crĂ©ateur des immenses succĂšs que sont Sweet Home Alabama et Free Bird, et qui a influencĂ© nombre de musiciens. Jusqu’à l’accident d’avion fatal Ă  trois des membres du groupe, Ronnie Van Zant, Steve Gaines, le guitariste, et sa soeur la choriste Cassie Gaines, ainsi que le road manager Dean Kilpatrick et les deux pilotes de l’appareil, ce drame sonnait la fin prĂ©maturĂ©e de leur carriĂšre. Jusqu’en 1987, date oĂč le groupe se reforme avec les rescapĂ©s et le chanteur Johnny Van Zant le frĂšre de Ronnie.
C’est ici toute l’histoire du groupe qui est racontĂ©e dans les moindres dĂ©tails, et les anecdotes ne manquent pas, dans un univers, parfois, un peu glauque.

Chirstian Le Morvan
Blues magazine avril-mai-juin 2018