L'Underground musical en France - Nouvelle édition
En marge. La seule bible existante sur le rock et le jazz français des marges, née de la contre-culture et de Mai 68
Les Inrockuptibles
Mai 68 fait vaciller les instances politiques françaises et remet en question lâordre social hĂ©ritĂ© du passĂ©. Paradoxalement, la chanson française, la « variĂ©tĂ© », maintient sa chape de plomb et les maisons de disques consolident la domination du rock anglo-saxon. Autant par nĂ©cessitĂ© que par choix, lâexpĂ©rimentation musicale en France entre en rĂ©sistance, prenant appui sur la contre-culture psychĂ©dĂ©lique. Elle est underground, exprimant son rejet des institutions politiques et du showbusiness français. Des groupes sâinspirent du rock psychĂ©dĂ©lique, de la tradition de la chanson ou encore du free jazz.Tous affichent des pratiques fortement revendicatives, libertaires, expĂ©rimentales. Ils rĂ©pondent aux doux noms de Red Noise, Barricade, Art Zoyd, Gong, Maajun, Lard Free, Magma, Komintern, Crium Delirium, Camizole, Etron Fou Leloublan, Heldon⊠Ils mettent finalement en place leurs propres structures de production et rĂ©seaux de diffusion. Cette nouvelle Ă©dition revue et augmentĂ©e comporte une introduction expliquant ce projet visant Ă rĂ©vĂ©ler toute la fertilitĂ© dâune musique qui se soustrait Ă lâĂ©tiquetage, et surtout pas Ă la dĂ©fricher.
Revue de presse
- L'Underground musical en France Romuald Emile Volume Décembre 2010
- L'Underground musical en France Site Machine Music Novembre 2010
- L'underground français Karl Lippegaus Radio allemande Deutschlandfunk 12 juin 2010
- L'Underground musical en France Philippe Lacroix Ventilo
- Underground Musical, Milton Nascimento et toutes nos pépites Radio Campus Paris // Jazz & Co 9 juin 2014
- L'Underground musical en France Start Up Octobre 2013
- L'underground musical en France Max Lachaud ObskĂŒre Magazine
- Des Yéyés à la Souris Déglinguée, plongée dans l'underground français avec Eric Deshayes Rod Glacial Noisey-Vice
- L'underground musical français post-68 et pré-punk L'atelier de la création - France Culture 12 février 2014
- Le rock a-t-il existé en France? Rod Glacial Vice // Noisey 23 février 2014
- Musiques Les Inrockuptibles 27 novembre 2013
- Chroniques LittĂ©rature MĂ€x Lachaud ObskĂŒre Magazine Novembre 2013
- L'underground musical en France Philippe Conan Canal B // L'Azile le plus sûr 30 septembre 2013
- Les maquis sonores Thomas Baumgartner France Culture // L'Atelier du son 04 octobre 2013
L'underground musical en France Philippe Ragueneau Keyboard Recordings Septembre 2013
- L'Underground musical en France François Branchon Sefronia 23 juin 2009
- La France du dessous Guy Darol Muziq Mars/Avril 2009
-L'Underground musical en France GérÎme Guibert Magic Février 2009
- L'Underground musical en France Ăric Serva France Musique - Tapage nocturne 04 dĂ©cembre 2008
- Toute l'histoire de l'underground musical en France Pop news 18 novembre 2008
- L'Underground musical en France http://www.guydarol.fr
AprĂšs la mĂ©chante secousse de mai 1968 on pouvait sâattendre en France Ă un monde de la musique Ă©branlĂ©, voire repensĂ©. Il nâen est rien ! Les grosses locomotives de la variĂ©toche tiennent toujours le haut du pavĂ©. Que faire de plus quand on est musicien Ă cette Ă©poque sinon se rebeller ? Les labels et les groupes sâautogĂšrent et Ă©vitent au maximum les compromis avec les majors (qui rĂ©cupĂšrent quand mĂȘme au passage quelques groupes, faut pas croire), organisent leurs tournĂ©es dâune maniĂšre inĂ©dite, se singularisent par des territoires musicaux inexplorĂ©s, des travaux de prĂ©sentation de leurs oeuvres poussĂ©s, les langages et les messages eux-mĂȘmes Ă©tant totalement rĂ©inventĂ©s pour certains. Si MAGMA, Brigitte Fontaine ou GONG appartiennent au panthĂ©on de la scĂšne française, que reste-t-il aujourdâhui de groupes obscurs comme HELDON, ĂTRONFOULELOUBLAN, LARDFREE ? Tout simplement une reconnaissance internationale, un hommage continu de lâunderground mondial pour avoir créé un oeuvre en gĂ©nĂ©ral inoubliable et originale qui nâen finit pas dâintriguer, de passionner les musicophages les plus acharnĂ©s.
Le travail pointu des deux auteurs, mĂ©ticuleux et sĂ»rement Ă deux doigts dâĂȘtre exhaustif, donnera Ă coup sĂ»r lâenvie aux passionnĂ©s de musique de se replonger dans une Ă©poque oĂč tout Ă©tait Ă faire et ou, sĂ»rement, tout sera fait. Ce bouquin est une bible immanquable pour qui voudra sortir des sentiers battus. Pinacle !
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Lâunderground musical, qui peut bien se cacher derriĂšre cette banniĂšre aux contours flous? Qui donc peut prĂ©tendre en ĂȘtre porte-drapeau sur le territoire hexagonal et au-delĂ ? Câest ce que semblent vouloir nous rĂ©vĂ©ler les auteurs de cet ouvrage. Aux Ătats Unis, le terme « underground » fut utilisĂ© pour dĂ©signer la rĂ©sistance française face Ă lâoccupant nazi lors de la Seconde Guerre mondiale (Les AnnĂ©es Actuel, Kervran & Kien, 2010).
En ce sens, câest bien de resistance dont il sâagit ici, Ă la fin des annĂ©es 1960, au commencement de ce que les auteurs appellent lâhistoire des «maquis sonores français» (premier chapitre). Ainsi, en lien avec les contestations dâun ordre social Ă©touffant et, face Ă la toute-puissance culturelle et Ă©conomique dâun « systĂšme disques » laissant peu de choses filtrer de la « chape de plomb» des yĂ©yĂ©s, de la chanson française de variĂ©tĂ© et du rock anglo-saxon, va se dĂ©velopper une contre musique» (rĂ©fĂ©rence Ă la contre culture amĂ©ricaine des annĂ©es hippies) ignorĂ©e des mass media ou se mettant volontairement en marge de ce systĂšme.
Au delĂ des seules questions dâesthĂ©tique musicale, les auteurs cherchent ici Ă apprĂ©hender comment certains musiciens de cette pĂ©riode mirent en oeuvre dâautres maniĂšres non seulement de jouer mais aussi de produire, diffuser et distribuer une musique « clandestine» pour servir une autre « pop au peuple».
Le souci est donc de prĂ©senter une vision experte et cohĂ©rente dâun maelström musical oĂč la notion dâunderground est envisagĂ©e de façon globale, notamment dans son refus des circuits artistiques et commerciaux dominants, Ă lâĂ©cart des grandes maisons de disques (Philips, Vogue, PathĂ© MarconiâŠ) malgrĂ© quelques contre exemples peu couronnĂ©s de succĂšs et des grands rĂ©seaux de distribution inondĂ©s par les productions de ces derniĂšres (FNAC, VirginâŠ).
Un long chapitre introductif nous prĂ©sente ainsi le «maquis » duquel Ă©mergeront toutes ces mauvaises herbes prenant racine dans le terreau fertile du rock anglo saxon (notamment psychĂ©dĂ©lique), du free jazz amĂ©ricain et dâune certaine chanson française engagĂ©e. Les Ă©volutions technologiques aidant (le home studio), certains musiciens pratiquent lâautoproduction, dĂ©veloppent leurs propres rĂ©seaux informels pour assurer tant bien que mal leur distribution et leur diffusion, inventant par lĂ lâesprit du do it yourself bien avant la vague punk. Cette globalitĂ© dâapproche, fruit du travail dâun passionnĂ© et dâun artisan de cette entreprise artistique, est ce qui donne au livre tout son intĂ©rĂȘt, en plus de faire dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir une plĂ©iade de groupes et musiciens trop peu connus.
Car câest tout de mĂȘme de musique dont il est question et la majoritĂ© des chapitres lui fait la part belle. Les esthĂ©tiques, et les groupes/musiciens qui les dĂ©veloppent, composent ainsi la trame principale de lâouvrage au travers de chapitres spĂ©cifiques, aux intitulĂ©s pittoresques faisant parfois rĂ©fĂ©rence aux noms dâalbums emblĂ©matiques. Ainsi du « free jazz français » ( Jazz DĂ©saxĂ© »: Tusques, Portal, BerrocalâŠ) au punk ( BoĂźtes Ă rythÂŹmes en dissidence »: MĂ©tal Urbain, Johnny be crotteâŠ) en passant par le rock psychĂ©dĂ©lique ( PsychĂ©dĂ©lique Camembert »: Gong, Crium DeliriumâŠ), les musiques Ă©lectroniques ( Ălectronique GuĂ©rilla »»: Heldon, VidĂ©o Aventures) ou une autre chanson ( Chants Sons de Traverses »: Ribeiro, Fontaine, MarcĆur..), tout y passe.
Mais surtout, plus que de se livrer Ă un simple exercice de revue discographique, les auteurs sâattachent Ă nous faire suivre les chemins de traverses que ces musiciens et dĂ©fricheurs clandestins ont arpentĂ©s pour faire exister cette autre musique. Un peu comme dans le prĂ©cĂ©dant ouvrage dâĂric Deshayes (2007), on suit les aventures musicales et discographiques, si la volontĂ© et lâopportunitĂ© ont permis dây aboutir de chaque groupe et les parcours des musiciens charismatiques en ayant fait partie. Au sein et au delĂ dâune courant musical on peut en pister un certain nombre qui, tels des Ă©lectrons libres, multiplient les collaborations, toujours en quĂȘte de nouveaux horizons.
Dans les mĂ©andres de ces circuits parallĂšles, on y cĂŽtoie lâhistoire des collectifs (TartempionâŠ), des labels indĂ©pendants, Les sillons alternatifs »: Futura, Saravah, BYG, Tago Mago, MetamkineâŠ), des festivals et autres lieux de reprĂ©sentation Ă la marge (Amougies, FĂȘte de lâHumanitĂ©, les MJCâŠ), dâune nouvelle presse, musicale et politique (Actuel, LibĂ©ration, Rock & Folk, fanzinesâŠ) qui se font les chambres de rĂ©sonance de toute cette effervescence.
Tant que faire se peut, tous les moyens et conditions dâĂ©closion, dâexistence et de survivance de ces expĂ©rimentations dĂ©routantes sont Ă©voquĂ©s pour esquisser le panorama le plus Ă©vocateur de ce feu dâartifices.
Si certains pourront regretter de ne pas avoir un tableau complet de lâunderground musical français dâhier et dâaujourdâhui (qui compte toujours dans ses rangs nombres de ces anciens prĂ©curseurs), ils ne pourront que saluer et apprĂ©cier ce rĂ©cit de lâitinĂ©raire de cette mouvance musicale post soixante huitarde et clandestine dans son parcours dâhier Ă aujourdâhui.
Lâunderground musical en France came out a few years ago but this does not mean that the book is now dated and obsolete. On the contrary, this Le mot et le reste publication remains the only work of its kind and it will not be surpassed anytime soon.
Eric Deshayes and Dominique Grimaudâs book sheds a rare light on the tangled, and at times fragmentary, stories of the French Underground (the term encompasses the various manifestations of Franceâs musical counter-culture). Beginning with the heydays of rockânâshow-biz, the authors take us through decades of resistance and creative experimentation. This 300-page book is dense with information but it is a trip worth taking.
I doubt a translation of Lâunderground musical en France will ever be made available so grab a copy of the book if you are fluent in French or possess sufficient reading skills in that language.
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Artists, bands, labels and collectives featured include: Actuel, Alpes, Ăme Son, Art Zoyd, Atem, Barricade, BYG, Camizole, Crium Delirium, DDAA, Disjuncta, Egg, Ătron Fou Leloublan, Gong, Heldon, Lard Free, Magma, MĂ©tal Urbain, MozaĂŻk, Potemkine, Catherine Ribeiro, Red Noise, Richard Pinhas, Schizo, Shandar, François Tusques, Urban Sax, VidĂ©o-Aventures and ZNR (this list is far from exhaustive).
Toujours avec les Ă©ditions marseillaises Le Mot et le Reste, qui sont en train de se construire une solide collection consacrĂ©e Ă la musique, un ouvrage sur la contre-culture. Le sujet a dĂ©jĂ Ă©tĂ© abordĂ© chez eux par deux fois, rĂ©cemment avec RĂ©volution musicale (de Guillaume Ruffat pour les quarante ans de mai 68) et un peu avant avec Au-delĂ du rock (sur le krautrock allemand) dâEric Deshayes. Câest celui-ci qui co-signe aujourdâhui, avec le musicien Dominique Grimaud, cette somme Ă lâintitulĂ© explicite qui sort pile-poil au moment oĂč les mĂ©dias semblent dĂ©couvrir quâil se passait, aussi, des choses intĂ©ressantes en France aprĂšs la standardisation de la pop-culture⊠A lâĂ©poque, on explore de nouvelles pistes entre psychĂ©dĂ©lisme, free-jazz et poĂ©sie dĂ©viante, on se structure en collectifs pour dĂ©fendre ses revendications libertaires : câest ce que montre ce livre de maniĂšre transversale, sans tomber dans lâĂ©cueil de la chronologie.
Le 9 juin Jazz and Co reçoit Dominique Grimaud pour lâouvrage co-Ă©crit avec Eric Deshayes au Mot et le reste, LâUnderground musical en France. Pour ne plus rien ignorer de Lard Free, Hedon, Jac Berrocal, Jacques Thollot, Red Noise et autres figures du vent de libertĂ© qui soufflait en France de la fin des annĂ©es 60 au dĂ©but des annĂ©es 80. Jazz and Co vous parlait Ă©galement de Milton Nascimento, Lucky Peterson, Julien Alour, Jacques Coursil avec Alan Silva et du Jean-Claude Oleksiak Quartet.
Câest une histoire inĂ©dite et souterraine qui est racontĂ©e dans cet ouvrage consacrĂ© âaux activitĂ©s musicales underground pratiquĂ©e en France dans la vingtaine dâannĂ©e qui suivit mai 68.â âŠ
La suite ICI
Le magazine ObskĂŒre magazine nous consacre un Ă©logieux article sur lâUnderground!
Ă ne pas manquer, ICI
EXTRAIT
« Eric Deshayes, nĂ© en 1973, tour Ă tour Ă©tudiant en histoire, objecteur de conscience, puis documentaliste-webmaster au CollĂšge CoopĂ©ratif en Bretagne, est le rĂ©dacteur-concepteur du webzine NĂ©osphĂšres depuis 2001. Auteur de livres-clĂ©s sur le krautrock, il a co-Ă©crit avec Dominique Grimaud Lâunderground musical en France aux Ă©ditions Le Mot et Le Reste, livre dĂ©finitif sur la trajectoire de la pop et du rock français des annĂ©es 60 aux annĂ©es 90. CâĂ©tait la personne idĂ©ale pour rĂ©pondre Ă la question que tous les français qui ont dĂ©jĂ Ă©coutĂ© un morceau de musique dans leur vie se posent : Pourquoi nây t-il a jamais eu de Beatles ou de Rolling Stones dans lâhexagone ? »
Lâunderground musical en France, interview â Noisey-Vice
PlacĂ© entre deux mouvements musicaux mĂ©diatisĂ©s (le yĂ©yĂ© et le punk), la gĂ©nĂ©ration underground, de 1968 Ă 1977, est mĂ©connue en France.Cette musique fut celle dâune jeunesse militante qui a cru en la rĂ©volution.
NâĂ©tant pas de purs hommes dâart isolĂ©s de toute rĂ©alitĂ©, ces artistes, en mettant la main Ă lâorganisation Ă©conomique, ont su trouver une cohĂ©rence entre leurs idĂ©aux et leurs pratiques de la musique. Lâauto-production sâest donc faite naturellement pour cette gĂ©nĂ©ration de musiciens.
La musique underground Ă©tait diverse : on y trouvait de la musique progressive mais aussi de la chanson barrĂ©e comme Brigitte Fontaine ou Albert Marcoeur , du free rock comme Red Noise et Camizole ou les prĂ©misses de la musique Ă©lectronique avec Richard Pinhas et Heldon. Cette pĂ©riode fut aussi celle dâune vĂ©ritable Ă©volution technique avec lâapparition du synthĂ©tiseur et de la boite Ă rythme.
Ce fut Ă©galement lâapparition des labels âSaravahâ, âBYGâ âFuturaâ, âDisjunctaâ ou âCobraâ. Le label Cobra oĂč lâon trouve des musiciens de rock progressif (Pinhas, Heldon, Lard Free ou Urban Sax) produisit le premier 45t punk de MĂ©tal Urbain, groupe qui utilisait aussi des synthĂ©s et boites Ă rythmes.
Ces derniĂšres annĂ©es, les Ă©ditions âLe mot et le resteâ ont consacrĂ© quelques livres Ă ce mouvement dont lâouvrage dâEric Deshayes et Dominique Grimaud âLâunderground musical en Franceâ. LâĂ©mission nâa pas pour but de tenir un discours nostalgique mais de traiter de la naissance dâun mouvement, lâauto-production, qui est plus que jamais dâactualitĂ©.
Les musiciens intervenants dans lâĂ©mission sont toujours en activitĂ©, sortent de nouveaux disques et font rĂ©guliĂšrement des concerts.
Des YĂ©yĂ©s Ă La Souris DĂ©glinguĂ©e, plongĂ©e dans lâunderground français avec Ăric Deshayes.
Ăric Deshayes, nĂ© en 1973, tour Ă tour Ă©tudiant en histoire, objecteur de conscience, puis documentaliste-webmaster au CollĂšge CoopĂ©ratif en Bretagne, est le rĂ©dacteur-concepteur du webzine NĂ©osphĂšres depuis 2001. Auteur de livres-clĂ©s sur le krautrock, il a co-Ă©crit avec Dominique Grimaud LâUnderground musical en France aux Ă©ditions Le mot et le reste, livre dĂ©finitif sur la trajectoire de la pop et du rock français des annĂ©es 60 aux annĂ©es 90. CâĂ©tait la personne idĂ©ale pour rĂ©pondre Ă la question que tous les français qui ont dĂ©jĂ Ă©coutĂ© un morceau de musique dans leur vie se posent : Pourquoi nây t-il a jamais eu de Beatles ou de Rolling Stones dans lâhexagone ?
Pour lire lâinterview fleuve dâĂric Deshayes câest ici que ça se passe
En marge. La seule bible existante sur le rock et le jazz français des marges, nĂ©e de la contre-culture et de Mai 68, et notamment Ă©crite par un acteur de ces scĂšnes parallĂšles, Dominique Grimaud du groupe Camizole. Pour les nĂ©ophytes, dĂ©couvrir quâil exista un tel bouillonnement sous Pompidou et Giscard devrait provoquer un choc.
Comme nous lâavons vu dans notre entretien avec Ăric Deshayes, cette rentrĂ©e littĂ©raire est chargĂ©e pour lui, deux de ses ouvrages paraissant chez Le mot et le reste : tout dâabord, une nouvelle Ă©dition de LâUnderground musical en France co-Ă©crite avec Dominique Grimaud, et une biographie de CAN. Le premier livre Ă lui seul justifie son achat pour son introduction qui nous replonge dans le contexte français des annĂ©es soixante et soixante-dix, les systĂšmes de diffusion parallĂšles (associations, rĂ©seaux de MJC, labels indĂ©pendants), lâĂ©mergence dâune presse rock (Best,Rock&Folk, Actuel), les rĂ©volutions culturelles (Mai 68, le situationnisme). Lâaccent est mis sur toutes les formations ayant expĂ©rimentĂ© le son, lâĂ©trangetĂ© des bruits, tout en retenant les leçons de la free music et en sâĂ©loignant des standards formatĂ©s de la chanson. Les auteurs se sont ensuite lancĂ© le pari de classifier les artistes par pratiques musicales : jazz dĂ©saxĂ© (Jacques Berrocal, Pierre BastienâŠ), psychĂ©dĂ©lique camembert (Gong, Chico Magnetic BandâŠ), politique pop or not ! (Red Noise, KominternâŠ), anar rock (Fille Qui Mousse, DagonâŠ), chants-sons de travers (Catherine Ribeiro, Etron Fou LeloublanâŠ), Ă©lectronique guĂ©rilla (Richard Pinhas, Ilitch, Art & TechniqueâŠ), pataphysique cantique (Hector Zazou, Pascal ComeladeâŠ), les tĂ©nĂšbres solaires (Art Zoyd, Denis FrajermanâŠ) et boĂźtes Ă rythmes en dissidence (MĂ©tal Urbain, DDAA, PtĂŽse, La STPOâŠ). Certains pourront contester ces rangements â oui, la STPO nâa jamais utilisĂ© de boĂźtes Ă rythmes ! â mais il fallait bien ordonner ces artistes iconoclastes et le livre peut ĂȘtre vu comme un pendant nĂ©cessaire Ă la compilation 30 ans dâAgitation musicale en France parue il y a une quinzaine dâannĂ©es. Lâouvrage sur CAN se rapproche plus de la biographie chronologique en bonne et dur forme, des dĂ©buts dâun â rock tribal minimal dâinspiration chamanisme â avec Monster Movie (1969) jusquâaux Lost Tapes de 2012, avec analyses de morceaux, comparaisons avec des artistes dâĂ©poque (Velvet Underground, Pink Floyd, Amon DĂŒĂŒl II) et passages en revue des nombreuses bandes originales quâils ont faites.
Ăric Deshayes qui parle de Can, Pop-Musick et de la réédition de LâUnderground musical en France dans LâAzile le plus sĂ»r sur Canal B câest ICI.
Dominique Grimaud Ă©tait lâinvitĂ© de Thomas Baumgartner sur France Culture.
Il vous parle de la réédition de lâouvrage âLâUnderground musical en Franceâ et Ă©changer avec BĂ©rangĂšre Maximin autour des maquis sonores.
Passionnant !
à réécouter ICI
Nouvelle Ă©dition pour ce livre qui, initialement publiĂ© en 2008, sort des sentiers battus de lâĂ©dition musicale (biographies plus ou moins attendues, nostalgies de la geste rockâŠ). Soit, comme son nom lâindique, un panorama de lâunderground musical en France, ou plutĂŽt, devrionsânous dire, des undergrounds, tant le paysage sousâterrain des musiques plus ou moins amplifiĂ©es sâavĂšre multiple.
Loin des clichĂ©s voulant que notre beau pays se soit longtemps trouvĂ© Ă la traĂźne de la culture rock angloâsaxonne, cet ouvrage rappelle que, non, la France rock des annĂ©es 60â70 nâĂ©tait pas le dĂ©sert annoncĂ©. Les dizaines, les centaines de noms dĂ©filant tout au long de cet _Underground_⊠traduisent une vĂ©ritable Ă©bullition culturelle (rock, jazz, chanson), portĂ©e par une date fondatrice (mai 1968) et fonciĂšrement politique : groupes, labels, salles de concerts⊠seront ainsi souvent portĂ©s par une volontĂ© de trouver une alternative au rockâbusiness.
Les auteurs proposent ainsi, dans un premier temps, un survol (détaillé, le survol), de cette histoire, avant de passer en revue quelques mouvements/styles/pierres angulaires dudit underground
musical.
Riche lecture pour une riche histoire. Indispensable
DocumentĂ©, prĂ©cis et exhaustif, Lâunderground musical en France passe en revue tous ceux, musiciens, groupes ou labels, organisateurs de concerts ou de festivals, qui, Ă partir de 1968, ont essayĂ©, parfois brillamment, parfois en restant aussi inconnus Ă leur mort quâĂ leur naissance, de contourner le mouvement musical gĂ©nĂ©ral dâun pays â la France â qui aura rĂ©ussi un sacrĂ© tour de force : aprĂšs avoir Ă©tĂ© le seul pays occidental dont les media occultent la âBritish invasionâ de 1965-67 (en nous fourguant les âtraducteurs yĂ©yĂ©sâ), ils seront aussi ceux qui, de 1968 Ă 1973, ignoreront les rĂ©volutions rock psychĂ©dĂ©lique et/ou progressive, folk, jazz et free jazz, en nous tenant coincĂ©s sous la chape de notre exception culturelle de chanson française.
En 1968, les musiciens français condamnĂ©s Ă lâunderground prennent le maquis, leurs refuges sont des festivals (Biot, Aix en Provence, Malataverne, HĂ©rouvilleâŠ), des labels (Byg), des circuits universitaires de petits concerts dans les citĂ©s U, bientĂŽt une presse (les dĂ©buts dâ Actuel, Antirouille). Souvent liĂ©s aux mouvements communautaires (âGong3 dans la DrĂŽme), la musique est fĂ©dĂ©rĂ©e, les publics avertis, lâunderground français est nĂ©, dont les hĂ©ros sâappelleront Etron Fou Leloublan, Maajun, Art Zoyd, Lard Free, Camizole, Barricade, Jac BerrocalâŠ
Un livre destiné à devenir Bible.
Tandis que le rock calamistrĂ© des Chats Sauvages et des Chaussettes Noires dĂ©gouline des grandes ondes, un son nouveau monte des souterrains et les transistors en restent muets. Il faut se coller au plancher (quelquefois au plafond) pour entendre Dagon et Jean-Pierre Lentin, Red Noise et Patrick Vian, Lard Free et GĂ©rard Artman. Pour ne rien manquer de la fĂȘte, certains auront rejoint la FLIP (Forde de LibĂ©ration et dâIntervention Pop) aprĂšs avoir usĂ© leurs clarks sur les chemins dâAmougies, de BiĂšvres ou dâAix-en-Provence. Lors de ces rassemblements Ă la française, les routards chanceux ont vu, entendu, LâĂme Son, Indescriptible Chaos Rampant, Crium Delirium, Triangle. Quelque chose dâautre avait lieu, une musique dâalliage, lâunion de la pop et du free, du rock psychĂ©dĂ©lique et du jazz le plus libertaire. Dans un volume pointilleux, Ăric Deshayes et Dominique Grimaud ont enregistrĂ© toutes les minutes de lâUnderground musical en France depuis les lointaines aventures dâHector alias Jean-Pierre Kalfon jusquâĂ celle du dĂ©funt et regrettĂ© Pierre Job dit Hector Zazou. Scotchant de bout en bout.
En termes de rock français, qules sont les groupes de rĂ©fĂ©rence apparus entre 1968 et 1975? Les rĂ©cits existants sont quasiment tous bĂątis sur la mĂȘme nĂ©gation de leur existence dans une rhĂ©torique similaire: pourquoi Ă©couter la copie quand on peut avoir accĂšs au modĂšle? Au cours des annĂ©es 70, certains critiques iront mĂȘme jusquâĂ postuler que les Anglo-Saxons seraient compĂ©tents pour le rock et les Français, eux seraient les spĂ©cialistes de la chanson. Mais la perception du passĂ© dĂ©pend du prĂ©sent. LâarrivĂ©e dâInternet fait ressurgir des pans entiers dâĆuvres ou de scĂšnes oubliĂ©es.
Ăric deshayes est partie prenante de cette Ă©mulation et Dominique Grimaud est un de ses acteurs historiques. Leur ouvrage apporte quelques pierres Ă un Ă©difice en pleine reconstruction, dĂ©cortiquant le parcours de collectifs prĂ©sents Ă cette pĂ©riode.
(âŠ) On sort de lâouvrage avec lâenvie irrĂ©sistible dâexplorer ce nouveau chapitre dâune histoire secrĂšte du XXĂš siĂšcle, comme dirait Greil Marcus.
Eric Deshayes et Dominique Grimaud sont les trĂšs Ă©rudits auteurs dâun ouvrage intitulĂ© LâUnderground Musical en France aux Ă©ditions Le Mot et Le Reste. Un ouvrage remarquable par la qualitĂ© de son propos et la prĂ©cision des faits qui y sont rapportĂ©s, un ouvrage qui Ćuvre pour ne pas oublier lâimportance, la qualitĂ© et lâinventivitĂ© des diffĂ©rentes scĂšnes qui, ignorĂ©es des mĂ©dias ou volontairement Ă lâĂ©cart de ceux-ci, ont traversĂ© de façon souvent trop anonyme le paysage musical français depuis la fin des annĂ©es 60, un particularisme qui sâĂ©teint avec la mondialisation de lâindustrie musicale Ă la fin des annĂ©es 90. Bruno Meillier, Dominique Lentin, Cyrille Verdeaux, Mozaik, Camizolle, Lard Free, Etron Fou, Dupont et ses fantĂŽmes, ces noms ne vous Ă©voquent peut-ĂȘtre pas grand chose mais ils constituent, avec bien dâautres, un ensemble dâartistes, de groupes, de collectifs aventureux et imaginatifs dont il faut absolument ne pas perdre la trace. Ce livre y contribue de façons formidable en attendant que quelques rares archives sonores soient retrouvĂ©es et mis Ă disposition avec autant de sĂ©rieux. Un ouvrage indispensable pour qui souhaite connaĂźtre les tenants et aboutissant de la scĂšne musicale française.
Eric Deshayes a publiĂ© Au-delĂ du rock, la vague planante, Ă©lectronique et expĂ©rimentale allemande des annĂ©es soixante-dix (Editions Le Mot et le Reste). Il est lâoeil et lâoreille du site internet NĂ©osphĂšres. Dominique Grimaud est le fondateur des groupes Camizole et VidĂ©o-Aventures. Il dirige Ă©galement Les Zut-O-Pistes, une collection discographique dĂ©diĂ©e Ă lâĂ©dition dâarchives musicales. Ce sont deux fins connaisseurs des marges. Ils possĂšdent la lumiĂšre franche pour cheminer dans les sous-sols des annĂ©es 1960-70.
Toute lâhistoire (ou presque) de lâunderground musical en France racontĂ©e par Ăric Deshayes (dejĂ auteur du remarquable Au-delĂ du rock, la vague planante, Ă©lectronique et expĂ©rimentale allemande des annĂ©es 70) et lâinĂ©narrable Dominique Grimaud (Camizole, VidĂ©o-Aventure). Câest ce que propose la maison dâĂ©dition (dĂ©cidĂ©ment bien inspirĂ©e) Le Mot et le Reste. Lâambition est de taille mais lâaffaire ayant Ă©tĂ© confiĂ©e Ă deux experts en la matiĂšre, on peut sâattendre Ă ce que cet ouvrage devienne, Ă la maniĂšre du Krautrock Sampler de Julian Cope dans un autre style, une rĂ©fĂ©rence. Alors que les mythiques Catalogue (Jac Berrocal, Jean-François Pauvros et Gilbert Artman) se reforment pour un unique concert dans le cadre du festival Sonic Protest [âŠ], câest lâoccasion rĂȘvĂ©e de sâintĂ©resser de prĂšs aux dĂ©lires libertaires, expĂ©rimentaux et dĂ©bridĂ©s de Red Noise, Barricade, Komintern, Criul Delirium, Maajun, Lard Free, Camizole ou Etron Fou LeloublanâŠ
On y dĂ©couvre Ă©videmment une mine. Tout le dĂ©versement rabelaisien free qui ne doit rien Ă la pop Angle et US est ici pointilleusement relevĂ©. Et lâon est fort content de lire des pages entiĂšres consacrĂ©es Ă Red Noise, Lard Free, Barricade, Dagon, Ame Son, Komintern, Crium Delirium, Etron Fou Leloublan ou encore MĂ©tal Urbain. On se sent soulevĂ© dâaise (car nous Ă©tions les spectateurs de leurs dĂ©buts) Ă lâĂ©vocation de noms tels que Albert Marcoeur ou Catherine Ribeiro. Leur hommage rendu Ă Colette Magny ne peut quâensoleiller lâhiver. Et lâhistoire de Jac Berrocal, de Pierre Bastien, de Jacques Thollot nous console des longs silences autour de ces hautes figures.
Le livre est considĂ©rable et pour tout dire indispensable tant les traces sont maigres sur cette pĂ©riode de la vie musicale. Fort heureusement, nous pouvons consulter la collection complĂšte dâActuel, les livraisons du Parapluie et quelques numĂ©ros du TrĂ©ponĂšme Bleu PĂąle, du Citron HallucinogĂšne et autres fanzines versicolores des temps rebelles et lysergiques. Câest le privilĂšge des conservateurs dâĂ©toupilles.
Il ne manque plus (quel beau livre cela ferait !) que LâUNDERGROUNDPOETIC EN FRANCE, un guide rĂ©trospectif oĂč lâon retrouverait contĂ©e lâhistoire du Quetton, de Starscrewer, du Manifeste Electrique, des Ă©ditions du Soleil Noir, toutes ces pages dĂ©sintĂ©grĂ©es publiĂ©es Ă contre-courant du spectacle intĂ©grĂ©.
LĂ©on Cobra a saisi lâurgence qui nous dit Il Ă©tait une fois ⊠la presse underground sur son site en psychĂ©rama.
En attendant ce qui serait un déluge, prenez cette leçon de mémoire !