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Parution : 20/02/2020
ISBN : 9782361391997
336 pages (148 x 210)

L'Haçienda - nouvelle édition

la meilleure façon de couler un club

“Manchester s’agite maintenant. Des tas de gens partout. Mon dieu, ce que j’aime cette ville. Je suis tellement fier de faire partie de son hĂ©ritage. Tandis que je tourne Ă  Deansgate et m’engouffre dans Whitworth Street, j’entends le son des basses de notre sound system, celui-lĂ  mĂȘme que j’ai contribuĂ© Ă  bĂątir. J’aime la maniĂšre qu’ont les fenĂȘtres de l’Haçienda de vibrer au son des basses. Qui voudrait avoir des fenĂȘtres dans un nightclub ? Nous. Oui, douze fichues fenĂȘtres, toutes tremblantes tel un fervent mollah nous enjoignant Ă  la priĂšre.”

traduit du mancunien par Jean-François Caro

C’est en 1982 Ă  Manchester que le club FAC 51, plus connu sous le nom de l’Haçienda, voit le jour. FinancĂ© par Factory, le label de Joy Division, il devient vite un club de lĂ©gende. Espace novateur dans sa programmation, lieu de naissance de l’acid house, Ă©picentre de Madchester, l’Haçienda attire les artistes, les foules
 et les ennuis ! LĂ  oĂč les propriĂ©taires du lieu ont voulu baser leur gestion sur la confiance, ils comprennent rapidement que l’affaire tourne au chaos, complĂštement ingĂ©rable : on leur vole leur matĂ©riel qu’on trouve moyen de leur relouer, des caisses de bouteilles disparaissent continuellement, les problĂšmes de sĂ©curitĂ© s’accumulent, les pertes augmentent et tout le monde (les gangs, les filles, la police) est aprĂšs eux. En 1997, suite au dĂ©cĂšs d’une jeune fille, le club ferme ses portes. En 2009, Peter Hook dĂ©cide de raconter cette histoire telle qu’il l’a vĂ©cue, avec sa verve et son franc-parler.

Revue de presse

- Par Jupiter ! Juliette Arnaud pour sa chronique littéraire : "L'Haçienda - La meilleure façon de couler un club" Peter Hook Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek France Inter 29 mai 2018
- L’Haçienda, Ă©picentre de Madchester et puits sans fond Jimmy Boursicot We are from riviera.com 14 fĂ©vrier 2018
- Livre de chevet : L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club, de Peter Hook Agathe Lebonbon.fr 17 fĂ©vrier 2017
- Rock Collection Jacques Braunstein GQ Magazine.fr 29 avril 2013
- L'Haçienda Joël Isselé DerniÚres Nouvelles D'Alsace 13 octobre 2012
- L'Haçienda Philippe Lacroix Ventilo N°310 19 décembre 2012
- 3 questions à Peter Hook Stéphane Davet M le magazine du Monde 15 décembre 2012
- Sélection de Noël Les Inrockuptibles Décembre 2012
- L'Haçienda Madonna Summer Gonzaï 10 décembre 2012
- L'Hacienda Clément Twice Novembre 2012
- Manchester Patrick Beaumont La Gazette Nord-Pas de Calais 27 novembre 2012
- Hacienda, l'envers du mythe Start Up Novembre 2012
- "L'Hacienda est dans mon coeur et dans mon ùme" Olivier Pernot Trax N°159 Octobre 2012
- Ouverture Magic N°106 Octobre 2012
- Easy rider n°1160 Olivier Valerio radio PFM 30 septembre 2012
- L'Haçienda MĂ€x Lachaud ObskĂŒre Magazine aoĂ»t-septembre 2012

- Par Jupiter ! Juliette Arnaud pour sa chronique littéraire : "L'Haçienda - La meilleure façon de couler un club" Peter Hook

Au sommaire de cette émission :
Les examens Ă  domicile

Comment sauver les oiseaux ?

La chasse aux reptiliens

Retrouvez l’équipe de “Par Jupiter” avec :
La chronique musicale de Djubaka sur Leon Bridges

Le reportage de Guillaume Meurice : Mamoudou Gassama

Juliette Arnaud pour sa chronique littĂ©raire : “L’Haçienda – La meilleure façon de couler un club” Peter Hook

Pour (ré)écouter cette émission cliquez ici

Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek
France Inter 29 mai 2018

- L’Haçienda, Ă©picentre de Madchester et puits sans fond

L’Haçienda – La meilleure façon de couler un club.
Le titre s’étale sur une couverture aux hachures d’un jaune industriel. Le ton est donnĂ© d’entrĂ©e dans cet ouvrage paru aux Ă©ditions Le mot et le reste.
Pas question de verser dans les faux semblants. Pas question de ripoliner la façade pour sauver (un peu la face). Peter Hook, bassiste de Joy Division puis de New Order, a pris la plume pour dĂ©tricoter la faillite d’un lieu hors du commun.
A cheval sur deux dĂ©cennies (les 80’s et les 90’s), l’Haçienda aura Ă©tĂ© le cƓur battant de Manchester, la piste d’atterrissage pour la house venue de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, l’épicentre de la dĂ©ferlante acid house et le berceau du mouvement Madchester.

Club, salle de concerts, restaurant, salon de coiffure

L’espace, ouvert en 1982, avait Ă©tĂ© imaginĂ© comme une utopie Ă  construire. Un contre-pied aux autres boĂźtes de la ville, oĂč il fallait montrer patte blanche et chaussures cirĂ©es pour avoir le droit de danser sur des standards fanĂ©s.

PortĂ© par le label Factory, « sponsorisĂ© » par les importantes rentrĂ©es d’argent gĂ©nĂ©rĂ©es par les hits et les tournĂ©es de New Order, l’Haçienda voulait jouer sur tous les tableaux, tous les jours et soirs de la semaines. Club, bien sĂ»r, mais aussi salle de concerts, bar Ă  cocktails, restaurant, salon de coiffure.

Pillages récurrents, mauvais calculs et incompétence notoire
Pour gĂ©rer cet immense paquebot parcouru par les courants d’air ? Une bande de fĂȘtards dĂ©braillĂ©s dont la principale qualification est d’ĂȘtre amis avec un des patrons.
L’ambition artistique est Ă  la hauteur de l’incompĂ©tence des « gĂ©rants ». Qui paient la biĂšre tellement cher que chaque pinte servie leur coĂ»te de l’argent. Qui laissent un personnel choyĂ© se servir abondamment dans les rĂ©serves et taxer le matĂ©riel. Qui organisent des concerts tellement « secrets » que personne n’a l’idĂ©e de se pointer.
Comme le rĂ©sume Peter Hook, personne ne savait vraiment ce qu’il avait Ă  faire. Et cela semblait convenir Ă  tout le monde.
« De toute maniĂšre, on Ă©tait trop dĂ©foncĂ©s », rĂ©sumera le bassiste, tout de mĂȘme heureux d’ĂȘtre Ă  la tĂȘte de cet empire bancal, sorte de parc d’attractions pour adultes adeptes de sensations fortes.

Les Smiths, Happy Mondays, Stone Roses

Tony Wilson, le flamboyant patron du label Factory, ainsi que Rob Gretton, le manager de New Order, ont tout de mĂȘme du flair. Ils savent repĂ©rer les nouvelles tĂȘtes et mettre sur les rails les groupes prometteurs.
Les Smiths, les Stone Roses, Happy Mondays, 808 State et bien d’autres se produisent sur la scĂšne de l’Haçienda. Certains concerts sont des succĂšs (comme ceux donnĂ©s par New Order pour renflouer les caisses), d’autres se dĂ©roulent devant cinq ou six personnes.
A cause de dĂ©cisions catastrophiques, le club a toujours Ă©tĂ© dans le rouge. Plus le temps passe, plus le trou se creuse. Sans que la panique, ou un Ă©lan de luciditĂ©, vienne stopper l’hĂ©morragie.

Au contraire, nombreux sont ceux qui font tout leur possible pour que la chute soit la plus spectaculaire possible.


 Puis une grosse montĂ©e avec l’acid house En 1987, des grappes de jeunes issus des rues brumeuses et plombantes de Manchester vont se faire rĂŽtir la couenne Ă  Ibiza. C’est le Second summer of love. Des BalĂ©ares, ils vont ramener des tonnes de pilules « magiques » et un nouveau son, l’acid house. La tendance va complĂštement exploser du cĂŽtĂ© de l’Hacienda. Pendant deux ans, les fĂȘtes y deviennent irrĂ©elles, la montĂ©e est totale. Autrefois raillĂ©e pour son acoustique dĂ©plorable, l’Haçienda se transforme en caisse de rĂ©sonance idĂ©ale pour ces nappes sauvages et synthĂ©tiques. Sur la piste enfumĂ©e, les kids augmentent les doses. Pour retrouver les sensations de la premiĂšre prise d’ecsta, pour fuir un quotidien pas vraiment trĂšs rose, pour jouir pleinement de ce qu’on appellera plus tard la culture rave. Le phĂ©nomĂšne fascine, les camĂ©ras dĂ©barquent du monde entier. Le club de Factory (et surtout des zikos de New Order, qui allongent les billets sans vraiment savoir compter) est en train d’écrire sa lĂ©gende. Tout en continuant d’ĂȘtre un puits sans fond.

Gangréné par la drogue et les gangs
La suite sera moins rose. L’incroyable Ă©nergie apportĂ©e par l’acid house va s’étioler peu Ă  peu. La magie n’opĂšre plus, tout simplement.
Pourtant, la drogue continue de circuler à grande échelle dans le club. Les pouvoirs publics mettent la pression à « Hooky » et sa bande.
Déjà obligés de composer avec des finances désastreuses, ces derniers doivent investir dans des caméras et renforcer le personnel de sécurité.
Ce n’est d’ailleurs pas la seule raison qui les pousse à faire appel à plus de gros bras. Au fil du temps, les petites frappes locales, venues de Salford, Moss Side ou Cheetham Hill, ont pris leurs aises à l’Haçienda.
En guise de ticket d’entrĂ©e, les flingues sont de sortie. Chaque faction occupe une arche de la boĂźte, y fait sa loi, distribue les beignes et fait les poches aux dealers.
Pour pacifier la zone, les gĂ©rants recrutent Damian Noonan, un gros voyou mancunien. Lui et ses acolytes ne feront pas dans la dentelle. L’atmosphĂšre est lourde, l’hĂ©donisme n’est plus de mise.

1997 : la fĂȘte est vraiment finie
En 1997, la fĂȘte est vraiment finie. Une jeune femme fait une overdose sur la piste. Le club, criblĂ© de dettes, ferme ses portes sans mĂȘme pouvoir faire ses adieux.
Pour les membres de New Order, l’addition sera particuliĂšrement salĂ©e. MalgrĂ© les inimitiĂ©s et le manque de flamme, il leur faudra retourner quelque temps au charbon pour ne pas finir les poches vides.
MalgrĂ© tous les tracas causĂ© par l’Haçienda, Peter Hook ne semble pas vraiment regretter ce spectaculaire crash.
Il avoue avoir savourĂ© le prestige que lui procurait le fait d’avoir « son » club, quel qu’en soit le prix. Il aura savourĂ© cette Ă©poque invraisemblable oĂč tout pouvait arriver.
Comme le jour oĂč un membre du groupe bruitiste EinstĂŒrzende Neubauten avait entrepris de s’attaquer Ă  un pilier porteur de l’Hacienda avec un marteau-piqueur en plein live. Le tout devant les mines rigolardes des proprios. Dingues de bout en bout.

“A lire”:http://wearefromriviera.com/livres-lhacienda-epicentre-de-madchester-et-puits-sans-fond/

Jimmy Boursicot
We are from riviera.com 14 février 2018

- Livre de chevet : L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club, de Peter Hook

L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club donne le ton dĂšs le titre. Cet ouvrage publiĂ© en 2009 et signĂ© Peter Hook, ancien bassiste de Joy Division et de New Order, livre souvenirs et confessions brutes sur une Ă©poque rĂ©volue, un club mythique de Manchester et la maniĂšre magistrale dont il a Ă©tĂ© coulĂ© aprĂšs 20 ans de grandiose incandescent et d’amateurisme flagrant.

L’Haçienda, c’est le nom de cette boite de nuit de Manchester inaugurĂ©e en 1982 dans un entrepĂŽt dĂ©saffectĂ©, par le label Factory, celui de Joy Division et New Order. Club lĂ©gendaire par le rĂŽle primordial qu’il a jouĂ© dans la montĂ©e de l’Acid House et de la Techno en Angleterre, c’est Ă©galement l’emblĂšme d’un extraordinaire ratage financier.

Ce livre reprend les souvenirs diluĂ©s aux drogues et Ă  l’alcool de Peter Hook, alors actionnaire de l’établissement. Entre sincĂ©ritĂ© et bijoux anecdotiques, cet ouvrage n’est certainement pas intĂ©ressant pour la qualitĂ© de son Ă©criture mais plutĂŽt pour l’intĂ©rĂȘt de l’histoire qu’il raconte.

VoilĂ  un guide pratique pour quiconque souhaite rĂ©ussir son entrepreneuriat, qui prend Ă©galement la couleur d’un documentaire retraçant la naissance du mouvement Acid House, du Madchester, des rave parties, l’avĂšnement de la culture gay nocturne et les dĂ©rives des gangs qui ont finalement eu raison du lieu dans les annĂ©es 90.

Enfin, L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club reste tout simplement l’un des rĂ©cits les plus vivants et les plus drĂŽles concernant la culture club. On y lit, par exemple, Ă  propos du passage de Madonna : « C’était la premiĂšre Ă©tape de son ascension vers la domination mondiale. Dieu nous pardonne » ou encore, Ă  propos d’un show de Jesus & Mary Chain : « Le concert a durĂ© exactement 17 minutes, et chacune d’entre elles a Ă©tĂ© une torture ».

Vous souhaitant bonne lecture,

A trĂšs vite dans le club de lecture de Kim K.

Retrouvez l’article en ligne ici

Agathe
Lebonbon.fr 17 février 2017

- Rock Collection

GQ révise son histoire de la musique en compagnie du dandy punk Alain Pacadis, du rock-critic Simon Reynolds et de quelques ouvrages pop bien sentis.

La sélection à retrouver ICI

Jacques Braunstein
GQ Magazine.fr 29 avril 2013

- L'Haçienda

DĂ©but des 80’ s, l’Haçienda ouvre Ă  Manchester. Dans ce lieu novateur naissent les DJ, la house et l’ecstasy. Bassiste de Joy Division et New Order, Peter Hook y Ă©tait. Avec, L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club, traduit par Jean-François Caro (Ed. Le mot et le reste), le musicien Ă©voque avec justesse et drĂŽlerie l’épopĂ©e chaotique d’un club qui a marquĂ© l’histoire de la musique. C’est aussi et surtout un condensĂ© de toute une Ă©poque, bourrĂ© d’anecdotes dĂ©sopilantes sur fond de musiques, de drogues et d’alcool. Hook nous donne sa vision, forcĂ©ment subjective, de la vĂ©ritĂ©.
Le club est fondĂ© par Factory Records, label qui publie, entre autres, les albums de New Order. « The Haçienda must be built » deviendra le mantra de Factory : une utopie, un laboratoire, Ă  la fois lieu de rencontres, de concerts, de croisements entre les Ăąges

Cette Ă©popĂ©e unique dĂ©butant en pleine pĂ©riode post-punk jusqu’à la naissance du mouvement acid house, du Madchester, des rave parties, l’avĂšnement de la culture gay nocturne s’achĂšvera, en 1997. Jamais un club n’aura, en Europe, inventĂ©, façonnĂ© puis diffusĂ© une culture aussi vaste et populaire.

DNA

Joël Isselé
DerniĂšres Nouvelles D'Alsace 13 octobre 2012

- L'Haçienda

Peu avant la sortie en français dans le texte de Unknown Pleasures – Joy Division vu de l’intĂ©rieur, du mĂȘme auteur et via la mĂȘme maison d’édition (que nous ne vous ferons plus l’affront de prĂ©senter), revenons sur cet ouvrage (paru au mois d’aoĂ»t dernier) relatant « toute la vĂ©ritĂ©, rien que la vĂ©ritĂ© » au sujet de ce club historique qu’est devenu L’Haçienda. Peter Hook, donc, ci-devant bassiste de Joy Division et New Order, fĂąchĂ© depuis un bon bout de temps avec ses anciens camarades, dĂ©cide il y a quelques annĂ©es de se faire le tĂ©moin, lĂ©gitime, d’une aventure qui synthĂ©tise Ă  elle seule tout ce que les annĂ©es 80 ont engendrĂ© musicalement de meilleur. A savoir le passage de tĂ©moin dĂ©cisif entre le post-punk et la techno, derniĂšres rĂ©volutions majeures dans le champ de la pop music envisagĂ©e comme contre-culturelle, en passant par quelques « babioles » comme la cold-wave, l’électro hip-hop et l’indie-pop, autant de courants a priori antagonistes qui se croisĂšrent pourtant, le temps d’une parenthĂšse (dĂ©s)enchantĂ©e, entre quatre murs de bĂ©ton armĂ©. Sise Ă  Manchester, dont elle a en grande partie fait la rĂ©putation d’un point de vue musical, L’Haçienda fĂ»t un rĂȘve auquel les membres de New Order et le label Factory (qui hĂ©bergea toute cette vague) donnĂšrent corps, entre aspirations situationnistes et hĂ©donisme Ă  tout crin. Au final, c’est surtout le grand n’importe quoi qui l’a emportĂ©, la gestion calamiteuse du lieu (que les gangs mancuniens finirent bientĂŽt par infiltrer) prĂ©cipitant lentement mais sĂ»rement sa chute. Tout cela, Peter Hook nous le raconte avec ses mots, tĂąchant de ne rien oublier de ces annĂ©es plongĂ©es dans un nuage de dĂ©fonce. C’est le seul point faible de cet ouvrage : « Hooky » est un musicien, un « party animal », un rĂ©volutionnaire Ă  la limite — pas un Ă©crivain. Mais bien sĂ»r, l’essentiel n’est pas lĂ . L’essentiel, c’est cette histoire, celle d’une utopie qui s’est avĂ©rĂ©e bien concrĂšte, d’une idĂ©e qui s’est rĂ©vĂ©lĂ©e visionnaire : toute la pop « hybride » contemporaine part de lĂ . Ce tĂ©moignage essentiel mĂ©ritait une deuxiĂšme vie, un autre public, une nouvelle chambre de rĂ©sonance. Mission accomplie, et avec les formes, Ă  bien des Ă©gards.

VENTILO

Philippe Lacroix
Ventilo N°310 19 décembre 2012

- 3 questions Ă  Peter Hook

Sa basse a sculptĂ© le son de Joy Division, groupe mythique des annĂ©es 1970 auquel il a appartenu. Quarante ans plus tard, l’Anglais reprend avec succĂšs ce rĂ©pertoire rock.

Qu’est-ce qui vous a poussĂ© Ă  rejouer l’intĂ©grale des albums de Joy Division ?
AprĂšs la mort du chanteur Ian Curtis, en 1980, nous avons choisi de ne plus jouer les morceaux de Joy Division, et de former un nouveau groupe, New Order. Au moment de cĂ©lĂ©brer le 30e anniversaire de la mort de Ian, j’ai dĂ©cidĂ© de lui rendre hommage en interprĂ©tant l’intĂ©grale de Unknown Pleasures, notre premier album. Ce devait ĂȘtre un concert unique, mais je tourne depuis deux ans avec ce concept, Ă©largi Ă  tout le rĂ©pertoire de Joy Division.

Pourquoi son influence reste-t-elle si forte aujourd’hui ?
GrĂące Ă  la puissance de l’univers poĂ©tique de Ian Curtis, Ă  la production de Martin Hannett qui a donnĂ© aux disques une dimension intemporelle. GrĂące aussi au mythe qui s’est dĂ©veloppĂ©, Ă  l’aura que possĂ©daient notre label, Factory, et notre club, l’Haçienda. Et tout simplement parce que ces chansons sont fantastiques.

Vous ĂȘtes-vous fĂąchĂ© avec vos anciens complices de New Order ?
AprĂšs mon dĂ©part du groupe, en 2006, ils ont continuĂ© sans moi et m’ont critiquĂ© violemment pour avoir entrepris ce projet. Depuis, nous sommes en guerre, mais cela ne m’empĂȘchera pas de reprendre bientĂŽt, un Ă  un, les albums de New Order.

Stéphane Davet
M le magazine du Monde 15 décembre 2012

- Sélection de Noël

JUDICIEUX
Comment gagner des fortunes avec son single Blue Monday et tout investir, Ă  perte, dans un club aussi ingĂ©rable que lĂ©gendaire ? C’est l’histoire enfin traduite de l’Haçienda, club fondamental de la nuit europĂ©enne que New Order ouvrit en 1982 Ă  Manchester, racontĂ©e avec drĂŽlerie et colĂšre par son bassiste, Peter Hook. Un manuel dĂ©taillĂ© de tout ce qu’il faut Ă©viter pour gagner de l’argent, de tout ce qu’il faut faire pour devenir mythique.

Les Inrockuptibles Décembre 2012

- L'Haçienda

C’est l’un des clubs les plus mythiques, gĂ©rĂ© par l’un des labels les plus mythiques, et ce Ă  une Ă©poque charniĂšre de l’histoire de la pop. Mancunienne jusqu’au bout de la nuit, l’Haçienda se rappelle Ă  notre bon souvenir par le biais d’une double actualitĂ© : le bouquin que lui consacre Peter Hook – bassiste de Joy Division et New Order – et la sortie d’une deuxiĂšme compilation dĂ©diĂ©e Ă  la dimension “club” de Factory. Trente ans pile-poil aprĂšs ses dĂ©buts (et quinze aprĂšs sa fin), retour sur une formidable aventure collective qui laissa quelques traces, dans tous les sens du terme.

LIRE L’INTÉGRALITÉ DE CETTECHRONIQUEFLEUVE

Madonna Summer
Gonzaï 10 décembre 2012

- L'Hacienda

Un gouffre appelĂ© l’Haçienda

SĂ»rement le livre le plus passionnant de cette d’annĂ©e, celui qui vous redonne une nouvelle fois envie de tout dĂ©fricher l’univers de la Factory avec fouge [
] C’est sans langue de bois qu’il (Peter Hook) relate les 15 ans de vie du club le plus avant-gardiste du monde, [
] dĂ©gobillant les anecdotes les plus folles, les plus drĂŽles et certainement les plus tristes aussi

[
]
Vous l’aurez compris, ce livre se lit comme on mangerait une piĂšce montĂ©e, se lĂ©chant le bout des doigts, s’essuyant doucement les bords des lĂšvres aprĂšs chaque page, tant l’écriture et l’histoire fascinent


Clément
Twice Novembre 2012

- Manchester

Membre fondateur de Joy Division et de New Order, dont il est le bassiste, Peter Hook Ă©tait aussi un des propriĂ©taires du club l’Haçienda dont il retrace ici l’histoire Ă©difiante. C’est en 1982 Ă  Manchester que le club FAC 51, plus connu sous le nom de l’Haçienda, voit le jour. FinancĂ© par Factory, le label de Joy Division, il devient vite un club de lĂ©gende. Espace novateur dans sa programmation, lieu de naissance de l’acid house, l’Haçienda attire les artistes, les foules
 et les ennuis! [
] En 2009, Peter Hook dĂ©cide de raconter cette histoire telle qu’il la vĂ©cue, avec sa verve et son franc-parler Ă  la mesure de cette histoire dĂ©jantĂ©e.

Patrick Beaumont
La Gazette Nord-Pas de Calais 27 novembre 2012

- Hacienda, l'envers du mythe

FondĂ© par quelques doux cinglĂ©s [
] l’Haçienda, dĂšs ses dĂ©buts Ă©tait vouĂ© Ă  l’échec, accumulant toutes les erreurs possibles [
] Peter Hook, bassiste de Joy Division et de New Order, fut le tĂ©moin privilĂ©giĂ© de cette folie mancunienne, ayant vu toutes les royalties du groupe partir dans des dĂ©penses somptuaires et il raconte avec une humour trĂšs british, tout ce qu’il ne faut pas faire pour gĂ©rer un club avec efficacitĂ©. [
] C’est le dĂ©but de la folie Maddchester : ectsasy et coke, gangsters et dealers, fusillades et overdose
 Bref, ce livre, trĂšs bien traduit, est distrayant au possible, Ă  lire en attendant le second volet des aventures de Peter Hook, consacrĂ© Ă  Joy Division.

Start Up Novembre 2012

- "L'Hacienda est dans mon coeur et dans mon Ăąme"

Peter Hook, bassiste de Joy Division et New Order, revient sur les folles annĂ©es du club de Manchester, des annĂ©es post-punk Ă  l’invasion de la house music en Europe.

Les clubs qui ont jouĂ© un rĂŽle dans l’Histoire de la musique Ă©lectronique et de la nuit se comptent sur les doigts de deux mains. Bien sĂ»r, les grandes discothĂšques new-yorkaises comme Paradise Garage, The Loft ou Sound Factory ont ouvert des brĂšches. Tout comme par la suite The End Ă  Londres, le Tresor Ă  Berlin, le Yellow Ă  Tokyo, le Rex Club Ă  Paris. Mais si ces lieux, points de ralliement du noctambulisme house et techno, ont Ă©clos dans les capitales du monde, peu d’entre eux Ă©taient perdus en
 province. L’Haçienda, le mythique club qui inïŹltra la house en Europe, Ă©tait bien bĂąti Ă  Manchester, au nord de l’Angleterre. FondĂ©e par deux fĂȘlĂ©s, Tony Wilson, le fantasque patron de Factory Records, et Rob Gretton, le manager magouilleur de New Order, la discothĂšque marqua son Ă©poque (1982 / 1997), son pays et bien au-delĂ .
Dans son livre « L’Haçienda : La meilleure façon de couler un club », le jovial Peter Hook, gĂ©nial bassiste de Joy Division et New Order, raconte tout de cette histoire. Les anecdotes savoureuses et les dĂ©lires collectifs. Les petites combines et les grosses embrouilles. Les nuits alcoolisĂ©es et les concerts historiques. La drogue, les bastons et les gangs. Les soirĂ©es sous ecstasy, dĂ©mentes et inĂ©dites, et les lendemains qui chantent. Aussi volubile dans son livre que sec en interview, Hooky nous livre les clĂ©s de cet antre en quelques mots (non traduits) : « Ecstatic, expensive, unique, exciting, world changing, for the people, everywhere. »

« L’ecstasy a changĂ© ma vie »
En reprenant les quinze folles annĂ©es de l’Haçienda dans l’ordre chronologique, Peter Hook raconte avec son franc-parler unique l’histoire qu’il a vĂ©cue. En tant que
spectateur, fĂȘtard, musicien et surtout co-propriĂ©taire de ce vaste gouffre financier qui fut surtout un lieu d’extase sonore et sensorielle. Il Ă©voque aussi en creux les histoires parallĂšles de Factory Records et New Order. Les premiĂšres annĂ©es de la discothĂšque sont portĂ©es par les concerts, des groupes de Factory (A Certain Ratio, Happy Mondays) ou pas (The Pale Fountains, The Smiths, Prefab Sprout). Ces temps initiaux sont progressivement balayĂ©s par l’arrivĂ©e des soirĂ©es avec des DJ rĂ©sidents (Mike Pickering, Dave Haslam, Graeme Park). On y apprend d’ailleurs que Laurent Garnier a travaillĂ© Ă  la cuisine de la discothĂšque, a ramassĂ© les verres du club, avant d’en prendre occasionnellement les platines sous le pseudo DJ Pedro. « Je me souviens trĂšs bien de Laurent Garnier. Il avait l’habitude de s’occuper de moi », se
remémore Peter Hook.
À cette Ă©poque bĂ©nie, Manchester devient « Madchester ». L’acid house est le son du moment. Une nouvelle drogue dĂ©barque et remplace la biĂšre. « L’ecstasy a changĂ©
ma vie », clame le vieux bassiste, qui, entre deux chapitres sur le club, raconte une cocasse virĂ©e Ă  Ibiza durant l’étĂ© 1988. Mais Hook, comme le titre de son livre l’indique, narre aussi, et en dĂ©tails chiffrĂ©s, la gestion catastrophique de l’établissement.
Le revers de la mĂ©daille. Ce qui ne l’empĂȘche pas de garder le sourire : « L’Haçienda est dans mon cƓur et dans mon Ăąme ! »

TRAX

Olivier Pernot
Trax N°159 Octobre 2012

- Ouverture

Le bassiste de Joy Division et de New Order, rĂ©pudiĂ© par ses trois anciens camarades, reste un clown, capable Ă  ses heures plus (Revenge) ou moins (Monaco) perdues de nous rĂ©jouir. Mais ce musicien quinquagĂ©naire au physique de viking est-il bien le mĂȘme que l’esthĂšte qui s’extasie Ă  l’écoute de Chelsea Girl (1967) de Nico et de16 Lovers Lane(1988) de The Go-Betweens ? Ou le DJ boucher adepte d’une house de troisiĂšme zone ? Le style rĂ©pĂ©titif, sinon limitĂ©, de ces 368 pages, en accord avec un son de basse devenu sa marque de fabrique au point de l’inscrire au PanthĂ©on de la quatre-cordes, tend Ă  confirmer qu’il a lui-mĂȘme Ă©crit cette tentative de retracer par le menu les quinze ans (1982-1997) d’existence mancunienne de l’Haçienda. N’en dĂ©plaise aux vĂ©tĂ©rans des Studio 54, Palace, Pacha, Fabric et autres Baron (cherchez l’erreur), feue l’Haçienda possĂšde sur toutes les autres boĂźtes de nuit l’avantage rĂ©trospectif d’avoir Ă©tĂ© (trĂšs mal) gĂ©rĂ©e telle une Ɠuvre d’art, Ă  fonds perdus. L’ami Hooky, plus impliquĂ© dans son (dys)fonctionnement quotidien que ses anciens comparses, confirme avec force dĂ©tails que les quatre membres de New Order y ont laissĂ© leur chemise.
Aucune arnaque, les meilleures Ă©tant celles oĂč l’escroquĂ© est persuadĂ© de sa bonne fortune. Rob Gretton, manager de Joy Division puis de New Order,
dĂ©cĂ©dĂ© en 1999 et tout sauf malhonnĂȘte, avait simplement souhaitĂ© partager avec ses contemporains sa vision d’un club au nom inspirĂ© par la rhĂ©torique situationniste. Pour PETERHOOK, ce ne sont pas non plus les revenus gĂ©nĂ©rĂ©s par ce livre publiĂ© dans son pays en 2009 qui assureront sa sub(si)stance. Reste un Regret, celui du titre français de l’ouvrage, qui nĂ©glige la dimension nĂ©gative de l’original The Haçienda: How Not To Run AClub (“Comment ne pas diriger un club”), trahissant au passage l’un des gĂ©nies, fĂ»t-il involontaire, de notre temps.

MAGIC

Magic N°106 Octobre 2012

- Easy rider n°1160

L’haçienda est le livre de la semaine de l’excellente et bien nommĂ©e Ă©mission Easy rider, sur radio PFM. À réécouter ici

Olivier Valerio
radio PFM 30 septembre 2012

- L'Haçienda

On connaĂźt le franc-parler de Peter Hook, qui a toujours Ă©tĂ© le personnage le plus rock n’roll de la bande Joy Division-New Order. Avec ce livre de souvenirs, il nous prouve non seulement son talent pour nous faire rire, grĂące Ă  une plume sans langue de bois ; mais il se rĂ©vĂšle aussi trĂšs touchant car trĂšs lucide quant Ă  ses propres faiblesses, ses erreurs, ses maladresses, ses addictions Ă  la drogue et Ă  l’alcool. L’Haçienda, la meilleure Façon de couler un Club est un prĂ©cis sur tout ce qu’il ne faut pas faire si on veut se lancer dans les affaires ; c’est aussi et surtout un condensĂ© de toute une Ă©poque, bourrĂ© d’anecdotes dĂ©sopilantes, dĂ©butant avec la crĂ©ation du club en 1982 en pleine pĂ©riode post-punk, alors que New Order Ă©tait en passe de devenir Ă©norme et que Joy Division Ă©tait dĂ©jĂ  culte, jusqu’à la naissance du mouvement acid house, du Madchester, des rave parties, l’avĂšnement de la culture gay nocturne puis les dĂ©rives violentes des gangs qui signeront l’arrĂȘt de mort du lieu dans les annĂ©es quatre-vingt dix. De la rivalitĂ© entre New Order et The Smiths jusqu’aux concerts dĂ©sastreux de Jesus & Mary Chain ou gĂ©niaux de Birthday Party, des playbacks foireux de Madonna jusqu’aux zinzins d’EinstĂŒrzende Neubauten qui dĂ©cidĂšrent de s’attaquer Ă  la salle avec leurs marteaux-piqueurs, Hook nous donne sa vision, forcĂ©ment subjective, de la vĂ©ritĂ©. On y retrouve aussi les groupes de la Factory, bien qu’ils aient rarement eu accĂšs Ă  la scĂšne de l’Haçienda, et l’auteur ne nous cache pas ses sympathies ou ses animositĂ©s pour certaines personnalitĂ©s. Le passage oĂč il s’occupe de la sĂ©curitĂ© et oĂč il vire Peter Murphy de la salle est tout simplement jubilatoire. C’est surtout un Ă©tat d’esprit qui ressort de l’ouvrage, une pĂ©riode d’ambitions idĂ©alistes et de franches rigolades, de dĂ©lires Ă©thyliques et de grand n’importe quoi. Mais tout n’a Ă©tĂ© guidĂ© que par un amour immodĂ©rĂ© pour la musique et la ville de Manchester. Passionnant, drĂŽle et profond.

+ Une interview de Peter Hook Ă  retrouver dans le numĂ©ro d’ObskĂŒre en kiosque ce mois-ci.

OBSKÜREMAG

MĂ€x Lachaud
ObskĂŒre Magazine aoĂ»t-septembre 2012