🔍
Parution : 25/10/2024
ISBN : 9782384314249
462 pages (166 x 235)

30 €

Le Son de la révolte

Une histoire politique de la musique noire américaine

De 1619 à nos jours, des spirituals au rap, la musique a été un moyen de revendication et de lutte politiques pour les Africains-Américains.

En quoi la musique africaine amĂ©ricaine est-elle insĂ©parable des luttes contre le racisme systĂ©mique amĂ©ricain? Cet ouvrage entend rĂ©pondre Ă  cette question, partant de l’arrivĂ©e des premiers dĂ©portĂ©s africains sur le sol amĂ©ricain en 1619 jusqu’au mouvement de Black Lives Matter. À la fois tĂ©moignage des rĂ©alitĂ©s sociales et cĂ©lĂ©bration de l’identitĂ© noire, la musique a toujours Ă©tĂ© un puissant instrument de combats contre les injustices structurelles. Au-delĂ  de faire danser ou de vendre des disques, la soul, le jazz ou le hip-hop expriment avant tout l’aspiration Ă  un changement social. Nina Simone, Marvin Gaye, Bessie Smith, Public Enemy, Odetta et Archie Shepp pour ne citer qu’eux sont autant de figures emblĂ©matiques du combat des Africains-AmĂ©ricains pour l’égalitĂ©, la justice et la dignitĂ©.

Revue de presse

L'histoire de la révolte dans la musique afro-américaine (I) : témoigner pour survivre Suzana Kubik France Musique 6 juillet 2026
Une histoire politique de musique noire américaine Pierre Tenne Hors Série 10 janvier 2026
Le son de la révolte : une histoire politique de la musique noire américaine Etienne Augris La revue L'éléphant août 2025
VERSION ORIGINALE # 22 MARS 2025 – INVITÉ : CHRISTOPHE YLLA-SOMERS Patrick LĂ©on-Emile Aligre FM 22 mars 2025
Christophe Ylla-Somers : Le Son de la révolte Philippe Thirionet Jazzmania 16 février 2025
Une histoire politique des musiques noires américaines Jean-Samuel Kriegk Blast 9 février 2025
Musiques noires, force politique Pauline Guedj Politis 8 janvier 2025
Au fil des pages Francis Pian Radio Libertaire 25 décembre 2024
_ [essai] Le Son de la révolte : Une histoire politique de la musique noire américaine Benoßt Richard Benzine Mag 21 décembre 2024
Une nouvelle pluie d’idĂ©es de cadeaux rock et pop-culture Frederic Vandecasserie RTBF // Classic 21 7 dĂ©cembre 2024
A LIRE... Jean-Louis Lemarchand 29 octobre 2024
Le son de la révolte - Christophe Ylla-Somers Frédéric Koster Le livre du jour // Bretagne5 29 novembre 2024
Le Son de la révolte Francis Pian Radio Libertaire 25 novembre 2024
La musique, instrument contre l’injustice Jean-Marc Pinson Sud-Ouest 15 novembre 2024
Entretien avec Christophe Ylla-Somers : « Les Noirs créent puis avancent » Guido Michelone Doppio Jazz 8 novembre 2024
_Le Son de la révolte. Une histoire politique de la musique noire américaine_, de Christophe Ylla-Somers Benjamin Croizy L'Anticapitaliste 7 novembre 2024
_Le Son de la révolte. Une histoire politique de la musique noire américaine_, de Christophe Ylla-Somers Benjamin Croizy L'Anticapitaliste 7 novembre 2024
Chants frondeurs au cƓur de l’AmĂ©rique noire Joe Farmer RFI_L'Ă©popĂ©e des musiques noires 31 octobre 2024

L'histoire de la révolte dans la musique afro-américaine (I) : témoigner pour survivre

La musique afro-amĂ©ricaine a toujours portĂ© les voix des opprimĂ©s, avant mĂȘme les discours de Martin Luther King ou les slogans de Black Lives Matter. Des champs de coton du Sud des États-Unis jusqu’aux studios des plus grands rappeurs contemporains, chaque gĂ©nĂ©ration a transformĂ© ses chansons en tĂ©moignages, en actes de rĂ©sistance ou en appels Ă  la justice. Un mĂȘme fil rouge relie ainsi les spirituals, le blues, le jazz, la soul ou le rap : raconter l’autre histoire des Etats-Unis, celle que le rĂ©cit officiel s’efforce Ă  invisibiliser.

“Le fil rouge, c’est le message social ou politique, une dĂ©nonciation de ce qu’étaient et ce que sont toujours les Etats-Unis, prĂ©cise l’historien Christophe Ylla-Somers, auteur de l’ouvrage “Le son de la rĂ©volte, une histoire politique de la musique noire amĂ©ricaine”. Ce qui va totalement Ă  l’encontre du mythe amĂ©ricain tel qui est portĂ© par le pouvoir dominant. La musique va servir Ă  la fois de tĂ©moignage des conditions de vie et de la culture noire invisibilisĂ©e par l’histoire officielle, mais aussi de tĂ©moignage des luttes et des injustices. Et en mĂȘme temps, elle va cĂ©lĂ©brer une identitĂ© qui est dĂ©nigrĂ©e. Et puis elle sera un espace de libertĂ© dans une sociĂ©tĂ© oĂč toute prise de parole se solde par une violente rĂ©pression.”

Pour lire l’article en intĂ©gralitĂ©

Suzana Kubik
France Musique 6 juillet 2026

Une histoire politique de musique noire américaine

“Christophe Ylla-Somers est l’auteur d’une copieuse histoire politique des musiques africaines amĂ©ricaines, depuis leurs origines jusqu’à nos jours. L’occasion pour « Diagonale Sonore » de refaire le fil de cette histoire – ou plutĂŽt de ces innombrables histoires – dans un dialogue qui ne pouvait se limiter au format d’une seule Ă©mission. Ce seront donc deux Ă©missions consĂ©cutives qui seront consacrĂ©es au livre et Ă  son formidable sujet !”

Pour Ă©couter l’épisode 1

Pierre Tenne
Hors Série 10 janvier 2026

Le son de la révolte : une histoire politique de la musique noire américaine

“Il pourrait ne s’agir que de musique, Ă©lĂ©ment essentiel de nos divertissements. Vue de France, la musique en anglais a longtemps Ă©tĂ© inaudible quant Ă  ses contenus et aux messages qu’elle transmettait. La barriĂšre de la langue nous fait ainsi fredonner des airs, la plupart du temps sans imaginer la teneur des paroles
 Et pourtant, nous passons souvent Ă  cĂŽtĂ© de l’essentiel. C’est tout le mĂ©rite de l’historien et DJ Christophe Ylla-Somers de donner du sens Ă  ces musiques familiĂšres. Le sujet est vaste et l’auteur l’aborde par des chapitres enlevĂ©s, regroupĂ©s autour d’un des genres majeurs des musiques noires amĂ©ricaines. Partant des spirituals, il arrive naturellement au hip-hop, ayant au passage parcouru deux siĂšcles en nous plongeant dans le jazz, le rhythm’n’blues, la soul et le funk. Cette maniĂšre de dĂ©couper deux siĂšcles de musique, mĂȘme si elle implique des allers-retours chronologiques, est indispensable pour comprendre une histoire qui n’est pas linĂ©aire. Il faut rappeler que les Ă©tiquettes accolĂ©es Ă  ces genres sont souvent imposĂ©es de l’extĂ©rieur, en particulier par l’industrie et la presse dominĂ©e par les Blancs. Les discriminations contre les Noirs – ici, les musiciens –, et leur marginalisation ou leur relĂ©gation constante par une sociĂ©tĂ© qui les perçoit comme une menace Ă  l’ordre Ă©tabli, est en effet l’un des fils conducteurs du livre. Dans ces conditions, la musique est au dĂ©part un moyen souterrain de poursuivre la lutte, surtout Ă  l’époque de l’esclavage. Les chants repris par les Noirs empruntent Ă  diffĂ©rentes traditions, rĂ©pertoires et rythmes mĂȘlant influences africaines, europĂ©ennes comme amĂ©ricaines. Reprenant certains des codes de la musique chrĂ©tienne, les esclavisĂ©s n’en dĂ©tournent pas moins les paroles, centrant celles-ci sur les passages de la Bible qui Ă©voquent la servitude, en particulier dans l’Ancien Testament. C’est ainsi une maniĂšre Ă©vidente de chanter la libertĂ© dans une sociĂ©tĂ© qui l’entrave. Certains spirituals sont d’ailleurs truffĂ©s d’indices gĂ©ographiques (Ă©toiles, riviĂšres) permettant aux fugitifs de gagner le nord plus facilement. La place de la religion est donc majeure dĂšs le XIXe siĂšcle. Et elle le reste ensuite, en tout cas dans la formation des musiciens africains-amĂ©ricains. L’auteur retrace ainsi le parcours et la formation des principaux artistes du XXe siĂšcle. Quasiment tous ont appris la musique Ă  l’église, qu’elle soit baptiste ou mĂ©thodiste. Si la plupart s’éloignent ensuite du Gospel qu’ils ont appris dans leur enfance pour pratiquer des musiques considĂ©rĂ©es parfois comme diaboliques par les pasteurs, leur chant et leurs mĂ©lodies conservent l’empreinte de cette formation. C’est vrai pour la Soul, et mĂȘme pour le Blues, vu comme le pendant profane des musiques sacrĂ©es. Les luttes menĂ©es sont nombreuses et les morceaux les plus anodins sont parfois porteurs de revendications Ă  la hauteur du siĂšcle de discrimination que les Noirs ont endurĂ© aprĂšs l’abolition de l’esclavage. Ce n’est en effet que dans les annĂ©es 1960 que les discriminations lĂ©gales disparaissent progressivement. Pour y arriver, la musique a lĂ  aussi jouĂ© un rĂŽle essentiel, comme le rappelle l’auteur en montrant la profondeur des liens entre les activistes parmi lesquels Martin Luther King ou Malcolm X et les artistes comme Nina Simone ou Sam Cooke. En musique de mĂȘme qu’en politique, Christophe Ylla-Sommers montre qu’existe toute une palette avec des degrĂ©s plus ou moins forts d’engagement. Mais Ă  la diffĂ©rence d’autres artistes, les Africains-AmĂ©ricains sont Ă  un moment ou un autre rattrapĂ©s par l’histoire et confrontĂ©s au racisme. Certaines carriĂšres prennent mĂȘme un tournant aprĂšs l’assassinat de jeunes enfants, comme le raconte Nina Simone aprĂšs l’attentat de Birmingham qui la conduit Ă  Ă©crire « Mississippi Goddam » en 1964, ou celui de figures comme Luther King en 1968. AprĂšs la fin des discriminations lĂ©gales, la lutte se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Et les musiques continuent Ă  porter ces revendications. L’auteur nous permet de (re)dĂ©couvrir ce que l’histoire n’a pas retenu, malgrĂ© la rĂ©alitĂ© des faits. Prenons deux exemples au tournant des annĂ©es 1960 et 1970. Le festival de Woodstock a justement attirĂ© l’attention des historiens et durablement frappĂ© les imaginaires. Mais d’autres festivals, ayant eu une signification au moins aussi importante, ont Ă©tĂ© complĂštement ignorĂ©s Ă  l’époque et sont depuis tombĂ©s dans l’oubli. Ainsi en est-il du Harlem Cultural Festival de 1969, parfois surnommĂ© le « Black Woodstock », qui draine des foules considĂ©rables et cĂ©lĂšbre les diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations et styles musicaux africains-amĂ©ricains. Autre exemple, qui tĂ©moigne du « blanchiment » de la musique noire, condition parfois de son succĂšs. Le cas du Rock n’roll est bien connu, Elvis cueillant des lauriers dont les pionniers du genre comme Sister Rosetta Tharpe ou Little Richard, n’ont pas bĂ©nĂ©ficiĂ©. Ou comment cette musique, plutĂŽt appelĂ©e Rythm n’blues au dĂ©part, puise ses racines dans les musiques noires avant d’ĂȘtre reprise par des artistes blancs devenus, aux yeux de la sociĂ©tĂ© Ă©tats-unienne, les vĂ©ritables crĂ©ateurs du genre. Le cas du disco est un peu similaire tout en Ă©tant encore moins connu. C’est tout le mĂ©rite de Christophe Ylla-Somers d’attirer notre regard sur les origines de ce style parmi la communautĂ© LGBTQ+ noire des grandes villes du nord, au mĂȘme titre que la house et la techno un peu plus tard Ă  Chicago et DĂ©troit. Le disco, aujourd’hui associĂ© au film Saturday Night Fever et aux Bee Gees, qui marquent l’apogĂ©e et le dĂ©clin du genre, a complĂštement perdu, dans cette rĂ©cupĂ©ration commerciale et l’effacement de ses crĂ©ateurs, son Ă©nergie des dĂ©buts et sa dimension subversive. Le cas du hip-hop semble nĂ©anmoins diffĂ©rent, celui-ci Ă©tant devenu mainstream sans que son enracinement dans la communautĂ© africaine-amĂ©ricaine ait Ă©tĂ© gommĂ©. Logiquement, son apparition et son dĂ©veloppement sont Ă©tudiĂ©s par l’auteur, mĂȘme si on peut regretter que le genre ne bĂ©nĂ©ficie pas de la mĂȘme attention dĂ©taillĂ©e que ses prĂ©dĂ©cesseurs, en particulier son Ă©volution dans les annĂ©es 1990 et 2000, pourtant riche en diversitĂ© et en maniĂšres d’exprimer des revendications.”

Lire en ligne

Etienne Augris
La revue L'éléphant août 2025

VERSION ORIGINALE # 22 MARS 2025 – INVITÉ : CHRISTOPHE YLLA-SOMERS

“Le Son de la rĂ©volte, Ă©ditions Le mot et le reste. Christophe YLLA-SOMERS, historien et DJ, nous propose une histoire politique de la musique noire amĂ©ricaine. Un ouvrage exhaustif indispensable pour mieux comprendre les Etats-Unis et apprĂ©cier davantage la musique noire amĂ©ricaine Ă  travers les luttes pour les droits humains.”

“Lire en intĂ©gralitĂ©â€: https://aligrefm.org/podcasts/version-originale-le-podcast-170/version-originale-22-mars-2025-invite-christophe-ylla-somers-2946

Patrick Léon-Emile
Aligre FM 22 mars 2025

Christophe Ylla-Somers : Le Son de la révolte

“L’auteur, qui est Ă  la fois dĂ©tenteur d’une maĂźtrise d’histoire mĂ©diĂ©vale et DJ, promĂšne d’une part ses vinyles de clubs en bars dans de nombreux endroits du Monde et d’autre part est aussi Ă  ses heures Ă©crivain. Auteur de deux livres jeunesse, il vient aujourd’hui nous conter l’histoire de la musique africaine-amĂ©ricaine, Ă  travers les luttes des peuples noirs contre le racisme aux Etats-Unis. Musique et lutte pour la libertĂ© sont intimement liĂ©es, c’est ce que cet ouvrage tente Ă  dĂ©montrer, Ă  travers une analyse trĂšs pointue traversant les siĂšcles depuis l’arrivĂ©e des premiers Africains en AmĂ©rique en 1619. La musique comme le chant auront toujours Ă©tĂ© des moteurs du combat du peuple noir, au travers des grands courants musicaux, que sont le blues, le jazz, le funk ou la soul-musique. Aussi au travers des chants comme le gospel et au travers de grands artistes comme John Coltrane ou Marvin Gaye, la volontĂ© d’égalitĂ© ou de justice se sera exprimĂ©e. AprĂšs une introduction oĂč l’auteur nous relate des anecdotes et finalement des faits, des actions, des rencontres au cours des annĂ©es 60 qui ont changĂ© l’histoire, celui-ci nous propose un voyage itinĂ©rant Ă  travers les siĂšcles en partant de l’arrivĂ©e des premiers Africains sur le continent US jusqu’à nos jours. Un voyage aussi Ă  travers les courants musicaux depuis le blues jusqu’au hip-hop et ce Ă  travers un rĂ©cit pointu et extrĂȘmement dĂ©taillĂ©, aussi bien au niveau des dates que des noms. Une lecture objectivement fastidieuse, enrichie de moult dĂ©tails, qui nous ouvre les yeux sur le long parcours douloureux de tous ces hommes et femmes, luttant pour leur libertĂ© Ă  travers l’art, celui avec un grand ’A’ ! A lire petit Ă  petit pour pouvoir s’imprĂ©gner de chaque Ă©vĂ©nement, de chaque crĂ©ation, dĂ©couvrir l’importance des textes et des thĂšmes des chansons et bien d’autres choses. Un recueil historique richement dĂ©taillĂ© !”

Lire en intégralité

Philippe Thirionet
Jazzmania 16 février 2025

Une histoire politique des musiques noires américaines

“Blues, jazz, soul, rap : les artistes afro-amĂ©ricains ont de tout temps dĂ©veloppĂ© un discours contestataire dans leur musique. Un essai passionnant de Christophe Ylla-Somers : Le Son de la RĂ©volte, raconte l’histoire de plus de cent ans de lutte en chansons. Des champs de coton Ă  New York – berceau du rap – en passant par les manifestations pour les droits civiques, les musiques afro-amĂ©ricaines ont toujours Ă©tĂ© le ciment de la contestation sociale. MĂȘmes digĂ©rĂ©es par l’industrie musicale, mĂȘme rĂ©cupĂ©rĂ©es et aseptisĂ©es par des blancs (d’Elvis Presley Ă  Eric Clapton), les musiques noires amĂ©ricaines n’ont jamais cessĂ© d’ĂȘtre un outil de mobilisation politique autant qu’un moyen d’expression de fiertĂ© culturelle. C’est cette histoire riche et complexe que Christophe Ylla-Somers explore dans un essai exhaustif sur le sujet, qui met en lumiĂšre comment ces formes musicales ont continuĂ©, gĂ©nĂ©ration aprĂšs gĂ©nĂ©ration, Ă  porter les aspirations et les revendications de la communautĂ© afro-amĂ©ricaine.”

Lire en intégralité

Jean-Samuel Kriegk
Blast 9 février 2025

Musiques noires, force politique

“Le Son de la rĂ©volte, de Christophe Ylla-Somers, prĂ©sente une synthĂšse fouillĂ©e des musiques africaines-amĂ©ricaines. (
) Les Staple Singers, Miles Davis ou Nina Simone (photo) comptent parmi les nombreux personnages du Son de la rĂ©volte, riche synthĂšse que Christophe Ylla-Somers consacre Ă  la fabrique politique des musiques africaines-amĂ©ricaines. Suivant la chronologie, l’auteur revient sur diffĂ©rents courants, qu’il rattache Ă  leur contexte d’élaboration. Son histoire aborde l’église noire, lieu des spirituals, oĂč le pasteur est devenu leader politique et musicien. Puis il Ă©voque le blues, dont il montre avec force la puissance subversive des paroles, tout en double sens. Sont ensuite explorĂ©s le jazz – jazz age des grandes villes, be-bop regardant vers le mouvement des droits civiques, hard bop et free-jazz s’imprĂ©gnant du Black Power –, la soul et ses entrepreneurs noirs, et le funk, oĂč rĂšgne, entre autres, George Clinton, guide afro-futuriste qui rĂȘve d’une nation africaine-amĂ©ricaine « under a groove », autonome et autosuffisante. Enfin, le livre se penche sur les dĂ©buts du hip-hop, analyse l’influence des mouvements Black Lives Matter et propose une analyse fine du Cowboy Carter de BeyoncĂ©, effort de retournement des dynamiques d’appropriations culturelles, que nous avons dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans ces pages. Chemin faisant, le parcours proposĂ© par Christophe Ylla-Somers pose une question passionnante et provocatrice. « Aux États-Unis, explique l’auteur, citant l’intellectuel africain-amĂ©ricain Nelson George, les Noirs crĂ©ent puis passent Ă  autre chose. Les Blancs documentent et recyclent. » Que se passe-t-il alors lorsque des musiques contestataires se trouvent rattrapĂ©es par les logiques de commercialisation et de globalisation de l’art ? Qu’advient-il lorsque celles-ci sont musĂ©ifiĂ©es par ceux contre lesquelles elles s’étaient créées ? À l’heure oĂč le monstre du capitalisme continue de dĂ©vorer tout sur son passage, l’ouvrage invite Ă  rĂ©flĂ©chir aux destins complexes de ces sons rĂ©voltĂ©s, entre insoumission et mainstream.”

A lire

Pauline Guedj
Politis 8 janvier 2025

Au fil des pages

“Christophe Ylla-Somers est un historien mais aussi un didgee et chanteur. Son livre est une fresque de l’évolution de la musique afro-amĂ©ricaine dans un contexte d’esclavage, puis de sĂ©grĂ©gation et de racisme, pertinente autant d’un point de vue historique que des rĂ©fĂ©rences musicales. Entre 1525 et 1867, on estime qu’entre 11 Ă  15 millions d’africains seront dĂ©portĂ©s dans des conditions inhumaines vers les Etats-Unis pour la prospĂ©ritĂ© des entreprises et cultures amĂ©ricaines, ce pays considĂ©rĂ© comme un pays de libertĂ© a asservi dans un bain de sang pendant plus de 300 ans le peuple africain et la population indienne au service d’une « humanitĂ© dite supĂ©rieure » dit Thomas Jefferson. Du fait de leur expĂ©rience les afro-amĂ©ricains crĂ©eront une culture parallĂšle, une autre maniĂšre d’apprĂ©hender le monde, nous dĂ©couvrons dans ce livre page aprĂšs page l’émergence des spirituals puis des Gospels, du blues, du Jazz, de la soul et du hip-hop, du Rythm and blues tissĂ©e avec le temps de leur oppression. (
) Un livre Ă  lire assurĂ©ment”

A écouter en intégralité

Francis Pian
Radio Libertaire 25 décembre 2024

_ [essai] Le Son de la révolte : Une histoire politique de la musique noire américaine

Christophe Ylla-Somers nous plonge dans l’Histoire des musiques afro-amĂ©ricaines, en reprenant les choses par le dĂ©but. Essai riche et foisonnant, Le Son de la rĂ©volte permet de comprendre pourquoi musique et lutte pour les droits ont souvent Ă©tĂ© Ă©troitement liĂ©es.

En intégralité ici:

BenoĂźt Richard
Benzine Mag 21 décembre 2024

Une nouvelle pluie d’idĂ©es de cadeaux rock et pop-culture

“On embraye sur “Le Son de la RĂ©volte”, toujours chez le mĂȘme Ă©diteur (Le Mot et le reste). LĂ , on examinera dans le dĂ©tail comment la musique fracasse la sociĂ©tĂ©. Et ici, plus prĂ©cisĂ©ment, comment la musique noire a infusĂ© de tous les temps contre le racisme made in USA, Ă  travers le parcours de musiciens aussi divers et variĂ©s que Nina Simone et Public Enemy. Le sujet est original, son traitement est dĂ©capant et complet, et ce livre-somme s’en ressent Ă  chaque page.”

A lire en intégralité

Frederic Vandecasserie
RTBF // Classic 21 7 décembre 2024

A LIRE...

“Le titre indique la couleur. DiplĂŽmĂ© d’histoire et DJ, l’auteur Ă©voque les liens entre la musique africaine amĂ©ricaine et l’engagement, la lutte contre le racisme systĂ©mique amĂ©ricain et les discriminations. Du Spiritual au Hip-Hop, de Bessie Smith Ă  John Coltrane ou Public Enemy, assure-t-il, « ces musiques expriment l’aspiration Ă  un changement social ». Une Ă©tude fouillĂ©e qui court sur plus de quatre cents pages 
 Du lourd !”

Jean-Louis Lemarchand
29 octobre 2024

Le son de la révolte - Christophe Ylla-Somers

““En quoi la musique africaine-amĂ©ricaine est-il insĂ©parable des luttes contre le racisme systĂ©mique amĂ©ricain ?” Cet ouvrage entend rĂ©pondre Ă  cette question, partant de l’arrivĂ©e des premiers dĂ©portĂ©s africains sur le sol amĂ©ricain en 1619 jusqu’au mouvement Black Lives Matter. A la fois tĂ©moignage de la rĂ©alitĂ© sociale et cĂ©lĂ©bration de l’identitĂ© noire, la musique a toujours Ă©tĂ© un puissant instrument de combat contre les injustices structurelles. Au-delĂ  de faire danser ou de vendre des disques, le blues, le jazz, la soul, la funk ou le hip-hop expriment avant tout l’aspiration Ă  un changement social.”

A écouter en intégralité

Frédéric Koster
Le livre du jour // Bretagne5 29 novembre 2024

Le Son de la révolte

“La musique africaine-amĂ©ricaine prend ses racines dans l’esclavage : en 300 ans plus de 11 millions d’Africains ont Ă©tĂ© ramenĂ©s de force dans le Deep South des États-Unis pour servir de main d’Ɠuvre corvĂ©able Ă  merci pour les grands propriĂ©taires de champs de coton. Les chants, les danses, les joutes verbales jouĂšrent un rĂŽle essentiel pour supporter les souffrances et renforcer les liens communautaires entre ces dĂ©portĂ©s de diffĂ©rents peuples d’Afrique de l’Ouest. Dans un pays qui se prĂ©sentait comme celui de la libertĂ© et de l’égalitĂ©, les conditions de travail et de vie abominables imposĂ©es Ă  ces humains (sĂ©grĂ©gation, lynchages) afin de devenir la nation la plus riche du monde, Ă©taient justifiĂ©es par les exploiteurs blancs en prĂ©tendant appartenir Ă  une race supĂ©rieure : encore aujourd’hui “Indios” et “niggers” sont des injures crachĂ©es au visage de sous-hommes “menaçant la puretĂ© de la race”.
Lutter en chantant les “work songs” leur a permis de dĂ©noncer les injustices, de construire un rempart contre l’aliĂ©nation. Mais qu’est-ce que le jazz ? : “Un noir Ă©tait jazz dans tout ce qu’il faisait”, Nina Simone, pianiste et chanteuse. “Le jazz est l’éternel tam-tam qui rĂ©sonne dans l’ñme noire, le tam-tam de la rĂ©volte contre la lassitude de vivre dans un monde blanc”, Langston Hugues, poĂšte. Pour l’industrie amĂ©ricaine du spectacle, le jazz Ă©tait avant tout un produit commercial de divertissement permettant de faire des profits. Certains musiciens blancs ont tentĂ© de le copier en Ă©liminant son contenu social. Mais cette musique, en perpĂ©tuelle Ă©volution depuis les zones rurales pauvres du sud et les ghettos noirs des villes industrielles, a su rendre sa dignitĂ© au prolĂ©tariat noir. Le son de la rĂ©volte (Éditions Le mot et le reste) est un rĂ©cent livre rĂ©fĂ©rence qui retrace l’histoire des États-Unis Ă  l’aune des musiques africaines-amĂ©ricaines. Nous recevons Christophe Ylla-Somers, son auteur, qui anime l’émission Soul Power sur Radio Libertaire : “Le blues, la soul, le jazz ou le hip-hop expriment avant tout l’aspiration Ă  un changement social”.”

A écouter

Francis Pian
Radio Libertaire 25 novembre 2024

La musique, instrument contre l’injustice

“Nous sommes nombreux Ă  l’avouer, la musique qui nous fait vibrer, danser est bien souvent l’oeuvre de chanteurs ou chanteuses, musiciens ou musiciennes afro-amĂ©ricains. De Bessie Smith Ă  Marvin Gaye, de John Coltrane Ă  Public Enemy. Une musique qui a fait son miel dans diffĂ©rents genres musicaux : soul, funk, disco, rock’n’roll
 Au-delĂ  de l’intĂ©rĂȘt artistique, la
musique noire amĂ©ricaine a souvent Ă©tĂ© un cri contre l’injustice, le racisme. (
) « Des prĂ©curseurs du rap dans le Bronx Ă  Billie Holiday quand elle chantait Strange Fruit, chacun est le chroniqueur de la communautĂ© noire », dit Christophe Ylla-Somers, titulaire d’une maĂźtrise d’histoire mĂ©diĂ©vale et par ailleurs DJ. «Les morceaux de jazz, de gospel, de soul ou de hip-hop tissent un lien entre un hĂ©ritage partagĂ© et l’histoire d’une oppression commune, souligne l’auteur d’un ouvrage passionnant sur le sujet. La crĂ©ation artistique a toujours Ă©tĂ© un moyen de rĂ©sistance. Et si les oeuvres des groupes opprimĂ©s contiennent toujours une critique plus ou moins explicite, pour les Africains-AmĂ©ricains, la musique reste Ă  ce jour le moyen privilĂ©giĂ© d’exprimer leurs griefs contre une sociĂ©tĂ© qui est loin d’avoir Ă©radiquĂ© le problĂšme des inĂ©galitĂ©s raciales. » Christophe Ylla-Somers ajoute : « Les luttes noires ont inspirĂ© d’autres groupes opprimĂ©s. Les historiens s’accordent pour reconnaĂźtre que le Black Power a servi de modĂšles aux luttes d’émancipation des femmes, des AmĂ©rindiens et de la communautĂ© LGBTQ +. » Dans son ouvrage, l’auteur dĂ©crypte, par genre musical, cette rĂ©sistance, ce combat pour l’égalitĂ©, la justice et la dignitĂ©. Un combat qui continue.”

A lire en intégralité

Jean-Marc Pinson
Sud-Ouest 15 novembre 2024

Entretien avec Christophe Ylla-Somers : « Les Noirs créent puis avancent »

“Connu en Italie en 2018 pour le volume illustrĂ© Siamo noi la storia, l’auteur a publiĂ© en France – oĂč il vit et travaille – en octobre 2024 Le son de la rĂ©volte. Une histoire politique de la musique noire amĂ©ricaine (littĂ©ralement The Sound of Revolt, A Political History of Black American Music), cherchant Ă  rĂ©pondre Ă  la question historique de savoir comment et pourquoi la musique afro-amĂ©ricaine est indissociable des luttes contre le racisme systĂ©mique amĂ©ricain. Pour ce faire, Christophe Ylla-Somers part de 1619, date du dĂ©barquement des premiers dĂ©portĂ©s africains dans les colonies anglaises (futurs États-Unis) jusqu’au rĂ©cent mouvement Black Lives Matter. Dans Le son de la rĂ©volte, l’auteur part du principe que la musique a toujours Ă©tĂ© un outil puissant dans la lutte contre l’injustice structurelle, tĂ©moignant Ă©galement de diffĂ©rentes rĂ©alitĂ©s sociales et cĂ©lĂ©brant plus ou moins consciemment l’identitĂ© noire. Bien qu’ils invitent Ă  danser ou Ă  acheter des disques, le blues, le jazz, la soul, le funk, le hip-hop expriment avant tout l’aspiration au changement social ; et par exemple Bessie Smith, Nina Simone, Odetta, Marvin Gaye, John Coltrane, Public Enemy sont des figures emblĂ©matiques de la rĂ©volution noire.”

A lire en intégralité

Guido Michelone
Doppio Jazz 8 novembre 2024

_Le Son de la révolte. Une histoire politique de la musique noire américaine_, de Christophe Ylla-Somers

“(
) Cet Ă©rudit et minutieux essai ne se contente pas de faire la liste de grands noms de la musique contemporaine. DivisĂ© en sept grandes Ă©poques (Spiritual, Blues, Jazz, Rhythm’n’Blues, Soul, Funk, Hip-hop) et au fil d’édifiantes anecdotes, il dĂ©taille pourquoi et comment la musique — et la danse — fait partie intĂ©grante de la vie des AfricainEs-AmĂ©ricainEs, offrant depuis l’esclavage un moyen d’accompagner les tĂąches, d’exprimer ses sentiments et ses revendications, de s’adonner Ă  la critique sociale, d’ĂȘtre un vecteur de lutte. (
) Alors, 460 pages d’oppression, ça peut paraĂźtre un peu dĂ©sespĂ©rant. Pas du tout en vĂ©ritĂ© car cela ne peut ĂȘtre dissociĂ© d’un crĂ©atif et foisonnant appel Ă  libertĂ© et Ă  la justice sociale, suivant l’exemple des esclaves et de leurs descendantEs. Celleux-ci ont fait Ă©voluer la religion chrĂ©tienne qui leur Ă©tait imposĂ©e Ă  l’aide de chants, mettant en avant non pas les notions de crainte et de punition mais d’espoir d’une vie meilleure future, sans attendre l’au-delĂ . La bibliographie Ă  la fin du livre est une vĂ©ritable mine de ressources, tout comme les trĂšs nombreuses citations. Relevons celle du chanteur et poĂšte Gil Scott-Heron : « Quand on est vivant et noir sur la planĂšte Terre [
] il n’y avait aucun foutu moyen de ne pas avoir de pression politique sur les Ă©paules, et par consĂ©quent de ne pas avoir d’opinions politiques. »

A lire en intégralité

Benjamin Croizy
L'Anticapitaliste 7 novembre 2024

_Le Son de la révolte. Une histoire politique de la musique noire américaine_, de Christophe Ylla-Somers

“(
) Cet Ă©rudit et minutieux essai ne se contente pas de faire la liste de grands noms de la musique contemporaine. DivisĂ© en sept grandes Ă©poques (Spiritual, Blues, Jazz, Rhythm’n’Blues, Soul, Funk, Hip-hop) et au fil d’édifiantes anecdotes, il dĂ©taille pourquoi et comment la musique — et la danse — fait partie intĂ©grante de la vie des AfricainEs-AmĂ©ricainEs, offrant depuis l’esclavage un moyen d’accompagner les tĂąches, d’exprimer ses sentiments et ses revendications, de s’adonner Ă  la critique sociale, d’ĂȘtre un vecteur de lutte. (
) Alors, 460 pages d’oppression, ça peut paraĂźtre un peu dĂ©sespĂ©rant. Pas du tout en vĂ©ritĂ© car cela ne peut ĂȘtre dissociĂ© d’un crĂ©atif et foisonnant appel Ă  libertĂ© et Ă  la justice sociale, suivant l’exemple des esclaves et de leurs descendantEs. Celleux-ci ont fait Ă©voluer la religion chrĂ©tienne qui leur Ă©tait imposĂ©e Ă  l’aide de chants, mettant en avant non pas les notions de crainte et de punition mais d’espoir d’une vie meilleure future, sans attendre l’au-delĂ . La bibliographie Ă  la fin du livre est une vĂ©ritable mine de ressources, tout comme les trĂšs nombreuses citations. Relevons celle du chanteur et poĂšte Gil Scott-Heron : « Quand on est vivant et noir sur la planĂšte Terre [
] il n’y avait aucun foutu moyen de ne pas avoir de pression politique sur les Ă©paules, et par consĂ©quent de ne pas avoir d’opinions politiques. »

A lire en intégralité

Benjamin Croizy
L'Anticapitaliste 7 novembre 2024

Chants frondeurs au cƓur de l’AmĂ©rique noire

“Christophe Ylla-Somers s’est plongĂ© dans l’histoire tortueuse de la communautĂ© africaine-amĂ©ricaine de 1619 Ă  nos jours. Il constate dans son livre, « Le Son de la RĂ©volte », que le nouveau monde ne fut jamais la terre d’égalitĂ©, de justice et de dĂ©mocratie, prĂŽnĂ©e par les premiers colons europĂ©ens. Les États-Unis se sont construits sur un dĂ©sĂ©quilibre social patent que les arts ont souvent dĂ©noncĂ©. Alors que l’élection du 5 novembre 2024 attise les tensions outre-Atlantique, nous explorons en musique quatre siĂšcles de rĂ©bellion et de contestation.”

A lire en intégralité

Joe Farmer
RFI_L'épopée des musiques noires 31 octobre 2024