Le Rouge et le Bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence
« Jâai dĂ©couvert la musique des Beatles Ă une Ă©poque oĂč ils Ă©taient sĂ©parĂ©s depuis longtemps : je nâai pas connu les frissons de lâimpatience dans lâannonce dâun prochain album, ni vĂ©cu Ă leur rythme une dĂ©cennie faite de pĂ©ripĂ©ties culturelles et politiques, dâavancĂ©es et dâĂ©piphanies musicales, dâun Ă©tat dâesprit qui mâaurait permis de mieux saisir lâavĂšnement de telle ou telle chanson. Je les ai dĂ©couverts dâun bloc, dans la boulimie maladroite de deux albums de compilation, des annĂ©es aprĂšs la bataille. »
RĂ©cit en forme de courts textes Ă propos de lâexistence, de la musique, des rencontres, de la passion amoureuse, de la crĂ©ation des chansons, de la mĂ©lancolie, de lâutopie du plaqueur dâaccords pour contenir la difficultĂ© dâĂȘtre, de la vie qui se conduit comme un manche, de la cour du collĂšge de St-Germain-en-Laye, de Bruxelles et de Londres, des rues de Paris oĂč ce hĂ©ros solitaire qui croisait votre regard vers cinq heures de lâaprĂšs-midi câĂ©tait moi, de lâamour absolu, de Stendhal et de DostoĂŻevski, Baudelaire et Nietzsche, du premier concert de Basile Green et de pourquoi John Lennon avait tort, des filles qui passent et du souvenir qui reste, de comment Ă©crire des chansons dâamour et de comment rater des histoires dâamour, du terrain perdu de lâenfance et du temps dĂ©semparĂ© dâĂȘtre adulte⊠Tout cela ponctuĂ© de chansons des Beatles. Le titre Le rouge et le bleu, outre le clin dâoeil stendhalien fait rĂ©fĂ©rence aux deux fameux albums de compilation du groupe de Liverpool (Ă ne pas traduire par : lâhiver est une piscine).
Revue de presse
- Le Rouge et le Bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence Ventilo Mai 2008
- Le Rouge et le Bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence J.-P. Longre Sitartmag Mai 2008
- Le Rouge et le Bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence Claire Fercak Magazine du livre Avril 2008
- Le Rouge et le Bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence Muteen FĂ©vrier 2008
- Le Rouge et le Bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence Chroniques du plaisir
- Le Rouge et le Bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence Raymond Serini 150 DB
JĂ©rĂŽme Attal est un amoureux de la littĂ©rature et cela se ressent dans son style et dans sa facultĂ© Ă retranscrire ses propres ressentis par rapport Ă un exercice a priori banal mais au combien difficile. Entre musique et Ă©criture, lâauteur ne manque jamais une occasion de nous montrer toutes les facettes de son talent. Ce petit livre sâadresse Ă tous ceux qui ont eu dans leur vie une relation intime avec la musique. Nous les imaginons nombreux alors pourquoi ne pas se replonger dans le rĂȘve, dans ce qui a contribuĂ© Ă façonner notre personnalitĂ©, notre relation aux autres.
Le Rouge et le Bleu est un essai consacrĂ© aux Beatles, magnifiĂ©s et honorĂ©s ici via la plume en forme de rĂ©cit autobiographique du chanteur JĂ©rĂŽme Attal. En partant des chansons de la mythique compilation bicolore des quatre garçons dans le vent, Attal interroge moins sa madeleine musicale liverpudlienne que ses souvenirs dâenfance, la passion amoureuse, la crĂ©ation des chansons, la mĂ©lancolie, les filles, les histoires dâamour ou le fait de devenir adulte. Avec Ă©lĂ©gance et pas mal dâhumour â Liverpool, par exemple, ne se traduit pas « lâhiver est une piscine ». Pas mieux.
JĂ©rĂŽme Attal, jeune auteur, compositeur et chanteur parisien, a dĂ©couvert les Beatles « dâun bloc, dans la boulimie maladroite de deux albums de compilation » que sa tante lui a offerts lâun aprĂšs lâautre : Rouge et Bleu. Alors sâest nouĂ©e une relation privilĂ©giĂ©e entre lâauteur et le groupe dâune gĂ©nĂ©ration antĂ©rieure, certes, mais dont la musique suscite en lui « un monde Ă la fois magique et protecteur »._ Câest de cette relation que ce petit livre fait part, dans une suite particuliĂšrement adĂ©quate de textes brefs et divers : souvenirs, rĂ©cits, poĂšmes, variations sur des thĂšmes (la chanson bien sĂ»r, lâamour, lâamitiĂ©, la littĂ©rature mĂȘme â DostoĂŻevski, TolstoĂŻ, Stendhal). Il ne sâagit pas seulement de nostalgie, mais dâune vraie tentative pour comprendre « comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence » et pour saisir par les mots les mystĂšres de leur musique. _
JĂ©rĂŽme Attal est chanteur et Ă©crivain. Câest un jeune homme dĂ©licat et Ă©lĂ©gant qui transforme les menus dĂ©tails en instants poĂ©tiques. AprĂšs Lâamoureux en lambeaux, un premier roman Ă lâĂ©criture sensible et ciselĂ©e, parait Le Rouge et le Bleu un rĂ©cit sur les Beatles.
Dans quelles circonstances écris-tu tes chansons ?
Je pars dâune Ă©motion, quelque chose qui me tracasse et que jâen-voie dans la chanson. Ă lâĂ©coute de la chanson, quand câest rĂ©ussi, il faudrait que lâĂ©motion puisse revenir quasi intacte, comme si jâavais lancĂ© un boomerang. Intacte mais dĂ©goupillĂ©e de sa vio-lence, de la violence du geste, moins Ăąpre que si la solution dâĂ©crire des chansons nâexistait pas.
Quels sont les liens entre ton travail musical et romanesque ?
Je compare cela Ă un peintre qui a le choix entre plusieurs sup-ports. Lâimpulsion est la mĂȘme sauf que je peux fixer pour toujours une Ă©motion, ou retenir un moment, explorer toutes les faces dâun sourire de fille comme un rubickâs cube, soit dans des chansons, dans une nouvelle, soit dans des romans ou des rĂ©cits comme avec Le Rouge et le Bleu. Je pense aussi que jâai des problĂšmes de peintre dans mon travail, dans la mesure oĂč les allers-retours entre le refuge de lâĂ©criture et les tourments de la vie sont dĂ©licats.
Comment est né ce projet de livre sur les Beatles ?
Pour Le Rouge et le Bleu, Yves Jolivet des Ă©ditions Le mot et le reste, lisait le Journal intime que jâĂ©cris et publie sur internet depuis dix ans et mâa demandĂ© si je voulais ouvrir la collection Solo qui propose Ă des auteurs dâĂ©crire un texte sur leur lien affectif avec la musique-album ou artiste. Jâai choisi les Beatles car la puissance suggestive, immĂ©diate et mĂ©lancolique Ă la fois, de leurs chansons, mâa accompagnĂ©e depuis que je suis enfant. AprĂšs jâai dĂ©tournĂ© lâexercice dâĂ©crire sur les Beatles. Jâai amenĂ© vers mon univers, accross my universe, cette idĂ©e de parler de leurs disques. Je pense que les gens qui sont vraiment fans des Beatles et qui vont acheter Le Rouge et le Bleu en pensant trouver une biographie ou un recueil dâanecdotes sur leur groupe prĂ©fĂ©rĂ© vont juste me poursuivre dans la rue, ce qui en mĂȘme temps est un hommage aux Beatles dâĂȘtre poursuivi dans la rue.
Parle-nous un peu de ton rapport à la littérature.
Jâai un rapport assez obsessionnel Ă la littĂ©rature, Jâadore Marguerite Duras parce quâil y a une puissance immĂ©diate dans les sentiments un idĂ©al dâabsolu qui correspond Ă ce que jâai dans le coeur. Et puis AndrĂ© Marcowicz qui a passĂ© dix annĂ©es de sa vie Ă retraduire tout DostoĂŻevski, lĂ encore câest un travail de peintre. En fait je crois que jâaime le gens qui font tout le temps la mĂȘme chose DostoĂŻevski et Duras qui Ă©crivent chaque fois le mĂȘme livre. Comme Balthus et Francis Bacon qui font tout le temps la mĂȘme toile, qui recommencent toujours. Je crois que je ferai toujours la mĂȘme chanson et toujours le mĂȘme livre, et que jâaimerai souvent le mĂȘme genre de filles. Câest en ça que je dis que jâai des problĂšmes de peintre.â Bon, Ă©videmment, ce nâest pas en ayant des problĂšmes de peintre quâon vous rĂ©compense forcĂ©ment tout de suite aux Victoires de la musique.
JérÎme Attal nous embarque avec grùce et subtilité dans le ressenti émotionnel que les chansons des Beatles ont pu susciter chez un jeune qui les découvrait. On aime les textes courts et percutants qui nous arrachent tantÎt une larmichette tantÎt un éclat de rire!
JĂ©rĂŽme Attal vient de commettre son deuxiĂšme livre Le Rouge et le Bleu (Editions Le Mot et le Reste) oĂč il dĂ©taille la maniĂšre dont les chansons des Beatles ont « infusĂ© » sa vie. Joli sujet. Beau rĂ©sultat. Sensible et intelligent, tout en digressions.
Cet Ă©diteur de Marseille, qui ne manque jamais dâidĂ©es nouvelles, vient de crĂ©er une collection appelĂ©e Solo, dans laquelle un auteur raconte les Ă©motions suscitĂ©es Ă lâĂ©coute dâun album ou dâun concert. JĂ©rome Attal nous convie donc Ă une promenade ludique oĂč il nous livre tout lâenvironnement affectif et amical dans lequel il baignait lorsquâil dĂ©couvrit ce best of des Beatles qui en fit chavirer plus dâun Ă lâĂ©poque. Sympathique et mĂ©lancolique Ă souhait, ce petit recueil est une bouffĂ©e dâair pleine de fraĂźcheur.