L'Autobiographie
Yes, King Crimson, Earthworks et le reste
Traduit de lâanglais par Aymeric Leroy
En 2009, aprĂšs une formidable carriĂšre de quarante ans qui lâa vu jouer dans trois des plus grands groupes de rock progressif de tous les temps (Yes, King Crimson et Genesis), devenir leader du quartette Earthworks, jouer avec nombre de grandes personnalitĂ©s de la musique et passer du rock progressif au jazz Ă©lectro et au jazz acoustique, le batteur Bill Brufford dĂ©cide de se retirer de la scĂšne pour laisser la place aux plus jeunes. DĂšs lors, il se consacre Ă lâĂ©criture de ses mĂ©moires. Cet exercice, il le rĂ©alise avec la plus grande honnĂȘtetĂ© et la plus grande exigence, portant un regard aigu, sans amertume, ni naĂŻvetĂ©, ni complaisance, aussi bien sur son propre parcours que sur lâindustrie de la musique et ses Ă©volutions.
Son autobiographie se lit dâune seule traite, tant elle convoque dâimages personnelles et vivantes de ces quarante annĂ©es de concerts, dâenregistrements et de passion de la musique. Elle a le double intĂ©rĂȘt de nous plonger de plain pied dans lâunivers de ce musicien qui apporta nombre dâinnovations stylistiques au jazz acoustique du xxie siĂšcle et de mieux discerner les ressorts (contrats, contraintes techniques, logiques Ă©conomiques et de pouvoir, etc.) du vĂ©ritable champ de bataille de la musique dans lequel tout musicien se dĂ©bat.
Revue de presse
- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste Stéphane FougÚre Traverses n°33 Juin 2013
- King MĂ©dĂ©ric trafique Fripp/Crimson Bruno Pfeiffer Ăa va jazzer, libĂ©ration.fr 24 novembre 12
- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste Olivier Renault Artpress n°393 Octobre 2012
- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste Sophie Chambon les DerniĂšres Nouvelles du Jazz 14 septembre 2012
Dans le cadre du festival Prog-RĂ©siste, le magazine du mĂȘme nom chronique quatre de nos ouvrages qui reviennent sur ce genre musical.
Ă RETROUVER EN INTĂGRALITĂICI :
En 2009, le label Summerfold publiait le communiquĂ© de presse suivant : « BRUFORD quitte le service actif. Le batteur de YES, de KINGCRIMSON et dâEARTHWORKS cesse de se produire en public Ă compter du 1er janvier 2009. Au terme dâune carriĂšre exemplaire de quarante ans qui lâa vu oeuvrer successivement dans le rock progressif et le jazz Ă©lectronique puis acoustique, BRUFORD a dĂ©cidĂ© de raccrocher ses baguettes pour se consacrer Ă diverses « activitĂ©s annexes ».
Depuis, larmes dâeffroi et sanglots dâincomprĂ©hension nâont cessĂ© de se dĂ©verser, notamment parmi les fans de rock progressif, qui espĂšrent bien, certainement encore aujourdâhui, que cette dĂ©cision ne soit pas irrĂ©vocable. Ce nâest pas la
lecture de cette autobiographie qui risque de rassurer⊠Il nâest que de constater le dĂ©sabusement qui hante de bout en bout les lignes des deux derniers chapitres. Câest dit, Bill BRUFORD est passĂ© Ă autre chose. Par exemple Ă lâĂ©criture de cet ouvrage. A-t-il cherchĂ© Ă se justifier ? Ou sâest-il rĂ©veillĂ© un jour persuadĂ© quâil lui fallait dĂ©sormais jouer le rĂŽle du Sage, tel le Yoda de Star Wars, et livrer son expĂ©rience et ses conseils en pĂąture Ă ses jeunes batteurs Ă©cervelĂ©s et utopistes ?
MalgrĂ© une Ă©paisseur dĂ©passant les 400 pages, cette Autobiographie ne semble mĂȘme pas avoir cette prĂ©tention. Elle fait seulement le point sur le parcours dâun batteur douĂ© dâune Ă©tonnante conscience musicale qui lui a permis (ou obligĂ©) de tracer un itinĂ©raire peu commun. Quarante ans passĂ©s sur les routes des concerts, des rĂ©pĂ©titions et des studios dâenregistrement ont permis Ă Bill BRUFORD de se forger une rĂ©putation plus quâhonorable (combien de fois lâaton vu classĂ© parmi les palmarĂšs des dix meilleurs batteurs au monde ?). Il est Ă craindre hĂ©las pour lui que sa cĂ©lĂ©britĂ© reste attachĂ©e Ă lâĂ©poque oĂč il nâĂ©tait « que » le batteur de ces dinosaures du progâ que sont YES, KINGCRIMSON et UK. DĂšs lors que le « brillant Billy » a pris sa carriĂšre en mains et quâil a formĂ© les groupes BRUFORD et EARTHWORKS et quâil sâest tournĂ© vers le jazz (sa passion premiĂšre), son auditoire a Ă©tĂ© divisĂ© au moins par deux. Et moins connues encore sont ses collaborations, pourtant consignĂ©es sur CD, avec Michiel BORSTLAP, Patrick MORAZ, Pete LOCKETT, Jamaaladeen TACUMA, Kazumi WATANABE, ou au sein du groupe BLUE et du WORLDDRUMMERSENSEMBLE.
Toutes ces annĂ©es ont ainsi permis Ă Bill BRUFORD de faire des rencontres que beaucoup auraient aimĂ© pouvoir consigner dans son propre calepin. Et depuis ses dĂ©buts dans les annĂ©es 1960 jusquâĂ la premiĂšre dĂ©cennie du XXIe siĂšcle, le monde a changĂ©, et le regard de BRUFORD sur sa carriĂšre et sur la musique en gĂ©nĂ©ral, sa raison dâĂȘtre et son environnement, a de mĂȘme Ă©voluĂ©. Le batteur est passĂ© de lâenthousiasme arrogant de la jeunesse au doute hyperbolique du vĂ©tĂ©ran. Une vie rondement menĂ©e, en somme.
Des histoires sur les enregistrements de disques, des anecdotes sur la vie en tournée, des portraits de musiciens célÚbres fréquentés au quotidien, BRUFORD en a à raconter. Sur Jon ANDERSON, sur Chris SQUIRE, sur Robert FRIPP, sur Jamie MUIR, sur Tony LEVIN, sur Adrian BELEW, sur Phil COLLINS, sur Allan HOLDSWORTH, mais aussi sur ses managers : Brian LANE, Sam ALDER, etc. Certains sont un peu égratignés ou moqués par endroits, mais rien qui puisse avoir de grandes conséquences sur leur réputation. Car BRUFORD, en bon Anglais éduqué de classe moyenne, manie forcément trÚs bien le « british humor », pour la plus grande délectation de ses lecteurs. Ses remarques piquantes et affûtées sont aussi marquantes et font réfléchir. Au passage, quelques cous de stéréotypes sur la vie des musiciens sont aussi tordus, pour leur plus grand bien.
BRUFORD narre les Ă©vĂ©nements comme on suivrait les scĂšnes dâun film, câestĂ dire avec le sens du suspense et de la comĂ©die. Ce musicien « normal », au mode de vie pas trĂšs rock nâroll (il a une femme et des enfants, ce qui est dĂ©jĂ louche) a eu son lot dâĂ©vĂ©nements et de galĂšres « anormales », comme cette fois oĂč il est larguĂ© en pleine nuit dans un hameau des Alpes par un couple qui lui avait promis, Ă Rome, de le ramener en voiture jusquâen Angleterre ; comme cette batterie Ă©lectronique high tech qui plante quelques secondes avant le lever du rideau (moment de grande solitude qui a sans doute pesĂ© sur sa dĂ©cision de revenir Ă la batterie acoustique) ; comme ces fameuses sessions dâenregistrement de lâalbum Union de YES, complĂštement manipulĂ©es par des producteurs et autres conseillers financi⊠pardon « artistiques » ; comme cette autre session un rien houleuse pour Al DI MEOLA, qui sâest fait un peu trop attendre pour un Tony LEVIN qui nâaime pas ĂȘtre traitĂ© de la sorteâŠ
Croustillantes sans ĂȘtres voyeuristes, ces tranches de vie sont dĂ©voilĂ©es par BRUFORD sans chercher Ă suivre la chronologie des Ă©vĂ©nements. Car le batteur livre Ă©galement pĂȘlemĂȘle ses rĂ©flexions Ă©clairĂ©es sur le monde du rock, le milieu du jazz et lâunivers parfois (souvent) impitoyable de lâindustrie musicale, ainsi que sur la musique en gĂ©nĂ©ral, son environnement, son Ă©volution et son devenir, nourries autant de son vĂ©cu que de lectures Ă caractĂšre sociologique, philosophiqueâŠ
Lâouvrage est ainsi dĂ©coupĂ© en chapitres thĂ©matiques dont les titres sont des questions dâinterview, apparemment souvent posĂ©es, du genre : « Pourquoi avez-vous quittĂ© YES ? », « Travailler avec Robert FRIPP, câest comment ? »,
« Est-ce que câest diffĂ©rent dans le jazz ? », « Dâaccord, mais pendant la journĂ©e, vous faites quoi ? »
Parue en anglais en 2009, lâautobiographie de BRUFORD sâoffre aujourdâhui aux lecteurs francophones grĂące Ă une traduction scrupuleuse et avertie dâAymeric LEROY, dont on devine lâintĂ©rĂȘt et la passion pour le sujet. Le propos de Bill BRUFORD pouvait-il ĂȘtre mieux servi ? La lecture est en tout cas un vrai rĂ©gal, en dĂ©pit des quelques passages avec mots manquants, mots en double, grammaire alĂ©atoire et phrases au sens flottant, quiont Ă©chappĂ© Ă une relecture affinĂ©e.
Que lâon soit lecteur cĂŽtĂ© public ou cĂŽtĂ© musicien, on trouvera toujours dans cette Autobiographie de quoi maintenir son attention en Ă©veil, du grain Ă moudre pour repenser ce que lâon croyait savoir, ou simplement sourire, ce qui est dĂ©jĂ beaucoup au vu et su de tout ce quâĂ traversĂ© lâauteur. BRUFORD nâa pas cherchĂ© Ă nous dire que la vie de musicien est plus exaltante quâune autre, mais quâelle est juste aussi accidentĂ©e quâune autre.. peut-ĂȘtre mĂȘme un peu plusâŠ
Démarrons sur un enchaßnement de postulats irréfutables.
Un : MĂ©dĂ©ric Collignon chevauche en tĂȘte de la jeune gĂ©nĂ©ration française des jazzmen.
Deux : le groupe gĂ©nial et fondateur du Progressive Rock des annĂ©es 70 sâappelle King Crimson.
Trois : Collignon a craqué sur le groupe, particuliÚrement le leader, le guitariste ombrageux Robert Fripp, qui compose quasiment tout.
Quatre : Collignon réalise un album entier à partir de quatre périodes de Fripp (1968 à 2003).
RĂ©sultat? Respect! King MĂ©dĂ©ric renouvelle lâenchantement
[âŠ]
Il Ă©tait impossible de jeter le gant au parcours mythique de Fripp : Collignon lâa fait.
Livre conseillĂ© : Bill Bruford â Yes, King Crimson, Ed. Le Mot et le Reste
http://jazz.blogs.liberation.fr/pfeiffer/2012/11/king-m%C3%A9d%C3%A9ric-trafique-frippcrimson.html
Il aurait Ă©tĂ© dĂ©cevant de voir le subtil, Ă©lĂ©gant et inventif batteur Bill Bruford nous livrer une autobiographie linĂ©aire, commençant sagement par lâenfance pour nous raconter ses annĂ©es de formation, puis celles avec ses groupes : Yes, King Crimson, Uk, Earthworks. MaĂźtre des polyrythmes et des contretemps, le musicien dont lâappĂ©tence pour les formes nouvelles ne sâest jamais dĂ©mentie en a choisi une pour lâĂ©criture de se riche vie : les rĂ©ponses aux âquestions frĂ©quemment posĂ©esâ, des plus simples (âComment avez-vous dĂ©butĂ© dans le mĂ©tier?â), aux plus techniques (âComment faites-vous pour avoir ce son gĂ©nial?â).
Le lecteur nâentre pas dans la vie privĂ©e des groupes et musiciens que Bruford a frĂ©quentĂ©s. MalgrĂ© quelques petites pointes (les Ă©ternels retards de Chris Squire, lâĂ©gocentrisme de Robert Fripp) qui nâentachent en rien le gĂ©nie de ces musiciens, les amateurs dâindiscrĂ©tions sont priĂ©s dâaller voir ailleurs. Câest Ă une autre intimitĂ© que nous convie Bruford, celle du travail. La grande confusion des enregistrements studio avec Yes, la rigueur du travail avec King Crimson, son admiration pour lâextraordinaire virtuositĂ© dâun Tony Levin ou dâun Jeff Berlin. Ou encore son goĂ»t pour les nouvelles technologies (il fut lâun des premiers Ă utiliser une batterie Ă©lectronique), son retour Ă lâacoustique, au jazz. RĂ©gression ? Au contraire : une rĂ©sistance, une offensive par lâinventivitĂ© et lâimprovisation dans un systĂšme oĂč tout peut se falsifier⊠Bruford Ă©crit aussi un livre politique : il analyse sans complaisance le marchĂ© musical, le cynisme des coulisses de la âfabrique du bonheur humainâ dans laquelle il a trimĂ© plus de quarante ans, se frayant un parcours singulier, critique, ludique⊠En musique !
2009, Bill Bruford a soixante ans. Les temps changent, il ne prend plus son pied sur la route. Lâ a-t-il jamais pris dâailleurs ? AprĂšs quarante ans dâ une carriĂšre dĂ©diĂ©e Ă la musique et Ă la batterie, il dĂ©cide de raccrocher et nous livre son autobiographie sans dĂ©tour, une somme pas vraiment anecdotique. Câest la premiĂšre fois quâil nous est donnĂ© de suivre la vie (compliquĂ©e) dâun musicien cĂ©lĂšbre, Bill Bruford sâexpliquant sans langue de bois sur ses participations dans divers groupes : Yes, Ă ses dĂ©buts Ă 19 ans en 1968, King Crimson avec des sorties et retours sur 20 ans, son passage Ă Genesis quand Phil Colllins abandonna un temps les baguettes pour se mettre Ă chanter, mais aussi son aventure dans lâanarchique Gong, dans la â fournaise ardente â UK, sans oublier la crĂ©ation de ses propres groupes, Bruford puis le quartet de jazz moderniste Earthworks. IntĂ©ressant point de vue qui nâest pas celui dâun fan mĂȘme Ă©rudit, mais dâun musicien au cĆur de la tornade entre pop, rock et jazz. Comme le dĂ©clarait Miles Davis en 1969, Bill Bruford est obligĂ© de â changer â, dâaccepter â comme une malĂ©diction â sa feuille de route. Bruford est un Anglais Ă©duquĂ©, de la classe moyenne de lâaprĂšs guerre, qui plongea dans lâunderground sans vraiment jamais rĂ©ussir Ă choisir entre ces musiques : nĂ© en 1949, ses rĂ©fĂ©rences sont jazz, ses batteurs prĂ©fĂ©rĂ©s sont Max Roach et Art Blakey, la pop des Beatles et des Stones ne lâintĂ©resse pas plus que cela. Comme il arrive au bon moment, il participe Ă la naissance du rock prog quâil contribuera Ă dĂ©velopper. Travailleur acharnĂ©, scrupuleux, sans complaisance, Bill Bruford dĂ©crit de lâintĂ©rieur la vie dâun groupe de rock progressif (il en donne une des meilleures dĂ©finitions page139 ), les galĂšres de la vie dâartiste, dĂ©jouant ainsi certaines idĂ©es reçues. On apprend beaucoup sur lâindustrie du disque, les conditions dâenregistrement, les concerts et la vie en tournĂ©es, de la fin des annĂ©es soixante aux annĂ©es deux mille. CupiditĂ© de managers et de producteurs plus que contestables, naĂŻvetĂ© des musiciens qui se laissent dĂ©possĂ©der de leur travail. Ses anciens compagnons, Ian Anderson, John Wetton, Robert Fripp, Phil Collins, Alan Holdsworth, Chris Squire, sâils ne sont pas toujours Ă©pargnĂ©s, sont jugĂ©s sans trop exagĂ©rer le trait, avec humour mĂȘme.
Le Mot et le Reste a rĂ©ussi le tour de force, aprĂšs le trĂšs complet Rock progressif dâAymeric Leroy, expert en la matiĂšre, dâĂ©voquer en deux livres King Crimson et Bill Bruford, lâune de ses principales figures. La traduction de Leroy est parfaite, avec juste ce quâil faut de recul pour mettre en valeur la construction en chapitres prĂ©cis, aux titres attractifs, dĂ©coupant ce parcours en Ă©pisodes savoureux que lâon lira Ă son rythme et selon son dĂ©sir. Le dernier chapitre â LĂącher prise â pourrait se lire en premier, dĂ©voilant ainsi le retour sans indulgence sur une vie pas si exceptionnelle et pourtant exaltante. Au moment du bilan, au delĂ des mirages du show business, cette introspection constitue une analyse rigoureuse dâun milieu controversĂ©, passionnant pour lâamateur, dĂ©sespĂ©rant pour lâartiste. Et fait la part des choses entre succĂšs, cĂ©lĂ©britĂ© et talent. Suivant une chronologie finement Ă©tablie, la narration, sans ĂȘtre platement linĂ©aire, suit cet univers rock en expansion dont les contours ne sont pas encore complĂštement connus. Un parcours rarement chaotique malgrĂ© certains repentirs, avec une ligne assumĂ©e de la part dâun musicien authentique qui a marquĂ© de sa personnalitĂ© presque tous les albums quâil a enregistrĂ©s. Bruford a su gĂ©rer sa carriĂšre, sans tomber dans lâexaltation mystique de Yes, la sombre dĂ©mesure de King Crimson. Sans aucun scandale, menant une vie familiale rangĂ©e, câest au fond un type trĂšs ordinaire ⊠sauf quâil a traversĂ© lâhistoire de la musique populaire des quarante derniĂšres annĂ©es, participĂ© Ă quelques-uns des plus grands groupes, alors que les rock stars explosaient en vol âŠ
Absolument indispensable, enlevé, percutant et instructif !
NB : un index suffisant et une iconographie (photos, pochettesâŠ) trĂšs bien insĂ©rĂ©e dans le texte.
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