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Parution : 16/05/2012
ISBN : 9782360540532
352 pages (148 x 210)

24 €

La Movida

Au nom du PĂšre, des fils et du todo vale

Préface signée de la styliste AGATHARUIZ DE LA PRADA
Photographies reproduites en N & B de PABLOPEREZ-MINGUEZ

Novembre 1975 : mort de Franco. Avec le dĂ©cĂšs du Caudillo, l’Espagne ouvre une dĂ©cennie de folle transition qui l’emporte dans un tourbillon artistique sans prĂ©cĂ©dent. Tous les champs de l’art sont touchĂ©s, de la photographie Ă  la mode et au cinĂ©ma en passant par la musique, la peinture, le dessin. Cet incroyable Ă©lan pop, bigarrĂ©, glam et rock, apolitique aussi, est connu sous le label Movida, expression mĂ©diatisĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1980. En rĂ©alitĂ©, il commence Ă  sĂ©vir dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1970, avec la propagation d’une contre-culture punk restreinte au domaine musical (el Rrollo). À la fin de la dĂ©cennie, il atteint d’autres domaines : c’est la nouvelle vague, la nueva ola. Enfin, il se mue en un style plus pop, plus professionnel mais aussi plus commercial, la Movida Ă  proprement parler, qui en est l’apogĂ©e mais aussi le terme.
La Movida, au nom du PĂšre, des fils et du Todo vale nous plonge au cƓur de cette contre-culture espagnole. On y croise les petites et les grandes figures de ce kalĂ©idoscope hybride et mouvant : la styliste Agatha Ruiz de la Prada, la chanteuse Alaska et ses diffĂ©rentes formations, Radio Futura, les photographes Ouka Leele et Pablo PĂ©rez MĂ­nguez, le dessinateur Ceesepe, le cinĂ©aste Ivan Zulueta, les peintres Costus qui fondĂšrent la Factory oĂč Pedro Almodovar filme plusieurs scĂšnes de son premier long mĂ©trage
 Mais loin de confiner au catalogue, cette remarquable Ă©tude, issue d’une thĂšse de doctorat, analyse les traits distinctifs de la Movida, son joyeux art de vivre et sa quĂȘte identitaire et postmoderne.

Revue de presse

- C'était comment, la Movida ? Matthieu Garrigou-Lagrange France Culture // Sans oser le demander 27 juin 2022
- 1978-1986, l’Espagne de la Movida : Madrid ne dort jamais Amaury Chardeau France Culture // Juke Box 14 fĂ©vrier 2021
- Magali Dumousseau-Lesquer : « La Movida ne se réduit pas à Almodóvar » Mickael Chailloux Tout sur mon festival 22 octobre 2014
- Spécial Espagne Audrey Valtille Arte // Personne ne bouge 05 janvier 2014
- Entretien avec Ouka Leele Mélanie Masson Radio Grenouille 15 novembre 2013
- Movida madrilÚne : l'existence ne se vit qu'une fois... Mélanie Masson Radio Grenouille 1er décembre 2013
- 58 minutes Révolution rock 3/5 : Espagne - La Movida, « Madrid me Mata » (1975-87) Simon Rico France Culture 21 août 2013
- Dumousseau-Lesquer: 'La movida fue un reciclaje del patrimonio heredado del franquismo' Jon Bandrés RTVE 09 février 2013
- God Save La Movida MariĂ  Condado Wrong Magazine
- La Movida Julie Frenoi RTVE (radio espagnole, émission en français) Février 2013
- Sur la Movida Marc-Olivier Parlatano Le Courrier 19 janvier 2013
- RepÚres bibliographiques Claude Gauteur La Lettre du Syndicat Français de la Critique ...
- Soirée Movida Fondation de la maison des sciences de l'homme 3 octobre 2012
- Nova Book Box Richard Gaitet Radio Nova 2 octobre 2012
- La Movida Paris Art juin 2012
- L'essai du jour Jacques Munier France Culture 1er juin 2012

- C'était comment, la Movida ?

En novembre 1975, la mort de Franco donne l’occasion Ă  la jeunesse espagnole de revendiquer ses aspirations Ă  la modernitĂ© et en particulier Ă  la dĂ©mocratie, et une Ăšre de renouveau culturel bouillonnant s’engage dans tout le pays. Tandis que diffĂ©rentes scĂšnes souterraines et plus ou moins isolĂ©es les unes des autres rĂ©percutaient dĂ©jĂ  en Espagne des influences venues d’autres pays d’Europe (oĂč triomphe alors la New Wave ou le Punk), l’élan libĂ©ratoire qui se rĂ©pand alors dans la sociĂ©tĂ© favorise l’émergence d’un mouvement collectif, glam, colorĂ©, punk, provocateurs tout en tournant le dos Ă  la politique : se croisent alors des cinĂ©astes, des groupes de musique, des crĂ©ateurs et crĂ©atrices de mode, des photographes, ainsi des illustrateurs et illustratrices qui tous ensemble dessinent une imagerie et quelques codes artistiques partagĂ©s
 Dans les annĂ©es 1980, cette contre-culture est devenue dominante, et elle triomphe commercialement sous le nom de Movida.

Aujourd’hui, Magali Dumousseau-Lesquer nous replonge dans cette Ă©poque hĂ©roĂŻque de l’art espagnol, ou Pedro Almodovar, la chanteuse Alaska, les photographes Ouka Leele et Pablo PĂ©rez-MĂ­nguez, des groupes de musiques tels que Radio Futura, de nombreux dessinateurs de fanzines ou des peintres Ă©taient susceptibles de se rencontrer aux mĂȘmes soirĂ©es


Réécouter l’émission sur France Culture

Matthieu Garrigou-Lagrange
France Culture // Sans oser le demander 27 juin 2022

- 1978-1986, l’Espagne de la Movida : Madrid ne dort jamais

En 1975, dĂ©barrassĂ©e de Franco, l’Espagne redĂ©couvre la dĂ©mocratie. La censure et la justice d’exception disparaissent, l’ancien ordre moral vole en miettes, ou plutĂŽt en confettis : dans le Madrid de la Movida, la jeunesse s’entiche de drogues, de libertinage et d’excentricitĂ©s. [
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À la fin de l’émission, Amaury Chardeau prĂ©sente le livre de Magali Dumousseau-Lesquer comme Ă©tant la “bible du sujet”.

Réécouter l’émission sur France Culture

Amaury Chardeau
France Culture // Juke Box 14 février 2021

- Magali Dumousseau-Lesquer : « La Movida ne se réduit pas à Almodóvar »

Le festival LumiĂšre s’est clos ce dimanche 19 octobre et Pedro AlmodĂłvar, honorĂ© du Prix LumiĂšre 2014, est dĂ©jĂ  reparti. « Ce prix est un hommage rendu Ă  la culture, la chanson et l’art espagnol » nous a-t-il dit. CinĂ©aste dĂšs les annĂ©es 80, Pedro AlmodĂłvar s’est rendu cĂ©lĂšbre au sein de la Movida, mouvance qui cĂ©lĂšbre la libertĂ© postfranquiste. Nous avons voulu savoir quelle Ă©tait sa place au sein de ce mouvement. Entretien avec Magali Dumousseau-Lesquer, maĂźtre de confĂ©rences Ă  l’UniversitĂ© d’Avignon et auteur de La Movida, au nom du PĂšre, des fils et du Todo vale (Editions Le mot et le reste, 2012).

Tout sur mon festival : Selon vous, quel a été le rÎle de Pedro Almodóvar dans la Movida ?

Magali Dumousseau-Lesquer : La Movida n’est pas un mouvement, elle n’a ni leader, ni manifeste, ni revendication autre que celle de vouloir profiter de la vie sans entraves Ă  la mort du gĂ©nĂ©ral Franco, alors que s’achĂšve une dictature qui a durĂ© prĂšs de 40 ans. Il n’existe donc pas une Movida mais une multitude de movidas personnelles qui correspondent Ă  la façon dont chacun a apprĂ©hendĂ© le retour des libertĂ©s Ă  Madrid, au milieu des annĂ©es 70, et la dĂ©couverte de toutes les possibilitĂ©s offertes par l’instauration de la dĂ©mocratie. La movida d’AlmodĂłvar, empreinte d’humour et de provocation, est trĂšs visuelle car elle a Ă©tĂ© photographiĂ©e par Pablo PĂ©rez MĂ­nguez et qu’elle apparaĂźt aussi dans certains de ses propres films. Elle n’est qu’une movida parmi beaucoup d’autres, mais le succĂšs international du rĂ©alisateur au dĂ©but des annĂ©es 90 a participĂ© Ă  mettre en lumiĂšre ces images-lĂ . En France, nous ne connaissons guĂšre qu’AlmodĂłvar parmi tous les artistes qui ont pris part au phĂ©nomĂšne madrilĂšne, car c’est l’un des rares avec la styliste Agatha Ruiz de la Prada, et les photographes Ouka Leele et Alberto GarcĂ­a Alix, Ă  avoir rĂ©ussi Ă  diffuser largement ses crĂ©ations hors d’Espagne. Mais la Movida ne se rĂ©duit pas Ă  AlmodĂłvar et, Ă  l’époque, il fait partie d’une mouvance, du renouveau culturel et artistique de Madrid au mĂȘme titre que les peintres Costus, que le photographe Pablo PĂ©rez MĂ­nguez, que le dessinateur Ceesepe et beaucoup d’autres, sans parler des nombreux groupes musicaux qui ont Ă©galement participĂ© Ă  la rĂ©novation de la crĂ©ation Ă  Madrid et de l’image de la capitale, en Espagne mais Ă©galement Ă  l’extĂ©rieur du pays.

Comment expliquez-vous Ă©galement que ce rĂ©alisateur ait eu un Ă©norme succĂšs et soit la figure de proue du mouvement, alors que les autres rĂ©alisateurs (et notamment Ivan Zulueta) n’ont pas pu « s’exporter » ?

À l’époque de la Movida, AlmodĂłvar n’a pas un â€œĂ©norme” succĂšs en Espagne. Le succĂšs est progressif et il devient manifeste avec Femmes au bord de la crise de nerfs (1989) qui marque vĂ©ritablement son ouverture Ă  l’international. Dans les annĂ©es 80, ses rĂ©alisations reprĂ©sentent un renouveau (les premiĂšres sont choquantes dans l’Espagne du postfranquisme), car elles sont le reflet d’une culture cinĂ©matographique autodidacte trĂšs variĂ©e allant du cinĂ©ma trash de John Waters Ă  celui de Fellini, mais Ă©galement une rĂ©interprĂ©tation Ă  la fois punk, glam et pop de l’hĂ©ritage culturel espagnol lĂ©guĂ© Ă  la fin du franquisme. C’est notre regard Ă©tranger et postĂ©rieur au phĂ©nomĂšne qui en fait une “figure de proue” de la Movida. Pour les “modernos” de l’époque, Ivan Zulueta est tout aussi important mais sa carriĂšre cinĂ©matographique est plus courte, plus “underground”, moins populaire (moins pop). Son film Arrebato (1979) est une rĂ©fĂ©rence du cinĂ©ma underground de cette pĂ©riode, au mĂȘme titre que Pepi, Luci, Bom (1980) d’AlmodĂłvar. C’est un film plus conceptuel, une rĂ©flexion sur l’utilisation de l’image et sur la notion de dĂ©pendance. Le traitement du thĂšme de la drogue notamment y est moins frivole que chez AlmodĂłvar.

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DÉCOUVREZ L’ENTRETIENAVECMAGALIDUMOUSSEAU-LESQUERDANSSONINTÉGRALITÉ

Mickael Chailloux
Tout sur mon festival 22 octobre 2014

- Spécial Espagne

Personne ne bouge se dĂ©place Ă  Madrid et rencontre des acteurs de la Movida. Magali Dumousseau-Lesquer intervient en tant que spĂ©cialiste de ce phĂ©nomĂšne culturel et social. À revoir absolument !

Regardez l’émission ICI

Audrey Valtille
Arte // Personne ne bouge 05 janvier 2014

- Entretien avec Ouka Leele

InspirĂ©e par le Pop Art de Warhol, les mises en scĂšne de VĂ©lasquez, ou encore le courant surrĂ©aliste, Ouka Leele (qui n’est jamais passĂ©e par la « case » Ă©cole des Beaux-Arts) donne une seconde vie Ă  ses photos en noir et blanc qu’elle repeint par la suite Ă  l’aquarelle, dans des couleurs aussi intenses que son amour immense de la vie et de l’Espagne. HumanitĂ©, sensibilitĂ©, humour et crĂ©ativitĂ©.

Pour Ă©clairer nos lanternes, Magalie Dumousseau Lesquer Ă©tait Ă©galement Ă  nos cĂŽtĂ©s. MaĂźtre de confĂ©rences Ă  l’UniversitĂ© d’Avignon, spĂ©cialiste de la contre-culture madrilĂšne des annĂ©es 80 et des courants Ă©mergents en Espagne (musique punk-rock, BD, peinture, cinĂ©ma, mode, design, photo), elle est Ă©galement l’auteur de La Movida, au nom du PĂšre, des Fils et du Todo Vale (Marseille, Le mot et le reste, 2011) et a contribuĂ© Ă  la direction artistique du cycle consacrĂ© Ă  la movida pour le Festival CineHorizontes.

Entretien en toute intimitĂ©, presque Ă  l’improviste, et rĂ©actions Ă  chaud en ce mercredi 13 novembre, Ă  la sortie du superbe documentaire-hommage « La Mirada de Ouka Leele » de Rafael Gordon (nominĂ© aux Goya du meilleur documentaire en 2009).

Entretien à réécouter ICI

Mélanie Masson
Radio Grenouille 15 novembre 2013

- Movida madrilĂšne : l'existence ne se vit qu'une fois...

Retour sur le palmarĂšs du festival, dĂ©bat en direct, avec, sur le plateau, Roxana Nadim, vice-prĂ©sidente du Festival CineHorizontes, musiques et extraits d’entretien (Magali Dumousseau-Lesquer spĂ©cialiste de la contre-culture, le photographe Alberto Garcia Alix, les jeunes rĂ©alisateurs Rodrigo Sorogoyen et Daniel Castro). TĂ©moignage prĂ©cieux d’une Espagne libre et vivante, d’hier, d’aujourd’hui et de demain. À retrouver trĂšs bientĂŽt en intĂ©gralitĂ© sur le site et sur les ondes parallĂšles de la Grenouille.

À réécouter ICI

Mélanie Masson
Radio Grenouille 1er décembre 2013

- 58 minutes Révolution rock 3/5 : Espagne - La Movida, « Madrid me Mata » (1975-87)

L’émission Continent musiques traite de la rĂ©volution rock et de la Movida en Espagne. Un beau rĂ©sumĂ© de l’ouvrage de Magali Dumousseau-Lesquer, ce dernier Ă©tant prĂ©sentĂ© comme la rĂ©fĂ©rence en France sur ce mouvement qui changea la face de l’Espagne.
À réécouter sur le site de l’émission

Simon Rico
France Culture 21 août 2013

- Dumousseau-Lesquer: 'La movida fue un reciclaje del patrimonio heredado del franquismo'

Pour nos amis hispanophones : une interview de Magali Dumousseau-Lesquer par RTVE, l’équivalent de France TĂ©lĂ©visions en Espagne :

Magali Dumousseau-Lesquer es profesora de “civilizaciĂłn española” en la Universidad de Avignon (Francia).

En 2012 publicĂł en su paĂ­s La Movida. Au nom du PĂšre, des fils et du todo vale (La movida, En el nombre del padre, de los hijos y del “todo vale” Ed. Attitudes, Le mot et le reste ), un libro sobre el la movida “fenĂłmeno cultural y social” que tuvo lugar en España en los 80 del siglo pasado, y que es un resumen divulgativo de su propia tesis universitaria y el resultado de una investigaciĂłn sobre el terreno.

Esta semana ha presentado en España, en el Instituto FrancĂ©s de Madrid esta obra cuya portada — La gitana mulata de Pablo PĂ©rez Minguez y un Cristo de la serie El valle de los caĂ­dos de Costus — es, como el tĂ­tulo un buen resumen de su acercamiento a ese “loco decenio de explosiĂłn de creatividad artĂ­stica en España”

Dumousseau-Lesquer, que habla perfectamente nuestro idioma, pretende ahora editar también su obra en español. Hemos podido hablar con ella sobre este trabajo; el primer anålisis serio sobre la movida realizado desde el país vecino.

RTVE.es: ÂżCĂłmo fue su aproximaciĂłn a la movida, un fenĂłmeno no demasiado conocido en Francia?

Desde hace tiempo me interesa la contracultura en Francia y en general. Cuando tuve que realizar un trabajo final de maestría por un fenómeno español que en España comenzó a conocerse tarde, gracias a Pedro Almodóvar y trabajos suyos mås tardíos, no coincidentes exactamente con la movida, como por ejemplo Mujeres al borde de un ataque de nervios

El proyecto se tituló “Almodóvar y las mujeres de la movida: Alaska, Agatha, Ouka Lele y otras chicas
” Luego el proyecto se amplió hasta llegar a ser un tratado sociológico, en forma de tesis. El libro actual sería “una vulgarización” de aquella tesis.

En la investigación que emprendió para acercarse a la movida, Agatha Ruiz de la Prada fue fundamental


Alguien la definiĂł como una “chispa de color en un mundo negro”. Agatha que es una mujer fascinante muy relacionada con la cultura francesa en la que se educĂł me proporcionĂł mucha informaciĂłn sobre su propias creaciones, que tambiĂ©n pueden considerarse, especialmente las de aquella Ă©poca, como manifestaciones artĂ­sticas de la movida, y ademĂĄs me puso en contacto con muchos personajes clave de la movida

ÂżComo organizĂł ese trabajo de investigaciĂłn que ahora ha volcado en este libro?

He divido mi exposición en tres partes. Primero, cronología de la movida. Segundo, estudio del comportamiento e impresiones de quines participaron en ella. Y tercero, análisis del “todo vale” y la abundancia que generó la movida; un estudio de productos de la movida como vestidos, letras de canciones o pinturas.

ÂżCĂłmo resumirĂ­a lo que fue la movida?

PodrĂ­amos definir la movida como un fenĂłmeno socio-cultural que se inicia en los 70 para conducir la necesidad de expresarse despuĂ©s de largos años de dictadura. Y lo hace con artes rĂĄpidas, como el tebeo, el punk o el pop. Alguien por ejemplo como Alaska, que era una adolescente que no sabĂ­a ni tocar ni cantar, podĂ­a subir a un escenario para cantar


¿El “todo vale” sería la filosofía de la movida?

El “todo vale” nace de la contracultura pero no es un arte de ruptura. Es un arte de reciclaje, de restauración de gestión en definitiva de la herencia del franquismo

La movida era apolítica pero plantea el asunto de qué hacer con el legado de Franco, cuya cultura podía verse negativamente. Se produce una crisis de valores que pone en duda esa herencia. Primero, se plantean olvidar; sería la explosión del punk, glam, pop-art. Pero finalmente se optaría por construir una memoria propia, conviviendo con algunos elementos anteriores y eliminando otros. Y añadiendo, componentes foråneos.

Lo vemos por ejemplo, en algunos cuadros del colectivo Costus que recrean la rica tradición pictórica religiosa española, pero eliminan elemento asociados a Cristo como la cruz o la corona de espinas.

En este sentido, la movida sería como “una limpieza” del patrimonio anterior.. Transmitir ese patrimonio pero no como lo recibieron

En su trabajo se ha detenido en la obra pictórica de Costus. ¿Cree que se ha tomado en serio esa obra por parte del mundo del arte mås académico?

No. No tienen el reconocimiento que merecen. Y ellos son fundamentales. Estudiaron el patrimonio nacional (vĂ©ase la muestra Temas de Arquitectura Nacional y Otros Monumentos que Enrique Naya presentĂł en 1978). Trabajaron los tĂłpicos de la identidad española de modo sorprendente. En la serie de las “muñecas de MarĂ­n” no retrataron a las bailaoras sino a las muñecas que las representaban y que se solĂ­an poner encima de los televisores.

¿En qué momento de la post-movida estaríamos ahora?

CĂłmo te decĂ­a, primero hubo un momento de amnesia, luego de construcciĂłn de la memoria, y ahora estarĂ­amos en un regreso de la memoria histĂłrica. Algo que se manifiesta en artistas actuales como Fernando SĂĄnchez Castilla, Paula Rubio Infante o Eugenio Merino que ha utilizado la propia figura del caudillo en sus propuestas.

Artistas como éstos, a mi juicio, estån acabando un trabajo comenzado en la movida.

Jon Bandrés
RTVE 09 février 2013

- God Save La Movida

Article sur La Movida, Au nom du PĂšre, des fils et du todo vale pour les hispanophones :

Texto: MARÍACONDADO
Fotos: TODOALMODÓVAR; NVIVO; FROG 2000; SOMOS
MALASAÑA.
A veces resulta necesario revisitar algunos
aspectos de nuestra cultura mĂĄs reciente que, por
el hecho de haberse desarrollado hasta no hace
demasiado tiempo, creemos que estĂĄn claramente
definidos. Pues bien, este pensamiento no es del
todo cierto ya que con el paso del tiempo los
movimientos culturales se van diluyendo mientras
otros adquieren mayor solidez. Como inequĂ­voco
resultado de esta constante situaciĂłn de cambio
encontramos que la sociedad va dejando en el
olvido caracterĂ­sticas, historias y sensaciones de
unas manifestaciones culturales que pensaba quenunca podrĂ­a dejar de lado.

En cambio, esto no sucede con la Movida Madrileña,
el movimiento cultural por antonomasia de los años
80. Numerosas publicaciones (casi
siempre reflejando el punto de vista español) han
hecho referencia a este momento de la historia
reciente de la capital. Pero ÂżcĂłmo ven nuestros
vecinos franceses la explosiĂłn cultural que supuso
la Movida? La respuesta la encontramos en el libro
de Magali Dumousseau-Lesquer, _La Movida: au nom du pĂšre,
des ïŹls et du todo vale_ (Éditions Le Mot et le Reste,
2012), donde se nos ofrece un amplio y
completísimo recorrido a través de la Movida,
centrando al lector en sus protagonistas y en las
muchas manifestaciones artĂ­sticas que se llevaban
a cabo.
Para ello, la autora nos lleva a los orĂ­genes de
la Movida: la muerte de Franco. El caudillo,
identificado con el tradicional padre de familia,
dejĂł huĂ©rfanos a un gran nĂșmero de artistas que
hasta aquel entonces habĂ­an desarrollado su obra dentro del ĂĄmbito de
la contracultura, de forma oculta y anĂłnima para
un pĂșblico totalmente ajeno a sus ideas. AsĂ­ que,
la definitiva desapariciĂłn del dictador supuso una
auténtica liberación para estos creadores-
adolescentes que comenzaron a poblar la capital,
inspirados en el punk inglés, pero embargados por
un espíritu más positivo que el del ‘’No Future’’
britĂĄnico. Y es que, ciertamente tenĂ­an motivos
para estar esperanzados: la democracia les estaba
abriendo puertas desde el punto de vista artĂ­stico
y social, y en consecuencia, el futuro les
pertenecĂ­a.
Es asĂ­ como, en primer lugar, Dumousseau-Lesquer
describe con gran acierto el ambiente de Madrid
por aquel entonces: era una ciudad gris, marchita
y deprimida. Sin embargo, muestra como con el
trascurso de los años se sucedieron una serie de
oleadas culturales (el Rrollo Underground, la
Nueva Ola y la Movida) que convirtieron
a Madrid en una especie de Nueva York europeo, es
decir, la envidia de toda capital que desease
figurar en el primer puesto de la vanguardia
artĂ­stica interdisciplinar. Con el fin de apoyarse
en esta idea, la autora cuenta con fotografĂ­as,
pinturas, extractos de canciones, opiniones y
testimonios de algunos de los personajes mĂĄs
relevantes de aquel perĂ­odo: Alberto GarcĂ­a Alix,
Pablo Pérez Mínguez, Ágatha Ruíz de la Prada, Las
Costus, Ouka Leele, Ceesepe, Alaska o Pedro
AlmodĂłvar entre otros.
Tal y como se muestra en el libro que estamos
tratando, todos estos artistas encontraron en
Madrid (concretamente El Rastro y barrios como
Malasaña) el lugar ideal para desarrollar su
concepto del arte y de la vida: inspirĂĄndose lunos a los otros, sirviĂ©ndose de los medios de comunicaciĂłn para contagiar al pĂșblico general con
su vitalidad, disfrutando cada momento como si
fuera el Ășltimo, ya que tenĂ­an muy presente el
axioma de ‘’sólo se vive una vez’’
 Ese ‘’carpe
diem’’ y esa irreverencia pop es lo que aflora en
las pelĂ­culas, comix underground, fanzines y
revistas propias de La Movida. De hecho, en todas
estas publicaciones no encontramos referencias a
la política de la época, ni un manifiesto que les
integrara dentro de un grupo artĂ­stico en
concreto, por lo que precisamente rechazaban el
tĂ©rmino ‘’Movida’’.
En definitiva, quieran o no, el complejo fenĂłmeno
de la Movida forma ya parte de nuestro imaginario
colectivo y por ello, merece la pena aél. Nosotros somos sus herederos.

MariĂ  Condado
Wrong Magazine

- La Movida

Aujourd’hui Magali Dumousseau-Lesquer, une Française passionnĂ©e par l’Espagne et l’espagnol, qu’elle enseigne d’ailleurs Ă  l’UniversitĂ© d’Avignon, nous parle de la Movida, ce courant de contre-culture qui secoue l’Espagne dans les annĂ©es 70 et 80. Elle a publiĂ© un livre Ă  ce sujet “La Movida. Au nom du PĂšre, des Fils et du Todo Vale”. Mais on commence par une petite carte postale signĂ©e Julie FrĂ©noi (18/02/13).

Une émission à réécouter ICI

Julie Frenoi
RTVE (radio espagnole, émission en français) Février 2013

- Sur la Movida

En un peu plus de 300 pages, la spĂ©cialiste de la contre-culture espagnole Magali Dumousseau-Lesquer retrace la «Movida», une folle dĂ©cennie d’explosion de crĂ©ativitĂ© artistique qui a touchĂ© tous les champs de l’art en Espagne entre 1975 (fin du franquisme) et les annĂ©es 1980. ScindĂ© en brĂšves sections abordant aussi bien la mode que la musique, le dessin, la peinture ou le cinĂ©ma, l’ouvrage raconte les diverses facettes de cette vague transgressive marquĂ©e par le refus des valeurs traditionnelles, la libĂ©ration des mƓurs, les conduites Ă  risques et l’émergence d’une contre-culture nocturne festive vite surnommĂ©e Movida, du verbe mover – bouger, en espagnol. Le cinĂ©aste phare de ce courant, Pedro Almodovar, se rĂ©vĂšle en 1980 avec Pepi, Luci, Bom et les autres filles du quartier, son premier film diffusĂ© dans le circuit rĂ©gulier. Dans son essai, la chercheuse française souligne le fait que la Movida a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e, dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1970, par une contre-culture punk limitĂ©e au domaine musical, le «Rrollo». Au fil des pages illustrĂ©es de photos, d’affiches et de dessins qui sont autant d’instantanĂ©s de ce bouillonnement, on croise, outre Almodovar, les stars de tous calibres de la Movida, comme la chanteuse Alaska, le photographe Alberto GarcĂ­a Alix ou la styliste Ágatha Ruiz de la Prada. L’essayiste met l’accent sur la volontĂ© d’oubli du passĂ©, l’amnĂ©sie volontaire des movidistas, cette volontĂ© de table rase prĂ©cĂ©dant l’avĂšnement d’un style plus «pro» mais Ă©galement plus commercial qui va marquer alors le dĂ©clin puis la fin de la Movida. Un livre foisonnant, vivant, dynamique qui familiarise le lecteur avec une explosion d’audace et de libertĂ© pas si Ă©loignĂ©e.

LE COURRIER

Marc-Olivier Parlatano
Le Courrier 19 janvier 2013

- RepĂšres bibliographiques

La Movida est mentionnée dans les repÚres bibliographiques de la Lettre du Syndicat Français de la Critique de Cinéma.

Lire la lettre 41

Claude Gauteur
La Lettre du Syndicat Français de la Critique ...

- Soirée Movida

Le 3 octobre 2012 avait lieu Ă  la galerie parisienne de la styliste Agatha Ruiz de la Prada une soirĂ©e spĂ©ciale Movida autour de l’ouvrage de Magali Dumousseau-Lesquer, en prĂ©sence de l’auteur, d’Agatha, qui a signĂ© la prĂ©face de l’ouvrage, et du professeur Emmanuel de la Vagueresse, avec l’aimable participation de la librairie Palimpseste.

DĂ©couvrez la vidĂ©o de la soirĂ©e, comprenant une interview d’Agatha et de Magali, ICI

Fondation de la maison des sciences de l'homme 3 octobre 2012

- Nova Book Box

Buenas tardes muchachos y muchachas. Ce soir, on reviendra sur les bases trĂšs do-it-yourself de la Movida espagnole, le crĂ©ateur de la sĂ©rie The Wire, David Simon, nous donnera quelques trucs pour tuer votre voisin sans se faire rĂ©pĂ©rer (trop rapidement) par la marĂ©chaussĂ©e, on mesurera l’effet de groupe sur nos convictions personnelles, on Ă©coutera Henry James se plaindre de l’arrivĂ©e du chemin de fer sur l’üle de Wight et je vous proposerai un jeu, une sorte de roman interactif dont vous seriez, non pas le hĂ©ros, mais carrĂ©ment l’auteur. DrĂŽlement chouette, hein ?

22h10_ David Simon, Baltimore (« Pour assassiner quelqu’un
 »).
22h25_ Justin Cartwright, La Promesse du Bonheur.
22h40_ Magali Dumousseau-Lesquer, La Movida.
23h00_ Cass R. Sunstein, Anatomie de la rumeur.
23h10_ Henry James, Heures anglaises.
23h25_ Michiel Heyns, La Dactylographe de Mr. James.
23h40_ Megan Abbott, La Fin de l’innocence.

Richard Gaitet
Radio Nova 2 octobre 2012

- La Movida

AprĂšs la mort de Franco, en 1975, dans l’élan de la transition dĂ©mocratique, l’Espagne et Madrid en particulier, ont connu une vague sans prĂ©cĂ©dent de crĂ©ativitĂ© tous azimuts, de remise en cause des valeurs traditionnelles et de libĂ©ration des mƓurs, avec le dĂ©ferlement transgressif d’une contre-culture nocturne et festive qui s’est vite trouvĂ©e un nom: la movida. Le mot vient de mover, qui signifie «bouger» mais il emprunte en fait Ă  l’argot de la drogue.

La Movida a ses lieux, ses Ă©gĂ©ries et ses icĂŽnes, comme la muse gay de Pedro Almodovar, Fanny Mc Namara, ses artistes dĂ©jantĂ©s, de la peinture Ă  la mode, la photographie ou la BD, ses nuits brĂ»lantes, sa presse underground et elle gagne vite d’autres villes espagnoles: Barcelone, Bilbao, Vigo en Galice, Valence, SĂ©ville. A Madrid s’ouvrent des ateliers-cuisine, sur le modĂšle de la Factory d’Andy Warhol, qui vient en 1983 prĂ©senter ses derniĂšres sĂ©ries de pistolets, croix et couverts dans la galerie de Fernando Vijande et dĂ©couvre Ă  cette occasion la Movida Ă  son apogĂ©e. Selon la styliste Agatha Ruiz de la Prada, «pendant une semaine, la ville de Madrid toute entiĂšre est devenue une grande fĂȘte». Mais le pape du pop’art ne semble guĂšre partager l’enthousiasme de ses hĂŽtes, ni s’intĂ©resser plus que ça Ă  leurs performances et leurs productions artistiques.

On l’a dit, le phĂ©nomĂšne a explosĂ© Ă  la faveur de conditions politiques favorables, qu’il a en quelque sorte renforcĂ©es. A la fin du franquisme, Madrid est le siĂšge du pouvoir socialiste, celui du gouvernement de Felipe Gonzalez, celui de la rĂ©cente CommunautĂ© autonome de Madrid, et celui d’une ville dont le maire est l’intellectuel Enrique Tierno Galvan, qu’on surnomme «le vieux professeur», un philosophe qui a connu les geĂŽles franquistes et l’exil et qui est en passe de devenir «le maire de la movida». Socialement parlant, la composition de cette jeunesse bohĂšme et festive est trĂšs diverse, la mixitĂ© sociale Ă©tant encouragĂ©e par le mode de vie et l’esthĂ©tique punk du Rrollo qui prĂ©cĂšde la Movida, ce qui donne au mouvement son extension maximale. Les provocations sexuelles ou blasphĂ©matoires, les conduites Ă  risques, l’adjuvant de la crĂ©ation artistique crĂ©ent les conditions de l’osmose pour une jeunesse nĂ©e aprĂšs les traumatismes de la guerre civile et de la pĂ©riode la plus noire de la dictature.

Magali Dumousseau-Lesquer insiste Ă  juste titre sur la dimension d’oubli qui caractĂ©rise la Movida. L’amnĂ©sie volontaire est le signe des recommencements et celui-lĂ  n’échappe pas Ă  la rĂšgle, il en est mĂȘme une extraordinaire illustration. AprĂšs viendra le temps de la rĂ©cupĂ©ration, les hommes politiques qui s’invitent Ă  la discothĂšque El Sol et s’habillent en Adolfo Dominguez. Et puis celui du dĂ©senchantement. Viendra aussi le temps du retour de la mĂ©moire, mais de la nĂ©buleuse brouillonne et crĂ©ative de la Movida, certains sont restĂ©s des figures emblĂ©matiques. Avec Femmes au bord de la crise nerfs, plusieurs fois primĂ©, et notamment au Festival de Venise, Almodovar exporte Ă  la fois l’esprit de la Movida et la lettre de sa signature.

SOMMAIRE
— De l’ombre à la lumiùre artificielle
— On ne vit qu’une fois
— Le Todo vale, une restauration postmoderne

PARISART

Paris Art juin 2012

- L'essai du jour

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AprĂšs la mort de Franco, en 1975, dans l’élan de la transition dĂ©mocratique, l’Espagne et Madrid en particulier, ont connu une vague sans prĂ©cĂ©dent de crĂ©ativitĂ© tous azimuts, de remise en cause des valeurs traditionnelles et de libĂ©ration des moeurs, avec le dĂ©ferlement transgressif d’une contre-culture nocturne et festive qui s’est vite trouvĂ©e un nom : la movida. Le mot vient de mover, qui signifie « bouger » mais il emprunte en fait Ă  l’argot de la drogue. « Hacer una movida » signifiait quitter le centre de Madrid pour s’approvisionner en banlieue. Il Ă©tait dĂ©jĂ  utilisĂ© par les mouvements qui ont prĂ©cĂ©dĂ© et prĂ©parĂ© le terrain Ă  la Movida, dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 70, le Rrollo et la Nueva Ola, nĂ©s dans les quartiers populaires de la capitale et essentiellement musicaux. Ce qui fait de Madrid le creuset, puis le chaudron de cette mouvance irrĂ©sistible, c’est son caractĂšre cosmopolite. Comme dit le photographe Juan Ramon Yuste : « Madrid accueille tout le monde, d’oĂč qu’il soit. Madrid n’a pas d’identitĂ© ». C’est pourquoi on dit que les plus belles femmes s’y trouvent, comme un concentrĂ© de tous les caractĂšres des diffĂ©rentes rĂ©gions d’Espagne.

La Movida a ses lieux, ses Ă©gĂ©ries et ses icĂŽnes, comme la muse gay de Pedro Almodovar, Fanny Mc Namara, ses artistes dĂ©jantĂ©s, de la peinture Ă  la mode, la photographie ou la BD, ses nuits brĂ»lantes, sa presse underground et elle gagne vite d’autres villes espagnoles : Barcelone, Bilbao, Vigo en Galice, Valence, SĂ©ville. A Madrid s’ouvrent des ateliers-cuisine, sur le modĂšle de la Factory d’Andy Warhol, qui vient en 1983 prĂ©senter ses derniĂšres sĂ©ries de pistolets, croix et couverts dans la galerie de Fernando Vijande et dĂ©couvre Ă  cette occasion la Movida Ă  son apogĂ©e. Selon la styliste Agatha Ruiz de la Prada, « pendant une semaine, la ville de Madrid toute entiĂšre est devenue une grande fĂȘte ». Mais le pape du pop’art ne semble guĂšre partager l’enthousiasme de ses hĂŽtes, ni s’intĂ©resser plus que ça Ă  leurs performances et leurs productions artistiques. Aucune mention dans son journal mais il aurait trouvĂ© le temps d’aller au musĂ©e du Prado. Sinon il a trouvĂ© les gens trĂšs sexy et Pedro Almodovar se souvient de lui, promenant son indiffĂ©rence en exhibant son Ă©gocentrisme et en « donnant l’impression d’une camĂ©ra dont le magasin n’aurait pas Ă©tĂ© chargĂ© ».

Le cinĂ©ma, comme la musique, est l’un des fers de lance de la Movida. Comme le rappelle le photographe Pablo PĂ©rez-Minguez, « la Movida est trĂšs documentaire ». On le voit dans ses photos nocturnes qui shootent – je cite – « ceux de la coke, du caballo, des joints, ceux qui avaient trop bu ». Si un rĂ©alisateur comme IvĂ n Zulueta signe des films trĂšs conceptuels et travaille le matĂ©riau de l’image, Pedro Almodovar, dans ses premiers court mĂ©trages comme Sexo va y sexo viene, ou Folle, folle, folleme, Tim, exprime sans ambages l’air dĂ©bridĂ© du temps. Son premier long mĂ©trage, Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier, qui est l’adaptation de sa bande dessinĂ©e Erecciones generales parue dans la revue de Barcelone El Vibora, est tournĂ© en fonction du temps, des moyens et de la disponibilitĂ© des amis et il reste le meilleur tableau de la gĂ©nĂ©ration movida, certaines scĂšnes ayant Ă©tĂ© tournĂ©es dans la Factory des Costus, deux peintres qui apparaissent dans le film alors qu’ils peignent des poupĂ©es flamencas, dont on peut voir dans le livre de Magali Dumousseau-Lesquer une version expressionniste, brillante et joyeuse en Sophia Loren, une fresque de l’un des hauts lieux de la nuit madrilĂšne, la bien nommĂ©e Via LĂ ctea.

On l’a dit, le phĂ©nomĂšne a explosĂ© Ă  la faveur de conditions politiques favorables, qu’il a en quelque sorte renforcĂ©es. A la fin du franquisme, Madrid est le siĂšge du pouvoir socialiste, celui du gouvernement de Felipe Gonzalez, celui de la rĂ©cente CommunautĂ© autonome de Madrid, et celui d’une ville dont le maire est l’intellectuel Enrique Tierno Galvan, qu’on surnomme « le vieux professeur », un philosophe qui a connu les geĂŽles franquistes et l’exil et qui est en passe de devenir « le maire de la movida ». Socialement parlant, la composition de cette jeunesse bohĂšme et festive est trĂšs diverse, la mixitĂ© sociale Ă©tant encouragĂ©e par le mode de vie et l’esthĂ©tique punk du Rrollo qui prĂ©cĂšde la Movida, ce qui donne au mouvement son extension maximale. Les provocations sexuelles ou blasphĂ©matoires, les conduites Ă  risques, l’adjuvant de la crĂ©ation artistique crĂ©ent les conditions de l’osmose pour une jeunesse nĂ©e aprĂšs les traumatismes de la guerre civile et de la pĂ©riode la plus noire de la dictature. Magali Dumousseau-Lesquer insiste Ă  juste titre sur la dimension d’oubli qui caractĂ©rise la Movida. L’amnĂ©sie volontaire est le signe des recommencements et celui-lĂ  n’échappe pas Ă  la rĂšgle, il en est mĂȘme une extraordinaire illustration. AprĂšs viendra le temps de la rĂ©cupĂ©ration, les hommes politiques qui s’invitent Ă  la discothĂšque El Sol et s’habillent en Adolfo Dominguez. Et puis celui du dĂ©senchantement. Viendra aussi le temps du retour de la mĂ©moire, mais de la nĂ©buleuse brouillonne et crĂ©ative de la Movida, certains sont restĂ©s des figures emblĂ©matiques. Avec Femmes au bord de la crise nerfs, plusieurs fois primĂ©, et notamment au Festival de Venise, Almodovar exporte Ă  la fois l’esprit de la Movida et la lettre de sa signature.

FRANCECULTURE

Jacques Munier
France Culture 1er juin 2012