La Movida
Au nom du PĂšre, des fils et du todo vale
Préface signée de la styliste AGATHARUIZ DE LA PRADA
Photographies reproduites en N & B de PABLOPEREZ-MINGUEZ
Novembre 1975 : mort de Franco. Avec le dĂ©cĂšs du Caudillo, lâEspagne ouvre une dĂ©cennie de folle transition qui lâemporte dans un tourbillon artistique sans prĂ©cĂ©dent. Tous les champs de lâart sont touchĂ©s, de la photographie Ă la mode et au cinĂ©ma en passant par la musique, la peinture, le dessin. Cet incroyable Ă©lan pop, bigarrĂ©, glam et rock, apolitique aussi, est connu sous le label Movida, expression mĂ©diatisĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1980. En rĂ©alitĂ©, il commence Ă sĂ©vir dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1970, avec la propagation dâune contre-culture punk restreinte au domaine musical (el Rrollo). Ă la fin de la dĂ©cennie, il atteint dâautres domaines : câest la nouvelle vague, la nueva ola. Enfin, il se mue en un style plus pop, plus professionnel mais aussi plus commercial, la Movida Ă proprement parler, qui en est lâapogĂ©e mais aussi le terme.
La Movida, au nom du PĂšre, des fils et du Todo vale nous plonge au cĆur de cette contre-culture espagnole. On y croise les petites et les grandes figures de ce kalĂ©idoscope hybride et mouvant : la styliste Agatha Ruiz de la Prada, la chanteuse Alaska et ses diffĂ©rentes formations, Radio Futura, les photographes Ouka Leele et Pablo PĂ©rez MĂnguez, le dessinateur Ceesepe, le cinĂ©aste Ivan Zulueta, les peintres Costus qui fondĂšrent la Factory oĂč Pedro Almodovar filme plusieurs scĂšnes de son premier long mĂ©trage⊠Mais loin de confiner au catalogue, cette remarquable Ă©tude, issue dâune thĂšse de doctorat, analyse les traits distinctifs de la Movida, son joyeux art de vivre et sa quĂȘte identitaire et postmoderne.
Revue de presse
- 1978-1986, lâEspagne de la Movida : Madrid ne dort jamais Amaury Chardeau France Culture // Juke Box 14 fĂ©vrier 2021
- Magali Dumousseau-Lesquer : « La Movida ne se réduit pas à Almodóvar » Mickael Chailloux Tout sur mon festival 22 octobre 2014
- Spécial Espagne Audrey Valtille Arte // Personne ne bouge 05 janvier 2014
- Entretien avec Ouka Leele Mélanie Masson Radio Grenouille 15 novembre 2013
- Movida madrilÚne : l'existence ne se vit qu'une fois... Mélanie Masson Radio Grenouille 1er décembre 2013
- 58 minutes Révolution rock 3/5 : Espagne - La Movida, « Madrid me Mata » (1975-87) Simon Rico France Culture 21 août 2013
- Dumousseau-Lesquer: 'La movida fue un reciclaje del patrimonio heredado del franquismo' Jon Bandrés RTVE 09 février 2013
- God Save La Movida MariĂ Condado Wrong Magazine
- La Movida Julie Frenoi RTVE (radio espagnole, émission en français) Février 2013
- Sur la Movida Marc-Olivier Parlatano Le Courrier 19 janvier 2013
- RepÚres bibliographiques Claude Gauteur La Lettre du Syndicat Français de la Critique ...
- Soirée Movida Fondation de la maison des sciences de l'homme 3 octobre 2012
- Nova Book Box Richard Gaitet Radio Nova 2 octobre 2012
- La Movida Paris Art juin 2012
- L'essai du jour Jacques Munier France Culture 1er juin 2012
En novembre 1975, la mort de Franco donne lâoccasion Ă la jeunesse espagnole de revendiquer ses aspirations Ă la modernitĂ© et en particulier Ă la dĂ©mocratie, et une Ăšre de renouveau culturel bouillonnant sâengage dans tout le pays. Tandis que diffĂ©rentes scĂšnes souterraines et plus ou moins isolĂ©es les unes des autres rĂ©percutaient dĂ©jĂ en Espagne des influences venues dâautres pays dâEurope (oĂč triomphe alors la New Wave ou le Punk), lâĂ©lan libĂ©ratoire qui se rĂ©pand alors dans la sociĂ©tĂ© favorise lâĂ©mergence dâun mouvement collectif, glam, colorĂ©, punk, provocateurs tout en tournant le dos Ă la politique : se croisent alors des cinĂ©astes, des groupes de musique, des crĂ©ateurs et crĂ©atrices de mode, des photographes, ainsi des illustrateurs et illustratrices qui tous ensemble dessinent une imagerie et quelques codes artistiques partagĂ©s⊠Dans les annĂ©es 1980, cette contre-culture est devenue dominante, et elle triomphe commercialement sous le nom de Movida.
Aujourdâhui, Magali Dumousseau-Lesquer nous replonge dans cette Ă©poque hĂ©roĂŻque de lâart espagnol, ou Pedro Almodovar, la chanteuse Alaska, les photographes Ouka Leele et Pablo PĂ©rez-MĂnguez, des groupes de musiques tels que Radio Futura, de nombreux dessinateurs de fanzines ou des peintres Ă©taient susceptibles de se rencontrer aux mĂȘmes soirĂ©esâŠ
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En 1975, dĂ©barrassĂ©e de Franco, lâEspagne redĂ©couvre la dĂ©mocratie. La censure et la justice dâexception disparaissent, lâancien ordre moral vole en miettes, ou plutĂŽt en confettis : dans le Madrid de la Movida, la jeunesse sâentiche de drogues, de libertinage et dâexcentricitĂ©s. [âŠ]
Ă la fin de lâĂ©mission, Amaury Chardeau prĂ©sente le livre de Magali Dumousseau-Lesquer comme Ă©tant la âbible du sujetâ.
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Le festival LumiĂšre sâest clos ce dimanche 19 octobre et Pedro AlmodĂłvar, honorĂ© du Prix LumiĂšre 2014, est dĂ©jĂ reparti. « Ce prix est un hommage rendu Ă la culture, la chanson et lâart espagnol » nous a-t-il dit. CinĂ©aste dĂšs les annĂ©es 80, Pedro AlmodĂłvar sâest rendu cĂ©lĂšbre au sein de la Movida, mouvance qui cĂ©lĂšbre la libertĂ© postfranquiste. Nous avons voulu savoir quelle Ă©tait sa place au sein de ce mouvement. Entretien avec Magali Dumousseau-Lesquer, maĂźtre de confĂ©rences Ă lâUniversitĂ© dâAvignon et auteur de La Movida, au nom du PĂšre, des fils et du Todo vale (Editions Le mot et le reste, 2012).
Tout sur mon festival : Selon vous, quel a été le rÎle de Pedro Almodóvar dans la Movida ?
Magali Dumousseau-Lesquer : La Movida nâest pas un mouvement, elle nâa ni leader, ni manifeste, ni revendication autre que celle de vouloir profiter de la vie sans entraves Ă la mort du gĂ©nĂ©ral Franco, alors que sâachĂšve une dictature qui a durĂ© prĂšs de 40 ans. Il nâexiste donc pas une Movida mais une multitude de movidas personnelles qui correspondent Ă la façon dont chacun a apprĂ©hendĂ© le retour des libertĂ©s Ă Madrid, au milieu des annĂ©es 70, et la dĂ©couverte de toutes les possibilitĂ©s offertes par lâinstauration de la dĂ©mocratie. La movida dâAlmodĂłvar, empreinte dâhumour et de provocation, est trĂšs visuelle car elle a Ă©tĂ© photographiĂ©e par Pablo PĂ©rez MĂnguez et quâelle apparaĂźt aussi dans certains de ses propres films. Elle nâest quâune movida parmi beaucoup dâautres, mais le succĂšs international du rĂ©alisateur au dĂ©but des annĂ©es 90 a participĂ© Ă mettre en lumiĂšre ces images-lĂ . En France, nous ne connaissons guĂšre quâAlmodĂłvar parmi tous les artistes qui ont pris part au phĂ©nomĂšne madrilĂšne, car câest lâun des rares avec la styliste Agatha Ruiz de la Prada, et les photographes Ouka Leele et Alberto GarcĂa Alix, Ă avoir rĂ©ussi Ă diffuser largement ses crĂ©ations hors dâEspagne. Mais la Movida ne se rĂ©duit pas Ă AlmodĂłvar et, Ă lâĂ©poque, il fait partie dâune mouvance, du renouveau culturel et artistique de Madrid au mĂȘme titre que les peintres Costus, que le photographe Pablo PĂ©rez MĂnguez, que le dessinateur Ceesepe et beaucoup dâautres, sans parler des nombreux groupes musicaux qui ont Ă©galement participĂ© Ă la rĂ©novation de la crĂ©ation Ă Madrid et de lâimage de la capitale, en Espagne mais Ă©galement Ă lâextĂ©rieur du pays.
Comment expliquez-vous Ă©galement que ce rĂ©alisateur ait eu un Ă©norme succĂšs et soit la figure de proue du mouvement, alors que les autres rĂ©alisateurs (et notamment Ivan Zulueta) nâont pas pu « sâexporter » ?
Ă lâĂ©poque de la Movida, AlmodĂłvar nâa pas un âĂ©normeâ succĂšs en Espagne. Le succĂšs est progressif et il devient manifeste avec Femmes au bord de la crise de nerfs (1989) qui marque vĂ©ritablement son ouverture Ă lâinternational. Dans les annĂ©es 80, ses rĂ©alisations reprĂ©sentent un renouveau (les premiĂšres sont choquantes dans lâEspagne du postfranquisme), car elles sont le reflet dâune culture cinĂ©matographique autodidacte trĂšs variĂ©e allant du cinĂ©ma trash de John Waters Ă celui de Fellini, mais Ă©galement une rĂ©interprĂ©tation Ă la fois punk, glam et pop de lâhĂ©ritage culturel espagnol lĂ©guĂ© Ă la fin du franquisme. Câest notre regard Ă©tranger et postĂ©rieur au phĂ©nomĂšne qui en fait une âfigure de proueâ de la Movida. Pour les âmodernosâ de lâĂ©poque, Ivan Zulueta est tout aussi important mais sa carriĂšre cinĂ©matographique est plus courte, plus âundergroundâ, moins populaire (moins pop). Son film Arrebato (1979) est une rĂ©fĂ©rence du cinĂ©ma underground de cette pĂ©riode, au mĂȘme titre que Pepi, Luci, Bom (1980) dâAlmodĂłvar. Câest un film plus conceptuel, une rĂ©flexion sur lâutilisation de lâimage et sur la notion de dĂ©pendance. Le traitement du thĂšme de la drogue notamment y est moins frivole que chez AlmodĂłvar.
[âŠ]
DĂCOUVREZ LâENTRETIENAVECMAGALIDUMOUSSEAU-LESQUERDANSSONINTĂGRALITĂ
Personne ne bouge se déplace à Madrid et rencontre des acteurs de la Movida. Magali Dumousseau-Lesquer intervient en tant que spécialiste de ce phénomÚne culturel et social. à revoir absolument !
Regardez lâĂ©mission ICI
InspirĂ©e par le Pop Art de Warhol, les mises en scĂšne de VĂ©lasquez, ou encore le courant surrĂ©aliste, Ouka Leele (qui nâest jamais passĂ©e par la « case » Ă©cole des Beaux-Arts) donne une seconde vie Ă ses photos en noir et blanc quâelle repeint par la suite Ă lâaquarelle, dans des couleurs aussi intenses que son amour immense de la vie et de lâEspagne. HumanitĂ©, sensibilitĂ©, humour et crĂ©ativitĂ©.
Pour Ă©clairer nos lanternes, Magalie Dumousseau Lesquer Ă©tait Ă©galement Ă nos cĂŽtĂ©s. MaĂźtre de confĂ©rences Ă lâUniversitĂ© dâAvignon, spĂ©cialiste de la contre-culture madrilĂšne des annĂ©es 80 et des courants Ă©mergents en Espagne (musique punk-rock, BD, peinture, cinĂ©ma, mode, design, photo), elle est Ă©galement lâauteur de La Movida, au nom du PĂšre, des Fils et du Todo Vale (Marseille, Le mot et le reste, 2011) et a contribuĂ© Ă la direction artistique du cycle consacrĂ© Ă la movida pour le Festival CineHorizontes.
Entretien en toute intimitĂ©, presque Ă lâimproviste, et rĂ©actions Ă chaud en ce mercredi 13 novembre, Ă la sortie du superbe documentaire-hommage « La Mirada de Ouka Leele » de Rafael Gordon (nominĂ© aux Goya du meilleur documentaire en 2009).
Entretien à réécouter ICI
Retour sur le palmarĂšs du festival, dĂ©bat en direct, avec, sur le plateau, Roxana Nadim, vice-prĂ©sidente du Festival CineHorizontes, musiques et extraits dâentretien (Magali Dumousseau-Lesquer spĂ©cialiste de la contre-culture, le photographe Alberto Garcia Alix, les jeunes rĂ©alisateurs Rodrigo Sorogoyen et Daniel Castro). TĂ©moignage prĂ©cieux dâune Espagne libre et vivante, dâhier, dâaujourdâhui et de demain. Ă retrouver trĂšs bientĂŽt en intĂ©gralitĂ© sur le site et sur les ondes parallĂšles de la Grenouille.
à réécouter ICI
LâĂ©mission Continent musiques traite de la rĂ©volution rock et de la Movida en Espagne. Un beau rĂ©sumĂ© de lâouvrage de Magali Dumousseau-Lesquer, ce dernier Ă©tant prĂ©sentĂ© comme la rĂ©fĂ©rence en France sur ce mouvement qui changea la face de lâEspagne.
Ă réécouter sur le site de lâĂ©mission
Pour nos amis hispanophones : une interview de Magali Dumousseau-Lesquer par RTVE, lâĂ©quivalent de France TĂ©lĂ©visions en Espagne :
Magali Dumousseau-Lesquer es profesora de âcivilizaciĂłn españolaâ en la Universidad de Avignon (Francia).
En 2012 publicĂł en su paĂs La Movida. Au nom du PĂšre, des fils et du todo vale (La movida, En el nombre del padre, de los hijos y del âtodo valeâ Ed. Attitudes, Le mot et le reste ), un libro sobre el la movida âfenĂłmeno cultural y socialâ que tuvo lugar en España en los 80 del siglo pasado, y que es un resumen divulgativo de su propia tesis universitaria y el resultado de una investigaciĂłn sobre el terreno.
Esta semana ha presentado en España, en el Instituto FrancĂ©s de Madrid esta obra cuya portada â La gitana mulata de Pablo PĂ©rez Minguez y un Cristo de la serie El valle de los caĂdos de Costus â es, como el tĂtulo un buen resumen de su acercamiento a ese âloco decenio de explosiĂłn de creatividad artĂstica en Españaâ
Dumousseau-Lesquer, que habla perfectamente nuestro idioma, pretende ahora editar tambiĂ©n su obra en español. Hemos podido hablar con ella sobre este trabajo; el primer anĂĄlisis serio sobre la movida realizado desde el paĂs vecino.
RTVE.es: ÂżCĂłmo fue su aproximaciĂłn a la movida, un fenĂłmeno no demasiado conocido en Francia?
Desde hace tiempo me interesa la contracultura en Francia y en general. Cuando tuve que realizar un trabajo final de maestrĂa por un fenĂłmeno español que en España comenzĂł a conocerse tarde, gracias a Pedro AlmodĂłvar y trabajos suyos mĂĄs tardĂos, no coincidentes exactamente con la movida, como por ejemplo Mujeres al borde de un ataque de nervios
El proyecto se titulĂł âAlmodĂłvar y las mujeres de la movida: Alaska, Agatha, Ouka Lele y otras chicasâŠâ Luego el proyecto se ampliĂł hasta llegar a ser un tratado sociolĂłgico, en forma de tesis. El libro actual serĂa âuna vulgarizaciĂłnâ de aquella tesis.
En la investigaciĂłn que emprendiĂł para acercarse a la movida, Agatha Ruiz de la Prada fue fundamentalâŠ
Alguien la definiĂł como una âchispa de color en un mundo negroâ. Agatha que es una mujer fascinante muy relacionada con la cultura francesa en la que se educĂł me proporcionĂł mucha informaciĂłn sobre su propias creaciones, que tambiĂ©n pueden considerarse, especialmente las de aquella Ă©poca, como manifestaciones artĂsticas de la movida, y ademĂĄs me puso en contacto con muchos personajes clave de la movida
ÂżComo organizĂł ese trabajo de investigaciĂłn que ahora ha volcado en este libro?
He divido mi exposiciĂłn en tres partes. Primero, cronologĂa de la movida. Segundo, estudio del comportamiento e impresiones de quines participaron en ella. Y tercero, anĂĄlisis del âtodo valeâ y la abundancia que generĂł la movida; un estudio de productos de la movida como vestidos, letras de canciones o pinturas.
ÂżCĂłmo resumirĂa lo que fue la movida?
PodrĂamos definir la movida como un fenĂłmeno socio-cultural que se inicia en los 70 para conducir la necesidad de expresarse despuĂ©s de largos años de dictadura. Y lo hace con artes rĂĄpidas, como el tebeo, el punk o el pop. Alguien por ejemplo como Alaska, que era una adolescente que no sabĂa ni tocar ni cantar, podĂa subir a un escenario para cantarâŠ
ÂżEl âtodo valeâ serĂa la filosofĂa de la movida?
El âtodo valeâ nace de la contracultura pero no es un arte de ruptura. Es un arte de reciclaje, de restauraciĂłn de gestiĂłn en definitiva de la herencia del franquismo
La movida era apolĂtica pero plantea el asunto de quĂ© hacer con el legado de Franco, cuya cultura podĂa verse negativamente. Se produce una crisis de valores que pone en duda esa herencia. Primero, se plantean olvidar; serĂa la explosiĂłn del punk, glam, pop-art. Pero finalmente se optarĂa por construir una memoria propia, conviviendo con algunos elementos anteriores y eliminando otros. Y añadiendo, componentes forĂĄneos.
Lo vemos por ejemplo, en algunos cuadros del colectivo Costus que recrean la rica tradición pictórica religiosa española, pero eliminan elemento asociados a Cristo como la cruz o la corona de espinas.
En este sentido, la movida serĂa como âuna limpiezaâ del patrimonio anterior.. Transmitir ese patrimonio pero no como lo recibieron
En su trabajo se ha detenido en la obra pictórica de Costus. ¿Cree que se ha tomado en serio esa obra por parte del mundo del arte mås académico?
No. No tienen el reconocimiento que merecen. Y ellos son fundamentales. Estudiaron el patrimonio nacional (vĂ©ase la muestra Temas de Arquitectura Nacional y Otros Monumentos que Enrique Naya presentĂł en 1978). Trabajaron los tĂłpicos de la identidad española de modo sorprendente. En la serie de las âmuñecas de MarĂnâ no retrataron a las bailaoras sino a las muñecas que las representaban y que se solĂan poner encima de los televisores.
ÂżEn quĂ© momento de la post-movida estarĂamos ahora?
CĂłmo te decĂa, primero hubo un momento de amnesia, luego de construcciĂłn de la memoria, y ahora estarĂamos en un regreso de la memoria histĂłrica. Algo que se manifiesta en artistas actuales como Fernando SĂĄnchez Castilla, Paula Rubio Infante o Eugenio Merino que ha utilizado la propia figura del caudillo en sus propuestas.
Artistas como éstos, a mi juicio, estån acabando un trabajo comenzado en la movida.
Article sur La Movida, Au nom du PĂšre, des fils et du todo vale pour les hispanophones :
Texto: MARĂACONDADO
Fotos: TODOALMODĂVAR; NVIVO; FROG 2000; SOMOS
MALASAĂA.
A veces resulta necesario revisitar algunos
aspectos de nuestra cultura mĂĄs reciente que, por
el hecho de haberse desarrollado hasta no hace
demasiado tiempo, creemos que estĂĄn claramente
definidos. Pues bien, este pensamiento no es del
todo cierto ya que con el paso del tiempo los
movimientos culturales se van diluyendo mientras
otros adquieren mayor solidez. Como inequĂvoco
resultado de esta constante situaciĂłn de cambio
encontramos que la sociedad va dejando en el
olvido caracterĂsticas, historias y sensaciones de
unas manifestaciones culturales que pensaba quenunca podrĂa dejar de lado.
En cambio, esto no sucede con la Movida Madrileña,
el movimiento cultural por antonomasia de los años
80. Numerosas publicaciones (casi
siempre reflejando el punto de vista español) han
hecho referencia a este momento de la historia
reciente de la capital. Pero ÂżcĂłmo ven nuestros
vecinos franceses la explosiĂłn cultural que supuso
la Movida? La respuesta la encontramos en el libro
de Magali Dumousseau-Lesquer, _La Movida: au nom du pĂšre,
des ïŹls et du todo vale_ (Ăditions Le Mot et le Reste,
2012), donde se nos ofrece un amplio y
completĂsimo recorrido a travĂ©s de la Movida,
centrando al lector en sus protagonistas y en las
muchas manifestaciones artĂsticas que se llevaban
a cabo.
Para ello, la autora nos lleva a los orĂgenes de
la Movida: la muerte de Franco. El caudillo,
identificado con el tradicional padre de familia,
dejĂł huĂ©rfanos a un gran nĂșmero de artistas que
hasta aquel entonces habĂan desarrollado su obra dentro del ĂĄmbito de
la contracultura, de forma oculta y anĂłnima para
un pĂșblico totalmente ajeno a sus ideas. AsĂ que,
la definitiva desapariciĂłn del dictador supuso una
auténtica liberación para estos creadores-
adolescentes que comenzaron a poblar la capital,
inspirados en el punk inglés, pero embargados por
un espĂritu mĂĄs positivo que el del ââNo Futureââ
britĂĄnico. Y es que, ciertamente tenĂan motivos
para estar esperanzados: la democracia les estaba
abriendo puertas desde el punto de vista artĂstico
y social, y en consecuencia, el futuro les
pertenecĂa.
Es asĂ como, en primer lugar, Dumousseau-Lesquer
describe con gran acierto el ambiente de Madrid
por aquel entonces: era una ciudad gris, marchita
y deprimida. Sin embargo, muestra como con el
trascurso de los años se sucedieron una serie de
oleadas culturales (el Rrollo Underground, la
Nueva Ola y la Movida) que convirtieron
a Madrid en una especie de Nueva York europeo, es
decir, la envidia de toda capital que desease
figurar en el primer puesto de la vanguardia
artĂstica interdisciplinar. Con el fin de apoyarse
en esta idea, la autora cuenta con fotografĂas,
pinturas, extractos de canciones, opiniones y
testimonios de algunos de los personajes mĂĄs
relevantes de aquel perĂodo: Alberto GarcĂa Alix,
Pablo PĂ©rez MĂnguez, Ăgatha RuĂz de la Prada, Las
Costus, Ouka Leele, Ceesepe, Alaska o Pedro
AlmodĂłvar entre otros.
Tal y como se muestra en el libro que estamos
tratando, todos estos artistas encontraron en
Madrid (concretamente El Rastro y barrios como
Malasaña) el lugar ideal para desarrollar su
concepto del arte y de la vida: inspirĂĄndose lunos a los otros, sirviĂ©ndose de los medios de comunicaciĂłn para contagiar al pĂșblico general con
su vitalidad, disfrutando cada momento como si
fuera el Ășltimo, ya que tenĂan muy presente el
axioma de ââsĂłlo se vive una vezââ⊠Ese ââcarpe
diemââ y esa irreverencia pop es lo que aflora en
las pelĂculas, comix underground, fanzines y
revistas propias de La Movida. De hecho, en todas
estas publicaciones no encontramos referencias a
la polĂtica de la Ă©poca, ni un manifiesto que les
integrara dentro de un grupo artĂstico en
concreto, por lo que precisamente rechazaban el
tĂ©rmino ââMovidaââ.
En definitiva, quieran o no, el complejo fenĂłmeno
de la Movida forma ya parte de nuestro imaginario
colectivo y por ello, merece la pena aél. Nosotros somos sus herederos.
Aujourdâhui Magali Dumousseau-Lesquer, une Française passionnĂ©e par lâEspagne et lâespagnol, quâelle enseigne dâailleurs Ă lâUniversitĂ© dâAvignon, nous parle de la Movida, ce courant de contre-culture qui secoue lâEspagne dans les annĂ©es 70 et 80. Elle a publiĂ© un livre Ă ce sujet âLa Movida. Au nom du PĂšre, des Fils et du Todo Valeâ. Mais on commence par une petite carte postale signĂ©e Julie FrĂ©noi (18/02/13).
Une émission à réécouter ICI
En un peu plus de 300 pages, la spĂ©cialiste de la contre-culture espagnole Magali Dumousseau-Lesquer retrace la «Movida», une folle dĂ©cennie dâexplosion de crĂ©ativitĂ© artistique qui a touchĂ© tous les champs de lâart en Espagne entre 1975 (fin du franquisme) et les annĂ©es 1980. ScindĂ© en brĂšves sections abordant aussi bien la mode que la musique, le dessin, la peinture ou le cinĂ©ma, lâouvrage raconte les diverses facettes de cette vague transgressive marquĂ©e par le refus des valeurs traditionnelles, la libĂ©ration des mĆurs, les conduites Ă risques et lâĂ©mergence dâune contre-culture nocturne festive vite surnommĂ©e Movida, du verbe mover â bouger, en espagnol. Le cinĂ©aste phare de ce courant, Pedro Almodovar, se rĂ©vĂšle en 1980 avec Pepi, Luci, Bom et les autres filles du quartier, son premier film diffusĂ© dans le circuit rĂ©gulier. Dans son essai, la chercheuse française souligne le fait que la Movida a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e, dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1970, par une contre-culture punk limitĂ©e au domaine musical, le «Rrollo». Au fil des pages illustrĂ©es de photos, dâaffiches et de dessins qui sont autant dâinstantanĂ©s de ce bouillonnement, on croise, outre Almodovar, les stars de tous calibres de la Movida, comme la chanteuse Alaska, le photographe Alberto GarcĂa Alix ou la styliste Ăgatha Ruiz de la Prada. Lâessayiste met lâaccent sur la volontĂ© dâoubli du passĂ©, lâamnĂ©sie volontaire des movidistas, cette volontĂ© de table rase prĂ©cĂ©dant lâavĂšnement dâun style plus «pro» mais Ă©galement plus commercial qui va marquer alors le dĂ©clin puis la fin de la Movida. Un livre foisonnant, vivant, dynamique qui familiarise le lecteur avec une explosion dâaudace et de libertĂ© pas si Ă©loignĂ©e.
La Movida est mentionnée dans les repÚres bibliographiques de la Lettre du Syndicat Français de la Critique de Cinéma.
Le 3 octobre 2012 avait lieu Ă la galerie parisienne de la styliste Agatha Ruiz de la Prada une soirĂ©e spĂ©ciale Movida autour de lâouvrage de Magali Dumousseau-Lesquer, en prĂ©sence de lâauteur, dâAgatha, qui a signĂ© la prĂ©face de lâouvrage, et du professeur Emmanuel de la Vagueresse, avec lâaimable participation de la librairie Palimpseste.
DĂ©couvrez la vidĂ©o de la soirĂ©e, comprenant une interview dâAgatha et de Magali, ICI
Buenas tardes muchachos y muchachas. Ce soir, on reviendra sur les bases trĂšs do-it-yourself de la Movida espagnole, le crĂ©ateur de la sĂ©rie The Wire, David Simon, nous donnera quelques trucs pour tuer votre voisin sans se faire rĂ©pĂ©rer (trop rapidement) par la marĂ©chaussĂ©e, on mesurera lâeffet de groupe sur nos convictions personnelles, on Ă©coutera Henry James se plaindre de lâarrivĂ©e du chemin de fer sur lâĂźle de Wight et je vous proposerai un jeu, une sorte de roman interactif dont vous seriez, non pas le hĂ©ros, mais carrĂ©ment lâauteur. DrĂŽlement chouette, hein ?
22h10_ David Simon, Baltimore (« Pour assassiner quelquâun⊠»).
22h25_ Justin Cartwright, La Promesse du Bonheur.
22h40_ Magali Dumousseau-Lesquer, La Movida.
23h00_ Cass R. Sunstein, Anatomie de la rumeur.
23h10_ Henry James, Heures anglaises.
23h25_ Michiel Heyns, La Dactylographe de Mr. James.
23h40_ Megan Abbott, La Fin de lâinnocence.
AprĂšs la mort de Franco, en 1975, dans lâĂ©lan de la transition dĂ©mocratique, lâEspagne et Madrid en particulier, ont connu une vague sans prĂ©cĂ©dent de crĂ©ativitĂ© tous azimuts, de remise en cause des valeurs traditionnelles et de libĂ©ration des mĆurs, avec le dĂ©ferlement transgressif dâune contre-culture nocturne et festive qui sâest vite trouvĂ©e un nom: la movida. Le mot vient de mover, qui signifie «bouger» mais il emprunte en fait Ă lâargot de la drogue.
La Movida a ses lieux, ses Ă©gĂ©ries et ses icĂŽnes, comme la muse gay de Pedro Almodovar, Fanny Mc Namara, ses artistes dĂ©jantĂ©s, de la peinture Ă la mode, la photographie ou la BD, ses nuits brĂ»lantes, sa presse underground et elle gagne vite dâautres villes espagnoles: Barcelone, Bilbao, Vigo en Galice, Valence, SĂ©ville. A Madrid sâouvrent des ateliers-cuisine, sur le modĂšle de la Factory dâAndy Warhol, qui vient en 1983 prĂ©senter ses derniĂšres sĂ©ries de pistolets, croix et couverts dans la galerie de Fernando Vijande et dĂ©couvre Ă cette occasion la Movida Ă son apogĂ©e. Selon la styliste Agatha Ruiz de la Prada, «pendant une semaine, la ville de Madrid toute entiĂšre est devenue une grande fĂȘte». Mais le pape du popâart ne semble guĂšre partager lâenthousiasme de ses hĂŽtes, ni sâintĂ©resser plus que ça Ă leurs performances et leurs productions artistiques.
On lâa dit, le phĂ©nomĂšne a explosĂ© Ă la faveur de conditions politiques favorables, quâil a en quelque sorte renforcĂ©es. A la fin du franquisme, Madrid est le siĂšge du pouvoir socialiste, celui du gouvernement de Felipe Gonzalez, celui de la rĂ©cente CommunautĂ© autonome de Madrid, et celui dâune ville dont le maire est lâintellectuel Enrique Tierno Galvan, quâon surnomme «le vieux professeur», un philosophe qui a connu les geĂŽles franquistes et lâexil et qui est en passe de devenir «le maire de la movida». Socialement parlant, la composition de cette jeunesse bohĂšme et festive est trĂšs diverse, la mixitĂ© sociale Ă©tant encouragĂ©e par le mode de vie et lâesthĂ©tique punk du Rrollo qui prĂ©cĂšde la Movida, ce qui donne au mouvement son extension maximale. Les provocations sexuelles ou blasphĂ©matoires, les conduites Ă risques, lâadjuvant de la crĂ©ation artistique crĂ©ent les conditions de lâosmose pour une jeunesse nĂ©e aprĂšs les traumatismes de la guerre civile et de la pĂ©riode la plus noire de la dictature.
Magali Dumousseau-Lesquer insiste Ă juste titre sur la dimension dâoubli qui caractĂ©rise la Movida. LâamnĂ©sie volontaire est le signe des recommencements et celui-lĂ nâĂ©chappe pas Ă la rĂšgle, il en est mĂȘme une extraordinaire illustration. AprĂšs viendra le temps de la rĂ©cupĂ©ration, les hommes politiques qui sâinvitent Ă la discothĂšque El Sol et sâhabillent en Adolfo Dominguez. Et puis celui du dĂ©senchantement. Viendra aussi le temps du retour de la mĂ©moire, mais de la nĂ©buleuse brouillonne et crĂ©ative de la Movida, certains sont restĂ©s des figures emblĂ©matiques. Avec Femmes au bord de la crise nerfs, plusieurs fois primĂ©, et notamment au Festival de Venise, Almodovar exporte Ă la fois lâesprit de la Movida et la lettre de sa signature.
SOMMAIRE
â De lâombre Ă la lumiĂšre artificielle
â On ne vit quâune fois
â Le Todo vale, une restauration postmoderne
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AprĂšs la mort de Franco, en 1975, dans lâĂ©lan de la transition dĂ©mocratique, lâEspagne et Madrid en particulier, ont connu une vague sans prĂ©cĂ©dent de crĂ©ativitĂ© tous azimuts, de remise en cause des valeurs traditionnelles et de libĂ©ration des moeurs, avec le dĂ©ferlement transgressif dâune contre-culture nocturne et festive qui sâest vite trouvĂ©e un nom : la movida. Le mot vient de mover, qui signifie « bouger » mais il emprunte en fait Ă lâargot de la drogue. « Hacer una movida » signifiait quitter le centre de Madrid pour sâapprovisionner en banlieue. Il Ă©tait dĂ©jĂ utilisĂ© par les mouvements qui ont prĂ©cĂ©dĂ© et prĂ©parĂ© le terrain Ă la Movida, dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 70, le Rrollo et la Nueva Ola, nĂ©s dans les quartiers populaires de la capitale et essentiellement musicaux. Ce qui fait de Madrid le creuset, puis le chaudron de cette mouvance irrĂ©sistible, câest son caractĂšre cosmopolite. Comme dit le photographe Juan Ramon Yuste : « Madrid accueille tout le monde, dâoĂč quâil soit. Madrid nâa pas dâidentitĂ© ». Câest pourquoi on dit que les plus belles femmes sây trouvent, comme un concentrĂ© de tous les caractĂšres des diffĂ©rentes rĂ©gions dâEspagne.
La Movida a ses lieux, ses Ă©gĂ©ries et ses icĂŽnes, comme la muse gay de Pedro Almodovar, Fanny Mc Namara, ses artistes dĂ©jantĂ©s, de la peinture Ă la mode, la photographie ou la BD, ses nuits brĂ»lantes, sa presse underground et elle gagne vite dâautres villes espagnoles : Barcelone, Bilbao, Vigo en Galice, Valence, SĂ©ville. A Madrid sâouvrent des ateliers-cuisine, sur le modĂšle de la Factory dâAndy Warhol, qui vient en 1983 prĂ©senter ses derniĂšres sĂ©ries de pistolets, croix et couverts dans la galerie de Fernando Vijande et dĂ©couvre Ă cette occasion la Movida Ă son apogĂ©e. Selon la styliste Agatha Ruiz de la Prada, « pendant une semaine, la ville de Madrid toute entiĂšre est devenue une grande fĂȘte ». Mais le pape du popâart ne semble guĂšre partager lâenthousiasme de ses hĂŽtes, ni sâintĂ©resser plus que ça Ă leurs performances et leurs productions artistiques. Aucune mention dans son journal mais il aurait trouvĂ© le temps dâaller au musĂ©e du Prado. Sinon il a trouvĂ© les gens trĂšs sexy et Pedro Almodovar se souvient de lui, promenant son indiffĂ©rence en exhibant son Ă©gocentrisme et en « donnant lâimpression dâune camĂ©ra dont le magasin nâaurait pas Ă©tĂ© chargĂ© ».
Le cinĂ©ma, comme la musique, est lâun des fers de lance de la Movida. Comme le rappelle le photographe Pablo PĂ©rez-Minguez, « la Movida est trĂšs documentaire ». On le voit dans ses photos nocturnes qui shootent â je cite â « ceux de la coke, du caballo, des joints, ceux qui avaient trop bu ». Si un rĂ©alisateur comme IvĂ n Zulueta signe des films trĂšs conceptuels et travaille le matĂ©riau de lâimage, Pedro Almodovar, dans ses premiers court mĂ©trages comme Sexo va y sexo viene, ou Folle, folle, folleme, Tim, exprime sans ambages lâair dĂ©bridĂ© du temps. Son premier long mĂ©trage, Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier, qui est lâadaptation de sa bande dessinĂ©e Erecciones generales parue dans la revue de Barcelone El Vibora, est tournĂ© en fonction du temps, des moyens et de la disponibilitĂ© des amis et il reste le meilleur tableau de la gĂ©nĂ©ration movida, certaines scĂšnes ayant Ă©tĂ© tournĂ©es dans la Factory des Costus, deux peintres qui apparaissent dans le film alors quâils peignent des poupĂ©es flamencas, dont on peut voir dans le livre de Magali Dumousseau-Lesquer une version expressionniste, brillante et joyeuse en Sophia Loren, une fresque de lâun des hauts lieux de la nuit madrilĂšne, la bien nommĂ©e Via LĂ ctea.
On lâa dit, le phĂ©nomĂšne a explosĂ© Ă la faveur de conditions politiques favorables, quâil a en quelque sorte renforcĂ©es. A la fin du franquisme, Madrid est le siĂšge du pouvoir socialiste, celui du gouvernement de Felipe Gonzalez, celui de la rĂ©cente CommunautĂ© autonome de Madrid, et celui dâune ville dont le maire est lâintellectuel Enrique Tierno Galvan, quâon surnomme « le vieux professeur », un philosophe qui a connu les geĂŽles franquistes et lâexil et qui est en passe de devenir « le maire de la movida ». Socialement parlant, la composition de cette jeunesse bohĂšme et festive est trĂšs diverse, la mixitĂ© sociale Ă©tant encouragĂ©e par le mode de vie et lâesthĂ©tique punk du Rrollo qui prĂ©cĂšde la Movida, ce qui donne au mouvement son extension maximale. Les provocations sexuelles ou blasphĂ©matoires, les conduites Ă risques, lâadjuvant de la crĂ©ation artistique crĂ©ent les conditions de lâosmose pour une jeunesse nĂ©e aprĂšs les traumatismes de la guerre civile et de la pĂ©riode la plus noire de la dictature. Magali Dumousseau-Lesquer insiste Ă juste titre sur la dimension dâoubli qui caractĂ©rise la Movida. LâamnĂ©sie volontaire est le signe des recommencements et celui-lĂ nâĂ©chappe pas Ă la rĂšgle, il en est mĂȘme une extraordinaire illustration. AprĂšs viendra le temps de la rĂ©cupĂ©ration, les hommes politiques qui sâinvitent Ă la discothĂšque El Sol et sâhabillent en Adolfo Dominguez. Et puis celui du dĂ©senchantement. Viendra aussi le temps du retour de la mĂ©moire, mais de la nĂ©buleuse brouillonne et crĂ©ative de la Movida, certains sont restĂ©s des figures emblĂ©matiques. Avec Femmes au bord de la crise nerfs, plusieurs fois primĂ©, et notamment au Festival de Venise, Almodovar exporte Ă la fois lâesprit de la Movida et la lettre de sa signature.