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Parution : 22/01/2010
ISBN : 9782915378917
136 pages (14,8 x 21 cm)

La Monte Young

une biographie suivie d'une introduction Ă  la musique minimaliste

Cette musique dĂ©roule le temps lentement, se dĂ©plie et se dĂ©ploie, mais ne se feuillette pas Ă  la lĂ©gĂšre. Et elle est essentiellement un exercice de solitaire, ou en tout cas une musique que l’on Ă©coute Ă  la maison le plus souvent seul et lorsque l’on voudrait voir la nuit tomber trĂšs vite.
Impossible de la faire tenir dans un ipod, impossible non plus d’en parler dans les dĂźners mondains. Essayez d’expliquer Ă  votre voisin de table ou de bureau que vous Ă©coutez un disque de La Monte Young, il commencera par ne pas vous comprendre, vous demander de rĂ©pĂ©ter ce nom Ă©trange, pour finir par se dire que vous n’ĂȘtes sans doute pas tout Ă  fait normal.
Ce qu’il ignore, c’est qu’au-delĂ  de La Monte Young, existe un univers foisonnant de musiciens anxieux et avides de crĂ©er une musique suspendue, tenue longtemps, lentement, qui prend son temps.

Et tout La Monte Young tient bien dans cette impossibilitĂ©, cette inaccessibilitĂ© au monde qui contraste violemment avec les annĂ©es deux mille, celles du dĂ©sir de communiquer, de vouloir ĂȘtre connu, d’exprimer sa voix. Dans un monde oĂč tout le monde peut avoir un blog ou faire de la musique grĂące Ă  des logiciels, La Monte Young est Ă  la fois un anachronisme et un modĂšle : parfois, pour faire Ɠuvre, il faut se faire oublier et laisser les autres Ɠuvrer pour vous.

Finalement, les disques de La Monte Young sont arrivĂ©s chez moi presque par hasard. J’en ai trouvĂ© un, en CD, abandonnĂ© dans un rayon d’une Fnac. D’autres m’ont Ă©tĂ© trouvĂ©s ici et lĂ , en France, en Allemagne, ailleurs, par des amis qui connaissaient ma passion dĂ©vorante pour tout ce qui touchait Ă  ce compositeur et son histoire. Avec les annĂ©es, j’ai achetĂ© des exemplaires de son disque sur Shandar, de ceux qu’il a produits pour Pandit Pran Nath, trouvĂ© quelques CD, dont des bootlegs assez somptueux. J’ai mĂȘme possĂ©dĂ© plusieurs exemplaires de chacun de ses vinyles, j’en ai offert, Ă©changĂ©, revendu, rachetĂ©, perdu, retrouvĂ©, je ne sais plus. Mais parmi eux tous, il y en a un qui m’obsĂšde plus que tous les autres. Il s’agit du Black Record, sorti en 1969 et Ă©ditĂ© Ă  2 000 exemplaires par Édition X, un label appartenant au galeriste munichois Friedrich Muller. Ce disque de bout de nuit, de bout du monde est encore disponible Ă  la vente sur le site de l’artiste. Mais qui ne se sĂ©pare pas de ses exemplaires, signĂ©s, pour moins de 300 dollars piĂšce.

Revue de presse

- La Monte Young Entretien / BenoĂźt Bidoret Gonzai Janvier 2011
- La Monte Young Sébastien Banse Les lettres françaises Novembre 2010
- La Monte Young Bester Gonzai Juillet 2010
- Joseph Ghosn sur les traces de la Monte Young: interview Blog Arbobo Juin 2010
- Ça plane pour lui Franck Mallet Classica Juin 2010
- La Monte Young Aurelio Levisandri Starx wax Juin 2010
- La Monte Young Éric Deshayes Traverses Mai 2010
- La Monte Young JérÎme Provençal Les Inrockuptibles 21 avril 2010
- La Monte Young Eric Serva Tapage nocturne / France Musique Mars 2010
- La Monte Young Pierre Durr Revue et Corrigée # 83 Mars 2010
- Lire la musique Guy Darol Le magazine des Livres Mars 2010
- La Monte Young Eric Fillion machinemusic.org Mars 2010
- La Monte Young Radio Aligre - Songs of praise radio show Février 2010
- La Monte Young Blog Alainfinkielkrautrock Février 2010
- La Monte Young Eric Deshayes Site NéosphÚres Février 2010
- Un livre sur La Monte Young Tsugi.fr Février 2010
- La Monte Young Renaud Monfourny Blogs les Inrocks Février 2010
- Interview Blog - The offline people Janvier 2010
- La Monte Young Guillaume Belhomme Blog - le son du grisli Février 2010

- La Monte Young

Le passeur/prescripteur, saint vertueux du journalisme, dĂ©serte le papier culturel. Aux cĂŽtĂ©s des blogueurs acharnĂ©s offrant des sons mutants perdus, quelques plumes savent oĂč regarder. Encore jeunes souvent, ils sont les futurs hĂ©ros ; immigrĂ©s-web de ce qu’on aimera appeler encore rock-critique, cette drĂŽle de crĂšche. Au milieu des bƓufs et des Ăąnes, on oublie les yeux plus gonzo que les tripes. Joseph Ghosn guette les bons signaux, descendus d’un ciel encombrĂ©.

La suite sur Gonzai

Entretien / BenoĂźt Bidoret
Gonzai Janvier 2011

- La Monte Young

Lamonte Young est nĂ© en 1935 dans une famille pauvre de l’Idaho, au nord-ouest des Etats-Unis. Son premier instrument est le saxophone, et son oncle est son premier professeur. Au lycĂ©e, il dĂ©couvre le jazz, le bop de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, mais il dĂ©laisse vite le genre, non sans avoir probablement reconnu des prĂ©occupations analogues chez quelques-uns des instaurateurs du free jazz qu’il aura croisĂ©s : Don Cherry ; Ornette Coleman ; Eric Dolphy.

Les premiĂšres compositions qui exercent son art durant ses annĂ©es de formation portent tĂ©moignage que les thĂ©ories de Schoenberg et de la musique indienne l’ont instruit Ă©galement. En Allemagne, il apprĂ©cie la valeur des prĂ©ceptes de Karlheinz Stockhausen et des oeuvres de John Cage. De retour aux Etats-unis, Ă  New York, oĂč il fixe sa rĂ©sidence, c’est dans le loft de Yoko Ono qu’il programme une sĂ©rie de concerts qui l’associe Ă  ses confrĂšres de l’époque : Terry Jennings, Henry Flynt, Terry Riley
 Deux ans plus tard, il rencontre Marian Zazeela, une plasticienne et musicienne qui est restĂ©e, depuis, sa femme et sa premiĂšre collaboratrice. Avec elle, il forme un groupe, the Theater of Eternal Music, qui compte aussi Tony Conrad, Angus MacLise et John Cale. Les deux derniers rejoindront par la suite le Velvet Underground de Lou Reed. Lamonte Young ne s’approchera pas plus prĂšs que cela de la cĂ©lĂ©britĂ©. Il ne l’a pas cherchĂ© ; au contraire. Si son influence reste considĂ©rable, non seulement sur la musique minimaliste (Rhys Chatham, Charlemagne Palestine
), mais aussi sur le shoegazing britannique ou encore le Krautrock allemand, son oeuvre, rare et singuliĂšre, est aujourd’hui impossible – ou presque – Ă  trouver.

Comment Ă©voquer alors un musicien que l’on n’entend plus ? Joseph Ghosn a choisi de rĂ©pondre Ă  cette question Ă  travers l’évocation de sa quĂȘte patiente de ces disques, ces Ă©ditions prĂ©cieuses au tirage limitĂ© ou Ă©puisĂ© et au prix consĂ©quemment prohibitif : « Je garde d’abord en mĂ©moire les moments Ă©tranges durants lesquels j’avais ses disques Ă  portĂ©e de main, tout en Ă©tant dans l’incapacitĂ© de les acheter. » Minutieusement, Ă  travers les catalogues de maisons de disque dĂ©funtes et les vitrines des disquaires, Ghosn Ă©tablit le parcours et la discographie d’un compositeur inclassable, et analyse l’oeuvre, album aprĂšs album. Il en tire le portrait d’un musicien obsĂ©dĂ© par la volontĂ© d’aller « Ă  l’intĂ©rieur d’un son » ; un concepteur Ă©rudit, en perpĂ©tuelle Ă©volution, guidĂ© par le dĂ©sir de recrĂ©er quelque chose de l’écho primitif des grands vents qu’il entendait souffler sur la vallĂ©e de l’Idaho oĂč il a vu le jour ; – un pionnier.

Certains collectionneurs conservent jalousement leurs trĂ©sors. Joseph Ghosn n’est pas de ceux-lĂ  : sa discographie sĂ©lective sur le minimalisme, qui complĂšte l’ouvrage, est une invitation Ă  les partager.

Les lettres françaises

Sébastien Banse
Les lettres françaises Novembre 2010

- La Monte Young

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IdentitĂ© : La Monte Young. Profession : Explorateur du temps. Type musical : undefined. Avec autant d’incertitudes accrochĂ©es sur sa blouse, l’Ɠuvre de Young avait bien peu de chances d’atteindre le systĂšme nerveux. A force d’usure et d’érosion du temps, en dĂ©pit de ses propres dĂ©fauts (la complexitĂ©, l’abstraction, l’antipop quasi terroriste) et d’une aversion pour les mĂ©dias, La Monte se dĂ©cortique avec facilitĂ© sous la plume d’un Ghosn passionnĂ© par son sujet, passionnant pour ses lecteurs – qu’on pourrait facilement rĂ©unir dans un ascenseur sans que quiconque n’ait Ă  craindre le manque d’oxygĂšne. ElĂ©gante introduction des masses Ă  la musique d’un punk d’avant l’heure, le tout suivi d’une excellente discographie sĂ©lective des disques minimalistes, la biographie de l’ancien journaliste des Inrocks (depuis passĂ© expert dans les « musiques obliques) walks on the deep side of Monte Young.

Un sacré tour de force à lire en écoutant, écoutant, écoutant le pÚre de la répétition.

Site Gonzai

Bester
Gonzai Juillet 2010

- Joseph Ghosn sur les traces de la Monte Young: interview

VoilĂ  deux noms connus sans l’ĂȘtre. La Monte Young, musicien rare sur disque comme en concert, pĂšre du minimalisme, qu’on croise parfois au dĂ©tour d’une compilation ou d’une anthologie. Joseph Ghosn, journaliste passĂ© par Magic, les Inrocks, aujourd’hui directeur Ă©ditorial de la rĂ©daction des sites : gqmagazine.fr, vogue.fr, glamour.fr.

Joseph, d’aussi loin qu’il me souvienne a toujours Ă©tĂ© aussi pointu, aussi connaisseur de culture underground, qu’il dĂ©fend en beautĂ© sur son blog.
Alors qu’il sort un ouvrage consacrĂ© aux romans graphiques, son autre grande passion, nous nous retrouvons chez lui pour Ă©voquer La Monte Young, dont il a publiĂ© une biographie.

Un mur impressionnant de BD en tous genres nous accueille, et le sourire doux de Joseph est presque aussi grand que sa collection de vinyls, dont quelques uns de sa propre production. On va discuter de La Monte Young mais aussi de minimalisme, d’écriture, et se laisser par son Ă©rudition jamais arrogante et son sens de la prĂ©cision jamais pris en dĂ©faut.
J’appuie sur la touche “enregistrer” alors qu’il me parle d’une manifestation autour de Pierre Schaeffer à laquelle il participait en tant que musicien.

À réécouter:
Blog Arbobo

Blog Arbobo Juin 2010

- Ça plane pour lui

Parmi les pĂšres spirituels du minimalisme amĂ©ricain, aux cĂŽtĂ©s de Terry Riley, Philip Glass et Steve Reich figure La Monte Young, nĂ© en 1935. RestĂ© fidĂšle Ă  des principes Ă©noncĂ©s dĂšs le dĂ©but des annĂ©es soixante, il est paradoxalement le moins connu de tous, le plus marginalisĂ©. GrĂące Ă  cet ouvrage, assorti d’une discographie Ă©largie Ă  d’autres musiciens, on en sait plus dĂ©sormais sur ce “vieux” hippie de la cĂŽte Ouest que l’auteur qualifie alternativement d’anachronisme et de modĂšle dont la derniĂšre et mĂ©morable prestation en France se dĂ©roula Ă  l’occasion de l’exposition “La BeautĂ©â€ en Avignon 2000.

Franck Mallet
Classica Juin 2010

- La Monte Young

Joseph Ghosn ancien journaliste des Inrockuptibles qui continue, par l’intermĂ©diaire de son excellent blog et de ses articles dans des magazines plus gĂ©nĂ©ralistes Ă  communiquer sa passion des musiques expĂ©rimentales et hors norme, nous livre ici la biographie d’une des lĂ©gendes, de la musique minimaliste. La Monte Young est le type de musicien dont le nom circule dans un cercle d’amateurs restreints mais
dont personne n’a jamais rĂ©ellement entendu la musique. Joseph Ghosn, en commençant par raconter la façon dont il a eu Ă©chos pour la premiĂšre fois du nom de La Monte Young (par le biais de Spacemen 3) puis en prenant le parti pris d’une simple biographie descriptive pour ensuite arriver Ă  un aspect plus analytique de sa musique parvient Ă  nous faire partager si passion pour ce vĂ©ritable phĂ©nomĂšne et Ă  remettre en perspective son apport Ă  la musique actuelle (notamment en Ă©voquant ses “disciples” ou contemporains plus mĂ©diatisĂ©s comme Terry Riley, Charlemagne Palestine, Tony Conrad ou Rhys Chatham).
S’il insiste sur l’importance qu’a eu sa rencontre avec Prandit Pran Nath et, plus gĂ©nĂ©ralement sur l’influence de la musique indienne sur tout un courant musical drone et minimaliste, il n’oublie pas la musique contemporaine et agrĂ©mente son ouvrage d’une “discographie sĂ©lective sur le minimalisme” qui outre les classiques du genre , Ă©voque ses hĂ©ritiers spirituels les plus rĂ©cents, de Jim O’Rourke Ă  Basic Channel en passant par Robert Hood ou Earth.

Aurelio Levisandri
Starx wax Juin 2010

- La Monte Young

C’est d’abord avec une certaine dĂ©ception que l’on dĂ©couvre que ce La Monte YOUNG, serti d’une magnifique couverture en lĂ©ger relief imitation vinyle, n’est finalement pas une « biographie suivie d’une introduction Ă  la musique minimaliste », comme cela fut prĂ©-annoncĂ© par la maison d’édition, mais une « biographie suivie d’une discographie sĂ©lective sur le minimalisme », une diffĂ©rence d’échelle assez importante qui aboutit Ă  un livre relativement court (Ă  peine 120 pages). A vrai dire la musique minimaliste est aujourd’hui suffisamment connue pour que l’on se passe d’un ouvrage encyclopĂ©dique qui n’apporterait finalement pas beaucoup d’eau au moulin.

Pour ceux qui souhaitent tout de mĂȘme une approche d’ensemble, ils iront lire le dossier Une revue minimale du minimalisme par Romain RIOBOO (TRAVERSES n° 13) et les textes de Daniel CAUX, rĂ©fĂ©rence absolue en la matiĂšre, aujourd’hui disponibles dans Le Silence, les couleurs du prisme et la mĂ©canique du temps qui passe. Ancien collaborateur aux Inrockuptibles, Joseph GHOSN ne s’est donc pas embarrassĂ© d’une introduction analytique et conceptuelle. Il a prĂ©fĂ©rĂ© une premiĂšre approche nettement plus accessible et surtout trĂšs subjective en employant d’emblĂ©e la premiĂšre personne.

Certains trouveront cette approche passionnante, mais elle peut aussi paraĂźtre agaçante, puisque le sujet c’est autant La Monte YOUNG que joseph GHOSN et ses excursions Ă  New York, Ă  Avignon, Ă  la FNAC (oĂč il n’acheta finalement pas le coffret The Well Tuned Piano
).. L’effet de style est sympathique mais un peu trop envahissant. PassĂ©e cette remise Ă  Ă©chelle, le livre de joseph GROSN tient ses promesses. Il apporte une trĂšs bonne biographie de La Monte YOUNG, dynamique, une trĂšs bonne discographie commentĂ©e, trĂšs utile pour le lecteur qui voudra investir dans les piĂšces de collection que sont devenus les disques du compositeur amĂ©ricain. Il donne aussi une brĂšve discographie sĂ©lective permettant de s’orienter dans les musiques expĂ©rimentales, post-rock (Jim O’ROURKE, SUNN O) et (un peu) techno minimale en prenant pour fil conducteur les drones et motifs rĂ©pĂ©tĂ©s.

L’ouvrage tient ses promesses, mais il lui manque malgrĂ© tout une analyse un peu approfondie des conceptions musicales de La Monte YOUNG. Et c’est dommage, car cela aurait permis d’entrouvrir des contrĂ©es conceptuelles autrement plus vertigineuses. L’éternitĂ© en musique, ce n’est pas rien quand mĂȘme


Éric Deshayes
Traverses Mai 2010

- La Monte Young

Un ouvrage concis et dense sur le pionnier américain de la musique minimaliste.

Joseph Ghosn a longtemps Ă©crit pour Les Inrocks, distillant sans compter son amour pour les romans graphiques et les musiques d’outre-mode. À l’intĂ©rieur de son panthĂ©on musical, le courant minimaliste occupe une place maximale. Ainsi, il n’est pas surprenant qu’il consacre un livre Ă  La Monte Young, figure emblĂ©matique (beaucoup le citent en rĂ©fĂ©rence) et Ă©nigmatique (peu ont eu l’occasion de l’approcher ou de le voir jouer). PlutĂŽt que d’inspecter Ă  la loupe la vie de La Monte Young (dont il retrace cependant les grandes lignes, des annĂ©es de formation en Californie, marquĂ©es par la composition de Trio for Strings, Ă  la phase de maturitĂ© new-yorkaise, Ă©troitement partagĂ©e avec Marian Zazeela, Ă©pousĂ©e en 1963), l’auteur prĂ©fĂšre se concentrer sur sa musique, avec laquelle il entretient manifestement une intense relation, de l’ordre de la communion, une musique dont on pourrait presque dire qu’elle est politique tant elle ne cĂšde en rien Ă  aucun des canons esthĂ©tiques et populaires de l’époque, refusant de se laisser enfermer dans un carcan temporel court, et crĂ©ant son propre systĂšme d’exploitation. Deux discographies dĂ©taillĂ©es, l’une consacrĂ©e Ă  La Monte Young, l’autre Ă  ses pairs et Ă  ses Ă©mules, achĂšvent de faire de cet ouvrage une somme, mince mais dense, sur le minimalisme.

JérÎme Provençal
Les Inrockuptibles 21 avril 2010

- La Monte Young

Une biographie dans un style un peu rock’n’roll, originale, simple et immĂ©diatement instructive. Originale par son approche puisque qu’on s’étonne (avant de comprendre) pourquoi son auteur nous raconte dans les premiĂšres pages, et avec force dĂ©tails, les circonstances de sa non-rencontre puis de sa rencontre (purement discographique) avec ce cĂ©lĂšbre et pourtant mĂ©connu pionnier de la musique minimaliste.

Une biographie simple parce que tout ou presque tout de la vie et l’Ɠuvre du musicien semble ĂȘtre rĂ©sumĂ©e en 136 pages. Et pourtant cette histoire est aussi longue que riche puisque la Monte Young, toujours en vie, est nĂ© en 1935 dans une cabane en rondins de l’Idaho mais qu’il jouera du jazz et de la musique classique avec quelques uns des plus grands musiciens du XXĂšme siĂšcle. En tant que compositeur, il s’intĂ©ressera de trĂšs prĂšs Ă  la musique dodĂ©caphonique, au sĂ©rialisme, au minimalisme tout en consacrant une importante partie de son travail Ă  de nombreuses expĂ©rimentations autour de l’évolution d’un son sur la durĂ©e. Une biographie Ă©galement immĂ©diatement instructive car, sans avoir jamais Ă©coutĂ© une de ses Ɠuvres, on comprend trĂšs vite dans quel univers musical La Monte Young a Ă©voluĂ©, quels ont Ă©tĂ©s les autres musiciens (souvent mĂ©connus ou oubliĂ©s) qui se sont inscris dans cette mouvance et quel a Ă©tĂ© son apport sur les gĂ©nĂ©rations d’artistes pop et Ă©lectroniques.

Beaucoup d’entre vous se souviennent de l’auteur : Joseph Ghosn qui sĂ©vissait rĂ©guliĂšrement dans les colonnes des Inrocks, son approche claire (souvent partiale et sans dĂ©tour) d’un compositeur aussi complexe que La Monte Young est une belle dĂ©monstration d’un savoir communicatif d’une touchante sensibilitĂ©.

Tapage Nocturne

Eric Serva
Tapage nocturne / France Musique Mars 2010

- La Monte Young

Quelques mois aprĂšs la sortie du livre de Daniel CAUX_Le silence, les couleurs du prisme & la mĂ©canique du temps qui passe_ aux Editions de l’éclat, qui reprenait dans son chapitre sur les “rĂ©pĂ©titifs” quelques articles qu’il avait consacrĂ©s Ă  La Monte Young, voici que paraĂźt un livre sur celui qui fut l’un des prĂ©curseurs des musiques dites “minimales”.
Son auteur en est un jeune musicologue qui n’a croisĂ© la route du compositeur amĂ©ricain qu’il y a un peu plus d’une dizaine d’annĂ©es, soit hors de toute production rĂ©cente, sinon de prestations et de performances. Il semble avoir toutefois rattrapĂ© son accession tardive Ă  l’univers sonore de La Monte Young en rĂ©ussissant, Ă  force de persĂ©vĂ©rance, Ă  (re)trouver une grande partie de la production – rare – du sujet de son Ă©tude.
Cette quĂȘte constitue d’ailleurs la premiĂšre partie d’un livre qui continue, dans ses chapitres ultĂ©rieurs Ă  faire le point chronologique de la crĂ©ativitĂ© du compositeur: sa rencontre avec le jazz des annĂ©es 50 (entre autres avec Don Cherry), sa singularitĂ© comme Ă©tudiant en musicologie avec sa composition trio for string, premiĂšre composition qualifiĂ©e de minimaliste, ses happenings dans le loft de Yoko Ono puis dans le sien
 avec la crĂ©ation du Dream Syndicate et du Theater of Eternal Music, sa rencontre dĂ©terminante avec le chanteur indien Pandit Pran Nath pour le travail des notes, leur durĂ©e
 liĂ© Ă  une certaine ascĂšse que l’on retrouve dans plusieurs enregistrements de la sĂ©rie des “Drift Studies”. Un chapitre particulier est rĂ©servĂ© au Well tuned piano. Avant de fournir une discographie commentĂ©e incluant de maniĂšre non exhaustive, mais judicieusement certaines productions proches de l’esthĂ©tique du compositeur, Joseph Ghosn consacre un court chapitre aux crĂ©ateurs liĂ©s Ă  l’univers sonique de La Monte Young.
Cet ouvrage, s’il n’apporte que quelques informations anecdotiques aux aficionados de longue date de La Monte Young, a le mĂ©rite d’exister, de mettre en avant un crĂ©ateur indispensable des musiques actuelles, mais risque d’ĂȘtre la source d’une Ă©pidĂ©mie d’arrachage de cheveux devant l’impossibilitĂ© pour de nouveaux convaincus d’acquĂ©rir, Ă  des prix raisonnables, l’Ɠuvre du maĂźtre.

Pierre Durr
Revue et Corrigée # 83 Mars 2010

- Lire la musique

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Le minimalisme s’oppose au rap pour autant que la retenue n’est pas amie de la dĂ©pense. L’exubĂ©rance de la vie vite, la vie qu’il faut brĂ»ler avant que la mort ne s’en charge, est antinomiste du minimalisme dont la philosophie coĂŻncide avec l’éveil au seul prĂ©sent du bouddhisme mahayana. Peu de livres se sont fait l’écho de cette formule modelĂ©e dans les annĂ©es 1960 et dont le prĂ©curseur pourrait ĂȘtre Yves Klein (ConfĂ©rence Ă  la Sorbonne, 1959), si l’on en croit Joseph Ghosn.

Tout l’ouvrage qu’il consacre Ă  La Monte Young porte d’ailleurs Ă  le croire. Il est d’un auteur passionnĂ©, longtemps journaliste aux Inrockuptibles, et qui a amassĂ©, au fil des ans, les pĂ©pites sonores du minimalisme. Ce mouvement connectĂ© Ă  Fluxus et Ă  l’art minimal des Donald Judd, Sol LeWitt et Richard Serra se dĂ©veloppe Ă  partir de La Monte Young nĂ© en 1935 dans l’Idaho oĂč il s’étourdit du vent qui siffle autour de la maison, « s’interrogeant sur sa provenance, sa musicalitĂ©. »

InfluencĂ© par la musique indienne, et particuliĂšrement les ragas d’Ali Akbar Khan, il recherche longtemps la possibilitĂ© d’aller Ă  l’intĂ©rieur d’un son avant de dĂ©couvrir la technique du temps long, les drones qui ralentissent l’égrĂšnement des heures. Joseph Ghosn retrace le parcours d’un homme, vĂ©ritablement hors du temps, et de sa compagne Marian Zazeela. Tout en dĂ©roulant le rĂ©cit d’une vie, il nous fait croiser les grandes figures de ce mouvement : John Cale, Pandit Pran Nath, Terry Riley, Morton Subotnick, Charlemagne Palestine, Philip Glass et Steve Reich.

L’ouvrage est un hymne Ă  la musique qui plonge en soi, dans un monde de rĂ©miniscences. « Impossible de la faire tenir dans un ipod, impossible non plus d’en parler dans les dĂźners mondains », remarque Joseph Ghosn dans un soupir qui nous persuade, s’il en Ă©tait besoin, qu’il n’y a dĂ©cidĂ©ment aucune passerelle entre les beats ultrarapides du rap et l’impression de temps suspendu que dĂ©livre un disque de Tangerine Dream. ComplĂ©tĂ©e d’une discographie studieusement commentĂ©e, oĂč la prĂ©sence de Lou Reed surprend un peu, cette biographie fait progresser le point de vue du grand Michael Nyman qui, dans son indispensable Experimental Music (Éditions Allia, 2005), allumait les curiositĂ©s en prĂ©sentant les Compositions de La Monte Young comme une « mĂ©thode d’expĂ©rimentation immĂ©diate du temps dĂ©mesurĂ© dans le cadre d’une structure simple ».

Guy Darol
Le magazine des Livres Mars 2010

- La Monte Young

machinemusic.org

Eric Fillion
machinemusic.org Mars 2010

- La Monte Young

Songs of praise radio show

Radio Aligre - Songs of praise radio show Février 2010

- La Monte Young

Alainfinkielkrautrock

Blog Alainfinkielkrautrock Février 2010

- La Monte Young

La Monte Young, par le radicalisme de sa musique, à base de sons continus, par la rareté de ses disques et pour avoir frayé avec de futurs membres du Velvet Underground, est une figure mythique pour les adeptes de Pop expérimentale.
Joseph Ghosn fait le choix de la premiĂšre personne pour nous relater son parcours initiatique dans la dĂ©couverte de La Monte Young, d’un texte reproduit sur une pochette d’album des Spacemen 3 Ă  ses pĂ©rĂ©grinations dans les lieux oĂč sa musique Ă©tait publiquement produite en passant par sa collecte de disques. Cette approche subjective est un peu irritante, ou alors plutĂŽt rĂ©ussie si on aime le genre rock critic Ă©gocentrique. Elle est suivie d’une biographie dans laquelle on apprend notamment que La Monte Young coiffa au poteau Eric Dolphy pour l’obtention d’une place de saxophoniste dans un orchestre d’universitĂ©. Cette partie est instructive mais reste cependant un peu trop Ă©vasive sur la portĂ©e philosophique de la musique de La Monte Young.
Elle est suivie d’une trĂšs utile discographie commentĂ©e du compositeur amĂ©ricain. Vient ensuite une sĂ©lection discographique sur le minimalisme, intĂ©ressante mĂȘme si les apprĂ©ciations sont parfois lapidaires. Elle met en lumiĂšre les principaux continuateurs de la musique minimaliste “tendance dure” longtemps restĂ©s dans l’ombre du succĂšs public de la tendance “rĂ©pĂ©titive” (de Steve Reich et Philip Glass notamment). La sĂ©lection de Joseph Ghosn met aussi en lumiĂšre les filiations plus rĂ©centes Ă  travers les mouvances du post-rock et de la techno minimale.

L’ouvrage offre ainsi un rapide tour d’horizon de l’univers en expansion des drones et affiliĂ©s.

NéosphÚres

Eric Deshayes
Site NéosphÚres Février 2010

- Un livre sur La Monte Young

Il est difficile encore aujourd’hui de saisir l’impact de La Monte Young sur la musique Ă©lectronique et expĂ©rimentale. Joseph Ghosn, passĂ© par la case Inrockuptibles pendant huit annĂ©es Ă  parler de musique, s’est penchĂ© sur l’une de ses idoles pour en dresser un portrait plus qu’une biographie, disponible depuis fin janvier.

Le compositeur amĂ©ricain est souvent considĂ©rĂ© comme l’un des prĂ©curseurs de la musique minimaliste et de la drone. Il reprĂ©sente aussi une Ă©norme influence sur diffĂ©rents gĂ©nies musicaux, John Cale du Velvet Underground en disant notamment : La Monte Young est probablement ce qui constitua le meilleur de mon Ă©ducation et de mon ouverture musicale. Lou Reed, Brian Eno, Andy Warhol et bien d’autres ont tous reconnu son impact incroyable.

En derniĂšre de couverture, l’auteur exprime en quelques lignes toute son admiration : La musique de La Monte Young n’a pas de codes comme la pop, ni de poses comme le rock. Elle dĂ©roule le temps lentement, se dĂ©plie et se dĂ©ploie, mais ne feuillette pas Ă  la lĂ©gĂšre. Impossible de la faire tenir dans un iPod, impossible non plus d’en parler dans les diners mondains. Essayez d’expliquer Ă  votre voisin de table ou de bureau que vous Ă©coutez un disque de La Monte Young, il commencera par ne pas vous comprendre, vous demander de rĂ©pĂ©ter ce nom Ă©tranger, pour finir par se dire que vous n’ĂȘtes sans doute pas tout Ă  fait normal. Une musique dont on pourrait presque dire qu’elle est politique tant elle ne cĂšde en rien Ă  aucun des des canons esthĂ©tiques et populaires de l’époque, refusant de se laisser enfermer dans un carcan temporel court et crĂ©ant son propre systĂšme d’exploitation.

Tsugi.fr

Tsugi.fr Février 2010

- La Monte Young

On a tous dĂ©couvert des groupes Ă  travers la musique, un groupe en amenant un autre, comme un jeu de domino qui nous fait remonter le temps. Joseph Ghosn a ainsi dĂ©couvert La Monte Young dans le texte d’une pochette de disque de Spacemen 3. Il a creusĂ©, et cette biographie (oserait-on biographie autofictionnelle ?) est autant une approche de la vie et de l’art (mystĂ©rieux) de cette figure centrale du minimalisme – qui a influencĂ© tout le monde, du Velvet Underground Ă  Glenn Branca -, que la quĂȘte musicale menĂ©e par l’auteur.

C’est juste passionnant.

Blogs les Inrocks

Renaud Monfourny
Blogs les Inrocks Février 2010

- Interview

the offline people

Blog - The offline people Janvier 2010

- La Monte Young

Une fois Ă©voquĂ©e sa premiĂšre rencontre avec le compositeur (un nom au dos d’une pochette d’un disque de Spacemen 3) et donnĂ©s quelques exemples des affres avec lesquelles doit faire tout collectionneur de disques – assez naĂŻfs pour sacrifier Ă  l’ùre du temps (manquait encore un souvenir de lycĂ©e), ces chapitres ne sont toutefois qu’une introduction au sujet (et un appĂąt de quatriĂšme de couverture) –, Ghosn peut exposer le parcours de La Monte Young (et celui de sa compagne Marian Zazeela). S’il pare au plus pressĂ©, le texte est vif et complet, se chargeant en plus d’écrire en filigrane une histoire du minimalisme amĂ©ricain qui commande Ă  d’autres figures d’intervenir : Terry Riley, Philip Glass, Maryanne Amacher, Rhys Chatham, Charlemagne Palestine
 En amateur Ă©clairĂ©, Ghosn a la bonne idĂ©e de ne pas chercher Ă  Ă©tablir ici la moindre hiĂ©rarchie pour se concentrer davantage sur son portrait du musicien en crĂ©ateur irrĂ©ductible et en homme qui Ă©chappe toujours diffĂ©remment aux convenances de son temps.

Alors, la lecture est rapide, sans doute pour permettre au lecteur d’aller entendre la musique du compositeur – « Il est temps, dit-elle, de tout arrĂȘter pour Ă©couter, Ă©couter, Ă©couter » – et celle des rĂ©fĂ©rences d’une discographie sĂ©lective du minimalisme proposĂ©e ensuite. LĂ , quelques manques (l’auteur privilĂ©giant l’influence du minimalisme sur la pop ou la musique expĂ©rimentale au dĂ©triment de celle ayant touchĂ© quelques compositeurs et interprĂštes de musique contemporaine, par exemple), mais une autre bonne idĂ©e : celle d’aller voir au-delĂ  de tout prĂ©supposĂ© et conseille en consĂ©quence d’aller chercher tel enregistrement d’Yves Klein, Alvin Lucier ou Oren Ambarchi, aussi bien que les inĂ©vitables piĂšces de Terry Riley, Steve Reich ou Phill Niblock. C’est pourquoi l’ouvrage fait figure d’introduction plus que satisfaisante aux rĂ©pĂ©titions de La Monte Young comme Ă  une autre façon de penser la musique (et ses reprĂ©sentations).

le son du grisli

Guillaume Belhomme
Blog - le son du grisli Février 2010