La ballade de Robert Johnson
Jonathan Gaudet fait parler les morts pour raconter lâhistoire dâun musicien qui aurait vendu son Ăąme au diable en Ă©change dâun talent inouĂŻ. Une entreprise littĂ©raire passionnante.
NĂ© pauvre dans le Mississippi du dĂ©but du XX^e^ siĂšcle et mort Ă seulement 27 ans, Robert Johnson fait figure de mĂ©tĂ©ore dans lâunivers de la musique amĂ©ricaine. Au cours de sa carriĂšre chaotique, il nâa enregistrĂ© que vingt-neuf chansons qui lâinstallĂšrent pourtant comme lâun des plus grands bluesmen de tous les temps. En vingt-neuf chapitres habilement agencĂ©s, Jonathan Gaudet imagine la brĂšve existence dâun homme dont la lĂ©gende dit quâil aurait vendu son Ăąme au diable en Ă©change de la renommĂ©e. Vingt-neuf morceaux devenus des rĂ©fĂ©rences ; vingt-neuf routes qui se rejoignent dans la nuit ; vingt-neuf Ăąmes patientant Ă la croisĂ©e des chemins.
Revue de presse
- La Ballade de Robert Johnson Daniel Léon Soul Bag avril 2021
- La Ballade de Robert Johnson Robert Sacre Jazz Mania 25 avril 2021
- La Ballade de Robert Johnson Sophie Chambon DerniĂšres Nouvelles du Jazz 11 avril 2021
- La Ballade de Robert Johnson Claire Julliard L'Obs 4 mars 2021
- Robert Johnson, le blues est un roman Joe Farmer RFI // L'épopée des musiques noires 25 février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Thierry Boillot L'Alsace 23 février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Ronan Manuel Radio Rennes // Bon Vieux Temps février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Made by frenchies Made by frenchies 19 février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Daniel Rolland Culture hebdo 16 février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Paule Martigny Blog des Arts 11 février 2021
- Robert Johnson, la lĂ©gende dâun vagabond glorieux JĂ©rĂŽme Estebe La Tribune de GenĂšve 23 janvier 2021
- Robert Johnson, le blues et le diable Serge Hartmann DerniĂšres Nouvelles d'Alsace 25 javier
- La Ballade de Robert Johnson Alexandre Alvarez Le Suricate magazine 21 janvier 2021
- La Ballade de Robert Johnson Alex Dutilh France Musique / Open Jazz 20 janvier 2021
Robert Johnson est mort jeune, Ă lâĂąge de 27ans. CâĂ©tait en 1938, dans le Mississippi. On a gardĂ© la trace de 29 de ses chansons. Câest peu, et pourtant, câest devenu une lĂ©gende du blues. Un mythe.
On raconte quâil ne doit son talent de guitariste et chanteur quâau pacte passĂ© Ă un carrefour avec le Diable lui-mĂȘme. Il existe peu de photos de lui, ce sont toujours les mĂȘmes clichĂ©s que lâon voit, lui et sa guitare en bandouliĂšre, cigarette Robert Johnson a Ă©tĂ© lâobjet de nombreuses supputations sur sa vie et son Ćuvre. Des travaux richement documentĂ©s ont Ă©tĂ© menĂ©s pour dĂ©mĂȘler le vrai de la lĂ©gende.
De son cĂŽtĂ©, Jonathan Gaudet en a fait une biographie romancĂ©e. Un livre passionnant, pas du tout rĂ©servĂ© aux fins connaisseurs du genre, le blues ou du spĂ©cimen amateurs de boissons fortes et coureur de jupons. En 29 chapitres (clin dâĆil aux 29 titres de Robert), Jonathan Gaudet raconte la vie du musicien errant, Ă©cumant les juke joints et brosse le portrait du sud des Ătats-Unis en introduisant les contemporains du musicien, ses amantes, les producteurs et journalistes qui, eux aussi, ont contribuĂ© Ă façonner ce mythe aux lĂšvres.
TroisiĂšme livre sur Robert Johnson en trois ans! AprĂšs la biographie fouillĂ©e Up Jumped the Devil en 2019, le tĂ©moignage Brother Robert: Growing Up with Robert Johnson en 2020, voici donc cette âballadeâ. Un livre qui ne fera pas polĂ©mique car il sâagit dâun roman, ou plutĂŽt dâun voyage. Le principe est simple. Lâauteur a pris les 29 chansons du bluesman qui constituent les chapitres de son livre. Ainsi, outre Robert Johnson lui-mĂȘme, il ressuscite celles et ceux qui lâont connu, qui interviennent de son vivant ou aprĂšs sa mort. Il dĂ©cline 29 histoires dans lesquelles il imagine leur quotidien, leurs rencontres, leur parcours⊠Aucune recherche de vĂ©ritĂ© historique lĂ -dedans, mais attention, le livre nâa rien de loufoque, câest du sĂ©rieux. Jonathan Gaudet connaĂźt trĂšs bien Robert Johnson et les personnages de son univers, tout comme il reconstitue parfaitement le sud des Ătats-Unis des annĂ©es 1930. En outre, le rĂ©cit est bien Ă©crit dans un style vif, direct: une fois quâon a commencĂ© Ă le lire, malgrĂ© la pagination consĂ©quente, on nâa plus envie dâen sortir ! Bref, un mot suffira : bravo.
[âŠ] Enfin, et nous nous concentrerons sur celui-ci cette semaine, le troisiĂšme livre est un tour-de-force de lâauteur ! Il est construit sur un concept original et judicieux : raconter la vie de Johnson dans le cadre dâune fiction romanesque relatant, sous forme de monologues le plus souvent, les tĂ©moignages de 29 acteurs majeurs dans la vie du musicien (des parents, des amis, des musiciens, des professionnels de la musique,âŠ) sur une solide base de faits authentiques et avĂ©rĂ©s. CâĂ©tait un pari risquĂ© mais il est amplement rĂ©ussi, la rĂ©alitĂ© des faits rejoint la fiction de la forme. Il y a donc 29 chapitres correspondant aux 29 faces enregistrĂ©es par Johnson (2). J. Gaudet imagine ce que ces tĂ©moins pourraient raconter Ă un interlocuteur curieux dâen savoir plus, voire Ă un interviewer. Câest magistral et rĂ©ussi au-delĂ des espĂ©rances. Câest vivant, Ă©pique, variĂ©, passionnant, le livre se lit dâune traite tant lâintĂ©rĂȘt reste soutenu tout du long.
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Il y a encore beaucoup dâanecdotes fascinantes dans les autres chapitres que je vous invite Ă dĂ©couvrir. RĂ©pĂ©tons que ces monologues, dialogues et Ă©vocations sont imaginĂ©s par J.Gaudet et sont recréés par lui mais avec beaucoup de pertinence et de fidĂ©litĂ© Ă la rĂ©alitĂ© historique. Bref, câest passionnant, haletant et on ne sâen lasse pas, jâai dĂ©jĂ commencĂ© une deuxiĂšme lecture de cette grande fresque attachante qui prend la forme dâun roman mais rapporte des faits (presque tous) avĂ©rĂ©s et contrĂŽlĂ©s. Belle prouesse !
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On sait depuis Alain Gerber que le jazz est un roman. Le QuĂ©bĂ©cois Jonathan Gaudet suit cette piste en Ă©crivant une histoire romancĂ©e absolument passionnante de la vie du bluesman Robert Johnson dont on ne sait presque rien, si ce nâest quâil mourut Ă 27 ans, en 1938, dans des circonstances mystĂ©rieuses, aprĂšs avoir Ă©crit 29 chansons dont âSweet home Chicagoâ, âHellhound on my trailâ, âLove in vainâ.
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ObĂ©issant Ă une contrainte qui se rĂ©vĂšle astucieuse, lâauteur structure son rĂ©cit en 29 chapitres dont les titres sont tout trouvĂ©s, puisquâils correspondent aux chansons composĂ©es par Robert Johnson. Ce qui nâest pas un mince avantage pour le lecteur nĂ©ophyte mais aussi pour lâamateur de blues qui dĂ©couvrent ainsi les chansons de Robert Johnson et peuvent plonger dans la musique de cet auteur-compositeur fĂ©cond. Objectif atteint et coup double puisque La ballade de Robert Johnson fait partie de la collection Musiques de la maison dâĂ©dition marseillaise Le Mot et Le Reste.
Les Ă©crits de Jonathan Gaudet balancent selon un mouvement imprĂ©visible et implacable, au fil de ce qui semble une minutieuse enquĂȘte dans la mĂ©moire des tĂ©moins survivants. Chaque chapitre donne en effet la parole Ă un personnage qui a connu Robert Johnson, de lâadolescence Ă sa mort, a partagĂ© un Ă©pisode marquant Ă ses cĂŽtĂ©s. Et par leur regard et leur voix, se constitue un portrait fragmentĂ© mais complet, recomposĂ© au plus juste.
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Avec cette construction savamment tissĂ©e Ă partir de rares Ă©lĂ©ments dâune vie qui sâest achevĂ©e trop vite, lâauteur donne Ă ce personnage imaginĂ© une vĂ©ritĂ© historique et une certaine innocence. Il signe un roman trĂšs visuel, façon road movie. Un biopic potentiel dont les Ă©pisodes accrocheurs devraient inspirer des cinĂ©astes. Ses inventions romanesques sont si plausibles quâelles pourraient ĂȘtre authentiques. Ce rĂ©cit plein de vivacitĂ© est aussi prĂ©texte Ă une rĂ©flexion dĂ©senchantĂ©e sur la situation des Noirs dans le Sud, la vie Ă©puisante sur les plantations. La condition dramatique des femmes donne lieu Ă des descriptions pleine de compassion de la mĂšre, la soeur et de la femme de Robert Johnson morte en couches.
Faisant preuve dâune audace formelle des plus convaincantes pour retracer lâitinĂ©raire trop vite interrompu dâun ĂȘtre douĂ©, âun garçon qui voulait avaler le mondeâ et qui devint une lĂ©gende, Jonathan Gaudet a rĂ©ussi un livre inspirĂ© et crĂ©atif que lâon abandonnera Ă regret, une fois terminĂ©.
Une chronique à retrouver en intégralité dans les DerniÚres Nouvelles du Jazz
Bluesman itinĂ©rant et fascinant, Robert Johnson, mort Ă 27 ans en 1938, fait lâobjet de nombreuses lĂ©gendes. Dont celle de son âpacte avec le diableâ. Dans un vibrant roman polyphonique, Jonathan Gaudet retrace le parcours de cet enfant noir nĂ© sans pĂšre dans lâEtat du Mississippi. Fils dâune cueilleuse de coton, il dĂ©cide de consacrer sa vie Ă la musique et de sây faire un nom. Il bourlinguera de ville en ville, de femme en femme, dans le climat brĂ»lant et misĂ©rable du sud des Etats-Unis. Rien de tel que la fiction pour cerner un mythe au plus prĂšs.
LâannĂ©e 2021 marque le 110Ăšme anniversaire de la naissance du bluesman Robert Johnson dont la saga a suscitĂ© de nombreux Ă©crits au fil des dĂ©cennies. Ces derniers mois, plusieurs ouvrages ont, Ă nouveau, contĂ© lâhistoire Ă©pique de ce fascinant guitariste. Les biographies ne manquent pas, mais rendre son Ă©popĂ©e palpitante et crĂ©dible est devenu une vraie gageure. Jonathan Gaudet a choisi de romancer lâaventure tumultueuse dâun homme noir effrontĂ©, indomptable, pĂ©tri de talent, bousculĂ© par la vie et trop tardivement cĂ©lĂ©brĂ©. âLa ballade de Robert Johnsonâ (Ed. Le mot et le reste) est le film dâune existence fugace qui parvient toujours Ă nous Ă©mouvoir et Ă nous interroger.
NĂ© le 8 mai 1911 au cĆur du Mississippi, Robert Leroy Johnson a longtemps Ă©tĂ© dĂ©crit comme un personnage Ă©nigmatique, dont la lĂ©gende tenace veut quâil ait croisĂ© le diable et vendu son Ăąme en Ă©change dâune virtuositĂ© guitaristique incontestable. Cette fable ne repose Ă©videmment sur aucun fait avĂ©rĂ©, mais perdure malgrĂ© tout dans lâesprit des conteurs du blues. La rĂ©alitĂ© est tout autre et, mĂȘme si des zones dâombre subsistent, la vie de Robert Johnson fut beaucoup moins romanesque quâelle ne le fut prĂ©sentĂ©e. ConfrontĂ© Ă la duretĂ© de lâAmĂ©rique raciste du dĂ©but du XXe siĂšcle, ce jeune Afro-AmĂ©ricain de la campagne sudiste dut batailler pour exister et faire valoir son talent.
Bien que sujette Ă controverses, la disparition de Robert Johnson en aoĂ»t 1938 rejoint, dans lâimaginaire de Jonathan Gaudet, la thĂšse la plus souvent envisagĂ©e : lâempoisonnement. Cette libertĂ© dâinterprĂ©tation du rĂ©el chiffonnera certainement les partisans de lâauthenticitĂ© biographique mais quâimporte⊠Redessiner les contours dâune vie nâaltĂšre pas sa valeur. Jouer avec les moments-clĂ© dâune Ă©poque rĂ©volue participe Ă sa vigueur prĂ©sente. Certes, Robert Johnson ne foula jamais la prestigieuse scĂšne du Carnegie Hall de New York mais il Ă©tait bien lĂ , ce 23 dĂ©cembre 1938, invisible mais perceptible, absent mais incontournable, dans le feu des projecteurs mais poussiĂšre dâĂ©toiles au firmament du blues.
Une émission à écouter sur RFI
Auteur canadien, Jonathan Gaudet a puisĂ© les sources de son roman aux frontiĂšres du mythe et de la vĂ©ritĂ© sur Robert Johnson. Avec lui, les morts ont la parole et câest une grande page de lâHistoire du blues qui nous est enfin rĂ©vĂ©lĂ©e.
La rĂ©plique du film LâHomme qui tua Liberty Valence est devenue cĂ©lĂšbre : « Quand la lĂ©gende dĂ©passe la rĂ©alitĂ©, on publie la lĂ©gende ». Et concernant Robert Johnson, la lĂ©gende est au-dessus du tout. Pionnier du blues, le musicien est nĂ© et a grandi dans le Mississippi rural. ĂlevĂ© par sa mĂšre, le jeune Johnson nâa jamais connu son pĂšre et subira la discipline de ses beaux-pĂšres successifs. La religion ne lâintĂ©resse pas plus que le travail harassant quâon lui « offre » Ă la plantation. En dehors des femmes, sa seule passion, câest la musique.
Robert est un habituĂ© des juke joints, ces baraques improbables que les descendants dâesclaves transforment en cabaret. Il y croise notamment Son House, vĂ©nĂ©rable bluesman qui se dit impressionnĂ© par ce jeunot aux progrĂšs fulgurants.
Dâune plantation Ă lâautre, le bruit circule : Johnson aurait croisĂ© le diable Ă un carrefour et Ă©changĂ© son Ăąme contre un jeu de guitare qui mettrait le monde Ă ses pieds.
Un incroyable héritage
Ainsi, Robert Johnson devint le hĂ©ros du Crossroads. Il en fait une chanson et en Ă©crit 28 autres. Toutes sont enregistrĂ©es avec les moyens du bord Ă San Antonio et le tĂ©moignage rustique de ces captations datant de 1936 et 1937, allait fasciner toute la noblesse du rock moderne. Les Rolling Stones, Eric Clapton, Led Zeppelin, Lynyrd Skynyrd, Johnny Winter, Red Hot Chili Peppers, The White Stripes et des dizaines dâautres intĂ©greront Robert Johnson Ă leur rĂ©pertoire. Le crĂ©ateur de Sweet Home Chicago et de Love In Vain, lui, mourrait Ă 27 ans au mĂȘme Ăąge que Jim Morrison, Janis Joplin, Kurt Cobain et autres membres du morbide « club des 27 »⊠Comme si la malĂ©dic- tion lui avait survĂ©cu.
On ne connaĂźt que quelques pho- tos de Robert Johnson. La lĂ©gende dĂ©passe la rĂ©alitĂ©. Elle inspire Ă Jonathan Gaudet ce roman passion- nant, dĂ©clinĂ© en 29 chapitres dont chacun porte le titre dâune chanson. Il est conseillĂ© de lire chacun dâeux en réécoutant les enregistrements du pionnier. Dâun Ă©pisode Ă lâautre, les tĂ©moins font revivre toute lâhistoire. Un drame en fait. Robert Johnson a composĂ© des chansons qui ont contribuĂ© Ă changer le monde. Il ne saura jamais Ă quel point son hĂ©ritage a Ă©tĂ© pillĂ© mais aussi bonifiĂ©. Son pacte avec le dĂ©mon, finalement, nâaurait-il pas bel et bien marchĂ© ?
Une chronique Ă retrouver dans LâAlsace
âBonVieuxTemps trĂšs bluesy cette semaine avec lâexcellent auteur et musicien QuĂ©bĂ©cois Jonathan Gaudet pour son livre âLa Ballade de Robert Johnsonâ, aux Ă©ditions Le Mot et Le Reste. Et puis, Ă Ă©couter, Dolly Parton, Dr Feelgood, Steve Earle, Jonathan Gaudet, John Renbourn, Marc Robine, Greg Brown et Ă©videmment Robert Johnson!âŠâ
La Ballade de Robert Johnson est dans la playlist du weekend de Made by frenchies !
âNĂ© pauvre dans le Mississippi du dĂ©but du xxe siĂšcle et mort Ă seulement 27 ans, Robert Johnson fait figure de mĂ©tĂ©ore dans lâunivers de la musique amĂ©ricaine. Au cours de sa carriĂšre chaotique, il nâa enregistrĂ© que vingt-neuf chansons qui lâinstallĂšrent pourtant comme lâun des plus grands bluesmen de tous les temps.
En vingt-neuf chapitres habilement agencĂ©s, Jonathan Gaudet imagine la brĂšve existence dâun homme dont la lĂ©gende dit quâil aurait vendu son Ăąme au diable en Ă©change de la renommĂ©e. Vingt-neuf morceaux devenus des rĂ©fĂ©rences ; vingt-neuf routes qui se rejoignent dans la nuit ; vingt-neuf Ăąmes patientant Ă la croisĂ©e des chemins.â
Ă retrouver sur Made by frenchies
Sur un bluesman cinquiĂšme meilleur guitariste de tous les temps
Si vous aimez les lĂ©gendes entourant un artiste alors lĂ vous allez ĂȘtre servi concernant la vie en Ă©toile filante du bluesman Robert Johnson mort en 1938 Ă 27 ans, Ăąge maudit comme on sait dans la musique pop. Le magazine Rolling Stones le consacre cinquiĂšme meilleur guitariste de tous les temps. Pourtant Ă ses dĂ©buts, on ne donne pas cher pour ses talents de guitariste. Mais le gars sâobstine et parvient Ă dominer les cordes. En complĂ©ment de cet instrument il sâaccompagnera aussi Ă lâharmonica dont il concevra un support pour pouvoir jouer des deux en mĂȘme temps. Notre compatriote quĂ©bĂ©cois Jonathan Gaudet a Ă©rigĂ© sur lui 29 âtombeauxâ comme on disait jadis au SiĂšcle des LumiĂšres pour illustrer la mĂ©moire dâun grand. Ce chiffre correspondant, aux vingt-neuf chansons qui nous sont parvenues. Parlant de faits lĂ©gendaires on a insinuĂ© quâil avait entrepris un pacte avec le diable pour pouvoir atteindre Ă la notoriĂ©tĂ©. On ne sait pas non plus de quoi est-il mort au juste, empoisonnement par un tenancier de bar jaloux, pneumonie ou syphilis ? Puis on ne connaĂźt pas le lieu rĂ©el de sa sĂ©pulture. Bref, notre biographe a Ă©rigĂ© une sorte de romance basĂ©e sur des faits rĂ©els. Primo il nous donne le goĂ»t dâaller entendre lâartiste. Ce que cela pourrait faire aussi un sacrĂ© film musical en hommage Ă celui qui fut lâinspiration de tant dâauteurs-compositeurs-interprĂštes aux Ătats-Unis dont Eric Clapton pour qui Johnson fut lâinspiration dâun de ses albums.
Une chronique Ă retrouver sur Culture hebdo
Jonathan Gaudet auteur de plusieurs romans, nĂ© au QuĂ©bec en 1977, partage son temps entre lâenseignement, la musique et lâĂ©criture. Il scande sa ballade en 29 chapitres en regard des 29 chansons enregistrĂ©es, 29 morceaux devenus des rĂ©fĂ©rences dans lâunivers de la musique amĂ©ricaine, et 29 routes dâune vie. Robert Johnson (1911-1938) est nĂ© dans le delta du Mississippi. Ă la fin des annĂ©es 1920, il se met Ă la guitare et confectionne un support Ă son harmonica pour utiliser les deux instruments simultanĂ©ment. Il est devenu une lĂ©gende et une grande source dâinspiration pour des artistes comme Jimi Hendrix, Jimmy Page, Bob Dylan, Bryan Jones, Eric Clapton, Keith Richards qui a livrĂ© cette anecdote dans une interview au magazine Rolling Stone : lorsquâil entend pour la premiĂšre fois un disque de Robert Johnson, en 1962, chez Brian Jones, il lui demande « Qui est-ce ? » Jones rĂ©pond que câest Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Richards insiste : « Non, je veux dire, qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ? » Jones lui dit que câest Johnson lui-mĂȘme. Il nây a pas de second guitariste. Keith, trĂšs impressionnĂ©, sâexclame : « ce type doit avoir deux cerveaux ! » Robert Johnson meurt le 16 aoĂ»t 1938 dans des circonstances mystĂ©rieuses. Il figue dans la funeste liste du Club des 27.
Une chronique Ă retrouver sur le Blog des Arts
Deux rĂ©centes biographies en français narrent la carriĂšre dâĂ©toile filante du bluesman ambulant, mort Ă 27 ans en 1938.
LâĂ©dition française sâest entichĂ©e du blues sudiste des annĂ©es 30, si rustique, si chaud, si bon. VoilĂ une preuve de bon goĂ»t. Viennent en effet de sortir deux biographies du mystĂ©rieux, magnifique et influent Robert Johnson. EmpoisonnĂ© par un mari cocu en 1938, Robert Johnson, câest 27 ans de vie sur notre Terre; 29 chansons gravĂ©es, mille fois scrutĂ©es, pillĂ©es, reprises; câest aussi dix doigts longs et agiles; trois photos connues; et une cascade de bitures autant que de conquĂȘtes fĂ©minines. Johnson, câest un vagabond gĂ©nial Ă la carriĂšre Ă©clair autant que flamboyante, pleine dâombres et de lĂ©gendes. Il fallait bien deux biographies pour dĂ©mĂȘler tout ça.
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Dans «La ballade de Robert Johnson», en librairie cette semaine, le romancier quĂ©bĂ©cois Jonathan Gaudet opte pour une fiction Ă partir dâĂ©tapes avĂ©rĂ©es de la vie du musicien. En 29 chapitres aux noms des 29 chansons de Johnson, il construit un rĂ©cit choral, oĂč les voix des proches, exĂ©gĂštes et conquĂȘtes amoureuses se mĂȘlent pour narrer cette existence Ă©blouissante et chaotique.
Une chronique à retrouver en intégralité sur La Tribune de GenÚve
Un personnage de roman sous la plume de Jonathan Gaudet
De quoi expliquer la lĂ©gende dâun Johnson qui aurait vendu son Ăąme au diable, Ă un carrefour perdu dans la campagne, en Ă©change de son gĂ©nie musical et de sa virtuositĂ© Ă la guitare. Les auteurs y rappellent combien le blues fut pour beaucoup de noirs pratiquants une « musique du diable » vilipendĂ©e par les pas- teurs dans les Ă©glises, parce quâassociĂ©e aux lieux de perdition oĂč elle se jouait â un univers oĂč sâimbriquaient lâalcool, les jeux, la prostitution, les bagarresâŠ
Câest aussi la toile de fond du roman choral du QuĂ©bĂ©cois Jonathan Gaudet, La Ballade de Robert Johnson (chez Le Mot et le Reste, 375 pages, 24 âŹ). En 29 chapitres, dont chacun reprend le titre dâune des 29 chansons de Johnson parvenues jusquâĂ nous, lâauteur fait revivre ceux qui ont croisĂ© la route du bluesman.
Si Et le diable a surgi est Ă©crit dâune façon froidement documentaire, sur le mode dâune enquĂȘte, La ballade de Robert Johnson est un texte davantage ancrĂ© dans lâexercice littĂ©raire. Celui dâune fiction dont Jonathan Gaudet maĂźtrise cependant les Ă©lĂ©ments historiques, donnant une Ă©paisseur Ă Johnson et Ă sa trajectoire. Mais dans chacun des deux livres, lâhomme et lâartiste prennent le pas sur le mythe et la lĂ©gende. Et Robert Johnson nâen ressort que plus grand.
Lâarticle sur Robert Johnson est Ă retrouver en intĂ©gralitĂ© sur DNA
Le 16 aoĂ»t 1938 mourrait le bluesman Robert Johnson, laissant au monde vingt-neuf chansons, trois photographies et une lĂ©gende faustienne. Le style musical novateur de Johnson fut tel quâil aura impactĂ© des gĂ©nĂ©rations de musiciens jusquâĂ nos jours, parmi lesquels Bob Dylan, les Rolling Stones, Eric Clapton ou encore Peter Green.
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Si lâon ne possĂšde que trois clichĂ©s du musicien maudit, les informations fiables le concernant Ă©taient encore plus rares jusquâĂ la publication du livre Up Jumped the Devil: The Real Life of Robert Johnson en 2019.
Partant de ce rĂ©cent exposĂ© historique, lâauteur Jonathan Gaudet livre aujourdâhui La ballade de Robert Johnson, roman en vingt-neuf chapitres liĂ©s Ă chacune des chansons du bluesman.
Vingt-neuf narrateurs se succĂ©deront ainsi pour livrer leur tĂ©moignage, Ă mi-chemin entre histoire et fiction. Ă travers ces reconstitutions, Jonathan Gaudet tĂąchera de combler les lacunes de nos connaissances sur le sujet. Processus dâĂ©criture intĂ©ressant dans la mesure oĂč la majoritĂ© de ce que lâon sait de Robert Johnson nous vient justement des tĂ©moignages de divers musiciens ayant croisĂ© sa route.
Sur fond de crise de 1929 et de sĂ©grĂ©gation raciale, La ballade de Robert Johnson nous emmĂšne donc sur les routes dâAmĂ©rique, au cĆur mĂȘme du Blues.
Dans cette logique, Jonathan Gaudet tĂąchera de ne rien omettre, allant jusquâĂ intĂ©grer Ă son rĂ©cit certaines des controverses rĂ©centes concernant lâartiste, en abordant notamment une prĂ©tendue photographie de Johnson et Johnny Shines dĂ©couverte en 2005 et dont lâauthenticitĂ© a depuis Ă©tĂ© contestĂ©e.
Câest lĂ un des gros dĂ©fauts du roman. Ă force dâintĂ©grer trop dâĂ©lĂ©ments â jusquâĂ en sĂ©lectionner certains de moindre importance â lâauteur en vient parfois Ă parasiter son propre rĂ©cit en visant une trop grande exhaustivitĂ©. En rĂ©sulte un ouvrage qui nâest ni rĂ©ellement un roman, ni un livre dâhistoire, et tend parfois Ă sâĂ©garer dans des considĂ©rations de moindre importance par rapport Ă la narration.
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Il sâagit dâun infime dĂ©tail bien entendu. Mais un dĂ©tail qui poussera parfois le lecteur Ă ne plus pouvoir se situer entre la rĂ©alitĂ© et la fiction, et Ă perdre le fil de sa lecture.
Ainsi, La ballade de Robert Johnson pourra parfois dĂ©sarçonner son lectorat et aurait probablement gagnĂ© en fluiditĂ© soit en sâassumant comme un livre dâhistoire, soit en embrassant pleinement le mythe faustien de lâĂąme vendue au diable Ă la croisĂ©e des chemins pour livrer une fiction complĂšte.
NĂ©anmoins, il faut reconnaĂźtre Ă lâauteur dâavoir su crĂ©er un rĂ©cit nettement plus agrĂ©able Ă lire quâune somme historique pure et dure. Plus encore, La ballade de Robert Johnson est parcouru dâextraordinaires rĂ©fĂ©rences au blues qui, si lâon prend la peine de les Ă©couter, donneront une saveur particuliĂšre â disons mĂȘme une musicalitĂ© â Ă ce roman.
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Ainsi, La ballade de Robert Johnson permet de se crĂ©er une bonne connaissance de ce sujet passionnant par le biais dâun roman Ă la fois abordable et agrĂ©able Ă lire. Si lâon peut lui reprocher certains dĂ©fauts dans la narration, il nâen reste pas moins une lecture tout Ă fait intĂ©ressante.
Une chronique à retrouver en intégralité sur Le Suricate magazine
La Ballade de Robert Johnson de Jonathan Gaudet était le livre présenté dans la rubrique Jazz Culture du 20 janvier !
âOn peut vivre les anecdotes de Robert Johnson dans ce roman.â
Une chronique Ă Ă©couter sur France Musique / Open Jazz Ă partir de 44ââ48