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Parution : 21/02/2025
ISBN : 9782384315420
240 pages (14,8 x 21 cm)

Kate Bush _ Nouvelle édition

Le temps du rĂȘve

Une analyse du parcours musical de la plus singuliĂšre et talentueuse des chanteuses-compositrices anglaises.

Coups de cƓur :

“L’auteur analyse tous les albums de Kate Bush ainsi que ses clips, ses apparitions Ă  la tĂ©lĂ©vision et ses rares concerts. Il nous donne envie d’écouter sa musique en mĂȘme temps qu’on le lit. C’est un rĂ©gal pour les fans.“
Émilie, Fnac Grand Place (Grenoble)

En 1978, Ă  l’ñge de dix-neuf ans, Kate Bush sort Wuthering Heights, son premier 45-tours, qui dĂ©tonne en pleine dĂ©ferlante punk et fait d’elle la premiĂšre femme autrice- compositrice-interprĂšte Ă  atteindre le sommet des charts au Royaume-Uni. Au fil de ses disques, de ses vidĂ©os et de ses rares concerts, elle a cultivĂ© un sens de l’audace et de l’autonomie, transgressant les codes de la pop, imposant son univers hors des modes et sans compromis. Musicienne, productrice, danseuse et auteure-interprĂšte, elle reste par ses performances vocales et son style unique, une rĂ©fĂ©rence transcendant les gĂ©nĂ©rations. En 2014, trente-cinq ans aprĂšs son unique tournĂ©e, son retour sur scĂšne est un triomphe. En 2022, l’utilisation dans la sĂ©rie « Stranger Things » de « Running Up That Hill », chanson sortie trente-sept ans plus tĂŽt, permet Ă  Kate Bush de conquĂ©rir un nouveau public et de renouer avec les sommets des charts internationaux.

Coup de coeur Fnac Grand Place
“L’auteur analyse tous les albums de Kate Bush ainsi que ses clips, ses apparitions Ă  la tĂ©lĂ©vision et ses rares concerts. Il nous donne envie d’écouter sa musique en mĂȘme temps qu’on le lit. C’est un rĂ©gal pour les fans.”

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Revue de presse

KATE BUSH LE TEMPS DU RÊVE Jessica Boucher-RĂ©tif Longueur d'ondes 8 juin 2025
Spéciale Kate Bush, grande figure de la pop, avec Frédéric Delùge JérÎme Colin RTBF auvio // Entrez sans frapper L'intégrale 21 mai 2025
FrĂ©dĂ©ric DelĂąge : Kate Bush, Le Temps du rĂȘve Yves Tassin JazzMania 30 mars 2025
Ces artistes dont on pensait tout savoir, mais non
 Frédéric Vandecasserie RTBF // Classic 21 8 mars 2025
- L'improbable come-back de Kate Bush grùce à la série "Stranger Things" Xavier Le Roux La Nouvelle République 21 juin 2022
- FrĂ©dĂ©ric DelĂąge Kate Bush, le temps du rĂȘve Renaud Oualid Koid'9 Mai 2018
- Kate Bush : le temps du rĂȘve Henri Vaugrand Webzine Clair & Obscur 09 fĂ©vrier 2018
- Kate Bush, un mythe décrypté Stéphane Jonathan Sud-Ouest 24 septembre 2017
- Kate Bush Aena Léo Longueur d'Ondes Printemps 2017
- Kate Bush. Le temps du rĂȘve. Robin Rigaut Vinyl Jan/Fev/Mars 2017
- Héroïnes inouïes Roderic Mounir Le Courrier 3 mars 2017
- Kate Bush en coeur Rebecca Manzoni France Inter - Pop & Co 13 mars 2017
- Kate Bush, portrait d’une artiste complùte Sylvain Siclier Le Monde 3 mars 2017
- Kate Bush, l’aĂ©rienne Eric Buggea Corse Matin 3 mars 2017
- Kate Bush. Le temps du rĂȘve Jean-Philippe Haas chromatique.net 01 mars 2017
- Kate Bush et Joni Mitchell, l’amour partagĂ© FrĂ©dĂ©ric Goaty Muziq 26 fĂ©vrier 2017
- Kate Bush, le temps du rĂȘve Phaco Blog de Phaco 27 fĂ©vrier 2017
- Kate Bush Le Temps Du RĂȘve JĂ©rĂŽme Pintoux Jukebox Magazine Mars 2017
- La chronique - Kate Bush Frédéric Goaty Europe 1 // Music Club 5 février 2017
- " En Angleterre, Kate Bush est adulée comme Piaf ici " Laurent Favreuille La Nouvelle République 8 février 2017
- Livres de la semaine Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 6 février 2017
- Kate Bush le temps du rĂȘve Isabelle Raepsaet La Voix du Nord 2 fĂ©vrier 2017
- Rembobinages pop moderne Julien Welter Magic janvier-février 2017
- Kate Bush Thomas Boujut France 2 // Alcaline 13 janvier 2017

KATE BUSH LE TEMPS DU RÊVE

“Remise en lumiĂšre par la sĂ©rie Stranger Things il y a trois ans, la “sorciĂšre du son” mĂ©ritait que soit augmentĂ©e sa seule biographie Ă  ce jour en français. Ce n’est pas un hasard si FrĂ©dĂ©ric DelĂąge est spĂ©cialisĂ© en musiques progressives : si l’étiquette “rock progressif ne peut suffire Ă  cataloguer les disques de l’artiste anglaise, leur richesse, leur singularitĂ© et leur complexitĂ© gagnent Ă  ĂȘtre analysĂ©es par un connaisseur de musiques aventureuses. On apprĂ©cie Ă  ce titre la double approche de l’auteur : narrative et documentĂ©e pour dĂ©rouler le fil biographique et cerner la personnalitĂ© de Kate Bush; prĂ©cise et technique pour Ă©tudier les sessions d’enregistrement et les albums. A l’image d’une Ɠuvre qui est le fruit d’une histoire familiale et d’une sensibilitĂ© particuliĂšres, autant que d’une artiste fĂ©rue de travail en studio, d’innovation technologique et d’audaces expĂ©rimentales.”

Jessica Boucher-Rétif
Longueur d'ondes 8 juin 2025

Spéciale Kate Bush, grande figure de la pop, avec Frédéric Delùge

“SpĂ©ciale Kate Bush avec le journaliste français FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, qui publie \”_Kate Bush : Le temps du rĂȘve_\” (Le Mot et le Reste). En 1978, Ă  l’ñge de dix-neuf ans, Kate Bush sort Wuthering Heights, son premier 45-tours, qui dĂ©tonne en pleine dĂ©ferlante punk et fait d’elle la premiĂšre femme autrice- compositrice-interprĂšte Ă  atteindre le sommet des charts au Royaume-Uni. Au fil de ses disques, de ses vidĂ©os et de ses rares concerts, elle a cultivĂ© un sens de l’audace et de l’autonomie, transgressant les codes de la pop, imposant son univers hors des modes et sans compromis. Musicienne, productrice, danseuse et auteure-interprĂšte, elle reste par ses performances vocales et son style unique, une rĂ©fĂ©rence transcendant les gĂ©nĂ©rations. En 2014, trente-cinq ans aprĂšs son unique tournĂ©e, son retour sur scĂšne est un triomphe. En 2022, l’utilisation dans la sĂ©rie « Stranger Things » de « Running Up That Hill », chanson sortie trente-sept ans plus tĂŽt, permet Ă  Kate Bush de conquĂ©rir un nouveau public et de renouer avec les sommets des charts internationaux.”

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JérÎme Colin
RTBF auvio // Entrez sans frapper L'intégrale 21 mai 2025

FrĂ©dĂ©ric DelĂąge : Kate Bush, Le Temps du rĂȘve

“Kate Bush ? Le secret le mieux gardĂ© de la pop anglaise, du moins jusqu’à aujourd’hui. PrĂ©cisons : d’une certaine pop anglaise. DĂ©licate, rĂȘveuse, recherchĂ©e
 Tous ces qualificatifs lui siĂ©ent bien Ă  cette musique ! Kate Bush ? Une icĂŽne, notamment auprĂšs de la communautĂ© gay, qui a su, dĂšs le dĂ©part fulgurant de sa carriĂšre (un contrat signĂ© chez EMI Ă  l’ñge de dix-huit ans et un premier hit un an plus tard), mener sa barque Ă  sa guise, en essayant tant bien que mal de se protĂ©ger, notamment en posant un voile discret sur sa vie privĂ©e. Car le showbiz et les tabloĂŻds sont impitoyables. Kate Bush ? Un grand talent, certes, mais aussi une travailleuse inlassable. Aussi bien au niveau de la technique (le chant, le son, l’image) que de la composition et mĂȘme de la danse, qu’elle apprend et pratique en attendant qu’arrive le bon moment pour publier ses premiĂšres chansons. On ne va pas vous raconter toute l’histoire ici
 Pour en connaĂźtre la progression et le dĂ©nouement, il vous faudra lire ce livre (qui complĂšte l’édition parue en 2017). Un ouvrage qui retrace le parcours de Kate Bush de façon chronologique, avec moult dĂ©tails qui forcent le respect. Kate Bush ? Ce sont aussi de magnifiques chansons regroupĂ©es dans une poignĂ©e d’albums essentiels et dont vous trouverez ici la construction, pas Ă  pas. Lire cette biographie de Kate Bush ? C’est passionnant, tout simplement !”

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Yves Tassin
JazzMania 30 mars 2025

Ces artistes dont on pensait tout savoir, mais non


“Changement de genre avec un excellent bouquin qui dissĂšque parfaitement l’Ɠuvre de Kate Bush (Le Mot et le Reste – FrĂ©dĂ©ric DelĂąge) Pour rappel, elle a commencĂ© Ă  Ă©crire des chansons dĂšs l’ñge de 11 ans et sa carriĂšre a vĂ©ritablement dĂ©collĂ© en 1978 avec la sortie de son premier single, “ Wuthering Heights “, inspirĂ© du roman classique d’Emily BrontĂ«. Bush est souvent saluĂ©e pour sa capacitĂ© Ă  mĂ©langer diffĂ©rents genres musicaux, allant du rock au pop, en passant par le folk et la musique expĂ©rimentale. Elle explique : “ J’ai vraiment aimĂ© la premiĂšre sĂ©rie de concerts que nous avons donnĂ©e en 1979, et le plan de base Ă©tait de crĂ©er de la matiĂšre fraĂźche, faire deux nouveaux albums puis un autre spectacle, mais au moment de finir l’album “ The Dreaming “, nous nous sommes rendu compte qu’on s’en Ă©loignait, parce que je m’impliquais beaucoup plus que prĂ©vu dans le processus d’enregistrement. “ Plus loin, la chanteuse dĂ©clare Ă©galement que chacun de ses albums sont aussi des projets visuels : “ Et mĂȘme si ce sont des piĂšces courtes, c’est un Ă©norme travail de les mettre ensemble. “ C’est donc presque logiquement que Kate Bush s’est rendue Ă  l’évidence : “ Je ne suis pas une artiste de concert en live, mais une artiste de studio avec un fort attachement au visuel. “
“ Running Up That Hill “ a connu un regain de popularitĂ© en 2022 grĂące Ă  son utilisation dans la sĂ©rie “ Stranger Things “. “ C’est tellement excitant. Et vraiment surprenant, n’est-ce pas ? Tout le monde est devenu fou ! Ce qui est merveilleux, c’est ce nouveau public qui, en grande majoritĂ©, n’a jamais entendu parler de moi. J’adore ça “, expliquait-elle encore. Et c’est bien entendu aussi parce que son public s’est Ă©largi que ce livre consacrĂ© Ă  Kate Bush vaut plus que le dĂ©tour. En outre, elle ne donne presque pas d’interviews et reste trĂšs secrĂšte. Tout au plus a-t-elle rĂ©cemment expliquĂ© : “ L’ĂȘtre humain n’est pas Ă©quipĂ© pour supporter une renommĂ©e excessive. À moins de la viser expressĂ©ment, comme une Madonna, on finit inĂ©vitablement par se perdre, par oublier ce que l’on souhaite vraiment. La cĂ©lĂ©britĂ© n’a jamais Ă©tĂ© une motivation pour moi. Seuls la crĂ©ation et son processus m’intĂ©ressent, me font vibrer “ Rare sur scĂšne, elle y avait nĂ©anmoins fait un retour triomphal en 2014 avec une sĂ©rie de concerts Ă  Londres, Mais elle pourrait sortir de sa cachette. Puisqu’elle vient de dĂ©clarer : “ Je suis trĂšs motivĂ©e Ă  l’idĂ©e de travailler sur un nouvel album. J’ai beaucoup d’idĂ©es. J’ai vraiment hĂąte de me replonger dans cet espace crĂ©atif. Cela fait longtemps. “ Vivement !”

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Frédéric Vandecasserie
RTBF // Classic 21 8 mars 2025

- L'improbable come-back de Kate Bush grùce à la série "Stranger Things"

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« Elle a un niveau de popularitĂ© qu’elle n’a jamais eu avant »
Elle doit cet improbable retour au sommet Ă  Stranger Things, la sĂ©rie de Netflix Ă  gros succĂšs, notamment auprĂšs des ados du monde entier, dont l’histoire se dĂ©roule dans les annĂ©es 80. Dans la quatriĂšme saison sortie il y a quelques semaines et tant attendue par les fans, les auteurs (les frĂšres Duffer) font du tube de Kate Bush de 1985, Running up that hill, la chanson prĂ©fĂ©rĂ©e de Max, l’une des principales hĂ©roĂŻnes, qu’elle Ă©coute rĂ©guliĂšrement dans son walk-man. Il n’en fallait pas davantage pour que le morceau et son autrice rencontrent un succĂšs mondial fulgurant


« C’est un truc de fou, ce qui est en train de se passer. Kate Bush a actuellement un niveau de popularitĂ© qu’elle n’a jamais eu Ă  la grande Ă©poque », tĂ©moigne FrĂ©dĂ©ric DelĂąge. Le journaliste poitevin (Ă  La Nouvelle RĂ©publique-Centre Presse) connaĂźt son sujet : il est l’auteur de la seule biographie en français de la chanteuse anglaise, sortie dĂ©but 2017. « C’est une artiste qui s’est faite extrĂȘmement rare depuis les annĂ©es 90. MalgrĂ© son succĂšs, elle s’est mĂ©fiĂ©e de la popularitĂ©, a pris beaucoup de recul par rapport Ă  toute intrusion dans sa vie privĂ©e. » [
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Retrouvez l’article en intĂ©gralitĂ© sur La Nouvelle RĂ©publique

Xavier Le Roux
La Nouvelle République 21 juin 2022

- FrĂ©dĂ©ric DelĂąge Kate Bush, le temps du rĂȘve

On connaĂźt bien FrĂ©dĂ©ric DelĂąge pour ses ouvrages sur le rock progressif. Journaliste (Nord-Eclair, l’Echo, Centre-Presse), il a collaborĂ© Ă  diffĂ©rents magazines de rock (Rockstyle de 1994 Ă  1998, Compact puis Crossroads depuis 2002). C’est dire s’il connait le sujet. PassionnĂ© depuis l’adolescence par la musique et l’histoire de Genesis, il Ă©crira le passionnant ouvrage Genesis : La BoĂźte Ă  musique, mis Ă  jour quelques annĂ©es aprĂšs sa premiĂšre parution. Il a Ă©galement signĂ© en 2002 une superbe anthologie de la musique progressive des annĂ©es 70 (Chroniques du Rock Progressif : 1967-1979). Enfin, son bouquin Prog 100 est un incontournable des bibliothĂšques prog !

S’attaquer Ă  Kate Bush icĂŽne mondiale du rock (et pas seulement progressif) et de la pop, c’était risquĂ©. Mais c’était mal le connaĂźtre le bonhomme, Ă©galement passionnĂ© depuis son plus jeune Ăąge par la diva anglaise. Son ouvrage de plus de 200 pages est extrĂȘmement bien Ă©crit et suit la trace de la belle depuis ses dĂ©buts (1978 avec le 45 tours “Wuthering Heights”, inspirĂ© du roman Les Hauts de Hurlevents d’_*Emily Bronte*, single dont ne voulait pas la maison de disque – EMI – et que Kate imposa malgrĂ© tout, permettant Ă  ce dernier de se classer numĂ©ro 1 dans les charts britanniques, lançant sa carriĂšre de maniĂšre fulgurante !) jusqu’à son dernier fait d’armes connu (la sortie du triple CD – ou quadruple vinyle – _Before the Dawn illustrant de maniĂšre Ă©tonnante – on attendait tous une version DVD
 on attend toujours ! -, mais toujours classieuse les 22 concerts qu’elle donna entre fin aoĂ»t et dĂ©but octobre 2014 Ă  l’Hammersmith Appolo de Londres.

AprĂšs une brĂšve introduction qui retrace la premiĂšre vision que le public eut de l’artiste (la cĂ©lĂšbre vidĂ©o de “Wuthering Heights” en robe rouge en pleine nature, vision Ă©ternelle de la beautĂ© d’une artiste de seulement.. 19 ans !), l’auteur dĂ©roule l’historique en commençant par l’enfance de Kate, grĂące notamment au livre Cathy de son frĂšre John Carder Bush, sorti en 1986 et rééditĂ© en 2014, qui prĂ©sente des clichĂ©s Ă©tonnants de la petite fille en devenir
 On apprendra Ă©videmment beaucoup de choses en lisant cet ouvrage extrĂȘmement documentĂ©, car tout ce qui concerne Kate n’est pas toujours si bien connu que ça, quoi qu’on en pense. Seul tout petit bĂ©mol, mais c’est souvent le cas des bouquins de cet Ă©diteur, une iconographie assez pauvre (pochettes de disques, 33T et 45T
 et puis c’est tout !) et seulement en noir et blanc. Un livre absolument indispensable Ă  toute personne qui aime Kate Bush. A signaler qu’il s’agit du premier ouvrage en français sur l’artiste : on croit rĂȘver que personne n’ait eu l’idĂ©e (ou l’audace ?) plus tĂŽt ! A moins que nous ne soyons de sacrĂ©s indĂ©crottables, autres français, allez donc savoir !

Interview de Frédéric Delùge réalisée par Renaud Oualid.

Bonjour Fred, mĂȘme si tu es assez connu pour tes nombreux Ă©crits sur le rock progressif, peux-tu te prĂ©senter briĂšvement Ă  nos lecteurs qui ne te connaitraient pas encore ?

Je suis journaliste en presse Ă©crite rĂ©gionale et je travaille aujourd’hui Ă  la rĂ©daction de Poitiers des quotidiens Centre Presse et La Nouvelle RĂ©publique du Centre Ouest. Pour ce qui est de mes Ă©crits musicaux, j’ai collaborĂ© de 1994 Ă  2001 aux magazines Rockstyle puis Compact et enfin Crossroads avant de crĂ©er mon blog de chroniques (voir le blog). Et j’ai signĂ© quelques livres : une biographie de Genesis (La BoĂźte Ă  musique publiĂ©e initialement en 1998 puis rééditĂ©e en version augmentĂ©e en 2007), deux livres sur le rock progressif ( d’abord Chroniques du Rock Progressif, 1967-1979, qui fut en 2002 le premier livre sur le prog paru en France, puis Prog 100 publiĂ© fin 2014, une autre sĂ©lection de 100 disques mais qui couvre cette fois 100 artistes diffĂ©rents sur la pĂ©riode 1968-2014); et enfin, en janvier 2017, Kate Bush le temps du rĂȘve, mon deuxiĂšme livre paru chez Le Mot et le Reste aprĂšs Prog 100.

Pourquoi et comment en es-tu venu à écrire sur la musique ?

Quand on est journaliste et mĂ©lomane, ne pas Ă©crire sur la musique serait presque Ă©tonnant. Adolescent, je dĂ©vorais les vieux Best, avec une prĂ©dilection toute particuliĂšre pour la plume d’HervĂ© Picart. Et puis en 1994, j’ai rejoint la rĂ©daction de Rockstyle, le magazine créé par Thierry Busson, qui Ă©tait en cette Ă©poque prĂ©-internet, la seule revue musicale gĂ©nĂ©raliste Ă  parler abondamment de rock progressif. J’ai eu l’opportunitĂ© d’interviewer des gens comme Tony Banks, Mike Rutherford, Peter Hammill, Ian Anderson, Jon Anderson, Bill Bruford, Roger Hodgson ou Mike Olfield, entre autres
 A partir de lĂ  je n’ai cessĂ© d’écrire sur la musique, mĂȘme si ce n’est pas mon activitĂ© professionnelle principale.

Comment en es-tu venu Ă  t’intĂ©resser au rock progressif, et notamment Ă  Kate Bush ?

Au milieu des annĂ©es 80, vers l’ñge de 15 ans, j’ai dĂ©couvert en lisant les pages consacrĂ©es au rock dans le “Quid” que la majoritĂ© des trucs que j’écoutais Ă©tait citĂ©e au paragraphe “musique progressive”. En fait, j’ai eu plusieurs rĂ©vĂ©lations musicales successives : les Beatles et Simon & Garfunkel Ă  l’ñge de 12 ans, Mike Oldfield et Supertramp Ă  13-14 puis surtout Genesis et Peter Gabriel Ă  15ans, vite suivis par Yes, King Crimson, Van der Graaf Generator et consorts. Et j’écoutais dĂ©jĂ  Kate Bush Ă  l’époque, elle Ă©tait dĂ©jĂ  d’assez loin ma chanteuse favorite.

Question rĂ©currente : qualifierais-tu Kate d’artiste “progressive” et pourquoi ?

Tout dĂ©pend Ă©videmment de ce qu’on met derriĂšre l’appellation, le rock progressif, ayant pratiquement autant de dĂ©finitions diffĂ©rentes qu’il y a de gens qui en parlent
 Mais si l’on choisit une acceptation relativement large des musiques progressives, il est impossible de ne pas y associer la musique de Kate Bush, qui s’est toujours inscrite hors des sentiers battus, trĂšs Ă©clectique dans ses sources d’inspiration, sans oublier Ă©videmment qu’elle a clairement Ă©tĂ© influencĂ©e par Pink Floyd ou Peter Gabriel.

Comment expliques-tu jusqu’à prĂ©sent l’absence de livre en français sur Kate ?

Je ne l’explique pas. Un livre sur Kate Bush aurait Ă©tĂ© encore plus vendeur en France dans les annĂ©es 80 mais Ă©trangement il n’y en a pas eu Ă  l’époque
 Bref, j’ai juste constatĂ© ce manque, ce qui a contribuĂ© Ă  me donner envie d’écrire un livre sur elle. Exactement ce qui m’est arrivĂ© avec le rock prog en 2000-2001.

Question difficile : quel est ton album préféré de Kate ?

La rĂ©ponse est facile : The Dreaming, le plus audacieux, le plus dingue, celui qui s’est le moins vendu aussi, coincĂ© entre les deux Ă©normes succĂšs qu’ont Ă©tĂ© Never For Ever en 1980 et surtout Hounds Of Love en 1985. A titre personnel, c’est non seulement mon disque favori de Kate Bush mais il figure aussi dans mon top 10 d’album, tout artistes confondus.

As-tu assisté à un des concerts du spectacle Before the Dawn en 2014 ?

Malheureusement, non. A l’époque, j’étais en train de terminer Prog 100 et de toute maniĂšre, toutes les places sont parties en un quart d’heure
 En revanche, j’ai pu avoir accĂšs Ă  des vidĂ©os non officielles mais pour certaines de qualitĂ© professionnelle, ce qui m’a permis d’avoir une vision trĂšs prĂ©cise de la scĂ©nographie du concert, tout particuliĂšrement de celle trĂšs spectaculaire, de la suite “The Ninth Wave”.

Tu es passionnĂ© de musiques progressives, on le sait, mais es-tu Ă©galement Ă©clectique dans tes Ă©coutes musicales ? Quels autres “genres” de musique Ă©coutes-tu ?

Être passionnĂ© de musiques progressives, c’est dĂ©jĂ  ĂȘtre Ă©clectique, non ? Disons qu’avec No-Man, North Atlantic Oscillation, Oceansive, Amplifier ou Lunatic Soul, pour parler de certains de mes groupes post seventies favoris, on s’éloigne dĂ©jĂ  pas mal de Genesis ou de Camel. AprĂšs, parmi les grands noms “hors sphĂšre progressive” que j’écoute toujours, on trouve aussi bien The Cure, XTC, The Waterboys, Abba, AC/DC, Otis Redding, Nick Drake, Neil Young, Tom Petty, les vieux Polnareff, Souchon, ThiĂ©faine, William Sheller, liste Ă©videmment non exhaustive


Quels sont tes projets ? Sur quel artiste aimerais-tu écrire un livre ? Peter Gabriel ? Peter Hammill ?

Je n’ai pas de projet dans l’immĂ©diat mais effectivement, les deux Peter que tu cites sont au cƓur de mes envies pour de potentiels futurs ouvrages


Renaud Oualid
Koid'9 Mai 2018

- Kate Bush : le temps du rĂȘve

Finalement, on connaĂźt peu Kate Bush – en France, ajouterais-je. Oh, bien entendu, on a tous des chansons, des albums ou des clips en tĂȘte – au hasard, « Babooshka », The Dreaming, la vidĂ©o de « Running Up That Hill », le duo avec Peter Gabriel pour « Don’t Give Up »  Bien sĂ»r, on ne peut oublier la danseuse, ni l’artiste dĂ©calĂ©e proposant une musique tellement Ă  part qu’il est toujours compliquĂ© de la faire rentrer dans une case. Mais que sait-on de Catherine Bush, de cette femme qui est devenue une icĂŽne tout en demeurant le plus souvent cachĂ©e ?

C’est un peu le pari de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge avec ce Kate Bush : Le Temps Du RĂȘve : nous faire dĂ©couvrir et comprendre la singularitĂ© d’une artiste qui n’a sans doute pas fini de marquer la musique contemporaine. L’auteur est connu pour ses chroniques et ses ouvrages sur le rock progressif (Genesis : La BoĂźte À Musique, Camion Blanc, 1998 ; Chroniques Du Rock Progressif : 1967-1979, La Lauze, 2002 ; Prog 100 : Le Rock Progressif, Des PrĂ©curseurs Aux HĂ©ritiers, Le Mot et le Reste, 2014). Mais dĂ©jĂ , un petit indice pouvait nous indiquer que Kate Bush pouvait faire l’objet d’une Ă©tude, l’album The Dreaming Ă©tant classĂ© par notre spĂ©cialiste parmi les cent rĂ©fĂ©rences du rock progressif (Prog 100, p. 166-167).

Aujourd’hui, depuis la sortie du premier album de Kate Bush, The Kick Inside, on arrive Ă  quarante ans de carriĂšre, et pourtant, « seulement » dix albums studio, trois live, deux compilations et deux coffrets
 Sur ce point, on donnera raison Ă  FrĂ©dĂ©ric DelĂąge d’avoir sous-titrĂ© cette biographie « Le temps du rĂȘve ». Kate prend son temps et elle le prend de plus en plus. Et elle rĂȘve. Elle rĂȘve Ă  bien des choses, cette jeune Cathy qui ne sait pas trop ce qu’elle va faire de sa vie tout en Ă©grenant les notes sur le piano familial (voir le chapitre « Cathy », p. 11-31). Comme souvent, il y a un titre et un mentor. Le titre, c’est « The Man With A Child In His Eyes ». Le mentor, c’est David Gilmour qui a repĂ©rĂ© la trĂšs jeune Catherine et lui a donnĂ© les moyens de se faire dĂ©couvrir, notamment en finançant des sĂ©ances d’enregistrement aux cĂ©lĂšbres AIR Studios de Londres en juin 1975.

Je pourrais reprendre de la sorte les nombreux Ă©lĂ©ments que FrĂ©dĂ©ric DelĂąge dĂ©veloppe tout au long du livre. Mais lĂ  oĂč l’ouvrage devient passionnant, c’est dans le dĂ©tail des interstices de la volontĂ© de Kate Bush d’ĂȘtre perpĂ©tuellement Ă  contre-courant, de prendre le « show-biz » et le systĂšme « musico-mĂ©diatique » trĂšs souvent Ă  contrepied. C’est dans cette facultĂ© Ă  suivre l’histoire linĂ©aire dans la succession des albums – et l’impressionnante liste des musiciens qui les interprĂštent – autant que dans la justesse des assertions bushiennes qui les expliquent et les commentent – les explications relatives Ă  la composition de « Wuthering Heights », mĂȘlant littĂ©rature et tĂ©lĂ©vision, en sont un parfait exemple (p. 39-41).

On commence Ă  comprendre, au fil des pages, le va-et-vient permanent de la stratĂ©gie de Kate Bush, entre construction d’une Ɠuvre diffĂ©rente – les explications sur le travail en studio sont Ă  ce sujet Ă©clairantes – et volontĂ© de se situer par rapport au « marchĂ© » – lĂ  encore, « Wuthering Heights » est clarifiant. Kate Bush, notamment de The Kick Inside (1978) Ă  Hounds Of Love (1985) et The Whole Story (1986), a suivi son instinct. AprĂšs la promotion de ces deux derniers, Kate est Ă©puisĂ©e et confrontĂ©e Ă  un paradoxe difficile Ă  rĂ©soudre. Elle a Ă  peine 30 ans et dĂ©jĂ , elle commence Ă  ressentir la difficultĂ© Ă  composer. Le processus devient de plus en plus compliquĂ© et les formidables avancĂ©es qu’elle avait connues grĂące Ă  la technologie (la dĂ©couverte du Fairlight CMI, premier Ă©chantillonneur numĂ©rique dĂšs 1980, voir p. 79) ne sont plus aussi stimulantes. Ainsi, la sortie de The Sensual World (1989) marquera un essoufflement dans l’inspiration et la rĂ©alisation


LĂ  oĂč FrĂ©dĂ©ric DelĂąge retient encore notre attention, c’est dans l’explication de l’importance de l’entourage de Kate Bush. Que ce soit son pĂšre, ou ses compagnons (et musiciens), la femme Cathy n’est jamais complĂštement sĂ©parĂ©e de la star Kate. Et la perte de sa mĂšre, Hannah, en 1992, emportera l’artiste dans un tourbillon de changements dans sa vie et son art. Kate se sĂ©parera de son compagnon – qui restera cependant son ingĂ©nieur du son – Del Palmer, et entamera une idylle avec le musicien Danny McIntosh, tout ceci jusqu’à la sortie de The Red Shoes (1993). L’autre Ă©vĂ©nement important sera la naissance de son fils, Albert McIntosh, en 1998. Comme je l’ai dĂ©jĂ  soulignĂ©, Kate Bush, au fur et Ă  mesure, prend son temps, de plus en plus de temps
 Cette vie de mĂšre, Ă  quarante ans, change la donne. Ce que FrĂ©dĂ©ric DelĂąge parvient Ă  rĂ©aliser, c’est Ă  nous faire comprendre pourquoi et comment l’artiste/femme fait ses choix, en dĂ©pit de la notoriĂ©tĂ© ou du qu’en-dira-t-on – on pourrait d’ailleurs faire un parallĂšle masculin avec le John Lennon des derniĂšres annĂ©es


Pourtant, c’est peut-ĂȘtre lorsqu’elle tentera de se renouveler qu’elle sera le moins bien comprise par certains. L’hydre Ă  deux tĂȘtes que reprĂ©sente Aerial (2005) – vingt ans aprĂšs son prototype Hounds Of Love – recevra un accueil enthousiaste. Bush prendra encore son temps pour ses deux derniĂšres productions studio Ă  ce jour, toutes deux sorties en 2011 – Director’s Cut, rĂ©enregistrement de titres de The Sensual World et de The Red Shoes, et 50 Words For Snow_– et son retour sur scĂšne (une sĂ©rie de vingt-deux concerts au Hammersmith Apollo de Londres qui se termine le 1er octobre 2014). _Before The Dawn – juste avant l’aube, comme une pirouette Ă  la maniĂšre si caractĂ©ristique de Kate Bush – sortira en triple album live en 2016. Comme le souligne avec justesse FrĂ©dĂ©ric DelĂąge (p. 199-200) : « [A]prĂšs avoir effacĂ© son image des pochettes, la voilĂ  qui y supprime jusqu’à son propre nom, seul un autocollant indiquant tout de mĂȘme qu’il s’agit bien d’un live de Kate Bush. »

Peut-ĂȘtre sommes-nous prĂšs de la fin de la carriĂšre musicale de Kate Bush – ce qui pourrait ne pas nous surprendre. NĂ©anmoins, elle fait bien partie de ces artistes – FrĂ©dĂ©ric DelĂąge y associe David Sylvian, Roy Harper, Robert Wyatt et Peter Hammill – pour lesquels libertĂ© et prise de risque sont les deux moteurs du pouvoir laissĂ© Ă  l’imaginaire de l’artiste. GĂ©nie fĂ©minin, Kate Bush est une remarquable bizarrerie doublĂ©e d’une icĂŽne anglaise incomprĂ©hensible de ce cĂŽtĂ© de la Manche. GrĂące Ă  l’ouvrage de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, on arrive Ă  mieux apprĂ©hender le personnage, Ă  cerner les contours fuyants et sans cesse renouvelĂ©s de sa musique. La meilleure des preuves de la rĂ©ussite de ce livre c’est que, Ă  peine aprĂšs avoir fini de le dĂ©vorer, on se jette sur les albums de Kate Bush, espĂ©rant y retrouver tout ce que l’on y a aimĂ© mais souhaitant aussi y dĂ©couvrir ce qui nous a Ă©chappĂ© et dont FrĂ©dĂ©ric DelĂąge nous propose certaines clefs


Henri Vaugrand
Webzine Clair & Obscur 09 février 2018

- Kate Bush, un mythe décrypté

Originaire de PĂ©rigueux, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge Ă©crit en expert sur le rock progressif. Dans Kate Bush, le temps du rĂȘve, il brosse un portrait touchant et documentĂ© sur un des plus Ă©tranges phĂ©nomĂšnes de la pop anglaise. Plus influencĂ©e par les mĂąles glam des annĂ©es 1970 que par les rockeuses de sa gĂ©nĂ©ration, Kate Bush a inventĂ© univers unique, ici dĂ©cryptĂ© avec un verbe fluide et une rigueur sans faille. Les citations d’interviews comme le rĂ©cit de l’enfance de la miss *Ă©clairent d’une lumiĂšre quasi psychanalytique la puissance de l’imaginaire de la mystĂ©rieuse Miss Bush.

4*/5

Stéphane Jonathan
Sud-Ouest 24 septembre 2017

- Kate Bush

Cette fille a tout dĂ©frichĂ©. Sans elle, il n’y aurait probablement pas eu de Björk, de Camille ou mĂȘme de Christine and the Queens. À son propos, l’auteur Ă©crit qu’elle a Ă©tĂ© « pionniĂšre dans l’inclusion de la danse, d’élĂ©ments de mime et de théùtre au sein de concerts et vidĂ©os pop ». Au Royaume-Uni, Kate Bush est considĂ©rĂ©e comme un trĂ©sor national, et il va sans dire que cette artiste mystĂ©rieuse et protĂ©iforme a cultivĂ© l’audace et l’indĂ©pendance tout au long de sa carriĂšre. Dans cet ouvrage — le premier en France qui lui est consacrĂ© —, le journaliste rock FrĂ©dĂ©ric DelĂąge revient sur les grandes Ă©tapes de sa carriĂšre. Celle-ci dĂ©buta en 1978 avec le 45 tours “Wuthering Heights”, inspirĂ© du roman Les Hauts de Hurlevents d’Emily BrontĂ«. L’inspiration littĂ©raire marquera nombre de ses compositions, sensuelles et fantaisistes, toujours profondes. Un document prĂ©cieux pour dĂ©couvrir le parcours de cette crĂ©atrice finalement mal connue en France, oĂč on la rĂ©sume trop souvent Ă  ses tubes “Babooshka“ et “Don’t give up“.

Aena Léo
Longueur d'Ondes Printemps 2017

- Kate Bush. Le temps du rĂȘve.

Je lui avais consacrĂ© un dossier de 8 pages (“Fine Bush”) in VINYL 55 il y a dix ans. FrĂ©dĂ©ric DelĂąge en fait Ă©videmment davantage en plus de 200 pages, dĂ©veloppant le sujet avec la passion et le talent qu’on lui connaĂźt (on lui doit plusieurs ouvrages de haut niveau sur le rock progressif qui m’ont apportĂ© beaucoup de (re)dĂ©couvertes) 

Tout est ici Ă©pluchĂ© avec une prĂ©cision chirurgicale, analyse titre par titre, album aprĂšs album, avec mention de tous les musiciens et autres dĂ©tails passionnants sans tomber dans le machin “chiant” ! Ça se lit d’une traite !!
C’est l’histoire d’une nana totalement “hors bizness”, tombĂ©e en 1978 en pleine vague punk au milieu de consoeurs bien plus rock et aux personnalitĂ©s bien affirmĂ©es (Patti Smith, Debbie Harry, Siouxsie, Chrissie Hynde, Pat Benatar, j’en passe et des meilleures 
 ) Avec sa totale “british class”, ses mĂ©lodies croustillantes pas trĂšs rock et deux premiers albums Ă  la voix haut perchĂ©e, elle fait un peu figure d’Alice tombĂ©e de son armoire (ou de son “petit manoir dans la prairie”) dans la bouillonnante marmite punk de cette fin des 70’s ! Elle en sortira avec des sons bien plus exotiques dĂšs son 3Ăšme opus (incluant “Babooshka”, “Egypt”, “Army Dreamers” ou le dĂ©capant “Violin”), et se rĂ©vĂšlera vraiment avec le quatriĂšme, The Dreaming en 1982, qu’elle gĂšre et produit totalement. Un album risquĂ©, considĂ©rĂ© comme son chef-d’oeuvre, bien accueilli par la critique mais un peu boudĂ© par le public. Peu de singles vendeurs (“Sat ln Your Lap” publiĂ© l’an passĂ© et “Suspended In Gaffa”, mais pas de “Babooshkabis”) et des expĂ©riences sonores alors inhabituelles (l’arrivĂ©e d’un didjeridoo sur la chanson titre, instrument totalement inconnu en nos contrĂ©es !) et une voix rauque frisant le feulement, bien loin des envolĂ©es aĂ©riennes de ses dĂ©buts
 On attend trois ans pour la suite, Hounds Of Love, dĂ©coupĂ© en deux faces distinctes, Hounds Of Love pour les radios (“Running up That Hill”, “Big Sky”, “Cloudbusting”) et The Ninth Wave, plus onirique (et plus longue aussi, 26 minutes !). Viendront ensuite The Sensual World (1989), The Red Shoes (1993) et, aprĂšs 12 ans de silence, l’étonnant Aerial en 2005, dĂ©coupĂ© lui aussi en deux CD distincts 

Neuf albums en prÚs de quarante ans, sans fausse note. Brillante carriÚre relatée avec passion par un connaisseur. Et pour une somme ridicule compte tenu du boulot accompli. Merci Monsieur Frédéric Delùge !

Robin Rigaut
Vinyl Jan/Fev/Mars 2017

- Héroïnes inouïes

Kate Bush sur le toit du monde

Il y a la Kate Bush de «Wuthering Heights», variation romantico-gothique sur Les Hauts de Hurlevent d’Emily BrontĂ«. Dans cette chanson qui la rĂ©vĂšle au monde en 1978, son timbre haut perchĂ© atteint des sommets inouĂŻs, accolĂ© Ă  un piano classique qui tranche avec le punk et la disco alors en vogue. Le visage de la pop en est changĂ©, Kate Bush devenant la premiĂšre auteure-compositrice Ă  se hisser en tĂȘte des classements europĂ©ens.

Il y a l’artiste libre et empathique de «Kashka from Baghdad» (1978), rĂ©cit d’une romance homosexuelle interdite. Celle, intrĂ©pide et osĂ©e, de «Babooshka» (1980) ou de «Running Up That Hill» (1985), tumulte percussif qui scelle un «pacte avec Dieu» pour Ă©changer les rĂŽles entre un homme et une femme qui ne se comprennent pas. Il y a encore la Kate Bush bouleversante de «Don’t Give Up» (1986), duo avec Peter Gabriel. Elle y remonte le moral d’un chĂŽmeur brisĂ© par l’économie thatchĂ©rienne: «Ne baisse pas les bras / Il n’y a pas de quoi avoir honte / Ne baisse pas les bras / Nous sommes avec toi.»

Wilhelm Reich et la Hammer

Comme Joni Mitchell, dont elle est une hĂ©ritiĂšre bien que dans un registre musical radicalement diffĂ©rent, Kate Bush se voit consacrer sa premiĂšre biographie en français. Le journaliste FrĂ©dĂ©ric DelĂąge procĂšde chronologiquement, passant au crible la discographie de la native du Kent, ses options artistiques, ses influences (l’ésotĂ©risme de Gurdjieff, la psychanalyse de Wilhelm Reich, la littĂ©rature de William Blake, Henry James, James Joyce, les films de Truffaut, Powell, Kubrick et des studios Hammer), sa lutte pour l’indĂ©pendance au sein de l’industrie discographique.

«C’est une chanteuse que j’admire depuis mon adolescence, confie FrĂ©dĂ©ric DelĂąge. Elle a toujours menĂ© sa ­carriĂšre comme elle l’entendait, dĂšs ses dĂ©buts prĂ©coces Ă  l’ñge de 19 ans, et a su constamment se rĂ©inventer, en ­dehors des modes et des courants. DĂšs le dĂ©part, il lui a fallu batailler avec sa maison de disques pour imposer ‘Wuthering Heights’ comme premier single. Kate Bush est restĂ©e une artiste Ă  part, sans compromissions.»

Inspirée par des hommes

NĂ©e dans un milieu plutĂŽt aisĂ© et de sensibilitĂ© artistique, elle compose trĂšs jeune au piano, enregistrant ses premiĂšres dĂ©mos Ă  l’ñge de 14 ans avec David Gilmour de Pink Floyd comme mentor. Son Ă©closion Ă  la fin des annĂ©es 1970 la place Ă  mi-chemin entre les pionniĂšres du songwriting Joan Baez, Joni Mitchell, Joan Armatrading, Buffy Sainte-Marie, Laura Nyro, Carole King, et la gĂ©nĂ©ration des Tori Amos, Fiona Apple, Regina Spektor, Cat Power, pour lesquelles les premiĂšres ont ouvert la voie. L’intĂ©rĂȘt de Kate Bush pour la danse, le mime et le cinĂ©ma l’amĂšnent Ă  chorĂ©graphier avec soin et force trouvailles ses vidĂ©oclips, et ce qui reste Ă  ce jour l’unique tournĂ©e de sa carriĂšre, le «Tour of Life», en 1979.

«Kate Bush a Ă©tĂ© davantage inspirĂ©e par des hommes, David Bowie, Elton John, Bryan Ferry, que par des artistes femmes, relĂšve FrĂ©dĂ©ric DelĂąge. Elle a su mĂȘler sa fĂ©minitĂ© Ă  ces influences masculines pour crĂ©er un univers trĂšs singulier qui ne doit rien, ou du moins pas grand chose, au blues et au rock’n’roll.» De fait, les compositions Ă  la fois sophistiquĂ©es et accessibles de Kate Bush doivent autant Ă  la musique classique qu’à la pop, au rock progressif et Ă  la musique celtique.

Penchant conceptuel

DouĂ©e pour les ballades aux harmonies riches mais conventionnelles («The Man With a Child in His Eyes», «And Dreams of Sheep»), elle prend des options quasi expĂ©rimentales sur l’album The Dreaming (1982), mue par l’utilisation du Fairlight, un synthĂ©tiseur Ă©chantillonneur rĂ©volutionnaire qu’elle est l’une des premiĂšres Ă  possĂ©der avec Peter Gabriel, Stevie Wonder et Jean-Michel Jarre. Les deux faces complĂ©mentaires de son disque emblĂ©matique de 1985, Hounds of Love, illustrent son penchant conceptuel.

Artiste Ă  part, Kate Bush n’a jamais brillĂ© par son engagement politique, exception faite de son duo avec Peter Gabriel. Son biographe nuance: «Elle a tout de mĂȘme Ă©crit quelques morceaux un peu plus liĂ©s Ă  l’actualitĂ© du monde rĂ©el, comme ‘Army Dreamers’ (sur l’absurditĂ© de la guerre qui fauche une jeunesse sans perspectives, chanson bannie des ondes de la BBC durant la guerre des Malouines, ndlr) ou ‘Breathing’ (sur les effets d’une guerre nuclĂ©aire, ndlr), mais Kate Bush n’est clairement pas un animal politique. Ses chansons Ă©voquent les rĂȘves, les plaisirs des sens, les passerelles entre le monde des morts et des vivants, la beautĂ© de la nature, etc. Son regard sur le monde est bien plus d’ordre Ă©motionnel que politique.» Comme beaucoup de self-made women, Kate Bush ne s’est pas non plus revendiquĂ©e ouvertement fĂ©ministe. «C’est vrai, cependant la ­maniĂšre dont elle a su imposer sa vision dans un univers dominĂ© par des hommes reste exemplaire.»

Contre toute attente, Kate Bush a mis fin Ă  trente-cinq ans d’absence scĂ©nique, en 2014, le temps d’une sĂ©rie de quinze concerts au Hammersmith Apollo de Londres. A guichets fermĂ©s, bien entendu. Un triple CD paru fin 2016 rend compte de ce pari audacieux, un de plus, remportĂ© avec panache. De Tori Amos Ă  Björk en passant par PJ Harvey, Florence and the Machines, Bat for Lashes, Katie Melua, Antony and the Johnsons, Rufus Wainwright, Lorde ou mĂȘme Lady Gaga, son hĂ©ritage couvre tout le champ pop. RMR

«La culture a ouvert des brÚches»

L’universitaire Elizabeth Wollman rappelle que le mouvement folk, Ă©galitaire, a Ă©tĂ© le porte-voix d’évolutions sociĂ©tales majeures.

«Les annĂ©es 1970 sont souvent considĂ©rĂ©es comme une dĂ©cennie dĂ©primante, oĂč les individus se sont repliĂ©s sur eux-mĂȘmes aprĂšs l’échec des grands mouvements sociaux des sixties. C’est faire l’impasse sur le fait que beaucoup des combats engagĂ©s alors, notamment pour les droits des minoritĂ©s ethniques et sexuelles, ont trouvĂ© leur concrĂ©tisation dans la dĂ©cennie suivante.»

Elizabeth Wollman est ethnomusicologue, enseignante Ă  l’universitĂ© de New York. Elle travaille Ă  la croisĂ©e des Ă©tudes genre, de la culture populaire et des mass mĂ©dias. «L’intime est politique: c’était le credo des songwriters des annĂ©es 1970, qui partageaient leurs doutes et leurs contradictions. N’oublions pas que cette dĂ©cennie a aussi vu naĂźtre le rock de stade, avec des groupes masculins obnubilĂ©s par le succĂšs commercial (Aerosmith, Journey, Foreigner, ou mĂȘme Queen malgrĂ© son registre plus complet, ndlr). Le mouvement folk, en comparaison, restait modeste et enracinĂ©.»

Apparence sans importance

Pourquoi le folk a-t-il attirĂ© tant de femmes? «Probablement parce qu’il Ă©tait beaucoup plus Ă©galitaire que le rock. Il suffisait d’enfiler une chemise, de prendre une guitare et de raconter des histoires. Le genre et l’apparence Ă©taient sans importance.» A l’inverse, Elizabeth Wollman cite le cas des Runaways, groupe de hard rock fĂ©minin menĂ© par la guitariste Joan Jett, fondĂ© en 1975: «Ces adolescentes ont Ă©tĂ© exploitĂ©es, exhibĂ©es comme un freakshow. Elles voulaient un son rock dur, mais elles n’étaient pas les bienvenues. Alors que les femmes ont une longue tradition folk aux Etats-Unis.»

On notera le phĂ©nomĂšne des girl groups des annĂ©es 1960, les Shangri-Las, Shirelles, Ronettes et, du cĂŽtĂ© du label de musique noire Motown, les Marvelettes, Martha and the Vandellas, Diana Ross & The Supremes. «Ces groupes vocaux ont connu un grand succĂšs, mais n’écrivaient pas leurs propres chansons. Ces filles Ă©taient des machines Ă  tubes sous la coupe de leur producteurs Berry Gordy, Phil Spector »

Les effets du punk

En rĂ©action au sexisme de l’industrie musicale, un collectif de lesbiennes fonde en 1973 Olivia Records, premier label discographique dirigĂ© uniquement par des femmes. Il reste confidentiel et confinĂ© Ă  une sphĂšre militante. Il faudra attendre les effets de la vague punk et d’artistes comme Patti Smith, Nina Hagen, Siouxie Sioux et The Slits, pour produire un changement profond. Avec l’aide de la culture gay, de la disco et de la pop des annĂ©es 1980, vagues sur lesquelles surferont ­Madonna, Cindy Lauper, Annie Lennox, SinĂ©ad O’Connor


«Les mƓurs ont progressĂ© par Ă©tapes, grĂące Ă  l’impact subconscient du cinĂ©ma et de la musique pop. La culture a ouvert des brĂšches en abordant des sujets qui, auparavant, n’avaient pas droit de citĂ©. MĂȘme le rap, traditionnellement masculin et sexiste, s’est dĂ©mocratisĂ©.» Dans le climat actuel de rĂ©gression, les artistes porteront-ils Ă  nouveau la contradiction?

Retrouvez l’article sur le site du Courrier

Roderic Mounir
Le Courrier 3 mars 2017

- Kate Bush en coeur

À l’occasion de la parution du livre ‘Kate Bush – Le Temps du RĂȘve’ de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, ‘Pop & Co’ se penche sur la carriĂšre de cette audacieuse pionniĂšre.

« Écoute-moi bien, tu ne comprends rien au marchĂ©. » C’est le discours que la maison de disques EMI tient Ă  Mademoiselle Kate Bush quand il est question de choisir son tout premier 45 tours en 1979. FrĂ©dĂ©ric DelĂąge raconte la scĂšne dans son livre, Kate Bush – Le Temps du RĂȘve. Kate Bush a alors 19 ans. Et elle impose son choix Ă  ces messieurs d’EMI calmement. Sa premiĂšre chanson, “Wuthering Heights”, sera excentrique et dure Ă  fredonner.

KateBush, c’est l’histoire d’une jeune fille qui publie un premier disque devenu tube illico contre toute attente. Parce que son morceau est adaptĂ© d’un roman anglais du dix-neuviĂšme siĂšcle : Les Hauts de Hurlevent. Parce qu’elle y chante l’histoire d’un inceste entre une sƓur et son frĂšre adoptif. Lui c’est Heathcliff. Elle, c’est Cathy. Une fois morte, Cathy vient le hanter pour lui dire : « Je te dĂ©testais. Et je t’aimais aussi ».

Le livre Kate Bush – Le Temps du RĂȘve, est une biographie didactique, qui se lit comme un roman. Le parcours d’une grandes figures fĂ©minines de la pop Ă  laquelle aucune monographie en français n’avait Ă©tĂ© consacrĂ©e jusqu’ici. Car, en France, Kate Bush, n’a connu essentiellement qu’un grand tube : “Babooshka”.

Vue de 2017, la vidĂ©o qui accompagne cette chanson de 1980 est incroyable. Pour les couplets, Kate Bush y chante en justaucorps, le visage voilĂ©. Et quand le refrain Ă©clate, elle se mĂ©tamorphose en crĂ©ature lĂ©onine : en bikini, coutelas glissĂ© dans une jarretelle et sabre Ă  la ceinture. Kate Bush fait de la pop comme on fait du théùtre. Chaque chanson est l’occasion d’incarner un personnage. Dans “Babooshka”, c’est une vieille femme qui teste l’amour de son mari en lui envoyant des lettres signĂ©es d’une mystĂ©rieuse Babooshka.

Frédéric Delùge raconte une Kate Bush pionniÚre.

La suite à écouter ici

Rebecca Manzoni
France Inter - Pop & Co 13 mars 2017

- Kate Bush, portrait d’une artiste complùte

Le 20 janvier 1978 paraĂźt le premier 45-tours de la chanteuse, paroliĂšre et compositrice Kate Bush. Sur sa face A, la chanson Wuthering Heights, Ă©vocation des personnages de Catherine et Heathcliff, du roman Les Hauts de Hurlevent, d’Emily BrontĂ«. En quelques semaines, c’est un immense succĂšs en Grande-Bretagne et bientĂŽt dans d’autres pays europĂ©ens conquis par la voix aiguĂ«, la grĂące sĂ©duisante de son interprĂšte. Et le dĂ©but d’une longue carriĂšre pour celle qui n’est alors ĂągĂ©e que de 19 ans.
Si la chanteuse a Ă©tĂ© le sujet de plusieurs livres en anglais, Kate Bush, le temps du rĂȘve est le premier en français. Son auteur, le journaliste FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, avait dĂ©jĂ  rĂ©digĂ© plusieurs ouvrages sur le rock progressif. Il dessine ici le portrait d’une artiste au sens fort du terme, complĂšte – elle Ă©crit ses textes, compose ses musiques, est danseuse, productrice, rĂ©alisatrice
 Une femme aussi soucieuse de garder pour elle et ses proches sa vie privĂ©e – ce qui lui vaut une rĂ©putation de recluse mystĂ©rieuse – que de conserver le contrĂŽle sur ses actes crĂ©atifs.
Album par album – Kate Bush en a rĂ©alisĂ© dix en studio de 1978 Ă  2011, deux en public –, FrĂ©dĂ©ric DelĂąge revient sur chaque Ă©tape, de la conception Ă  la rĂ©alisation, des chansons. Sans recourir Ă  des anecdotes, sauf si elles font sens. Si une chanson est expliquĂ©e, c’est par une dĂ©claration occasionnelle de Kate Bush Ă  la presse. Cela donne un ouvrage prĂ©cis, qui Ă©claire sur les inspirations de la chanteuse, livres ou films. Et qui insiste sur sa curiositĂ© de musicienne, qui la fera s’intĂ©resser trĂšs vite, comme Peter Gabriel, Ă  l’apport des musiques du monde et des technologies sonores Ă  son univers pop.

L’article en ligne

Sylvain Siclier
Le Monde 3 mars 2017

- Kate Bush, l’aĂ©rienne

Kate Bush est une artiste rare. Dans tous les sens du terme. Et s’intĂ©resser Ă  son Ɠuvre consiste Ă  accepter l’idĂ©e de quitter la rĂ©alitĂ© le temps d’un album, quel qu’il soit. AprĂšs avoir ratisser la scĂšne prog pour en extraire cent disques de rĂ©fĂ©rence (Prog 100 en 2014, Ă©galement aux Ă©ditions Le Mot et le Reste) , le journaliste FrĂ©dĂ©ric DelĂąge a consacrĂ© son dernier livre Ă  cette autre princesse de Grande Bretagne – bien Ă©loignĂ©e, cela dit, des rampes dorĂ©es de Buckingham.

Un travail d’archiviste, sinon de fourmi, et une constante chez lui : cette capacitĂ© Ă  transformer le nĂ©ophyte en aficionado en quelque dizaine de pages. Kate Bush, le temps du rĂȘve ne dĂ©roge pas Ă  la rĂšgle.

AprĂšs avoir consacrĂ© des livres au rock progressif et Ă  Genesis, vous voilĂ  l’auteur de la premiĂšre biographie française consacrĂ©e Ă  Kate Bush. Pourquoi elle ?

D’abord parce qu’il n’existait jusqu’ici aucun livre en français sur Kate Bush. C’est une artiste trĂšs influente et qui reste une star Ă©norme en Angleterre. Mais la presse rock française n’a finalement qu’assez peu Ă©crit Ă  son propos. 90% des archives et interviews qui ont constituĂ© ma base de travail proviennent d’ailleurs de la presse britannique.

A quand remonte le projet et au-delà de celui-ci, votre passion pour le travail de l’artiste ?

J’ai commencĂ© Ă  y songer peu aprĂšs la publication de Prog 100, il y a donc un peu plus de deux ans. Mais j’écoute et j’admire Kate Bush depuis mon adolescence. J’avais mĂȘme chroniquĂ© l’album The Sensual World Ă  sa sortie en 1989 dans le petit journal que nous rĂ©alisions Ă  l’école de journalisme


Bush est une institution en Grande-Bretagne. En France, le grand public ne connaßt guÚre que Wuthering Heights, Babooshka et Running Up That Hill. Pourquoi ce décalage, selon vous ?

Elle a quand mĂȘme pas mal de fans aussi en France, heureusement ! Mais effectivement chez nous, le grand public ne connaĂźt que les titres que vous citez ou bien le duo Don’t Give Up avec Peter Gabriel. Peut-ĂȘtre parce que son univers onirique parle plus Ă  la sensibilitĂ© anglaise qu’au cĂŽtĂ© plus terre Ă  terre des Français. Cela dit, elle n’est pas la seule artiste britannique moins connue en France qu’ailleurs, loin s’en faut. La France est tellement marquĂ©e par sa culture « chanson française » qu’en matiĂšre de rock anglo-saxon, elle passe souvent Ă  cĂŽtĂ© d’artistes majeurs, archi connus sauf chez nous !

C’est une artiste rare, y compris sur scùne. Pourquoi ?

Oui, elle n’a sorti que dix albums studio entre 1978 et 2011. Elle est trĂšs exigeante envers elle-mĂȘme, veut absolument Ă©viter de se rĂ©pĂ©ter, et sa lenteur est sans doute le prix de cette rĂ©invention permanente. Il y a eu aussi des pĂ©riodes oĂč sa vie privĂ©e l’a poussĂ©e Ă  mettre sa carriĂšre entre parenthĂšses. Pour ce qui est la scĂšne, c’est encore autre chose. A l’ñge de 20 ans, elle avait mis la barre trĂšs haut pour sa premiĂšre et unique tournĂ©e en 1979, avec un spectacle incluant danse, mime, des costumes et des scĂ©nographies diffĂ©rentes pour chaque chanson. La tournĂ©e l’avait complĂštement Ă©puisĂ©e et elle a mis trente-cinq ans pour se dĂ©cider Ă  revenir enfin sur scĂšne ! Mais ce n’est pas quelqu’un qui est portĂ© naturellement vers la scĂšne.

Son anxiĂ©tĂ© et son besoin de contrĂŽle font que l’enregistrement d’un disque ou la rĂ©alisation de vidĂ©os correspondent davantage Ă  son tempĂ©rament.

Instinctive et visionnaire

La danse est un domaine essentiel dans son univers. Mais la littĂ©rature Ă©galement. Est-ce que la richesse de ses textes a forgĂ© votre intĂ©rĂȘt pour son travail ?

Oui et non. Je pense que le gĂ©nie de Kate Bush tient d’abord dans sa musique, et qu’il n’est pas indispensable de comprendre toutes ses paroles pour ĂȘtre touchĂ© par son art. AprĂšs, sans tout dĂ©voiler ou tout dĂ©cortiquer, j’explique dans mon livre le sens gĂ©nĂ©ral et l’inspiration de la plupart des textes. La littĂ©rature a effectivement constituĂ© pour elle une source d’inspiration (Les hauts de Hurlevent d’Emily BrontĂ« pour Wuthering Heights ou Ulysse de James Joyce pour The Sensual World, par exemple) mais elle a aussi Ă©tĂ© influencĂ©e, peut-ĂȘtre mĂȘme plus frĂ©quemment, par le cinĂ©ma, par des films de Truffaut, de Jacques Tourneur, de Michael Powell


D’ailleurs, c’est une version filmĂ©e des Hauts de Hurlevent, pas le livre, qui lui a donnĂ© envie d’écrire sur le thĂšme d’une femme qui revient du royaume des morts pour implorer son amant. Les chansons complĂštement autobiographiques de Kate Bush sont trĂšs rares. Souvent, elle s’appuie sur des sources extĂ©rieures pour les confronter Ă  son expĂ©rience, Ă  sa vision, et crĂ©er un univers Ă©trange et excentrique. Mais le rĂ©sultat n’est jamais artificiel ou dĂ©connectĂ© de l’émotion, bien au contraire.

Peut-on dire de Kate Bush qu’elle est le chaünon manquant entre deux de ses influences, David Bowie et Peter Gabriel ?

C’est vrai que Bowie et Gabriel ont comptĂ© pour elle, et que sa musique a pu Ă  certaines pĂ©riodes Ă©voquer des cousinages avec celle de l’un ou de l’autre. D’un autre cĂŽtĂ©, ce serait trĂšs rĂ©ducteur de la rĂ©sumer Ă  ça : Kate Bush est vraiment unique. Comme l’a dit le chanteur trip-hop Tricky, on ne peut vraiment dĂ©celer ni d’oĂč elle vient, ni qui l’a influencĂ©e, elle est la crĂ©atrice !

Vous dĂźtes de The Dreaming qu’il s’agit de son premier chef-d’Ɠuvre. C’est pourtant un disque trĂšs difficile d’accĂšs. Audacieux mais difficile. La technique n’y supplante-t-elle pas trop le cĂŽtĂ© Ă©thĂ©rĂ© des efforts prĂ©cĂ©dents ?

Il est plus difficile d’accĂšs que les autres mais il est loin d’ĂȘtre inaccessible : disons qu’il demande juste un peu plus du temps pour ĂȘtre apprĂ©ciĂ©. L’album correspond Ă  une pĂ©riode, 1981-1982, oĂč Kate Bush a pris pour la premiĂšre fois le contrĂŽle total de la production d’un de ses disques. Pour elle, c’était un saut dans l’inconnu. L’album s’est moins bien vendu que les autres et il a Ă©tĂ© diversement apprĂ©ciĂ© Ă  sa sortie. Mais aujourd’hui, il est considĂ©rĂ© comme un des disques les plus importants et les plus audacieux de la pop anglaise du dĂ©but des eighties. C’est une Ɠuvre Ă  la fois sauvage et cĂ©rĂ©brale, exaltĂ©e et sophistiquĂ©e, un vrai disque culte (et accessoirement, c’est un de mes 4 ou 5 albums favoris, tous artistes confondus).

MalgrĂ© tout, Ă  l’image de Pink Floyd, une autre de ses influences, Bush donne l’impression d’avoir toujours su maĂźtriser la technologie et non l’inverse. La meilleure preuve reste Hounds of Love, l’un de ses plus gros succĂšs. Tout le monde n’y est pas parvenu dans les annĂ©es 80.Ceci nous amĂšne plusieurs aspects de sa personnalitĂ© : clairvoyante, pour ne pas dire avant-gardiste, indĂ©pendante. Un cas rare dans l’industrie du disque, non ?

Absolument, Kate Bush est Ă  la fois instinctive et visionnaire. Elle n’avait que 19 ans Ă  ses dĂ©buts en 1978 mais elle n’a pas cĂ©dĂ© pour imposer Wuthering Heights comme son premier 45-tours, alors que sa maison de disques avait choisi au dĂ©part une autre chanson (ndlr : James & the Cold Gun). Et le morceau a lancĂ© sa carriĂšre en occupant presque immĂ©diatement les premiĂšres places des hit-parades europĂ©ens. En plein milieu des annĂ©es 80, elle a rĂ©ussi Ă  concilier plusieurs tubes Ă©normes et une longue suite de 20 minutes sur un mĂȘme album, Hounds Of Love. Elle a toujours suivi son propre chemin sans se soucier des modes. Et elle ne s’est quasiment jamais trompĂ©e.

« Bien malin qui peut prĂ©dire ce qu’elle va faire »

Kate Bush a fini par enregistrer avec Peter Gabriel (ndlr : le duo Don’t Give Up, en 1986). Dans le documentaire consacrĂ© Ă  l’album So, le producteur Daniel Lanois dit d’elle qu’elle incarne la chanson comme une actrice le ferait. Incarner, n’est-ce pas ce qu’elle a toujours fait ? On pense Ă  un morceau comme Houdini, pour ne citer qu’un seul exemple


Oui, elle se met souvent dans la peau d’autres personnages mĂȘme si ces derniers reprĂ©sentent aussi bien souvent un aspect de sa personnalitĂ©.

Pour le cas d’Houdini, oĂč elle incarne la femme du fameux magicien, elle avait carrĂ©ment ingurgitĂ© un verre de lait et des barres chocolatĂ©es pour pouvoir chanter certains passages du morceau avec toute l’aspĂ©ritĂ© vocale qu’elle recherchait. Plus rĂ©cemment, elle s’est immergĂ©e pendant des heures dans une citerne d’eau pour enregistrer la vidĂ©o, projetĂ©e pendant ses concerts de 2014, d’un morceau ~~And Dream Of Sheep~~ qui Ă©voque une naufragĂ©e perdue dans l’ocĂ©an. A sa place, la plupart des artistes se seraient contentĂ©s de faire confiance aux effets spĂ©ciaux : pas Kate Bush, il fallait qu’elle chante vraiment dans l’eau !

Il y a beaucoup d’introspection dans son Ɠuvre. Elton John dit qu’aucune de ses chansons n’est « normale » et la dĂ©finit comme un « beau mystĂšre ». Vous le rejoignez dans ses propos ?

Oui, que ce soit pour sa musique ou pour ses textes, elle n’emprunte pas les sentiers battus. Et il y a aussi beaucoup de non-dits, de mystĂšres dans ses chansons, qui laissent souvent la porte ouverte Ă  plusieurs interprĂ©tations.

Quel est l’hĂ©ritage de Kate Bush ? On imagine que des artistes comme Björk, Tori Amos ou St Vincent lui doivent beaucoup mais encore ?

Les trois chanteuses que vous citez ont effectivement revendiquĂ© son influence mais on pourrait en ajouter beaucoup d’autres, P.J Harvey, Emilie Simon, Florence and The Machine, Bat For Lashes, Alison Goldfrapp etc. Elle est aussi admirĂ©e par de trĂšs nombreux artistes masculins, John Lydon (Johnny Rotten), le rappeur Big Boi ou Robert Smith des Cure par exemple. Kate Bush a Ă©tĂ© une pionniĂšre, Ă  plusieurs niveaux. Lorsqu’elle est apparue Ă  la fin des annĂ©es 70, Patti Smith a dit qu’elle se sentait moins seule ! Mais Kate Bush Ă©tait dĂ©jĂ  diffĂ©rente : une femme auteur-compositeur qui obtient un succĂšs massif avec une pop Ă©trange qui ne doit pas grand-chose au rock’n’roll, ça ne s’était jamais vu. Aujourd’hui, elle reste une rĂ©fĂ©rence trĂšs frĂ©quemment citĂ©e, que ce soit par la presse musicale ou par les artistes eux-mĂȘmes, non seulement pour son inventivitĂ© musicale hors-normes mais aussi pour l’indĂ©pendance avec laquelle elle a su mener sa carriĂšre de bout en bout.

Quels disques conseillerez-vous aux néophytes ?

Mis Ă  part les deux premiers, publiĂ©s Ă  six mois d’intervalle, aucun disque de Kate Bush ne ressemble Ă  un autre. The Red Shoes est le seul qui soit un peu conventionnel, et il souffre aussi d’une production trop amĂ©ricanisĂ©e. Mais tous les autres sont des points d’entrĂ©e possible, mĂȘme si des albums comme The Dreaming ou 50 Words For Snow sont peut-ĂȘtre moins accessibles de prime abord. Pour un nĂ©ophyte, Never For Ever et Hounds Of Love me semblent de bons dĂ©parts, mais on peut aussi dĂ©marrer avec The Kick Inside et Aerial !

En 2017, quelle est l’actualitĂ© de Kate Bush ?

Elle vient de sortir un triple album live (Before The Dawn) de ses concerts de 2014, mais bien malin qui peut prĂ©dire ce qu’elle va maintenant faire. Elle a dĂ©jĂ  prouvĂ© qu’elle Ă©tait capable de rester silencieuse pendant plus de dix ans comme de sortir deux disques dans la mĂȘme annĂ©e. Je pense qu’on peut espĂ©rer un nouvel album d’ici deux ou trois ans, mais c’est loin d’ĂȘtre une certitude ! Le prog, Genesis, Kate Bush


Quel sera le prochain terrain de jeu de Frédéric Delùge ?

Je n’ai pas de nouveau projet dans l’immĂ©diat, mais c’est sans doute provisoire
 DerniĂšre question : Babooshka (« Ba-Bush-K »), c’était elle ? Il faut rappeler que cette chanson met en scĂšne une femme qui essaie de reconquĂ©rir son mari en lui envoyant des lettres anonymes qu’elle signe du pseudonyme de Babooshka. Or, en russe, « Babooshka » signifie « grand-mĂšre » mais peut aussi dĂ©signer les poupĂ©es russes, ce qui fait sens dans une histoire oĂč un personnage en cache un autre. En fait, derriĂšre tous les personnages Ă©nigmatiques de ses chansons, il y a toujours la vĂ©ritable Kate Bush !

L’article en ligne

Eric Buggea
Corse Matin 3 mars 2017

- Kate Bush. Le temps du rĂȘve

FrĂ©dĂ©ric DelĂąge n’attendait sans doute qu’un bon prĂ©texte pour Ă©crire la premiĂšre et unique biographie en français consacrĂ©e Ă  cette extra-terrestre de la musique pop anglaise, bien que que le terme « pop » sied trĂšs mal Ă  quelqu’un qui n’a jamais respectĂ© aucun des codes musicaux en vigueur et a souvent suivi son seul instinct. Toujours est-il que l’auteur de Prog 100 a vraisemblablement saisi le retour sur scĂšne aussi inattendu que rĂ©ussi de Kate Bush pour signer cet ouvrage oĂč se devine une passion immodĂ©rĂ©e – mais comprĂ©hensible – envers celle dont l’influence est aujourd’hui encore largement revendiquĂ©e par de nombreux artistes.

ExtrĂȘmement bien documentĂ©, comme tous les ouvrages de l’auteur, Le temps du rĂȘve se veut factuel, pĂ©dagogique, Ă©vitant les apprĂ©ciations trop personnelles sauf peut-ĂȘtre lorsqu’il s’agit de l’analyse de l’Ɠuvre discographique. Pour l’essentiel, on suit la trajectoire artistique de Kate Bush comme on lirait un roman, les passages plus techniques pouvant ĂȘtre, selon les cas, dĂ©vorĂ©s par les fans avides de dĂ©tails ou laissĂ©s temporairement de cĂŽtĂ© par ceux qui sont moins familiers avec ses disques. L’écriture de DelĂąge est fluide dans les parties narratives, un peu plus touffue – et subjective, forcĂ©ment – dans le dĂ©chiffrage des albums, mais on dĂ©croche difficilement de la lecture de ce parcours atypique que rĂ©sument bien imparfaitement les seuls tubes « Babooshka », « Running Up That Hill » ou « Don’t Give Up ».

On dĂ©couvre d’abord une trĂšs jeune fille au caractĂšre trempĂ©, composant prĂ©cocement des dizaines de chansons, entourĂ©e d’une famille aimante au sein de laquelle la musique et l’art en gĂ©nĂ©ral occupent une place importante. On vit le dĂ©but d’une carriĂšre appuyĂ©e par David Gilmour et le succĂšs de l’improbable « Wuthering Heights ». On apprend Ă  connaĂźtre celle qui, aprĂšs une ascension fulgurante, va refuser la plupart du temps toute surexposition mĂ©diatique, ne fera que peu de compromis avec sa maison de disques et saura se prĂ©server des dangers de la gloire trop vite acquise. On vit aussi ses doutes d’artistes, son refus de la rĂ©pĂ©tition, ses pĂ©riodes difficiles, ses disparitions plus ou moins longues, ses retours souvent imprĂ©visibles mais qui soulĂšvent Ă  chaque fois l’enthousiasme. On se rĂ©jouit de l’incroyable succĂšs de sa sĂ©rie de concerts au Hammersmith Apollo en 2014 (les quatre-vingt mille places se sont vendues en un quart d’heure), trente-cinq ans aprĂšs sa derniĂšre tournĂ©e en date (The Tour of Life , 1979), promesse de belles choses Ă  venir.

On ne peut que saluer la parution de cette bio qui repeuple un peu l’inexplicable dĂ©sert livresque qui entoure en France la carriĂšre d’une artiste d’exception. Peut-ĂȘtre personne n’a-t-il jamais osĂ© s’attaquer sĂ©rieusement au parcours intimidant de Kate Bush ? FrĂ©dĂ©ric DelĂąge l’a fait, brillamment, et on a simplement envie de lui dire : merci.

Jean-Philippe Haas
chromatique.net 01 mars 2017

- Kate Bush et Joni Mitchell, l’amour partagĂ©

Le Mot et le Reste vient de publier Kate Bush, le temps du rĂȘve de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge et Joni Mitchell, Songs Are Like Tattoos d’Édouard Graham, deux livres essentiels consacrĂ©s Ă  des artistes qui ne le sont pas moins.

On ne dit pas une mais un gĂ©nie. Dommage. Car Kate Bush et Joni Mitchell sont incontestablement gĂ©niales. En France, la premiĂšre bĂ©nĂ©ficie d’une certaine popularitĂ© grĂące Ă  ses tubes en or massif, Wuthering Heights (1978), Babooshka (1980) et Running Up That Hill (A Deal With God) (1985). La seconde, en revanche, est nettement moins connue du grand public – amusez-vous Ă  faire un micro-trottoir, et vous risquerez d’obtenir des rĂ©ponses dignes de celle d’un vendeur d’une cĂ©lĂšbre officine champs-Ă©lysĂ©enne*
 Mais quel que soit leur degrĂ© de (re)connaissance ici-bas, elles ont les admirateurs qu’elles mĂ©ritent, et si elles pouvaient les croiser – rĂȘvons un peu –, nul doute qu’elles se reconnaĂźtraient en eux. Car est-il possible d’aimer autrement que passionnĂ©ment Kate Bush et Joni Mitchell ? Non bien sĂ»r, et Kate Bush, le temps du rĂȘve et Joni Mitchell, Songs Are Like Tattoos en apportent la preuve noir sur blanc.

Ces deux biographies sont remarquablement bien Ă©crites, sans effets de manche pseudo-littĂ©raires, sans jugements Ă  l’emporte-piĂšces (positifs ou nĂ©gatifs), extrĂȘmement documentĂ©es, mĂ©ticuleuses et accessibles. Que l’on soit novice ou connaisseur, le rĂ©sultat sera le mĂȘme : plongĂ©e immĂ©diate dans les disques pour (rĂ©)Ă©couter ce que l’on vient de (re)dĂ©couvrir au grĂ© des 218 pages de la premiĂšre et des 386 pages de la seconde !

Mais au delĂ  du plaisir intense que l’on prend en lisant ces deux livres qui resteront toujours Ă  portĂ©e de main et que l’on peut d’emblĂ©e qualifier d’ouvrages de rĂ©fĂ©rences (mĂȘme les livres in english in the text ne nous avaient pas autant retenu), il faut souligner une chose : la passion, voire l’amour (c’est beau l’amour) des deux auteurs pour leur sujet ne les fait pas basculer dans la contemplation stĂ©rile. FrĂ©dĂ©ric DelĂąge et Édouard Graham s’effacent derriĂšre la musique tout en la prenant constamment au sĂ©rieux. On en apprend de belles sur les vies de nos deux super-hĂ©roĂŻnes, femmes libres et crĂ©atrices d’univers hors-normes, mais leur Ɠuvre est passĂ©e avec encore plus de dĂ©lectation au tamis du savoir et de la musicographie (Ă  ne pas confondre avec la musicologie Ă  la petite semaine).
La maniĂšre dont Graham analyse les textes, pardon, les poĂ©sies de Joni Mitchell apporte des lumiĂšres vitales pour l’auditeur qui ne comprend pas toujours les subtilitĂ©s de la langue de Shakespeare. Quant au nombre impressionnant d’anecdotes et de dĂ©tails que rapporte Delage, il ne donne jamais le tournis. Au contraire : il nous replonge comme si on y Ă©tait au cƓur de la quĂȘte artistique de Kate.

En Ă©crivant Ă  hauteur d’homme, FrĂ©dĂ©ric Delage et Édouard Graham ont su retranscrire toute la grandeur d’ñme – grandeur dame ? – de ces deux fascinantes artistes. Respect.

* Pour situer le dĂ©grĂ© de mĂ©connaissance de la chanteuse canadienne, on rapellera cette anecdote, vĂ©ridique : un jour, donc, au Virgin Megastore des Champs-ÉlysĂ©es, un client demande Ă  un vendeur (stagiaire, dit-on
) s’il a des disques de Joni Mitchell. RĂ©ponse un rien narquoise du jeune homme : « Joni Mitchell ?! Vous ĂȘtes sĂ»r ?! Des disques de Johnny Hallyday et d’Eddy Mitchell, ça on en a, mais Joni Mitchell, dĂ©solĂ©, ça n’existe pas
 » (NDR : Faut-il le rappeler, il y avait aussi d’excellents vendeurs au Virgin Megastore.)

Frédéric Goaty
Muziq 26 février 2017

- Kate Bush, le temps du rĂȘve

Dans Kate Bush – Le temps du rĂȘve, le journaliste FrĂ©dĂ©ric DelĂąge propose une trĂšs intĂ©ressante analyse du parcours musical de la plus singuliĂšre et talentueuse des chanteuses-compositrices anglaises.

Dans son propre pays, elle est considĂ©rĂ©e comme une icĂŽne nationale au mĂȘme titre qu’Edith Piaf en France. Par un style musical aventureux, une voix perchĂ©e haut – immĂ©diatement reconnaissable – et des textes Ă©tranges et poĂ©tiques Kate Bush se profile depuis prĂšs de quatre dĂ©cennies comme une artiste internationale majeure et novatrice. Ce premier livre en français sur Bush retient d’autant plus l’attention qu’il est parsemĂ© de trĂšs nombreux extraits – traduits – de ses chansons. SpĂ©cialiste des musiques progressives [Prog 100 (Le mot et le reste), Chroniques du rock progressif 1967-1979 (La Lauze)] DelĂąge commente les textes de la chanteuse, les mettant en parallĂšle avec de nombreux repĂšres biographiques.

Il pose un regard critique sur l’ensemble de sa discographie – riche par la qualitĂ© mais finalement peu abondante [10 albums studio et 2 live sur prĂšs de 40 ans], tentant de cerner la personnalitĂ© atypique d’une auteure-chanteuse qui a toujours (trop ?) cultivĂ© le secret et suscitĂ© l’insatiable curiositĂ© du public. Il nous convie Ă  mieux cerner un voyage musical et littĂ©raire allant de la genĂšse romantique de The Kick Inside (1978) au tout rĂ©cent triple CD live Before The Dawn (2016), signant le grand retour sur scĂšne de la vieillissante Babooshka de 59 ans. PassionnĂ©ment, DelĂąge dĂ©cortique cette carriĂšre fulgurante, rappelant souvent le perfectionnisme tĂȘtu de la dame, sa mĂ©fiance vis-Ă -vis des mĂ©dias [pour son Ă©tiquette de femme-enfant sensuelle qui lui collera longtemps Ă  la peau] et surtout son lĂ©gendaire refus de toute compromission musicale [nĂ©anmoins, le cas du CD The Red Shoes (1993) peut faire dĂ©bat, comme le rappelle l’auteur].

Beaucoup des sources d’inspiration de l’univers de Bush proviennent outre ses goĂ»ts esthĂ©tiques de rencontres amicales ou de son univers familial (« A Coral room »). Et l’auteur rappelle justement l’importance du clan Bush – une famille provinciale aisĂ©e privilĂ©giant les arts et la musique dans leur vie quotidienne – dans la maturation intellectuelle de l’artiste. (Ses deux frĂšres : Paddy Bush, luthier et musicien professionnel ; Jay Bush, un Ă©crivain rĂ©putĂ©). Kate Bush cite souvent comme influences les personnalitĂ©s suivantes : le mime Lindsay Kemp, Gurdjieff, Michael Powell, Bowie, Joyce, Bryan Ferry, Elton John, Steely Dan et Roxy Music (groupes) ainsi que de nombreux peintres prĂ©raphaĂ©lites ou des cinĂ©astes des annĂ©es 30/50.

Inclassable, imprĂ©gnĂ©e par une curiositĂ© insatiable et une boulimie artistique cosmopolite, Bush aura arpentĂ© sur prĂšs de quatre dĂ©cennies les plus sĂ©duisants rivages musicaux entre pop, rock, world, jazz, Ă©lectro et celtic. Quant Ă  ses textes, ils puisent largement – pour l’inspiration – dans le cinĂ©ma, l’érotisme, la littĂ©rature, l’ésotĂ©risme, la philosophie, le théùtre et la poĂ©sie, voire la danse et le mime. En cela, Ă  la fois imprĂ©visible et mĂ©ticuleuse, Bush rejoint le cercle trĂšs confidentiel d’artistes « gĂ©nĂ©ralistes » du style David Bowie ou Peter Hammill, davantage prĂ©occupĂ©s par la modernitĂ© du message que par son purisme. En tout cas, l’excellent ouvrage de DelĂąge a le grand mĂ©rite de rendre plus familier cet univers poĂ©tique et cette personnalitĂ© attachante et complexe qui s’est souvent positionnĂ©e comme une Ă©crivaine.

Phaco
Blog de Phaco 27 février 2017

- Kate Bush Le Temps Du RĂȘve

KATE BUSH
Le Temps Du Reve

Kate Bush est une chanteuse anglaise. Elle s’illustre Ă  la fin des annĂ©es 70 avec une chanson nĂ©o-romantique, “Wuthering Heights”. Elle y dĂ©clare sa flamme Ă  Heathcliff, un hĂ©ros de roman du 19^e^ siĂšcle, Les Hauts de Hurlevent. Kate Bush a fait une trĂšs belle carriĂšre dans les annĂ©es 80. FrĂ©dĂ©ric Delage dĂ©taille minutieusement ce parcours, avec beaucoup de talent dans un style agrĂ©able et fluide que l’on a dĂ©jĂ  remarquĂ© dans ses prĂ©cĂ©dents ouvrages sur Genesis et sur le rock progressif. En lisant ses commentaires subtils, on a l’impression de réécouter les titres phares de la diva, “Wow”, “Army Dreamers”, sorte de berceuse antimilitariste, “Suspended In Gaffa”, une valse 80, “Running Up That Hill”, une course effrĂ©nĂ©e dans les collines, “Hounds Of Love”, une chasse Ă  courre amoureuse. Comme l’écrit l’auteur : Kate Bush ne va cesser de bousculer les conformismes pour imposer la singularitĂ© de sa vision, exploratrice et dĂ©terminĂ©e, Ă  l’écart des courant et des modes, transgressant de maniĂšre unique les codes de la pop, de l’art rock, des musiques du monde, du folk celtique ou de l’intimisme piano-voix.

JérÎme Pintoux
Jukebox Magazine Mars 2017

- La chronique - Kate Bush

FrĂ©dĂ©ric Goaty chronique la “remarquable biographie” de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge dans sa chronique.

Réécoutez l’émission sur le site d’Europe 1 et la chronique de F.G. Ă  1h33

Frédéric Goaty
Europe 1 // Music Club 5 février 2017

- " En Angleterre, Kate Bush est adulée comme Piaf ici "

Aucun livre en français n’avait jusqu’ici Ă©tĂ© consacrĂ© Ă  la chanteuse anglaise Kate Bush. Le journaliste poitevin FrĂ©dĂ©ric DelĂąge a rĂ©parĂ© cet oubli.

En France, Kate Bush est surtout connue des quadras pour deux ou trois tubes comme « Running Up That Hill » ou « Babooshka »  Mais, en Angleterre, elle est adulĂ©e autant que peuvent l’ĂȘtre, chez nous, Piaf ou Barbara ! Quand il Ă©voque la chanteuse britannique Ă  laquelle il vient de consacrer la toute premiĂšre biographie en français, le journaliste poitevin FrĂ©dĂ©ric DelĂąge se montre particuliĂšrement loquace.

Deux tournées en 35 ans

« Il n’y a quasiment rien Ă  jeter dans sa discographie : depuis son premier 45-tours en 1978 (ndlr : “ Wuthering Heights “) jusqu’aujourd’hui, il n’y a que l’album “ The Red Shoes “, en 1993, qui soit un peu plus faible, estime ce spĂ©cialiste du rock progressif (2). C’est aussi une artiste qui reste rare : en prĂšs de quarante ans de carriĂšre, elle n’a sorti que dix albums dont un de reprises. Et son attitude vis-Ă -vis du succĂšs est intĂ©ressante : mis Ă  part Ă  ses dĂ©buts, Ă  19 ans, elle a toujours su se protĂ©ger et privilĂ©gier sa vie privĂ©e. »
Ainsi, malgrĂ© le succĂšs de l’album « Hounds Of Love », en 1985, et les six millions d’exemplaires vendus de la compilation « The Whole Story », l’annĂ©e suivante, l’artiste choisit de ne pas enchaĂźner et de rester silencieuse durant plusieurs annĂ©es. Ses apparitions scĂ©niques sont encore plus rares puisqu’aprĂšs la premiĂšre tournĂ©e marathon de 1979, il faudra que les fans patientent 35 ans avant de l’entendre Ă  nouveau en « live ». « Et encore, souligne FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, son retour sur scĂšne ne s’est fait que dans un lieu unique : le Hammersmith Apollo de Londres, lĂ  mĂȘme oĂč elle avait achevĂ© la tournĂ©e de 1979. »
Quoi qu’il en soit, ce retour fut triomphal puisque les 80.000 billets mis en vente, le 28 mars 2014, pour ces 22 concerts londoniens de l’automne suivant se sont arrachĂ©s en un quart d’heure. « Le mĂȘme jour, les Rolling Stones ont mis 51 minutes pour Ă©couler les 75.000 billets de leur concert au Stade de France prĂ©vu le 13 juin 2014 », prĂ©cise l’auteur.
Ce qui a sĂ©duit FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, c’est aussi l’inventivitĂ© de l’univers crĂ©atif de cette artiste prĂ©coce – Ă  14 ans, elle avait dĂ©jĂ  composĂ© plusieurs dizaines de chansons – qui a su « faire Ă©clater les codes de la pop ». Et l’auteur de conclure : « J’aimerais bien que ce livre donne envie aux plus jeunes de dĂ©couvrir sa musique. »

Laurent Favreuille
La Nouvelle République 8 février 2017

- Livres de la semaine

L’équipe de Easy Rider vous parle du livre de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge dans cette Ă©mission #1326 !

À réécouter ICI en plus des autres conseils.

Olivier Valerio
Radio P.FM // Easy Rider 6 février 2017

- Kate Bush le temps du rĂȘve

Kate Bush est sans nul doute l’une des artistes les plus fascinantes de ces quarante derniĂšres annĂ©es. FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, dĂ©jĂ  auteur de Prog 100, ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur le rock progressif, nous la raconte, de son enfance dans un milieu artistique Ă  la rencontre cruciale avec David Gilmour, guitariste de Pink Floyd, de “Wuthering Heights”, “Babooshka”, “Running Up That Hill” aux spectacles grandioses offerts, alors qu’on n’y croyait plus, en 2014. Aucun doute, ce livre est une somme. Ultra documentĂ©, il laisse une belle place aux tĂ©moignages. Mais cette biographie d’une artiste sur laquelle on a finalement peu Ă©crit n’est pas rĂ©servĂ©e qu’aux fans. Par la grĂące de la jolie plume de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge, elle se lit, aussi, comme un passionnant roman.

Isabelle Raepsaet
La Voix du Nord 2 février 2017

- Rembobinages pop moderne

Une biographie Ă©voque le parcours de l’Anglaise Kate Bush, auteure compositrice de gĂ©nie et icĂŽne pop, qui a su prĂ©server une part de mystĂšre. VoilĂ  la premiĂšre monographie en français consacrĂ©e Ă  la figure totĂ©mique que demeure Kate Bush dans la culture britannique. L’auteur s’est d’ailleurs appuyĂ© sur les archives de la presse anglaise. On lui est redevable d’opter pour la sobriĂ©tĂ© dans un dĂ©roulĂ© chronologique, factuel et pĂ©dagogique, plutĂŽt que de singer l’excentricitĂ© d’une artiste complĂšte surgie en 1978 d’une lande brumeuse recréée en studio, dans une vidĂ©o rĂ©alisĂ©e pour sa chanson Wuthering Heights, qui prend tout le monde par surprise. Ce tube nĂ© adapte Les Hauts de Hurlevent d’Emily BrontĂ« et en dĂ©poussiĂšre le thĂšme, la passion amoureuse. Le ravissement provoquĂ© par la chanteuse est incomparable, au point que mĂȘme l’irascible Tricky se transforme en midinette Ă  la seule Ă©vocation de son nom, comme il le confesse dans le mensuel Mojo : “Je ne peux pas l’imaginer aux toilettes, ou sous la douche. Pour moi, elle est irrĂ©elle”. Wuthering Heights fait de son auteur prodige la premiĂšre anglaise Ă  obtenir un numĂ©ro 1 avec l’une de ses propres compositions. Ses chansons suivantes mĂȘlent mysticisme, culte paĂŻen et ambiguĂŻtĂ© sexuelle. Rendons grĂące aux parents de la jeune femme, bonne Ă©lĂšve grandie dans une banlieue calme du sud de Londres, d’avoir envoyĂ© leur progĂ©niture chez une maison de disques, plutĂŽt que chez un psy. Un ouvrage de plus de 200 pages n’est donc pas de trop pour comprendre ou rappeler tout ça. Intrigante, instinctive, exubĂ©rante, expĂ©rimentale, sexy, risquĂ©e, la dĂ©marche artistique de Kate au cours des annĂ©es 1980 est sans Ă©quivalent, Ă  part Prince. Sa voix pleine de caractĂšre, sensuelle et terriblement expressive, est plus magique que bizarre, mĂȘme si pour ses dĂ©tracteurs, elle a l’effet d’un ongle qui crisse sur un tableau de classe. Ses mouvements hypnotiques et contorsionnĂ©s indiquent que lorsque d’autres optent pour un certain look du moment, elle se donne au contraire la possibilitĂ© d’ĂȘtre exactement elle·mĂȘme. Son extravagance transcende le sentimentalisme, et si son enthousiasme est souvent confondu avec la naĂŻvetĂ©, sa conviction Ă©crase les ricanements. Il en faut, non seulement pour s’imposer dans le milieu pop rock d’alors (en la dĂ©couvrant, Patti Smith dĂ©clare se sentir moins seule) mais aussi pour ĂȘtre prise au sĂ©rieux tout en crĂ©ant rien moins qu’un univers, dont le kitsch est souvent assumĂ©. Kate chante Ă  propos du YĂ©ti, des fĂ©es ou d’une machine Ă  laver, s’acoquine avec l’arriĂšre-garde en studio (Peter Gabriel, Eric Clapton, Elton John) et truffe ses albums de choeurs de voix bulgares, de chants de baleines (des annĂ©es lumiĂšres avant Sigur Ros et BjĂŽrk) ou de citations de James Joyce. Surtout, de danses du ventre en feulements suggestifs, elle expose en public le sexe et l’érotisme du point de vue fĂ©minin, tout en prĂ©servant farouchement sa vie privĂ©e. Jusqu’à aujourd’hui, Kate Bush a bĂąti sa carriĂšre ainsi, entre Ă©clats musicaux, outrances chorĂ©graphiĂ©es et Ă©clipses mĂ©diatiques Ă  rĂ©pĂ©tition. Capable de vivre de ses droits d’auteur, elle laisse Ă  d’autres le besoin, l’envie et la force d’ĂȘtre surexposĂ©e en permanence. Être star peut donc ĂȘtre compatible avec le dĂ©sir de n’avoir jamais voulu devenir cĂ©lĂšbre. Le rĂȘve, comme le rappelle ce livre.

Julien Welter
Magic janvier-février 2017

- Kate Bush

L’émission musicale de France 2 annonce la sortie du livre de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge.

À regarder en replay sur le site d’Alcaline

Thomas Boujut
France 2 // Alcaline 13 janvier 2017