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Parution : 16/01/2020
ISBN : 9782361391898
432 pages (14,8 x 21 cm)

Juke

110 portraits de bluesmen

Il y avait Alain Gerber pour le jazz, on peut désormais compter sur Christian Casoni pour le blues. Sa plume aussi est superbe et ses analyses passionnantes. Car pour écrire aussi bien sur une musique en apparence aussi simple, il faut du talent et Casoni en a à revendre.

Nicolas Ungemuth – Le Figaro

AprĂšs avoir Ă©tĂ© rĂ©dacteur en chef de la revue spĂ©cialisĂ©e Blues Again, Christian Casoni souhaite donner un vĂ©hicule plus gĂ©nĂ©raliste au blues et propose ses services Ă  Rock&Folk. IntĂ©ressĂ© par son idĂ©e de reconnecter les fans de rock Ă  cette musique, Philippe ManƓuvre lui donne les clefs de la rubrique Beano Blues. À partir de lĂ , Casoni a le champ libre pour parler de la musique du diable. Il dĂ©cide de le faire sur un ton qu’il veut lĂ©gĂšrement sacrilĂšge, et met au ban le traitement savant d’une musique qui n’est pas l’aĂŻeul du rock mais le rock’n’roll lui-mĂȘme ! Car au fil de cette anthologie d’articles, le journaliste tend Ă  montrer que s’adresser aux fans des Stooges et des White Stripes, c’est inĂ©vitablement parler Ă  ceux de Howlin’ Wolf, Elmore James ou Hound Dog Taylor.

Revue de presse

- Dans le boxon des jukes Jean-Marc Pinson Ouest France 4 avril 2021
- Christian Casoni pour son livre Juke RTBF // Entrez sans frapper RTBF // Entrez sans frapper 17 février 2021
- Les conseils du Masque et la plume Arnaud Viviant France Inter // Le Masque et la plume 26 avril 2020
- Juke Christine Le Garrec À vos marque ta page ! 25 mars 2020
- Juke Christophe Mourot Soul Bag 14 mars 2020
- Juke Bruno Guermonprez Jazz News avril 2020
- Juke Paule Martigny Mémoire des Arts mars-avril 2020
- Il était une fois le blues Nicolas Ungemuth Le Figaro Magazine 28 février 2020
- Juke Matthieu Jouan Citizen Jazz 1 mars 2020
- Le livre de la semaine Matthieu Conquet - France Inter // Et je remets le son 23 février 2020
- Juke Noé Gaillard Daily Passions 16 janvier 2020
- Interview et plateau avec Christian Casoni Laurent Sapir & Sébastien Vidal TSF Jazz // Caviar & Champagne 23 janvier 2020
- Jazz au Trésor : Christian Casoni Alex Dutilh France Musique // Jazz au Trésor 4 février 2020
- Juke Laurent Chalumeau 27 janvier 2020
- Juke Alain Vollerin Le blog des arts 29 janvier 2020

- Dans le boxon des jukes

Les jukes sont de drĂŽles d’établissements que l’on trouve encore dans les campagnes amĂ©ricaines, le long de routes le plus souvent dĂ©sertiques. C’est Ă  la fois un bistrot, une salle de concert, ça peut ĂȘtre en plus une station-service-alimentation.
Et surtout, ça picole pas mal, et pas que le soir, en Ă©coutant des joueurs de blues locaux. Le juke joint est le nid du blues. Beaucoup sont passĂ©s par lĂ . Philippe ManƓuvre qui fut longtemps aux manettes du magazine Rock and Folk avait confiĂ© les clĂ©s du camion blues Ă  Christian Casoni pour animer la chronique Beano Blues. Dans ce copieux ouvrage, Christian fait la compil’ de ses chroniques et dresse le portrait de 110 bluesmen. Il y a des filles aussi. Connus ou pas, disparus ou toujours prĂ©sents, l’auteur livre dans un texte trĂšs court pour chacun et chacune, un instantanĂ© d’un moment, d’un lieu, d’une vie dans une Ă©criture hyper rythmĂ©e. On a l’impression d’ĂȘtre dans un juke, en train d’écouter et de regarder un vieux bluesman en buvant une biĂšre chaude. On apprend beaucoup, on sourit aussi.
Ce livre est Ă  grignoter par petits chapitres.* IdĂ©al sur une table de nuit si on a dĂ©jĂ  les yeux qui se ferment. Ou alors dans les toilettes, c’est pas mal non plus.

Jean-Marc Pinson
Ouest France 4 avril 2021

- Christian Casoni pour son livre Juke

Christian Casoni Ă©tait l’invitĂ© de l’émission Entrez sans frapper sur la RTBF pour parler de son livre Juke. 110 portraits de bluesmen.

Une émission à réécouter sur la RTBF

RTBF // Entrez sans frapper
RTBF // Entrez sans frapper 17 février 2021

- Les conseils du Masque et la plume

MalgrĂ© la pandĂ©mie, Le Masque et la plume continue en version confinĂ©e et Arnaud Viviant fait du livre de Christian Casoni son conseil de fin d’émission.

“Un truc d’amoureux du blues.”

Réécoutez l’émission en ligne

Arnaud Viviant
France Inter // Le Masque et la plume 26 avril 2020

- Juke

Christian Casoni est tombĂ© dans la marmite du blues dĂšs son plus jeune Ăąge
 Et comme la musique, elle vient de lĂ , dixit notre Johnny national, se plonger dans son univers c’est effectuer, comme le saumon, un prodigieux retour aux sources ! Et c’est ce que vous allez dĂ©couvrir au fil des pages de cet immense pavĂ© qui se lit comme un recueil de nouvelles (noires, cela va sans dire !) Ă  picorer pour le plaisir. Celui de la dĂ©couverte, car vous y apprendrez dans un foisonnement de dĂ©tails la vie et l’oeuvre des artistes plus ou moins cĂ©lĂšbres qui ont donnĂ© ses lettres de noblesse au blues, mais aussi celui de la lecture, car le style d’écriture de Monsieur Casoni, forgĂ© dans un humour sans faille particuliĂšrement rĂ©jouissant, est des plus plaisants ! Vous y trouverez donc les portraits de 110 bluesmen, de Scott Joplin Ă  BB King, dans l’ordre chronologique des enregistrements de leurs disques, construits en mini biographies truffĂ©es d’anecdotes, suivis d’une interview de Bruce Iglauer, fondateur du label Alligator, rĂ©alisĂ©e en 2009. DrĂŽle, instructif et totalement dĂ©calĂ©, cet ouvrage, durant cette pĂ©riode de confinement, vous promet de dĂ©licieux moments d’évasion tout en Ă©largissant de belle maniĂšre votre culture musicale. A vous de fouiner ensuite sur le Net pour aller Ă©couter ces princes (et princesses) qui ont fait le Blues
 Et y a matiĂšre !!! Enjoy !

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Christine Le Garrec
À vos marque ta page ! 25 mars 2020

- Juke

Sont rassemblĂ©es ici 110 chroniques de blues Ă©crites par Christian Casoni pour Rock&Folk, prĂ©cĂ©dĂ©es d’un avertissement et d’un avant-propos qui laissent penser qu’on en lira peut-ĂȘtre autant sur les artistes que sur l’écrivain. Le format court des chroniques n’empĂȘche pas Christian d’y insĂ©rer force dĂ©tails historiques, signes de son travail de recherche, malgrĂ© quelques raccourcis, tout en les enrobant de saillies personnelles, certaines ouvrant d’intĂ©ressantes pistes de rĂ©flexion, d’autres ressemblant plus Ă  de la provocation, ce qui a le mĂ©rite de dynamiser la lecture.

Toutes les Ă©poques du blues sont couvertes et la liste des artistes passĂ©s en revue permet de constituer une discothĂšque de haut niveau. Il ne faut pas manquer les deux chapitres sur le blues en France et sur la prĂ©sence importante de producteurs indĂ©pendants d’origine juive. Qu’il nous soit permis de tiquer face Ă  l’absence de Soul Bag dans la bibliographie. Mais, comme pourrait le dire Christian, il y a, malheureusement, autant de chapelles dans le blues en France que dans les campagnes reculĂ©es du Mississippi.

La chronique est disponible sur le site de Soul Bag

Christophe Mourot
Soul Bag 14 mars 2020

- Juke

GrĂące soit rendue Ă  Christian Casoni, l’élĂ©gante plume responsable d’une des meilleures rubriques de Rock&Folk, ainsi qu’à l’éditeur Le Mot et Le Reste qui a eu l’excellente idĂ©e de les rassembler en un recueil qu’on savourera longtemps et rĂ©guliĂšrement. RĂ©dacteur en chef de Blues Again converti Ă  la pige par un Philippe ManƓuvre qui ne pouvait trouver meilleur prophĂšte, Caso (pour les intimes) a en effet imposĂ© un rendez-vous mensuel du blues historiquement informĂ©, mĂȘlant grand style et documentation de premier ordre, pour composer au fil des numĂ©ros une incroyable comĂ©die humaine. Si l’érudition se doit d’ĂȘtre toujours joyeuse, alors celle qu’on goutera Ă  gĂ©nĂ©reuses lampĂ©es dans ces 110 portraits de personnages dont on croyait parfois tout connaitre se veut, elle, parfaitement jubilatoire. Peut-ĂȘtre parce que la forme et le fond se rĂ©pondent toujours au bĂ©nĂ©fice du lecteur qui croit voir s’animer devant ses yeux un monde dĂ©sormais englouti mais aux prolongations si vivantes dans le nĂŽtre d’aujourd’hui (puisque le blues est, malgrĂ© tout, partout). On est vĂ©ritablement emportĂ© par le sens de la composition, de la langue et de la musicalitĂ© des portraits brossĂ©s par Christian Casoni. Saint-Simon du blues ? Le parallĂšle le fera rougir. Il est pourtant bien des portraits qui font Ă©cho Ă  la petite musique du mĂ©morialiste, jusque dans les accents mi-tendres mi-cruels qui disent la rivalitĂ© Muddy Waters/Howlin Wolf, la peinture trĂšs crĂ©dible des mĂ©andres boueux du Delta et de ses petites tragĂ©dies, ou mĂȘme le bref film noir consacrĂ© Ă  Little Walter qui ne s’arrĂȘtent pas aux vapeurs d’alcool et aux scĂšnes blafardes du South Side pour parler admirablement de musique. MĂȘme les plus frileux pour ce qui touche Ă  la note bleue devrait y trouver leur compte. Amen.

Bruno Guermonprez
Jazz News avril 2020

- Juke

Par Christian Casoni né en 1958, tour à tour postier, professeur, illustrateur et dessinateur de presse.
Il est rĂ©dacteur en chef de Blues Again et pigiste pour Rock&Folk. Philippe ManƓuvre lui a confiĂ© la rubrique Beano Blues, pour parler du chant des jukes. Ce copieux ouvrage est une anthologie d’articles. Ce sont des portraits, des nĂ©cros pour la plupart, rĂ©digĂ©s dans l’esprit de nouvelles de sĂ©rie noire. Il faut savoir que la majoritĂ© de ces bluesmen Ă©taient natifs de Louisiane, issus de milieux misĂ©rables. Certains, trop hĂ©las, ont vu encore enfants, leurs pĂšres assassinĂ©s par le Ku Klux Klan. Ces Ă©lĂ©ments sont importants pour comprendre l’ñme de cette musique. Christian Casoni restitue dans un style personnel les facettes de ces destins torturĂ©s, de ces vies souvent courtes, de ces musiciens gĂ©niaux, guitaristes, harmonicistes, trompĂ©tistes, etc, et de ces voix inoubliables. Dans l’avertissement aux lecteurs il Ă©crit : « Une rĂ©volution musicale inexplicable qui a exterminĂ©. pour le meilleur ou pour le pire, tous les dinosaures acadĂ©miques des Ăąges prĂ©cĂ©dents. » Un aperçu des portraits : Bessie Smith l’impĂ©ratrice, Robert Lockwod, Memphis Slim, Muddy Waters, John Lee Hoocker, Fats Domino, lke Turner, Chuck Berry, B.B King qui disait que chanter le blues c’était ĂȘtre noir deux fois. Et, un texte
sur le blues français, avec une dizaine de portraits. En fin d’ouvrage “Bluesmen noirs, producteurs juifs”. Juifs et Noirs se renvoyaient une image de persĂ©cutĂ©s. Un ouvrage formidable qui se lit avec intĂ©rĂȘt et Ă©motion. Une source inestimable pour les musiciens et les amateurs.

Paule Martigny
Mémoire des Arts mars-avril 2020

- Il était une fois le blues

Il y avait Alain Gerber pour le jazz, on peut désormais compter sur Christian Casoni pour le blues. Sa plume aussi est superbe et ses analyses passionnantes. Car pour écrire aussi bien sur une musique en apparence aussi simple, il faut du talent et Casoni en a à revendre.

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Chaque portrait se lit comme une nouvelle, Ă  chaque ligne, la musique rĂ©sonne. Un livre indispensable pour les adorateurs de cette musique qui en a engendrĂ© tant d’autres.

Nicolas Ungemuth
Le Figaro Magazine 28 février 2020

- Juke

Voici un livre dont il faut lire l’avertissement au lecteur. Car l’auteur (c’est son nom) y explique les choses à savoir sur Juke :
Que ce livre doit se lire par petites doses, un portrait par jour maximum, en dehors des repas.
Que les 110 portraits de bluesmen et blueswomen sont classĂ©s n’importe comment, mais surtout par la date du premier enregistrement de chacun.e (ce qui revient au mĂȘme).
Que l’auteur (il parle de lui Ă  la troisiĂšme personne) considĂšre que Louis VI dit le Gros Ă©tait fait cocu par le rock’n’roll.

Pour le reste, il s’agit d’une fantasque et fantastique collection de notices biographiques (ou carrĂ©ment des nĂ©crologies, on peut le dire) rĂ©digĂ©es avec humour et dĂ©tachement, comme pour tenter de cacher un amour profond pour cette musique Ă  douze cases (bien essayĂ© !). On n’y croit pas une seule seconde et on surpasse facilement la dose prescrite plus haut, tant cette passion pour la musique et ses interprĂštes se fait contagieuse.
On trouve aussi un index Ă  la fin (si on cherche un.e musicien.ne en particulier) ainsi qu’un entretien avec Bruce Iglauer, fondateur du label Alligator, Ă  propos d’un sujet hyper important : « Bluesmen noirs, producteurs juifs » 
Et puis, la notice de mon prĂ©fĂ©rĂ© Snooks Eaglin s’ouvre sur « Snooks est un musicien extraordinaire. Question style, il est assez difficile Ă  suivre, comme tous ceux qui ont vĂ©cu dans le grand bazar nĂ©o-orlĂ©anais, transgresseur des orthodoxies musicales. »
Amen.

Lisez cette chronique en ligne

Matthieu Jouan
Citizen Jazz 1 mars 2020

- Le livre de la semaine

Matthieu Conquet a choisi Juke de Christian Casoni comme livre de la semaine et en discute avec Laure Limongi. Une chronique a retrouver en fin d’émission sur le site de France Inter

Matthieu Conquet
- France Inter // Et je remets le son 23 février 2020

- Juke

Pour vous expliquer le premier mot du titre de cet ouvrage, j’ai deux propositions qui se rejoignent. Un Juke c’est un bar dansant, et j’ai revu la fin du film de John Huston « Asphalt jungle/ Quand la ville dort » quand le seul rescapĂ© du coup s’attarde pour regarder une jeune fille danser
 Juke c’est le titre d’un instrumental d’harmonica, enregistrĂ© pour figurer sur un titre de Muddy Waters par Marion Walter Jacobs dit Little Walter (page 228). Et bien sĂ»r j’ai comme d’habitude consultĂ© en premier la table des matiĂšres pour savoir lesquels des 110 bluesmen je connaissais
 (un bon nombre Ă  ma grande surprise). J’en profite pour regretter l’absence d’un index, voire d’une discographie en 110 albums
 Je passe sur ma surprise devant l’absence d’un Ray Charles ou d’un Lyle Lovett et mon Ă©tonnement devant la prĂ©sence d’un Chuck Berry que j’aurais plutĂŽt vu cĂŽtĂ© rock’n’roll. Mais l’auteur se justifie fort bien et dans un style enlevĂ© et foisonnant d’images. Les lecteurs qui Ă©coutent la musique sans connaĂźtre le vocabulaire correspondant aux techniques musicales des instruments seront peut-ĂȘtre parfois un peu dĂ©routĂ©s mais ils percevront l’enthousiasme et l’humour un peu dĂ©calĂ© qui stigmatise certains traits des portraiturĂ©s.

Avant d’entamer la lecture et surtout de regarder la table des matiĂšres, faites un passage dans votre discothĂšque pour y trouver les bluesmen que vous aimez. Mettez CD ou vinyle en position et commencez Ă  lire. Vous arriverez vite Ă  « entendre » certains mots techniques et vous comprendrez la derniĂšre phrase de l’avertissement au lecteur : « Les bluesmen ne faisaient la guerre Ă  personne, et ce sont eux qui l’ont gagnĂ©e ».

Lire la chronique sur Daily Passions

Noé Gaillard
Daily Passions 16 janvier 2020

- Interview et plateau avec Christian Casoni

La notion de “Tout-monde”, la crĂ©olisation ou encore la conscience qu’on ne peut pas saisir l’importance du jazz sans prendre en compte l’esclavage
 L’écrivain, conteur et essayiste martiniquais Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992 pour“Texaco”, est une voix qui nous est chĂšre, comme le fut en son temps celle d’Édouard Glissant.

Autant dire que lorsqu’on a appris qu’il signait les notes de pochette de “Soley”, le nouvel album du pianiste GrĂ©gory Privat, lui aussi nĂ© en Martinique, l’invitation fut trĂšs vite lancĂ©e pour les rĂ©unir dans ce troisiĂšme numĂ©ro de “Caviar pour tous, champagne pour les autres”, en direct du Jean-Louis La Nuit qui nous accueille pour cette Ă©mission mensuelle depuis novembre dernier. Ce nouveau disque de GrĂ©gory Privat, sur son label Buddham Jazz, il sort la semaine prochaine, le 31 janvier, et le pianiste sera aussi en concert lundi et mardi prochain au Duc des Lombards. Quant Ă  Patrick Chamoiseau, il va devenir lundi prochain le nouveau titulaire d’une chaire d’écrivain en rĂ©sidence Ă  Scences Po.

Autre invitĂ© de marque dans cette Ă©mission, l’historien afro-amĂ©ricain Gerald Horne, de passage au festival Sons d’Hiver cette semaine (mercredi Ă  19h au Hangar d’Ivry-sur-Seine) pour son livre qui va sortir le 21 fĂ©vrier aux Ă©ditions Otium, “Paul Robeson, artiste et rĂ©volutionnaire”, au sujet de ce chanteur et militant noir un peu oubliĂ© aujourd’hui mais qui fut en son temps une vĂ©ritable icĂŽne de la lutte contre la sĂ©grĂ©gation
 Ce mĂȘme Paul Robeson qu’une exposition au MusĂ©e du Quai Branly, Ă  Paris, en 2018, caractĂ©risait justement comme un homme
 du tout-Monde!

Beaux Ă©changes en perspective, avec Ă©galement le concours du journaliste Christian Casoni pour son livre, “Juke: 110 portraits de bluesmen”, anthologie fraternelle et enlevĂ©e d’articles consacrĂ©s au blues et publiĂ©s par l’auteur dans la revue Rock & Folk. avec Ă  la clĂ© une plume ironique, taquine, voire sacrilĂšge (une plume façon “tout-Monde”, peut-ĂȘtre), comme pour mieux en finir avec tout traitement savant d’une musique aussi populaire-et actuelle. Notre ami Bruno Guermonprez, qui coanime l’émission 59 rue des Archives, a dĂ©jĂ  saluĂ© ce livre sur les rĂ©seaux en Ă©voquant un “verbe gĂ©nĂ©reux, presque gouailleur et toujours rusĂ©, faisant briller une connaissance prĂ©cise et foisonnante jamais sĂšche. Grand et fort comme du Saint-Simon !”

Pour clore ce plateau royal, un concert en direct avec sur scĂšne le guitariste Thomas NaĂŻm !

RÉÉCOUTER L’ÉMISSIONSUR LE SITE DE TSF

Laurent Sapir & Sébastien Vidal
TSF Jazz // Caviar & Champagne 23 janvier 2020

- Jazz au Trésor : Christian Casoni

À l’occasion de la sortie du livre de Christian Casoni, Alex Dutilh dĂ©terre quelques perles et inĂ©dits du blues.

La sĂ©quence des perles et des inĂ©dits ressortis de l’oubli. Cette semaine, quelques incunables de la grande histoire du blues Ă  l’occasion la publication de « Juke, 110 Portraits de bluesmen », signĂ© Christian Casoni, aux Ă©ditions Le Mot et le reste.

Découvrez la playlist sur France Musique

Alex Dutilh
France Musique // Jazz au Trésor 4 février 2020

- Juke

Le discours petit Blanc empathique sur la zique noire d’antan, c’est comme tout : ça dĂ©pend comment c’est fait.
Avec le temps, et c’est heureux, on a appris a dĂ©tecter ce qui, dans l’inconditionnelle sacralisation blanche du beulouze, initialement sincĂšre et bien intentionnĂ©e, pouvait Ă  force se faufiler de « blackface » et de « minstrelsy » plus ou moins consciente (pleurnicher sur l’enfance de Muddy Waters, c’est moins ardu que d’obtenir « la vĂ©ritĂ© pour Adama »). On a su dĂ©masquer Ă©galement comment son invocation commode avait pu camoufler les paresse et beauferie d’un certain « klassic wack » clichĂ© et chevelu.
Rien de tout ça ici. Ni faux Tosches citant Eschyle Ă  propos des feulements d’un mĂ©tayer priapique ivre d’alcool Ă  lampe, ni sous ManƓuvre ressassant la sourate des trois accords sacrĂ©s et douze mesures magiques, Christian Casoni propose dans « Juke » (beau titre ! « Fuck » s’est un temps appelĂ© comme ça) un annuaire ou herbier qui vire chemin faisant Ă  la dĂ©lectable « curiositĂ© littĂ©raire ».
« 110 portraits » de Bluesmen donc. Pour moitiĂ© inconnus (de moi, en tous cas. Or, sans jouer au Lomax de la Porte de Lilas, ça donne quand mĂȘme idĂ©e de l’emplacement du curseur). Son inventaire se picore, un lascar Ă  la fois, deux max. C’est un livre qu’on range aux tines. Et ce sont les inconnus qu’on vient Ă  prĂ©fĂ©rer. Ces vies obscures, dĂ©risoires, oppressĂ©es et grandioses nonobstant, finissent, dans leurs rĂ©pĂ©tition et similitudes mĂȘme, par prendre un tour abstrait, fictif, presque poĂ©tique.
Le regard est Ă©clairĂ© et Ă©clairant. La prose plus proche de Jimmy Vaughn que de Stevie Ray (autrement dit, moins de notes, mais murement pesĂ©e et rĂ©flĂ©chie chacune avant d’ĂȘtre jouĂ©e).
Toute la musique qu’il aime
 Ça tombe bien, nous aussi. Et donc, par consĂ©quent, ce livre est rĂ©ussi.

Laurent Chalumeau
27 janvier 2020

- Juke

Par Christian Casoni, nĂ© en 1958, tour Ă  tour postier, professeur, illustrateur et dessinateur de presse. Il est rĂ©dacteur en chef de « Blues again » et pigiste pour Rock & Folk. Philippe ManƓuvre lui a confiĂ© la rubrique Beano Blues, pour parler du chant des jukes. Ce copieux ouvrage est une anthologie d’articles. Ce sont des portraits, des nĂ©cros pour la plupart, rĂ©digĂ©s dans l’esprit de nouvelles de sĂ©rie noire. Il faut savoir que la majoritĂ© de ces bluesmen Ă©taient natifs de Louisiane, issus de milieux misĂ©rables. Certains, trop hĂ©las, ont vu enfants leurs pĂšres assassinĂ©s par le Ku Klux Klan. Ces Ă©lĂ©ments sont importants pour comprendre l’ñme de cette musique. Christian Casoni restitue dans son style personnel les facettes de ces destins torturĂ©s, de ces vies souvent courtes, de ces musiciens gĂ©niaux, guitaristes, harmonicistes, trompĂ©tistes, etc, et ces voix inoubliables. Dans l’avertissement aux lecteurs il Ă©crit : « Une rĂ©volution musicale inexplicable qui a exterminĂ©, pour le meilleur ou pour le pire, tous les dinosaures acadĂ©miques des Ăąges prĂ©cĂ©dents. » Un aperçu des portraits : Bessie Smith l’impĂ©ratrice, Robert Lockwood, Memphis Slim, Muddy Waters, John Lee Hoocker, Fats Domino, Ike Turner, Chuck Berry, BB King qui disait que chanter le blues c’était ĂȘtre noir deux fois. Et, un texte Ă©tonnant sur le blues français, avec une dizaine de portraits. En fin d’ouvrage « Bluesmen noirs, producteurs juifs ». Juifs et Noirs se renvoyaient une image de persĂ©cutĂ©s. Un ouvrage formidable qui se lit avec dĂ©lice et Ă©motion. Une source inestimable pour les musiciens et les amateurs.

La chronique en ligne

Alain Vollerin
Le blog des arts 29 janvier 2020