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Parution : 17/03/2016
ISBN : 9782360542000
120 pages (14,8 x 21 cm)

13 €

Johnny Cash

I Walk The Line

Dans cet ouvrage de moins de 120 pages simple comme une chanson de 2’30 faite de quelques accords, c’est une grande partie de l’AmĂ©rique qui se tient entre nos mains, mythes et rĂ©alitĂ©s confondus, au carrefour du bien et du mal.

Benjamin Cocquenet – culturopoing.com

Avec comme point de dĂ©part « I Walk The Line », ce livre prĂ©sente l’évolution de Johnny Cash qui, en perspective avec celle de son titre phare, tentera de garder le cap et de « marcher droit » toute sa vie, avec plus ou moins de rĂ©ussite. En dĂ©coule un portrait tout en justesse de cette lĂ©gende du country amĂ©ricain. NĂ© en 1932, « L’Homme en Noir » est issu de la Grande DĂ©pression et de l’entre-deux-guerres. Avec une enfance tirĂ©e des Raisins de la colĂšre de Steinbeck, ce gamin bercĂ© par les cantiques, le gospel et la religiositĂ© exacerbĂ©e de sa mĂšre d’un cĂŽtĂ©, le dur labeur et l’alcoolisme de son pĂšre de l’autre, marquera les esprits dĂšs 1955 avec deux titres aux accents opposĂ©s : « Folsom Prison Blues » et « I Walk The Line ». Entre le rĂ©cit fictif d’un assassin emprisonnĂ© et la chanson autobiographique d’un homme qui se tient Ă  carreau depuis que sa premiĂšre femme est entrĂ©e dans sa vie, le fossĂ© est grand, et ce sont pourtant ces chansons qui illustreront au mieux les deux visages de Johnny Cash. Les premiĂšres sĂ©ances d’enregistrement dans le studio Sun, les sessions avec Bob Dylan, son cĂ©lĂšbre concert Ă  la prison de Saint Quentin, ses addictions, le retour du succĂšs grĂące au producteur de death metal et de rap Rick Rubin, Silvain Vanot aborde toutes les facettes essentielles de ce personnage Ă  l’aura mythique.

• Lire un extrait

Revue de presse

- Johnny Cash - I Walk The Line Lou Unwalkers 14 décembre 2018
- I'll fly away Emmanuel Dosda Mix magazine mai 2018
Ring of Fire Jean-Pierre Simard Rolling Stone Juin 2016
- Deux Versions originales de Johnny Cash Philippe Richard Ouest-France 17 mai 2016
– Johnny Cash. I walk the line Benjamin Cocquenet culturopoing.com 4 avril 2016
- Johnny Cash, I walk the line Serge Habibi Silence is sexy 6 avril 2016
- OĂč vas-tu Johnny? «I Walk the Line» Philippe Degouy Lu Pour Vous - L'Écho 6 avril 2016
- Dans l’ombre de « l’homme en noir », Johnny Cash Sylvain Siclier Le Monde 26 mars 2016
- Silvain Vanot tient la route Antoine Couder Toute la Culture 18 mars 2016
- Un nouveau livre retraçant l’histoire de "l’homme en noir", Johnny Cash Sandra Lehmann daily-rock.com 23 mars 2016

- Johnny Cash - I Walk The Line

Eh minou tu sais j’me suis dit que comme premiĂšre publication chez les Unwalkers fallait que j’tape assez fort, du coup j’ai rĂ©flĂ©chi Ă  une histoire, ou Ă  un dude qui voulait marcher dans son sens Ă  lui, pas faire comme tout le monde mĂȘme si des fois faut faire avec.

Ça tombe putain de bien vu que Silvain Vanot (Ă  qui on doit un bouquin sur Dylan dispo en Librio) a sorti un truc sur Johnny Cash, qui est genre un de mes hĂ©ros prĂ©fĂ©rĂ©s et un modĂšle de citoyennetĂ© dans la vie (ça veut dire quelqu’un qui arrive Ă  foutre le bordel et se faire aimer des gens mĂȘme si Ă  la base c’est un sale gosse qu’était pas destinĂ© Ă  ça tu vois ?)

I walk the line, en rĂ©fĂ©rence Ă  la chanson la plus connue du chanteur, est aussi efficace que le rĂ©pertoire de Cash ; chapitres lus en 3 minutes tout en rĂ©vĂ©lant des secrets qui te permettent de mieux comprendre l’Homme en noir, c’est simple, professionnel et orientĂ©, en gros un bon mĂ©lange de perfection.

Tu peux pas t’empĂȘcher de penser au film de James Mangold (Walk the Line, y’a pas le I c’est important) et tant mieux parce que Vanot y fait rĂ©fĂ©rence, t’hallucines aussi de voir avec quelle simplicitĂ© il te dĂ©compose ce tube, l’analyse et te dit tout ça avec des mots simples, comprenant que la musicologie tu savais mĂȘme pas que ça pouvait exister ni comment ça pouvait ĂȘtre intĂ©ressant dans la vie.

Pas de secrets croustillants dignes d’un torche cul achetĂ© chez le marchand de journaux, mais de vĂ©ritables anecdotes sur ce qui a constituĂ© la lĂ©gende Cash ; son amitiĂ© avec Dylan, les enregistrements de ses tubes en langues Ă©trangĂšres (allemand/espagnol), son concert Ă  la prison de Folsom et les rĂ©actions du personnel du pĂ©nitencier quant au fait qu’il se foutait bien de leur gueule, appuyĂ© par des prisonniers chauds bouillants, 


Pas besoin d’ĂȘtre fan ou incollable sur l’artiste, ça se lit tout seul et on en ressort avec l’envie de choper une gratte, d’y glisser un billet pour changer le son de l’instrument et de lĂącher des « hmmmmmm » avant chaque couplet.

Un putain de rĂ©gal, autant t’dire que t’as vite fait de rĂ©viser ta lettre au PĂšre NoĂ«l, prĂ©fĂ©rant piocher dans la biographie sĂ©lective, la discographie sĂ©lective et la filmographie sĂ©lective de Johnny pour Ă©gayer tes Ă©trennes.

Allez Santa fais nous plaisir putain !

Gimme some mother fuckin kisses !

Lou

Chronique Ă  lire sur Unwalkers

Lou
Unwalkers 14 décembre 2018

- I'll fly away

À ma gauche, Folsom Prison Blues, « une crĂ©ation pure, l’histoire d’un assassin contĂ©e Ă  la premiĂšre personne. » À ma droite, I Walk The Line (Le Mot et le reste) et « sa conception de l’amour empreinte de morale chrĂ©tienne. » Les deux faces d’un mĂȘme homme ! NĂ© dans une AmĂ©rique post-1929 Ă  la Steinbeck, Johnny Cash chante pour ceux qui « peinent et qui souffrent », ouvrant la voie Ă  Bonnie Prince Billy, la scĂšne americana ou lo-fi et Ă  toute une armĂ©e de fidĂšles chanteurs Ă  guitare comme Silvain Vanot, auteur d’un passionnant petit livre Ă  peine plus long que Le Cantique des Cantiques.

Emmanuel Dosda
Mix magazine mai 2018

Ring of Fire

LĂ  oĂč d’autres auraient glosĂ© sur huit cents pages Ă  propos de l’homme en noir, Silvain Vanot, musicien et Ă©crivain, nous la joue Ă  l’économie, bouclant son affaire en cent dix pages concises et prĂ©cises. C’est l’histoire mĂ©ticuleusement dĂ©cryptĂ©e de “I Walk The Line”, composĂ© par Cash pour sa future femme. Et, en filigrane, les hauts et les bas d’une vie sans pareille.

Jean-Pierre Simard
Rolling Stone Juin 2016

- Deux Versions originales de Johnny Cash

Le hĂ©ros amĂ©ricain de la country, Ă©clairĂ© par une biographie bien anglĂ©e et en personnage de roman, revit sous la plume d’auteurs de l’Ouest.

Les musiciens savent parfois parler de musique. C’est le cas du Normand Silvain Vanot, dĂ©jĂ  auteur d’une bio de Dylan, auteur-compositeur qui se faisait rare mais signe son retour sur disque le 3 juin. Pour sa courte biographie de Johnny Cash, il s’est appuyĂ© sur deux chansons. Dans la trĂšs prude I Walk The Line, enregistrĂ©e en 1956, Cash dit comment l’amour permet Ă  un homme de suivre « la ligne » d’une vie droite. Il l’aurait Ă©crite pendant son service militaire en Allemagne, alors qu’il se languissait de sa future (premiĂšre) femme et essayait d’éviter les excĂšs. Ça n’allait pas durer. Dans la violente Folsom Prison Blues, gravĂ©e la mĂȘme annĂ©e, Johnny Cash chante « J’ai tuĂ© un homme Ă  Reno juste pour le voir mourir ». Un titre qui Ă©tablit sa rĂ©putation de rebelle, bien que Johnny Cash n’ait jamais tuĂ© personne ni sĂ©journĂ© en prison. Sauf pour y donner des concerts. Ceux au pĂ©nitencier de San Quentin et, justement, Ă  Folsom, en Californie, ont donnĂ© deux de ses meilleurs disques. À travers les oppositions entre ces deux chansons qui l’ont accompagnĂ© toute sa carriĂšre, Vanot dresse avec beaucoup d’habiletĂ© le portrait du gĂ©ant de la country dĂ©cĂ©dĂ© en 2003, aprĂšs avoir Ă©tĂ© redĂ©couvert par une nouvelle gĂ©nĂ©ration de fans. [
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Philippe Richard
Ouest-France 17 mai 2016

– Johnny Cash. I walk the line

A partir de son titre phare, Silvain Vanot livre avec beaucoup de justesse et de simplicitĂ© quelques secrets sur l’homme en noir qui ne cessera d’ĂȘtre hantĂ© par cette chanson sĂ©minale, promesse Ă©crasante en tant qu’homme et en tant que chanteur.

« Il y a deux genres de rĂ©volutionnaires : ceux qui s’opposent Ă  ce qui est, et ceux qui, ignorant ce qui est, construisent une Ɠuvre qui, sans qu’ils le sachent mĂȘme, est rĂ©volutionnaire ». Emmanuel Bove (citation introductive Ă  l’ouvrage).

C’est un texte court au style dĂ©pouillĂ© mais prĂ©cis qui sonne comme la chanson qui lui sert de guide : quelques accords sur des mots simples.
A revers de la biographie souvent anecdotique, Silvain Vanot propose un texte dont les courts chapitres sont autant de rendez-vous entre l’homme et sa chanson. Des moments de vie essentiels, des moments intenses et rĂ©vĂ©lateurs dans lesquelles l’auteur se glisse discrĂštement pour sonder le mystĂšre de l’homme en noir mais avec une pudeur Ă  contre-courant des « biographies tabloĂŻd » qui hantent trop souvent le rayon « NouveautĂ©s » de nos librairies.
Des points, comme du temps suspendu, dans une ligne de vie que l’on sait chahutĂ©e. Des points qui ponctuent et structurent le texte et la vie du chanteur. Des points donc Ă  la fois essentiels mais aussi rĂ©pĂ©titifs, cycliques, pour mieux mesurer le poids de quelques paroles presque anodines sur la vie de la star et de l’homme.

I keep a close watch on this heart of mine
I keep my eyes wide open all the time
I keep the ends out for the tie that binds
Because you’re mine, I walk the line

Je surveille de prĂšs mon coeur
Je garde, tous le temps, les yeux grands ouverts,
Je prends soin du lien qui nous unit
Puisque tu es Ă  moi, je marche droit

On voit pointer la malĂ©diction d’un titre trop Ă©crasant pour laisser respirer une discographie riche en surprises, le poids d’une promesse qui bute de façon incessante contre le mythe agitĂ© du sex, drugs & rock’n roll. Sur cette vie – mĂ©dicamentĂ©e, alcoolisĂ©e, parfois violente -, nous saurons finlement et heureusement peu de choses. Silvain Vanot, en musicologue Ă©rudit mais pas trop, prĂ©fĂšre se saisir de la lente gestation du titre puis de ses multiples transformations pour mieux parler de l’homme en noir.
Des premiers enregistrements au studio Sun avec Sam Philips – qui introduira le fameux mugissement de Johnny Cash dans le titre comme guide vocal -, en passant par la version plus ou moins ratĂ©e du cĂ©lĂšbre concert au pĂ©nitencier de Folsom et une version allemande (!!!) destinĂ©e au marchĂ© europĂ©en, on mesure l’importance d’un titre dans l’histoire d’un genre (la country, genre conservateur qui s’élĂšve lĂ  au niveau du rock), d’un homme (la religiositĂ© d’une promesse de bonne conduite) et d’un pays (un visage, celui du Sud, et la mythologie qui le nourrit).

Dans I walk the line, tout est simple, les mots comme le message, mais pourtant immense, mythologique. De la simplicitĂ© au mythe, du fait aux idĂ©es : c’est ce trĂšs juste parcours que ce court ouvrage dĂ©cide de suivre.
DerriĂšre la promesse du titre, on devine l’influence de la religion et Silvain Vanot Ă©grĂšne son texte de quelques rĂ©fĂ©rences bienvenues sur les sources baptistes qui fondent l’homme et son Ɠuvre.
Entre les mains de Sam Phillips – crĂ©ateur d’un autre mythe : Elvis Presley -, on redĂ©couvre les racines complexes ou s’entremĂȘlent la country et le rock, on fantasme la rencontre improbable de Hank Snow et de Bob Dylan, imaginant Johnny Cash en Ă©lĂšve appliquĂ© qui prendrait des notes.
Et puis, il y a la rudesse du style Cash, celui d’un conteur-prĂ©dicateur du Sud : les approximations stylĂ©es de Luther Perkins Ă  la guitare, beaucoup de cognac, quelques femmes dans quelques bars. Quelque chose de tellurique, qui sent la poussiĂšre et le soleil de plomb et que l’on retrouve des frĂšres Coen (O’Brother) au film Walk the line de John Frankenheimer. On s’étonnera assez peu de dĂ©couvrir que Johnny Cash fut un convaincant acteur de westerns.
En 2’30, c’est un certain visage de la culture amĂ©ricaine qui s’invite et qui y trouve son expression la plus brute, la plus Ă©vidente. Mais aussi une mĂ©taphysique puissante et incarnĂ©e qui interroge chaque auditeur sur sa propre vie, ses espoirs comme ses Ă©checs, ses rĂ©ussites comme ses erreurs. 2’30 qui flirtent avec l’universel (intĂ©ressante rĂ©flexion sur la disparition du « I » dans le biopic de James Mangold qui dĂ©personnalise une phrase que l’on pourrait croire sortir de la Bible : Walk The Line!).

Dans cet ouvrage de moins de 120 pages simple comme une chanson de 2’30 faite de quelques accords, c’est une grande partie de l’AmĂ©rique qui se tient entre nos mains, mythes et rĂ©alitĂ©s confondus, au carrefour du bien et du mal. Mais aussi au carrefour de nos propres vies. Ce n’est pas rien.

Benjamin Cocquenet
culturopoing.com 4 avril 2016

- Johnny Cash, I walk the line

On sait le tour de force nĂ©cessaire Ă  l’écriture d’un livre entier sur un album, on n’ose pas imaginer ce qu’il faut comme travail pour Ă©diter un ouvrage uniquement sur une chanson. C’est pourtant le dĂ©fi que s’est lancĂ© le chanteur français Silvain Vanot avec ce Johnny Cash – I Walk the Line, qui relate l’histoire de la chanson qui rĂ©vĂ©la au monde entier, tant ce fut un tube, l’amour d’un homme pour celle qui deviendra plus tard sa femme, et le restera (un certain temps
). L’auteur n’en est pas Ă  son coup d’essai puisqu’il avait dĂ©jĂ  Ă©crit une biographie en 2001 sur Bob Dylan, qu’on ne prĂ©sentera pas sauf pour dire qu’il entretenait une amitiĂ© sincĂšre pour l’homme en noir. Avec un style toujours aussi concis, avec cette pĂ©dagogie indispensable pour nous faire dĂ©couvrir des sĂ©ances d’enregistrement au nombre impressionant, il transforme l’histoire de ce titre en vĂ©ritable Ă©popĂ©e Ă  travers le temps, sans jamais oublier de nous dire qui Ă©tait Cash.

“Retrouvez cette chronique sur le site silence-is-sexy.com“http://www.silence-is-sexy.com/#!les-mots-de-mars/x11nm

Serge Habibi
Silence is sexy 6 avril 2016

- OĂč vas-tu Johnny? «I Walk the Line»

«Hello I’m Johnny Cash». The Man in black is back! Avec son essai publiĂ© aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, l’auteur-compositeur français Silvain Vanot retrace la carriĂšre et l’influence musicale de Johnny Cash en partant de son tube emblĂ©matique, «I Walk the Line». Une chanson dĂ©diĂ©e Ă  la fidĂ©litĂ©, Ă  l’amour Ă©ternel et utilisĂ©e ici comme fil rouge pour une redĂ©couverte d’un monument de la culture amĂ©ricaine.
Johnny Cash, qui se surnommait «l’homme en noir» pour sa dĂ©fense des pauvres, des taulards et de tous les accidentĂ©s de la vie, ne jouait pas un rĂŽle. Durant son enfance, il avait connu la pauvretĂ©, terrible, dans une famille digne d’un roman de John Steinbeck. Et pourtant, avec l’aide de sa foi en Dieu, d’une voix et d’un caractĂšre exceptionnels, il avait rĂ©ussi Ă  devenir cette personnalitĂ© musicale dont l’aura influence toujours la nouvelle gĂ©nĂ©ration de chanteurs de country. Ce genre musical mĂ©prisĂ© par les critiques, cette musique de paysans, ces rednecks de l’AmĂ©rique profonde qui ont pourtant fait de ces chansons le genre musical prĂ©fĂ©rĂ© des AmĂ©ricains.

«La premiĂšre fois que j’ai entendu Johnny Cash, c’est quand il a sorti ‘I Walk the Line‘, en 1956. Ça ne ressemblait pas Ă  la musique country qui marchait Ă  l’époque. Il Ă©manait de John (le vrai prĂ©nom de Cash, ndla) une sorte d’énergie nĂ©gative» dĂ©clare Kris Kristofferson, acteur, chanteur folk et ex-membre du groupe the Highwaymen (avec Waylon Jennings, Willie Nelson et
Johnny Cash).

Musicien, Silvain Vanot apporte l’avis et les connaissances d’un professionnel sur la musique de Johnny Cash. Monsieur Johnny Cash. Son ouvrage n’est pas une biographie pour lecteur avide de potins. Non, il prĂ©fĂšre limiter ses propos au talent de l’artiste pour brouiller les pistes. Notamment avec l’opposition prĂ©sente entre les styles des chansons. Comme «I Walk the Line», credo d’une vie bien rangĂ©e et honnĂȘte, et «Folsom Prison blues», rĂ©cit fictif d’un criminel et hommage aux taulards pour qui Cash a donnĂ© des concerts. Dont celui restĂ© dans toutes les mĂ©moires. Celui du 24 fĂ©vrier 1969 Ă  la prison de San Quentin. DrĂŽle d’endroit, d’ailleurs, oĂč chanter une chanson comme «I Walk the Line». Avec un public composĂ© de criminels de la pire espĂšce. L’ambiguĂŻtĂ©, toujours, affichĂ©e par Johnny Cash.
Silvain Vanot le souligne trĂšs bien, «toute sa vie, Johnny Cash n’a cessĂ© de basculer entre le bien et le mal dans ses chansons. Il a insistĂ© jusqu’au dernier jour sur sa fragilitĂ©, n’a jamais jouĂ© au parangon de vertu, en rajoutant mĂȘme un peu au passage.»

Chapitre aprĂšs chapitre plane l’ombre du patriarche Ă  la voix reconnaissable entre toutes. Un chanteur populaire, au propre comme au figurĂ©, qui a eu la chance de ne pas connaĂźtre une fin de carriĂšre pathĂ©tique, solitaire. Sur la fin de vie, usĂ© et brisĂ© par la mort de sa femme, June Carter, Cash avait su rebondir aprĂšs avoir croisĂ© le chemin du producteur Rick Rubin, spĂ©cialiste de
 mĂ©tal et de rap. De quoi finir en beautĂ©, debout, sans dĂ©botter.

Aujourd’hui, «I Walk the Line», qui donne son titre Ă  cet essai passionnant, reste une belle chanson, certes, mais qui a pris un peu de bouteille. Avec un petit goĂ»t surannĂ©, mais buvable.
L’ouvrage se referme sur la liste de ceux qui ont tentĂ© de reprendre ce tube, avec plus ou moins de bonheur. La palme de la meilleure reprise revient sans nul doute aux Everly Brothers avec une version limpide. Juste superbe. Par curiositĂ©, il vous reste aussi Ă  dĂ©couvrir «I Walk the Line» en allemand («Wer Kennt Den Weg»), chantĂ© par Johnny Cash himself. Une curiositĂ© extraite parmi toutes les autres, prĂ©sentes dans cet essai attachant dont l’intention «n’est pas de passer ‘I Walk the Line’ au tamis de la critique biographique» Ce qui est certain, c’est qu’il donne une furieuse envie de redĂ©couvrir la discographie de ce sacrĂ© personnage, pur produit du terroir. Authentique. Born in the USA.

«I keep my eyes wide open all the time. As sure as night is dark and day is light» (J. Cash, I Walk the Line)

Retrouvez cette chronique sur le blog Lu Pour Vous de L’Écho

Philippe Degouy
Lu Pour Vous - L'Écho 6 avril 2016

- Dans l’ombre de « l’homme en noir », Johnny Cash

En prĂšs de cinquante ans de carriĂšre, Johnny Cash (1932-2003) a interprĂ©tĂ© des centaines d’airs traditionnels gospel, classiques de la country, du blues et du rock ou ses propres compositions. Parmi lesquelles, celle Ă  jamais associĂ©e Ă  son nom, I Walk the Line. Elle accompagne tout le parcours de Johnny Cash. C’est son histoire que raconte dans ce court ouvrage Silvain Vanot, lui aussi chanteur et guitariste, auteur-compositeur et Ă©crivain.

« Je marche droit »

Elle trouve ses sources durant la pĂ©riode oĂč Cash est soldat en Allemagne, au dĂ©but des annĂ©es 1950. A sa fiancĂ©e d’alors, devenue sa premiĂšre femme, il dit son amour et affirme : « Je marche droit. » DĂ©claration d’intention morale d’un jeune homme Ă©levĂ© dans la religion. De lĂ , Vanot nous emmĂšne au Sun Studio, Ă  Memphis (Tennessee), oĂč la chanson est enregistrĂ©e le 2 avril 1956.
Il en dĂ©crypte la construction harmonique, ses diffĂ©rentes versions, Ă©voque son adaptation en allemand jusqu’à l’ultime interprĂ©tation le 5 juillet 2003, deux mois avant la mort de Cash. Vanot dessine en parallĂšle un portrait de « l’homme en noir » – la teinte de ses tenues de scĂšne –, aspirant au bien et attirĂ© par le mal. Ecriture prĂ©cise, Ă©rudite sans excĂšs. De chapitre en chapitre, la chanson prend ainsi peu Ă  peu sa dimension mythique.
Retrouvez cet article sur le site du Monde

Sylvain Siclier
Le Monde 26 mars 2016

- Silvain Vanot tient la route

Musicien mais aussi Ă©crivain
 AprĂšs un « Dylan » en 2001, Silvain Vanot publie aujourd’hui son « Johnny Cash » pudique et sans fausses notes.

Transmettre et apprendre. Revenir sur l’immense star que fut « l’homme en noir » est certainement une gageure au point qu’écrire sa bio pourrait n’ĂȘtre qu’un dĂ©fi de soi Ă  soi, un exercice formel et un peu acadĂ©mique oĂč finalement il s’agirait surtout de montrer combien «on» Ă©crit bien, combien « on » est subtil et fin narrateur. AcadĂ©mique boursouflĂ©, carriĂ©riste ou plutĂŽt « fin de carriĂ©riste », c’est prĂ©cisĂ©ment ce que Silvain Vanot n’est pas. Artiste-compositeur saluĂ© par les Inrocks et quelques autres, il a eu son heure de gloire dans les annĂ©es 90 et rĂ©coltera quelques soutiens indĂ©fectibles pour finalement figurer sur cette photo de famille oĂč l’on reconnaĂźt notamment Jean-Louis Murat et Dominique A. Normal, musicien et accompagnateur, il est de ses solides instrumentistes sur qui on peut compter, pour la technique et aussi pour la conversation puisque Vanot accumule les connaissances et partagent assez facilement sans pour autant se proclamer « spĂ©cialiste ». C’est plutĂŽt Ă  quelqu’un de spĂ©cial qu’à un spĂ©cialiste Ă  qui on a affaire ici. « L’échec Ă  l’agrĂ©gation de lettres » qui figure en bonne place dans tous les articles qui lui sont consacrĂ©s semble avoir eu un effet vertueux sur le plan de la propĂ©deutique, lui donnant l’envie de transmettre et d’apprendre sans imposer de cadres de pensĂ©e trop dĂ©terminĂ©s.
Enregistrer les oiseaux. Pas Ă©tonnant qu’il soit Ă©galement enseignant aux Beaux-arts dans cette rĂ©gion Nord que l’on appelle aujourd’hui « Hauts de France » oĂč il propose un cours non sur la musique mais sur le son, inspirĂ© qu’il est par la « musique anecdotique » Ă©laborĂ©e par Luc Ferarri, disciple rebelle de Pierre Henry, et qui a notamment pour particularitĂ© d’intĂ©grer des sons issus de la vie rĂ©elle. En parallĂšle Ă  son travail de musicien (pour le cinĂ©ma notamment), il aime partir avec son enregistreur vers les 5 ou 6 heures du matin capter les sons de la ville qui s’éveille. Il peut ainsi vous parler longuement d’un chant d’oiseau enregistrĂ© la veille qui pourrait certainement inspirer une chanson. C’est sans doute cette espĂšce de mĂ©thode de travail – ce sĂ©rieux, cette distance enthousiaste, cette patience- qui fait l’homme tel qu’il est aujourd’hui Ă  52 ans, professeur et musicien, compositeur et Ă©crivain, pas spĂ©cialement aigri, conscient certes des difficultĂ©s Ă  « vivre de sa musique » mais finalement remis de la crise existentielle qui pourrait en dĂ©couler. De Johnny Cash, il va retenir la modernitĂ© mais surtout les origines modestes et cette fascinante droiture, cette façon d’incarner dignement la souffrance de « ceux qui n’ont rien » ou pas grand-chose; le monde de ceux qui travaillent avec leurs mains, ceux-lĂ  mĂȘme qui s’endimanchent en fin de semaine pour jouer cette musique des Appalaches qui inspirera son Ɠuvre.
Franchir la ligne. Traverse Ă©galement dans ce court rĂ©cit tout un pan de son enfance (Rouen, la DrĂŽme, Paris) et ce milieu du vingtiĂšme siĂšcle oĂč la technologie et la morale chrĂ©tienne donnent franchement le la. Ou, plus exactement, sous couvert de bonnes maniĂšres, on en invente de nouvelles : glisser un bout de papier entre les cordes de sa guitare pour en faire un instrument purement rythmique et pousser la country propre sur elle vers la sauvagerie du rock. Jurer que l’on reste dans le rang et pourtant jouer sans cesse Ă  en sortir, maritalement, culturellement, artistiquement (Cash quittera sa femme et ses quatre filles, dĂ©fendra la cause des Indiens, reviendra sur le devant de la scĂšne avec Rick Rubin, un producteur plutĂŽt connu pour ses liens avec les scĂšnes mĂ©tal et hip-hop). Vanot raconte tout ça avec dĂ©licatesse et dĂ©tails choisis, sans trop entrer dans les dĂ©bats de spĂ©cialistes. On pourrait pourtant en apprendre beaucoup en conversant avec lui, sur l’AmĂ©rique et la violence, sur Donald Trump et le western
 l’auteur rumine et digĂšre les informations mais son livre se concentre sur l’imaginaire que porte avec lui le personnage de Johnny Cash : grandeur et humilitĂ© paradoxale de celui devant lequel disait Dylan on ne fait pas le poids « See how far we shall short of it » lorsque Johnny affirme qu’il est vraiment facile d’ĂȘtre fidĂšle. « Walk the line », un « vers » dit encore Dylan, quelque chose qui vient de cette folk musique, demi-vĂ©ritĂ© et lĂ©gende certifiĂ©e, cocktail explosif qui fait les ingrĂ©dients de cette AmĂ©rique ambiguĂ« dont on perçoit quelques Ă©chos en lisant ce livre.

Retrouvez l’article sur le site de Toute la Culture

Antoine Couder
Toute la Culture 18 mars 2016

- Un nouveau livre retraçant l’histoire de "l’homme en noir", Johnny Cash

Un nouveau livre est paru le 17 mars aux Ă©ditions Le mot et le reste et s’intitule « Johnny Cash I Walk The Line ». Ecrit par Silvain Vanot, le livre retrace l’histoire de « l’homme en noir » au fil de ses cent vingt pages. Il y montre les deux facettes de Johnny Cash : celle de ses dĂ©mons (ses addictions) et celle de celui qui se tient Ă  carreau depuis qu’il a rencontrĂ© sa premiĂšre femme.

Retrouvez cette chronique sur le site de Daily Rock

Sandra Lehmann
daily-rock.com 23 mars 2016