Johnny Cash
I Walk The Line
Dans cet ouvrage de moins de 120 pages simple comme une chanson de 2â30 faite de quelques accords, câest une grande partie de lâAmĂ©rique qui se tient entre nos mains, mythes et rĂ©alitĂ©s confondus, au carrefour du bien et du mal.
Benjamin Cocquenet â culturopoing.com
Avec comme point de dĂ©part « I Walk The Line », ce livre prĂ©sente lâĂ©volution de Johnny Cash qui, en perspective avec celle de son titre phare, tentera de garder le cap et de « marcher droit » toute sa vie, avec plus ou moins de rĂ©ussite. En dĂ©coule un portrait tout en justesse de cette lĂ©gende du country amĂ©ricain. NĂ© en 1932, « LâHomme en Noir » est issu de la Grande DĂ©pression et de lâentre-deux-guerres. Avec une enfance tirĂ©e des Raisins de la colĂšre de Steinbeck, ce gamin bercĂ© par les cantiques, le gospel et la religiositĂ© exacerbĂ©e de sa mĂšre dâun cĂŽtĂ©, le dur labeur et lâalcoolisme de son pĂšre de lâautre, marquera les esprits dĂšs 1955 avec deux titres aux accents opposĂ©s : « Folsom Prison Blues » et « I Walk The Line ». Entre le rĂ©cit fictif dâun assassin emprisonnĂ© et la chanson autobiographique dâun homme qui se tient Ă carreau depuis que sa premiĂšre femme est entrĂ©e dans sa vie, le fossĂ© est grand, et ce sont pourtant ces chansons qui illustreront au mieux les deux visages de Johnny Cash. Les premiĂšres sĂ©ances dâenregistrement dans le studio Sun, les sessions avec Bob Dylan, son cĂ©lĂšbre concert Ă la prison de Saint Quentin, ses addictions, le retour du succĂšs grĂące au producteur de death metal et de rap Rick Rubin, Silvain Vanot aborde toutes les facettes essentielles de ce personnage Ă lâaura mythique.
Revue de presse
- I'll fly away Emmanuel Dosda Mix magazine mai 2018
Ring of Fire Jean-Pierre Simard Rolling Stone Juin 2016
- Deux Versions originales de Johnny Cash Philippe Richard Ouest-France 17 mai 2016
â Johnny Cash. I walk the line Benjamin Cocquenet culturopoing.com 4 avril 2016
- Johnny Cash, I walk the line Serge Habibi Silence is sexy 6 avril 2016
- OĂč vas-tu Johnny? «I Walk the Line» Philippe Degouy Lu Pour Vous - L'Ăcho 6 avril 2016
- Dans lâombre de « lâhomme en noir », Johnny Cash Sylvain Siclier Le Monde 26 mars 2016
- Silvain Vanot tient la route Antoine Couder Toute la Culture 18 mars 2016
- Un nouveau livre retraçant lâhistoire de "lâhomme en noir", Johnny Cash Sandra Lehmann daily-rock.com 23 mars 2016
Eh minou tu sais jâme suis dit que comme premiĂšre publication chez les Unwalkers fallait que jâtape assez fort, du coup jâai rĂ©flĂ©chi Ă une histoire, ou Ă un dude qui voulait marcher dans son sens Ă lui, pas faire comme tout le monde mĂȘme si des fois faut faire avec.
Ăa tombe putain de bien vu que Silvain Vanot (Ă qui on doit un bouquin sur Dylan dispo en Librio) a sorti un truc sur Johnny Cash, qui est genre un de mes hĂ©ros prĂ©fĂ©rĂ©s et un modĂšle de citoyennetĂ© dans la vie (ça veut dire quelquâun qui arrive Ă foutre le bordel et se faire aimer des gens mĂȘme si Ă la base câest un sale gosse quâĂ©tait pas destinĂ© à ça tu vois ?)
I walk the line, en rĂ©fĂ©rence Ă la chanson la plus connue du chanteur, est aussi efficace que le rĂ©pertoire de Cash ; chapitres lus en 3 minutes tout en rĂ©vĂ©lant des secrets qui te permettent de mieux comprendre lâHomme en noir, câest simple, professionnel et orientĂ©, en gros un bon mĂ©lange de perfection.
Tu peux pas tâempĂȘcher de penser au film de James Mangold (Walk the Line, yâa pas le I câest important) et tant mieux parce que Vanot y fait rĂ©fĂ©rence, tâhallucines aussi de voir avec quelle simplicitĂ© il te dĂ©compose ce tube, lâanalyse et te dit tout ça avec des mots simples, comprenant que la musicologie tu savais mĂȘme pas que ça pouvait exister ni comment ça pouvait ĂȘtre intĂ©ressant dans la vie.
Pas de secrets croustillants dignes dâun torche cul achetĂ© chez le marchand de journaux, mais de vĂ©ritables anecdotes sur ce qui a constituĂ© la lĂ©gende Cash ; son amitiĂ© avec Dylan, les enregistrements de ses tubes en langues Ă©trangĂšres (allemand/espagnol), son concert Ă la prison de Folsom et les rĂ©actions du personnel du pĂ©nitencier quant au fait quâil se foutait bien de leur gueule, appuyĂ© par des prisonniers chauds bouillants, âŠ
Pas besoin dâĂȘtre fan ou incollable sur lâartiste, ça se lit tout seul et on en ressort avec lâenvie de choper une gratte, dây glisser un billet pour changer le son de lâinstrument et de lĂącher des « hmmmmmm » avant chaque couplet.
Un putain de rĂ©gal, autant tâdire que tâas vite fait de rĂ©viser ta lettre au PĂšre NoĂ«l, prĂ©fĂ©rant piocher dans la biographie sĂ©lective, la discographie sĂ©lective et la filmographie sĂ©lective de Johnny pour Ă©gayer tes Ă©trennes.
Allez Santa fais nous plaisir putain !
Gimme some mother fuckin kisses !
Lou
Chronique Ă lire sur Unwalkers
Ă ma gauche, Folsom Prison Blues, « une crĂ©ation pure, lâhistoire dâun assassin contĂ©e Ă la premiĂšre personne. » Ă ma droite, I Walk The Line (Le Mot et le reste) et « sa conception de lâamour empreinte de morale chrĂ©tienne. » Les deux faces dâun mĂȘme homme ! NĂ© dans une AmĂ©rique post-1929 Ă la Steinbeck, Johnny Cash chante pour ceux qui « peinent et qui souffrent », ouvrant la voie Ă Bonnie Prince Billy, la scĂšne americana ou lo-fi et Ă toute une armĂ©e de fidĂšles chanteurs Ă guitare comme Silvain Vanot, auteur dâun passionnant petit livre Ă peine plus long que Le Cantique des Cantiques.
LĂ oĂč dâautres auraient glosĂ© sur huit cents pages Ă propos de lâhomme en noir, Silvain Vanot, musicien et Ă©crivain, nous la joue Ă lâĂ©conomie, bouclant son affaire en cent dix pages concises et prĂ©cises. Câest lâhistoire mĂ©ticuleusement dĂ©cryptĂ©e de âI Walk The Lineâ, composĂ© par Cash pour sa future femme. Et, en filigrane, les hauts et les bas dâune vie sans pareille.
Le hĂ©ros amĂ©ricain de la country, Ă©clairĂ© par une biographie bien anglĂ©e et en personnage de roman, revit sous la plume dâauteurs de lâOuest.
Les musiciens savent parfois parler de musique. Câest le cas du Normand Silvain Vanot, dĂ©jĂ auteur dâune bio de Dylan, auteur-compositeur qui se faisait rare mais signe son retour sur disque le 3 juin. Pour sa courte biographie de Johnny Cash, il sâest appuyĂ© sur deux chansons. Dans la trĂšs prude I Walk The Line, enregistrĂ©e en 1956, Cash dit comment lâamour permet Ă un homme de suivre « la ligne » dâune vie droite. Il lâaurait Ă©crite pendant son service militaire en Allemagne, alors quâil se languissait de sa future (premiĂšre) femme et essayait dâĂ©viter les excĂšs. Ăa nâallait pas durer. Dans la violente Folsom Prison Blues, gravĂ©e la mĂȘme annĂ©e, Johnny Cash chante « Jâai tuĂ© un homme Ă Reno juste pour le voir mourir ». Un titre qui Ă©tablit sa rĂ©putation de rebelle, bien que Johnny Cash nâait jamais tuĂ© personne ni sĂ©journĂ© en prison. Sauf pour y donner des concerts. Ceux au pĂ©nitencier de San Quentin et, justement, Ă Folsom, en Californie, ont donnĂ© deux de ses meilleurs disques. Ă travers les oppositions entre ces deux chansons qui lâont accompagnĂ© toute sa carriĂšre, Vanot dresse avec beaucoup dâhabiletĂ© le portrait du gĂ©ant de la country dĂ©cĂ©dĂ© en 2003, aprĂšs avoir Ă©tĂ© redĂ©couvert par une nouvelle gĂ©nĂ©ration de fans. [âŠ]
A partir de son titre phare, Silvain Vanot livre avec beaucoup de justesse et de simplicitĂ© quelques secrets sur lâhomme en noir qui ne cessera dâĂȘtre hantĂ© par cette chanson sĂ©minale, promesse Ă©crasante en tant quâhomme et en tant que chanteur.
« Il y a deux genres de rĂ©volutionnaires : ceux qui sâopposent Ă ce qui est, et ceux qui, ignorant ce qui est, construisent une Ćuvre qui, sans quâils le sachent mĂȘme, est rĂ©volutionnaire ». Emmanuel Bove (citation introductive Ă lâouvrage).
Câest un texte court au style dĂ©pouillĂ© mais prĂ©cis qui sonne comme la chanson qui lui sert de guide : quelques accords sur des mots simples.
A revers de la biographie souvent anecdotique, Silvain Vanot propose un texte dont les courts chapitres sont autant de rendez-vous entre lâhomme et sa chanson. Des moments de vie essentiels, des moments intenses et rĂ©vĂ©lateurs dans lesquelles lâauteur se glisse discrĂštement pour sonder le mystĂšre de lâhomme en noir mais avec une pudeur Ă contre-courant des « biographies tabloĂŻd » qui hantent trop souvent le rayon « NouveautĂ©s » de nos librairies.
Des points, comme du temps suspendu, dans une ligne de vie que lâon sait chahutĂ©e. Des points qui ponctuent et structurent le texte et la vie du chanteur. Des points donc Ă la fois essentiels mais aussi rĂ©pĂ©titifs, cycliques, pour mieux mesurer le poids de quelques paroles presque anodines sur la vie de la star et de lâhomme.
I keep a close watch on this heart of mine
I keep my eyes wide open all the time
I keep the ends out for the tie that binds
Because youâre mine, I walk the line
Je surveille de prĂšs mon coeur
Je garde, tous le temps, les yeux grands ouverts,
Je prends soin du lien qui nous unit
Puisque tu es Ă moi, je marche droit
On voit pointer la malĂ©diction dâun titre trop Ă©crasant pour laisser respirer une discographie riche en surprises, le poids dâune promesse qui bute de façon incessante contre le mythe agitĂ© du sex, drugs & rockân roll. Sur cette vie â mĂ©dicamentĂ©e, alcoolisĂ©e, parfois violente -, nous saurons finlement et heureusement peu de choses. Silvain Vanot, en musicologue Ă©rudit mais pas trop, prĂ©fĂšre se saisir de la lente gestation du titre puis de ses multiples transformations pour mieux parler de lâhomme en noir.
Des premiers enregistrements au studio Sun avec Sam Philips â qui introduira le fameux mugissement de Johnny Cash dans le titre comme guide vocal -, en passant par la version plus ou moins ratĂ©e du cĂ©lĂšbre concert au pĂ©nitencier de Folsom et une version allemande (!!!) destinĂ©e au marchĂ© europĂ©en, on mesure lâimportance dâun titre dans lâhistoire dâun genre (la country, genre conservateur qui sâĂ©lĂšve lĂ au niveau du rock), dâun homme (la religiositĂ© dâune promesse de bonne conduite) et dâun pays (un visage, celui du Sud, et la mythologie qui le nourrit).
Dans I walk the line, tout est simple, les mots comme le message, mais pourtant immense, mythologique. De la simplicitĂ© au mythe, du fait aux idĂ©es : câest ce trĂšs juste parcours que ce court ouvrage dĂ©cide de suivre.
DerriĂšre la promesse du titre, on devine lâinfluence de la religion et Silvain Vanot Ă©grĂšne son texte de quelques rĂ©fĂ©rences bienvenues sur les sources baptistes qui fondent lâhomme et son Ćuvre.
Entre les mains de Sam Phillips â crĂ©ateur dâun autre mythe : Elvis Presley -, on redĂ©couvre les racines complexes ou sâentremĂȘlent la country et le rock, on fantasme la rencontre improbable de Hank Snow et de Bob Dylan, imaginant Johnny Cash en Ă©lĂšve appliquĂ© qui prendrait des notes.
Et puis, il y a la rudesse du style Cash, celui dâun conteur-prĂ©dicateur du Sud : les approximations stylĂ©es de Luther Perkins Ă la guitare, beaucoup de cognac, quelques femmes dans quelques bars. Quelque chose de tellurique, qui sent la poussiĂšre et le soleil de plomb et que lâon retrouve des frĂšres Coen (OâBrother) au film Walk the line de John Frankenheimer. On sâĂ©tonnera assez peu de dĂ©couvrir que Johnny Cash fut un convaincant acteur de westerns.
En 2â30, câest un certain visage de la culture amĂ©ricaine qui sâinvite et qui y trouve son expression la plus brute, la plus Ă©vidente. Mais aussi une mĂ©taphysique puissante et incarnĂ©e qui interroge chaque auditeur sur sa propre vie, ses espoirs comme ses Ă©checs, ses rĂ©ussites comme ses erreurs. 2â30 qui flirtent avec lâuniversel (intĂ©ressante rĂ©flexion sur la disparition du « I » dans le biopic de James Mangold qui dĂ©personnalise une phrase que lâon pourrait croire sortir de la Bible : Walk The Line!).
Dans cet ouvrage de moins de 120 pages simple comme une chanson de 2â30 faite de quelques accords, câest une grande partie de lâAmĂ©rique qui se tient entre nos mains, mythes et rĂ©alitĂ©s confondus, au carrefour du bien et du mal. Mais aussi au carrefour de nos propres vies. Ce nâest pas rien.
On sait le tour de force nĂ©cessaire Ă lâĂ©criture dâun livre entier sur un album, on nâose pas imaginer ce quâil faut comme travail pour Ă©diter un ouvrage uniquement sur une chanson. Câest pourtant le dĂ©fi que sâest lancĂ© le chanteur français Silvain Vanot avec ce Johnny Cash â I Walk the Line, qui relate lâhistoire de la chanson qui rĂ©vĂ©la au monde entier, tant ce fut un tube, lâamour dâun homme pour celle qui deviendra plus tard sa femme, et le restera (un certain tempsâŠ). Lâauteur nâen est pas Ă son coup dâessai puisquâil avait dĂ©jĂ Ă©crit une biographie en 2001 sur Bob Dylan, quâon ne prĂ©sentera pas sauf pour dire quâil entretenait une amitiĂ© sincĂšre pour lâhomme en noir. Avec un style toujours aussi concis, avec cette pĂ©dagogie indispensable pour nous faire dĂ©couvrir des sĂ©ances dâenregistrement au nombre impressionant, il transforme lâhistoire de ce titre en vĂ©ritable Ă©popĂ©e Ă travers le temps, sans jamais oublier de nous dire qui Ă©tait Cash.
âRetrouvez cette chronique sur le site silence-is-sexy.comâhttp://www.silence-is-sexy.com/#!les-mots-de-mars/x11nm
«Hello Iâm Johnny Cash». The Man in black is back! Avec son essai publiĂ© aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, lâauteur-compositeur français Silvain Vanot retrace la carriĂšre et lâinfluence musicale de Johnny Cash en partant de son tube emblĂ©matique, «I Walk the Line». Une chanson dĂ©diĂ©e Ă la fidĂ©litĂ©, Ă lâamour Ă©ternel et utilisĂ©e ici comme fil rouge pour une redĂ©couverte dâun monument de la culture amĂ©ricaine.
Johnny Cash, qui se surnommait «lâhomme en noir» pour sa dĂ©fense des pauvres, des taulards et de tous les accidentĂ©s de la vie, ne jouait pas un rĂŽle. Durant son enfance, il avait connu la pauvretĂ©, terrible, dans une famille digne dâun roman de John Steinbeck. Et pourtant, avec lâaide de sa foi en Dieu, dâune voix et dâun caractĂšre exceptionnels, il avait rĂ©ussi Ă devenir cette personnalitĂ© musicale dont lâaura influence toujours la nouvelle gĂ©nĂ©ration de chanteurs de country. Ce genre musical mĂ©prisĂ© par les critiques, cette musique de paysans, ces rednecks de lâAmĂ©rique profonde qui ont pourtant fait de ces chansons le genre musical prĂ©fĂ©rĂ© des AmĂ©ricains.
«La premiĂšre fois que jâai entendu Johnny Cash, câest quand il a sorti âI Walk the Lineâ, en 1956. Ăa ne ressemblait pas Ă la musique country qui marchait Ă lâĂ©poque. Il Ă©manait de John (le vrai prĂ©nom de Cash, ndla) une sorte dâĂ©nergie nĂ©gative» dĂ©clare Kris Kristofferson, acteur, chanteur folk et ex-membre du groupe the Highwaymen (avec Waylon Jennings, Willie Nelson etâŠJohnny Cash).
Musicien, Silvain Vanot apporte lâavis et les connaissances dâun professionnel sur la musique de Johnny Cash. Monsieur Johnny Cash. Son ouvrage nâest pas une biographie pour lecteur avide de potins. Non, il prĂ©fĂšre limiter ses propos au talent de lâartiste pour brouiller les pistes. Notamment avec lâopposition prĂ©sente entre les styles des chansons. Comme «I Walk the Line», credo dâune vie bien rangĂ©e et honnĂȘte, et «Folsom Prison blues», rĂ©cit fictif dâun criminel et hommage aux taulards pour qui Cash a donnĂ© des concerts. Dont celui restĂ© dans toutes les mĂ©moires. Celui du 24 fĂ©vrier 1969 Ă la prison de San Quentin. DrĂŽle dâendroit, dâailleurs, oĂč chanter une chanson comme «I Walk the Line». Avec un public composĂ© de criminels de la pire espĂšce. LâambiguĂŻtĂ©, toujours, affichĂ©e par Johnny Cash.
Silvain Vanot le souligne trĂšs bien, «toute sa vie, Johnny Cash nâa cessĂ© de basculer entre le bien et le mal dans ses chansons. Il a insistĂ© jusquâau dernier jour sur sa fragilitĂ©, nâa jamais jouĂ© au parangon de vertu, en rajoutant mĂȘme un peu au passage.»
Chapitre aprĂšs chapitre plane lâombre du patriarche Ă la voix reconnaissable entre toutes. Un chanteur populaire, au propre comme au figurĂ©, qui a eu la chance de ne pas connaĂźtre une fin de carriĂšre pathĂ©tique, solitaire. Sur la fin de vie, usĂ© et brisĂ© par la mort de sa femme, June Carter, Cash avait su rebondir aprĂšs avoir croisĂ© le chemin du producteur Rick Rubin, spĂ©cialiste de⊠mĂ©tal et de rap. De quoi finir en beautĂ©, debout, sans dĂ©botter.
Aujourdâhui, «I Walk the Line», qui donne son titre Ă cet essai passionnant, reste une belle chanson, certes, mais qui a pris un peu de bouteille. Avec un petit goĂ»t surannĂ©, mais buvable.
Lâouvrage se referme sur la liste de ceux qui ont tentĂ© de reprendre ce tube, avec plus ou moins de bonheur. La palme de la meilleure reprise revient sans nul doute aux Everly Brothers avec une version limpide. Juste superbe. Par curiositĂ©, il vous reste aussi Ă dĂ©couvrir «I Walk the Line» en allemand («Wer Kennt Den Weg»), chantĂ© par Johnny Cash himself. Une curiositĂ© extraite parmi toutes les autres, prĂ©sentes dans cet essai attachant dont lâintention «nâest pas de passer âI Walk the Lineâ au tamis de la critique biographique» Ce qui est certain, câest quâil donne une furieuse envie de redĂ©couvrir la discographie de ce sacrĂ© personnage, pur produit du terroir. Authentique. Born in the USA.
«I keep my eyes wide open all the time. As sure as night is dark and day is light» (J. Cash, I Walk the Line)
Retrouvez cette chronique sur le blog Lu Pour Vous de LâĂcho
En prĂšs de cinquante ans de carriĂšre, Johnny Cash (1932-2003) a interprĂ©tĂ© des centaines dâairs traditionnels gospel, classiques de la country, du blues et du rock ou ses propres compositions. Parmi lesquelles, celle Ă jamais associĂ©e Ă son nom, I Walk the Line. Elle accompagne tout le parcours de Johnny Cash. Câest son histoire que raconte dans ce court ouvrage Silvain Vanot, lui aussi chanteur et guitariste, auteur-compositeur et Ă©crivain.
« Je marche droit »
Elle trouve ses sources durant la pĂ©riode oĂč Cash est soldat en Allemagne, au dĂ©but des annĂ©es 1950. A sa fiancĂ©e dâalors, devenue sa premiĂšre femme, il dit son amour et affirme : « Je marche droit. » DĂ©claration dâintention morale dâun jeune homme Ă©levĂ© dans la religion. De lĂ , Vanot nous emmĂšne au Sun Studio, Ă Memphis (Tennessee), oĂč la chanson est enregistrĂ©e le 2 avril 1956.
Il en dĂ©crypte la construction harmonique, ses diffĂ©rentes versions, Ă©voque son adaptation en allemand jusquâĂ lâultime interprĂ©tation le 5 juillet 2003, deux mois avant la mort de Cash. Vanot dessine en parallĂšle un portrait de « lâhomme en noir » â la teinte de ses tenues de scĂšne â, aspirant au bien et attirĂ© par le mal. Ecriture prĂ©cise, Ă©rudite sans excĂšs. De chapitre en chapitre, la chanson prend ainsi peu Ă peu sa dimension mythique.
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Musicien mais aussi Ă©crivain⊠AprĂšs un « Dylan » en 2001, Silvain Vanot publie aujourdâhui son « Johnny Cash » pudique et sans fausses notes.
Transmettre et apprendre. Revenir sur lâimmense star que fut « lâhomme en noir » est certainement une gageure au point quâĂ©crire sa bio pourrait nâĂȘtre quâun dĂ©fi de soi Ă soi, un exercice formel et un peu acadĂ©mique oĂč finalement il sâagirait surtout de montrer combien «on» Ă©crit bien, combien « on » est subtil et fin narrateur. AcadĂ©mique boursouflĂ©, carriĂ©riste ou plutĂŽt « fin de carriĂ©riste », câest prĂ©cisĂ©ment ce que Silvain Vanot nâest pas. Artiste-compositeur saluĂ© par les Inrocks et quelques autres, il a eu son heure de gloire dans les annĂ©es 90 et rĂ©coltera quelques soutiens indĂ©fectibles pour finalement figurer sur cette photo de famille oĂč lâon reconnaĂźt notamment Jean-Louis Murat et Dominique A. Normal, musicien et accompagnateur, il est de ses solides instrumentistes sur qui on peut compter, pour la technique et aussi pour la conversation puisque Vanot accumule les connaissances et partagent assez facilement sans pour autant se proclamer « spĂ©cialiste ». Câest plutĂŽt Ă quelquâun de spĂ©cial quâĂ un spĂ©cialiste Ă qui on a affaire ici. « LâĂ©chec Ă lâagrĂ©gation de lettres » qui figure en bonne place dans tous les articles qui lui sont consacrĂ©s semble avoir eu un effet vertueux sur le plan de la propĂ©deutique, lui donnant lâenvie de transmettre et dâapprendre sans imposer de cadres de pensĂ©e trop dĂ©terminĂ©s.
Enregistrer les oiseaux. Pas Ă©tonnant quâil soit Ă©galement enseignant aux Beaux-arts dans cette rĂ©gion Nord que lâon appelle aujourdâhui « Hauts de France » oĂč il propose un cours non sur la musique mais sur le son, inspirĂ© quâil est par la « musique anecdotique » Ă©laborĂ©e par Luc Ferarri, disciple rebelle de Pierre Henry, et qui a notamment pour particularitĂ© dâintĂ©grer des sons issus de la vie rĂ©elle. En parallĂšle Ă son travail de musicien (pour le cinĂ©ma notamment), il aime partir avec son enregistreur vers les 5 ou 6 heures du matin capter les sons de la ville qui sâĂ©veille. Il peut ainsi vous parler longuement dâun chant dâoiseau enregistrĂ© la veille qui pourrait certainement inspirer une chanson. Câest sans doute cette espĂšce de mĂ©thode de travail â ce sĂ©rieux, cette distance enthousiaste, cette patience- qui fait lâhomme tel quâil est aujourdâhui Ă 52 ans, professeur et musicien, compositeur et Ă©crivain, pas spĂ©cialement aigri, conscient certes des difficultĂ©s à « vivre de sa musique » mais finalement remis de la crise existentielle qui pourrait en dĂ©couler. De Johnny Cash, il va retenir la modernitĂ© mais surtout les origines modestes et cette fascinante droiture, cette façon dâincarner dignement la souffrance de « ceux qui nâont rien » ou pas grand-chose; le monde de ceux qui travaillent avec leurs mains, ceux-lĂ mĂȘme qui sâendimanchent en fin de semaine pour jouer cette musique des Appalaches qui inspirera son Ćuvre.
Franchir la ligne. Traverse Ă©galement dans ce court rĂ©cit tout un pan de son enfance (Rouen, la DrĂŽme, Paris) et ce milieu du vingtiĂšme siĂšcle oĂč la technologie et la morale chrĂ©tienne donnent franchement le la. Ou, plus exactement, sous couvert de bonnes maniĂšres, on en invente de nouvelles : glisser un bout de papier entre les cordes de sa guitare pour en faire un instrument purement rythmique et pousser la country propre sur elle vers la sauvagerie du rock. Jurer que lâon reste dans le rang et pourtant jouer sans cesse Ă en sortir, maritalement, culturellement, artistiquement (Cash quittera sa femme et ses quatre filles, dĂ©fendra la cause des Indiens, reviendra sur le devant de la scĂšne avec Rick Rubin, un producteur plutĂŽt connu pour ses liens avec les scĂšnes mĂ©tal et hip-hop). Vanot raconte tout ça avec dĂ©licatesse et dĂ©tails choisis, sans trop entrer dans les dĂ©bats de spĂ©cialistes. On pourrait pourtant en apprendre beaucoup en conversant avec lui, sur lâAmĂ©rique et la violence, sur Donald Trump et le western⊠lâauteur rumine et digĂšre les informations mais son livre se concentre sur lâimaginaire que porte avec lui le personnage de Johnny Cash : grandeur et humilitĂ© paradoxale de celui devant lequel disait Dylan on ne fait pas le poids « See how far we shall short of it » lorsque Johnny affirme quâil est vraiment facile dâĂȘtre fidĂšle. « Walk the line », un « vers » dit encore Dylan, quelque chose qui vient de cette folk musique, demi-vĂ©ritĂ© et lĂ©gende certifiĂ©e, cocktail explosif qui fait les ingrĂ©dients de cette AmĂ©rique ambiguĂ« dont on perçoit quelques Ă©chos en lisant ce livre.
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Un nouveau livre est paru le 17 mars aux Ă©ditions Le mot et le reste et sâintitule « Johnny Cash I Walk The Line ». Ecrit par Silvain Vanot, le livre retrace lâhistoire de « lâhomme en noir » au fil de ses cent vingt pages. Il y montre les deux facettes de Johnny Cash : celle de ses dĂ©mons (ses addictions) et celle de celui qui se tient Ă carreau depuis quâil a rencontrĂ© sa premiĂšre femme.
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