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Parution : 22/11/2018
ISBN : 9782360548668
256 pages (14,8 x 21 cm)

Jingle Bells

L'improbable histoire des chansons de Noël

À travers une galerie de cent artistes, entre standards indĂ©modables et titres obscurs, ce livre nous fait dĂ©couvrir l’histoire improbable et les secrets inavouĂ©s des chansons de NoĂ«l.

Comme la bĂ»che et le sapin, les chansons de noĂ«l reviennent chaque annĂ©e avec les mĂȘmes refrains, pĂ©tris de bons sentiments. Avec quelques ingrĂ©dients « magiques » et un peu de marketing, elles ont conquis la planĂšte et les records de vente, et mĂȘme sauvĂ© la carriĂšre de Mariah Carey ! Leur rĂ©pertoire abrite le pire et le plus kitch de ce qui se fait en musique, mais aussi le meilleur et le plus inattendu. Qui pensait entendre les Sex Pistols ou Run DMC invoquer « l’esprit de noĂ«l » ? Dans l’ombre des crooners, tous les artistes de renom se sont pliĂ©s Ă  la tradition, d’Elvis Presley Ă  Lady Gaga, en passant par Miles Davis, Jimi Hendrix, Venom et mĂȘme Snoop Dog. Oui, les bad boys du rock, du funk et du rap ont chantĂ© « Vive le vent » et « O Holy Night ». Mais que les fans se rassurent, les Christmas carols ne sont pas tous aussi saints qu’ils le prĂ©tendent.

Revue de presse

_ Ils ont chanté Noël... et touché le grelot ! Stéphane Bern Europe 1 _ Historiquement vÎtre 14 décembre 2022
- Un Noël qui swingue ! Alain Wey Coopération Magazine 18 décembre 2020
- Grandeur et décadence des chansons de Noël Rebecca Manzoni France Inter // Pop N' Co 12 décembre 2020
- Hommage Ă  George Michael Laurent Hakim France 3 // Journal national - 12/13 28 novembre 2019
- Chantons sous le sapin! JérÎme EstÚbe La Tribune de GenÚve 23 décembre 2018
- Jingle Bells Christine Le Garrec À vos marques
 Tapage! 17 janvier 2019
- Interview Steven Jezo-Vannier - Jingle Bells : étude des chants de Noël Thomas Schwoerer Arte 24 décembre 2018
- Les chansons de Noël ne sont pas aussi sages que vous le pensez Brice Miclet Konbini 26 décembre 2018
- Le pÚre Noël, en crooner ou en ordure Roderic Mounir Le Courrier 21 décembre 2018
- Interview Steven Jezo-Vannier - Jingle Bells Ellen Ichters RTS // Pony Music 10 décembre 2018
- L'histoire des chansons de Noël enfin retracée dans un étonnant ouvrage Olivier Horner RTS Culture 14 décembre 2018
- L'improbable histoire des chansons de Noël Rebecca Manzoni France Inter // Pop & Co 17 décembre 2018

_ Ils ont chanté Noël... et touché le grelot !

Dans “Historiquement vĂŽtre”, Stephane Bern et Steven Jezo-Vannier reviennent sur les secrets plus ou moins connus des chansons de NoĂ«l, pas toujours si enchanteresses ou innocentes !

L’émission dans son intĂ©gralitĂ© est disponible ici

Stéphane Bern
Europe 1 _ Historiquement vÎtre 14 décembre 2022

- Un Noël qui swingue !

Dans le cadre d’un article sur les chansons de NoĂ«l, Alain Wey a interrogĂ© Steven Jezo-Vannier. Voici leur entretien :

Pourquoi avoir écrit sur les chansons de Noël?

On pense gĂ©nĂ©ralement que c’est un vieux truc ringard, chantĂ© par des starlettes pop en mal de tubes ou des crooners comme Sinatra. En rĂ©alitĂ©, c’est le passage obligĂ© Ă  tout artiste anglo-saxon et particuliĂšrement amĂ©ricain!

Cette tendance n’a pourtant pas pris dans la culture française


Dans les annĂ©es 1950–70, Berthe Sylva, Edith Piaf, Johnny Hallyday ont chantĂ© NoĂ«l, mais ce courant Ă©tait affiliĂ© Ă  la chanson rĂ©aliste et n’avait rien de funky ni de joyeux. Ça parlait d’orphelins, de morts, etc. Le fameux Petit Papa NoĂ«l de Tino Rossi est Ă  l’origine une chanson Ă©crite pendant la guerre qui racontait qu’un enfant suppliait le PĂšre NoĂ«l de lui ramener son pĂšre prisonnier


Ces derniĂšres dĂ©cennies, il n’y a jamais eu autant de sorties de chansons et d’albums de NoĂ«l


Tout Ă  fait. Il y a eu Ă©normĂ©ment de productions dans les annĂ©es 1940, 50 et 60. Il y a de nos jours un vrai regain, une explosion. Aux Etats-Unis, des stations de radio sont capables de passer une programmation 100% NoĂ«l 24 h sur 24 tout au long du mois de dĂ©cembre. Ce qui paraĂźt assez insensĂ© de ce cĂŽtĂ©-ci de l’Atlantique!

Qu’est-ce qui rend ce genre si particulier?

C’est un univers truffĂ© de surprises, de petits secrets et enveloppĂ© de plein de stĂ©rĂ©otypes, souvent pĂ©joratifs. On oublie que c’est le style musical qui a la plus grande longĂ©vitĂ©, puisqu’il est hĂ©ritĂ© des chants religieux du dĂ©but du Moyen Age. Il y a aussi toute une histoire sociologique derriĂšre sur l’évolution de la musique, Ă  qui elle appartenait avant, comment elle est devenue un univers profane et quelle influence a eu l’industrie dessus!

Vous dites que ces chansons ont toutes des accords caractéristiques qui sonnent immédiatement.

Oui, on en retrouve la trace jusqu’au fameux White Christmas de Bing Crosby. C’est comme les grelots ou les clochettes, des instruments magiques qui n’existent nulle part ailleurs. Et pif, 50% des chansons de NoĂ«l ont forcĂ©ment des grelots. Il y a comme ça des recettes, des ingrĂ©dients nĂ©cessaires!

Vous parlez aussi du double sens de certaines de ces chansons


Oui. Comme avec Elvis par exemple. Dans Santa Claus Is Back In Town, il chante «si tu as Ă©tĂ© sage, Santa Claus descendra dans ta cheminĂ©e ce soir» et c’est le PĂšre NoĂ«l qui roule en Cadillac et qui chante ça aux auditrices
 Eh bien voilĂ ! Nier le double sens serait absurde. C’est ça qui est fantastique dans ces chants, il y a tout et leur contraire!

Etes-vous devenu fan des chansons de Noël?

Non, pas spĂ©cialement. Mais comme j’ai Ă©galement Ă©crit un livre sur Sinatra, j’adore les chansons de NoĂ«l qu’il interprĂšte. J’aime aussi beaucoup l’album d’Ella Fitzgerald A Swinging Christmas, qui balance d’enfer!

L’intĂ©gralitĂ© de l’article est Ă  retrouver sur CoopĂ©ration

Alain Wey
Coopération Magazine 18 décembre 2020

- Grandeur et décadence des chansons de Noël

Steven JĂ©zo-Vannier Ă©tait l’invitĂ© de Rebecca Manzoni dans Pop N’ Co sur France Inter pour parler des chansons de NoĂ«l.

Ça n’est pas sans fĂ©brilitĂ© que nous consacrons ce nouvel Ă©pisode de Pop’N Co aux chansons de NoĂ«l. FĂ©brilitĂ©, parce que l’annonce de ce thĂšme provoque soit un bel enthousiasme, soit un blanc dans la conversation


Je me suis dit qu’une heure sur NoĂ«l avant le 25, nous mettrait dĂ©jĂ  Ă  l’écart de l’actualitĂ©, dans une bulle de féérie parallĂšle. Evidemment, je m’étais trompĂ©e. Parce que ce rĂ©pertoire Ă©pouse les humeurs du monde. On Ă©coute ces chansons pour un besoin de rĂ©confort ou une envie de contestation : chanter que ce moment de fĂȘte peut aussi ĂȘtre insupportable, selon les Ă©poques.

Je me suis dit aussi que cette Ă©mission serait garantie sans Tino Rossi. Et ça, ça a marchĂ©. Comme le dit Jacques Dutronc : “Tino Rossi, c’est comme la cuisine Ă  l’ail. Ça permet de vivre vieux. Mais ça permet surtout de vivre seul”.

En revanche, Jacques Dutronc, il y aura dans Pop N’Co. Et Johnny Hallyday. Et Nat King Cole. Et Mariah Carey. Et Chilly Gonzales.

En plus de signer un livre qui s’intitule “Plaisirs non coupables”, Chilly Gonzales est l’auteur d’un album de NoĂ«l : “A very Chilly Christmas”.

Un disque oĂč il reprend des standards au piano : de “Jingle Bells” Ă  “Last Christmas”, du groupe Wham!

Un peu avant midi, on va donc soulever le capot d’une des chansons arrangĂ©es par Chilly Gonzales et interprĂ©tĂ©e par Jarvis Cocker et Feist.

MĂȘme en 2020, NoĂ«l existera donc.

L’émission Pop N’ Co est Ă  réécouter sur France Inter

Rebecca Manzoni
France Inter // Pop N' Co 12 décembre 2020

- Hommage Ă  George Michael

À l’occasion de la sortie du film Last Chritmas, Laurent Hakim fait un focus sur George Michael et l’anthologie de Steven-Jezo-Vannier.

Revoir la sĂ©quence en ligne Ă  partir de 23’40

Laurent Hakim
France 3 // Journal national - 12/13 28 novembre 2019

- Chantons sous le sapin!

La musique et NoĂ«l : une folle histoire d’amour et de business. Un livre explore ce rĂ©pertoire de fĂȘte.

Ben revoilĂ  NoĂ«l. Et Ă  NoĂ«l, en avant la zizique! Oui, madame. Mais pas n’importe laquelle. Pas de rythmes endiablĂ©s, de riffs saignants ni de refrains tonitruants. La chenille redĂ©marrera et les canards danseront Ă  la Saint-Sylvestre. Devant la crĂšche, c’est de la roucoulade qu’il nous faut, profane ou chrĂ©tienne, mais toujours bien suave, voire dĂ©goulinante, avec chƓurs, cloches, violons et bons sentiments. La famille communie dans la douceur et la spiritualitĂ©, avec Tino Rossi ou Pavarotti qui miaulent dans les enceintes. À moins d’opter pour le chant grĂ©gorien ou le gospel, qui marchent trĂšs fort sous le sapin aussi.

Notez que la consubstantialitĂ© de la NativitĂ© et de la musique ne date pas d’hier. Ce sont des anges, dit-on, qui auraient poussĂ© la premiĂšre goualante au-dessus de la fameuse Ă©table de BethlĂ©em oĂč venait de naĂźtre qui vous savez. Depuis, le disque de NoĂ«l est devenu un passage quasi obligĂ© pour toute cĂ©lĂ©britĂ© chantante. D’Elvis Presley Ă  Roch Voisine, via Mariah Carey, CĂ©line Dion, James Brown, Wham! ou Demis Roussos. Chaque annĂ©e Ă  la fin de dĂ©cembre, l’industrie discographique, pleine d’ardeur chrĂ©tienne, emplit ainsi les bacs d’albums aux pochettes pleines de flocons, d’angelots, de houppelandes rouges et de barbes blanches. De la musique sacrĂ©e parfois, de la sacrĂ©e musique plus rarement.

Le rĂ©cent livre «Jingle Bells» de Steven Jezo-Vannier nous raconte l’histoire de ce genre musical singulier, radicalement saisonnier, et donc pĂ©rissable Ă  la vitesse d’un foie gras. De ses origines religieuses Ă  ses dĂ©clinaisons les plus glorieuses («White Christmas» de Bing Crosby, la chanson la plus vendue de l’histoire), coquines (Eartha Kitt qui, dans «Santa Baby», envisage d’accueillir le PĂšre NoĂ«l en tenue lĂ©gĂšre), loufoques, grotesques ou inattendues. Oui, AC/DC, les Sex Pistols, Run DMC, Snoop Dog ou les Ramones ont sacrifiĂ© Ă  la tradition. L’auteur nous rĂ©vĂšle Ă©galement les secrets de fabrication d’un chant de NoĂ«l qui fait mouche. Comme l’emploi de l’accord magique, le rĂ© 7e mineur diminuĂ©, qui confĂšre, semble-t-il, illico un parfum de cotillon, de conifĂšre et de cannelle Ă  une mĂ©lodie lambda.

Retrouver la chronique sur La Tribune de GenĂšve

JérÎme EstÚbe
La Tribune de GenÚve 23 décembre 2018

- Jingle Bells

L’art se dĂ©ploie sous toutes ses formes dans cette premiĂšre rubrique de l’annĂ©e oĂč vous trouverez des ouvrages de street art urbain ou en pleine nature, des monographies de peintres (Paula Rego, Chagall, Hokusai), une biographie d’Yves Saint-Laurent et le carrĂ© HermĂšs en volume et en beautĂ© dans un superbe livre pop-up. La photographie n’est pas en reste avec un ouvrage sur la lutte pour les droits civiques aux USA et un catalogue d’exposition sur Doisneau et la musique ! Je vous propose Ă©galement un « elfĂ©mĂ©ride » des saisons, une improbable histoire des chants de NoĂ«l, de replonger dans les archives du cinĂ©ma avec un bon club sandwich et de vous remĂ©morer les slogans cultes de la pub. Pour terminer, hommes et femmes politiques prennent du poil de la bĂȘte et montrent les dents sous le crayon aiguisĂ© de Morchoisne et Festjens ! Bonne lectures Ă  toutes et Ă  tous !

« Let it snow », « White Christmas », « Jingle bells » et autres chants de NoĂ«l envahissent les bacs des disquaires, les soirĂ©es de rĂ©veillon en famille et mĂȘme les allĂ©es de supermarchĂ©, comme un puissant « marronnier » qui revient tous les ans Ă  date fixe. Magiques pour certains, horripilants pour d’autres, ces chants qui font fureur dans les pays anglo-saxons ont envahi petit Ă  petit les ondes europĂ©ennes pour devenir aujourd’hui incontournables, en musique de fond sous les sapins enguirlandĂ©s, pour faire entiĂšrement partie du dĂ©cor sonore de nos fĂȘtes de fin d’annĂ©e. PĂ©tris de bons sentiments et gluants telle la guimauve, les chants de NoĂ«l nous offrent cependant quelques pĂ©pites inattendues, en parodies et textes trash, qui soulignent la totale hypocrisie des libations annuelles autour du foie gras et de la malheureuse dinde aux marrons. Il faut dire que le rĂ©pertoire de NoĂ«l est un genre musical Ă  part entiĂšre d’une incroyable diversitĂ© qui a engendrĂ© des centaines de reprises par des musiciens de tous bords, de la musique sacrĂ©e au funk, reggae, rock, punk, heavy Metal et mĂȘme du rap ! Et oui ! En dehors des standards amĂ©ricains bien connus interprĂ©tĂ©s par Bing Crosby, Dean Martin ou Sinatra, quelques Ă©nergumĂšnes Ă©nervĂ©s ont dĂ©licieusement et Ă©lectriquement donnĂ© « leur » version des « Christmas songs » ! C’est ce que nous explique de maniĂšre furieusement dĂ©taillĂ©e Steven Jezo-Vannier dans cet ouvrage oĂč il retrace dans ses grandes lignes l’histoire des chants de NoĂ«l, des plus « kitsch » au plus politiquement incorrects, dĂ©cortiquant en prime une centaine de titres allant de Judy Garland, des Petits chanteurs Ă  la croix de bois, des Beatles et des Stones, en passant par Bowie, Prince, les Pogues, les Ramones ou Alice Cooper. Les « frenchies » ne sont pas oubliĂ©s
 Ah ! Le « Petit papa NoĂ«l » de Tino Rossi, « La fille du pĂšre NoĂ«l » de Dutronc, « Le pĂšre NoĂ«l noir » de Renaud ou le « Petit papa NoĂ«l » de Trust ! Qui ne les a jamais fredonnĂ©s ? Steven a rempli sa hotte du pire mais aussi du meilleur et du plus inattendu du genre, pour le plus grand plaisir de nos oreilles ! A vos platines !

Lire la chronique en ligne

Christine Le Garrec
À vos marques
 Tapage! 17 janvier 2019

- Interview Steven Jezo-Vannier - Jingle Bells : étude des chants de Noël

Thomas Schwoerer et son équipe ont interviewé Steven Jezo-Vannier dans la réserve aux cent milles vinyles de la médiathÚque musicale de Paris.

Incontournable standard des fĂȘtes, l’album de NoĂ«l. Une recette Ă©prouvĂ©e mais toujours efficace, avec des succĂšs qui donnent le vertige, et des interprĂštes qui varient du crooner au rappeur. Si le modĂšle est importĂ© des Etats-Unis, la tradition, elle s’exporte dans le monde entier. Steven Jezo-Vannier a analysĂ© le phĂ©nomĂšne dans un ouvrage.

Revoir l’interview de Steven sur le site d’Arte

Thomas Schwoerer
Arte 24 décembre 2018

- Les chansons de Noël ne sont pas aussi sages que vous le pensez

PeuplĂ©es de doubles sens, parodiĂ©es par des rappeurs, imprĂ©gnĂ©es d’histoires d’orphelins et de soldats morts au combat, les chansons de NoĂ«l ne sont pas uniquement des morceaux sirupeux et stĂ©rĂ©otypĂ©s.

“All I Want For Christmas Is You”, “Petit Papa NoĂ«l”, “White Christmas“
 Les classiques des chansons de NoĂ«l nous reviennent en tĂȘte chaque annĂ©e Ă  la mĂȘme pĂ©riode. Une tradition qui truste les charts en Angleterre et aux États-Unis depuis prĂšs de soixante-dix ans, avec son lot de recettes aseptisĂ©es, de paroles naĂŻves, de kitsch, mais aussi de provocation, de double sens et de parodies. Le rĂ©pertoire de NoĂ«l est bien plus divers et Ă©tonnant qu’on ne pourrait le croire. Une richesse folle qui a poussĂ© l’auteur Steven Jezo-Vannier Ă  y consacrer son nouveau livre, Jingle Bells, l’improbable histoire des chansons de NoĂ«l. Et il n’y a pas que Bing Crosby, Mariah Carey et Tino Rossi Ă  y dĂ©couvrir, mais aussi Snoop Dogg, Prince, The Moog Machine, Johnny Cash, Stevie Wonder, Renaud, Jimi Hendrix, Eazy-E ou encore Arcade Fire.

Une institution populaire incontournable

“Ce rĂ©pertoire est totalement intĂ©grĂ© Ă  la tradition, c’est un passage obligĂ©, chaque annĂ©e, explique Steven Jezo-Vannier. Aux États-Unis, il y a eu un nouveau souffle trĂšs fort dans les annĂ©es 1940, oĂč il a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© par l’industrie musicale qui l’a dĂ©sacralisĂ© et en a fait un objet pop. C’est le titre “White Christmas” de Bing Crosby, en 1942, qui change la donne. On s’aperçoit qu’il y a un filon. C’est tout de suite le carton absolu, la piĂšce fondatrice au rĂ©pertoire NoĂ«l moderne. On sort des Ă©glises. Du coup, on instaure une tradition motivĂ©e par l’appĂąt du gain, c’est vrai.”

En Angleterre, il y a une course effrĂ©nĂ©e pour savoir quel titre sera premier des ventes le soir de NoĂ«l. L’institution populaire est trĂšs forte. Il est d’ailleurs de bon ton de dire que la France Ă©chappe Ă  ce phĂ©nomĂšne. Une idĂ©e que l’auteur tempĂšre pour deux raisons : “D’abord, si on revient en arriĂšre, il y a le succĂšs gigantesque de Petit papa NoĂ«l de Tino Rossi, sorti en 1946, qui reste le plus grand succĂšs musical français encore aujourd’hui. Alors certes, on ne l’entend plus beaucoup de nos jours, mais il a marquĂ© tout le monde. La musique de NoĂ«l s’imprime dans l’enfance, quasiment avant que l’on ait des filtres de goĂ»ts culturels. Elle entre en rĂ©sonance avec la fĂȘte de NoĂ«l elle-mĂȘme, qui est une fĂȘte nostalgique, un rituel oĂč l’on fait tous les ans le mĂȘme repas avec les mĂȘmes gens, la mĂȘme dĂ©co, et donc la mĂȘme musique. Et puis je tempĂšre parce qu’on a un certain snobisme en France. Il faut bien se rendre compte que les magasins, les radios, la tĂ©lĂ© utilisent tous la musique de NoĂ«l. Il y a un climat laĂŻc dans le pays qui amĂšne de la rĂ©ticence, mais surtout une frontiĂšre trĂšs tĂ©nue entre le chant religieux et le chant profane.”

Merry Muthfuckin’ X-mas !

Cette annĂ©e, les poids lourds du genre se nomment John Legend (oui, oui), Katy Perry ou mĂȘme Roch Voisine. Mais le boss du catalogue de NoĂ«l depuis bientĂŽt dix ans, c’est Michael BublĂ©. “Quand il sort son album Christmas en 2011, il le fait avec producteur qui a dĂ©jĂ  fait des chansons de NoĂ«l. Il joue sur le cĂŽtĂ© gendre idĂ©al, crooner, Ă©vocation de la tradition des annĂ©es 1940, un petit cĂŽtĂ© Sinatra
” Les ventes sont colossales. Mais Steven Jezo-Vannier fait remarquer un fait surprenant : “Les chansons de NoĂ«l tristes ont plus de succĂšs. Les seules qui rivalisent avec les grands standards des annĂ©es 1940, c’est “All I Want For Christmas Is You” de Mariah Carey, qui raconte une rupture amoureuse, “Last Christmas” de Wham!, idem, et “Fairytale of New York” de The Pogues, qui parle de violence conjugale.”

MĂȘme le rap s’est pliĂ© Ă  l’exercice, souvent par parodie et provocation. Kurtis Blow avec “Christmas Rappin’” dĂšs 1980, Run-DMC avec “Christmas In Hollis” en 1988, Eazy-E avec “Merry Muthfuckin’ X-mas” en 1992, Ludacris avec “Ludacrismas” en 2007, Snoop Dogg avec “‘Twas The Night Before Christmas”, Ghostface Killah avec “Ghostface X-mas” en 2008, Run The Jewels avec “A Christmas F*cking Miracle” en 2013, Lil Jon avec “All I Really Want For Christmas” il y a quelques jours
 La liste est longue.

Des doubles sens en pagaille

Beaucoup de ces chansons rap sont un peu cradingues, portĂ©es sur le sexe. Mais si la vulgaritĂ© est ici explicite, elle n’est pourtant pas l’apanage du hip-hop. “Dans les annĂ©es 1940, l’industrie pense que les chansons de NoĂ«l sont enfantines. On y glisse donc des doubles sens dĂ©diĂ©s aux parents. Dans “I Saw Mommy Kissing Santa Claus” (notamment interprĂ©tĂ© par les Jackson 5), par exemple, il y a ce gamin qui surprend le PĂšre NoĂ«l en train de se faire chatouiller la barbe par sa maman. On est dans l’Ɠil de l’enfant, mais les adultes se demandent si c’est le PĂšre NoĂ«l, si c’est un amant, si c’est le pĂšre qui jour au PĂšre NoĂ«l avec sa femme etc. Ella Fitzgerald chantait “Santa Claus Got Stuck In My Chimney” (“Le PĂšre NoĂ«l est bloquĂ© dans ma cheminĂ©e”), le double sens est Ă©vident. Quand les rappeurs s’y mettent de maniĂšre provocante, ils mettent tout de mĂȘme un pied dans la tradition. On est dans la respectabilitĂ©, mais on la bouscule.”

Tout au long de son livre, l’auteur remarque que les traumatismes de la seconde guerre mondiale ont durablement imprĂ©gnĂ© le rĂ©pertoire de NoĂ«l, en France et aux États-Unis notamment. “White Christmas” sort deux semaines aprĂšs l’attaque de Pearl Harbor, et est chantĂ© aux soldats pendant la guerre. Le texte original de “Petit Papa NoĂ«l” racontait la demande d’un enfant de libĂ©rer son pĂšre des prisons allemandes, Tino Rossi en ayant fait changer les paroles pour rendre la chanson plus lĂ©gĂšre.

Mi-euphorisantes, mi-anesthĂ©siantes, les chansons de NoĂ«l peuvent apparaĂźtre aux yeux de beaucoup de gens comme une injonction malsaine Ă  ĂȘtre heureux, comme un filon surexploitĂ© par l’industrie du disque, comme une rĂ©gression musicale et intellectuelle. Mais cela serait nier la complexitĂ© du rĂ©pertoire, son ancrage extrĂȘmement profond dans la culture anglo-saxonne et les artistes qui se sont attelĂ©s Ă  l’ouvrir Ă  d’autres styles et concepts bien moins formatĂ©s. En tout cas, il y a de quoi composer des playlists bien sympas pour le rĂ©veillon de NoĂ«l.

Lire l’article sur Konbini

Brice Miclet
Konbini 26 décembre 2018

- Le pÚre Noël, en crooner ou en ordure

Une centaine d’hymnes Ă  l’esprit de NoĂ«l entonnĂ©s par des chanteuses Ă  voix ou de vils mĂ©talleux sont dĂ©cortiquĂ©s par l’auteur de cette bible consacrĂ©e Ă  une tradition bien ancrĂ©e. Qu’est-ce que Judy Garland, les Petits Chanteurs Ă  la croix de bois, Renaud, les Sex Pistols et Lady Gaga ont en commun? Tous ont succombĂ© Ă  ce plaisir coupable consistant Ă  enregistrer des chants de NoĂ«l. A un moment de la carriĂšre d’un artiste, mĂȘme le plus incorrect, l’exercice s’impose. Kitschissime ou au douziĂšme degrĂ©, l’hymne Ă  l’esprit de NoĂ«l et Ă  son pĂ©pĂšre Santa Claus inspire Ă  Steven Jezo-Vannier, spĂ©cialiste de la contre-culture et de l’univers rock, une anthologie aussi poilante qu’essentielle. Jingle Bells, l’improbable histoire des chansons de NoĂ«l paraĂźt en cette fin d’annĂ©e chez Le Mot et le reste. L’auteur a plongĂ© dans un abondant rĂ©pertoire pour Ă©tablir un fait : « Cet univers n’est pas l’apanage des chanteurs opportunistes et vieillissants. Des chanteurs de la trempe de Nat King Cole et Bob Dylan ont chantĂ© NoĂ«l, car derriĂšre la logique commerciale se cache une tradition de la reprise, profondĂ©ment ancrĂ©e dans la culture musicale amĂ©ricaine. » Prince, Mariah Carey et Kanye West ont repris le flambeau. L’auteur commence par rappeler les origines chrĂ©tiennes «douteuses» de la fĂȘte de la NativitĂ©: si celle-ci a Ă©tĂ© fixĂ©e au 25 dĂ©cembre, c’était moins pour coller Ă  la date supposĂ©e de la naissance de JĂ©sus que pour se greffer sur les cĂ©lĂ©brations du solstice d’hiver et s’attirer ainsi les faveurs des paĂŻens. DĂšs le XV^e^ siĂšcle, les chansons de NoĂ«l sortent des Ă©glises et se mĂȘlent aux traditions populaires, se dĂ©veloppant avec la RĂ©forme protestante. Des compositeurs comme Haendel, Bach puis Berlioz ou Saint-SaĂ«ns donnent au genre ses lettres de noblesse. Gospel, blues et jazz prennent le relais. PortĂ©s par une industrie culturelle en pleine explosion, les chants de NoĂ«l gagnent en popularitĂ©. Parents et enfant communient sur les mĂȘmes airs. La pĂ©riode des fĂȘtes poussant Ă  la rĂ©gression et Ă  la consommation, le marchĂ© ne peut se passer du recyclage de «Jingle Bell», «Let It Snow», «White Christmas» ou «Santa Claus is Coming to Town». Ce prĂ©ambule posĂ©, l’auteur passe en revue une centaine de classiques et curiositĂ©s, oĂč le plus cul-cul cĂŽtoie
 le plus cochon («Santa Claus got stuck in my chimney», le pĂšre NoĂ«l est restĂ© coincĂ© dans ma cheminĂ©e, par Ella Fitzgerald) ou le subversif, tel ce «Happy Xmas (War is over)», entonnĂ© par John Lennon contre la guerre au Vietnam. Dans «’Twas the Night Before Christmas», le rappeur Snoop Dog narre les turpitudes d’un papa NoĂ«l libidineux, alcoolo et fumeur de shit. Et Ronnie James Dio, chanteur de metal inventeur du geste de la main «à cornes», transforme carrĂ©ment le gentil barbu en dĂ©mon incitant les gosses Ă  semer le chaos. A NoĂ«l, tout est permis, surtout le pire !

Roderic Mounir
Le Courrier 21 décembre 2018

- Interview Steven Jezo-Vannier - Jingle Bells

Ellen Ichters a interviewĂ© Steven Jezo-Vannier pour qu’il vous parle de son anthologie dĂ©diĂ©e aux chansons de NoĂ«l. Le rĂ©sultat de cette rencontre sera diffusĂ© en dix temps dans l’émission Pony Music sur la RTS. Un calendrier de l’Avent qui tombe Ă  pic.

Tous les épisodes à réécouter sur la RTS :
1/10
2/10
3/10
4/10
5/10
6/10

Ellen Ichters
RTS // Pony Music 10 décembre 2018

- L'histoire des chansons de Noël enfin retracée dans un étonnant ouvrage

Dans “Jingle Bells, l’improbable histoire des chansons de NoĂ«l”, Steven Jezo-Vannier plonge dans les origines d’une tradition protĂ©iforme devenue un marchĂ© lucratif. Il s’attarde aussi sur une centaine de titres de ce registre dĂ©criĂ© ou adulĂ©.

“Chaussez vos raquettes pour un parcours en cent chansons, plein de surprises Ă  gros rubans rouges”, annonce Steven Jezo-Vannier en prĂ©ambule de son rĂ©cent et instructif ouvrage “Jingle Bells, l’improbable histoire des chansons de NoĂ«l”. Le sujet, dĂ©jĂ  insolite et unique, jugĂ© passionnant ou rĂ©dhibitoire, a dĂ©sormais son histoire.

Le livre s’attache Ă  percer avec une bonne dose d’humour les secrets inavouĂ©s de ce lucratif marchĂ© qu’est la ritournelle de fin d’annĂ©e, Ă  travers une galerie de cent artistes, entre standards indĂ©modables et titres obscurs. Avec quelques ingrĂ©dients “magiques” et un peu de marketing, ces chansons ont en tout cas conquis la planĂšte et les records de vente, et mĂȘme sauvĂ© la carriĂšre de Mariah Carey, relĂšve l’auteur français, spĂ©cialiste de la contre-culture et de l’univers rock.

Comme la bĂ»che et le sapin, les chansons de NoĂ«l reviennent chaque annĂ©e avec les mĂȘmes refrains, pĂ©tris de bons sentiments. [
] Leur rĂ©pertoire abrite le pire et le plus kitsch de ce qui se fait en musique. [
] Mais que les fans se rassurent, les Christmas Carols ne sont pas tous aussi saints qu’ils le prĂ©tendent.
Steven Jezo-Vannier dans “Jingle Bells, l’incroyable histoire des chansons de NoĂ«l”

Mais derriĂšre la face kitsch de ces chants pĂ©rennes qui ont le mĂ©rite de ne pas trop se prendre au sĂ©rieux se trouve aussi le meilleur et le plus inattendu: ainsi de l’album “A Christmas Gift For You” de Phil Spector ou du “R2-D2 We Wish You A Merry Christmas” oĂč “Bon Jovi souhaite un joyeux NoĂ«l au droĂŻde de Star Wars”. Qui pensait encore entendre les Sex Pistols ou Run DMC invoquer l’esprit de NoĂ«l?, interroge le livre qui Ă©voque aussi bien les crooners habituĂ©s du genre que les artistes de renom qui se sont pliĂ©s Ă  cet exercice traditionnel: d’Elvis Presley Ă  Lady Gaga via Jimi Hendrix, les Beatles, Pink Floyd, Arcade Fire ou Snoop Dog. Sans parler des anti-chansons de NoĂ«l de Miles Davis (“Blue Xmas”) ou “Don’t Believe in Christmas” des Sonics et de certains titres contestataires qui ont mĂȘme subi les foudres de la censure.

Ce qui fait dire Ă  Steven Jezo-Vannier que “la musique de NoĂ«l ne ressemble Ă  aucune autre, ni dans ses caractĂ©ristiques ni dans l’usage que le public en fait”. Sans qu’il affirme pour autant qu’il s’agit vraiment d’un genre musical Ă  part entiĂšre puisque le concept est flou et que tous les styles ne rĂ©pondent pas aux mĂȘmes critĂšres.

“Le rĂ©pertoire jouit d’une richesse et d’une diversitĂ© uniques. Il renferme des centaines de morceaux, de quoi dresser un tableau bien plus vaste que ce livre [
]. Dans le nombre, il existe une quantitĂ© insensĂ©e de reprises, de compilations et de 45-tours. Par nature, la musique de NoĂ«l est consommable, pour ne pas dire jetable. Les maisons de disques, qui n’ignorent aucun marchĂ©, ont conscience qu’elle s’apprĂ©cie annuellement.“
Steven Jezo-Vannier dans “Jingle Bells, l’incroyable histoire des chansons de NoĂ«l”

Ce singulier univers musical transcende ainsi tous les styles musicaux. Un syncrĂ©tisme que reflĂšte parfaitement la chanson aussi incontournable que symbolique qu’est “Jingle Bells” (“Vive le vent” pour sa traduction française), créée en 1857. Elle a Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©e par le chanteur country Willie Nelson aussi bien que par Afrika Bambaataa, le pĂšre fondateur du hip-hop, Duke Ellington, les Beatles, Luciano Pavarotti, Al Green, Gwen Stefani, Frank Sinatra et Etta James.

De ses origines religieuses remontant Ă  la tradition biblique Ă  la tradition de la reprise dont la culture amĂ©ricaine est particuliĂšrement empreinte, de la spĂ©cificitĂ© française Ă  la tonalitĂ© plus grave liĂ©e au courant de la chanson rĂ©aliste de l’entre-deux-guerres aux nombreuses dĂ©clinaisons dans le folklore europĂ©en, la chanson de NoĂ«l a conquis la planĂšte de façon protĂ©iforme au fil des siĂšcles.

AprĂšs avoir explorĂ© les racines historiques et les dĂ©clinaisons du genre, “Jingle Bells” s’attarde enfin sur une centaine de titres. Et passe en revue les classiques: “White Christmas” chantĂ© par Bing Crosby” et “The Christmas Song” façon Nat King Cole, les scansions rap de Run-DMC dans “Christmas in Hollis”, le sucrĂ© fondant de “Last Christmas” par Wham!, les plus rock “Merry Christmas (I Don’t Want to Fight Tonight” des Ramones et “Petit Papa NoĂ«l” de Trust ou “La fille du PĂšre NoĂ«l” de Jacques Dutronc.

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Olivier Horner
RTS Culture 14 décembre 2018

- L'improbable histoire des chansons de Noël

Pour la parution du livre Jingle Bells de Steven Jezo-Vannier (Le Mot et Le Reste), et parce que la pĂ©riode l’impose, Pop & Co s’intĂ©resse Ă  l’histoire de ces mĂ©lodies, rassurantes et rĂ©confortantes pour certain·e·s, anxiogĂšnes et dĂ©primantes pour d’autres, qui vont nous accompagner pour les prochaines semaines.

Rebecca Manzoni et son Ă©quipe vous parle de l’anthologie de Steven Jezo-Vannier.

À réécouter sur le site de France Inter

Rebecca Manzoni
France Inter // Pop & Co 17 décembre 2018