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Parution : 18/10/2012
ISBN : 9782360540662
400 pages (148 x 210)

26 €

J'étais le dealer des Rolling Stones

Plus tard cela changea. Ceux qui travaillaient avec les Stones laissaient entendre que Mick et Keith Ă©taient en train, inconsciemment, de saper Brian, de le casser, de le dĂ©truire. Egocentriques, obsĂ©dĂ©s par leur notoriĂ©tĂ©, ils ne pouvaient pardonner Ă  Brian de les avoir, dans les premiers temps du groupe, assujettis Ă  ses choix musicaux et visuels. De telles rumeurs sont monnaie courante dans le petit milieu d’enfoirĂ©s du rock, et je ne les prenais pas au sĂ©rieux − jusqu’à maintenant.

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Benjamin Mallais

Tony Sanchez se lie d’amitiĂ© avec les Stones au dĂ©but des annĂ©es soixante. Il devient « l’assistant » − entendre fournisseur de drogue − de Brian Jones puis de Keith Richards et partage avec eux de nombreux moments, les hauts comme les bas, les dĂ©fonces, les soirĂ©es, les femmes, les fĂącheries, les tracas avec la police. Jusqu’à devenir accroc Ă  l’hĂ©roĂŻne. Il dĂ©cide un jour d’arrĂȘter, d’entamer une cure de dĂ©sintoxication, et de tĂ©moigner de ces folles annĂ©es passĂ©es aux cĂŽtĂ©s des Stones.
TĂ©moignage de premier plan, Ă©crit avec sincĂ©ritĂ©, ce livre n’agite pas seulement les habituels faits d’armes des trois rock stars (les excĂšs, le cĂŽtĂ© magie noire), mais montre une grande comprĂ©hesion de leurs personnalitĂ©s et de leurs liens complexes.

Revue de presse

J'étais le dealer des Rolling Stones KR'TNT
Agnes Leglise Rock & Folk Mars 2013
Easy rider n°1161 Olivier VALERIO radio PFM 14 octobre 2012

J'étais le dealer des Rolling Stones

N’ont pas hĂ©sitĂ© sur le titre chez Le Mot et le Reste – me demande ce que Benjamin Mallais spĂ©cialiste de la poĂ©sie irlandaise a dĂ» en penser – mais traduire Up and Down with the Rolling Stones par J’étais le Dealer des Rolling Stones, c’est ce que l’on appelle un saut qualicatif ! Loi du commerce numĂ©ro 1 : toujours Ă©veiller la curiositĂ© malsaine du futur consommateur.

Tony Sanchez fils d’un riche propriĂ©taire de restaurant a eu de la chance. Faisait partie de cette jeunesse dorĂ©e – pas des plus riches, mais rien Ă  voir avec la piĂ©taille de base – qui a formĂ© les premiers bataillons du Swinging London au dĂ©but des annĂ©es soixante. FrĂ©quentait les clubs et les boĂźtes huppĂ©s de cette micro-sociĂ©tĂ© gentry-rock qui mĂȘlait vedettes es rock’n‘roll et blousons dorĂ©s. Ce qui lui a permis de cĂŽtoyer de fort prĂšs les Rolling Stones.

L’a Ă©crit son bouquin de souvenirs dĂšs qu’il a commencĂ© en 1979 Ă  mettre les bouts se tirer de l’oeil de l’ouragan. Le livre est paru en 1980 et est vite devenu un classique de la littĂ©rature stonienne. Il aura fallu plus de trente ans pour qu’il soit accessible de par chez nous au public non-anglophone. C’est dommage car il forme un contre-point parfait au Life de Keith Richards ( voir KR’TNT N° 43 du 09 / 03 / 11 ) et il est instructif et amusant de confronter les points de vue.

J’étais le dealer des Rolling Stones – KR’TNT

KR'TNT

Au palmarĂšs des livres tell-all comme disent les Anglo-Saxons, ceux qui vous disent tout sur des trucs un peu cracras donc sinon pourquoi voudrait-on nous le prĂ©ciser, celui-ci J’étais le dealer des Rolling Stones par Tony Sanchez (titre qui n’est pas le titre original et qui autodĂ©truit un peu de l’ambivalence du texte oĂč l’auteur tente trĂšs maladroitement de faire genre il Ă©tait pas le dealer mais il rendait des services) reste sĂ»rement dans le peloton de tĂȘte des bouquins attirants qu’on aime Ă  dĂ©guster mais qui laissent tout de mĂȘme un drĂŽle de goĂ»t.
C’est vrai qu’à priori, le mec, Spanish Tony Sanchez touche dans cette chronique de sa vie de dealer de superstars, Ă  la sacro-sainte matrice originelle de tout le binz : le rock + la drogue + les Stones + les femmes des Stones, le tout Ă  la grande Ă©poque crĂ©atrice, avouons que peu de matĂ©riaux semblent aussi croustillants que les rĂ©vĂ©lations espĂ©rĂ©es et si le livre commence sur les chapeaux de roues avec un portrait de Brian Jones, alors dĂ©foncĂ© en chef de la petite meute et Don Juan triomphant, la suite m oins glorieuse de ses frasques oĂč Tony Sanchez nous raconte comment il tabassait ses conquĂȘtes et abandonnait ses enfants calme tout de suite les vellĂ©itĂ©s glam du revival et montre bien toute l’ambivalence du procĂ©dĂ© douteux – Sanchez ne parle jamais de s’ĂȘtre interposĂ©, mĂȘme verbalement, devant ces abus – et la difficultĂ© Ă  se placer moralement dans cette lecture sans les rĂ©ponses prĂ©alables Ă  quelques questions essentielles comme : est-ce que ce qu’il raconte est vrai, doit-on croire un dealer dont la parole est, mĂȘme selon les critĂšres les plus relĂąchĂ©s hein, pour le moins douteuse, est-ce pertinent, voire mĂȘme vaguement instructif? À quelle aune morale juge-t-on des faits autrefois banals et maintenant choquants? Cet ouvrage prĂ©sent-t-il le moindre intĂ©rĂȘt? Fuck oui.

Certes, les principaux protagonistes ont dĂ©savouĂ© le livre et son auteur, “vil parasite” selon Marianne Faithfull, ce dĂ©foncĂ© qui “ne sait pas mĂȘme Ă©crire son propre nom alors Ă©crire un livre
” comme l’a dĂ©clarĂ© Keith Richards et tout le monde s’accorde Ă  dire qu’il n’était tout simplement pas lĂ  Ă  de nombreuses occasions qu’il raconte pourtant comme s’il en avait Ă©tĂ© partie prenante mais il faut reconnaĂźtre que son rĂ©cit de premiĂšre main est tout simplement fascinant : anecdotes dingues, beautiful peple Ă  chaque ligne (huhu), conversations intimes, prĂ©cisions tatillonnes, drames, jalousies, drogues variĂ©es, coucheries, chĂąteaux malĂ©fiques, procĂšs retentissants, amours fratricides, tabloĂŻds dĂ©chaĂźnĂ©s, morts tragiques, argent partout, police, magie noire, ce livre semble parfois n’ĂȘtre qu’une hallucinante collection de clichĂ©s sur tout ce que le rock a pu engendrer comme fantasmes; sauf que c’est le contraire, un peu come l’oeuf et la poule et que lĂ , la poule ça serait les Stones.

Agnes Leglise
Rock & Folk Mars 2013

Easy rider n°1161

J’étais le dealer des Rolling Stones est le livre de la semaine dans l’émission hebdomadaire Easy Rider.
Une chronique à réécouter ICI

EASYRIDER

Olivier VALERIO
radio PFM 14 octobre 2012