J'aurais voulu ĂȘtre un Beatles
LâidĂ©e sĂ©duisante dâaborder lâun des groupes les plus cĂ©lĂšbres au monde par le lien intime qui les unit Ă tout un chacun.
Cinquante, câest le nombre dâannĂ©es Ă©coulĂ©es depuis la sĂ©paration des Beatles et la naissance de JĂ©rĂŽme Attal. Le temps est donc Ă lâĂ©criture, pour mettre dans cette double peine, beaucoup de joie. Son dĂ©sir sâexprime ainsi : partager en de courts rĂ©cits tout ce que la musique peut changer en nous, montrer avec quelle grĂące et quelle puissance elle sait nous accompagner mais Ă©galement nous altĂ©rer en profondeur. Pour lui, aucun groupe nâa autant comptĂ© que les Beatles. Ils ont assurĂ© cette transition pĂ©rilleuse entre lâenfance et lâadolescence, lorsque lâimagination, au service de la fiction, ne suffit plus Ă masquer la rĂ©alitĂ© qui sâimpose avec lâĂąge. Ămergent de cette envie, des nouvelles, des pensĂ©es et un ensemble de souvenirs touchants, justes, drĂŽles, quâil nâappartient quâaux lecteurs de rattacher Ă leur propre expĂ©rience.
Revue de presse
- Interview - dans les carnets de JérÎme Attal Myriam Thibault Atelier d'Albion 27 janvier 2020
- Il aurait voulu ĂȘtre un Beatles Serge Hartmann Les DerniĂšres Nouvelles d'Alsace 10 fĂ©vrier 2020
- J'aurais voulu ĂȘtre un Beatles Henri-Charles Dahlem Ma collection de livres 7 fĂ©vrier 2020
- J'aurais voulu ĂȘtre un Beatles Nadine Doyen TraversĂ©es 9 fĂ©vrier 2020
- Histoire(s) de lire... N°48 Christine Le Garrec à vos marque ta page ! 17 janvier 2020
Ecrivain et parolier (Johnny Hallyday, Vanessa Paradis, Eddy MitchellâŠ), JĂ©rĂŽme Attal est aussi un fan des Beatles. Il a vĂ©cu ses Beatles avec quelques annĂ©es de retard, ce qui ne semble pas gĂącher lâintensitĂ© de la relation. Dans la réédition de ce livre augmentĂ©e de quelques textes, il persiste et signe. De ses premiĂšres amours aux copains perdus, en passant par des parents aimants, il y a toujours un coin des Beatles qui lui rappelle. Cela passe par des histoires courtes, comme autant de petites nouvelles rythmĂ©es par les extraordinaires mĂ©lodies de John, Paul, George et Ringo.
Le lecteur nâest jamais exclu de cette relation. La plume du romancier y est pour beaucoup. Sa sincĂ©ritĂ© Ă©galement. Et lâabsente totale dâenjeu peut expliquer la vraie lĂ©gĂšretĂ© dâun artiste (Ă©crivain, musicien, peintreâŠ) qui a su rester un enfant ou plus certainement un adolescent. Cette pĂ©riode entre rage et espoir quand lâinstant amoureux balaye la conscience dâun monde adulte peuplĂ© de factures et de condescendances.
Alors, mĂȘme si vous nâavez jamais voulu ĂȘtre un Beatles, nâexcluez pas le fait que dâautres puissent vous sĂ©duire Ă raconter leurs souvenirs. Car au fond, le double bleu et le double rouge sont aussi dans votre discothĂšque. Et câest dĂ©jĂ un premier pas vers une madeleine de Proust que nous partageons tous. Le plus Ă©tonnant reste encore que ceux qui nous gouvernent semblent passer bien loin de cette culture pop et rock. Ceci expliquerait peut-ĂȘtre ce dĂ©calage entre le peuple et ses Ă©lites. Pour nous le monde est divisĂ© entre Beatles et Rolling Stones. Pour eux entre Louis Le Grand et Henri IV. A chacun ses divinitĂ©s.
Cette semaine, le Journal dâAlbion vous propose dâentrer dans les carnets de lâĂ©crivain JĂ©rĂŽme Attal. Son dernier roman, La Petite sonneuse de cloches est paru chez Robert Laffont en aoĂ»t dernier. Aujourdâhui, il nous parle de ses carnets et de son inspiration, quâil trouve entre Londres et Paris.
Tu as toujours un petit carnet sur toi ?
Oui, toujours. Jâai eu pas mal de petits carnets comme ça, rigide avec un Ă©lastique. Jâai aussi eu des petits carnets plus souples, lignĂ©s, et qui rentrent dans la poche intĂ©rieure dâune veste. Câest lâidĂ©al. Mon plus grand truc ce sont ces petits carnets de poche. Maintenant, je dois avouer que jâutilise aussi beaucoup les Notes dâiPhone, parce quâelles arrivent directement sur mon ordinateur.
QuâĂ©cris-tu dans ces petits carnets ?
Ce sont plutĂŽt des idĂ©es, des poĂšmes, des phrases ou des chansons. « Boulogne Billancourt, oĂč je regarde la pluie tomber sur des immeubles en verre ». « Il nous est impossible dâaimer quelquâun dâautre, câest une trahison, câest une trahison », ce sera dans lâune de mes chansons : « Je ne supporterai pas que tu en aimes un autre », que lâon peut toujours Ă©couter sur Spotify. Jâen ai des tonnes des petits carnets comme ça.
Et pour tes romans ?
Pour les romans, jâaime bien cette taille-lĂ , plus grand, avec des pages blanches. Ce carnet-lĂ Ă©tait pour mon roman Les Jonquilles de Green Park.
Tes carnets sont totalement dĂ©diĂ©s Ă lâĂ©criture. Tu ne notes pas de listes de choses Ă faire, par exemple ?
Non, je retiens toujours les trucs Ă faire. Je ne les Ă©cris jamais. Mes carnets sont pour lâĂ©criture de romans, de chansons, de textes, de nouvelles.
Tu emportes aussi partout ce carnet pour le roman ?
Oui, jây note vraiment toutes les idĂ©es qui me viennent. JâĂ©cris aussi des passages. Quand câest rayĂ©, câest que jâai dĂ» mâen servir pour le retaper sur ordinateur.
OĂč aimes-tu Ă©crire ?
Quand je dois Ă©crire un chapitre entier, jâaime ĂȘtre chez moi, avec mes livres, devant mon ordinateur. Pour prendre des notes, jâĂ©cris partout sur mes petits carnets de poche, en marchant. Jâai des idĂ©es en marchant dans Paris.
Tu ne te prends pas des poteaux de temps en temps ?
Non⊠Est-ce que dans la vie dâun homme normal, on se prend plus de poteaux que de rĂąteaux ? Ou plus de rĂąteaux que de poteaux ?
Câest une bonne question⊠Et alors, une idĂ©e de rĂ©ponse ?
Plus de rĂąteaux que de poteaux. (Rires) Jâaurais bien Ă©changĂ© quelques rĂąteaux contre des poteaux. Jâai habitĂ© ce quartier [nous sommes Rive gauche, proche dâOdĂ©on] de 1988 jusquâĂ il y a trois ans. Jâai aussi un peu habitĂ© Ă Auteuil, mais avec la ligne 10, je venais toujours ici. Et câest dans ce triangle des Bermudes quâest le boulevard Raspail, Saint-Michel et Saint-Germain, que jâai passĂ© mon temps Ă me promener, Ă Ă©crire, Ă trouver des idĂ©es.
Câest dans ce quartier que vient lâinspiration ?
Oui, lâinspiration vient ici en marchant.
Lâinspiration vient-elle aussi Ă Deauville, oĂč tu habites ?
Non, Ă Deauville, je suis chez moi, donc je peux travailler Ă un bureau qui me plaĂźt, oĂč jâai mes livres, oĂč je me sens bien. Jâai une perspective. Câest une sorte dâatelier oĂč je peux travailler sur du long cours. Mais lâinspiration, je la trouve Ă Paris ou Ă Londres. Depuis cinq ans, jâai plus de plaisir Ă trouver lâinspiration Ă Londres, parce que la rue mâinspire plus. Ce qui sauve Paris, ce sont les nouvelles personnes qui arrivent et qui redĂ©couvrent la ville. Mais je trouve que la vie est trĂšs violente Ă Paris, les gens sont agressifs, malpolis, la ville est sale. Jâai moins dâaffinitĂ©s avec Paris, que jâai adorĂ©e toute ma vie. Puis grĂące aux livres, je voyage beaucoup. Je suis trĂšs souvent partout en France, et je prends plus de plaisir Ă revenir Ă Paris, comme quelquâun qui va y habiter de maniĂšre sursitaire. Alors quâil y a dix ou quinze ans, câĂ©tait une punition pour moi de quitter Michel Ange Auteuil ou SĂšvres Babylone. Je ne suis jamais parti en vacances de 1989 Ă aujourdâhui.
Tu nâes jamais parti en vacances ?
Je nâaime pas les vacances. Jâai lâimpression que les choses se font sans moi. Jâai toujours des choses Ă Ă©crire. Et depuis que jâai dĂ©couvert de maniĂšre plus intime Londres, jây trouve une Ă©nergie. Jâadore le bruit de la ville quand on est dans les parcs, la lumiĂšre, jâadore les filles Ă Londres, la maniĂšre dont elles Ă©voluent. Jâadore ce cĂŽtĂ© trĂšs poli des Londoniens. Peut-ĂȘtre que si jây habitais, je trouverais ça pesant⊠Et puis il faut ĂȘtre riche, la condition dâauteur ne me permet pas malheureusement de vivre longtemps Ă Londres, mais Ă Paris non plus. Il nây a plus de middle class. Cette ville devient soit pour les pauvres qui mettent des matelas dans la rue, soit pour les trĂšs riches qui prennent des taxis, qui vont de palace en palace, et qui ne voient rien hormis quelques tentes sur les boulevards pĂ©riphĂ©riques.
Je vois que tu as dâautres carnets.
Oui, jâai une troisiĂšme sorte de carnets, dans lequel jâĂ©cris mon journal intime. Ce sont des carnets quâon mâoffre. Jâai longtemps tenu un journal sur Internet. Câest comme ça que lâĂ©diteur StĂ©phane Million mâa proposĂ© de faire un premier roman. Mon journal Ă©tait trĂšs lu Ă lâĂ©poque, de 1998 Ă 2008. CâĂ©tait au tout dĂ©but dâInternet, jâavais entre 3000 et 4000 lecteurs par jour. Il y avait peu dâĂ©criture en ligne, et jâavais beaucoup de lecteurs francophones : des QuĂ©bĂ©cois, des Français Ă New York⊠Ăa leur plaisait dâavoir les aventures dâun jeune homme qui habitait Paris. Aujourdâhui, je ne le publie plus, mais je fais des Writerâs Life, une autre sorte de journal intime en plus condensĂ©. Les carnets, câĂ©tait super pour aller dans les cafĂ©s. CâĂ©tait avant que le MacBook ne se dĂ©mocratise.
Dans quels cafés allais-tu ?
Jâallais au Vieux Colombier, au Rouquet, jâadorais les banquettes rouges et la perspective sur le boulevard Saint-Germain, ou au Petit Suisse Ă cĂŽtĂ© du jardin du Luxembourg. Jâai eu des pĂ©riodes de cafĂ©s comme ça. Maintenant, je vais au CafĂ© Madame, Ă lâangle de la rue Madame et de Vaugirard. Jây vais, car Loulou Robert a Ă©crit ses premiers romans lĂ -bas. Je sais quâelle nây va plus, donc si jây vais, je ne la dĂ©range pas. Et jây vais en sachant que le spectre de Loulou est lĂ , et ça me plaĂźt. Quand je rentrais le soir, Ă Auteuil, je retapais sur mon ordi ce que jâavais Ă©crit lâaprĂšs-midi, et je postais en ligne mon journal. Jâaimais lâidĂ©e du journal intime : quoi quâil se passe dans la journĂ©e de mes lecteurs, ils savent que le soir, ils ont un rendez-vous. Et mon journal, je lâĂ©crivais avec lâidĂ©e quâil serait peut-ĂȘtre publiĂ© un jour, comme mes Writerâs Life aujourdâhui.
Pour conclure, peux-tu nous parler dâun livre qui tâa donnĂ© envie dâĂ©crire ?
Il y en a plusieurs. Pour la jeunesse, câest Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl. Et pour les adultes, je suis trĂšs fan des nouvelles de Salinger. Jâadore « LâHomme hilare », « Juste avant la guerre avec les Esquimaux ». Ce sont de nouvelles qui me donnent envie dâĂ©crire. Il y a aussi La Vie matĂ©rielle de Marguerite Duras, avec plein de petits textes. Jâaime beaucoup les livres imparfaits, qui ne sont pas des chef-dâĆuvre, mais qui sont poĂ©tiques et pleins de peps, comme Richard Brautigan. Ce sont des livres qui durent dans le temps. Jâadore les livres que tu aimes avoir avec toi, que tu aimes offrir, avec un cĂŽtĂ© intemporel. Jâadore les livres qui donnent envie dâĂ©crire.
Conseils lecture :
Journal de Jean-René Huguenin Les livres de Richard Brautigan La Vie matérielle de Marguerite Duras Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl
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Il voue une passion aux Fab Four et a dĂ©jĂ eu lâoccasion de lâĂ©crire. Dans Jâaurais voulu ĂȘtre un Beatles, JĂ©rĂŽme Attal signe un livre doux-amer sur lâadolescence, le temps qui passe et le rock qui aide parfois Ă le supporter.
Câest une succession de petits rĂ©cits qui tournent autour des Beatles dont certains avaient dĂ©jĂ fait lâobjet dâune publication dans un livre joliment intitulĂ© Le Rouge et le Bleu (2007). Une façon trĂšs stendhalienne dâĂ©voquer les deux cĂ©lĂšbres compilations grĂące auxquelles des gĂ©nĂ©rations dâadolescents ont dĂ©couvert le groupe qui rĂ©gna sur la scĂšne musicale populaire des sixties. Cela a Ă©tĂ© le cas de JĂ©rĂŽme Attal, nĂ© bien aprĂšs la Beatlemania mais restĂ© Ă jamais marquĂ© par une musique et une histoire au travers desquelles il a pu dĂ©crypter le monde qui est le sien. Car câest bien de cela dont il
sâagit dans Jâaurais voulu ĂȘtre un Beatles, version modifiĂ©e de Le Rouge et le Bleu auquel lâauteur a rajoutĂ© textes et nouvelles : signifier combien une Ćuvre dĂ©couverte au sortir de lâenfance laisse Ă jamais son empreinte, une fois lâĂąge adulte venu, comment elle impose sa nĂ©cessitĂ© et vous accompagne, sâoffrant comme un refuge, incarnant un ultime lien avec un passĂ© depuis longtemps rĂ©volu. Ă la fois intime, portant sur sa propre personne un regard teintĂ© dâautodĂ©rision, mais livrant aussi une biographie des Beatles en creux, ce livre est un bel hommage rendu aux Fab Four. Et Ă lâadolescence qui passe, avec son ennui et son mal-ĂȘtre mais dont la mĂ©moire portera une nostalgie
douce-amĂšre â la musique y apportant sa couleur indĂ©lĂ©bile. On savoure les anecdotes qui ont ponctuĂ© lâadolescence provinciale de JĂ©rĂŽme Attal, dont certaines parleront Ă plus dâun lecteur. On y trouve aussi une dĂ©finition assez singuliĂšre de la bascule qui sâopĂšre de lâenfance Ă lâadulte â « Quand on est enfant on rĂȘve dâĂȘtre un des quatre Beatles. On ne choisit pas forcĂ©ment lequel, mais on a envie dâĂȘtre un des quatre. Un des quatre qui a fait les tournĂ©es, qui Ă©tait lĂ depuis Love Me Do, etc.. Quand on devient adulte, on accepte dâĂȘtre le cinquiĂšme. On commence Ă faire des concessions Ă ses rĂȘves. Câest ça, ĂȘtre adulte. » Câest assez joliment dit. Pour sa part, JĂ©rĂŽme Attal a bien fait son deuil de lâenfance. Et son livre en offre une oraison funĂšbre trĂšs rockânâroll. Avec une dose de tendresse aussi, oĂč rĂ©sonneraient en Ă©cho les accords de Yesterday.
JĂ©rĂŽme Attal a semble-t-il trouvĂ© le moyen de nous surprendre chaque annĂ©e avec un livre bien diffĂ©rent du prĂ©cĂ©dent. Il y a deux ans, dans 37, Ă©toiles filantes, il racontait comment Alberto Giacometti courait derriĂšre Jean-Paul Sartre pour lui casser la figure, lâan passĂ© avec La petite sonneuse de cloches il nous faisait dĂ©couvrir les amours de Chateaubriand en exil. Et cette fois, sâil revient Ă Londres, câest pour mieux nous entrainer dans ses souvenirs dâenfance, du cĂŽtĂ© de Saint-Germain-en-Laye, au moment oĂč il dĂ©couvrait le premier album des Beatles. Les Ă©ditions Le Mot et le Reste ont eu la bonne idĂ©e de demander Ă JĂ©rĂŽme Attal de corrigĂ©e et complĂ©ter Le Rouge et le Bleu ou comment les chansons des Beatles infusent dans lâexistence paru en 2008.
Avec lui, en courts chapitres qui sont autant de bonbons sortis dâun paquet aux couleurs bleu et rouge, on revisite une histoire dont nous partageons tous un peu quelque chose, surtout si lâon approche ou dĂ©passe le cinquantaine.
Et ce quelque chose est dâimportance. Car «la pop culture, la musique, le cinĂ©ma, nous construisent, assurent les transitions, la couture entre lâenfance, lâadolescence et tout le bordel qui sâensuit. La culture pop donne de lâĂ©lan, des bases, des modĂšles, un mode de vie, un horizonâŠÂ»
La dĂ©monstration est lumineuse et nostalgique, brillante et riche dâanecdotes qui raviront aussi ceux qui ne sont pas des aficionados. On prend la mesure du phĂ©nomĂšne en mĂȘme temps quâon replonge dans la France de la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle. Quand Paul Mc McCartney, John Lennon, Ringo Starr et George Harrison faisaient souffler un vent de libertĂ© avec des airs passĂ©s aujourdâhui au rang de classiques.
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Et puis, sâil ne fallait sâattacher quâĂ un seul titre, ce serait «Michelle» dont on comprendra en fin de volume lâĂ©motion particuliĂšre quâelle peut susciter pour lâauteur qui nous livrera par la mĂȘme occasion quelques clĂ©s de son travail de romancier et comment ses proches deviennent par la magie de lâĂ©criture des personnages de roman. VoilĂ aussi de quoi relire avec un Ćil neuf LâAppel de Portobello Road et La Petite sonneuse de cloches.
La chronique intégrale est en ligne sur le blog de Dahlem
On a tous quelque chose des Beatles, ou plutĂŽt un lien particulier avec ces Fab Four.
Pour JérÎme Attal le dénominateur commun est le chiffre 50 !
50 ans depuis lâexplosion du groupe, 50 ans, cet Ă©tĂ© 2020,lâĂąge de la maturitĂ© pour lâauteur parolier qui a toujours veillĂ© Ă garder une part dâenfance, mais se trouve confrontĂ© aux affres du temps qui passe.
Dans une succession de courts chapitres, en prose ou en vers, JĂ©rĂŽme Attal dĂ©cline son rapport aux Beatles, relatant maintes anecdotes tout en faisant dĂ©filer leur discographie, leurs tubes. Leurs chansons constituaient pour le jeune fan « un monde protecteur et magique ». Pour le lecteur, elles deviennent la playlist de ce livre et sont les axes autour desquels la planĂšte sentimentale de JĂ©rĂŽme Attal tourne. Il rembobine leur parcours depuis leurs dĂ©buts dans le groupe des « Quarrymen », dans une cave de Liverpool jusquâĂ leur adoubement par la reine qui fait une apparition Ă la toute fin ! Un ouvrage documentĂ© qui fait appel Ă la mĂ©moire des nostalgiques des annĂ©es sixties, du « swinging London » et qui rĂ©vĂšle « la recette du quatre-quarts Beatles » !
Lâauteur parolier, expert des Beatles, aborde la crĂ©ation, la difficultĂ© de vivre avec un artiste et la nĂ©cessitĂ© de cohabiter avec « une muse cosmique » !
Certains textes sont dĂ©diĂ©s Ă des personnalitĂ©s connues : David Foenkinos, SigolĂšne Vinson (Ă qui il adresse le mantra : « Hare Krishna), Claire BarrĂ©, Loulou Robert, (qui a baptisĂ© sa chienne « Penny Lane », des anonymes (A, C ou ZâŠ) ou encore Ă cette figure tutĂ©laire quâest Richard Brautigan, quâil aime pour « la structure foutraque, jubilatoire et poĂ©tique de ses livres ».
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Il opĂšre comme la mise Ă nu dâune tranche de vie, revisite son enfance (son aversion de la gym), Ă©voque ses Ă©mois dâadolescence, ses amours, ses chagrins, ses dĂ©ceptions, les occasions ratĂ©es, ses madeleines de Proust. Le tout brossant son autoportrait Ă multiples facettes avec cette sensibilitĂ© Ă fleur de peau Ă laquelle sont habituĂ©s ses aficionados. Il reste Ă espĂ©rer que cet Ă©tat dâĂąme mĂ©lancolique Ă la fois « sombre, inconsolable » et « dĂ©couragĂ© par la vie » nâest plus. Rassurons-le quant Ă son lectorat, il ne peut que croĂźtre.
La musique nâest-elle pas lĂ pour combler cette quĂȘte de bonheur ?
Dans cet opus trĂšs musical, il paye sa dette au groupe mythique dont lâĆuvre magistrale entre en rĂ©sonance avec sa propre vie mais aussi avec la nĂŽtre Ă des degrĂ©s divers. Si dans « La Petite sonneuse de cloches », JĂ©rĂŽme Attal dĂ©clarait y avoir logĂ© tout son coeur », il est aussi consignĂ© dans ce trĂšs touchant livre confession.
Découvrez la chronique intégrale sur le site de la revue Traversées
NĂ© en mĂȘme temps que la sĂ©paration des Beatles, JĂ©rĂŽme Attal adule ce groupe mythique qui a contribuĂ© en douceur Ă son passage de lâenfance Ă lâĂąge adulte en passant par la dĂ©licate adolescence : les chansons intemporelles des quatre garçons dans le vent sont ainsi devenues au fil des ans la bande son de sa vie⊠Nourri de pensĂ©es, de souvenirs, dâanecdotes et de savoureuses fictions, ce recueil de nouvelles empreint dâhumour et de tendresse met en lumiĂšre lâimportance de la musique et Ă quel point elle fait partie de nos vies⊠Et particuliĂšrement celle des Beatles dont les chansons sont directement reliĂ©es Ă la carte du tendre de cet auteur sincĂšre et authentique, lui-mĂȘme musicien. Histoires dâamour et dâamitiĂ©, moments fugaces, rĂ©flexions intimes ou cocasses alternent ainsi dĂ©licatement avec des souvenirs dâenfance, parfois douloureux, quand lâabsence des ĂȘtres aimĂ©s se fait cruelle⊠Au fil des pages, on se laisse envelopper avec dĂ©lices dans la douceur de la prose poĂ©tique de JĂ©rĂŽme qui nous immerge, texte aprĂšs texte, telles les pistes dâun microsillon, en pays dâĂ©motion, Ă travers nos propres souvenirs que lâon se surprend Ă Ă©voquer en bouffĂ©es de nostalgie⊠Quelles chansons nous ont marquĂ© et nous mettent longtemps, bien longtemps aprĂšs, sourire aux lĂšvres ou larme Ă lâĆil ? Chut⊠Ces jardins secrets nous appartiennent et nous ne pourrons hĂ©las jamais les exprimer avec la grĂące et le talent de JĂ©rĂŽme Attal. Ce joli parcours de vie en compagnie de Paul, John, George et Ringo au pays de Sergent Pepper vous invite Ă emprunter le chemin de vos Ă©motions musicales : Ă vous maintenant de choisir vos propres compagnons de voyage⊠Cette savoureuse « madeleine » sera disponible en librairie le 6 FĂ©vrier prochain.