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Parution : 05/04/2012
ISBN : 9782360540419
528 pages (148 x 210)

25 €

It's only rock'n'roll et autres bricoles

EXTRAIT
Philippe Paringaux Ă©tait une star. Avec ses cheveux longs, ses pantalons de velours et son Ă©ternelle cigarette, il ressemblait Ă  un dandy rock’n‘roll mĂątinĂ© de voyou et correspondait parfaitement Ă  son Ă©poque. Dans ses textes, il y avait une espĂšce de gĂ©nĂ©rositĂ© rĂ©voltĂ©e. J’aimais son Ă©criture trĂšs dĂ©liĂ©e qui avait amenĂ© certains Ă  la qualifier de Chateaubriand du rock. Paringaux employait un style classique pour parler d’un sujet qui ne l’était pas du tout. Nous, les lecteurs de Rock’n‘Folk, nous n’avions que notre chaĂźne stĂ©rĂ©o et quelques disques, mais nous avions dĂ©cidĂ© de faire de cette musique notre destin. Pour nous, Paringaux Ă©tait un passeur. (Philippe MANOEUVRE)

Introduction de Christophe Quillien.

Ce livre reproduit le meilleur des chroniques de Philippe Paringaux parues de 1968 Ă  1974 : Miles Davis en concert Ă  Paris, Woodstock et l’üle de Wight, sans oublier Bath ou le Montreux Jazz Festival, les concerts des Stones et du Led Zep, la mort de Brian Jones, les Who
 Bref, sont restituĂ©s ici des grands moments de l’histoire du rock, vus par un exĂ©gĂšte de la pop qui sait avouer, preuve de son talent, que « jamais la musique des mots, en admettant qu’on sait la jouer juste, ne remplacera la vraie musique, celle des notes ».
Enlevé, percutant et instructif.

Revue de presse

- It's only rock'n'roll et autres bricoles Sophie Chambon Les DerniĂšres Nouvelles du Jazz 14 septembre 2012
- PlanÚte Mojo - Philippe Paringaux Denis Roulleau Mojo Magazine Juillet-Août 2012
- Portrait - Philippe Paringaux - le rock critic qui aime le jazz Guy Darol Jazz Magazine Août 2012
- Chronique du bon vieux rock 24 Heures
- Pour cultiver sa culture rock - des chroniques seventies E. Barnett Grazia 29 juin 2012
- La chronique d'Eric Serva Eric Serva France Musique 29 juin 2012
- It's only rock'n'roll et autres bricoles Jean-Pierre Simard Rolling Stone juin 2012
- Attention, mythe ! Serge Kaganski Les Inrockuptibles 16 mai 2011
- It's only rock'n'roll et autres bricoles Le Rock mai 2012
- It's only rock'n'roll et autres bricoles Guy Darol Rien ne te soit inconnu 4 mai 2012
- Paringaux cat go ! Serge Kaganski Les Inrocks.com 10 mai 2012

- It's only rock'n'roll et autres bricoles

Autre lecture incontournable en cette fin d’étĂ©, mĂȘme pas hors sujet pour les DNJ, le recueil de chroniques de Philippe Paringaux, l’une des tĂȘtes pensantes de Rock and Folk, “ la NRF de la contre-culture “, entre 1968 et 1973. Pourquoi ? Parce que fort Ă©tonnamment, Paringaux comme Koechlin, les deux timoniers du Rock & Folk historique, Ă©taient de vrais passionnĂ©s de jazz. Pour preuve, le premier numĂ©ro de la revue a paru en juillet 66, comme hors sĂ©rie de Jazz Hot.
Paringaux, voilĂ  un type qui n’était pas sectaire, qui apprĂ©ciait toute bonne musique, imprĂ©gnĂ©e de blues et qui pouvait Ă©couter les Beatles Ă  l’Olympia et Charlie Mingus Ă  Wagram. Des types de cette gĂ©nĂ©ration qui entendirent sans prĂ©jugĂ© aucun, jazz, pop et rock, croyez moi c’est rare
 capable d’apprĂ©cier autant In A Silent Way que Led Zep II. Un vĂ©ritable Ă©clectisme, au sens le plus noble du mot et non une dispersion brouillonne. C’est un rĂ©gal que de (re)dĂ©couvrir les articles de PP qui tĂ©moignent du vrai dĂ©sir d’écriture de celui qui a toujours manifestĂ© un goĂ»t prononcĂ© pour le roman et la littĂ©rature. Il aimait les mots, et Ă©crire sur la musique relevait pour lui de l’exercice de style. Tout chroniqueur devrait en prendre de la graine. La critique rock lui doit une fiĂšre chandelle. “Jazz Magazine et les Cahiers du CinĂ©ma possĂ©daient une vĂ©ritable Ă©criture et une personnalitĂ©, ils Ă©taient des “ bibles “ dans leur domaine respectif, et Rock and Folk s’est hissĂ© Ă  leur niveau, en Ă©crivant sur le rock, considĂ©rĂ© Ă  l’époque comme une musique pauvre.“
Il a formĂ© malgrĂ© lui toute une gĂ©nĂ©ration de critiques qui ont su dĂ©crire, avec la plus grande libertĂ©, la rĂ©volution musicale qu’ils avaient la chance de vivre, et dĂ©velopper les fondements d’une esthĂ©tique rock. Reportages, critiques sensibles, coups de cƓur pas bidon ni trafiquĂ©s, Paringaux Ă©crit sur LĂ©o FerrĂ©, Dylan, CSN&Y, le Buffalo Springfield, Montreux pop, Wight blues, Lou Reed, Larry Coryell, Zappa et The Mothers of Invention, Johnny Winter, Jeff Beck et John Mayall , Pink Floyd, the Tony Williams Lifetime, B.B King, Wayne Shorter, Tim Buckley, Charles Mingus , Sun Ra, The Who 
 La liste n’est pas exhaustive tant cette pĂ©riode est bĂ©nie, favorisant l’éclosion de groupes talentueux. Il aime entourer les musiciens, et c’est ainsi qu’il approchera Miles en 1970 Ă  l’üle de Wight qui lui confiera mĂȘme sa trompette rouge.
Il y a aussi ses fameuses Bricoles, de vĂ©ritables textes d’auteur au ton neuf
oĂč il donne des nouvelles du petit monde du rock, parle de tout et de rien mais avec grand talent. Le reste est Ă  dĂ©couvrir dans ce recueil absolument passionnant qui devrait figurer dans toute bibliothĂšque d’amateur de rock, pop, jazz ou d’amoureux de la musique tout simplement. Paringaux a arrĂȘtĂ© d’écrire sur le rock depuis longtemps, devenu ermite sur une Ăźle atlantique, il n’en a pas moins contribuĂ© Ă  Ă©veiller, Ă  faire danser de nouveaux (in)fidĂšles, prĂȘts Ă  Ă©couter la musique plus que les experts. A en savoir moins, mais Ă  se laisser guider par le plaisir et l’émotion, l’oreille et le coeur. Ce n’est donc pas une histoire du rock and roll, ni un cours magistral mais bien une sĂ©rie de portraits “ chic et choc “, croquĂ©s au feeling, de figures Ă©lues parmi bien d’autres Ă  venir 
 Aujourd’hui, on relit l’histoire de cette musique, de ces annĂ©es oĂč le temps est comme aboli, sans perspective ni recul. Un bonheur de lecture rare.
Autre particularitĂ© de ce livre : si ce sont ses textes qui sont repris et son nom d’auteur qui figure sur la couverture, Paringaux apprĂ©ciant la maison d’édition Le mot et le Reste et se faisant volontiers traducteur au besoin, il n’a pas souhaitĂ© se prĂȘter Ă  la sĂ©lection de ses textes, corpus gigantesque d’un Ă©crivain de musique prolifique, d’autant qu’il lui est arrivĂ© parfois de rĂ©diger la majeure partie du mensuel.

LESDERNIÈRESNOUVELLES DU JAZZ

Sophie Chambon
Les DerniĂšres Nouvelles du Jazz 14 septembre 2012

- PlanĂšte Mojo - Philippe Paringaux

EXTRAIT

“ClichĂ© oĂč l’on voit Paringaux aux cheveux longs, avec Mick Jagger, Jimmy Page, Franck Zappa
 Autant de souvenirs de l’ñge d’or du rock et d’un magazine pour lequel son rĂ©dacteur en chef cultivait deux credo :« Je souhaitais faire partager un esprit rock, emmener le lecteur au-delĂ  de la musique, et publier des plumes libres mĂȘme si leurs goĂ»ts Ă©taient en contradiction avec les miens. Dans les annĂ©es 70, vous pouviez lire dans Rock&Folk des signatures aussi opposĂ©es que le folkeux Jacques Vassal et le novöpunk Yves Adrien. Je suis fier d’avoir rĂ©ussi ce grand Ă©cart, inimaginable aujourd’hui. »”

MOJOMAGAZINE

Denis Roulleau
Mojo Magazine Juillet-Août 2012

- Portrait - Philippe Paringaux - le rock critic qui aime le jazz

Dans son numĂ©ro d’étĂ© 2012, Jazz Magazine consacre un portrait de deux pages Ă  Philippe Paringaux dont une anthologie des meilleurs articles vient de paraĂźtre aux Ă©ditions le Mot et le Reste.

MORCEAUXCHOISIS

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PARINGAUX s’installe durablement Ă  Rock & Folk oĂč il devient la parangon d’une nouvelle Ă©criture, la critique rock qui ne doit rien Ă  Lester Bangs mais tout Ă  la littĂ©rature française (de Baudelaire Ă  Jean-Jacques Schuhl) et Ă  la lecture de Jazz Magazine, qu’il dĂ©vore goulĂ»ment tout au long des annĂ©es 1960.
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)
CE STYLISTE ayant inventĂ© une Ă©criture que les glousseurs ne jurant que par la suprĂ©matie du gonzo journalisme feraient bien d’aller lire se serait donc en partie construit au contact de Jazz Magazine.
(
)
PROPULSÉ au panthĂ©on de la rock critic, Paringaux rigole : “C’est un fourre-tout qui ne veut pas dire grand chose de plus que ce qu’il dit : chroniqueur spĂ©cialisĂ© dans le rock. AprĂšs, il y en a de toutes sortes, de tous styles et de toutes religions, et mĂȘme de vrais journalistes, ce que je n’étais certainement pas, contrairement Ă  la plupart des rocks critics anglo-saxons que j’ai pu rencontrer. Ce que je veux bien croire, parce qu’on me l’a souvent rĂ©pĂ©tĂ©, c’est que j’ai probablement Ă©tĂ© le premier Ă  essayer de transposer la tradition littĂ©raire (plus que journalistique, justement, et mĂȘme si je trouve qu’en ce qui me concerne le qualificatif “impressionniste” conviendrait mieux que “littĂ©raire”) de la fameuse “critique de jazz Ă  la française” dans le domaine du rock’n‘roll. À dĂ©faut de savoir fabriquer du jazz ou du rock, les Français ont toujours su en parler
”

JAZZMAG

Guy Darol
Jazz Magazine Août 2012

- Chronique du bon vieux rock

EXTRAIT

“Dans It’s only rock’n‘roll et autres bricoles, Philippe Paringaux parle Ă©videmment d’une autre Ă©poque. Celle oĂč il interviewait Jimmy Page, de Led Zeppelin, dans sa suite, allongĂ© sur son lit. Celle oĂč il suivait Frank Zappa dans le bus de sa tournĂ©e. Celle oĂč le critique rock acquĂ©rait ses lettres de noblesse, Ă©bloui par des dieux vivants sur scĂšne.
« Wight? J’y Ă©tais. Regardez mes mĂ©dailles », ironise-t-il en 1970. La mĂȘme annĂ©e, le Français dĂ©couvre un Ăźlot de pure musique. « Elle s’appelle Montreux. Il s’appelle Claude Nobs. Suisses, tous les deux. Ils s’aiment. Si fort que le second est en train de faire de la premiĂšre le haut lieu du pop du Vieux-Continent. »
Avec sa silhouette Ă©maciĂ©e de chat errant, Paringaux se faufile partout. Contrairement Ă  ses collĂšgues, l’amoureux des lettres modĂšre au maximum l’usage du jargon franglais, s’oblige Ă  trouver des Ă©quivalences. Avec tendresse, Philippe Manoeuvre se souvient que, pour cette raison, il Ă©tait surnommĂ© le « Chateaubriand du rock ». À juste titre : le voir.”

24HEURES

24 Heures

- Pour cultiver sa culture rock - des chroniques seventies

Vous trouvez que votre vie n’est pas assez rock’n‘roll? RemĂ©diez illico Ă  cette injustice grĂące Ă  ce pavĂ© enflammĂ©. PassionnĂ© de pop musique, ex-rĂ©dacteur en chef de Rock&Folk, Philippe Paringaux vous ouvre l’esprit avec ses chroniques, rĂ©digĂ©es entre 1968 et 1973, et y fait entrer une tornade. On notera notamment ses textes sur Woodstock et la mort de Brian Jones : d’intense morceaux de bravoure.

E. Barnett
Grazia 29 juin 2012

- La chronique d'Eric Serva

“Un voyage initiatique mais lucide au cƓur de la plus grande histoire musicale populaire du XX° siĂšcle. Beaucoup mieux qu’une froide encyclopĂ©die, ce nouvel ouvrage est un tĂ©moignage unique : une sĂ©lection de chroniques relatant une exceptionnelle sĂ©rie d’expĂ©riences, de tournĂ©es, de voyages et de rencontres vĂ©cus et retranscrites
Ă  chaud par son auteur entre 1968 et 1973. C’est une chose que de raconter une histoire musicale, s’en est une autre de l’écrire en l’ayant vĂ©cue.
Ce livre a d’autant plus d’intĂ©rĂȘt que, chose assez rare, la belle Ă©criture, simple et sensible de Philippe Paringaux reste Ă©tonnante de fraĂźcheur, elle conserve intact son pouvoir de transmission et, Ă  sa lecture, on dĂ©couvre, on redĂ©couvre Ă©ventuellement mais surtout notre Ă©coute des plus grands s’enrichit. De Miles Davis Ă  Led Zepplin en passant par Ian Matthews, Gainsbourg, Dylan, Eddie Cochran ou Wayne Shorter, chaque chronique, chaque rĂ©cit donne envie, si bien qu’attention, la lecture de cet ouvrage
risque de coĂ»ter un bras Ă  tous ceux qui ne disposent pas encore d’une discothĂšque idĂ©ale.
Indispensable tant sa lecture est aussi passionnante que pertinente” (Eric Serva pour France Musique – Juin 2012)

REECOUTER L’EMISSION

Eric Serva
France Musique 29 juin 2012

- It's only rock'n'roll et autres bricoles

OĂč il faut reparler du Chateaubriand de la presse rock française, de l’homme distanciĂ© qui a donnĂ© un sens Ă  l’écriture “pop”, ce qu’il disait lui-mĂȘme, au sein de la rĂ©daction d’un magazine qu’il a longtemps portĂ©, Rock & Folk. Un livre taillĂ© sur mesure qui retrace les moments forts vĂ©cus durant les grandes heures de la presse musicale, concerts des Rolling Stones, interviews de monstres sacrĂ©s (LĂ©o FerrĂ©), instants privilĂ©giĂ©s (Miles Ă  Paris), portraits au trait (la mort de Brian Jones) sans oublier les chroniques de disques barrĂ©es. GrĂące Ă  sa superbe exigence d’écriture, Philippe Paringaux – comme ceux qu’il enrĂŽla dans sa quĂȘte – a trĂšs certainement changĂ© la face du rock en France avant de se consacrer Ă  ses sublimes romans graphiques avec Loustal. Respect, donc. Et mention spĂ©ciale pour la longue intro biographique de Christophe Quillien, le Mister BD de Rolling Stone.

Jean-Pierre Simard
Rolling Stone juin 2012

- Attention, mythe !

Une plume légendaire de la critique rock française compile ses meilleurs articles.

Attention, mythe !
Principale plume de Rock & Folk de 1968 Ă  1973, Philippe Paringaux en devient ensuite le rĂ©dacteur en chef jusqu’en 1970, menant en parallĂšle une activitĂ© d’auteur de BD avec Loustal. Fabuleux dĂ©tecteur de talents, il enrĂŽle d’autres Philippe (Garnier et Manoeuvre), Yves Adrien, Laurent Chalumeau, Michka Assayas, François Gorin, leur laisse carte blanche pourvu que le style soit bon. Reportages, entretiens, analyses ou chroniques de disques dĂ©filent ici, tĂ©moins d’une Ă©poque oĂč le rock Ă©tait une aventure, oĂč les stars inconscientes de leur statut restaient accessibles aux journalistes. Dans une langue classique mais vibrante, traduisant une pensĂ©e sensible et profonde, Paringaux fait partager ses longs moments aux cĂŽtĂ©s de Led Zeppelin, Mick Jagger ou Miles Davis, repĂšre trĂšs tĂŽt le gĂ©nie de Neil Young, du Velvet ou de Karen Dalton, invoque la charge sĂ©ditieuse du rock (importante dans la France de Pompidou) mais fustige les gauchistes de Panurge
 Et puis il y a Bricoles, chronique personnelle oĂč Paringaux pose la casquette de rock-critic pour ciseler des nouvelles Ă©vocatrices qui appelaient dĂ©jĂ  des illustrations de Loustal. Depuis des annĂ©es, Paringaux est mĂ©diatiquement invisible, comme secrĂštement retirĂ©.

Serge Kaganski
Les Inrockuptibles 16 mai 2011

- It's only rock'n'roll et autres bricoles

Introduit par Christophe Quillien, dĂ©jĂ  auteur d’un livre sur l’histoire de Rock & Folk, It’s Only Rock compile les Ă©crits et chroniques de Philippe Paringaux, son rĂ©dacteur en chef, publiĂ©s entre 1968 et 1974. Fin styliste capable de citer Baudelaire dans un papier sur Miles Davis, Paringaux doublait sa clairvoyance pop d’un dĂ©licat vernis littĂ©raire. Ses fameuses mini-nouvelles Bricoles Ă©clairaient les pages de l’institution de la presse rock hexagonale. Quarante ans plus tard, les comptes-rendus de sa visite Ă  Wight 70, de sa fascination rĂ©currente pour Dylan, Led Zeppelin et les Stones (voir sa chronique Ă  chaud d’Exile on Main Street) et de sa perplexitĂ© devant le concert de David Bowie Ă  Earls Court en 1973 continuent de ravir les amateurs de rock critic exigeante et lettrĂ©e.

Magazine LeRock

Le Rock mai 2012

- It's only rock'n'roll et autres bricoles

A moins que vous ne possĂ©diez les 81 premiers numĂ©ros de Rock & Folk, ce livre est un compagnon nĂ©cessaire. Philippe Paringaux qui en fut le rĂ©dacteur en chef y composa, entre 1968 et 1973, de vĂ©ritables fresques qui ne devaient rien Ă  la musicologie car elles Ă©taient instruites par une Ă©coute et un regard sensibles. Ses modĂšles d’écriture, il les avait trouvĂ©s dans Jazz Magazine et principalement en lisant Alain Gerber. Il inventera une nouvelle langue pour Ă©voquer Frank Zappa, Miles Davis, le Festival de Bath, les Beatles, Moondog ou encore Otis Redding, celui par lequel il entrera en littĂ©rature. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Philippe Paringaux est un lecteur passionnĂ© et son bagage considĂ©rable devait transporter toutes les fines plumes du XIXĂšme siĂšcle. C’est un constat que l’on fait en suivant le fil de ses phrases qui s’origine dans une bibliothĂšque. Jacques Colin qui lui succĂ©dera dans les annĂ©es 1980 rappelle la puissante impression qu’avait produit sur lui Rose PoussiĂšre de Jean-Jacques Schuhl et Femina Marquez de Valery Larbaud. Ses Bricoles qui ne tenaient guĂšre compte de l’actualitĂ© musicale tĂ©moignent de son intention : Philippe Paringaux se vivait d’abord comme un Ă©crivain. Rock & Folk Ă©tait son scriptorium.

Rien ne te soit inconnu

Guy Darol
Rien ne te soit inconnu 4 mai 2012

- Paringaux cat go !

La presse a Ă©tĂ© fondamentale dans mon apprentissage culturel, journalistique et politique. Bien calĂ© au fond de la classe, prĂšs du radiateur, lycĂ©e Buffon, je lisais Rouge, LibĂ© (premiĂšre Ă©poque !), Actuel (oĂč Ă©crivaient certains Bernard ZĂ©kri ou Michel-Antoine Burnier), les Cahiers du cinĂ©ma, Best (oĂč officiait le Dordor d’or), Pilote avant de rentrer chez moi feuilleter le grand quotidien du soir auquel Ă©tait abonnĂ©e ma mĂšre. Tout en haut de mon panthĂ©on de papier trĂŽnait, indĂ©logeable, Rock&Folk. Sa maquette de classe, son Ă©paisseur, son icono, et surtout, sa haute teneur en grandes signatures. Avec Philippe Manoeuvre, on rigolait, avec Alain Dister, on rĂ©visait, avec Philippe Garnier, on voyageait, avec Yves Adrien, on Ă©tait percutĂ© par le style et on vivait le rock avec trois coups d’avance, puis plus tard, avec Laurent Chalumeau, on rigolait, rĂ©visait et voyageait
 Rock&Folk, c’était Ă©crit.

En tout petit dans l’ours figurait le nom de Philippe Paringaux. A l’époque oĂč je dĂ©vorais R&F (75-85), Paringaux en Ă©tait le rĂ©dacteur en chef mais n’écrivait plus. Du moins il ne signait plus de papiers. Mais vu sa fonction, on pouvait deviner qu’il rĂ©digeait les sommaires, chapos, lĂ©gendes photos. Et puis il Ă©tait le traducteur des textes de Nik Cohn accompagnant les dessins de Guy Pellaert dans le fabuleux Rock Dreams. Enfin, Paringaux lĂ©gendait magnifiquement les superbes dessins-peintures-photogrammes de Loustal. Paringaux-Loustal, quelle doublette ! Cadres dĂ©peuplĂ©s, textes haĂŻkus, mais tellement chargĂ©s de rĂȘverie, de fantĂŽmes, de hors-champ ! J’avais droit Ă  quelques gouttes du talent de Paringaux, j’en aurais bien bu des bouteilles cul-sec mais la source semblait tarie, ayant Ă©coulĂ© l’essentiel de son jus dans les annĂ©es 68 – 73.

Ma soif est enfin Ă©tanchĂ©e : ces textes mythiques de la prĂ©histoire de la rock critique française sont enfin rĂ©unis dans un recueil qui vient de paraĂźtre : It’s only rock’n’roll et autres bricoles (Le Mot et le Reste), 400 pages de Paringaux. PremiĂšre impression, mais je m’en doutais : Paringaux Ă©crivait bien, mais dans une langue assez classique, claire et dĂ©liĂ©e. Chez lui, pas d’anglicismes, d’argot, de style parlĂ©, de formules claquantes, pas de ces pirouettes langagiĂšres qui Ă©piçaient souvent le style de ses collĂšgues. Paringaux ne bousculait pas la langue française mais la servait sobrement, et s’en servait talentueusement pour projeter des sensations, des Ă©motions, des idĂ©es aussi, esthĂ©tiques et politiques. Conscient de la difficultĂ© de la mission du critique rock, il disait souvent que les mots Ă©taient impuissants Ă  transcrire la musique, abstraction sensuelle. Mais c’est aussi cette impuissance et les mille façons de la dompter qui font la beautĂ© de ce mĂ©tier, et les textes de Paringaux en sont la preuve.

Ces articles de Paringaux nous emmĂšnent dans de grands festivals mythiques (Ile de Wight, Montreux
), dans l’intimitĂ© de Led Zeppelin, dans des conversations au long cours avec Mick Jagger ou LĂ©o FerrĂ©, ou dans une virĂ©e nocturne parisienne avec Miles Davis. Epoque innocente oĂč les stars de la musique Ă©taient facilement accessibles. Ses critiques de disques montrent un auditeur sensible et lucide, qui repĂšre assez tĂŽt le gĂ©nie de Neil Young, la singularitĂ© tranchante du Velvet et de Lou Reed, ou la puissance abĂźmĂ©e de la grande Karen Dalton. Paringaux Ă©tait plus un Ă©motionnel qu’un analytique et c’est dans la rubrique « Bricoles » que son romantisme dĂ©senchantĂ©, son dandysme vaguement dĂ©tachĂ©, sa plume habitĂ©e transparaissaient au mieux. Loin de l’agenda de l’actu, Paringaux remplissait cet espace avec ce qu’il faut bien appeler des nouvelles, textes infusĂ©s de mythologie noire, emplis d’élĂ©gantes volutes de fumĂ©e, racontant une histoire, un moment, une Ă©motion, une ambiance, par lesquels il accĂ©dait au statut d’écrivain.

PĂšre fondateur de la rock critique, Philippe Paringaux est aussi Ă  ce titre l’un des grands oncles de la presse contre-culturelle des cinquante derniĂšres annĂ©es. Pourtant, cette figure sĂ©minale est aujourd’hui peu connue, voire oubliĂ©e. Paringaux y a sans doute mis du sien : alors que ses camarades de la classe R&F ont publiĂ© des livres, Ă©crit dans d’autres mĂ©dias, poursuivi des carriĂšre Ă  la tĂ©lĂ©vision ou au cinĂ©ma, lui est restĂ© trĂšs discret, retirĂ© on ne sait oĂč, quasi absent des mĂ©dias. Il scĂ©narise parfois une bd, a Ă©crit un roman (Blues blanc) mi-ratĂ©, mi-splendide, mais se tient globalement Ă  l’écart du buzz ambiant, sans doute fidĂšle Ă  son Ă©thique, Ă  sa nature profonde de solitaire dĂ©sabusĂ©, toujours imprĂ©gnĂ© de nostalgie, rongĂ© par la maladie des paradis perdus (il a d’ailleurs aussi Ă©crit des textes de chansons pour Christophe). It’s only rock’n’roll est un bon moyen de dĂ©couvrir le meilleur de son travail et de regagner le paradis des annĂ©es mythiques du rock.

LESINROCKS.COM

Serge Kaganski
Les Inrocks.com 10 mai 2012