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Parution : 21/05/2015
ISBN : 9782360541713
288 pages (14,8 x 21)

21 €

Il y a des annĂ©es oĂč l'on a envie de ne rien faire

1967-1981 chansons expérimentales

textile

Les annĂ©es 1960 voient apparaĂźtre en France une scĂšne artistique engagĂ©e dont les acteurs partagent le mĂȘme dĂ©sir d’expĂ©rimentation. En parallĂšle du succĂšs grandissant de la scĂšne yĂ©-yĂ© et de Salut les Copains, le label indĂ©pendant Saravah, fer de lance de cette nouvelle gĂ©nĂ©ration d’artistes, accueille certains de ses principaux reprĂ©sentants et contribue Ă  leur exposition. Brigitte Fontaine, Areski Belkacem ou encore Jacques Higelin, expĂ©rimentateurs parmi d’autres, n’hĂ©sitent pas Ă  mĂȘler les diffĂ©rentes formes d’art, Ă  jouer avec la langue et Ă©clater les formes musicales Ă©tablies. BercĂ©s par l’esprit de rĂ©volte qui se propage dans le monde entier, ces artistes voient leur horizon s’agrandir avec l’arrivĂ©e de nombreux musiciens amĂ©ricains issus du jazz qui viendront chercher en France une libertĂ© Ă  laquelle ils aspirent encore. Maxime Delcourt revient sur l’évolution de cette scĂšne, ses composantes et son impact avant d’en tirer soixante disques reprĂ©sentatifs et incontournables, de Colette Magny Ă  LĂ©o FerrĂ© & Zoo en passant par Serge Gainsbourg, Nino Ferrer, Jac Berrocal et Dahsiell Hedayat.

Revue de presse

- Autour de Saravah Francis Hébert La route aux quatre chansons 10 avril 2018
- Maxime Delcourt : Fiers de ne rien faire Sébastien Broquet Le Petit Bulletin 24 mai 2016
- Il y a des annĂ©es oĂč l'on a envie de ne rien faire Philippe Renaud Improjazz N°218 Septembre 2015
- Culturisme Bastien GonzaĂŻ 29 juillet 2015
- Encyclopédie éclectique des musiques actuelles Jean-Jaques Birgé Mediapart // Miroir de drame 27 juillet 2015
- Read this ! Jean-Pierre Simard Rolling Stone Juin 2015
- Plein phare sur l'expérimentation musicale des servantes Fanny Vedreine Paulette 18 juin 2015
- 10 choses à savoir sur la chanson expérimentale en france des 60's et 70's Maxime Delcourt Brain Magazine 16 juin 2015
- Maxime Delcourt // Il y a des annĂ©es oĂč l'on a envie de ne rien faire ElisacrochecƓur Libfly 03 juin 2015
- La book box a envie de ne rien faire... Nova // Book Box Radio Nova 02 Juin 2015

- Autour de Saravah

Signalons en terminant un chouette bouquin paru chez l’éditeur marseillais «Le mot et le reste» en 2015. Il est de Maxime Delcourt. Son titre est un clin d’Ɠil au slogan de Saravah: «Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de ne rien faire. 1964-1981. Chansons expĂ©rimentales». Il s’agit d’une plongĂ©e chez les chanteurs et musiciens marginaux francophones. Delcourt resitue les oeuvres dans leur contexte historique et nous donne une riche liste de disques marquants dont plusieurs, hĂ©las, sont aujourd’hui introuvables. Certaines suggestions relĂšvent davantage du snobisme ou du caprice personnel, mais en gĂ©nĂ©ral, c’est un ouvrage exaltant. Une malle aux trĂ©sors oĂč on croise tant Brigitte Fontaine que Dick Annegarn, et des dizaines d’autres beaucoup moins connus. Les oubliĂ©s demanderaient un tome 2


Lisez l’intĂ©gralitĂ© du billet sur le blog de Francis HĂ©bert

Francis Hébert
La route aux quatre chansons 10 avril 2018

- Maxime Delcourt : Fiers de ne rien faire

De 1968 Ă  1981, l’Hexagone est parcouru d’un vent libertaire et inventif s’immisçant au cƓur de ses chansons et portant les premiers groupes de pop du pays. Le journaliste Maxime Delcourt en conte la gĂ©nĂšse dans un livre et lors d’une confĂ©rence.

« Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de ne rien faire » : cette baseline ultime de Saravah, label pas comme les autres initiĂ© par Pierre Barouh, lui-mĂȘme directeur artistique pas commun, est devenu le titre d’un livre de Maxime Delcourt paru l’an dernier aux excellentes Ă©ditions Le Mot et le Reste. Lequel Barouh, du Japon oĂč il passe aujourd’hui une bonne partie de son temps, nous Ă©crivait il ya quelques annĂ©es : « Depuis mon adolescence, j’ai toujours Ă©tĂ© imprĂ©gnĂ© de l’obsession de L’Autre rive (titre d’une chanson inscrite dans l’album Le Pollen), mais je me considĂšre plus promeneur que nomade
 »

Cette promenade sur l’autre rive, l’auteur du livre nous y convie au fil des pages contant les petites et la grande Histoire d’un genre, la chanson, qui en France aussi a connu ses chemins de traverse pendant un peu plus de dix ans. Comme dans ce studio prĂȘtĂ© justement par Pierre Barouh au gĂ©nial combo de free-jazz, l’Art Ensemble of Chicago, en 1969 et donnant naissance Ă  cet album indĂ©modable de Brigitte Fontaine, Comme Ă  la radio : elle passait justement par lĂ  avec des textes sous le bras et les grava en compagnie des AmĂ©ricains. Lesquels enregistrĂšrent aussi deux titres fous avec Alfred Panou ; Pierre Barouh, toujours : « On l’a rencontrĂ© rue des Abbesses, au flipper du bistro le Saint-Jean faisant face Ă  Saravah, alors que l’Art Ensemble de Chicago s’amusait au studio
 Nous avons traversĂ© la rue et quelques heures plus tard, deux titres Ă©taient en boite. »

Durant cette pĂ©riode dĂ©butant circa 1968, en pleine utopie politique et sonore, rythmĂ©e de textes rĂ©solument engagĂ©s et/ou poĂ©tiques, toute une scĂšne se construit : Brigitte Fontaine & Areski bien sĂ»r, Colette Magny qui fricote avec les Black Panthers, Higelin un temps, Christophe que l’on verra cet Ă©tĂ© aux Nuits de FourviĂšre, Alain Kan le premier punk mystĂ©rieusement volatilisĂ© en 1990 (dont Christian Eudeline a rĂ©cemment fait un ouvrage), ThiĂ©faine et Gainsbourg, Barricade, Catherine Ribeiro, GĂ©rard Manset


Toute cette pĂ©riode inventive et furtive d’inventions en chansons prenant fin en 1981 avec l’arrivĂ©e de la gauche au pouvoir, que l’on peut aussi Ă©couter sur l’indispensable compilation Mobilisation GĂ©nĂ©rale du label Born Bad Records, est ici dissĂ©quĂ©e par Maxime Delcourt. Une Ă©poque rĂ©volue que l’auteur contera ce mercredi 25 mai, au PĂ©riscope ; il y a des soirs oĂč l’on a envie de sortir.

Retrouvez l’article sur le site du Petit Bulletin

Sébastien Broquet
Le Petit Bulletin 24 mai 2016

- Il y a des annĂ©es oĂč l'on a envie de ne rien faire

La cĂ©lĂšbre devise du label Saravah est sous-titrĂ©e 1967-1981 chansons expĂ©rimentales, ce qui pourrait prĂȘter Ă  confusion. En effet, dans ce livre remarquablement bien documentĂ©, il n’est pas toujours question que de chansons. L’auteur aborde cette pĂ©riode riche de crĂ©ativitĂ© musicale et d’esprit libertaire en faisant parler des acteurs aussi Ă©loignĂ©s de la dite chanson française comme Jac Berrocal, François Tusques, Etron Fou Leloublan qui n’ont, Ă  premiĂšre vue, que peu de rapport avec ce mouvement musical typiquement hexagonal.

Et puis, au fur et Ă  mesure que l’on avance dans ce livre, on perçoit les liens qui pouvaient rassembler des musiciens aussi disparates avec les premiers contestataires issus de l’aprĂšs 68, notamment par une approche poĂ©tique, sociale, politique bien sĂ»r, avec comme influence majeure l’arrivĂ©e en France de musiciens amĂ©ricains exilĂ©s et fervents adeptes du freejazz. La contestation par la musique sera la forme de lutte la plus exacerbĂ©e face Ă  la vague de chansons populaires, permettra de se faire entendre dans de nombreux lieux qui se crĂ©eront pour l’occasion, fera entendre sa voix dans l’explosion des labels, cabarets, théùtres, festivals, avec comme tĂȘtes de pont les incontournables Brigitte Fontaine, Dick Annegarn, Areski, Jacques Higelin, et des moins connus comme Jean Vasca ou Pierre Rapsat
 Cette pĂ©riode faste, qui s’éteindra avec l’arrivĂ©e d’un certain socialisme au pouvoir en 1981, verra la crĂ©ation de nombreux fanzines, de collectifs communautaires, d’ agit-prop 


L’auteur explique de maniĂšre claire pourquoi une certaine idĂ©e de la culture sous un gouvernement de gauche, avec un doublement du budget ministĂ©riel, stoppera paradoxalement cette vague de crĂ©ativitĂ©.

La seconde partie de ce livre dĂ©taille 60 disques phares du mouvement de la chanson contestataire française, oĂč l’on retrouve bien sur les artistes citĂ©s plus haut, avec en plus d’autres OVNIs comme Evaristo, Mahjun, Dominique Grange, Jean Yanne (“tout le monde 
 “) ou des piliers indĂ©boulonnables comme LĂ©o FerrĂ© (l’album avec le groupe Zoo), Catherine Ribeiro et Alpes, François BĂ©ranger, Christophe (et oui! – avec “Samouraï”, album mythique), etc.

Philippe Renaud
Improjazz N°218 Septembre 2015

- Culturisme

Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ? Rien. Celui qui allume la radio – ennui – l’entend bien vite, il n’y a pas de raison de sortir du lit en 2015, et encore moins de programmer de le faire dans les annĂ©es Ă  venir. Alors tant que ceux qui sont payĂ©s pour rĂ©veiller la France feront du travail de merde, tenons la grĂšve du matin ! Aucun effort de qualitĂ© ne sera fourni avant 21h du matin, point. “Comme Ă  la radio”.

[Attention transition] Comme Ă  la radio est un album de Brigitte Fontaine avec l’Art Ensemble Of Chicago enregistrĂ© par Jean-Claude Vannier et publiĂ© chez Saravah en 1969, le label de Pierre Barouh. Comme beaucoup d’évĂ©nements s’étant dĂ©roulĂ©s dans la cuisine de l’illustre Monsieur Pierre Barouh, la collaboration fut fortuite.
L’Art Ensemble rĂ©pĂ©tait Ă  Paris. Barouh leur prĂȘtait un studio. Fontaine passait par-lĂ  avec ses chansons. Hop, un disque autant improbable que fondateur dans la carriĂšre Fontaine. Et, si on pose la question Ă  Maxime Delcourt, auteur du livre retraçant des annĂ©es de bizarreries de la musique française dans Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de ne rien faire (titre d’aprĂšs le slogan de la maison Saravah) et sous-titrĂ© 1967-1981 chansons expĂ©rimentales, il est possible qu’il soit d’accord pour dire que cet album pĂšse lourd dans la discothĂšque expĂ©rimentale de la Phrance-monsieur-on-ne-comprend-rien-Ă -votre-musique-de-zoulou.

Maxime Delcourt, que j’ai rencontrĂ© dans un cafĂ© en fin d’aprĂšs-midi, ou en milieu, je ne sais plus mais c’était un peu tĂŽt quand mĂȘme : « En fait, tout part de la compilation de Born Bad Mobilisation GĂ©nĂ©rale et du fait que je suis trĂšs fan des disques de Brigitte fontaine des annĂ©es 60-70, d’oĂč la part importante qu’elle prend dans le livre. Pour moi, c’est vraiment une figure phare, une porte d’entrĂ©e vers d’autres artistes et groupes, comme ont pu l’ĂȘtre Christophe, Alain Kan ou Colette Magny. » Colette Magny de Melocoton ?! «Oui, Colette Magny avec son album RĂ©pression, elle se lie aux Black Panthers. C’est quelque chose qui m’intĂ©ressait. » Car dĂšs le sous-titre, on comprend que mĂȘme si ce n’est pas dit comme ça, il y a un sous-entendu politique dans la maniĂšre de raconter de Maxime Delcourt, jeune journaliste musical basĂ© Ă  Lille. C’est comme ça que les « chansons expĂ©rimentales » commencent Ă  la veille de mai 68. « En 67, si ce n’est pas de la variĂ©tĂ©, c’est de la rive gauche. Et la rive gauche c’est assez classique dans la forme, et je pense que ces moments-lĂ  donnent les dĂ©buts de la chanson expĂ©rimentale. Et puis, 1981, quelques annĂ©es plus tard marquent une cassure avec l’arrivĂ©e de la gauche au pouvoir. D’une certaine maniĂšre, la gauche officialise la contre-culture avec les MJC. Donc ce n’est plus de la contre-culture. » Et peu Ă  peu, des terrains d’expĂ©rimentation disparaissent. Enfin ça a Ă©tĂ© la gauche, comme ça aurait pu ĂȘtre le revival du biniou ou autre chose. En tout cas un gros big up est passĂ© Ă  Jack Lang pour la fĂȘte de la cacophonie.

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Consulter l’article sur le site de Gonzaï

Bastien
GonzaĂŻ 29 juillet 2015

- Encyclopédie éclectique des musiques actuelles

Si j’attends d’avoir terminĂ© les trois livres envoyĂ©s par les Ă©ditions Le Mot et le Reste je risque de ne jamais en parler, or cet Ă©diteur est l’un des rares Ă  s’ĂȘtre spĂ©cialisĂ©, entre autres, dans les ouvrages sur les musiques qu’on dit actuelles et sont plutĂŽt du domaine populaire, mĂȘme si elles ne touchent souvent qu’un public restreint. Jazz, rock, folk, musiques du monde, etc. sont Ă©voquĂ©s par des auteurs consciencieux, soucieux de partager leurs passions avec les lecteurs qui, spĂ©cialistes ou novices, ont forcĂ©ment des lacunes. Les livres recĂšlent donc quantitĂ© de biscuits pour l’hiver, de pistes rĂ©vĂ©lant des trĂ©sors cachĂ©s, d’ouvertures sur d’autres mondes.

Je me souviens ainsi avoir chroniquĂ© Folk et Renouveau de Philippe Robert et Bruno Meillier, Great Black Music de Philippe Robert, Revolution in The Head de Ian MacDonald sur les Beatles, Field Recording d’Alexandre Galand. Mais je dois avouer que la perspective de lire quelque chose sur mon travail ou celui d’Un Drame Musical InstantanĂ© m’incite Ă  feuilleter pas mal des publications parues au Mot et le Reste, comme dans L’Underground musical en France d’Éric Deshayes et Dominique Grimaud ou Musiques expĂ©rimentales de Philippe Robert. Pensant que mon roman augmentĂ© USA 1968 deux enfants Ă©voquait parfaitement la pĂ©riode fondatrice des annĂ©es 60, je leur ai suggĂ©rĂ© d’en publier la version papier, mais ne leur tiens pas rigueur de ne pas mĂȘme m’avoir rĂ©pondu, connaissant les lourdeurs des Ă©changes en matiĂšre de production dans notre pays. J’ai par contre Ă©tĂ© surpris de voir chroniquer le premier album du Drame, Trop d’adrĂ©naline nuit, dans le rĂ©cent Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de ne rien faire (1967-1981 Chansons expĂ©rimentales) de Maxime Delcourt, et ravi que Jean-Yves Leloup rappelle le rĂŽle initiateur du Drame pour les cinĂ©-concerts dans son recueil d’articles Musique Non Stop (Pop mutations & rĂ©volution techno).

Dans le premier Maxime Delcourt Ă©voque le terreau sur lequel j’ai grandi, des chansons militantes de mai 68 aux tentatives expĂ©rimentales oĂč la voix se mĂȘlait aux improvisations les plus hirsutes. Colette Magny, Brigitte Fontaine, Catherine Ribeiro en Ă©taient les marraines. Delcourt embrasse les essais inventifs dans le domaine des variĂ©tĂ©s (Manset, Ferrer, Gainsbourg, FerrĂ©, Christophe, Annegarn, ThiĂ©faine
) autant que chez les marginaux, crĂ©ateurs de l’underground (premiers groupes pop français, Higelin Ă  ses dĂ©buts, Hedayat, MarcƓur, Berrocal
 Et quantitĂ© de moins connus qui font tout l’intĂ©rĂȘt de l’ouvrage !). La discographie sĂ©lective occupe la moitiĂ© du bouquin, deux pages par disque sur le modĂšle de nombreux ouvrages de la collection, tandis que la premiĂšre partie trace une ligne chronologique soulignant l’implication politique des protagonistes soutenus par des labels de disques fortement impliquĂ©s.

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Lire l’article dans son intĂ©gralitĂ© sur le blog de J-J. BirgĂ©

Jean-Jaques Birgé
Mediapart // Miroir de drame 27 juillet 2015

- Read this !

Le rock ça s’écoute
 et ça se lit aussi.

Si le showbiz hexagonal a tout fait pour garder son prĂ© carrĂ© au fil des annĂ©es 60 et 70, cela n’a pas empĂȘchĂ© certains chanteurs français (ou francophones) d’inventer des chemins de traverse pour en sortir. GrĂące Ă  quelques labels historiques comme Saravah ou L’Escargot, on dĂ©couvre les histoires des Higelin, Fontaine, Annegarn, BĂ©ranger, Bertin, Cohelmec Ensemble, Guy Skornik, Barricade. Tous au rendez-vous d’autres exigences Ă  dire le son d’une Ă©poque. Fourmillant d’anecdotes, un rĂ©cit captivant passant du rock au jazz via la chanson rĂ©volutionnaires.

Jean-Pierre Simard
Rolling Stone Juin 2015

- Plein phare sur l'expérimentation musicale des servantes

“Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de ne rien faire.” Cette phrase, tirĂ©e de l’autobiographie de Salvador Dali (La Vie secrĂšte de Salvador Dali, 1942), est le slogan du label Saravah Ă  l’origine d’un grand nombre de chansons expĂ©rimentales dont Maxime Delcourt fait l’éloge dans son premier livre. Ce journaliste Lillois de 26 ans ~~qui laisse parfois trainer sa plume chez Paulette~~ a ainsi souhaitĂ© intituler son ouvrage, paru le 21 mai aux Ă©ditions Le mot et le reste, en rĂ©fĂ©rence au surrĂ©alisme d’une part, mais Ă©galement Ă  l’esprit musical trĂšs libertaire et dĂ©sinhibĂ© des annĂ©es 1970.

Il t’a fallu six mois pour sortir ton premier livre dĂ©diĂ© aux chansons expĂ©rimentales entre 1967 et 1981. Au travers de ces quelques pages, tu permets de faire dĂ©couvrir une gĂ©nĂ©ration de musiciens peu ou pas connus de nos jours, influencĂ©s par la Beat Generation, le free jazz, le psychĂ©dĂ©lisme
 DĂ©cris nous comment tu t’y es pris et qu’elle Ă©tait ton intention de dĂ©part ?

Tout a dĂ©butĂ© en juin 2014 lorsque j’ai proposĂ© le thĂšme Ă  mon Ă©diteur et qu’il ma validĂ© le projet. Étant journaliste musical, j’aime beaucoup connaĂźtre la source des genres musicaux que j’écoute. J’avais trĂšs envie de creuser et faire un vĂ©ritable travail d’historien. Du coup pendant tout l’étĂ© qui a suivi ma rencontre avec l’éditeur, je me suis Ă©normĂ©ment documentĂ© et j’ai rencontrĂ© beaucoup de monde. Jusqu’à me rendre compte qu’il y avait des connexions partout, entre tous les genres musicaux et mĂȘme artistiques en gĂ©nĂ©ral. C’est ce que j’ai voulu mettre en avant dans mon livre.

Dans cet ouvrage tu parles de volontĂ© Ă  la recherche musicale. Qu’est-ce qui a changĂ© dans le monde de la musique dĂšs l’arrivĂ©e des annĂ©es 1970, en dehors de la montĂ©e des contestations post-mai 68 ?

En dehors du contexte politique, tout reste liĂ© Ă  la sociĂ©tĂ©. Il s’agit d’un vĂ©ritable Ă©lan libertaire qui s’est fait ressentir Ă  travers l’art et plus particuliĂšrement la musique. Il rĂ©gnait une atmosphĂšre utopique. Les musiciens que j’ai rencontrĂ©s pour faire ce livre me l’ont confirmĂ©. Et notamment Areski Belkacem, mais je ne l’ai pas mentionnĂ© dans le livre.

Il s’agit d’une gĂ©nĂ©ration assez hĂ©tĂ©roclite en termes de pensĂ©es. Certains dĂ©fendent le droit des femmes, pendant que d’autres prĂŽnent la gloire d’une rĂ©gion ou d’autres soutiennent la cause ouvriĂšre. Sans oublier qu’une partie refuse catĂ©goriquement d’adhĂ©rer Ă  un mouvement ou soutenir une cause. Du coup, qu’est-ce qui rassemble tous ces artistes ?

Pour la plupart, ils n’avaient ni la prĂ©tention ni la conscience d’adhĂ©rer Ă  un certain mouvement je crois. Leur intention semble tout Ă  fait libĂ©rĂ©e, inspirĂ©e et enjouĂ©e. Au mĂȘme titre de Brigitte Fontaine qui continue d’affirmer qu’elle n’a pas de connexion directe avec le surrĂ©alisme, alors qu’une des ses pochettes d’album est une Ɠuvre surrĂ©aliste de Maurice Tapiero.

Si certains de ces musiciens sont des “filles de” ou “fils de”, d’autres sortent carrĂ©ment de nulle part. Et notamment Colette Magny qui a passĂ© 17 dans dans le secrĂ©tariat avant d’ĂȘtre mise sur le devant de la scĂšne. Tu crois pas que certains artistes se sont retrouvĂ©s populaires un peu par hasard et qu’ils ne dĂ©siraient pas forcĂ©ment ĂȘtre connus en tant que chanteur mais plutĂŽt en tant que contestataire ?

En effet, on peut facilement dĂ©celer deux catĂ©gories parmi les chanteurs expĂ©rimentaux de cette dĂ©cennie. Ceux qui refusaient toute notion de cĂ©lĂ©britĂ© et Ă©taient des fervents contestataires et revendicateurs. Comme Dominique Grange Colette Magny, et mĂȘme Brigitte Fontaine qui avait refusĂ© de poser nue en Une de “Lui” pour la simple et bonne raison qu’elle ne dĂ©sire pas ĂȘtre reconnue pour autre chose que ses chansons. A l’inverse, il a des gens comme Christophe qui a sans cesse su se renouveler et changer d’univers sans jamais vraiment dĂ©fendre telle ou telle cause. Il s’agissait d’une Ă©poque oĂč l’audace et la crĂ©ativitĂ© avaient beaucoup de succĂšs. Du coup, mĂȘme ceux qui composaient des chansons protestataires faisaient en sorte de produire quelque chose d’anticonformiste et original, par amour de l’expĂ©rimentation.

DĂ©couvrir l’interview dans son intĂ©gralitĂ© sur le site de Paulette

Fanny Vedreine
Paulette 18 juin 2015

- 10 choses à savoir sur la chanson expérimentale en france des 60's et 70's

RĂ©cemment auteur de Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de ne rien faire : Chansons expĂ©rimentales 1967-1981 aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, je reviens pour Brain sur dix choses essentielles Ă  connaĂźtre de cette pĂ©riode.

C’est une scĂšne portĂ©e par des figures bien connues de la chanson française.
Si la scĂšne expĂ©rimentale française renferme des noms mĂ©connus et retombĂ©s aussitĂŽt dans l’oubli une fois leur LP ou leur EP publiĂ©, elle compte aussi en ses rangs des francs-tireurs de la chanson comme Gainsbourg, LĂ©o FerrĂ©, Nino Ferrer, Christophe, ThiĂ©faine ou encore Brigitte Fontaine. Laquelle, dĂšs le mitan des annĂ©es 60, choisit de tourner le dos Ă  sa cĂ©lĂ©britĂ© naissante, refuse de poser nue en couverture de Lui, s’associe Ă  son mari et accompagnateur musical Areski Belkacem et devient la «folle» du paysage musical français. Plus tard, elle endossera le costume de «conne» et de «kĂ©ké», mais c’est une autre histoire.

Lire l’article sur Brain magazine

Maxime Delcourt
Brain Magazine 16 juin 2015

- Maxime Delcourt // Il y a des annĂ©es oĂč l'on a envie de ne rien faire

Maxime Delcourt Ă©tait chez Quelque part Records le 27 mai pour parler de son livre Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de rien faire 1967-1981, chansons expĂ©rimentales (ed. Le Mot et le reste) avec AurĂ©lie Olivier de LittĂ©rature, etc.
Une soirĂ©e imaginĂ©e chez le disquaire Quelque Part Records (Lille) en compagnie de l’association MyMetro.

Voir la rencontre sur Libfly

ElisacrochecƓur
Libfly 03 juin 2015

- La book box a envie de ne rien faire...

Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de ne rien faire. Des mois, des semaines et des nuits, aussi. Il y a des annĂ©es oĂč l’on a envie de ne rien faire, Ă  part peut-ĂȘtre lire un ouvrage qui porte un titre pareil, rĂ©cent, signĂ© Maxime Delcourt aux Ă©ditions Le Mot et Le Reste, Ă  propos de ces chansons expĂ©rimentales qui phosphorĂšrent en France de 1967 Ă  1981. Loin du mainstream, des yĂ©yĂ©s et de la variĂ©tĂ©, il y est question de zazous souvent citĂ©s sur Nova (Brigitte Fontaine et Areski, Higelin, Colette Magny), mais Ă©galement d’artistes mĂ©connus ayant pratiquĂ© l’aventure aux confins des styles et des formats : Alfred Panou, Dashiell Hedayat, Emmanuelle Parrenin, Les Masques & Le Trio Camara, pratiquant la bossa, le slam, le free jazz ou le “rock souillĂ©â€, ou encore “prenant le pouls de la puissance de la nature et de la proximitĂ© des esprits”. Quatre extraits seront Ă©parpillĂ©s d’ici minuit.

Consulter l’article de l’émission sur le site de Radio Nova

Nova // Book Box
Radio Nova 02 Juin 2015