Iggy Pop
Shake Appeal
Du statut de punk des trĂ©fonds de DĂ©troit Ă celui de commandeur de lâordre des Arts et des Lettres⊠et vice-versa.
Premier punk de lâhistoire pour avoir dĂ©livrĂ© une furie sonique, aussi brute quâavant-gardiste depuis DĂ©troit Ă la fin des annĂ©es soixante, Iggy Pop est vite devenu une icĂŽne underground pour avoir Ă©tĂ© la voix, le corps et lâĂąme des Stooges, prototype du hard-rock amĂ©ricain. Figure de survivant parmi les derniĂšres lĂ©gendes du rock encore prolifiques, il incarne Ă la fois le reptile inapprivoisable et le gentleman cultivĂ© dĂ©sireux de collaborations surprenantes. AprĂšs avoir connu une descente aux enfers Ă la dissolution des Stooges, il est sauvĂ© par David Bowie qui lui façonne depuis lâEurope un terreau artistique inĂ©dit, sophistiquĂ© et novateur, en pleine explosion punk. Entre curiositĂ©, Ă©garements, expĂ©rimentations ou francs retours au rock sauvage, Iggy Pop se construit une carriĂšre solo complexe, Ă©maillĂ©e de nombreux disques dĂ©cryptĂ©s ici dans leur contexte de crĂ©ation.
Revue de presse
- Iggy Pop, "Iguane" Ă plusieurs peaux Le Quotidien luxembourgeois Le Quotidien luxembourgeois 4 janvier 2023
- La pulsation des inadaptables Evelyne PIEILLER Le monde diplomatique Février 2018
- 5 livres à lire François Girodineau Silence Is Sexy 5 février 2018
- Iggy Pop, Shake ton booty Roseline Artal My Rock Décembre 2017
- Iggy Pop, shake Appeal Daniel Frauvig Guitar Part Janvier 2018
- Le livre de la semaine Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider #1366 11 février 2018
- Interview Jean-Charles Desgroux JérÎme Colin RTBF // Entrez sans frapper 8 janvier 2017
- Iggy Pop Cédric Bru Les Obsédés textuels 2 janvier 2018
- Shake Appeal par Desgroux HRMANOUCHE68 It's a Rock Life ! 21 octobre 2017
- Interview de Jean-Charles Desgroux sur Iggy Pop Colin Pradier Librairie Mollat 7 novembre 2017
- Interview - Jean-Charles Desgroux Luc Frelon FIP // Sous les jupes de FIP 16 octobre 2017
âIggy Pop a arrĂȘtĂ© les grosses conneries depuis le dĂ©but des annĂ©es 90; il a un mode de vie plus sain, sâautorise un petit peu de vin avec un bon repas, dit Jean-Charles Desgroux, auteur dâIggy Pop, Shake Appeal.â
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«Câest le dernier des Mohicans depuis la disparition de David Bowie et Lou Reed», souligne ainsi Gilles Scheps, coauteur de Iggy Pop and The Stooges (Ă©ditions du Layeur) et fondateur du fan-club français de lâ«Iguane» dans les annĂ©es 1970. Bowie produira des albums des deux autres artistes. Une photo de ce trio en 1972 est passĂ©e Ă la postĂ©ritĂ©, avec un Iggy Pop aux pupilles dilatĂ©es. «Iggy Pop a arrĂȘtĂ© les grosses conneries (NDLR : addictions en tout genre) depuis le dĂ©but des annĂ©es 90. Il a un mode de vie plus sain, sâautorise un petit peu de vin avec un bon repas», dĂ©crit Jean-Charles Desgroux, auteur de Iggy Pop, Shake Appeal (Ă©ditions Le Mot et le Reste).
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De façon paradoxale, tout est rock aujourdâhui, sans quâon sache plus du tout ce que le terme dĂ©signe, tandis que, dans nombre de salles souvent subventionnĂ©es, spĂ©cialisĂ©es dans les musiques populaires, la programmation fait dĂ©sormais largement place au rap, Ă lâĂ©lectro, etc. Or, longtemps, le rock fut caractĂ©risĂ© par son mauvais esprit, portĂ© par « les dĂ©calĂ©s de la sociĂ©tĂ© », qui « se font recaler par la sociĂ©tĂ© » (1), riches dâun tonique rejet des normes, tant esthĂ©tiques que sociales, car leur monde, leurs aspirations ne sâaccommodent pas des valeurs rĂ©gnantes. Et vice versa. Ceci explique peut-ĂȘtre cela.
On ne se rappelle pas nĂ©cessairement la secousse que reprĂ©sentĂšrent certains des rockeurs les plus rĂ©tifs aux modĂšles en place. Ce fut le cas de Syd Barrett. Tout pour plaire, tout pour rĂ©ussir, il prĂ©fĂ©ra Ă©chouer. Ou plutĂŽt, arrĂȘter. Jean-Michel Espitallier Ă©voque, au fil dâune virĂ©e mentale tout en digressions fantasques et considĂ©rations imprĂ©vues, la figure de celui qui fut membre fondateur du groupe anglais Pink Floyd, principal auteur et compositeur du premier album, « virĂ© » en 1968 parce que devenu, comme on ne disait pas encore, « ingĂ©rable ». Barrett est malade ; trop de substances, trop grande distorsion entre ce quâil cherche et ce que le groupe concrĂ©tise. Il va sâeffacer de la scĂšne â pour vivre en banlieue et tondre sa pelouse. Ce nâest pas exactement une disparition flamboyante. Câest autour de cette « absence » quâEspitallier, Ă©crivain et batteur, Ă©nonce peu Ă peu, avec la dĂ©sinvolture du dandy trop sĂ©rieux pour le montrer, ce que nâest pas le rock â de la « morale hippie-bab-gauchiste » Ă prĂ©tention «culturelle», entre autres â et ce quâil est â la tension des inaptes et inadaptables vers lâavĂšnement dâun moment de pure joie insurgĂ©e.
Ă la mĂȘme Ă©poque ou presque vont surgir Iggy et les Stooges. En 1968, les Ătats-Unis sont en pleine guerre du Vietnam, Martin Luther King et Robert Kennedy sont assassinĂ©s, James Brown chante la « fiertĂ© noire ». Iggy, enfant de la petite bourgeoisie blanche du Michigan, va avec son groupe faire entendre un son, un frisson nouveaux, une pulsation brutale, sans rien pour enjoliver, adoucir ou justifier, oĂč sâexpriment la rage de vivre sans savoir Ă quoi la consacrer, lâennui de vivre quand on nâa que des dĂ©sirs tristes.
Iggy est sexy, spectaculaire, possĂ©dĂ©. Jean-Charles Desgroux, spĂ©cialiste du hard-rock et du heavy metal, accompagne avec prĂ©cision le parcours biographique et discographique de celui quâon a pu considĂ©rer comme le « premier punk » (2). Si lâon peut ĂȘtre irritĂ© par un français Ă©tonnamment approximatif, lâensemble propose une vue dĂ©taillĂ©e de lâeffervescence dâune pĂ©riode riche en sacrĂ©s fauteurs de troubles, musicaux et autres. Iggy fait brĂ»ler haut et vif lâesprit du rock, en pĂ©rimant les joliesses hippies, en dĂ©truisant tout sĂ©rieux « arty », pour revenir Ăąprement Ă lâurgence adolescente dĂ©pouillĂ©e de sentimentalitĂ©. On en comprend encore mieux le pouvoir abrasif en lisant lâessai de Clovis Goux (3), brillamment incisif, sur le contraire absolu des Stooges, les Carpenter, un frĂšre et une sĆur qui vendront cent millions de disques dans les annĂ©es 1970. Leur pop lisse, illuminĂ©e par la voix pure de Karen Carpenter, chante lâharmonie, la douceur des repĂšres anciens, lâabsence de conflit. Mais ces fabricants de « pilules du bonheur », « enfants modĂšles de lâAmĂ©rique de Nixon », militants de fait du retour Ă lâordre, portent en eux les contradictions de cette AmĂ©rique, et sont minĂ©s lâun par les drogues, lâautre par lâanorexie â Karen en mourra. Les affreux, sales et mĂ©chants du rock disaient la vĂ©ritĂ© : ce monde-lĂ nâĂ©tait pas inoffensif, gentil et propre, et il Ă©tait nĂ©cessaire de donner forme Ă ce quâil portait de puissance mortifĂšre, comme Ă ce quâil suscitait dâidĂ©al opposĂ©.
Aujourdâhui, les vieilles gloires du rock, au sens large du terme, rassemblent dans une Ă©trange communion parents et enfants : Patti Smith, Iggy, les Rolling Stones, etc. fĂ©dĂšrent les gĂ©nĂ©rations. Câest un peu perturbant. Sauf si lâon considĂšre que remue toujours le dĂ©sir de retrouver lâardeur du combat contre lâordre du monde, et de saluer dâautres possiblesâŠ
(1) Jean-Michel Espitallier, Syd Barrett, le rock et autres trucs,
Le Mot et le Reste, Marseille, 2017, 160 pages, 15 euros.
(2) Jean-Charles Desgroux, Iggy Pop. Shake appeal, Le Mot et
le Reste, 2017, 504 pages, 28 euros. Cf. aussi lâhommage au
guitariste de Motörhead, récemment disparu : Julien Deléglise,
Fast Eddie Clarke. Par-delà les cimes de Motörhead, Camion
blanc, RosiĂšres-en-Haye, 2016, 208 pages, 28 euros.
(3) Clovis Goux, La Disparition de Karen Carpenter,Actes Sud,
coll. « Rocks », Arles, 2017, 132 pages, 15 euros.
Câest en mars 2016 que celui quâon surnomme lâIguane a sorti son dernier album. Câest Ă cette date que lâon sâest mis Ă lâaimer de nouveau. Iggy Pop, câest dâabord une lĂ©gende. Une lĂ©gende qui sâalimente principalement Ă la source de sa propre jeunesse. On ne retient souvent de son travail que les trois albums des Stooges, puis les deux ou trois qui ont marquĂ© dâune emprunte indĂ©lĂ©bile le rock au dĂ©but de sa carriĂšre solo. On pense notamment Ă Lust for Life puis Ă The Idiot, qui nâest pas pour sa part quâune rĂ©fĂ©rence au chef dâĆuvre de DostoĂŻevski. On pensera peut-ĂȘtre Ă Blah Blah Blah, qui le posera plus tard en tant que papy du hardcore. Les vrais fans en citerons bien entendu quelques autres. Mais il est une certitude : Post Pop Depression montre Ă quel point rien nâĂ©tait perdu et que Pop, mĂȘme Ă lâorĂ©e dâune nouvelle vie, pouvait encore nous ravir. MĂȘme sâil faut convenir du fait que cet album voit beaucoup Ă Joshua Homme. SpĂ©cialiste, Ă la base, du metal, Jean-Charles Desgroux ne partage pas nĂ©cessairement cet avis. Dans cette biographie impressionnante et bien menĂ©e, il dĂ©fend nĂ©cessairement le travail dâune carriĂšre longue et riche. Il cĂ©lĂšbre enfin un homme dont les talents ne manquaient pas dĂšs son adolescence (on ne le savait pas intello ni Ă©manant dâune famille si aisĂ©e), en particulier son entregent et sa maĂźtrise quasi innĂ©e de la batterie. Câest sans doute pour cela que lâIguane est parvenu Ă imposer la plupart du temps ses propres choix lorsquâil enregistrait. Et ce, mĂȘme face Ă cet Anglais, le jeune David Bowie, qui le fit venir Ă Londres pour composer lâillustre album Raw Power, Ă lâĂ©poque des Stooges. Et si lâon nâa pas la patience de tout lire, on peut aussi, selon la coutume aux Ă©ditions marseillaises, se contenter des longs et dĂ©taillĂ©s encarts traitant successivement des disques du roi pop de DĂ©troit. Plus que Jim Morrison sâil avait pu vivre jusquâĂ aujourdâhui, Iggy Pop incarne Ă lui seul lâesprit du rockânâroll et de la transe. Lui qui a toujours su sâamuser de la foule, sans trop se jouer dâelle.
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AprĂšs une (excellente) biographie sur Alice Cooper, Jean-Charles Desgroux sâattaque au mythique Iggy Pop. Pour ses 70 ans, le reptile se voit ainsi offrir un ouvrage dĂ©cortiquant la moindre de ses crĂ©ations musicales, dont la derniĂšre en compagnie de Josh Homme, ses rencontres, notamment avec David Bowie, ses Ă©garements et ses succĂšs. Toutes ces choses qui font du premier punk de lâhistoire un artiste incontournable.
Animal Pop, icĂŽne underground, survivant, premier punk de lâhistoire :
difficile de cerner James Osterberg sans tomber dans la mythologie et les poncifs habituels⊠Cet ouvrage dresse un portrait chronologique et discographique cossu (plus de 400 pages !) de « lâiguane », entrecoupĂ© de sous-chapitres sur les albums, depuis les dĂ©buts dans la banlieue de DĂ©troit Ă la fin des annĂ©es 60 jusquâĂ âPost Pop Depressionâ avec Josh Homme et Gimme Danger, le documentaire de Jim Jarmusch. Si lâĂ©quipĂ©e sauvage des Stooges, ou lâĂ©pisode Bowie sont bien connus, la carriĂšre solo en dents de scie qui a suivi montre un Iggy plus fragile et complexeâŠ
âUn trĂšs beau travail. Autant Ă lire quâĂ Ă©couter.â
Le duo de choc dâEasy Rider chronique le livre de Jean-Charles Desgroux et en parle en trĂšs bons termes.
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JĂ©rĂŽme Colin invite Jean-Charles Desgroux pour parler de sa biographie dâIggy Pop.
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La vie dâIggy Pop, dernier survivant â avec Keith Richards â, des dinosaures toxiques du rock pourrait se rĂ©sumer ainsi : passion inextinguible et curiositĂ© permanente pour la musique. Avec pour carburateur, un narcissisme qui fit de lui un homme de scĂšne hors du commun. James Newel Osterberg Jr voit le jour officiellement le 21 avril 1947 Ă Muskegon dans le Michigan mais naĂźt rĂ©ellement le 13 juin 1970 Ă Cincinnati.
Dans un festival qui rĂ©unit des cadors Ă lâinstar de Grand Funk Railroad, Ten Yers After ou Alice Cooper, quatre Ă©nergumĂšnes vite connus sous le nom de The Stooges livre un set apocalyptique Ă la violence sonique inouĂŻe. A leur tĂȘte, un frontman torse nu, Ă©thique, Ă©lectrisĂ© et comme habitĂ© par les dĂ©cibels qui jouent de son corps comme dâune marionnette vaudou et dâun instrument Ă part entiĂšre. Ce samedi, bien avant tout le monde, Iggy arrĂȘte le temps et se jette dans la foule. Elle ne sâĂ©cartera pas accueillant le nouveau prophĂšte dâune musique enfiĂ©vrĂ©e et paĂŻenne. Ce sont donc les Stooges qui venaient de rĂ©volutionner le hard rock en lui greffant des parties de free jazz et des ocĂ©ans de fuzz. Jean-Charles Desgroux, spĂ©cialiste du hard rock, Ă qui lâon doit, entre autres, les excellents Alice Cooper, Remember the Coopâ ou Hair Metal revient dâune maniĂšre quasi exhaustive sur la carriĂšre de celui qui passa du statut de paria Ă celui de parrain du punk pour aujourdâhui ĂȘtre la figure emblĂ©matique de la rock star au passĂ© sulfureux. Selon les canons Ă©ditoriaux du Mot et le Reste, biographie et analyse de la discographie se mĂȘlent (Il serait bon de revoir ce mode opĂ©ratoire par trop rĂ©pĂ©titifâŠ) Les Stooges publiĂšrent trois albums sĂ©minaux entre 1969 et 1973 : The Stooges, Fun House et Raw Power. Nul nâa jamais enquillĂ© un tel tryptique. Pourtant, les planĂštes ne sâalignĂšrent jamais pour ce groupe en avance sur son temps et minĂ© par les problĂšmes de drogue. A bout de souffle, Ă©puisĂ©s, bannis, les Stooges connurent une fin aussi brutale que pitoyable. Mais, sans le savoir, ils avaient Ă©crit leur nom en lettres de feu au panthĂ©on du mĂ©tal. Iggy commença dĂšs lors, une carriĂšre solo quasi ininterrompue jusquâ Ă aujourdâhui et forte de⊠27 albums officiels ! La dĂ©fonce le priva longtemps de luciditĂ© mais son charisme scĂ©nique le porta sans cesse lui assurant une rĂ©putation mythique. Sa grande rencontre, câest avec David Bowie quâil la connue. Lâanglais nourrissait pour Lou Reed et Iggy Pop une admiration sans bornes. Il produisit Transformer de Lou Reed mais, sâentendant mieux avec Iggy, le ressuscita avec les deux albums qui rĂ©installĂšrent Iggy Pop au-devant de la scĂšne rock de la fin des seventies The Idiot et Lust for Life. Avec ou sans Bowie, Iggy ne sâarrĂȘta jamais de tourner (avec des line up parfois contestablesâŠ) ni dâenregistrer (ses albums se trainĂšrent dans les profondeurs des classements internationaux) Au fil du temps, il ancra pourtant et Ă jamais dans lâinconscient binaire cette image dâiguane lascif et provocateur Ă la voix de crooner Ă©nervĂ©. Quand on lit attentivement la discographie analysĂ©e par Desgroux, peu dâalbums rĂ©sistent Ă la critique. Citons quand mĂȘme Blah, Blah, Blah (1986), Brick by Brick (1990) ou Skull Ring (2003) Vint ensuite le temps des questions sur une reformation des Stooges que toute lâindustrie du rock et les fans attendaient. Elle eut lieu en 2007 avec le dĂ©cevant The Weirdness prolongĂ© par le beaucoup plus excitant Ready to Die (2013) qui signa le cinquiĂšme et dernier album des Stooges (dĂ©fendu par des concerts dignes des seventies) dĂ©cimĂ©s par la mort des frĂšres Asheton, pierres angulaires (avec James Williamson) du combo de Ann Harbour. Pour sa part Iggy, insatiable, continua dâenregistrer et dâexplorer tous les styles jusquâĂ ce quâĂ presque soixante-dix ans il signe lâalbum le plus vendu de sa carriĂšre, lâimpeccable Post Pop Depression (2016) enregistrĂ© avec Josh Homme, le leader des Queens of the Stone Age. Aujourdâhui, Iggy est une lĂ©gende, un survivant et un artiste hors norme que son intelligence et sa force vitale conduiront encore vraisemblablement vers des rives inexplorĂ©es.
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Il y a des gens exceptionnels qui nâauront jamais assez de 24 heures par jour pour vivre. PNC le jour, Jean-Charles Desgroux est une Ă©trange crĂ©ature possĂ©dĂ©e par le rock la nuit DĂ©sarmement des toboggans, vĂ©rification de la porte opposĂ©e, gimme danger little stranger ! Dâun contact charmant et affable de prime abord alors que rien ne laisse supposer les trĂ©sors dâinventivitĂ© quâil sait dĂ©ployer pour faire battre le cĆur de son histoire du rockânâroll Ă lui. VĂ©ritable boulimique de rĂ©daction, JC vient juste de livrer la meilleure biographie dâIGGY POP depuis des lustres et sans doute la meilleure française Ă ce jour. Dans un monde fou oĂč des fake news misĂ©rables dĂ©filent en flux tendus pour dĂ©crocher je ne sais quel jackpot usurpĂ©, il est temps de prendre du recul et de revisiter la carriĂšre des visionnaires authentiques du rock, IGGYPOP donc. DĂ©jĂ la magie dâun texte couchĂ© sur papier classieux avec le minimum dâiconographie possible. Ce nâest pas pour rien quâon surnomme son Ă©diteur ( Le mot et le reste ) le petit GallimardâŠIl y a un plaisir charnel Ă palper ce bon gros pavĂ© gĂ©nĂ©reux ( 504 pages ) pour mieux lâengloutir dâune seule traite ensuite ! Tout a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dit sur le parcours de lâiguane et sa reconnaissance pour le moins tardive de la part du public. Lâauteur en retrace la chronologie mais il impressionne surtout par son souci du dĂ©tail qui lui confierera un jour ( aujourdâhui ? ) le statut dâhistorien du rock. Les belles saillies gĂ©nĂ©ralistes sur fond dâidĂ©es un peu creuses câest bien, mais poursuivre son propre chemin de vĂ©ritĂ© câest plus gratifiant encore! Au fil des pages, on dĂ©couvre ainsi lâambition hors norme dâun Iggy assoiffĂ© de reconnaissance et un Ă©clairage nouveau sur sa crĂ©ativitĂ© dĂ©bridĂ©e. Non content dâavoir dĂ©jĂ redĂ©fini le lexique du rock en 3 manifestes traumatisants ( The Stooges ), il va rĂ©ussir Ă se rĂ©inventer dans une pĂ©riode de crĂ©ation foutraque assez inconnue et unique en son genre, entre 1978 et 1983. Câest bien lĂ quâIggy, tel un Ă©quilibriste de lâimpossible joue sa vie tous les soirs car il faut survivre dans la jungle de ce business qui a sacrifiĂ© son groupe originel, jugĂ© trop border par le systĂšme! Sans omettre aucune Ă©tape de ce processus de rĂ©habilitation, Desgroux parvient Ă incarner les heures les plus sombres de lâartiste par une Ă©tude au cordeau de ses Ćuvres musicales les plus obscures. Dâune exigence rare et multipliant les rĂ©fĂ©rences toutes pĂ©riodes confondus, il donne lâimpression de connaĂźtre la bĂȘte depuis 50 ans tant il maĂźtrise ce sujet pourtant rĂ©putĂ© indomptable! Sa culture encyclopĂ©dique du rock lui permet aussi de mettre en perspective une carriĂšre artistique qui se rĂ©invente sans cesse sous nos yeux, un peu comme Bowie mais en plus sauvage tout de mĂȘme. Et on plonge avec dĂ©lectation dans cette prose Ă©clairĂ©e et sensible dĂšs lors quâelle est truffĂ©e dâanecdotes historiques. Câest le dĂ©cryptage de la portĂ©e artistique du maĂźtre qui est au cĆur de cet ouvrage, par ses frasques sexuelles et opiacĂ©es dĂ©jĂ bien documentĂ©es ailleurs. Lâautre grande force de Jean-Charles Desgroux est la gourmandise vorace avec laquelle il nous parle de musique et câest vraiâŠque de disques Ă réévaluer dans le cas dâIggy Pop ! Alors on lui pardonne volontiers quelques petites erreurs ou omissions : Le concert du 10/10/82 Ă Toronto nâest pas encore dans la tournĂ©e Breaking point, aucune mention nâest faite de New Race ( le projet commun de Ron Asheton et Dennis Thompson ) comme la titularisation de Denis Tek/ leader de Radio Birdman au poste de Ron Asheton lors du tribute Ă ce dernier le 19/04/11. Jâaurai aimĂ© aussi une Ă©tude plus approfondie des backing bands fascinants dâIggy ainsi que des indications sur son horloge interne ( psychĂ© ) qui le pousse Ă innover encore et toujours. Cette biographie trĂšs exhaustive se consommera de prĂ©fĂ©rence avec les dites Ćuvres dissĂ©quĂ©es en fond sonore pour une comprĂ©hension panoramique du maĂźtre des temps modernes. Quand on sait le peu de temps dont a disposĂ© Jean-Charles Desgroux pour boucler cette entreprise dantesque, on ne peut quâĂȘtre admiratif face au rĂ©sultat voir mĂȘme un peu jaloux Ă dire vraiâŠet puis non, au final câest une grande fiertĂ© pour cet ami rocker qui lâemporte!
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La librairie Mollat interview Jean-Charles Desgroux pour parler de son nouveau livre qui vient de paraĂźtre.
FIP reçoit lâauteur de Iggy Pop, Shake Appeal, Fernando Laredo Marques le directeur festival MaMA ainsi que Low Roar et Labelle en session live.
Sous les Jupes de Fip soulĂšve le voile tous les lundis Ă 20h sur les sons et les couleurs de votre semaine musicale ; retrouvez une sĂ©lection de nouveautĂ©s et de pĂ©pites sonores dĂ©nichĂ©es par les programmateurs, ainsi que les petits secrets des disquaires. Une Ă©mission animĂ©e par Ămilie Blon Metzinger et Luc Frelon, rĂ©alisĂ©e par Massimo Bellini.
SpĂ©cialiste du hard rock et du heavy metal, Jean-Charles Desgroux nous avait dĂ©jĂ ravis avec Hair Metal, Sunset Strip Extravaganza ! et Alice Cooper, Remember The Coop. Le 19 octobre, lâauteur sort lâouvrage Iggy Pop, shake appeal, toujours sur les indispensables Editions Le mot et le reste. Une monographie passionnante de lâicĂŽne vivante du rock underground. Du statut de punk des trĂ©fonds de DĂ©troit Ă celui de commandeur de lâordre des Arts et des Lettres⊠Entre curiositĂ©, Ă©garements, expĂ©rimentations ou francs retours au rock sauvage, Iggy Pop se construit une carriĂšre solo complexe, Ă©maillĂ©e de nombreux disques dĂ©cryptĂ©s ici dans leur contexte de crĂ©ation depuis The Stooges jusquâĂ son album avec Josh Homme.
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