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Parution : 23/09/2010
ISBN : 9782360540105
248 pages (14,8 x 21 cm)

Hard'n'Heavy 1978-2010

Zero tolerance for silence

Extrait de la préface:

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ET ALORS ?

Voici, grosso modo, oĂč en est le metal, aujourd’hui, en 2010. Les diverses incarnations des deux seuls membres permanents de Sunn O))) (Thorr’s Hammer, Khanate, KTL, Ginnungapap, Lotus Eaters, Aethenor, The Burial Chamber Trio, le label Southern Lord, etc.) ont dĂ©montrĂ© que le milieu du metal extrĂȘme a tout d’une communautĂ© underground, comme ceux du noise et du free jazz avec lesquels il se trouve parfois associĂ© (citons l’intĂ©gration de Julian Priester, tromboniste entendu chez les jazzmen Herbie Hancock et Sun Ra, aux cĂŽtĂ©s de Sunn O)))). Cette communautĂ© compte aujourd’hui une foule de personnages crĂ©atifs et trĂšs (rĂ©)actifs, dĂ©montrant – si besoin est – que les barriĂšres volent enfin en Ă©clats. C’est exactement ce que MC5 appelait de ses vƓux, dĂšs 1969, avec Kick Out The Jams dans lequel Ă©tait – justement – repris Sun Ra
 Comme quoi les musiques « hard » et « heavy » s’avĂšrent beaucoup plus permĂ©ables aux influences extĂ©rieures que ses dĂ©tracteurs ne l’imaginent.

En 1970 sort le premier album de Black Sabbath qui s’ouvre par un titre lourd et morbide prĂ©figurant Ă  lui seul des dĂ©cennies de rock lugubre marquĂ© par Lovecraft et Lucifer. DĂ©sormais prononcĂ©e, la rupture d’avec ce qui a prĂ©cĂ©dĂ© relativisera les promesses de paix et d’amour vĂ©hiculĂ©es par une Ă©poque rongĂ©e par le doute.
Cette cĂ©sure rĂ©sonnera comme un coup de tonnerre dont l’écho, au fil des ans, sera amplifiĂ© par des formations comme Saint Vitus, Gore, Nirvana, Kyuss, Soundgarden, Corrosion Of Conformity, Grief, Nebula, Earth, High On Fire, ainsi que par ce que mettront en Ă©vidence Stephen O’Malley et Greg Anderson, au sein de la dizaine de collectifs dans lesquels ils s’illustrent, comme au travers de leur label Southern Lord, dont les rĂ©alisations et les rééditions dessinent les contours d’une internationale underground, versĂ©e dans une neurasthĂ©nie jouissive au potentiel d’addiction Ă©norme : celle – notamment – du doom et du sludge dans tous leurs Ă©tats, tels que dĂ©clinĂ©s partout sur la planĂšte, entre autres par Nadja (Canada), Electric Wizard (Angleterre), Orthodox (Espagne), Our Love Will Destroy The World (Nouvelle-ZĂ©lande), Reverend Bizarre (Finlande), Ufomammut (Italie) ou Khanate (USA). En Ă©voquant le Jugement dernier, « Black Sabbath », le morceau, a de plus montrĂ© la voie par laquelle le black metal – de Venom Ă  Xasthur – n’avait plus qu’à s’engouffrer.

Cette histoire fait suite à Hard’n’Heavy, Sonic Attack, 66-78.

Revue de presse

- Zero tolerance for silence Jean-Charles Desgroux crossroads Février 2011
- Hard'n Heavy 1966 - 1978 & 1978 - 2010 Bolmar Castaneda Daily Rock Février 2011
- Hard'n'Heavy 1978-2010 GérÎme Guibert Magic Janvier 2011
- Pour un journal du Hard ! Hard Anthologie ! Le Patriote 23 décembre 2010
- Hard'n'Heavy 1978-2010 Cyrille Lanöé Revue & Corrigée Décembre 2010
- Hard'n'Heavy 1978-2010 Raymond Sérini Nouvelle vague Décembre 2010
- Hard'n'Heavy 1978-2010 Olivier Drago Noise Novembre 2010
- Hard'n'Heavy 1978-2010 Sylvain Fake for real Octobre 2010
- Hard'n'Heavy 1978-2010 Eric Serva France Musique - Tapage nocturne Octobre 2010

- Zero tolerance for silence

Il existe une vraie et abondante bibliographie d’ouvrages metal dont on ne parle que trop peu souvent dans la presse : impossible d’en dresser ici l’exhaustive liste, la plupart venant d’Angleterre ou bien des US ; au moins profitĂ©-je de ce mois assez creux pour LIRE les tonnes de bouquins accumulĂ©s avec retard, jouissant des heures et des heures d’oisivetĂ© et de lecture peinard une caĂŻpi’ Ă  la main pendant huit jours sous le soleil de Rio. L’un des derniers nĂ©s de la sĂ©rie Le Mot Et Le Reste, cette incroyable collection d’ouvrages didactiques consacrĂ©s Ă  la musique au sens large et trĂšs ouvertement libres d’embrasser les scĂšnes plus obscures, c’est le grand retour fort attendu du tandem Philippe Robert et Jean-Sylvain Cabot, qui nous avaient dĂ©jĂ  fortement captivĂ© avec leur bouquin Hard’n‘Heavy 1966-1978, ici chroniquĂ© fin 2009 ; et bien c’est enfin cet automne qu’a Ă©tĂ© publiĂ© leur tome 2, 
 Zero Tolerance For Silence – quel titre mes aĂŻeux ! En un peu plus d’une centaine de belles chroniques concises et trĂšs professionnelles, le duo de spĂ©cialistes nous invite Ă  partager sa vision assez subjective de ce qui est reprĂ©sentatif, indispensable et quintessenciel dans l’univers du metal (au sens trÚÚÚÚs large du terme !) depuis une trentaine d’annĂ©es. Au sein mĂȘme de ces sphĂšres underground, les chocs sont frontaux : peu de complaisance et des choix Ă©tonnants, mĂ»rs, risquĂ©s, amoureux et complĂštement inattendus puisque si quelques tĂ©nors du genre et leurs albums phares sont Ă©videmment retenus pour les annĂ©es 80 (Motörhead, Black Sabbath, Iron Maiden, Judas Priest, Metallica, Slayer), on s’attarde ici surtout sur des seconds couteaux moins populaires, mais bien dĂ©finitivement cultes pour les fins connaisseurs (Angel Witch, Trouble, Saint Vitus, Black Flag, Mercyful Fate, Bathory, etc.). A partir des annĂ©es 90, les deux journalistes recensent certains opus incandescents des scĂšnes effectivement trĂšs confidentielles et Ă©mergentes telles que le stoner, le black, l’industriel, alors qu’on bascule drastiquement pendant les annĂ©es 2000 dans une forme d’élitisme Ă  la fois plus Ă©clectique et archi-tĂ©nĂ©breux que jamais avec des groupes drone, post-core, domm (ah, tous ces Boris, Khanate, Ufomammut, Sun O)))), Xasthur, Om, etc.). On est mĂȘme parfois surpris de retrouver dans ce magma de noms tordus et vraiment pointus (c’est du “metal”, hein, n’oublions pas !
) des rĂ©fĂ©rences plus communes telles que les Queens Of The Stone Age, Marilyn Manson
 Ou encore le diptyque contestable que forme Use Your Illusion. Surprenant, audacieux et presque engagĂ©, ce deuxiĂšme volet fournira une autre vision de la discothĂšque metal idĂ©ale Ă  ceux qui n’ont ni peur du risque ni froid aux oreilles, et qui possĂšdent les ressources vitales pour aller au-delĂ  de leur petit univers habituel.

Brillant et aventureux, d’autant que c’est admirablement bien agencĂ© et rĂ©digĂ©. Une nouvelle source de rĂ©fĂ©rence, incontournable et parallĂšle.

Jean-Charles Desgroux
crossroads Février 2011

- Hard'n Heavy 1966 - 1978 & 1978 - 2010

Voici deux livres que les amateurs de rock 70’s et du gros son d’aujourd’hui devront apprĂ©cier. Le thĂšme est tout simplement l’histoire du hard rock et du metal. Le premier s’attaque Ă  toute la dĂ©cennie qui va de l’apparition de Led Zep et de Black Sabbath jusqu’aux premiers balbutiements du punk. Il nous cite leurs racines : Hendrix, Cream, etc
 et insiste sur l’influence que le groupe d’Ozzy a eu sur le cĂŽtĂ© sombre de ce qui allait suivre. Dans ces pages, nous trouvons tous les albums qui ont marquĂ© cette dĂ©cennie. Il insiste Ă©galement sur la diffĂ©rence et les points communs qui ont pu exister entre les deux genres. Le deuxiĂšme livre s’attelle Ă  nous procurer le rĂ©cit du rock des trente derniĂšres annĂ©es : du punk en passant par les Iron Maiden, Motörhead, le thrash et la vague grunge mais aussi par les mouvements moins connus allant du black metal de Venom jusqu’au doom de Saint Vitus.

Deux livres trùs complets pour ceux qui voudront avoir, en un millier de pages, l’histoire vraie du riff lourd, technique et rapide.

www.daily-rock.com

Bolmar Castaneda
Daily Rock Février 2011

- Hard'n'Heavy 1978-2010

On sous-estime trop souvent l’aspect performatif des anthologies du rock. Alors qu’elles sont prĂ©sentĂ©es comme des Ă©vidences, les idĂ©ologies sous-jacentes aux jugements repĂ©rant les albums qu’il faut retenir jouent un rĂŽle dans leur consĂ©cration. Ou, au contraire, leur oubli. Or, le mĂ©lomane est submergĂ© par les best of et autres Top 100 du rock rĂ©alisĂ©s par des baby-boomers qui proposent des rĂ©trospectives Ă  la papa sur le mode rĂ©current du “C’était mieux avant” ou “Depuis Led Zep, rien de nouveau, Ă  part peut ĂȘtre The White Stripes”. Le lecteur un brin critique arrive bien souvent Ă  saturation, mĂȘme lorsqu’il est fan de bruit.

On accueillera donc avec jubilation le tome 2 de Hard’N‘Heavy, qui propose une relecture radicale du patrimoine metal, dynamitant le catĂ©chisme de l’histoire mainstream du genre. Qu’on est loin ici, pour le plus grand bonheur des spĂ©lĂ©ologues de la pĂ©pite underground, de la doxa ronronnante qui met insatiablement en avant les mĂȘmes dinosaures! Dans la logique posĂ©e par le premier tome, Hard’N‘Heavy 1966 1978 Sonic Attack (2009), les auteurs font de Black Sabbath et MotĂŽrhead les deux mamelles du son pachydermique et rebelle qui essaime depuis lors de Saint-Vitus Ă  Sleep, de Godflesh Ă  Earth. Les hĂ©ros du livre, et leurs fils conducteurs, sont les multiples projets de Stephen O’Malley et Greg Anderson, dont Sunn O))) constitue la partie la plus visible. Mais autour de ce plat de rĂ©sistance, Philippe Robert et Jean Sylvain Cabot ajoutent une dose de true black metal (pour le culte du secret et les guitares ante shoegazing), une autre de grindcore (pour la perpĂ©tuation de l’esprit punk) et une constellation d’originaux peu identifiables (de Big Black Ă  Current 93, via les Melvins).

Le lecteur sort avec l’envie intense de dĂ©fricher autant de territoires d’écoutes inconnus.

GérÎme Guibert
Magic Janvier 2011

- Pour un journal du Hard ! Hard Anthologie !

AprĂšs un premier tome paru il y a un an, 1966-1978 Sonic Attack, les auteurs rĂ©cidivent en faisant (re)dĂ©couvrir au lecteur des groupes phares parfois cultes, parfois oubliĂ©s ou injustement ignorĂ©s, au travers d’albums ayant jalonnĂ© l’histoire de mouvements musicaux aussi riches et variĂ©s que sont le trash, le doom, le punk, le hardcore, le mĂ©tal, le sludge, le heavy-mĂ©tal, le black, le death, le grind, le stoner

La grosse caractĂ©ristique de ce livre, et l’importance du travail des auteurs, outre la mine de renseignements fournis, c’est de mettre en Ă©vidence les passerelles existant entre certains styles musicaux. Ils pointent alors un paradoxe tout Ă  fait intĂ©ressant montrant que le passage d’un genre Ă  l’autre passe par la continuitĂ© (l’influence maĂźtresse d’origine Ă©voquĂ©e ici et reprise tout le long du livre Ă©tant Black Sabbath) et une “rupture sans appel” avec les aĂźnĂ©s (exemple donnĂ© indiquant qu’il n’y aurait pas eu de death-metal sans la dĂ©testation du trash par exemple).
Autre particularitĂ©, des groupes cultes en cĂŽtoient d’autres, plus confidentiels, traitĂ©s sur le mĂȘme pied d’égalitĂ©. DĂ©couvrir, au cours de la lecture la place faite au trĂšs bon album “Dead Men Tell No Tales” du groupe de doom bayonnais Monarch ! reste une surprise bien agrĂ©able. Au fil de la lecture, l’envie de réécouter tout un tas d’albums Ă©voquĂ©s par les auteurs, parfois mis de cĂŽtĂ© depuis des annĂ©es, et aussi de plonger dans la dĂ©couverte des autres groupes nous prend, signe que le virus de la passion est transmis, et heureusement, peu importe la gĂ©nĂ©ration


Le Patriote

Le Patriote 23 décembre 2010

- Hard'n'Heavy 1978-2010

Le Mot et le Reste poursuit dans sa collection Formes, les rĂ©flexions et les regards possibles sur route forme d’art (peinture, littĂ©rature et bien sĂ»r musique). Ici la maison d’édition nous propose le deuxiĂšme volume du binĂŽme Philippe ROBERT / Jean Sylvain CABOT autour et sur les musiques extrĂȘmes liĂ©es au bard rock et ses dĂ©rivĂ©s: le metal, le grunge ou le doom (le premier volet a Ă©tĂ© chroniquĂ© dans notre numĂ©ro prĂ©cĂ©dent). Cela ne fait aucun doute: l’émergence do hard rock est concomitante de la fin d’une certaine innocence associĂ©e Ă  l’idĂ©alisme hippie en tant qu’expĂ©rience collective. Triste synchronisme, la guerre du Vietnam s’en est mĂȘlĂ©e, obscurcissant l’horizon de toute une gĂ©nĂ©ration, et la dĂ©sillusion s’est encore amplifiĂ©e d’un cran aprĂšs les Ă©vĂ©nements tragiques dAltamont en 1969 
lit-on en prĂ©face de ce dictionnaire exhaustif aux entrĂ©es Ă©parses et variĂ©es. De Saint-Vitus Ă  Sunn O))), on dĂ©ambule d’albums en albums qui ont retenu l’attention des auteurs mais aussi du public, pour quelques disques vendus Ă  plusieurs millions d’exemplaires: ceux de Sepultura ou Marilyn Manson, entre autres. Car oui il y est question de disques, avec ces entrĂ©es en double page consacrĂ©es aux albums marquants, classĂ©s par ordre chronologique. OĂč chaque disque y est dissĂ©quĂ©, remis dans le contexte de son annĂ©e de sortie, et pour les plus anciens d’entre eux (pour rappel on couvre la pĂ©riode 1978 – 2010) une analyse de l’Ɠuvre assez liĂ©e Ă  son hĂ©ritage, une fois les annĂ©es digĂ©rĂ©es (et l’album aussi), avec mĂȘme quelques conseils de groupes similaires. Une vĂ©ritable pieuvre des musiques “lourdes” (permettez moi l’expression sans aucun sous-entendu bien sĂ»r) avec pĂȘle-mĂȘle Fugazi, Carcass, God Flesh, Soundgarden, Nirvana, Shellac, Om, Earth, Nine Inch Nails, Zeni Geva, Black Flag


Une vĂ©ritable photographie d’un rock parfois dĂ©criĂ©, parfois adulĂ© ou incompris. Et un angle de lecture fort agrĂ©able. Une bonne encyclopĂ©die en somme.

Cyrille Lanöé
Revue & Corrigée Décembre 2010

- Hard'n'Heavy 1978-2010

AprĂšs un premier ouvrage paru l’an dernier consacrĂ© Ă  la naissance et l’apogĂ©e du hard rock Hard’n’heavy 1966-1978 : Sonic attack, les deux auteurs rĂ©cidivent comme promis, consacrant ce second volume aux Ă©volutions du genre, ne se contentant pas d’évoquer les groupes les plus vendeurs mais donnant une fois encore Ă  dĂ©couvrir cette foisonnante scĂšne musicale, Ă  travers les nombreux courants apparus au fil des ans, du hard FM au death metal en passant par le doom, le sludge, etc.. Plus d’une centaine d’albums marquants sont ici prĂ©sentĂ©s chronologiquement, permettant de rĂ©viser ses classiques mais Ă©galement de réévaluer un domaine musical dont la crĂ©ativitĂ© est trop souvent sous-estimĂ©e.

Nouvelle vague

Raymond Sérini
Nouvelle vague Décembre 2010

- Hard'n'Heavy 1978-2010

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On continue donc notre visite guidĂ©e au pays des dĂ©cibels et des amplis qui crĂ©pitent selon le mĂȘme schĂ©ma: Ă  travers une nouvelle sĂ©lection toute personnelle de disques. Car c’est Ă©crit noir sur blanc Ă  la fin du livre: Les deux tomes de Hard ‘N’ Heavy constituent un parcours, non exhaustif et plus ou moins subjectif, des musiques dures et lourdes de 1966 Ă  2010. En effet, sinon comment expliquer l’absence au sommaire de ce second volume de Ministry, Unsane. Anthrax, Fudge Tunnel, Tad, Bad Brains, Obituary. High On Fire, Cop Shoot Cop. etc., et la prĂ©sence de seconds couteaux Ă  notre humble avis trĂšs dispensables tels Orange Goblin, Nebula, Radio Moscow, Witchcraft, Hair Police Ufomsmmut, on Striborg.

Mais ne chipotons pas, car cette critique est des plus subjectives et une grande partie des incontournables sont bel et bien dissĂ©quĂ©s ici Angel Dust de Faith No More, Betty d’Heimet, Zen Arcade d’ Husker Du, Dirt d’Alice In Chains, Goat de Jesus Lizard, le premier Iron Maiden, Badmotorfinger de Soundgarden. Vulgar Display Of Power de Pantera. Capture & Release de Khanate. The Downward Spiral de MIN, Sky Volley de Kyusa, Songs About Fucking de Big Black, Reign In Blood de Slayer, Black Metal de Venom, Complete Discography de Minor Threat, Earth 2 de Earth, arrĂȘtons-nous lĂ .

Et saluons l’éclectisme dont font preuve ces deux auteurs Ă©rudits qui signent des chroniques nettes, concises et prĂ©cises , pas de verbiage. On apprĂ©ciera aussi certains choix qui Ă©vitent l’évidence lorsqu’il s’agit de puiser dans la discographie de certains artistes majeurs (Peel Sessions de Carcass, instinct d ‘Iggy Pop, Bleach de Nirvana, Uncle Anesthesia des Screaming Trees, Arc de Neil Young, Lysol des Melvins, Serenade in Red d’Oxbow, Neurosis & Jarboe de Neurosis, Six Liranies For Heliogabsius de John Zorn, Hollywood de Marilyn Manson
) et bien Ă©videmment de dĂ©couvrir quelques perles oubliĂ©es au passage (Pagan Altar Destroy All Monsters, Angel Witch
) De Masonic Auditorium du Sonic ‘s Rendez vous Band (1978) Ă  Monoliths & Dimensions de Sunn o))) (2009), un voyage instructif et mouvementĂ© au pays du bruit qui fait plaisir Ă  entendre. Ça ne vous rappelle pas quelque chose?

Olivier Drago
Noise Novembre 2010

- Hard'n'Heavy 1978-2010

Un an aprĂšs le premier Hard ‘n’ Heavy, Philippe Robert et Jean-Sylvain Cabot remettent ça. Ils nous racontent la suite de cette glorieuse dĂ©cennie 70 oĂč s’étaient imposĂ©s le hard rock et le heavy metal, ils nous racontent une histoire unifiĂ©e du rock fort et des guitares bruyantes, ils passent en revue cette plĂ©iade de genres divers et parfois mĂȘme antagonistes qui, depuis plus de trente ans, ont pour projet commun d’exploiter jusqu’au bout les possibilitĂ©s immenses offertes par le bruit assourdissant des guitares.

Un an aprĂšs, voici donc le second volume du Hard ‘n’ Heavy que Jean-Sylvain Cabot et Philippe Robert ont consacrĂ© au hard rock et au heavy metal. Dans le premier tome, les auteurs avaient retracĂ©, via la sĂ©lection d’une centaine d’albums, l’épopĂ©e de ce genre musical le long d’une dĂ©cennie qui avait largement Ă©tĂ© la sienne, les annĂ©es 70. Cette fois, ils s’attaquent Ă  la suite, et s’emploient Ă  rĂ©pondre Ă  une question prĂ©cise : qu’est devenu ce rock bruyant aprĂšs ces annĂ©es de gloire, qu’est-il advenu de lui aprĂšs que le punk et la new wave l’aient contestĂ© ? Eh bien la rĂ©ponse, de leur part, semble ĂȘtre sans Ă©quivoque : jusqu’à aujourd’hui, il n’a jamais cessĂ© d’ĂȘtre absolument passionnant.

DĂšs la prĂ©face, et aprĂšs dans la revue des albums, les auteurs nient que la new wave ait dĂ©finitivement invalidĂ© le metal. A la suite de Julian Cope, ancien punk passĂ© au rock lourd avec Brain Donor, ou encore de cet excellent This Ain’t the Summer of Love, oĂč Steve Waksman rĂ©visait certaines idĂ©es reçues sur l’histoire parallĂšle des deux genres, Robert et Cabot cessent de les opposer. L’histoire du punk puis du hardcore, leur rĂ©conciliation tardive avec les guitar heroes chevelus, leur influence sur eux, de Metallica Ă  Guns ‘n’ Roses, montrent qu’ils ont Ă©tĂ© davantage une rĂ©gĂ©nĂ©ration du metal que sa nĂ©gation.

Aussi les auteurs nous racontent-ils une histoire unifiĂ©e du rock fort et des guitares bruyantes, oĂč Iron Maiden, Judas Priest et ZZ Top cĂŽtoient Black Flag, Minor Threat et HĂŒsker DĂŒ. Ils passent en revue toute une sĂ©rie de genres divers, parfois antagonistes (hardcore, death metal, black metal, thrash metal, sludge, grindcore, doom
) dont les projets sont : soit de jouer le plus vite possible, soit de ralentir les tempos ; soit d’ĂȘtre rĂ©pĂ©titifs, soit de multiplier les ruptures ; soit d’ĂȘtre concis, soit de prolonger les morceaux ; soit de jouer de la mĂ©lodie, soit d’en effacer toute trace ; soit d’étaler sa virtuositĂ©, soit de tirer profit de ses imperfections ; soit de plonger au trĂ©fonds des tĂ©nĂšbres, soit d’atteindre la grĂące ; soit de jouer le metal le plus pur, soit de multiplier les audaces crossover ; soit d’ĂȘtre psychĂ©dĂ©lique, soit de viser l’épure ; mais toujours, toujours, d’exploiter jusqu’au bout les possibilitĂ©s immenses offertes par le bruit assourdissant des guitares.

A travers ces descriptions de disques, on entrevoit aussi le changement progressif du statut du metal, de genre honni par l’élite critique au dĂ©but des 80’s, Ă  forme cooptĂ©e par elle dans les annĂ©es 2000. Plus on avance dans Hard ‘n’ Heavy, plus on approche de la derniĂšre chronique, celle du Monoliths & Dimensions de Sunn O))) qui a marquĂ© la consĂ©cration du genre auprĂšs d’un vaste public branchĂ©, plus on entend parler de connexions entre le rock lourd et l’avant-garde. Ce ne sont plus de purs produits de la scĂšne metal qui s’y adonnent, mais des touche-Ă -tout comme Julian Cope, John Zorn et David Tibet. Et les pages se remplissent d’allusions trĂšs The Wire Ă  Merzbow, La Monte Young, Pauline Oliveros, Eliane Radigue ou Diamanda Galas. Bref, on s’éloigne de l’image redneck et working class qui a longtemps caractĂ©risĂ© le hard rock.

L’autre grand intĂ©rĂȘt de ce livre, c’est qu’il peut se lire au regard du premier, les auteurs rappelant sans cesse qui, parmi les vĂ©tĂ©rans des annĂ©es 60 et 70, on entend encore sur les disques metal rĂ©cents. Hendrix, par exemple, est toujours lĂ , et Hawkwind se montre d’une Ă©tonnante actualitĂ© chez les mĂ©taleux d’aujourd’hui. Cependant, comme soulignĂ© en ouverture, le grand gagnant au jeu de la postĂ©ritĂ©, c’est indubitablement Black Sabbath, qui Ă©crase par KO les deux autres grands qu’étaient autrefois Deep Purple et Led Zeppelin. Leurs riffs sĂ©pulcraux semblent avoir influencĂ© irrĂ©mĂ©diablement deux bons tiers (voire plus) des gens citĂ©s ici, par delĂ  mĂȘme les genres, comme le prouve la passion prĂ©coce de Black Flag et de la scĂšne hardcore pour le groupe d’Osbourne et d’Iommi.

Aussi, comme d’habitude avec les livres de Philippe Robert, qu’il les ait Ă©crits seul ou pas, de grandes rĂ©fĂ©rences cĂŽtoient des disques confidentiels, des choix plus personnels se mĂȘlent aux classiques reconnus, et chaque prĂ©sentation d’album est accompagnĂ©e de suggestions d’écoute, qui font de ce nouveau volume de Hard ‘n’ Heavy une autre source inĂ©puisable de dĂ©couvertes, capable de contenter le nĂ©ophyte comme l’auditeur plus averti.

Cette profusion de rĂ©fĂ©rences est la force du livre, mais elle en est aussi, parfois, la limite. A force d’érudition, les auteurs se mettent Ă  Ă©crire de longues phrases Ă  tiroir, pour raconter telle anecdote, ou rapporter telle connexion avec d’autres artistes, musiciens ou autres. Ils multiplient les digressions, les parenthĂšses et les propositions subordonnĂ©es. Tout cela est tellement riche que ça en donne le tournis, qu’il faut du temps et du recul pour digĂ©rer. Mais la passion, il faut l’avouer, cela ne s’endigue pas facilement. Et celle qui traverse ce deuxiĂšme tome de Hard ‘n’ Heavy n’est rien de moins que trĂšs communicative.

Sylvain
Fake for real Octobre 2010

- Hard'n'Heavy 1978-2010

Ma premiĂšre chronique musicale de ce soir est consacrĂ©e Ă  un livre qui a priori n’intĂ©resse personne sur les ondes de France Musique, il est en effet fort Ă  parier que peu d’entre vous manifeste beaucoup de curiositĂ© pour le monde du hard rock. Et pourtant les liens entre les musiques nouvelles et expĂ©rimentales (qui sont le sujet de cette Ă©mission hebdomadaire) et le hard rock existent bel et bien. C’est ce que nous dĂ©montre Philippe Robert et Jean Sylvain Cabot dans leur dernier ouvrage Ă©ditĂ© chez Le Mot et Le Reste et intitulĂ© Hard’n’Heavy 1978-2010.
Evidemment ce n’est pas le sujet principal de ce livre que d’établir les connections artistiques entre les genres mais tout son intĂ©rĂȘt rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă  capturer notre curiositĂ©, notre attention de mĂ©lomanes assidus autour d’une bonne centaine d’album hard Ă©ditĂ©s entre 1978 et 2009.
Du rustique Sonic Rendezvous Band de Fred Sonic Smith aux expĂ©rimentations sonores de Sun O))) il y a ici beaucoup Ă  apprendre, Ă  dĂ©couvrir et bien sur surtout Ă  Ă©couter diffĂ©remment. Car mĂȘme si pas mal de ces artistes ont un talent assez limitĂ© et se cantonnent Ă  un style souvent chargĂ© de lourdeurs et emprunt de naĂŻvetĂ© affligeante, beaucoup d’autres (Ă  l’instar d’un John Coltrane, d’un Pharoah Sanders ou d’un GĂ©rard Grisey) ont la capacitĂ© de sĂ©duire par la qualitĂ© de leurs lignes mĂ©lodiques, par leurs aptitudes instrumentales ou vocales, par l’originalitĂ© de leur dĂ©marche musicale, mais surtout par leur capacitĂ© Ă  libĂ©rer une Ă©nergie sauvage, jouissive et hautement communicative. Que les plus classiques d’entre vous réécoutent pour cette pĂ©riode 78-2010 : les excellentes mĂ©lodies du groupe Cheap Trick, le blues texan de ZZ Top, les riffs sombres de Black Sabbath ou le punk mĂ©tal de Motörhead, pour les plus aventureux Philippe Robert et jean Sylvain Cabot nous recommandent judicieusement les expĂ©rimentations de Destroy All Monsters, de Oxbow et de Sun O))).
Ce livre est la suite d’un premier ouvrage intitulĂ© Sonic Attack et consacrĂ© Ă  la pĂ©riode 66-78 Ă©galement Ă©ditĂ© chez Le Mot et Le Reste.

France Musique – Tapage nocturne

Eric Serva
France Musique - Tapage nocturne Octobre 2010