Hammer Of The Gods - Nouvelle édition
La saga Led Zeppelin
Hammer of the Gods, est une vision hallucinante de Led Zep sur la route, en studio et Ă la ville, basĂ©e sur les mĂ©moires de leur road-manager et homme de main, lâinfĂąme Richard Cole. Ă ne manquer sous aucun prĂ©texte.
Romain DĂ©coret â Guitarist & Bass Magazine
Traduit de lâanglais par Philippe Paringaux.
Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones, John Bonham⊠Ces quatre musiciens et leur formation Led Zeppelin ont enflammé et révolutionné le monde de la musique dans les années 1970. Ils sont les parrains du Heavy Metal et ils sont entrés dans la légende.
Entre histoire et mythe, rumeurs, scandales et chronique patiemment construite, cet ouvrage retrace avec brio les grandes heures de Led Zeppelin, de lâadolescence de ses protogonistes et de la formation du groupe jusquâĂ sa dissolution puis, en 1995, son inscription au Rock and Roll Hall of Fame qui permit de rĂ©unir Ă nouveau Jimmy Page et Robert Plant pour une tournĂ©e mondiale.
Hammer of The Gods est LA biographie de rĂ©fĂ©rence du groupe Led Zeppelin. Originellement publiĂ©e en 1985, mise Ă jour en 1997 et en 2008, elle a connu un succĂšs retentissant. Elle est accompagnĂ©e dâune bibliographie et dâune discographie dĂ©taillĂ©es.
Revue de presse
- Hammer Of The Gods Christian Le Morvan BLUES MAGAZINE janv-mars 2012
- Mauvais genres François Angelier France Culture 12 novembre 2011
- Grandeur et decadence Rodéric Mounir La Liberté 5 novembre 2011
- Hammer Of The Gods Paul Maugendre MYSTERE JAZZ 1er novembre 2011
- Quand nous étions des dieux Cédric BRU Les Obsédés textuels Novembre 2011
- Books Romain Decoret GUITARIST (& BASS) MAGAZINE Octobre 2011
- Easy Rider n°1121 Olivier Valerio RADIO PFM 2 octobre 2011
- Hammer of the Gods, grandeur et décadence Rodéric Mounir Le Courrier 1er octobre 2011
- Chouchou des groupies - Led Zeppelin Bonnes feuilles ROCK'N'FOLK Août 2011
Publiée pour la premiÚre fois en 1985, la biographie du groupe de hard-rock Led Zeppelin intitulée Hammer of the Gods a suscité de nombreuses critiques. Notamment de la part des principaux intéressés.
Jimmy Page, le guitariste et leader de la formation, aurait jetĂ© lâouvrage par la fenĂȘtre de son domicile, agacĂ© par les quelques passages quâil avait lus Ă lâĂ©poque.
Robert Plant, le chanteur, a dĂ©clarĂ© que lâauteur du livre avait collectĂ© de fausses informations, en grande partie par lâintermĂ©diaire de Richard Cole, manager sur les tournĂ©es des rock stars de 1968 Ă 1980. DâaprĂšs lui, Cole aurait dĂ©formĂ© sciemment la rĂ©alitĂ©. HĂ©roĂŻnomane, aigri, frustrĂ© de nâavoir jamais eu de grandes responsabilitĂ©s au sein de lâĂ©quipe, souvent cantonnĂ© aux rĂ©servations de chambres dâhĂŽtel, il aurait ainsi caricaturĂ© les membres du groupe et inventĂ© certaines anecdotes peu glorieuses Ă leur sujet pour se valoriser.
Mais qui se cachent vraiment derriĂšre les quatre garçons de Led Zeppelin ? Ce que lâon a rapportĂ© sur eux Ă©tait-il vrai ? Ătaient-ils dĂ©vouĂ©s au satanisme, se livraient-ils Ă des jeux sadiques avec les filles qui les rejoignaient dans leurs chambres, Ă©taient-ils pervers, dangereux, insolents, prĂ©tentieux et mĂ©galomaniaques ?
Une chose est sûre, en refermant ce livre, beaucoup de questions resteront en suspens et il sera difficile de se faire son propre jugement.
Lâouvrage, cependant, nâen reste pas moins passionnant Ă lire. Il se dĂ©vore comme un roman. Les Ă©vĂ©nements se succĂšdent au rythme des tournĂ©es et des sĂ©ances de studios. Comme dans un road movie, le lecteur est littĂ©ralement entraĂźnĂ© sur la route en compagnie des musiciens, du staff et du bienveillant producteur-garde du corps Peter Grant toujours prĂȘt Ă protĂ©ger son quatuor Ă coups de poings et dâempoignades bien viriles, traversant ainsi les Ă©poques depuis les annĂ©es 1960 jusquâĂ nos jours sur tout le globe.
Les heures de gloire se mĂȘlent aux heures dâhumiliation : brutalitĂ©s policiĂšres faites contre les fans, hostilitĂ©s, quolibets et moqueries des passants Ă lâĂ©gard du groupe, interdictions pour les musiciens de pĂ©nĂ©trer dans certains restaurants ou certaines piscines par peur quâils rĂ©pandent un virus ou⊠un sort satanique⊠Il faut croire que Led Zeppelin suscita autant lâadmiration que la haine.
Mais nâest-ce pas lĂ le lot de toutes les lĂ©gendes du rock ?
Lâauteur Stephen Davis (journaliste musical amĂ©ricain) retrace ici la saga du mythique groupe de hard rock anglais. De leur adolescence Ă leur rencontre jusquâĂ la fin du groupe suite Ă la mort tragique du batteur John Bonham, le livre se conclut par un chapitre de lâaprĂšs Led Zeppelin et une discographie non exhaustive. Tout y est racontĂ© sans artifices : les scandales, les anecdotes salasses, les orgies, la luxure, les addictions Ă la dope et lâalcool, la passion de Jimmy Page pour la magie et les sciences occultes, influencĂ© par lâĂ©crivain dĂ©cadent Aleister Crowley, Ă en donner des frissons. Sans oublier la musique de Led Zep, peu acceptĂ©e par une Angleterre puritaine. Ils partent en hĂ©ros conquĂ©rants, dĂ©clencher lâhystĂ©rie dâune jeunesse amĂ©ricaine dĂ©foncĂ©e pendant plus dâune dĂ©cennie. Et câest dans une dĂ©bauche lubrique et des montagnes dâargent que le groupe terminera sa carriĂšre en tant que tel. Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et John Bonham ont rĂ©volutionnĂ© le monde du rock dans les annĂ©es 1970, et pour cela nous leur devons le plus grand respect. Ce livre vous fera revivre, de lâintĂ©rieur, la vie dâun groupe hors normes, non sans laisser de traces.
Une Ă©mission rock ! Mauvais Genres honorera, en ce samedi, ceux qui resteront dans lâhistoire de la modernitĂ© comme les Montaigne et La BoĂ©tie de la pop culture Ă©rudite, les Erckmann-chatrian du night clubbing bien compris et les Roux et Combaluzier du star system en Ă©bullition : Philippe Manoeuvre et Jean-Pierre Dionnet. Ce, Ă lâoccasion de la sortie, chez Sony, du coffret Sex Machine : synthĂšse sous forme de 2 CD et 3 DVD de ce qui fut lâĂ©mission musicale la plus effervescente des annĂ©es 80 : soul music tout azimuth, bimbos coquines en embuscade, sketck scotchant et buffets de gags âKhomiquesâ Ă volontĂ©. Du premier clip de Madonna aux invocations de David Lee Roth, tout y fut, tout nous reste.
En second volet de soirée seront traités avec le respect dus à leur rang : Led Zeppelin, suite à la parution de Hammer of Gods, la biographie définitive du groupe par Stephen Davis (éditions les
Mots et le Reste); et Tom Waits dont une biographie sort également chez Rivages.
Donc, les choses sont claires, on couche les vieux, on rĂ©veille les mĂŽmes, câest la soirĂ©e qui secoue !
Avec Led Zeppelin, on tient la matiĂšre idĂ©ale pour lâune de ces biographies sulfureuses, cocktail de sexe, drogue et rockânâroll qui assure le succĂšs en librairie (les confessions de Keith Richards Ă©tant le mĂštre-Ă©talon du genre). Editeur marseillais Ă©clectique et consciencieux, Le Mot et le Reste propose un vaste catalogue dâĂ©tudes thĂ©matiques consacrĂ©es aux marges sonores (heavy metal, post-punk, musiques Ă©lectroniques et expĂ©rimentales) ainsi que des biographies de pionniers emblĂ©matiques (Eric Dolphy, Jimi Hendrix, Magma, Captain Beefheart). De lĂ Ă prĂ©senter Hammer of the Gods comme le livre âde rĂ©fĂ©renceâ sur les auteurs de âStairway to Heavenâ, il y a un pas quâon regrette de voir lâĂ©diteur franchir sous prĂ©texte de marketing.
Cette traduction dâun best-seller controversĂ© du journaliste Stephen Davis, publiĂ© en 1985 et mis Ă jour depuis, sâattarde avec dĂ©lectation sur les frasques, nombreuses mais souvent exagĂ©rĂ©es, qui ont contribuĂ© Ă façonner le mythe Led Zeppelin. NĂ©gligeant les processus de crĂ©ation, les interactions avec le reste de la scĂšne musicale â pas un mot sur les alter ego Deep Purple et Black Sabbath, trĂšs peu sur le mouvement punk, nĂ© en rĂ©action aux monstres de stade comme Led Zep. Rien sur le contexte culturel et social des seventies qui vit toute une jeunesse se passionner pour ce quatuor flamboyant, certes virtuose et sexuellement âchargĂ©â, mais dĂ©sespĂ©rĂ©ment creux.
La peinture dâun groupe narcissique, misogyne, organisĂ© comme un gang, mais aussi fragile, payant cher sa licence (alcoolisme, toxicomanie, dĂ©pression, dĂ©cĂšs du batteur John Bonham), nâen reste pas moins Ă©loquente.
A la fin des annĂ©es 60, alors que les Beatles avaient en tĂȘte de se sĂ©parer, suite Ă des conflits internes et afin de se produire sĂ©parĂ©ment, que les Stones roulaient leur bosse contre vents et marĂ©es, des groupes Ă©mergeaient apportant un nouveau souffle, un nouvel Ă©lan, une nouvelle conception, une nouvelle perception de la musique rock. Mais souvent, comme dans dâautres domaines, on refaisait du neuf avec de lâancien. Les groupes se font et se dĂ©font, au grĂ© des humeurs des uns et des autres. Et le public dĂ©couvre ainsi des ensembles pĂ©tris de professionnalisme sans pour autant connaĂźtre leurs antĂ©cĂ©dents, succĂ©dant, ou Ă©mergeant, Ă des groupes ayant pour noms: The Birds, The Yardbirds, The Small Faces, The Who, Them, The Young Rascals, Pink Floyd, The Doors, Barclay James Harvest, Yes, The Animals, The Byrds, The Monkees, The Kinks, Spencer Davis Group⊠Liste non exhaustive Ă complĂ©ter selon affinitĂ©.
Mais pour sâimposer dans les esprits, il ne suffit pas dâun simple professionnalisme musical, que possĂšdent dĂ©jĂ la plupart du temps ceux quâon appelle les requins de studios et qui amĂ©liorent les formations dans des enregistrements auprĂšs de chanteurs nâayant pas dâaccompagnateurs attitrĂ©s. Pour impressionner les esprits et acquĂ©rir les faveurs du public jeune, rien ne vaut quelques bons scandales, rĂ©els ou fictifs, colportĂ©s par les rumeurs, afin dâassoir une popularitĂ© qui va crescendo.
Ainsi Led Zepellin, fondĂ© en 1968 par Jimmy Page et qui appartenait aux Yardbirds, dont fit partie Eric Clapton avant leur dissolution en 1968, a bĂąti sa lĂ©gende sur des supputations dĂ©nuĂ©es de tout fondement mais qui attirĂšrent les groupies. Des lĂ©gendes selon lesquelles la moins vĂ©nĂ©neuse Ă©tait la vente de leur Ăąme au Diable. Mais qui Ă©taient les membres de ce quatuor qui rĂ©volutionnĂšrent le rock, lui insufflant un souffle tonique sâimposant comme les pionniers du hard rock et du heavy mĂ©tal ?
Dâabord Jimmy Page, auteur-compositeur, guitare rythmique, guitare solo et basse. John Paul Johns, compositeur et multi-instrumentiste (basse, piano, orgue, claviers, Ă lâoccasion guitare) rejoint Page qui veut former un nouveau groupe. Robert Plant, parolier, chant, harmonica, percussions et guitare Ă lâoccasion, et John Bonham, dit Bonzo, compositeur, batterie, percussions, complĂštent rapidement ce groupe qui prend le nom de New Yardbirds puis adopte celui de Led Zeppelin le 9 novembre 1968. Ce nom provenant dâune blague de Keith Moon, qui appartenait aux Who, dĂ©clarant Ă Jimmy Page lorsquâil apprit lâintention de celui-ci de fonder un supergroupe, que ce projet allait sâĂ©craser au sol comme un Zeppelin de plomb.
Led Zepellin connaitra son apogĂ©e entre 1971 Ă 1975 puis enregistrera un dĂ©clin entre 1975 Ă 1980. Suite au dĂ©cĂšs le 25 septembre 1980 de John Bonham, dĂ©cĂšs dĂ» Ă une absorption effrĂ©nĂ©e dâalcool au domicile de Jimmy Page, le groupe se dissout. Mais les trois acteurs restants, ou plutĂŽt les trois musiciens, entameront des carriĂšres solos, se retrouvant parfois Ă lâoccasion de fĂȘtes de charitĂ©, de show tĂ©lĂ©visĂ©s ou dâenregistrements studio, mais la plupart du temps nây participeront que deux des membres restant sur les trois du groupe mythique. Un peu comme le firent les Beatles.
Des rumeurs de reformation du groupe circulent de temps à autre, mais il est peu probable que cela soit entériné officiellement.
Cette saga dâun groupe qui a marquĂ© lâhistoire du rock, pionnier du hard rock et du heavy mĂ©tal mais qui emprunta aussi au blues, au folk, au reggae, au rockabilly, Ă la soul et au funk, sans oublier les musiques du monde comme la musique classique, celtique, indienne, arabe ou country, vendant plus de trois cents millions dâalbum de par le monde, est narrĂ©e avec rigueur, prĂ©cision, passion, amour, clairvoyance, luciditĂ© et impartialitĂ© par Stephens Davis qui a bien connu le groupe de par son mĂ©tier de journaliste musical. Il raconte le parcours de Led Zeppelin, de lâante jusquâau post-Led Zeppelin, avec objectivitĂ©, franchise, ardeur, patience, et son texte est truffĂ© dâanecdotes toutes plus intĂ©ressantes les une que les autres, avec ce sentiment qui est rĂ©servĂ© par des parents Ă leurs garnements, des enfants turbulents mais au combien attachants.
Ăvidement ce document copieux ne serait pas complet sans les annexes, la bibliographie française, la discographie et lâindex des noms citĂ©s.
Un ouvrage indispensable Ă qui veut mieux cerner non seulement le mythe de Led Zeppelin mais aussi comprendre leur apport musical, connaitre lâambiance et les Ă -cĂŽtĂ©s, lâatmosphĂšre et tout ce qui a contribuĂ© Ă cette ascension ainsi quâun regard critique sur une Ă©poque a marquĂ© toute une gĂ©nĂ©ration.
Il ne faut jamais négliger le gout des dieux pour le jeu !
Led Zeppelin, du haut de son Olympe Ă©lectrique, nâa passĂ© son temps quâà ça : sâamuser Ă profiter dâun pouvoir quâil sâĂ©tait construit Ă la barbe de tous. Jouer aux plus mĂ©chants, aux plus cupides, aux plus plagieurs, au plus dĂ©testablement bruyants. Enfin, jouer avec le feu dans une quĂȘte promĂ©thĂ©enne qui le ramĂšnera cruellement au rang dâhumain dĂ©vastĂ©. Hammer of the Gods porte en lui sa propre lĂ©gende. Paru en 1985, il levait le voile sur les frasques du groupe le plus cĂ©lĂšbre des 70âs. Disait enfin ce qui se murmurait depuis cette fameuse deuxiĂšme tournĂ©e amĂ©ricaine. Ăvoquait filles et animaux, drogues et magie noire, argent liquide et hommes de main. Bien sĂ»r, le gang et son porte flingue Peter Grant niĂšrent en bloc (les rock stars sont menteurs comme des arracheurs de dentsâŠ) pensant Ă leurs fans et surtout Ă leurs femmes.
Comment Stephen Davis (au demeurant biographe de Marley, MorrisonâŠ) qui nâavait passĂ© que deux semaines avec eux en 1975 pouvait ambitionner de dĂ©tenir ces vĂ©ritĂ©s scandaleuses ? Certes, câest auprĂšs de Richard Cole, lâadjoint de Grant, quâil aurait puisĂ© ses sources et cette eau salement croupie. Mais ne disait-on pas que Cole, aigri par des responsabilitĂ©s en berne et victime dâune hĂ©roĂŻnomanie chronique nâavait pas toute la fiabilitĂ© requise ? Quâimporte, les rumeurs devenaient enfin de grands moments dâhistoire et câest bien de cela que le rock se nourrit.
Le livre sortit en France en 1989 amputĂ© de plus de 120 pages (les plus attendues bien sĂ»r â les ayant droits veillaient !) et lâon dut attendre François Bon et son Led Zeppelin une Biographie pour nous aider Ă passer le cap du millĂ©naire avec du gossip Led Zep lĂ©gĂšrement dĂ©grossi. Mais voilĂ , François Bon nâest pas journaliste comme Davis, archĂ©type de ces journalistes anglos saxons qui sâeffacent derriĂšre leurs sujets. Connaissant admirablement le monde du rock et dĂ©tenteur dâun carnet dâadresse de flic des stups, Davis relate cette grande histoire de bruit, de fureur et de pouvoir avec une prĂ©cision chirurgicale et sans en faire des caisses. La traduction discrĂšte et efficace de Philippe Paringaux fait le reste.
Le livre montre que, depuis le dĂ©but, Led Zep Ă©tait vouĂ© Ă incarner la face obscure et glorieuse du rock. LâĂ©motion au service de la puissance de feu. Le marteau des dieux!
Que ce carré magique, formé de deux provinciaux assoiffés de reconnaissance et de plaisirs faciles (Plant et Bonham) associé à une déjà star sophistiqué et en retrait et un arrangeur génial mais loin de tout (Page et Jones), dirigé par un manager ambitieux et sans scrupules (Grant) constituait la formule chimique de la réussite planétaire.
On suit album aprĂšs albums, tournĂ©es cyclopĂ©ennes aprĂšs tournĂ©es dantesques le groupe irradiĂ© par le succĂšs et la force mais aussi minĂ© par la mort et le sort contraire. On assiste Ă la longue perdition dâun homme et dâun batteur exceptionnel que fut Bonzo que nul ne put sauver car â telle Janis Joplin â il nâĂ©tait pas de ce monde.
Enfin, on observe la diffĂ©rence essentielle entre les deux hommes canons du groupe. Lâun Ă©nigmatique, prudent mais mortifĂšre (Page), lâautre, solaire, jouisseur mais rĂ©sistant Ă tout (Plant)
*Led Zeppelin fut le groupe de tous les records car il symbolisait ce que la jeunesse populaire des années 70 représentait et réclamait : rébellion, transgression, culture accessible. Sans jamais attirer les intellos (Soft Machine) ou les bas du front (Slade), Led Zep a donné un idéal esthétique et démocratique à des millions de jeunes.
Stephen Davis a su mieux que quiconque traduire cette épiphanie.*
Les éditions Le Mot et Le Reste proposent plusieurs rééditions pour la rentrée.
- Hammer of the Gods â La Saga Led Zeppelin, par Stephen Davis, traduction de Philippe Paringaux, est une vision hallucinante de Led Zep sur la route, en studio et Ă la ville, basĂ©e sur les mĂ©moires de leur road-manager et homme de main, lâinfĂąme Richard Cole. A ne manquer sous aucun prĂ©texte.
- STP (Stones Touring Party) â A travers lâAmĂ©rique avec les Rolling Stones.
- Exile on Main Street â Une saison en enfer avec les Rolling Stones. Ces deux livres de Robert Greenfield qui voyageait avec les Stones Ă©voquent la pĂ©riode 1969-1973, sans doute la plus excessive du âmeilleur groupe de rockânâroll du mondeâ.
- Under Their Thumb, de Bill German, est un nouveau livre Ă©crit par un journaliste new-yorkais proche des Stones dans les seventies et eighties. Les dĂ©buts de la dissension entre Mick & KeithâŠ
Dans son excellente émission hebdomadaire consacrée à la musique, à la BD et aux livres, Olivier Valério nous parle cette semaine de Hammer of the Gods et Under Their Thumb.
Pour Ă©couter lâĂ©mission : EASYRIDER
Avec Led Zeppelin, on tient la matiĂšre idĂ©ale pour lâune de ces biographies sulfureuses, cocktail de sexe, drogue et rockânâroll qui assure le succĂšs en librairie (les confessions de Keith Richards Ă©tant le mĂštre-Ă©talon du genre). Editeur marseillais Ă©clectique et consciencieux, Le Mot et le Reste propose un vaste catalogue dâĂ©tudes thĂ©matiques consacrĂ©es aux marges sonores (heavy metal, post-punk, musiques Ă©lectroniques et expĂ©rimentales) ainsi que des biographies de pionniers emblĂ©matiques (Eric Dolphy, Jimi Hendrix, Magma, Captain Beefheart). De lĂ Ă prĂ©senter Hammer of the Gods comme le livre âde rĂ©fĂ©renceâ sur les auteurs de âStairway to Heavenâ, il y a un pas quâon regrette de voir lâĂ©diteur franchir sous prĂ©texte de marketing.
Cette traduction dâun best-seller controversĂ© du journaliste Stephen Davis, publiĂ© en 1985 et mis Ă jour depuis, sâattarde avec dĂ©lectation sur les frasques, nombreuses mais souvent exagĂ©rĂ©es, qui ont contribuĂ© Ă façonner le mythe Led Zeppelin. NĂ©gligeant les processus de crĂ©ation, les interactions avec le reste de la scĂšne musicale â pas un mot sur les alter ego Deep Purple et Black Sabbath, trĂšs peu sur le mouvement punk, nĂ© en rĂ©action aux monstres de stade comme Led Zep. Rien sur le contexte culturel et social des seventies qui vit toute une jeunesse se passionner pour ce quatuor flamboyant, certes virtuose et sexuellement âchargĂ©â, mais dĂ©sespĂ©rĂ©ment creux.
La peinture dâun groupe narcissique, misogyne, organisĂ© comme un gang, mais aussi fragile, payant cher sa licence (alcoolisme, toxicomanie, dĂ©pression, dĂ©cĂšs du batteur John Bonham), nâen reste pas moins Ă©loquente.
Le numĂ©ro dâĂ©tĂ© du magazine RockâNâFolk publie quelques bonnes feuilles de THEHAMMER OF THEGODS, biographie Ă paraĂźtre en septembre du groupe lĂ©gendaire Led ZeppelinâŠ
âLe gang de Jimmy Page est Ă lâhonneur dans une gargantuesque biographie, enfin traduite. Dans cet extrait, le dirigeable conquiert lâAmĂ©rique et taquine le Squale.â