🔍
Parution : 20/10/2016
ISBN : 9782360542277
288 pages (14,8 X 21 cm)

Hair Metal

Sunset Strip Extravaganza!

Jean-Charles Desgroux a une trĂšs belle plume. Il la manie comme d’Artagnan avec son Ă©pĂ©e, Luke Skywalker avec son sabre laser, Tiger Woods avec ses clubs, Ron Jeremy ou Rocco Siffredi avec leur

Laurent Karila – Hard Force

L’appellation de Hair Metal est caractĂ©risĂ©e par la capillaritĂ© exubĂ©rante de musiciens ayant cĂ©dĂ© Ă  une normalisation favorisĂ©e par MTV. Mais derriĂšre l’apparat, un pan entier de l’histoire du rock’n’roll des annĂ©es 1980 reste mĂ©sestimĂ©, souvent par ignorance ou clichĂ© : si Bon Jovi et Guns N’ Roses, deux des plus grands mastodontes de l’époque, rĂ©pondent Ă  cette Ă©tiquette, un gouffre les sĂ©pare musicalement. Du rock’n’roll des Rolling Stones au hard-rock de Led Zeppelin en passant par le glam anglais, le punk des Dead Boys, le shockrock d’Alice Cooper, le hard FM ou la dĂ©cadence des New York Dolls, des centaines de groupes aux influences Ă©clectiques ont alimentĂ© le marchĂ© amĂ©ricain et vendu plus de disques que n’importe quel autre courant musical en une dĂ©cennie aussi folle qu’épicurienne. Outre l’hĂ©gĂ©monie de Mötley CrĂŒe, on retrace par consĂ©quent un ensemble d’Ɠuvres majeures ou mĂ©connues qui forment aujourd’hui cette anthologie, dont la route commune reste principalement le Sunset Strip de Los Angeles, et le dĂ©clencheur, un certain Van Halen Ă  la fin des annĂ©es 1970.

• Lire un extrait

Revue de presse

Sous les jupes de FIP : Spécial Hellfest Luc Frelon FIP // Sous les jupes des filles 5 juin 2017
- Le guide Noisey du Hair metal Lelo Jimmy Batista Noisey 19 octobre 2016
- Interview de Jean-Charles Desgroux M@x Born Ultra Rock
- Hair Metal Rock&Reviews 25 octobre 2016
- Hair Metal Roseline Artal Plugged décembre 2016
- Capillotracté Roseline Artal My Rock décembre 2016
- Rock books Xavier Bonnet Rolling Stones décembre 2016
- Plein les cheveux Guillaume Ley Guitar Part Janvier 2017
- Le coup de cƓur d'AurĂ©lie AurĂ©lie OuĂŻ FM // Bring The Noise 20 dĂ©cembre 2016
- Interview avec Jean-Charles Desgroux Dragon artnroll 1 décembre 2016
- Lu récemment
 Cédric Bru Les Obsédés Textuels 8 décembre 2016
- Interview de Jean-Charles Desgroux Colin Pradier Librairie Mollat 17 novembre 2016
- Scorpions et caniches ! Philippe Lageat Rock Hard Novembre 2016
- 10 Hair Metal bands who should have been huge Jean-Charles Desgroux Classic Rock 9 novembre 2016

Sous les jupes de FIP : Spécial Hellfest

À l’occasion du Hellfest, Sous les jupes consacre une Ă©mission au groupe Monster Truck et invite Jean-Charles Desgroux pour parler de son ouvrage.

Une émission à réécouter sur le site de FIP

Luc Frelon
FIP // Sous les jupes des filles 5 juin 2017

- Le guide Noisey du Hair metal

À l’occasion de la sortie du livre « Hair Metal » chez Le Mot Et Le Reste, on vous rappelle tout ce qu’il faut savoir sur le genre musical le plus outrancier jamais apparu sur cette planĂšte.
Si vous avez moins de 35 ans, il est probable que vous n’ayez jamais Ă©coutĂ© de Hair Metal autrement que de maniĂšre ouvertement ironique, ce qui fait de vous 1/ une personne de votre espace et de votre temps et 2/ un ĂȘtre faible et dĂ©gueulasse. Car le Hair Metal, forme la plus commerciale, sexuĂ©e et outranciĂšre du heavy metal (Ă©galement appelĂ©e « glam metal », « pop metal », « lite metal » ou, de maniĂšre plus vague et gĂ©nĂ©rale, « hard FM »), ne se limite pas forcĂ©ment Ă  un ramassis d’obscĂšnes ananas pĂ©roxydĂ©s emballĂ©s dans du spandex et des foulards de gitanes, hurlant leur soif de cul et de vengeance sur fond de guitares imitant le hĂ©nissement du mustang.

Comme dans tout genre et sous-genre (Ă  part bien sĂ»r l’alternadulte, seule catĂ©gorie rĂ©ellement indĂ©fendable de ces 60 derniĂšres annĂ©es, et dont le terrain s’étend de Nickleback Ă  Stiltskin, en passant par les Cranberries), on trouve en effet dans le Hair Metal de l’entrĂ©e de gamme, du matĂ©riel mĂ©diocre, de l’excellence pure et du parfaitement navrant. Le tout est de s’avoir s’orienter et se repĂ©rer.

Le hair metal s’écoutant de prĂ©fĂ©rence sous forme de clips, entre 1987 et 1991, dans une petite ville des Vosges ou du Midwest, pendant de longs aprĂšs-midis d’ennui devant MTV, ce guide didactique sera exclusivement basĂ© sur des vidĂ©os et non sur des disques. Des suggestions d’écoute et de lectures seront toutefois proposĂ©es aux moins frileux d’entre vous.

Avant-propos : des questions, des réponses

« SĂ©rieux, ces groupes, c’est juste pose et compagnie, non ? »
Non. Ok, ils sont sapĂ©s comme des strip-teaseuses marseillaises prĂȘtes Ă  te laisser glisser un doigt dans la pantoufle contre un Perroquet, mais ils ne cherchent finalement rien d’autre que du bon temps. Les mecs sont lĂ  pour s’amuser. Et personne ne pose quand il s’amuse. Si vous voulez voir de vrais poseurs, dirigez-vous plutĂŽt vers Sonic Youth ou The Jesus And Mary Chain, des groupes qui se forcent Ă  faire la gueule depuis plus de 30 ans. MĂȘme quand ils reprennent Madonna ou font les dĂ©biles sur des voies ferrĂ©es, on se croirait Ă  la Biennale de Belleville.

« Ok, mais avoue qu’il faut avoir sacrĂ©ment mauvais goĂ»t pour Ă©couter Ratt ou Skid Row »
Oui, bien sĂ»r. Mais c’est important, le mauvais goĂ»t. C’est comme les bactĂ©ries de ta flore intestinale. Tu peux vivre sans, mais c’est moins bien. Penses-y la prochaine fois que tu te taperas un petit Terry Riley, pĂ©pouze, en contemplant ta discothĂšque avec la bienveillante satisfaction d’un maĂźtre de plantation qui a rendu leur libertĂ© aux esclaves du comtĂ©, et leur a payĂ© des cours de diction et l’intĂ©grale de Patti Smith, espĂšce de suprĂ©maciste de merde.

« Je rĂȘve oĂč tu parles pas de Kiss et des New York Dolls ? »
Ce guide est consacrĂ© aux piliers certifiĂ©s du Hair Metal qui ont incarnĂ© le genre et ses codes durant les annĂ©es 80, pas aux pionniers qui ont les ont influencĂ© de maniĂšre plus ou moins directe – Ă  savoir : New York Dolls, HanoĂŻ Rocks, Kiss, Van Halen, Queen, Alice Cooper, Twisted Sister, etc.

« Ok, mais, mec, t’as oubliĂ© Guns ‘N Roses ! »
J’ai mis tout un tas de groupes de cĂŽtĂ© – Cinderella, Britny Fox, Love/Hate, Voodoo X, Tesla, White Lion, Faster Pussycat, Great White, Tigertailz, ou Toilet Boys pour les plus rĂ©cents – mais je n’ai pas oubliĂ© Guns ‘N Roses. Guns ‘N Roses va bien au-delĂ  du Hair Metal. C’est un groupe qui mĂ©rite son guide Noisey Ă  lui tout seul, que je suis d’ailleurs en train d’écrire Ă  cet instant trĂšs prĂ©cis. Mais faisons les choses dans l’ordre et lis d’abord celui-ci.

LE GUIDENOISEY DU HAIRMETAL

David Lee Roth « Yankee Rose » (Warner Bros.) 1986
David Lee Roth est le seul type au monde qui pourrait entrer dans un wagon de mĂ©tro en hurlant « Mesdames et messieurs, David Lee Roth ! » sans que personne ne trouve ça dĂ©placĂ© ou super flippant. David Lee Roth est ce genre de mec. Un concentrĂ© de sexe, de divertissement, de bruit et de spectacle Ă  trĂšs haut degrĂ© de puretĂ©. Un type qui a menĂ© de front un des groupes de rock les plus exubĂ©rants de l’Univers, et qui prenait des breaks de 3 mois pour aller fabriquer des cabanes et chasser l’alligator Ă  mains nues avec des tribus indigĂšnes d’Amazonie. Un genre de mĂ©lange ultra-dosĂ© entre la mĂ©galomanie et la puissance monĂ©taire de Kanye West, la coolness absolue de Snoop Dogg, et les poses de diva outrĂ©e de Nicki Minaj, multipliĂ© par les possibilitĂ©s vocales de Frank Sinatra et le train de vie de Dean Martin. Ce type est tellement excessif que sur « Yankee Rose » – extrait de son premier album solo, rĂ©alisĂ© un an Ă  peine aprĂšs son dĂ©part de Van Halen – il rĂ©ussit ce tour de force de mettre en scĂšne une gigantesque caricature du Hair Metal (grand Ă©cart facial, spandex, gestes explicites, nuditĂ© partielle, dance moves mongoloĂŻdes), alors que le concept de Hair Metal n’existe pas encore dans l’esprit du public. Oui, David Lee Roth est ce genre de mec.

Oeuvres recommandĂ©es : Outre les deux premiers albums de Van Halen qui sont des chefs d’oeuvres indiscutables, vous pouvez Ă©ventuellement tenter Eat’em And Smile, son premier album solo, sur lequel on trouve quelques titres valables -en plus de « Yankee Rose » (et qui a la particularitĂ© d’exister dans une version intĂ©gralement chantĂ©e en espagnol). À noter que son autobiographie Crazy From The Heat est une lecture de choix (Ă©puisĂ©e aux USA mais toujours disponible en Angleterre).

Puissance cheveu : 04/10. David Lee Roth soigne son apparence mais ne priorise pas sur le cheveu. MĂȘme au sommet de sa gloire, il Ă©tait tout Ă  fait capable de faire des interviews tĂ©lĂ©visĂ©es avec des cheveux bordĂ©liquement agencĂ©s ou non-lavĂ©s depuis trois jours.

Whitesnake « Still Of The Night » (Geffen) 1987
Le clip de « Still Of The Night » est le Citizen Kane du hair metal. La rĂ©fĂ©rence absolue. Le ground zero. La vidĂ©o qui a lancĂ© l’ùre du cheveu sur MTV. Pourtant, back en 1987, c’est la merde pour Whitesnake. Le groupe a un contrat avec Geffen et vient de terminer un album, mais David Coverdale, le chanteur-leader, n’a plus une thune et continue Ă  mener une vie de playboy milliardaire – il vit au Mondrian Hotel de Los Angeles et conduit une Jaguar XJ qu’il n’a mĂȘme plus les moyens d’assurer. Il subsiste en enregistrant des pubs radio pour une marque d’aspirine, et en faisant le coup du « dĂ©solĂ©, j’ai oubliĂ© mon portefeuille » lors des dĂ©jeuners avec les cadres de son label. C’est durant un de ces rendez-vous qu’il fait la connaissance de Marty Callner, rĂ©alisateur dĂ©signĂ© pour le tournage du clip de « Still Of The Night », censĂ© remettre Whitesnake sur les rails. Geffen a, pour cela, dotĂ© Callner d’un budget de 125 000$. Seul problĂšme : Coverdale a virĂ© tous ses musiciens aprĂšs l’enregistrement de l’album et n’a donc plus de groupe. Des requins de studio sont donc recrutĂ©s Ă  la hĂąte pour faire bonne figure dans le clip.

Le rĂ©sultat est Ă©videmment catastrophique : outre le fait que le morceau dure plus de 6 minutes et est donc impossible Ă  playlister en radio, on ne croit pas une seconde Ă  ce groupe montĂ© de toute piĂšces. Callner sort alors 35 000$ de sa poche pour tourner des plans supplĂ©mentaires avec un top-model. AprĂšs avoir envisagĂ© un temps Claudia Schiffer, son choix se porte finalement sur Tawny Kitaen, la girlfriend du moment de Coverdale. Strike thermonuclĂ©aire : le clip sera programmĂ© plus de 50 fois par semaine sur MTV, et aura les honneurs du trĂšs convoitĂ© titre de « Hip clip of the week ». ScandalisĂ©, Jeff Ayeroff, de Warner Bros., fera part de son mĂ©contentement Ă  la chaĂźne : « Mais enfin, les gars, Whitesnake est tout sauf hip ! » Ce Ă  quoi Sam Kaiser, le programmateur de MTV, lui rĂ©pondra : « Ce n’est peut ĂȘtre pas hip pour toi ou moi, mais, crois-moi, c’est super hip en Iowa ». Oui, Jeff, le hair metal, c’est exactement comme les Enfants du MaĂŻs : une force surpuissante venue transformer les gamins des rĂ©gions rurales en tarĂ©s cosmiques et en dĂ©mons du sexe.

Oeuvres recommandĂ©es : Si la vue de David Coverdale poings serrĂ©s en train de serpenter autour de son pied de micro ne suffit pas Ă  vous contenter, vous pouvez essayer 1987, l’album dont est extrait « Still Of The Night », qui est assez plaisant, pour peu que les ambiances « Je roule vers nulle part sur l’autoroute au volant de ma Jag pour me calmer et me poser les vraies questions sur l’existence aprĂšs une Ă©niĂšme prise de burnes avec ma meuf nymphomane et complĂštement ingĂ©rable » vous parlent. Si vous voulez aller encore un peu plus loin dans ce monde de soie, de folie, et de luxure, vous pouvez enchaĂźner avec Slip Of The Tongue, mais, trĂšs franchement, je vous conseillerai d’y rĂ©flĂ©chir Ă  deux fois, et d’aller peut ĂȘtre faire un tour en Jag sur le pĂ©riph en attendant de vous calmer.

Puissance cheveu : 08/10. On est ici sur de beaux volumes, obtenus aprĂšs rinçage Ă  l’eau froide (indispensable pour Ă©viter un graissage trop rapide), et aprĂšs-shampooing spĂ©cial cheveux bouclĂ©s. Un soin de base, qui permet un nettoyage efficace, tout en donnant du ressort aux mĂšches. Pour un rĂ©sultat optimal, appliquez un concentrĂ© rĂ©parateur. Il nourrira vos longueurs et vos pointes et prĂ©viendra les fourches. Terminez sur un spray en halo et une noisette de sĂ©rum, et voilĂ . Let’s dance.

Mötley CrĂŒe « Girls, Girls, Girls » (Elektra) 1987
Il y a un truc Ă  propos de ce clip qui rĂ©sume Mötley CrĂŒe Ă  lui tout seul : dans les commentaires du DVD Mötley CrĂŒe Greatest Video Hits, le groupe explique trĂšs sĂ©rieusement ceci : « Sur les images de « Girls, Girls, Girls », tu nous vois rouler en Harley et aller dans des clubs de strip-tease, parce qu’à l’époque, eh bien, on passait nos soirĂ©es Ă  rouler en Harley et Ă  sortir dans des clubs de strip-tease ». Vous voyez, c’est exactement ce que je vous disais plus haut : le hair metal, c’est la vraie vie, c’est du Ken Loach Ă  100 %. C’est juste que les mecs portent du spandex et ne bossent pas dans une putain de mine du Yorkshire.

Oeuvres recommandĂ©es : Too Fast For Love, leur premier album, est un classique, mĂȘme s’il renvoie Ă  une pĂ©riode assez particuliĂšre, oĂč le groupe Ă©tait suffisamment rongĂ© par la haine pour jouer avec des groupes punk de L.A. au son vaguement similaire (les Stepmothers, entre autres). Il y a bien sĂ»r quelques bons morceaux sur Shout At The Devil et Dr. Feelgood, et Girls Girls Girls est vraiment trop pĂ©tĂ© pour qu’on puisse totalement le dĂ©tester. Mais la vraie piĂšce incontournable, c’est la biographie The Dirt, co-Ă©crite par le groupe avec le journaliste Neil Strauss. Ce n’est pas seulement la bio musicale la plus hallucinante disponible sur le marchĂ©, c’est aussi et surtout le plus beau livre sur le rock que vous aurez jamais l’occasion de lire. Que vous aimiez ou non le groupe et ce qu’il reprĂ©sente n’a aucune importance. Ces types ont juste rĂ©ussi Ă  faire jaillir de terre une histoire Ă  mi-chemin entre un spin-off porno des Feux de l’Amour, un remake heavy metal de Voyage Au Bout De L’Enfer, et un Ă©pisode de South Park en 3D, et c’est tout ce que vous avez besoin de savoir.

Puissance cheveu : 02/10. Une catastrophe. En plus de 30 ans de carriĂšre, la seule chose que ces mecs ont utilisĂ© pour nourrir leur cuir chevelu, c’est du lubrifiant et une quantitĂ© inhumaine de transpiration. Si l’on excepte le brushing Farrah Fawcett de Vince Neil sur la pĂ©riode 1983-1985, il n’y a absolument rien Ă  sauver de ce holocauste laineux.

Def Leppard « Pour Some Sugar On Me » (Mercury) 1987
Un jour, il faudra que quelqu’un Ă©crive un livre sur Hysteria, quatriĂšme album de Def Leppard et de loin le disque le plus inhumain des annĂ©es 80. Des choeurs au son de caisse claire, chaque Ă©lĂ©ment, chaque dĂ©tail, sonne comme s’il avait Ă©tĂ© conditionnĂ© pendant de longs mois dans un silo souterrain, avant d’ĂȘtre placĂ© dans un accĂ©lĂ©rateur de particules et fragmentĂ© par des protons Ă  haute Ă©nergie, le tout sous la supervision d’une Ă©quipe de chercheurs suisses alĂ©maniques ne parlant pas un mot d’anglais. Écoutez « Rocket ». On dirait que la ligne de basse est sous cellophane, c’est fascinant.

Le disque a coĂ»tĂ© la somme insensĂ©e de 7 millions de dollars et a bien failli ĂȘtre un bide fracassant. Les deux premiers singles (« Women » et « Animal ») se sont en effet complĂštement ramassĂ©s, et lorsque le groupe sort « Pour Some Sugar On Me », il joue clairement sa derniĂšre carte. Par chance, le titre sera un hit phĂ©nomĂ©nal, principalement grĂące Ă  son clip, rĂ©alisĂ© par Wayne Isham (LE rĂ©alisateur Hair Metal, Ă  qui l’on doit la quasi-intĂ©gralitĂ© des vidĂ©os de Mötley CrĂŒe et Bon Jovi), et aux clubs de strip-tease du monde occidental, oĂč le titre est jouĂ© en boucle depuis 25 ans. A l’arrivĂ©e, pas moins de sept (SEPT !) singles seront extraits de Hysteria, qui se vendra Ă  plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde.

Oeuvres recommandĂ©es : Il n’y a qu’une question Ă  se poser quand on Ă©coute un disque de Def Leppard : est-ce que ça sonne bien sur les enceintes d’une Porsche 911 GT3 lancĂ©e Ă  240 km/h sur une autoroute allemande ? Rien d’autre n’a d’importance. Mais si vous y tenez vraiment, je vous dirais que High ‘N’ Dry, Pyromania et Hysteria sont plus que recommandĂ©s : ils sont obligatoires. Si vous ne deviez Ă©couter que trois disques de tout ce guide, je vous conseillerais ces trois lĂ , sincĂšrement. Mis bout Ă  bout, ils donnent l’impression de raconter l’histoire d’un dĂ©linquent juvĂ©nile du nord de l’Angleterre en cavale, qui finit par se transformer en robot de lumiĂšre aprĂšs s’ĂȘtre injectĂ© le contenu d’une fiole phosphorescente qui lui a Ă©tĂ© offerte en rĂȘve par une strip-teaseuse aveugle.

Puissance cheveu : 01/10. Def Leppard a traversé les ùges avec un guitariste alcoolique au dernier degré et un batteur manchot. Leurs cheveux étaient ~~et sont toujours~~ le cadet de leur soucis.

Poison « Talk Dirty To Me » (Capitol) 1986
C’est dingue, mais Poison est un des groupes qui, aussi loin que je me souvienne, n’a JAMAIS Ă©tĂ© considĂ©rĂ© autrement que comme une gigantesque bande de pipes, et pour ĂȘtre tout Ă  fait honnĂȘte, c’est super mĂ©ritĂ©, vu que ce sont un peu les Wolves In The Throne Room du hair metal : des mecs qui se sentent oblgĂ©s d’aller jusqu’au coude dans l’excĂšs et le ridicule pour faire oublier le fait qu’ils sont Ă©colos, vĂ©gĂ©tariens et de gauche. Le seul truc qui les sauve, c’est leur guitariste, C.C. Deville qui, outre le fait qu’il est techniquement dĂ©bile ~~je ne saurais que trop vous recommander de jeter un oeil Ă  ses interviews~~ a Ă©galement une tronche Ă  arrĂȘter les montres. Disons que si quelqu’un essayait de faire une sculpture du visage de Meg Ryan avec des saucisses de foie de veau, qu’il se foirait, et qu’il tentait de rattrapper le dĂ©sastre en faisant un cendrier en forme de C. JĂ©rĂŽme, le rĂ©sultat aurait Ă  peu prĂšs la gueule de C.C Deville.

Oeuvres recommandĂ©es : Le seul disque Ă  peu prĂšs Ă©coutable de Poison, c’est Flesh & Blood. En fait, je ne sais pas s’il est rĂ©ellement plus Ă©coutable que le reste, mais au moment de sa sortie, le single « Unskinny Bop » passait genre 14 fois par jour sur MTV, alors j’ai peut ĂȘtre juste fini par m’y habituer.

Puissance cheveu : 09/10. C.C. Deville mis Ă  part, on est ici sur du trĂšs haut de gamme. Vous avez vu ces reflets ? Sublime.

Ratt « Slip Of The Lip » (Atlantic) 1986
À la base, je voulais mettre le clip de « Body Talk » parce que Warren De Martini fait plein de flex clownesques avec sa guitare et que le morceau Ă©tait dans la B.O. de Golden Child, L’Enfant SacrĂ© du Tibet, de loin le rĂŽle le plus ingĂ©rable d’Eddie Murphy. J’aurais aussi pu choisir « Round And Round », vu que c’est le tube du groupe (celui qu’écoute Mickey Rourke dans la scĂšne de The Wrestler oĂč il explique Ă  Marisa Tomei que Kurt Cobain a ruinĂ© la musique), et que le clip est rĂ©alisĂ© par Don Letts -ce qui est assez pathĂ©tique quand on y pense. Mais finalement, j’ai optĂ© pour « Slip Of The Lip », pour une seule et unique raison : le type en chapeau de cowboy qu’on voit Ă  la 21Ăš seconde, est en rĂ©alitĂ© un ex-flic qui Ă©tait chargĂ© de la sĂ©curitĂ© du groupe, et il a Ă©tĂ© retrouvĂ© un matin, pendant le tournage du clip, menottĂ©, ligotĂ© et complĂštement nu dans sa chambre d’hĂŽtel. Quand l’équipe lui a demandĂ© ce qu’il s’était passĂ© il a juste rĂ©pondu : « Je faisais la fĂȘte avec deux filles et ces putes m’ont dĂ©pouillĂ© ». Welcome to the jungle.

Oeuvres recommandĂ©es : Guitares gratte-ciel, chanteur qui en fait des caisses, ambiance de teuf pourrie par la prĂ©sence d’une ex sociopathe : Ratt est en fait une version street et sleazy du U2 pĂ©riode The Unforgettable Fire. Ce qui signifie que mĂȘme si c’est le genre de merde qui coule toute seule, il y a quand mĂȘme lĂ -dedans un truc super crispant et totalement inacceptable. Si vous y tenez vraiment, vous pouvez essayer Dancing Undercover, qui mĂ©rite bien 20 minutes de votre temps, ne serait-ce que pour son titre.

Puissance cheveu : 01/10. Fourches, frisottis, cheveux blancs qui traünent, c’est quoi ce bordel ? Vous tenez une mercerie, les gars, ou quoi ?

Desmond Child
Le seul artiste de ce guide dont je ne prĂ©senterai pas de clip, et ce pour deux raisons : 1/ Desmond Child est beaucoup trop BIG pour ĂȘtre rĂ©sumĂ© Ă  un clip, et 2/ la photo ci-dessus rĂ©sume Ă  peu prĂšs tout. Desmond Child est au hair metal ce que James Joyce est Ă  la littĂ©rature, Stanley Kubrick au cinĂ©ma, Stan Lee Ă  la bande dessinĂ©e et GĂ©rard Holtz Ă  la haine de soi : Ă  la fois une synthĂšse, un superlatif, et une escroquerie.

Compositeur-producteur-cachetonneur pour Kiss (« I Was Made For Loving You », c’est lui), Bon Jovi (« Livin’ On A Prayer », c’est lui), Alice Cooper (« Poison », c’est lui) et Aerosmith (« Crazy », c’est lui), Desmond Child est un compositeur multimillionnaire, ultra-demandĂ©, et un rien mĂ©galo – il ne supporte pas que ses titres ne devienne pas des tubes, et a, par exemple, refilĂ© Ă  un titre Ă©crit pour Bonnie Tyler (« If You Were A Woman, And I Was A Man », bide monumental) Ă  Bon Jovi (qui le rebaptisera « You Give Love A Bad Name » et en fera un mĂ©ga-carton). Et quand Desmond n’a personne pour sublimer son oeuvre, il prend les choses en main lui-mĂȘme, comme c’est le cas sur son seul et unique album solo, le terrifiant Discipline, oĂč il atomise des hymnes way over the top qu’il a eu la mauvaise idĂ©e de cramer sur des groupes allemands (« The Price Of Lovin’ You », Ă©crit Ă  l’origine pour Bonfire), et enquille une paire de ballades Ă  faire passer Michael Bolton pour GG Allin (« You’re The Story Of My Life », « Love On A Rooftop »).

Oeuvres recommandĂ©es : Il faut bien le reconnaĂźtre, « The Price Of Lovin’ You » est vraiment un super morceau de Stallone rock. Mais ça s’arrĂȘte lĂ . Vraiment.

Puissance cheveu : 09/10. Le mec est multi-millardaire. Son pubis est probablement mieux géré que vos plus belles permanentes.

Skid Row « Youth Gone Wild » (Atlantic) 1989
MenĂ© par l’ultra-charismatique Sebastian Bach (un genre de mĂ©lange entre Albator, le mec qui voulait votre peau au lycĂ©e, et Clara Morgane), ce groupe de petites frappes du New Jersey a tout Ă©crasĂ© sur son passage entre 1989 et 1992. Leur deuxiĂšme album, Slave To The Grind, a d’ailleurs mis un zbeul impĂ©rial Ă  la premiĂšre place des charts US le 29 juin 1991, en dĂ©trĂŽnant rien de moins que Paula Abdul, Mariah Carey et Vanilla Ice. Un succĂšs historique, puisqu’il s’agit, avec Out Of Time de R.E.M. et Niggaz4life de N.W.A., d’un des trois premiers disques Ă  avoir gatecrashĂ© le Billboard grĂące aux normes SoundScan (systĂšme de comptage de ventes d’album mis en place au printemps 1991 aux USA, et basĂ© non plus sur les ventes dĂ©clarĂ©es par les chaĂźnes de magasins amĂ©ricains, mais sur les ventes effectives par code barre dans l’ensemble des points de vente et de distribution des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et du Japon), qui joueront un rĂŽle majeur dans le succĂšs, quelques mois plus tard, de Nirvana.

Bref, niveau thunes les mecs se sont mis bien, mais le fait est que, 23 ans plus tard, Skid Row reste considĂ©rĂ© au mieux comme un plaisir honteux, alors que ces mecs sont juste l’équivalent white trash des Geto Boys, alternant cĂ©lĂ©brations ultra-orduriĂšres d’une vie faite de sexe et de violence, et power-ballads racontant la chute de gamins fugueurs de 15 ans qui prennent perpĂšte pour un coup de schlass. Un groupe qui Ă©crit un morceau intitulĂ© « Youth Gone Wild » ne peut pas avoir tort. Un groupe dont le chanteur a « Youth Gone Wild » tatouĂ© sur le bras, encore moins.

Oeuvres recommandĂ©es : Slave To The Grind est un chef d’oeuvre absolu. SincĂšrement. Je pĂšse mes mots. Tout, sur ce disque, dĂ©fonce de A Ă  Z et continuera Ă  dĂ©foncer Ă  travers les Ăąges et les siĂšcles.

Puissance cheveu : 09/10 pour Sebastian Bach, 01/10 pour le reste du groupe. Tu peux enlever le bonhomme du New Jersey, mais tu peux pas enlever le New Jersey du bonhomme, tu me suis ?

Extreme « Get The Funk Out » (A&M) 1990
En voilĂ  d’autres qui mĂ©riteraient bien mieux que leur rĂ©putation de groupe-Ă -slows avalĂ© par le trou noir Nirvana. Pour tout dire, pendant un temps, on a mĂȘme cru que ce serait eux, Nirvana. Il faut dire que quand on les a vus dĂ©barquer dans un long couloir de clips avec leur plans fusion, leur looks de pirates-indiens, leurs gros refrains en plastique, leur chanteur qui ressemblait Ă  Julien Clerc dĂ©guisĂ© en Anthony Kiedis, et le jeu de guitare complĂštement baisĂ© de Nuno Bettencourt, on s’est dit qu’on tenait probablement un truc. Et puis aprĂšs ils ont fait ça, et toutes les filles qui s’appelaient Nathalie en ont fait leur chasse gardĂ©e.

Oeuvres recommandĂ©es : J’aimerais vraiment pouvoir dire Pornograffitti, leur deuxiĂšme album, parce qu’on y trouve de purs moments de pure ouferie (« It’s A Monster ») et des trucs presque Ă  moitiĂ© aussi oufs (« He-Man Woman Hater »), mais il y a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de merde sur ce disque, Ă  commencer par « Suzi Wants Her All Day What ? », qui est probablement le morceau le moins logique de toute l’histoire de l’électricitĂ©.

Puissance cheveu : Si le reste du groupe mĂ©rite Ă  peine un 06/10, Nuno Bettencourt est, lui, le seul 10/10 de cette liste. Ses cheveux sont comme la charge ordonnĂ©e de 20 Ă©talons arabes au large du dĂ©troit d’Ormuz par un nuit sans lune.

Vixen « Edge Of A Broken Heart » (EMI) 1988
Lamborghinis blanches et Ferraris jaune banane, walking gloves en daim bleu et stilettos lĂ©opard, couplet Pat Benatar et refrain Bonnie Tyler, toi sur le dos d’un dragon volant et mes couilles en flamme sur l’horizon du couchant. Il y’a des jours comme ça oĂč je tuerais pour retourner ne serait-ce qu’une aprĂšs-midi dans les annĂ©es 80. Accessoirement, le seul groupe fĂ©minin de cette sĂ©lection, mais en mĂȘme temps c’est pas comme si j’avais le choix, c’était elles ou Phantom Blue. Et mĂȘme si le premier album de Phantom Blue dĂ©fonce (je vous le recommande), niveau clips, Vixen est vraiment au-dessus.

Oeuvres recommandées : Le premier album. Plus exactement, la premiÚre face du premier album. Bon, ok, le premier morceau.

Puissance cheveu : 04/10. Le hair metal est le seul genre musical oĂč des types passent leur temps Ă  essayer de choper des filles moins bien fagotĂ©es qu’eux.

Warrant « Cherry Pie » (Columbia) 1990
Ok, on franchit le Rubicon, destination planĂšte gol-mon. Si Skid Row sont les Geto Boys du white trash, Warrant en sont les 2 Live Crew. Du cul, du cul, du cul, et rien d’autre que du cul, le tout avec l’approche et la subtilitĂ© d’un gamin de 8 ans qui viendrait de boire son premier verre de Suze. Le clip de « Cherry Pie » est passĂ© tellement de fois sur MTV que j’ai l’impression qu’il fait partie de moi, au mĂȘme titre que mes doigts, mon acouphĂšne Ă  l’oreille droite et la cicatrice que je me suis fait en cours de gym en tombant du cheval d’arçon au printemps 1986.

Oeuvres recommandĂ©es : Le clip de « Cherry Pie » est absolument tout ce que vous aurez besoin de connaĂźtre au sujet de Warrant. Bobbie Brown, la fille qu’on voit dans la vidĂ©o, a par la suite ratĂ© tout un tas d’auditions qui auraient pu faire d’elle la Sharon Stone fuck-off des annĂ©es 90. Au lieu de ça, elle a sombrĂ© dans la drogue et l’alcool et le plus gros highlight de son CV cinĂ©matographique s’est rĂ©sumĂ© Ă  une trĂšs courte apparition dans Last Action Hero. La sociĂ©tĂ©-internet restant prĂȘte Ă  se repaĂźtre des plus infimes miettes du passĂ©, elle a pu sortir, il y a quelques annĂ©es, une biographie intitulĂ©e Dirty Rocker Boys, dans laquelle elle raconte, entre autres, qu’elle a emballĂ© Leonardo DiCaprio sur « Waterfalls » de TLC quand il avait 19 ans, et que le gamin avait un machin « qui mettait Ă  l’amende celui de Tommy Lee ».

Puissance cheveu : 01/10. D’un point de vue strictly capillaire, ces mecs Ă©taient Ă  Ratt ce que votre prof de français Ă©tait Ă  votre prof de gĂ©o : la mĂȘme chose, en plus sale.

Winger « Can’t Get Enuff » (Atlantic) 1990
Winger est, techniquement, un groupe conçu en maison de disque Ă  destination d’une cible bien prĂ©cise : les MILFs et les filles-mĂšres du Midwest. Et vu le succĂšs de leurs deux premiers disques, on peut dire que le contrat a Ă©tĂ© dĂ»ment rempli. Si je vous dis, en plus, que pour le clip de « Can’t Get Enuff », le groupe a demandĂ© Ă  Michael Bay ~~alors jeune connard arrogant fraĂźchement engagĂ© dans la boĂźte de prod de David Fincher (qui ne pouvait pas le blairer, mais reconnaissait sa puissance de feu)~~ de tourner un truc qui « ressemble Ă  une pub pour Coca-Cola », je crois qu’il vous suffit de fermer les yeux pour sentir de votre fauteuil le filtre orange, les peaux moites et les ventilateurs.

Oeuvres recommandĂ©es : On est ici dans les toutes derniĂšres couches de l’enfer, sachez-le bien. Mais In The Heart Of The Young a deux-trois titres assez catchy, si vous cherchez bien.

Puissance cheveu : 08/10. On n’atrappe pas les quadras rousses d’Iowa avec un dĂ©gradĂ© au rasoir, puto.

Nelson « After The Rain » (Geffen) 1990
Le terminus, le boss de fin, la queue du chinois. FondĂ© par les deux jumeaux du chanteur de country Ricky Nelson, Matthew et Gunnar, Nelson est un concentrĂ© de toutes les forces nĂ©gatives de la musique occidentale, prĂ©sentĂ©es Ă  un exceptionnel degrĂ© de puretĂ© dans le cadre d’un spectacle haut-budget Ă  portĂ©e sociale et identitaire. En d’autres termes, Skrillex avec la force de frappe de CĂ©line Dion.

Oeuvres recommandĂ©es : Restez Ă©loignĂ©s de tout ce qui porte le nom de Nelson, toute votre vie. Vous remarquerez que ce n’est pas une tĂąche particuliĂšrment ardue.

Puissance cheveu : 09/10. Cascade de blĂ© platine Ă  son plus haut degrĂ© de perpendicularitĂ© avec la terre des anciens, il faut bien l’admettre.

Lelo Jimmy Batista est le rĂ©dacteur en chef de Noisey France. Ses cheveux sont plus Ă©pais que la moquette de la salle d’attente d’un chiropracteur indien circa 1987.

Lire le guide du hair metal sur Noisey

Lelo Jimmy Batista
Noisey 19 octobre 2016

- Interview de Jean-Charles Desgroux

Non contents de confier Ă  Jean-Charles DESGROUX deux heures complĂštes de playlist en l’honneur de la sortie de son livre HAIRMETALSUNSETSTRIPEXTRAVAGANZA!, nous avons profitĂ© de l’occasion pour en savoir un peu plus sur ce journaliste et auteur (Ă  succĂšs).
Qui est-il ? D’oĂč vient-il ? RĂ©ponses ci- dessous :

UR : Bonjour Jean-Charles, peux-tu s’il te plait, te prĂ©senter Ă  nos lecteurs ? Quel est ton parcours journalistique ?

Jean-Charles : Salut ! J’ai dĂ©marrĂ© comme pigiste chez Rock Sound en 2002, commençant par chroniquer un peu tout et n’importe quoi, production nĂ©o-metal du moment, extrĂȘme, et gĂ©nĂ©ralement du hard FM au black, death, indus, whatever ! Ça tombait bien, je ratissais large le spectre du metal, tout m’intĂ©ressait. Puis j’ai continuĂ© avec une partie de l’équipe dans des mags toujours axĂ©s trĂšs « teenagers », en m’occupant d’une bonne partie du metal chez Rock One, multipliant les interviews et les chroniques (des dizaines chaque mois !). En 2007 j’intĂšgre un magazine plus adulte : Crossroads, oĂč j’ai une libertĂ© d’action totale, et oĂč je me rĂ©gale Ă  rĂ©diger de gros articles de fond sur mes idoles : j’interview Ozzy, Iggy Pop, Alice Cooper, Blackie Lawless, et des dizaines d’autres. AprĂšs l’arrĂȘt du mag, c’est Rock&Folk qui vient me proposer de collaborer avec eux : je suis ravi, le magazine est quand mĂȘme une rĂ©fĂ©rence – et j’y travaille toujours. ParallĂšlement, je rencontre Christian Lamet et, tout en devenant potes, je travaille avec lui chez Hard Force, mon mag de chevet, ainsi que Metal XS sur un format TV/video. Au-delĂ  de ça, j’ai dĂ» collaborer Ă  4 ou 5 autres magazines, multipliant les opportunitĂ©s en vue d’une seule chose : m’éclater !

UR : Je me suis laissĂ© dire que ta passion pour le genre hard Rock ou Metal ne date pas d’hier.

Jean-Charles : en effet, je suis tombĂ© dans le chaudron fin 88 dĂ©but 1989 : j’étais en 4Ăšme, genre laissĂ© pour compte et en-dehors des « bons cercles », et un mec me file une cassette d’Iron Maiden, « SeventhSon of A SeventhSon », complĂštement par hasard : je ne connaissais RIEN de RIEN au hard-rock, et lĂ , je suis transi, amoureux, touchĂ© par la GrĂące. Quelques secondes aprĂšs l’intro de « Moonchild », je savais que mon destin allait changer et que ma vie ne serait plus jamais la mĂȘme. Une rĂ©vĂ©lation, et j’ai suivi cette voie sans flĂ©chir, avec une passion exponentielle depuis mes 13 ans.

UR : Quels sont les autres ouvrages signés de ta main ?

Jean-Charles : j’ai sorti « Du Cauchemar Ă  la RĂ©alitĂ© », la toute premiĂšre biographie française sur mon idole OZZYOSBOURNE en 2007 chez Camion Blanc. Par la suite, mĂȘme si j’avais d’autres projets en tĂȘte, je n’ai rien fait d’autre que d’écrire des centaines d’articles avant de me dĂ©cider Ă  aller tenter une aventure plus ambitieuse chez Le Mot Et Le Reste, selon de nombreux amateurs, la meilleure rĂ©fĂ©rence en ouvrages musicaux en France. AprĂšs des mois d’attente, ils me valident un premier projet chez eux : la biographie d’ALICE COOPER, sortie en juin 2015

UR : Ce livre sort moins d’un an aprùs celui sur Alice Cooper paru en 2015, es-tu donc un insatiable journaliste hyperactif ?
Jean-Charles : A peine plus d’un an aprĂšs en fait ; c’est exactement ça : insatiable, hyperactif, boulimique, un peu too-much quand-mĂȘme : je n’arrĂȘte pas et ne sais pas dire non, Ă  commencer par moi-mĂȘme
 J’ai l’ambition de sortir un livre tous les 15-18 mois !

UR : Qu’est ce qui te pousse Ă  Ă©crire, d’une part, et, d’autre part, Ă  vouloir mettre le courant Hair Metal Ă  l’honneur ?

Jean-Charles : C’est avant tout l’envie de transmettre : j’ai tout appris, Ă  90%, par tous les magazines et les brillants journalistes qui m’ont transmis toute cette culture, toutes ces infos. En mĂȘme temps que l’achat de disques, j’ai, depuis 1989, achetĂ© TOUS les magazines français qui sortaient chaque mois, jusqu’à aujourd’hui
 tout en ayant rachetĂ© des stocks des annĂ©es 80, Enfer et compagnie, et je me suis, entre autres, abonnĂ© Ă  Classic Rock depuis le n°1 ! AprĂšs, le hair-metal, c’est mon adolescence, mĂȘme si je n’ai dĂ©couvert tout ça qu’en 1989, depuis la province ! Non, je n’étais pas Ă  L.A. en 1987, mais j’ai toujours fantasmĂ© sur l’idĂ©e de vivre ça
 j’aime tant de styles de rock diffĂ©rents, mais le hair-metal est un peu plus affectif, le truc qui ne me fera jamais grandir dĂ©finitivement. Et, en plus, le hair-metal n’est PAS un style de musique : c’est une attitude, un look, un style de vie, un modĂšle, une caricature, tout ce qu’on veut mais, musicalement, il y a tant de tendances musicales diffĂ©rentes en son sein : c’est ce que j’ai voulu dĂ©montrer dans le livre, en en dressant un trĂšs vaste portrait.

UR : Ce style, souvent raillé pour son look, te semble-t-il sous-estimé ?

Jean-Charles : mais carrĂ©ment ! Comme je le disais, c’est tout sauf UNE dĂ©finition musicale : certes, les majors du disque, le marketing, les radios et surtout MTV ont essayĂ© de formater TOUS les groupes de hard-rock des annĂ©es 80, sauf exception. Alors, oui, nombreux sont ceux qui ont jouĂ© le jeu, parfois en serrant des dents, mais en sortant tout de mĂȘme des chefs d’Ɠuvre ! Alors, stigmatiser tous ces groupes pour leurs looks ? C’est injuste. Beaucoup ont fait de la merde, je suis d’accord, mais vous allez pouvoir vous ruiner en allant dĂ©nicher un paquet de disques absolument jouissifs qui appartiennent, bon grĂ© mal grĂ©, Ă  cette Ă©tiquette.

UR : Le Grunge a balayĂ© ce style et a mis pas mal de ces groupes sur la touche, Ă  l’époque et encore maintenant. As-tu un peu de rancƓur ou cela, remis dans son contexte, te parait-il logique ?
Jean-Charles : De la rancƓur, non. A l’époque, j’étais un peu dĂ©goĂ»tĂ© de voir Pearl Jam remplacer Mötley CrĂŒe en couverture des magazines, mais j’ai trĂšs vite appris Ă  aimer tous ces groupes alternatifs, Seattle et autres, Tout en continuant, sans relĂąche depuis 25 ans, Ă  vĂ©nĂ©rer mes groupes. AprĂšs, rĂ©trospectivement, il fallait que ça change : mille groupes sont venus saturer un marchĂ© caricatural, oui, et ça a dĂ©bordĂ©. MĂȘme si ça a hĂ©las empĂȘchĂ© d’autres excellents groupes, le cul entre deux chaises, de vraiment exploser, comme Love/Hate ou Bang Tango. Mais on va dire que oui, il fallait secouer un peu le systĂšme : toutes les rĂ©volutions sont bonnes Ă  prendre, mĂȘme si on sait qu’elles sont orchestrĂ©es pour les mĂȘmes raisons, quelles qu’elles soient !

UR : Musicalement parlant, Guns N’ Roses ne ressemble pas Ă  Poison, Styper ne ressemble pas Ă  KISS. Penses-tu que certains combos sont, malgrĂ© eux, affiliĂ©s Ă  ce courant musical ?

Jean-Charles : OUI ! On me reproche parfois d’avoir mis les Guns dans le mĂȘme panier ! Ce n’est quand-mĂȘme pas moi qui leur ai fait porter des cuirs moulants, du maquillage, du lipstick et des coiffures fantasques Ă  faire rougir Michael Monroe entre 1985 et dĂ©but 1987 ! Ils ont jouĂ© un jeu, puis ont affinĂ© leur vĂ©ritable image, leur identitĂ© plus directe, street et sale. Sleaze donc : on tolĂšre Faster Pussycat ou L.A. Guns sous l’appellation Hair Metal, mais c’est pareil, non ? Un autre exemple : Cinderella. Ok pour les looks, ok pour la production du premier album, mais sinon ? « Night Songs » ce n’est qu’un putain d’album rock’n’roll, plus inspirĂ© par AC/DC et Aerosmith que Bon Jovi, non ?!

UR : Certains groupes se reforment avec plus ou moins de pertinence, d’autres sortent toujours des albums. Doit-on s’en rĂ©jouir ?

Jean-Charles : oui. Certaines gĂ©nĂ©rations n’ont pas eu le bonheur d’ĂȘtre tĂ©moin de ça. On joue clairement le jeu revivaliste, nostalgique : aux States, les festivals Rocklahoma ou autres, c’est pareil que Stars 80’s ! C’est fait pour les ex-groupies mĂ©nopausĂ©es et les bons WASPs qui votent RĂ©publicain, mais c’est juste du fun, une capsule dans le temps. Et ça attire aussi les plus jeunes, qui veulent peut-ĂȘtre un peu plus s’amuser que ceux qui pleurnichent en Ă©coutant Radiohead. AprĂšs, la qualitĂ© des albums, bof bof
 on veut Ă©couter les tubes, comme tout le monde. Je prĂ©fĂšre franchement dĂ©couvrir un nouveau groupe avec sa personnalitĂ© singuliĂšre, que me taper un quinziĂšme album d’une version de L.A. Guns avec un seul membre d’origine


UR : Te rĂ©jouis tu qu’enfin certains de ces groupes, grĂące Ă  l’évolution de la qualitĂ© de la production, aient un son bien meilleur que dans les annĂ©es 80 ?

Jean-Charles : J’aimais le son des anciens : les Beau Hill, Michael Wagener, etc
 La prod’ d’aujourd’hui est trop propre, rutilante et, finalement, aseptisĂ©e, et manque de cachet. J’adore Steel Panther et leur son est mortel, parce que ça colle avec leur vision des annĂ©es 2010. AprĂšs, Ă©couter du Quiet Riot ou du Ratt avec une production ultra-metal et moderne, je ne suis pas fan
 Ok plutĂŽt pour une bonne remasterisation des classiques
 bien que je les réécoute en vinyle ! Pas les 180 grammes Ă  la con, arnaque du siĂšcle, mais bien mes vieux pressages que j’ai prĂ©cieusement gardĂ©s ou que je continue Ă  chiner !

UR : Y a-t-il un groupe que tu regrettes de ne pas avoir pu voir sur scĂšne ?

Jean-Charles : Ecoute, il y en a 1000 ! Pour le coup, Ă©tant un petit provincial nĂ© trop tard, mon premier concert c’était Love/Hate et Ozzy Osbourne Ă  la Cigale en mars 1992 ! Alors, tu imagines que j’ai ratĂ© tous les concerts cultes des annĂ©es 80 ! Mais tous mes potes, mes amis un poil plus ĂągĂ©s, y Ă©taient tous
 alors ils m’ont tout raconté  comme des grands frĂšres !

UR : La multiplication des festivals en France te semble-t-elle bénéfique à la scÚne française orientée hard FM / AOR / Hair Metal ? Existe-t-elle vraiment ?

Jean-Charles : Non. Pas grand-chose Ă  se mettre sous la dent. Je suis un fan aveugle du Hellfest, que je soutiens Ă  100%, et dont les dĂ©tracteurs bornĂ©s, hyper-exigeants et snobs m’emmerdent. Mais il faut se rendre Ă  l’évidence : ce n’est pas le concept du Sweden Rock ! Au mieux avons-nous eu Mötley, Twisted, Steel Panther, Sebastian Bach. Mais c’est tout, grosso modo. Peut-ĂȘtre pourrions-nous suggĂ©rer Ă  Ben Barbaud une septiĂšme scĂšne, la « Sunset Strip Extravaganza » ?!

UR : Le buzz médiatisé de BLACKRAIN, il y a quelques années, est-il, selon toi, un bon signe ?

Jean-Charles : Bon signe je ne sais pas
 moi je les imagine davantage exploser ailleurs qu’en France. Notre pays a des limites quasi-infranchissables pour cette culture-lĂ . Le rock fun, ensoleillĂ©, sexy, festif, dans notre pays de nĂ©vrosĂ©s et de dĂ©pressifs ? Allons
 Moi BlackRain je les soutiens Ă  mort, je suis super fan, mais je vois leur potentiel ailleurs
 comme Gojira dans une autre mesure


UR : Question difficile : conseille à nos lecteurs 5 albums à écouter en priorité, choisis dans cette anthologie !

Jean-Charles : Ah ah ah ! J’ai dĂ©jĂ  vachement Ă©crĂ©mĂ© ! De quelques centaines de rĂ©fĂ©rences j’ai rĂ©duit Ă  100 pour le livre et tu m’en demandes 5 ? pffff
 !!! MOTLEYCRUE « Shout At The Devil », RATT « Out Of The Cellar », le premier VANHALEN, « Appetite » des GUNS et « Slippery When Wet » de BON JOVI
 mais trop dur !

UR : Question encore plus difficile : quels sont tes 5 préférés ?

Jean-Charles : Bon, alors spontanĂ©ment, Ă  chaud, aujourd’hui Ă  17h00, je dis MOTLEYCRUE « Shout At The Devil », LOVE/HATE « Blackout in the Red Room », RATT « Out Of The Cellar », le premier STEELHEART et allez, le premier W.A.S.P. ! Mais cette question est in-dĂ©-cente !

UR : As-tu un souvenir positif et réjouissant au cours de tes rencontres, avec un ou des artistes, que tu voudrais partager avec nous ?

Jean-Charles : oh la vache, des souvenirs j’en ai 1000 ! C’est ce qui me construit : les projets et la course aux souvenirs qui vont avec ! Mais je dirai que celui qui restera gravĂ© Ă  jamais, au plus profond de mon cƓur et de mes tripes, c’est ma rencontre avec Ozzy Osbourne en avril 2007. Trente minutes d’entretien en tĂȘte Ă  tĂȘte dans le studio B d’Abbey Road, lĂ  oĂč les Beatles ont enregistrĂ© tous leurs disques. Ca faisait 18 ans que je rĂȘvais de pouvoir lui parler, et dans un tel endroit
 Tu imagines l’émotion ?!

UR : Pour conclure, as-tu un autre projet en cours ?

Jean-Charles : j’en ai un nouveau que je dĂ©marre exactement cette semaine ! Mais c’est top-secret ! Rendez-vous fin 2017 ! Et aprĂšs, il y en aura un paquet d’autres !

UR : Merci Ă  toi.

Jean-Charles : C’est moi qui te remercie pour ton soutien !

Lire l’interview sur le site d’Ultra Rock

M@x Born
Ultra Rock

- Hair Metal

AprÚs une excellente et originale biographie sur Alice Cooper, Jean-Charles Desgroux revient avec ce livre sur ce genre de rock intitulé Hair Metal, appelé ainsi à cause de la capillarité des musiciens jouant ce type de rock. Le Hair Metal trouve son apogée pendant toutes les années 80 avant de céder face au grunge puis retenter une percée.

Jean-Charles Desgroux dans une premiĂšre partie, nous retrace tout l’historique de cette musique, nĂ©e surtout dans les bas-fonds de Los Angeles. On assiste Ă  la naissance de Guns’n‘Roses, de Great White, de Bon Jovi (qui vient cependant du New Jersey) mais aussi Dokken, Poison, Twisted Sister, Van Halen, Ratt et tant d’autres du mĂȘme calibre. L’auteur revient briĂšvement sur les monstres du hard rock que sont Led Zeppelin, Alice Cooper etc
 Une soixantaine de pages trĂšs intĂ©ressantes et instructives sur ce pan d’histoire du rock. La naissance des groupes, leur dĂ©chĂ©ance, la drogue, la mort, les overdoses, les disques, les tubes, les histoires sordides, les groupes qui ont survĂ©cu, ceux qui se sont tuĂ©s Ă  force d’excĂšs. Ça se lit comme un roman, c’est trĂšs bien Ă©crit, le style est audacieux. Jean-Charles Desgroux sait de quoi il parle, il s’est extrĂšmement bien documentĂ© et est un grand fan de rock.

Et puis, il y a une centaine de chroniques sur les disques reprĂ©sentatifs de ce genre de metal. Chroniques parmi lesquelles on retrouve les belles The Runaways avec Lita Ford et Joan Jett, mais aussi Icon, Ratt, Bon Jovi, Autograph, Great White, Tesla, Mötley CrĂŒe, Kiss, les inĂ©vitables Guns’n‘Roses, White Lion avec Mike Tramp, The Cult, Badlands, Ozzy Osbourne mais aussi, ĂŽ belle surprise ! nos français de BlackRain pour leur album Licence to Thrill.

On se balade entre Ɠuvres majeures, connues de tous et Ɠuvres moins connues mais tout aussi importantes comme ce magnifique album de Icon sorti en 1984 ou encore ces superbes albums de Autograph, London, Kix, Winger.

L’auteur nous propose une promenade originale faite de souvenirs pour le lecteur (“mais je l’ai cet album !”), nous rappelle le temps oĂč MTV Ă©tait la chaine reine au sommet du monde musical. Ça se lit bien, il y a quelques anecdotes et le style n’est jamais pompeux.

Le livre est sorti le 20 octobre et c’est donc une lecture que je conseille Ă  tous les amoureux et fans de hard rock mĂȘme si pour beaucoup d’entre eux, survivants musicaux de cette Ă©poque, le hair est parti mais le metal est bien toujours vivant en nous.

Lire la chronique en ligne

Rock&Reviews 25 octobre 2016

- Hair Metal

C’est plusieurs centaines d’albums, et autant d’artistes, que Jean-Charles Desgroux a choisi de dĂ©peindre ici, qu’il s’agisse de vĂ©ritables stars, comme Ace Frehley, Vince Neil, Aerosmith ou encore les Guns N’ Roses, ou plus de lĂ©gĂšrement plus obscures, tels Teeze, Sae Hags, et Lynch Mob. Et si ces artistes naviguent dans divers univers, du glam au rock’n‘roll en passant par le hard FM, tous ont en commun une capillaritĂ© dĂ©tonante,des inspirations musicales des plus riches, et surtout, un lieu mythique : le Sunset Strip.

Roseline Artal
Plugged décembre 2016

- Capillotracté

Jean-Charles Desgroux a fait le tour de sa discothùque, fort bien remplie, pour mettre en avant des artistes, connus, comme Ace Frehley, Vince Neil, Aerosmith ou encore les Guns N’ Roses, ou plus obscures, tels Teeze, Sae Hags, et Lynch Mob. Le point commun, mis à part des coupes de cheveux toutes plus folles les unes que les autres? Un lieu mythique : le Sunset Strip.

Roseline Artal
My Rock décembre 2016

- Rock books

Historiquement, le hair metal n’a vĂ©cu que cinq ou six ans, dans la seconde moitiĂ© des annĂ©es 80. Le temps d’une longue introduction et d’une centaine de focus sur des albums (oĂč se cĂŽtoient Van Halen, Kiss, Mötley CrĂŒe, Bon Jovi et d’autres), Jean-Charles Desgroux dĂ©montre mĂ©ticuleusement que rien n’est moins simple. Reste toutefois une question sans rĂ©ponse : comment est-il possible que personne, parmi tout ce petit monde, ne soit parvenu Ă  dĂ©crocher un poste au service marketing chez Jacques Dessange ou Jean-Louis David?

Xavier Bonnet
Rolling Stones décembre 2016

- Plein les cheveux

Ah, quelle est long l’époque bĂ©nie oĂč porter une permanente et enfiler des spandex (et des groupies) Ă©tait devenue une norme sur le Sunset Strip de Los Angeles. Bien que certains portent encore fiĂšrement certains artefacts de ce temps rĂ©volu, Ă  la fois glam et hard fm, ce sont surtout les annĂ©es 80 qui ont marquĂ© les esprits. En grand fan du courant Hair Metal, Jean-Charles Desgroux, dĂ©jĂ  auteur de biographies sur Alice Cooper et Ozzy Osbourne, vous fait (re)dĂ©couvrir cette pĂ©riode Ă  travers un livre passionnant. Une premiĂšre partie raconte l’histoire du Hair Metal en question, pendant qu’une seconde vous prĂ©sente une centaine d’albums incontournables. Le type en connaĂźt un rayon, on vous le garantit. Un vrai beau voyage Ă  travers une galaxie qui comporte autant de mĂ©diators que d’eyeliner. C’mon!

Guillaume Ley
Guitar Part Janvier 2017

- Le coup de cƓur d'AurĂ©lie

NoĂ«l, c’est dans quelques jours, et AurĂ©lie de BRINGTHENOISE a une idĂ©e cadeau pour les retardataires.

Voir le coup de cƓur d’AurĂ©lie sur la page de Bring The Noise

Aurélie
Ouï FM // Bring The Noise 20 décembre 2016

- Interview avec Jean-Charles Desgroux

Release party au Dr Feelgood des Halles le 16 novembre 2016.

Rendez-vous au Dr Feelgood afin d’y rencontrer le sympathique auteur du livre, ou plutĂŽt une anthologie des meilleurs albums de Hair Metal et Glam Rock des annĂ©es 80 Ă  nos jours. L’ambiance est Ă  l’image de la musique que l’on peut y entendre, entraĂźnante et conviviale. Le bar est blindĂ© de monde et l’ambiance sympathique dans l’esprit du moment. On peut y croiser des membres du groupe Black Rain. Leur guitariste avec l’auteur JC Desgroux fait un blind test pour faire gagner quelques CD de Mötley et autres sympathiques combos de l’époque !! Il y a une bonne participation du public prĂ©sent. MalgrĂ© quelques petites difficultĂ©s Ă  approcher le monsieur mais on peut comprendre qu’il soit trĂšs occupĂ©, c’est quand mĂȘme sa soirĂ©e ;), avec Mamy on finit par l’attraper et lui poser quelques questions sur son livre. Pour nous faire patienter, il nous prĂȘte un exemplaire du livre que je pourrais dĂ©tailler un peu plus longuement dans un prochain article.

ANR : Hair Metal, comment t’es venu l’idĂ©e de regrouper toute une Ă©poque sous ce terme ?

JC Desgroux : J’étais au Rainbow, le bar Ă  Los Angeles, au restaurant mythique des annĂ©es 80, du Sunset boulevard, j’y vais tous les Ă©tĂ©s depuis 10 ans avec ma femme et ma fille en vacances et on va y manger Ă  chaque fois. Je suis fascinĂ© depuis que je suis gamin par le Hair metal, le Glam metal des annĂ©es 80. On Ă©tait en train de dĂźner un soir, il y avait la mĂȘme musique qui passe ce soir : Mötley CrĂŒe, Bon Jovi
 j’ai regardĂ© ma femme et ma fille et je leur ai dit « Hey, j’ai super envie d’écrire un livre sur cette Ă©poque-lĂ  ». J’ai grandi avec, ça fait partie de mon adolescence, de mon ADN. Et voilĂ  l’idĂ©e m’est venue pendant l’étĂ© 2015. Peu de temps aprĂšs j’ai contactĂ© mon Ă©diteur ? Je leur ai soumis l’idĂ©e, ils ont acceptĂ© et c’était parti.

ANR : Tu as mis combien de temps pour rĂ©diger ce livre, et plus prĂ©cisĂ©ment pour choisir les 100 albums qui forment l’anthologie ? Quels en ont Ă©tĂ© les critĂšres ?

JC Desgroux : C’est trĂšs subjectif Ă©videmment. Evidemment, on ne pouvait pas passer outre les classiques, Bon Jovi, Ratt, Mötley CrĂŒe, Twisted Sister, WASP
 aprĂšs c’est ce qui me paraissait le plus reprĂ©sentatif de la scĂšne de l’époque entre la fin des annĂ©es 70 et les Runaways et Van Halen qui ont construit cette scĂšne Ă  Los Angeles et aujourd’hui avec Black Rain, Steel Panther et tous ceux au milieu qui ont construit cette folie musicale. ComplĂštement subjectif.

ANR : Et de nos jours, comment se prolonge l’état d’esprit du Hair Metal d’aprĂšs toi ?

JC Desgroux : Aujourd’hui, c’est un peu mort si ce n’est la douce nostalgie. Il y a une relĂšve qui existe grĂące Ă  des groupes comme Black Rain que je plĂ©biscite et que je soutiens depuis le dĂ©but. Ces mecs-lĂ  sont prĂ©cieux en France, car ici on n’a pas Ă©tĂ© trĂšs touchĂ© par cette vague Ă  l’époque, ce n’est pas dans notre culture ni notre ADN. Il y a quelques groupes en France qui font ça bien. En Scandinavie il y a quelques groupes de relĂšve. On va dire aujourd’hui que le public est composĂ© au Ÿ de nostalgiques : des quadras, des quinquas qui ont vĂ©cu ça pendant leur adolescence et qui continue Ă  fantasmer dessus.

ANR : En effet, j’ai vu ça Ă  Europe hier soir. Le public, il faut l’avouer comportait beaucoup de la vieille gĂ©nĂ©ration des annĂ©es 80


JC Desgroux : Je n’ai pas pu venir, mais comme tu le dis, c’est un public de nostalgiques. C’est cohĂ©rent par rapport aux gens qui vont se pencher sur le bouquin.

ANR : Alors quel type de public penses-tu toucher le plus ?

JC Desgroux : des nostalgiques bien sĂ»r, des gens qui ont 40, 50 ans. C’est la musique de leur jeunesse, des instants figĂ©s et on a tous des vellĂ©itĂ©s Ă  vouloir garder une part de ces moments d’insouciance et de rĂ©bellion au bout de tant d’annĂ©es. Donc oui une grande part de nostalgiques.

ANR : Le livre est dĂ©jĂ  sorti depuis prĂšs d’un mois, quels en ont Ă©tĂ© les retours ?

JC Desgroux : Pour l’instant les retours sont bons. Les partenaires avec qui je travaille ont l’air assez enthousiaste par rapport au livre. Encore une fois c’était un pari risquĂ© pour la France. On est tellement Ă  des annĂ©es lumiĂšres de cet univers complĂštement festif et hĂ©doniste. Ici, on est plutĂŽt dans la dĂ©pression
 Ca me tenait Ă  cƓur de faire une soirĂ©e ici, en plein milieu du mois de novembre. On a tous notre hommage et notre cƓur avec ce qui s’est passĂ© il y a un an mais il faut tourner la page et penser Ă  des choses gaies et surtout un peu d’insouciance dans ce monde ! C’est ce que je veux, ne pas se prendre la tĂȘte !

ANR : MERCIBEAUCOUPPOURTESRÉPONSES ET A BIENTÔT !!

Et sur ce, la soirée se finit pour nous, mais pas pour tout le monde, un deuxiÚme blind test étant prévu avec encore des cadeaux sympathiques à remporter !

Consultez l’interview sur le site ANR

Dragon
artnroll 1 décembre 2016

- Lu récemment


Au tournant des annĂ©es soixante-dix, le rock se remettait de plusieurs sĂ©ismes. Le punk a la courte vie avait offert une nouvelle image de la rock star (Johnny Rotten, Joe Strumer
) et son after n’avait rien proposĂ© de plus glamour (Ian Curtis, Talk Talk, Pet Shop Boys
) Tant de kids continuait Ă  Ă©couter les disques de Led Zep de leur grands frĂšres en mimant dans la glace les lĂ©gendaire dĂ©hanchĂ©s du couple Page Plant. Parti des États Unis et le plus souvent de L. A, un noyau de groupes tonitruants, “vĂȘtus de peaux de bĂȘtes, Ă©chevelĂ©s, livides” allait tout bousculer sur leur passage, accompagner la crĂ©ation du CD et servir de vitrine Ă  la toute puissante MTV. RassemblĂ©s sous le nom de Hair Metal, Jean Charles Desgroux (Alice Cooper. Remember the Coop’) revient sur l’aventure de ces groupes aux ventes titanesques et aux vies Ă©lectriques qui n’eurent pas l’heur de plaire aux intellos du rock mais qui constituĂšrent pourtant un phĂ©nomĂšne hors norme collant au plus prĂšs Ă  la magie du rock et ses sacro saints principes : sex, drug and rock’n’roll
 C’est Van Halen qui ouvrit en 1978 les hostilitĂ©s grĂące Ă  une cover mĂ©morable de You Really Got Me. A un moment oĂč Aerosmith, seule figure tutĂ©laire avec Alice Cooper et son shock rock du rock amĂ©ricain, piquait du nez pour repartir de plus belle quelques annĂ©es plus tard, Van Halen réévalua le guitar hĂ©ro et le frontman sexy. Brushing, costumes bariolĂ©s aux looks gypsie et jean moulant reprenaient vie sur les scĂšnes du Sunset Strip de L.A oĂč avaient dĂ©butĂ©s Les Doors entre autres. Pendant une dĂ©cennie, chapeautĂ© par David Geffen qui les signait Ă  tour de bras, une armĂ©e de groupes testostĂ©ronĂ©s et ultra defoncĂ©s allait exploser les ventes et les amplis. Le trio Van Halen, Mötley CrĂŒe, Guns N’ Roses constitueraient la Sainte TrinitĂ© de ce culte braillard. Avec leurs homologues (Pantera, Izzy Osbourne, Poison, Bon Jovi ou Def Leppard), ces machines de guerre ne firent pas de prisonniers mais Ă  leur dĂ©charge ne se mĂ©nagĂšrent pas non plus pour arriver exsangues aux portes du grunge. Fin de l’histoire ?

Retrouvez la chronique sur le site des Obsédés Textuels

Cédric Bru
Les Obsédés Textuels 8 décembre 2016

- Interview de Jean-Charles Desgroux

La librairie Mollat vous propose une interview filmée de Jean-Charles Desgroux pour présenter son anthologie sur le Hair metal !

Visionner l’interview de l’auteur

Colin Pradier
Librairie Mollat 17 novembre 2016

- Scorpions et caniches !

À l’heur d’envoyer sa liste au PĂšre NoĂ«l, rĂ©jouissons-nous de la sortie de deux bouquins Ă©patants rĂ©digĂ©s par des compatriotes passionnĂ©s. Le premier, Hair Metal, est l’Ɠuvre du journaliste Jean-Charles Desgroux, dĂ©jĂ  l’auteur d’Alice Cooper. PubliĂ© chez l’excellent Le mot et le reste, il rĂ©habilite, via une sĂ©lection de 100 albums et 100 groupes (des Runaways en 1976 Ă  Reckless Love en 2010), et en l’espace de 288 pages, ce style souvent dĂ©criĂ©, mais ĂŽ combien riche et variĂ©.

[
]

Lire la chronique dans son intégralité

Philippe Lageat
Rock Hard Novembre 2016

- 10 Hair Metal bands who should have been huge

A new book celebrates hair metal and the Sunset Strip scene of the 1980s. We asked its author to pick 10 bands who deserved to become megastars but fell short.

You might laugh at them. Fair enough. But when it comes to partying, getting girls and really rockin’ ‘til the break of dawn, is there anything better than a good glam metal night? This is especially true in these troubled, shoe-gazin’ times, when Hair Metal bands are the ultimate antidote to boredom and depression. But enough of your old Mötleys, Ratts and Bon Jovis: Dig deeper and go crazy for those 10 unsung hair metal heroes.

Teeze
Imagine five colourful ghouls dressed like flashy hobos wearing more make-up than Twisted Sister. Then think of a collision between the sharp metal hooks of Ratt’s first EP, the skills of Randy Rhoads-era Quiet Riot, W.A.S.P.’s outrageousness and CrĂŒe’s finest moments: Looking For Action is definitely the undiscovered gem of 1984, a perfect tune that deserves its place on any imaginary Greatest Hits of The Strip.

London
Those guys were absolute losers. They never got big beyond the three blocks around Gazzarri’s [an infamous nightclub on Sunset Strip], but they were also pioneers on the scene: Blackie Lawless, Izzy Stradlin, Fred Coury and even Nikki Sixx himself all passed through the ranks. They were probably most famous for being captured by Penelope Spheeris for her Decline of Western Civilization Part II: The Metal Years movie, a document that showed the bright side of fame as well as the failure. Of their three albums, 1986’s Don’t Cry Wolf is their best.

Jetboy
Jetboy were actually from San Francisco, but they ruled the Sunset Strip and were local favourites and serious mainstream hopes alongside underground competitors Poison and Guns N’ Roses. Considered unmanageable by the majors, these bad boys were named after the New York Dolls tune of the same name and embraced the legacy of Hanoi Rocks: goth, blues, and in-your-face hard-rock. Feel The Shake coulda been an AC/DC classic.

Sea Hags
Franticly seeking the next Guns N’Roses after Appetite
 exploded, the major labels cannibalised themselves with fake gypsies’n’outlaws. From the Bay Area, Sea Hags should have been the golden challengers if they hadn’t been even more self-destructive than their glorious peers. Mixing Aerosmith, Dead Boys, goth, psycho and a bit of The Cult in their sleazy rock’n’roll, Sea Hags recorded one beautifully dangerous LP. At the very end of the 80’s, were there any more exciting tunes than Doghouse or Too Much T-Bone? Instead Winger and Nelson shone on Dial MTV.

Cats In Boots
What happens when two punks from Ohio meet two Japanese rockers? Cats In Boots’ album Kicked & Klawed is a jewel, an irresistible recipe built from AC/DC, Skid Row, Van Halen, Motley Crue & Guns N’ Roses. Not sure what to think about it ? Just feel the electricity run through your whole body as Shot Gun Sally plays. The rest is just pure chemical addiction.

[
]

Découvrez la suite de la sélection de Jean-Charles Desgroux sur le site du magazine Classic Rock

Jean-Charles Desgroux
Classic Rock 9 novembre 2016