Gothic rock
Une anthologie en 100 albums 1979-2000
Puisant ses références dans la littérature autant que dans le septiÚme art, essaimant son influence sur de nombreux genres musicaux, la culture gothique dévoile toute sa richesse dans cette anthologie.
Souvent rĂ©duits Ă leurs reprĂ©sentations dans la culture pop (des clips de Madonna aux films de Tim Burton), la culture gothique et ses pionniers â Bauhaus, Siouxsie and the Banshees ou Joy Division â proposent bien plus que ces poncifs. Sous un gouvernement Thatcher austĂšre, ces derniers laissent tomber la rĂ©volution punk pour sâorienter vers la cĂ©lĂ©bration du morbide, comme un pied de nez Ă la biensĂ©ance. AlimentĂ© par les rĂ©seaux indĂ©pendants, le mouvement sâorganise Ă lâombre de tĂȘtes de gondole comme The Cure, sâĂ©panouit, se mĂ©lange et renaĂźt de multiples fois avant lâarrivĂ©e des revivals. Avec Christian Death, Dead Can Dance, Alien Sex Fiend, Sisters of Mercy, The Mission, Cocteau Twins, Rosetta Stone ou Lycia, cette anthologie offre un panel Ă©clectique, entre rĂ©fĂ©rences incontournables et dĂ©couvertes audacieuses.
Revue de presse
- Interview de Victor Provis Eric Defaix Radio Balistiq // Rock à la radio 8 février 2022
- Interview de Victor Provis Radio Attitude // FrontiĂšre rock 16 novembre 2021
- Interview de Victor Provis Xsilence // Polyfoni 26 octobre 2021
- Qui a peur du rock gothique ? Matthieu Garrigou-Lagrange France Culture // Sans oser le demander 6 octobre 2021
- Gothic rock Noé Gaillard Daily Passions 1er octobre 2021
- Gothic rock Frederic Vandecasserie RTBF Classic 21 // Re-Cycle 2 octobre 2021
- Gothic rock Philippe Richard Ouest France 29 septembre 2021
- Gothic rock Jean-Charles Desgroux Hard Force 24 septembre 2021
- Gothic rock Litzic 23 septembre 2021
- Gothic rock MĂ€x Lachaud Obskure 22 septembre 2021
De la difficulté de nommer un courant musical
Voici donc un livre consacrĂ© au « Gothic Rock » ! Auparavant on aurait parlĂ© de « Cold wave » ou mĂȘme dâun courant particulier de la « New wave » : câest aujourdâhui le terme gothique qui lâa emportĂ© pour qualifier des groupes aussi diffĂ©rents que The Cure, Joy Division, Bauhaus ou Siouxsie & the Banshees. Victor Provis, chroniqueur radio et auteur du livre Shoegaze (le mot et le reste, 2018), est lâauteur de cet ouvrage sur un courant un peu particulier. [âŠ]
Des groupes aussi diffĂ©rents que Killing Joke (Ah ce Love like Blood !), Dead Can Dance (Anywhere out of the world, formidable), Sisters of Mercy ou Bauhaus font ensuite irruption. Notons lâinfluence sur tous ces artistes de la trilogie berlinoise de David Bowie (qui influence aussi le courant opposĂ© des nĂ©oromantiques comme Duran Duran : ce diable dâhomme est partout !). Le courant survit aux annĂ©es 80 et infuse profondĂ©ment ensuite la musique des dĂ©cennies suivantes.
Lâouvrage insiste aussi sur bien des groupes oubliĂ©s que les passionnĂ©s pourront redĂ©couvrir : Gothic Rock de Victor Provis fera le bonheur du fan.
Une chronique à retrouver en intégralité sur Boojum
Victor Provis Ă©tait lâinvitĂ© de lâĂ©mission Rock Ă la radio sur Radio Balistiq pour parler du rock gothique.
FrontiĂšre Rock 22h minuit chaque mardi et dĂ©couvrir toute lâactualitĂ© de la scĂšne Underground mondiale : Post Punk â Cold Wave â Dark Wave â Gothic Rock â Shoegaze RĂ© Ă©coutez lâĂ©mission Dark du mardi 9 Novembre 2021 qui monte en cliquant sur le lien ci dessus.
Une programmation pleine de nouveautĂ©s, dâinĂ©dits, dâexclus et de classiques et de souvenirs.
Ce soir la FrontiÚre recevait en entretien Cold VICTORPROVIS pour son livre GOTHICROCKANTHOLOGIE EN 100 ALBUMS DE 1979 A 2000 paru aux éditions LE MOT ET LE RESTE.
Réécouter lâĂ©mission en ligne
Polyfoni est un podcast avec des gens qui discutent, de musique le plus souvent, et qui écoutent des disques.
Pour ce premier Ă©pisode, je reçois Victor Provis, pour discuter de son livre âGothic Rock â Une anthologie en 100 albums 1979-2000â paru chez Le Mot et le Reste en septembre 2021.
La suite de la discussion sera dans le prochain épisode.
Réécouter le premier épisode
Réécouter le deuxiÚme épisode
Le rock gothique nâest pas un sous-genre musical. InfluencĂ© par les Ćuvres dâAntonin Artaud, dâEdgar Poe et de Mary Shelley, ce rock dit âcultivĂ©â est marquĂ© par une forte théùtralitĂ©. Ce nâest en effet pas seulement un courant musical, mais aussi une maniĂšre dâĂȘtre et dâapparaĂźtre particuliĂšre.
Matthieu Garrigou-Lagrange sâentretient avec Victor Provis, chroniqueur sur Xsilence avant dâanimer My Bloody Candy sur Radio Graf âHit, consacrĂ© aux genres du rock indĂ©pendant et auteur notamment de Gothic rock : une anthologie en 100 albums : 1979-2000 aux Ă©ditions Le mot et le reste, publiĂ© en aoĂ»t 2021.
Le rock gothique est un genre Ă part entiĂšre qui a ses pionniers, ses icĂŽnes, mais aussi son style vestimentaire. Amateurs du âDo it yourselfâ, les gothiques arborent des tenues quâils confectionnent eux-mĂȘmes, composĂ©es essentiellement de cuir noir, de chemises larges, de collants sur les bras, le tout sublimĂ© par un grand trait de mascara noir sur les paupiĂšres. Revendiquer la bizarrerie jusquâĂ en faire une mise en scĂšne de soi, est un moyen fondamental pour attirer le regard tout en cherchant Ă se distinguer et Ă repousser lâautre. Lâinfluence dâArtaud est considĂ©rable sur ce dĂ©sir de se sacrifier sur scĂšne, de « brĂ»ler les planches » ou de « crever Ă lâĂ©cran ». Cet esprit spectaculaire dissimule pourtant une philosophie de lâinquiĂ©tude et du nihilisme, ayant pris racine dans le courant littĂ©raire du XIXe siĂšcle, de Edgar Poe Ă Mary Shelley et son fameux Frankenstein. Refusant lâĂ©tiquette âgothâ, dont le terme provient des journalistes, les gothiques sont avant tout des musiciens. Sombre, froide, hypnotique, souvent heurtĂ©e, rythmĂ©e et Ă©tourdissante, cette musique qui fonde le rock gothique a fini progressivement par infiltrer la culture de masse.
Réécouter lâĂ©mission sur France Culture
Dans la lignĂ©e de ma rĂ©cente chronique de Buongiorno Pop (mĂȘme Ă©diteur) je regretterai encore une fois lâabsence dâindex⊠Surtout quand vous lisez Ă propos de certains groupes que le cinĂ©ma de Ken Russell a pu les inspirer, que certains de ces musiciens sont trĂšs cultivĂ©s⊠Avoir une vision globale â par lâindex â de cette culture devrait vous faire lire cette « anthologie en 100 albums 1980-2000 ». Si vous ĂȘtes amateur plus ou moins Ă©clairĂ© du genre, je vous laisse au petit plaisir des « querelles de chapelles ». Mais si vous ĂȘtes comme moi ignare de cette musique ou si vous la rejetez parce quâelle heurte votre vision du monde, faites un effort. Je dois avouer que les « looks » des gothiques (couleur, outrances dĂ©coratives, coiffures) en nâattirant pas ont sans doute empĂȘchĂ© de les Ă©couter⊠Les noms de certains groupes nâont, je pense, guĂšre inspirĂ©. Par exemple pour moi le rapport entre lâĂ©cole dâArt et de CrĂ©ation Bauhaus et le groupe du mĂȘme nom nâest pas une Ă©vidence, lisez ce quâen dit Victor Provis et Ă©coutez⊠Vous avez compris ! Ceux qui savent auront peut-ĂȘtre des surprises et ceux qui ne savent pas en auront de belles⊠Pour moi une double : dâabord associer le film de Ken Russell Les Diables Ă cette musique. Le film est exceptionnel. Ensuite dĂ©couvrir quâun de mes chanteurs-compositeurs prĂ©fĂ©rĂ©s figurait dans cette antho⊠Mais je lâai dĂ©couvert dans ce que lâauteur appelle : « une autre histoire ». Câest un de ceux que lâon imagine chanter en duo avec un certain Tom Waits : The piano is drunk not me ! (je ne vous fais pas lâinjure de traduire) : Nick Cave et lâalbum sâappelle Tender Prey.
Alors aprĂšs avoir confrontĂ© votre discothĂšque Ă la table des matiĂšres et Ă©poussetĂ© certains groupes⊠laissez-vous porter soit vers vos souvenirs de jeunesse, soit vers la dĂ©couverte en lisant la prose enthousiaste dâun DJ prĂ©cis et rigoureux. A petites doses pour savourer.
Une chronique Ă retrouver sur le site Daily Passions
On commence par le gothique, et lâ excellent livre âGothic Rock â une anthologie en 100 albumsâ sortie aux Ă©ditions Le Mot et le Reste. Ici, lâauteur Victor Provis part dâun constat assez simple et juste, selon lequel la musique goth est souvent rĂ©sumĂ©e Ă Bauhaus, Siouxsie, Joy Division, voire The Cure. Et donc, il Ă©largit trĂšs joliment le propos en revenant sur des disques signĂ©s Dead Can Dance, Christian Death, Sisters of Mercy, Cocteau Twins et plein dâautres. Et il Ă©pingle mĂȘme The Names, seul groupe belge Ă avoir Ă©tĂ© signĂ© sur le mythique label Factory. Câest trĂšs bien Ă©crit, ça ne tombe jamais dans le travers de la liste pour le plaisir, et lâauteur en profite pour raconter toute la petite histoire de ce genre musical par la mĂȘme occasion.
Une chronique Ă retrouver dans Re-Cycle
Le rock gothique, aux contours fantomatiques, renaĂźt sans cesse, pĂ©tri de romantisme, entre feu et glace. Dans son anthologie en 100 albums, Victor Provis retrace son histoire, du deathrock californien aux voix cĂ©lestes de lâethereal wave.
Ă la fin des annĂ©es 1970, dans la foulĂ©e du punk, un rock plus théùtral, sombre et dramatique Ă©merge : Bauhaus, Siouxsie and the Banshees ou The Cure en sont les hĂ©rauts, Joy Division restant Ă part. Lâune des particularitĂ©s du rock gothique (gothic rock) est que la plupart des groupes rejettent ce terme appliquĂ© Ă leur musique. Trop connotĂ©, trop caricatural, trop superficiel.
Les rĂ©fĂ©rences au romantisme noir et au fantastique, lâesthĂ©tique lĂ©chĂ©e, la dramaturgie sonore, les looks marquants suffisent-ils Ă dĂ©finir le rock gothique ? Pas totalement. Comme le montre Victor Provis dans son anthologie en 100 albums, le terme gĂ©nĂ©rique recouvre bien des nuances.
Au-delĂ dâune sĂ©lection pertinente de disques, dont on regrette quâelle sâarrĂȘte Ă lâan 2000 (alors que le genre reste vivace au XXIe siĂšcle), lâauteur retrace les caractĂ©ristiques de « dix scĂšnes fondatrices », du deathrock californien aux voix cĂ©lestes de lâethereal waveâŠ
Si le genre nâest pas avare dâexcĂšs pouvant confiner au grotesque, la mouvance ne cesse de renaĂźtre de ses cendres et de gĂ©nĂ©rer des albums marquants, comme le prouvent en 2021 les Belges de Whispering Sons. MĂȘme sâils refusent que leur musique soit qualifiĂ©e de rock gothique.
Un article Ă retrouver dans Ouest France
Parmi les actualitĂ©s de la rentrĂ©e, ce ne sont cette fois ni des albums ni des concerts qui ont retenu mon attention, mais bien deux ouvrages essentiels : GOTHICROCK et UNEHISTOIRE DE LA PRESSEROCK EN FRANCE. Oh, vous devinerez bien lâattachement que jâai pour lâĂ©diteur Le Mot et le Reste, mais les domaines abordĂ©s, aussi passionnants soient-ils, mâempĂȘchent parfois de pouvoir ici les creuser davantage â ceux-ci Ă©tant bien plus vastes, pĂ©riphĂ©riques, et bien au-delĂ de notre sphĂšre metal (et ce en-dehors de ceux, et câest dĂ©licat, pour lesquels je bannirai lâauto-promo).
Chez Le Mot et le Reste, lâĂ©tude de la musique sâĂ©tend du blues aux expĂ©rimentations bruitistes, dâune improbable scĂšne chinoise Ă celle de Canterbury, et de Nina Simone Ă Iggy Pop, en passant par le rock, tous les rocks â et donc parfois le metal.
[âŠ]
Câest prĂ©cisĂ©ment le projet entrepris par le journaliste chroniqueur Victor Provis qui, Ă travers GOTHICROCK, une anthologie au format dĂ©sormais bien connu, sâest attelĂ© Ă la dissection de 100 monuments du genre. Et pour les grincheux compulsifs, lâexercice ne se rĂ©sume pas ici aux « cent meilleurs disques », mais bien Ă un large panorama du concept, ici circonscrit Ă une pĂ©riode qui dĂ©marre en 1980 avec le quintessential « Closer » de JOYDIVISION, et qui sâachĂšve pile vingt ans plus tard avec le disque Ă©ponyme de CINEMASTRANGE en 2000. Vingt ans, un parti pris qui correspond Ă un Ăąge dâor crĂ©atif et qui exclut toutefois, Ă raison, les artistes Ă©tiquetĂ©s metal qui ne sont âqueâ influencĂ©s par leurs illustres modĂšles.
Et par-delĂ cette sĂ©lection forcĂ©ment subjective Ă travers laquelle on dĂ©couvre BEAUCOUP de nouvelles entrĂ©es (et quel serait lâintĂ©rĂȘt de ne rien apprendre de neuf sinon de satisfaire la vanitĂ© de ses propres connaissances ???), lâauteur Ă la fois passionnĂ© et Ă©rudit en la matiĂšre dresse une introduction dâune trentaine de pages qui vient dĂ©finir de maniĂšre factuelle et prĂ©cise le concept mĂȘme de Rock Gothique, Ă travers son histoire, ses composantes et ses ingrĂ©dients. Mieux : en guise de conclusion, Victor Provis poursuit plus loin encore son analyse en prĂ©sentant de maniĂšre bien approfondie la dizaine de scĂšnes âfondatricesâ, distinctes et majeures qui composent le courant, du post-punk Ă la dark wave, en passant par le Batcave et le french goth.
Inutile de prĂ©ciser que lâouvrage est une somme et que les pulsions de dĂ©couvertes (et donc dâachats !!!) sautent au dĂ©tour de chaque page, le genre Ă©tant aussi nĂ©buleux que charmeur, chaque artiste ici dĂ©crit Ă©tant dĂ©peint avec un intĂ©rĂȘt contagieux, au point de vouloir, une fois de plus, aller jusquâau bout de cette trĂšs sĂ©rieuse initiation.
Un article à retrouver en intégralité sur Hard Force
Le noir, câest chic ! Les mines tristes, les regards fuyant, des tenues qui Ă©touffent la lumiĂšre, la mort comme point de mire⊠Le gothic rock est un amalgame de clichĂ©s, dâidĂ©es prĂ©conçues qui ont gĂ©nĂ©rĂ©, lors de lâapparition du mouvement dans les annĂ©es 80, moqueries, snobisme, voire une incomprĂ©hension totale de la part des mĂ©dias ainsi que dâune grande partie du public. Pourtant, cette musique possĂšde des codes, des visions artistiques qui, 40 ans plus tard, ont redorĂ© le blason de certains groupes mythiques. Victor Provis, que nous connaissions amoureux du shoegaze, autre style longtemps marginalisĂ© par la presse spĂ©cialisĂ©e, nous fait une dĂ©monstration de tout ce que le gothic rock a de fascinant. [âŠ]
Cette anthologie sâarrĂȘte aux 20 annĂ©es sâĂ©tendant de 1980 Ă 2000. Câest en gros Ă la fin de cette pĂ©riode que la reconnaissance se fait ressentir et que le mouvement commence Ă renaĂźtre de ses cendres. Aujourdâhui, le terme gothic rock nâest plus forcĂ©ment utilisĂ©, trop rĂ©ducteur pour qualifier la musique de ces groupes et lâimmense panache des possibilitĂ©s qui sâen dĂ©tache. La presse parle dĂ©sormais plus de cold wave ou de dark wave pour englober le death rock (Christian death, Community FKâŠ), le positive punk (Virgin prunes, Sex gang childrenâŠ), la scĂšne ayant Ă©manĂ© du Batcave (Alien sex fiend, Flesh for luluâŠ), lâetheral wave (Cocteau twins, Dead can danceâŠ), la scĂšne de Leeds (The sisters of mercy, Red lorry yellow lorryâŠ) etc.
Le post punk, menĂ© par Siouxsie, Joy division, Bauhaus, The cure, aura fait des adeptes et su fĂ©dĂ©rer une communautĂ© de fans solide, ayant perdurĂ© dans le temps. La rĂ©surgence du mouvement et ses ramifications avec le metal, lâindus lui auront donnĂ© la lĂ©gitimitĂ© qui lui a toujours fait dĂ©faut par le passĂ©. Ainsi, lâavenir semble lui tendre les bras ce qui, finalement, nâest que justice.
Victor provis démystifie avec précision et rigueur ce genre musical, nous propose une plongée dans son essence avec une passion communicative. Celle-ci nous donne une seule envie, (ré)écouter les nombreuses références citées afin de nous faire notre propre idée sur le gothic rock. Pari réussi de façon magistrale !
Une chronique à retrouver en intégralité sur Litzic
Est-il encore besoin de prĂ©senter le rock gothique aux lecteurs dâObskĂŒre ? Ce serait presque vous faire un affront. Mais parfois il est bon de se rafraĂźchir la mĂ©moire, revenir sur des disques qui ont marquĂ© notre parcours ou se rendre compte que lâon est passĂ© Ă cĂŽtĂ© de certaines choses. Victor Provis, aprĂšs son livre sur le shoegaze, revient aux bases et sur des disques quâil considĂšre comme des incontournables ou alors qui montrent la diversitĂ© et lâĂ©volution du genre. Lui-mĂȘme sait que le choix a Ă©tĂ© difficile et aprĂšs chaque rĂ©fĂ©rence et chronique de disque, il permet aux lecteurs de continuer la recherche en proposant un autre album dans les mĂȘmes teintes musicales.
Tout dâabord, un peu dâhistoire sâimpose. Les annĂ©es 1978-79 sont primordiales avec Joy Division, Siouxsie & The Banshees et surtout le premier tube goth, âBela Lugosiâs Deadâ de Bauhaus, mĂȘme si lâalbum The Marble Index de Nico fait figure de prĂ©curseur. Lâauteur revient ainsi sur tout ce qui caractĂ©rise le gothique, ce fameux son, avec la basse trĂšs en avant, les guitares stridentes et torturĂ©es, le martĂšlement des rythmes⊠LâatmosphĂšre prime, avec une prĂ©dilection pour les sons graves, sinistres, lâutilisation de nombreux effets de chorus, delay ou reverb. Le gothique nâa peur de rien, ni du lyrisme, ni de la grandiloquence, ni des complaintes lugubres. Le romantisme noir littĂ©raire et cinĂ©matographique se perpĂ©tue au travers de ces groupes post-punk. Les influences sont souvent extra-musicales.
[âŠ]
En lisant ces pages, on sâaperçoit bien vite que la scĂšne a Ă©tĂ© liĂ©e Ă des microcosmes, des labels (Factory, 4AD, Beggars Banquet, LâInvitation au suicide, Independent Project Records, Projekt) et des clubs en particulier (voir les pages passionnantes sur la ville de Leeds). Dix scĂšnes fondatrices sont dĂ©cortiquĂ©es en fin dâouvrage avec les propos des acteurs eux-mĂȘmes (câest sĂ»rement une de mes parties prĂ©fĂ©rĂ©es du livre) : deathrock, positive punk, ethereal wave, darkwave amĂ©ricaine, etc. On apprĂ©ciera aussi le fait que le livre met en avant certaines formations considĂ©rĂ©es comme mineures ou moins importantes que les mastodontes Ă la Bauhaus et fait ressortir tout leur Ă©clat : The Names, The Sound, The Comsat Angels, Certain General, Savage Republic, Red Temple Spirits⊠Au final, une lecture trĂšs agrĂ©able pour les nĂ©ophytes, autant que les initiĂ©s.
Une chronique à retrouver en intégralité sur Obskure