Georges Brassens
Militant anarchiste
Brassens journaliste, Brassens écrivain, Brassens anarchiste !
Si les croquants et croquantes de la France entiĂšre ont chantĂ© Ă tue-tĂȘte les textes dâun des plus cĂ©lĂšbres chanteurs français, peu dâentre eux connaissent son implication au sein du mouvement anarchiste entre 1946 et 1948. Souvent Ă©ludĂ©e par les biographes, cette parenthĂšse politique et littĂ©raire a pourtant façonnĂ© son ĂȘtre et conditionnĂ© toute son Ćuvre. Avant de trimbaler sa pudeur sur les planches des salles de concert, Brassens, qui voulait ĂȘtre poĂšte, a passĂ© la guerre et les annĂ©es qui suivirent Ă dĂ©vorer les Ćuvres de Baudelaire, La Fontaine, Gide, ou Anouilh avant de dĂ©couvrir François Villon, Proudhon ou Bakounine, dont les idĂ©es antiĂ©tatiques, antimilitaristes, et leur dĂ©sir dâĂ©galitĂ© sociale, lui seyaient tout Ă fait. En dĂ©coula une carriĂšre journalistique prolifique pour Le Libertaire, organe de la FĂ©dĂ©ration anarchiste dont il devint le secrĂ©taire de rĂ©daction.
Revue de presse
- Georges Brassens, ce militant anarchiste Midi Libre 22 mars 2022
- Georges Brassens Yves Tassin Jazz Mania 27 mars 2022
- Georges Brassens Guy Donikian La Cause littéraire 28 février 2022
- Georges Brassens France 2 // Basique 4 février 2022
- Georges Brassens Le Mague 30 janvier 2022
- Georges Brassens Thibaut Allemand LM Magazine Janvier 2022
- Interview de Frédéric Bories Sylvain Boulouque Le Monde libertaire Décembre 2021
Intemporel poĂšte et musicien, Brassens fut Ă©galement un militant actif dans le milieu anarchiste dâaprĂšs guerre. AprĂšs sa rencontre avec des anars (Marcel Renot et Armand Robin, qui devinrent de fidĂšles amis), il prĂȘta sa plume, anonymement ou sous de savoureux pseudonymes (GĂ©o CĂ©dille, Charles MalpayĂ©, Charles Brenss, Georges PommierâŠ), dans des « brĂ»lots » tels que « Le libertaire » (dont il fut le secrĂ©taire de rĂ©daction), « Le combat syndicaliste » et « Lâanarchiste ». Il tenta mĂȘme de crĂ©er son propre journal « Le cri des gueux » (avec ses copains Ămile Miramont et AndrĂ© Larue), mais celui-ci ne vit jamais le jour, faute de moyens financiers⊠Sâil fut toute sa vie fidĂšle Ă ses idĂ©aux, Brassens, rĂ©tif Ă toute forme dâautoritĂ©, quitta assez rapidement le militantisme et sa fĂ©dĂ©ration qui louchait un peu trop Ă son goĂ»t vers le communisme, pour pouvoir exprimer ses idĂ©es en toute libertĂ©, Ă travers ses chansons⊠Un art quâil maĂźtrisait Ă la perfection ! A travers cette biographie, FrĂ©dĂ©ric Bories nous propose de remonter aux sources des convictions de Brassens, en relatant son enfance Ă SĂšte, ses premiers boulots, son dĂ©part forcĂ© pour le STO, ses rencontres, et bien sĂ»r son aviditĂ© de littĂ©rature oĂč les grands poĂštes de son panthĂ©on cĂŽtoyaient Proudhon, Bakounine et Kropotkine, dont la lecture a sans lâombre dâun doute forgĂ© son esprit libertaire. AugmentĂ© de photographies et de la reproduction de ses articles publiĂ©s dans la presse anarchiste, ce passionnant document nous dĂ©voile un Brassens profondĂ©ment humaniste qui affirmait que « Lâanarchisme, ce nâest pas seulement de la rĂ©volte, câest plutĂŽt lâamour des hommes ». Un Brassens que son ami RenĂ© Fallet avait dĂ©crit avec les mots les plus justes qui soient : « La voix de ce gars est une chose rare qui perce les coassements de toutes ces grenouilles du disque et dâailleurs. Une voix en forme de drapeau noir, de coups de poing sur le kĂ©pi, une voix qui va Ă la bagarre et Ă la chasse aux papillons. Tant que les gorilles violeront les juges, Georges Brassens sera lui-mĂȘme ». Ce quâil a Ă©tĂ©, jusquâĂ son dernier souffle⊠Quel bonhomme !!!
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Ce mardi 19 mars, FrĂ©dĂ©ric Bories a investi la librairie Fanet Ă PĂ©zenas pour dĂ©dicacer son ouvrage âGeorges Brassens, Militant anarchisteâ. Cette Ćuvre permet au lecteur de ne pas oublier cet indĂ©crottable anarchiste que fut Georges Brassens. Il a noircit des pages et des pages dans Le Libertaire, organe de la fĂ©dĂ©ration anarchiste dont il fut le secrĂ©taire de rĂ©daction. FrĂ©dĂ©ric Bories sâemploie Ă commenter et restituer ses articles dans leur Ă©poque (1946-1948), un Ăąge dâor oĂč se croisent, dans les colonnes de LĂ©o FerrĂ©, AndrĂ© Breton, Armand Robin ou encore Albert Camus. Ainsi, Ă travers la plume de Brassens en fil rouge, câest toute une histoire du mouvement anarchiste de lâimmĂ©diat aprĂšs-guerre qui se dessine sous nos yeux et lâinfluence de celui-ci sur la vie et lâĆuvre de lâartiste. Un Ă©clairage pertinent et stimulant !
AprĂšs une parenthĂšse sur les annĂ©es de jeunesse passĂ©es Ă SĂšte, le biographe se concentre ici essentiellement sur une courte pĂ©riode de la vie de Brassens, soit les annĂ©es de fin de guerre ou qui ont suivi immĂ©diatement la fin de la 2iĂšme guerre mondiale. Epoque Ă laquelle lâhomme (pourtant si pudique et discret) se dĂ©clare ouvertement anarchiste, au point de devenir un permanent du journal du mouvement (Le Libertaire) et un personnage important de la FĂ©dĂ©ration anarchiste. FrĂ©dĂ©ric Bories analyse cette pĂ©riode minutieusement, pour en dĂ©gager les raisons qui amĂšneront dâautres biographes Ă se pencher quant Ă eux sur la vie de Brassens, le parolier / musicienâŠ
Car, et on le comprend vite, Brassens ne se destinait pas Ă une vie de chanteur⊠Le show-business, trĂšs peu pour lui, qui prĂ©fĂ©rait vivre dans lâombre, Ă lire (et relire) Jean de La Fontaine, François Villon, Hugo, et tant dâautres. A dĂ©faut de manger Ă sa faim (on retrace ici ces annĂ©es de guerre durant lesquelles il trouve refuge chez Jeanne et Marcel pour Ă©chapper Ă la Gestapo et aux travaux forcĂ©s), Brassens dĂ©vore de la littĂ©rature et sâintĂ©resse au mouvement anarchiste parisien avec lequel il partage ses idĂ©es (la haine de tout pouvoir en particulier). En dĂ©couleront au fil du temps quelques textes que lâHistoire de la chanson retiendra : « La tondue », « Jeanne », « Chanson pour lâAuvergnat », ⊠Car Brassens sâen rend vite compte : « Je ne pense pas ĂȘtre un poĂšte⊠Un poĂšte, ça vole plus haut que moi ! ». Pour vivre de ses mots, il devra les mettre en musique, lui qui admire sans limite Django Reinhardt⊠Mais ça, câest une autre histoire, que vous lirez dans dâautres biographiesâŠ
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Chacun ou presque a en tĂȘte un vers, voire une strophe dâune chanson de lâenfant de SĂšte oĂč il vit le jour en 1921. Mais qui sait ce qui est Ă lâorigine des textes de ses chansons, dont on saisit plus ou moins confusĂ©ment un engagement liĂ© Ă des convictions dont lâauteur nâuse jamais pour une morale quelconque quâil a toujours rĂ©prouvĂ©e, mĂȘme sâil Ă©tait un admirateur de La Fontaine ?
FrĂ©dĂ©ric Bories a consacrĂ© son ouvrage Ă retracer dans le dĂ©tail les annĂ©es, entre 1946 et 1948, que Brassens a consacrĂ©es Ă lâanarchisme, parce que câest lĂ , selon lâauteur, que se situent les Ă©lĂ©ments qui vont conditionner toute son Ćuvre, et au-delĂ , sa vie, une aprĂšs-guerre vĂ©cue dans la pauvretĂ©, avec le strict nĂ©cessaire matĂ©riel pour vivre, pas de superflu donc, mais une aviditĂ© intellectuelle qui lui fera dĂ©vorer littĂ©rature et philosophie. [âŠ]
FrĂ©dĂ©ric Bories a menĂ© lĂ une vĂ©ritable enquĂȘte en fouillant dans nombre dâarchives pour retrouver les premiĂšres traces de ce qui fera de Brassens ce chanteur singulier, puisquâil nâa pas dâĂ©quivalent quant Ă lâĂ©criture et la musique dont on dit trop peu la richesse. Avant de proposer au public une chanson, Brassens « essayait » plusieurs mĂ©lodies pour tester la justesse de celle qui mettra le plus en valeur ses textes.
Le refus de toute violence, de toute autoritĂ©, le respect dâautrui, lâamour des mots, sont au cĆur de toute son Ćuvre, et lâaccent mis sur lâanarchie individualiste dans cet ouvrage en est le mĂ©rite, tant il est vrai que nous sommes aujourdâhui Ă des annĂ©es lumiĂšre de ce courant de pensĂ©e.
Retrouvez la chronique en intégralité sur La Cause littéraire
Les essentiels de Basique sur France 2 conseillent le livre de Frédéric Bories, Georges Brassens, Militant anarchiste !
Pour le centenaire de la naissance de Brassens, qui pouvait depuis Marseille et avec tant de brio, nous conter le Brassens militant anarchiste, si ce nâest FrĂ©dĂ©ric Bories dans son ouvrage ! Cette thĂ©matique Ă©tait par trop souvent gommĂ©e pour ne garder que le Georges goguenard et pĂšre pĂ©nard. Coquin de sort, Ă croire que par cet ouvrage, il nâest pas mort. On dĂ©couvre un autre Brassens dâune incommensurable culture littĂ©raire. Lui qui fit son Ă©cole buissonniĂšre Ă travers les Villon et poĂštes de travers. Lui qui libre pensa entre les ouvrages de Proudhon, Bakounine⊠Il devint mĂȘme secrĂ©taire de rĂ©daction, en tant que journaliste autodidacte, Ă lâhumour pinçant dans ses rubriques Ă dĂ©mystifier les passant honnĂȘtes, dans les colonnes du Libertaire, organe de la fĂ©dĂ©ration anarchiste. Toute cette verve riche, on la retrouva dans ses chansons lĂ©chĂ©es dans une langue vivante et revigorante. Etait nĂ© le Georges Brassens que lâon croisa sur les planches oĂč lors des diffĂ©rents meeting de soutien aux mouvements libertaires et antimilitaristes de son temps, Il ne renia jamais ses idĂ©es, âMourons pour des idĂ©es, dâaccord, mais de mort lente ». [âŠ]
Outre la grande richesse de cet ouvrage de nous faire dĂ©couvrir toutes les facettes de Georges Brassens Ă la fois journaliste Ă©crivain, poĂšte en verve, vu de lâintĂ©rieur du militant anarchiste individualiste quâil a toujours Ă©tĂ©, son auteur FrĂ©dĂ©ric Bories nous prouve quâil maĂźtrise parfaitement son sujet. Dans la toute derniĂšre partie du livre, il nous livre un prĂ©cis historique du mouvement anarchiste du temps de Brassens qui complĂšte parfaitement ses propos antĂ©rieurs et les enrichit. Il ne faut pas oublier quâil est enseignant Ă Marseille et issu du CIRA Centre international de recherche sur lâanarchisme. Ceci expliquant sans doute cela et son travail acharnĂ© de mĂ©moire. Chapeau bas, lâartiste et un Ă©norme merci pour son Ă©clairage qui manquait cruellement dans le paysage autour de la figure de Georges Brassens militant anarchiste.
Une chronique à retrouver en intégralité sur Le Mague
On lâoublie parfois, mais Georges Brassens fut un indĂ©crottable anarchiste. La preuve : il noircit des pages et des pages dans Le Libertaire, organe de la FĂ©dĂ©ration anarchiste dont il fut secrĂ©taire de rĂ©daction. Bien plus quâune bĂȘte compilation des Ă©crits du SĂ©tois, F. Bories sâemploie Ă commenter et resituer ses articles dans leur Ă©poque (1946-1948) â un Ăąge dâor oĂč se croisent, dans ces colonnes, LĂ©o FerrĂ©, AndrĂ© Breton,
Armand Robin ou encore Albert Camus. Ainsi, Ă travers la plume de Brassens en fil rouge, câest toute une histoire du mouvement anarchiste de lâimmĂ©diat aprĂšs-guerre qui se dessine sous nos yeux â et lâinfluence de celui-ci sur la vie et lâĆuvre de lâartiste. Un Ă©clairage pertinent et stimulant, nom dâune pipe !
Une chronique Ă retrouver dans LM Magazine
Frédéric Bories est enseignant et un des archivistes du Centre International de Recherches
sur lâAnarchisme de Marseille. Il publie prochainement (dĂ©but janvier) une biographie du Georges Brassens anarchiste revenant sur la pĂ©riode de militantisme actif et sur ses amitiĂ©s libertaires.
Tu prĂ©sentes les annĂ©es de formation du Brassens libertaire. Il semble quâil y ait eu une intense activitĂ© de lecture des textes fondateurs de lâanarchisme.
FrĂ©dĂ©ric Bories : Durant la Seconde Guerre mondiale Ă Paris, Brassens reclus chez sa tante puis chez Jeanne et Marcel Planche, parcourt la littĂ©rature. Il y fait ses humanitĂ©s et dĂ©couvre largement les auteurs. Certains dâentre eux le marquent particuliĂšrement. Il lit des auteurs trĂšs connus comme Victor Hugo, AndrĂ© Gide⊠dâautres moins connus comme Claude Tillier et son roman Mon Oncle Benjamin, Charles-Louis Philippe⊠Il Ă©tudie les poĂštes, surtout les symbolistes et les poĂštes maudits : Baudelaire, MallarmĂ© et François Villon quâil considĂ©rera comme le premier des anarchistes.
Brassens lit aussi les philosophes : J.J. Rousseau et surtout Voltaire puis il est amenĂ© Ă frĂ©quenter certains thĂ©oriciens anarchistes : Pierre-Joseph Proudhon, Pierre Kropotkine et MikhaĂŻl Bakounine. Il nâa peut-ĂȘtre pas eu une intense lecture anarchiste mais il y dĂ©couvre des valeurs quâil porte en lui. Une sorte dâattachement viscĂ©ral Ă la libertĂ©, ainsi quâune rage profonde quand les hommes veulent imposer quelque chose Ă dâautres hommes. Ils sont anti-Ă©tatistes, ils ne sont pas partisans de lâarmĂ©e, ils revendiquent lâĂ©galitĂ© sociale et non lâexploitation de lâhomme, ils sont partisans dâune certaine indĂ©pendance de lâindividu en face de la sociĂ©tĂ©, et ça lui convient tout Ă fait. [âŠ]
Lâinterview en intĂ©gralitĂ© est Ă lire dans Le Monde libertaire.