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Parution : 17/04/2026
ISBN : 9782384318476
208 pages (148 x 210)

20 €

Funk !

Une sélection en 100 albums

De James Brown Ă  Bruno Mars, une anthologie pour dĂ©couvrir l’histoire et la diversitĂ© du funk.

Belkacem Meziane chronique avec dextérité toutes les nuances des grands et des moins grands : chaque album est raconté et détaillé avec son image de couverture, mais aussi son environnement et ses satellites à écouter. Un bain de Funk ! De sueurs froides ou chaudes, aimées ou dansées.

Jean Rouzaud – Nova

En 1967, James Brown sort « Cold Sweat », un titre que la plupart des historiens de la musique noire reconnaissent comme l’acte de naissance du funk. Il rĂ©volutionne la soul en basant sa musique sur le rythme et son groove sur le premier temps de la mesure, le fameux « One », inaugurant un nouveau style plus dansant. Au-delĂ  de la soul, le funk puise dans tous les styles dominants et influencera lui aussi ceux Ă  venir tels que le hip-hop ou la house. Nombreux sont les musiciens qui participent Ă  son essor – Sly Stone, Funkadelic, Kool & The Gang, Stevie Wonder –, Ă  son anoblissement – Miles Davis, Herbie Hancock –, Ă  sa complexification – George Clinton, Cameo – et Ă  sa domination des charts – Michael Jackson, Prince. Cette anthologie mise Ă  jour explore l’univers protĂ©iforme du funk et dessine une histoire qui s’écrit encore avec Bruno Mars, Justin Timberlake ou Daft Punk.

Revue de presse

- JM : Funk ! Une sélection en 100 albums Yves Tassin JazzMania 03 mai 2026
- retour sur la carriÚre de Jamiroquai, groupe révolutionnaire Laurent Hakim France 3 // 12-13 National 20 janvier 2022
- On the One! Frédéric Gangneux KR Home Studio novembre 2019
- Interview croisĂ©e – Meziane & RogĂšs Arnold Pijot Benzine Mag 25 octobre 2019
- On the One! Jean-Christophe Mary Paris Capitale 11 mars 2020
- À voir, Ă  lire
 Nicolas Aguirre TĂ©lĂ© Star Jeux Ă©tĂ© 2019
- On the one! la bande-son funk de l’étĂ© Sylvain Bonnet Boojum l'animal littĂ©raire 24 juillet 2019
- On the One! Noé Gaillard Daily Passions 3 août 2019
- Belkacem Meziane, On The One !, L’Histoire du Funk en 100 Albums Alexandre Gimenez-Fauvety section26 19 juillet 2019
- Tu ne serais pas un peu Funk par hasard? Jean Rouzaud Nova 17 juillet 2019
- L'histoire du funk en 100 albums Jean-Marc Pinson Ouest-France 8 juillet 2019
- La machine Ă  tubes Quincy Jones Laurent Hakim France 2 // 20h 22 juin 2019
- Le funk selon Belkacem Meziane Serge Hartmann Les DerniĂšres Nouvelles d'Alsace 17 juin 2019
- On the One! Christine Le Garrec Arts et essais ! 26 mai 2019
- On The One! Nicolas Teurnier Soul Bag 20 mai 2019

- JM : Funk ! Une sélection en 100 albums

Qu’attendre d’un tel ouvrage ? Plein de choses en vĂ©ritĂ©. Les quarante premiĂšres pages nous situent le contexte. Comment en sommes-nous arrivĂ©s lĂ  (la demande du public, les intĂ©rĂȘts financiers pour les labels
) ? Belkacem Meziane retrace pour nous le chemin, du jazz et du blues au funk, avec des Ă©tapes intermĂ©diaires du cĂŽtĂ© du rhythm’n’blues, du doo-wop et de la soul. Des chemins empruntĂ©s parfois sans raccourcis par James Brown, George Clinton ou encore Sly Stone. Quarante pages d’une histoire qu’il jalonne au grĂ© de ses envies de nombreuses suggestions d’écoute. Dans ce contexte, impossible de ne pas se dĂ©connecter des parasites extĂ©rieurs. Vous entrez dans cette bulle funk, vous vous y trouvez comme un poisson dans l’eau et vous ne la quittez qu’en fin de lecture, en ayant notĂ© sur toute feuille volante situĂ©e Ă  votre portĂ©e, les rĂ©fĂ©rences de disques qui vous avaient Ă©chappĂ©s jusqu’alors. Car bien Ă©videmment, les « classiques » s’y trouvent, rangĂ©s par ordre chronologique, Ă  partir de 1968 (Sly & the Family Stone, The Temptations, Prince, James Brown, George Clinton sous toutes ses formes, etc. etc.). Mais il y a aussi des noms moins connus, des dĂ©couvertes qui concernent notamment ceux qui ont poursuivi le mouvement ou qui l’ont fait revivre, alors que le funk ne se trouvait plus dans sa pĂ©riode de gloire, disons Ă  partir du milieu des annĂ©es quatre-vingt (Trombone Shorty, DJ Quik, Tuxedo
). Des livres comme ceux-lĂ  sont d’une importance capitale pour les aficionados d’un genre musical en particulier, mais plus encore pour ceux qui souhaitent le dĂ©couvrir. Elan passionnel assurĂ© !

Pour lire la chronique

Yves Tassin
JazzMania 03 mai 2026

- retour sur la carriÚre de Jamiroquai, groupe révolutionnaire

Jamiroquai est le groupe qui a relancĂ© il y a 25 ans la musique funk, en la mĂȘlant Ă  de la pop, du disco, et mĂȘme de l’électro. À l’occasion de cet anniversaire, son album emblĂ©matique ressort.
Jamiroquai et son chanteur au chapeau improbable ont redonnĂ© un coup de jeune au disco et au funk. Avec des rĂ©fĂ©rences comme le groupe Chic ou encore la reine du disco Donna Summer, le groupe a vite trouvĂ© sa recette. “Le hip pop (
) a remis au goĂ»t du jour les reprises, les sonoritĂ©s aussi avec des instruments un peu oubliĂ©s. Jamiroquai a Ă©tĂ© l’un des principaux artisans de ce retour au funk”, raconte Belkacem MĂ©ziane, auteur de “On the One : l’histoire du Funk en 100 albums”.

Un leader visionnaire au style inimitable

Dans son premier succĂšs en 1993, le chanteur du groupe, Jay Kay, visonnaire, parle d’une terre martyrisĂ©e par les hommes. Il impose son style et dĂ©nonce un monde un peu fou avec son titre Virtual insanity en 1996, un funk langoureux. Le chanteur n’a plus rien sorti depuis cinq ans, mais son passage en studio cet hiver cache peut-ĂȘtre de nouvelles ambiances disco.

Revoir l’émission sur France 3

Laurent Hakim
France 3 // 12-13 National 20 janvier 2022

- On the One!

À la diffĂ©rence du rock ou du jazz, les ouvrages sur le funk ne font pas profusion. Le journaliste,
enseignant et musicien Belkacem Meziane remĂ©die Ă  cette carence avec On the One ! Quel curieux titre ! Mais le « One » est l’essence mĂȘme du funk, il rĂ©volutionne la soul en basant sa musique sur le rythme, et son groove sur le premier temps de la mesure, le fameux « One ». Ce livre est un beau panorama musical du titre « Cold Sweat » de James Brown (1967) reconnu comme acte de naissance du funk, de son essor (Sly Stone, Funkadelic, Stevie Wonder) Ă  son anoblissement (Miles Davis, Herbie Hancock), Ă  sa complexification (George Clinton, Cameo) et Ă  sa domination des charts (Michael Jackson, Prince). Une belle histoire qui s’écrit encore


Frédéric Gangneux
KR Home Studio novembre 2019

- Interview croisĂ©e – Meziane & RogĂšs

2 livres et 199 albums pour redécouvrir la Soul et le Funk

La plupart des gens ont toujours eu tendance Ă  dĂ©signer simplement comme Soul/Funk les musiques afro-amĂ©ricaines dont l’intensitĂ© vocale ou les rythmes groovy nous ramenait Ă  une Ă©poque sans smartphone et dans laquelle la musique Ă©tait un vrai mode de communication. Ces deux cousins germains issus du mĂȘme arbre gĂ©nĂ©alogique que sont la Soul et le Funk ont pourtant deux identitĂ©s distinctes dont les histoires ont commencĂ©es de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique il y a plus de 50 ans et continuent de s’écrire en 2019 grĂące Ă  des artistes comme Lee Fields, Cody Chesnutt, Raphael

Pour rĂ©sumer on peut dire qu’au dĂ©but Ă©tait le Gospel, le Blues, le Jazz, le Rythm’n’ Blues, des musiques du cƓur et de l’ñme, servant Ă  exprimer les malheurs, puis les revendications du peuple noir au sein d’une AmĂ©rique blanche pas encore prĂȘte Ă  partager ses richesses. Au fil du temps ces musiques se sont popularisĂ©es grĂące au travail de nombreux et souvent Ă©phĂ©mĂšres labels rĂ©gionaux qui les ont encadrĂ©es et propulsĂ©es dans les charts US, certains de ces labels rĂ©ussissant mĂȘme Ă  avoir une ampleur nationale, puis internationale comme Motown, Stax ou Atlantic. Le peuple afro-amĂ©ricain s’est ainsi trouvĂ© de nouveaux hĂ©ros pour accompagner leurs revendications politiques et sociales avec des artistes revisitant sans cesse leur musique pour la faire Ă©voluer au grĂ© des Ă©poques jusqu’à nos jours et pour encore certainement trĂšs longtemps.

Le premier de ces ouvrages est Move On Up – La Soul en 100 disques de Nicolas RogĂšs, un jeune auteur fan de Hip-Hop et qui est venu Ă  la Soul Ă  travers les samples des rappeurs US. PassionnĂ© par ce qu’il dĂ©couvre il se met Ă  Ă©crire des chroniques musicales sur les sites Neo Boto, Buggin, Fonkadelica
 Il a une approche trĂšs axĂ©e sur l’aspect historique, avec notamment 80 pages d’introduction ou il est question de singles, de labels, de producteurs, de talents, de succĂšs, de faillites et de l’envers du dĂ©cor de la scĂšne Soul AmĂ©ricaine.

Le second ouvrage est On The One – L’Histoire du Funk en 100 albums de Belkacem Meziane, un saxophoniste professionnel, confĂ©rencier (Les ConfĂ©rences Musicales de Belkacem), chroniqueur pour le magazine Soul Bag et la New Morning Radio et qui a une approche un peu plus technique et une admiration pour les nombreux musiciens renommĂ©s, mais aussi ceux cachĂ©s dans l’ombre des gĂ©ants et qui ont tous contribuĂ© Ă  faire vivre le Funk.

On y apprend beaucoup d’anecdotes comme par exemple que dans les annĂ©es 60 le jeune Jimi Hendrix a jouĂ© avec les Isley Brothers, Ike Turner, 
 avant de quitter les USA pour Londres et d’y connaitre le succĂšs que l’on connait, et ce quelques annĂ©es avant qu’Eric Burdon, le leader du groupe blues/rock anglais The Animals fasse le chemin inverse pour une nouvelle vie musicale en cofondant le groupe de funk WAR.

On y dĂ©couvrira l’histoire des Supremes avant l’éclosion de Diana Ross, des Temptations, d’Otis Redding, Sam Cooke, Aretha Franklin, Barry White, Ray Charles, Donny Hathaway, Marvin gaye, Earth Wind &Fire, Isaac Hayes, George Clinton, James Brown, la grande famille Jackson, Prince 


Tous ces artistes sont prĂ©sentĂ©s Ă  travers une sĂ©lection de 100 disques. L’histoire de chaque album est racontĂ©e et l’on vous propose Ă  la fin d’autres artistes ou albums proches stylistiquement.

C’est une vraie mine d’or pour tous les amateurs avides de connaissance musicale, et mĂȘme si vous pensez en savoir dĂ©jĂ  beaucoup, vous en apprendrez encore plus.

Plusieurs chanteurs ou groupes figurent dans les 2 livres, et ils ont mĂȘme 1 album en commun, preuve de la proximitĂ© de ces 2 styles musicaux. Mais pour savoir lequel il vous faudra les lire car comme dans tout bon livre il faut aller au bout pour en comprendre correctement l’histoire.
Et comme la musique est aussi une histoire de partage, on a eu l’occasion de rĂ©unir les 2 auteurs, Nicolas RogĂšs et Belkacem Meziane, pour leur poser quelques questions :

BENZINE : Pour commencer une question simple : qu’est-ce qui diffĂ©rencie la Soul du Funk ?

Nicolas RogĂšs : Franchement c’est une question difficile. D’ailleurs, Belkacem et moi avons quelques artistes en commun dans notre sĂ©lection d’albums. Plusieurs fois quand j’écrivais le bouquin je me suis demandĂ© si l’album que je souhaitais inclure Ă©tait de la Soul ou du Funk. Notamment quand j’ai voulu mettre un album de Sharon Jones & The Dap Kings. J’ai choisi 100 Days, 100 Nights car il y avait selon moi une plus grande emphase sur les parties vocales, et moins sur le rythme.
Les frontiĂšres sont trĂšs minces pour beaucoup de personnes, d’ailleurs quand tu vas chez un disquaire il y a souvent un rayon Funk/Soul et pas des rayons sĂ©parĂ©s. AprĂšs on en revient toujours aux mĂȘmes dĂ©bats selon moi, on aime souvent coller des Ă©tiquettes aux chansons que l’on Ă©coute. Si l’on va par-lĂ , la Soul n’existe pas en tant que genre musical d’ailleurs. C’est quelque chose qui est nĂ© d’un contexte social et pas vraiment d’un mouvement sonore. C’est un terme indĂ©finissable, presque symbolique.

Comment le diffĂ©rencier d’un autre genre musical dans ce contexte ?

Ça me fait penser Ă  une discussion que j’ai eue avec un gars qui travaille sur un documentaire sur Marvin Gaye et le procĂšs qui a opposĂ© ses ayants-droits avec Pharrell Williams et Robin Thicke qui ont repris les Ă©lĂ©ments de Got To Give It Up pour faire Blurred Lines. Pour lui le cƓur du procĂšs rĂ©sidait dans le fait que Marvin Ă©tait un monstre sacrĂ© d’un genre sacrĂ©, la Soul, une musique indĂ©finissable et donc intouchable. J’ai trouvĂ© cela hyper intĂ©ressant comme maniĂšre de voir les choses. Pour moi la diffĂ©rence entre la Soul et le Funk est donc une question de feeling, de voix qui s’opposent Ă  un rythme plus brut et rudimentaire.

Belkacem Meziane : Déjà la Soul et le Funk se distinguent historiquement car la Soul a précédé le Funk de presque 10 ans. Elle est la fille du R&B originel et du Gospel avec des touches de Country. Le Funk arrive ensuite avec ce bagage auquel il ajoute le Jazz avec une part de Rock indéniable.
Ensuite ce sont dans les termes, la Soul c’est l’ñme donc un terme religieux qui correspond bien Ă  l’époque ou la religion aide le combat politique. Le Funk lui est un terme « vulgaire » qui renvoie au sexe et donc plus en lien avec le Blues et la musique du diable !
La Soul se conçoit en chansons et le funk en termes de groove, de rythme, d’interactions qui rappellent les improvisations du Jazz.
La frontiĂšre est mince pour certains artistes, mais elle est trĂšs claire pour d’autres. Mais tous utilisent le background musical historique du Blues et du Gospel pour Ă©voluer.
En termes de business la Soul a Ă©tĂ© créée par des labels avec une identitĂ© et un son comme Motown ou Stax. Le Funk est plus liĂ© Ă  des individualitĂ©s fortes ou des logiques de groupes. La Soul a pour intention de charmer l’oreille et le cƓur, alors que le Funk a clairement pour objectif de faire danser et a aussi une dominante sexuelle forte. Mais comme l’a dit Nicolas, la frontiĂšre est parfois difficile Ă  trouver, en tous cas pour les 70’s.

Nicolas : Je suis d’accord avec Belkacem, mais quand tu prends certains albums de Stax considĂ©rĂ©s quasiment tous comme de la Soul, tu as cette alliance entre voix Gospel, R&B originel trĂšs influencĂ© par le Blues, et mise en avant du rythme avec improvisations 
 Pour moi c’est l’exemple que Soul et Funk se mĂ©langent parfois tellement qu’il peut ĂȘtre compliquĂ© de dire qu’il y a des scissions Ă©videntes de style.

Comme beaucoup de gens nĂ©s dans les annĂ©es 70, j’ai grandi au son d’Earth Wind & Fire, Kool & The Gang, Barry White, Rick James 
 mais mon premier vrai coup de cƓur ce fut aprĂšs avoir entendu Candi Staton. Et vous qui est-ce qui vous a fait devenir accro Ă  cet univers ?

Nicolas : NĂ© en 1991, la musique de ma gĂ©nĂ©ration est le Rap, et j’ai commencĂ© par Ă©couter sans me poser de questions. Mon pĂšre Ă©tant un grand amateur de musique, il Ă©coutait plein de choses chez moi, mais n’a jamais accrochĂ© au Rap. Il me faisait toujours dĂ©couvrir de nouveaux artistes, la plupart liĂ©s au Rock, jusqu’au jour oĂč il m’a donnĂ© une compilation d’Otis Redding. Je devais avoir 12/13 ans. Je me souviendrai toute ma vie de la premiĂšre fois que j’ai entendu cette voix incroyable sortir des enceintes. Cela a changĂ© ma vie, je crois que je n’avais rien entendu de semblable. A partir de ce moment-lĂ  j’ai Ă©tĂ© obsĂ©dĂ© par la Soul, et tout ce qui se rapproche de la Soul Sudiste plus particuliĂšrement.

Belkacem : Alors moi je suis vieux, je suis nĂ© en 1974 ! J’ai grandi en banlieue parisienne dans une famille d’origine maghrĂ©bine et la musique que tout le monde Ă©coutait Ă©tait le Funk, la Soul, donc Barry White, James Brown et tous ceux que tu cites. DĂšs l’ñge de 6/7 ans ces noms m’étaient familiers mais bien sĂ»r en grandissant j’ai dĂ©couvert beaucoup d’artistes majeurs qu’on Ă©coutait moins. Par contre moi c’est Prince qui a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de ma curiositĂ© et c’est grĂące Ă  lui que je suis arrivĂ© Ă  Jimi Hendrix, George Clinton, Sly Stone ou Miles Davis.

Vous vous souvenez du premier disque acheté avec votre propre argent ?

Nicolas : Mon premier disque ça doit ĂȘtre Nellyville du rappeur Nelly. On peut le considĂ©rer comme has-been aujourd’hui mais je ne renierai jamais ça dans la mesure oĂč cela m’a permis de dĂ©couvrir le Rap, qui m’a amenĂ© ensuite Ă  la Soul. En Soul il me semble que ce devait ĂȘtre Otis Blue d’Otis Redding. C’est vraiment le chanteur de Soul avec qui tout a dĂ©butĂ© pour moi.

Belkacem : Moi j’avais achetĂ© des maxi du label Prelude dans un magasin qui les soldaient 10 francs, et c’était avec mes premiers deniers gagnĂ©s au marchĂ© (j’avais 13/14 ans). C’est au mĂȘme moment que j’ai achetĂ© Parade de Prince, vers 1986/87, car j’étais dĂ©jĂ  tombĂ© malade de sa musique.

On entend souvent parler de groove, Belkacem, toi le musicien, tu peux nous expliquer ce que c’est que le groove ?

Belkacem : Le groove c’est l’imbrication entre des Ă©lĂ©ments rythmiques, mĂ©lodiques et harmoniques, c’est-Ă -dire des cellules rĂ©pĂ©tĂ©es qui prennent leur place dans une organisation rationnelle Ă  la base, et qui Ă©chappent ensuite Ă  cette rationalitĂ© quand ce sont des humains qui les reproduisent en live. Le groove c’est la force qui fait avancer un morceau et qui rĂ©unit les musiciens. On part d’une boucle rĂ©pĂ©titive et celle-ci se transforme en vĂ©ritable discussion qui dĂ©bouche sur l’envie de danser. On peut ajouter que le groove ne concerne pas que le Funk, AC/DC, Led Zeppelin, Red Hot Chili Peppers, Nerd, Bruno Mars 
, tout cela groove aussi, et dans la Soul pas besoin de prĂ©ciser que les MG’s, les Funk Brothers ou les Meters groovent Ă  mort !

Quel artiste ou groupe français actuel perpétue selon vous le mieux cet esprit du groove ?

Belkacem : Depuis les annĂ©es 90 toute la scĂšne qui gravite autour de la Malka Family et Juan Rozoff sont les dĂ©tenteurs de ce groove. GrĂ©ements de Fortune, Horndogz
 mais aussi des groupes comme Electro Deluxe, Headbangers, Headshakers, Soyouzz, Big Hustle, Hocus Pocus, Malted Milk 
 dans des inspirations plus Jazz, Blues ou Hip-Hop en sont les garants français actuels.

Nicolas : J’ai beaucoup aimĂ© le dernier disque des Malted Milk, je trouve qu’ils arrivent Ă  mĂ©langer plein d’influences et c’est super sympa. Electro Deluxe fait des trucs trĂšs cool aussi, mĂȘme si je n’écoute pas beaucoup. Sinon j’ai dĂ©couvert Ă  MontrĂ©al un groupe francophone excellent, The Brooks, que je vous invite Ă  dĂ©couvrir si vous ne connaissez pas.
Je profite du sujet pour mettre en avant le travail de Fabrice Garcia au Saint-Paul Soul Jazz Festival dans la petite ville de Saint-Paul, qui monte tous les ans un festival absolument gĂ©nial de Soul/Funk/Gospel et qui invite rĂ©guliĂšrement des artistes français. Son festival s’est imposĂ© comme une rĂ©fĂ©rence mondiale et c’est le fruit d’un travail passionnĂ© qu’il faut mettre en avant pour faire rayonner la scĂšne Soul/Funk de chez nous.

Nicolas, tu es venu à la soul à travers les artistes de hip-hop qui puisaient dans ce vivier musical pour concevoir leurs musiques, tu aurais dans ta sélection de 100 albums des morceaux à nous citer qui ont servi à fabriquer des tubes hip-hop ?

Nicolas : Instinctivement je pense Ă  Share What You Got, Keep What You Need des Modulations et qui a Ă©tĂ© samplĂ© par Common sur It’s Your World. A Is It Because I’m Black de Syl Johnson qui a servi au Hollow Bones du Wu Tang Clan, Ă  Move On Up de Curtis Mayfield qui a Ă©tĂ© samplĂ© par Kanye West sur Touch The Sky, Ă  Inner City Blues de Marvin Gaye samplĂ© par The D.O.C sur The Formula

La musique noire ne cesse de s’auto alimenter, c’est beau Ă  voir et ça permet Ă  un genre comme la Soul d’accĂ©der Ă  une forme d’éternitĂ©, et Ă  des gĂ©nĂ©rations diffĂ©rentes de la dĂ©couvrir Ă  chaque fois sous des formes diffĂ©rentes. Des groupes de Rap de la CĂŽte Est des annĂ©es 90 doivent beaucoup Ă  la Soul. Un gars comme RZA et plus rĂ©cemment Kanye West, deux grands artistes, ont basĂ© leurs dĂ©buts de carriĂšre sur des samples obscurs de Soul et continuent d’en utiliser.

On se rend compte Ă  la lecture de vos livres que le jazz, le blues, le rock et mĂȘme la pop et le psychĂ©dĂ©lisme ont eu une influence importante sur la soul et le funk. Selon vous quelle influence la soul et le funk ont sur les musiques actuelles ?

Nicolas : RĂ©cemment, on a vu l’émergence d’artistes comme Bryson Tiller, Summer Walker, Mahalia, Jorja Smith
, ils font une musique assez diffĂ©rentes de celles des Chris Brown, Tyrese, Tank, Avant, R.Kelly et autres tauliers de la scĂšne R&B contemporaine. Ils reviennent Ă  un son plus organique, simplifiĂ©, avec une vraie mise en avant des parties vocales qui rappelle la Soul des annĂ©es 60, comme un retour vers les origines. C’est intĂ©ressant Ă  voir je trouve, on ressent clairement l’influence d’une Soul dĂ©pouillĂ©e.
De mĂȘme dans la scĂšne Rap underground des environs de New York, Ă  Buffalo, des gars comme Conway ou Westside Gunn qui ont un sacrĂ© buzz en ce moment basent quasiment tous leurs sons sur des boucles de Soul. C’est le socle de leur musique et c’est beau de voir qu’elle a Ă©normĂ©ment de succĂšs, ça montre que la Soul peut servir de point de dĂ©part Ă  des genres totalement diffĂ©rents, sans sonner anachronique. Roc Marciano fait beaucoup ça aussi.

Belkacem : Alors par rapport au Funk, on peut dire qu’il a accompagnĂ© l’évolution de la Dance Music, et reste une source primordiale. Disco, House, New Jack Swing, R&B, Dance, Hip-Hop, Electro, French Touch
, toutes ces musiques ont un ancrage fort dans le Funk. Le sample a Ă©tĂ© trĂšs important dans le Hip-Hop et Zapp, George Clinton ou Kool & The Gang ont fourni la majoritĂ© des samples du Hip-Hop Ă  une Ă©poque, sans compter James Brown. Le Funk est vivant dans les carriĂšres d’artistes aussi diffĂ©rents que Janelle Monae, Justin Timberlake ou Pharell Williams.

Quel est votre album soul/funk coup de cƓur de 2019 ?

Nicolas : J’ai bien aimĂ© Green Balloon de Tank & The Bangas, l’album n’est pas parfait mais il part dans tous les sens comme un patchwork de 100 ans de musique noire. C’est dĂ©lirant, parfois profond, et en concert c’est hallucinant. J’adore leur Ă©nergie, et cela se retranscrit sur disque, c’est trĂšs divertissant et bien foutu.

Belkacem : Moi j’ai bien aimĂ© Made In Pieces de Pieces Of A Man, un cĂŽtĂ© Nu-Soul Electro avec une nostalgie Soul 70’s Ă©vidente.

Nicolas : Black Pumas m’a aussi mis une Ă©norme claque.

Quel album conseilleriez-vous pour un premier rendez-vous amoureux ?

Nicolas : You Got My Mind Messed de James Carr, la quintessence de la Soul pour moi ! Il y a tout lĂ -dessus, la chanson titre est splendide.

Belkacem : Un album de Prince, genre Lovesexy, ou quand mĂȘme il y a l’amour mais aussi le sexe.

Quels sont vos projets pour 2020 ?

Nicolas : Mon premier roman devrait sortir vers le milieu de l’annĂ©e, Ă  peu prĂšs en mĂȘme temps qu’un bouquin sur Kendrick lamar et son label TDE.

Belkacem : Moi je vais me concentrer sur ma musique, travailler mon saxophone et me remettre Ă  la composition, chose que j’ai peu travaillĂ© ces 10 derniĂšres annĂ©es.

L’interview est diponible en ligne sur le site de Benzine

Arnold Pijot
Benzine Mag 25 octobre 2019

- On the One!

Sly Stone Funkadelic, Kool & The Gang, Stevie Wonder Miles Davis, Herbie Hancock, George Clinton, Cameo, Michael Jackson, Prince pour ne citer qu’eux cette anthologie analyse les 100 disques qui ont marquĂ© l’histoire du funk des 60’s Ă  nos jours.

Vous cherchez l’album de votre artiste funk prĂ©fĂ©rĂ© ? Cette « discothĂšque » idĂ©ale s’adresse Ă  tous les aficionados qui veulent en savoir plus sur les diffĂ©rents courants du funk. Essentiellement axĂ© autour des musiques afro amĂ©ricaines, ce guide donne des informations essentielles sur les artistes et groupes majeurs au fil d’un classement chronologique qui permet de mieux situer les diffĂ©rents courants du funk dans le temps. En 1967, James Brown sort « Cold Sweat », un titre que la plupart des historiens de la musique noire reconnaissent comme l’acte de naissance du funk.

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Cette anthologie explore l’univers protĂ©iforme du funk et dessine une histoire qui s’écrit encore avec Bruno Mars, Justin Timberlake ou Daft Punk.

Plus qu’un simple guide de musique, l’ouvrage de Belkacem Meziane dĂ©crypte pour chaque album des points expliquant son intĂ©rĂȘt, la liste des titres, les circonstances de sa crĂ©ation. Au fil de ces prĂ©sentations, vous croiserez des stars de renommĂ©e internationale comme ceux citĂ©s en introduction et des artistes oubliĂ©s mais talentueux tels Arthur Alexander et son « A shot of Rythm and blues » Eddie Harris et son « Freedom Jazz ». Si les 3/4 de l’ouvrage mentionne la pĂ©riode trĂšs prolixe des 70’s le livre rappelle aussi quelques indispensables sortis dans les 90’s et 2000 tels « The Chronic » de Dr Dre, Emergency of planet Earth de Jamiroquai, Woodoo de d’Angelo, 7 Days of Funk de Snoop Doggy Dogg. Le texte contient des anecdotes fascinantes qui devraient les passionnĂ©s les plus assidus. In-dis-pen-sa-ble pour tous les passionnĂ©s de musique funk .

La chronique intégrale est disponible en ligne

Jean-Christophe Mary
Paris Capitale 11 mars 2020

- À voir, à lire


De la fin des sixties Ă  la fin des annĂ©es 1980, le funk a rĂ©gnĂ© sur les hit-parades, donnant naissance au disco et Ă  des albums vendus par millions ! Les noms des coupables vous donneront une idĂ©e un peu plus claire du style dont nous parlons ici : Earth, Wind & Fire, Michael Jackson, Barry White, Prince, Chic
 Belkacem Meziane tente le pari fou de retracer l’histoire de cette musique en 100 albums. Fou parce que le choix est forcĂ©ment sujet Ă  d’interminables engueulades sur le thĂšme « Pourquoi ce disque et pas celui-lĂ  ? », « Celui-lĂ  n’est vraiment pas du funk » et ainsi de suite. Fou aussi parce que l’auteur choisit de dĂ©border du strict cadre du funk pour Ă©voquer des disques qui en sont Ă  ses yeux Ă  l’origine ou d’autres qui, bien qu’indĂ©niablement Ă  classer dans une autre famille musicale, en sont des hĂ©ritiers. Avant toutes ces querelles de pinailleurs, On the One! est une merveilleuse dĂ©claration d’amour au funk et Ă  la musique en gĂ©nĂ©ral. Laissez-vous guider par Belkacem Meziane, piochez dans cette discothĂšque idĂ©ale, traquez ses disques et dansez, dansez, dansez
 Parce que le funk n’a pas d’autre ambition que d’emmener tout le monde sur la piste de danse.

Nicolas Aguirre
Télé Star Jeux été 2019

- On the one! la bande-son funk de l’étĂ©

Pas de vie sans le funk
Il fallait bien qu’un jour l’éditeur Les mots et le reste, grand pourvoyeur de livres musicaux, laisse un spĂ©cialiste se pencher sur le funk, cette musique nĂ©e « officiellement » avec Cold Sweat de James Brown et qui invite aussi Ă  bouger, Ă  danser et si possible avec une partenaire. Cette fiĂšvre, Belkacem Meziane, musicien lui-mĂȘme et chroniqueur rĂ©gulier du magazine Soul Bag, a essayĂ© tout au long d’On the one ! de la transmettre. Pari tenu, pari gagnĂ© ?

Les maĂźtres et les autres
Bien sĂ»r les grands maĂźtres du genre dĂ©filent au long de ses pages : Sly stone, James Brown bien sĂ»r, George Clinton ont droit Ă  des notices via des albums remarquables (mais pourquoi dans le cas de Sly Stone ne pas parler de Fresh ?). Prince, Rick James, Michael Jackson sont aussi prĂ©sents. On dĂ©couvre ainsi des pĂ©pites ignorĂ©es du grand public et qui valent largement le dĂ©tour comme Betty Davis, ex Ă©pouse de Miles, qui avec They say I’m different a ouvert le genre aux femmes, The Crusaders ou Ohio Players. Belkacem Meziane parlent Ă©galement des incursions de grands « soulmen » dans le funk (Curtis Mayfield avec Roots) ou des jazzmen aussi : comme dirait justement Miles Davis, au fond la seule diffĂ©rence existe entre la bonne et la mauvaise musique.

Quelques jugements étonnants
Par contre, on est surpris ici par certaines remarques de l’auteur : dire par exemple que Norman Whitfield a influencĂ© Curtis Mayfield est une erreur. En fait, le producteur des Temptations, trĂšs talentueux par ailleurs, et le leader des Impressions ont subi la mĂȘme influence Ă  la fin des annĂ©es 60, celle de Sly Stone, vrai gĂ©nie qui a rĂ©gnĂ© sur la musique noire entre 1969 et 1972. Sans ce dernier, Whitfield n’aurait jamais pensĂ© Ă  Ă©crire et produire Cloud 9 ou Papa was a rollin’ stone.

On se permettra aussi de regretter l’absence de Willie Hutch, second couteau de la production de la Motown mais auteur avec Foxy Brown d’une musique funk tout Ă  fait jouissive. Les goĂ»ts et les couleurs


Mais cela n’enlĂšve rien Ă  la valeur de ce livre, la plupart des albums dĂ©fendus par l’auteur sont des vraies pĂ©pites et j’invite le nĂ©ophyte Ă  Ă©couter cet Ă©tĂ© du funk, encore du funk et toujours du funk. Dance to the music !

La chronique est en ligne sur Boojum

Sylvain Bonnet
Boojum l'animal littéraire 24 juillet 2019

- On the One!

Avec un sous-titre Ă©clairant : l’histoire du funk en 100 albums et en couverture j’ai cru reconnaitre James Brown et Prince
 Pour ce qui me concerne, c’est le genre de livre que j’adore pour la simple raison qu’il apporte beaucoup aux novices dans mon genre
 Je suppose que pour les amateurs et les connaisseurs il offre matiĂšre Ă  confrontation autour de tel ou tel album et confirmation de vos intuitions. On a beau Ă©couter rĂ©guliĂšrement de la musique – et je me flatte d’ĂȘtre trĂšs Ă©clectique -, on ne l’entend pas toujours, elle ne nous touche pas toujours de la mĂȘme façon. Avez-vous Ă©coutĂ© Georgia on my mind de Ray Charles seul dans le noir, par exemple, prĂ©fĂ©rez-vous entendre James Brown chanter Sex Machine ou le voir la chanter ?

LĂ , l’auteur m’a appris une chose importante : que signifie le mot « funk » et de quel genre de musique il s’agit et, croyez-moi, cela ouvre des horizons. Cela a mĂȘme fait remonter une anecdote : l’interdiction de la chanson des Beatles A ticket to ride aux États-Unis aprĂšs l’attentat contre les deux tours
 Je ne vais pas vous la donner cette dĂ©finition, Ă  vous de voir si elle correspond Ă  la vĂŽtre – si vous en avez une.

Les amateurs et les connaisseurs iront directement vĂ©rifier si leur disque prĂ©fĂ©rĂ© de James Brown figure bien dans les cents. Pour ce qui me concerne, j’ai regardĂ© si certains de mes musiciens et chanteurs prĂ©fĂ©rĂ©s Ă©taient bien lĂ  et j’ai eu le plaisir de voir qu’Hendrix, Éric Burdon (ex- Animals), Miles Davis et Prince Ă©taient bien lĂ . Cela fait plaisir de constater que l’on n’a pas si mauvais goĂ»t que cela. Car, bien sĂ»r, il ne peut ĂȘtre question de douter du choix de l’auteur dont on ne peut imaginer qu’il n’a pas Ă©coutĂ© ce dont il ne parle
 Et accessoirement on peut lire en quatriĂšme de couverture qu’il est musicien professionnel.

Bonnes lecturécoutes.

La chronique est en ligne sur Daily Passions

Noé Gaillard
Daily Passions 3 août 2019

- Belkacem Meziane, On The One !, L’Histoire du Funk en 100 Albums

On the One ! L’Histoire du Funk en 100 Albums, de Belkacem Meziane, complĂšte les ouvrages de l’éditeur français Le Mot et le Reste consacrĂ© aux anthologies Ă  des genres particuliers. La structure a ainsi dĂ©jĂ  publiĂ© des Ă©crits, d’une approche similaire, consacrĂ©s Ă  l’indie-pop (Indie Pop 1979-1997 de Jean-Marie Pottier), Ă  l’easy listening (Easy Listening, Exotica et autres Musiques LĂ©gĂšres d’Erwann Pacaud), Ă  la techno (Techno 100 de Jean-Yves Leloup) ou encore la soul (Move On Up, la Soul en 100 disques de Nicolas RogĂšs). Les livres de cette sĂ©rie comportent ainsi gĂ©nĂ©ralement un essai d’une quarantaine de pages suivi d’une sĂ©lection de 100 disques avec chaque fois des pistes complĂ©mentaires pour aller plus loin. Si l’expertise ou la finesse d’écriture de certains auteurs font la diffĂ©rence, il faut cependant noter la qualitĂ© et la pĂ©dagogie constante de ces ouvrages. Nous ne connaissions pas Belkacem Meziane avant de lire On the One!, son choix apparaĂźt toutefois comme un Ă©vidence Ă  la lecture de son parcours et du livre. La passion de l’intĂ©ressĂ© pour la musique initiĂ©e par James Brown transpire de toutes les pores de la vie de son auteur. VĂ©ritable sacerdoce, le funk se rĂ©vĂšle ĂȘtre pour le chroniqueur, un moteur. Belkacem Meziane apprend le saxophone en autodidacte et joue dans de nombreuses formations. Il parfait sa maĂźtrise en s’initiant Ă  l’harmonie et aux arrangements. En plus de ses activitĂ©s de musicien, le militantisme funk de l’auteur se dĂ©cline dans la presse (chez Soul Bag), Ă  la radio ou Ă  travers des confĂ©rences qu’il donne depuis 2006. Sa sĂ©lection incarne son image : ouverte, passionnĂ©e et avec de vĂ©ritables choix. Loin d’avoir proposĂ© une anthologie froide (ou tiĂšde) sur le sujet, Belkacem Meziane y a mis beaucoup de lui et de sa personnalitĂ© sans pour autant faire l’impasse sur les grands courants qui ont traversĂ© le funk.

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Nous aurions apprĂ©ciĂ© que l’essai soit un peu plus long et dĂ©taillĂ©, tant l’histoire de cette musique comporte de nombreuses ramifications, cependant l’introduction de Belkacem Meziane donne d’excellentes pistes pour s’y mettre, faisant de On the One une excellente entrĂ©e en matiĂšre pour dĂ©couvrir la richesse de la musique funk dans sa plus belle diversitĂ©.

Lisez toute la chronique sur le site de section26

Alexandre Gimenez-Fauvety
section26 19 juillet 2019

- Tu ne serais pas un peu Funk par hasard?

Le Funk est une sorte de noyau atomique, autour duquel s’agite des Ă©lectrons, et un paquet de particules, mais dont on n’arrive pas Ă  expliquer vraiment la structure, vu qu’elle est enrobĂ©e de nombreuses couches d’atomes qui s’entrechoquent


Le Funk, une « sueur positive » ?

Je me souviens de l’époque oĂč Jean-François Bizot (fondateur de Nova) expliquait pudiquement que le mot venait d’un dialecte africain et signifiait « sueur positive », tandis que d’autres avaient subodorĂ© un argot underground de musiciens, dont le vrai sens cachĂ© se situerait plutĂŽt du cĂŽtĂ© du sexe.

Les universitaires voyaient son origine dans le Jazz « Hard Bop » juste avant 1960, les amateurs donnaient la primeur Ă  James Brown juste aprĂšs 1965, les puristes citaient « Cold sweat » (1969 ?)


Mais quand j’écoutais « Papa’s got a brand new bag » en 1966, il y avait dĂ©jĂ  breaks et reprises cristallines ou ondulantes, et Le Godfather James poussait dĂ©jĂ  ses « Hans ! », « Hun ! » ou « Hin ! » sur le premier temps


« Give me the one ! » Ă©tait dĂ©jĂ  la rĂšgle de base d’un James Brown dĂ©chainĂ© et minimaliste, qu’il criait Ă  tous les tĂ©nors qui l’entouraient, de Maceo Parker Ă  Bootsy Collins (et bien d’autres
 comme Hendrix !)

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Quant au Funk, il doit ĂȘtre assĂ©nĂ©, rĂ©pĂ©tĂ©, hypnotique, et donne un rythme de danse fort, hachĂ©, plein de breaks et reprises pour faire des figures, sans perdre cette cadence rĂ©guliĂšre, le tronc du truc.

Les musiciens disent parfois : the Thing, la chose, ou mĂȘme « Thang », car le mystĂšre du Funk, Ă  l’ombre du Blues, du R&B, du tambour ou mĂȘme des lamentations des « wailers » des champs de coton ou de canne
 a quand mĂȘme besoin de son code rythmĂ©, spĂ©cial.

Perdu pour perdu, on peut quand mĂȘme faire la somme des exemples : Belkacem Meziane, prof, musiciens et chroniqueur (Soul Bag, New Morning Radio) nous propose ses 100 albums, comme histoire du Funk.

Son titre : On the one ! Hommage au premier temps fort du Funk, il l’annonce clairement. SpĂ©cialitĂ© de l’éditeur marseillais Le Mot et le Reste, le rappel des noms, des listes, pour ne pas tout oublier


Belkacem Meziane chronique avec dextérité toutes les nuances des grands et des moins grands : chaque album est raconté et détaillé avec son image de couverture, mais aussi son environnement et ses satellites à écouter. Un bain de Funk ! De sueurs froides ou chaudes, aimées ou dansées.

James, Sly, Jimi, Curtis, Betty, Herbie, Nile, Cameo, Bootsy, Prince, George, Quincy, Morris
 et tous les autres chevaliers Funkoniques, en plateform Boots, fusĂ©es, Limos, Soucoupes volantes, paillettes, minis, Ă  pied ou Ă  ski
 Tous en quĂȘte du Funk ultime.

Un des rares blancs est honorĂ© du label : Eric Burdon (avec War), mais Dillinger, malgrĂ© son « Funky Punk » dĂ©rivant, est absent
 Les tentacules du Funk sont interminables et il y a encore des sous-couches.

Chacun a ajouté sa goutte de sueur dans la marmite
 bouillonnante ! Qui mettra la prochaine louche ?

Lisez toute la chronique de Jean Rouzaud sur le site de Nova

Jean Rouzaud
Nova 17 juillet 2019

- L'histoire du funk en 100 albums

On raconte que le funk serait nĂ© en 1967 avec Cold Sweat, un titre de James Brown. A l’époque, il donne un sacrĂ© coup de fouet Ă  la soul en martelant le groove sur le « One », le premier temps d’une mesure qui en compte le plus souvent quatre. Le funk est nĂ© de la soul, du jazz, du blues, du rock en misant des lignes de basse bondissantes, des cuivres chauds bouillants, des beats de batterie, le tout dans un univers sexy et brĂ»lant. Le mot « funky » Ă©tait dĂ©jĂ  utilisĂ© avant dans le monde du jazz et du blues, il exprimait une façon libĂ©rĂ©e de jouer. Sly Stone, Georges Clinton, Chic, Diana Ross, Parliament, Funkadelic, Prince, Michael Jackson, Kool And The Gang, le funk est multiple : psychĂ©dĂ©lique, jazzy, bluesy, latino
 Il a engendrĂ© le disco puis le hip-hop, la house et vit encore aujourd’hui. Les plus grands DJ savent ce qu’ils doivent aux pionniers du funk. Belkacem Meziane, musicien, enseignant et chroniqueur Ă  Soul Bag nous donne une foule de dĂ©tails sur l’histoire du funk mais aussi et surtout, des pistes pour poursuivre l’écoute.

Jean-Marc Pinson
Ouest-France 8 juillet 2019

- La machine Ă  tubes Quincy Jones

Laurent Hakim a consacré un reportage à Quincy Jones, dans lequel Belkacem Meziane, nouvelle référence du funk, fait une apparition.

À visionner sur le site de France 2

Laurent Hakim
France 2 // 20h 22 juin 2019

- Le funk selon Belkacem Meziane

Une musique dansante et sexy qui tirerait son nom de l’argot amĂ©ricain, le terme dĂ©signant l’odeur de transpiration dĂ©gagĂ©e lors d’une relation sexuelle vĂ©cue avec intensitĂ© : le funk a marquĂ© de son empreinte la culture pop des derniĂšres dĂ©cennies. « Depuis quelques annĂ©es, les singles les plus vendus dans le monde ont une consonance funky. Bruno Mars , Pharrell Williams ou Daft Punk sont souvent accusĂ©s de plagier les recettes des maĂźtres du funk pour obtenir du succĂšs », Ă©crit le musicien et chroniqueur Belkacem Meziane dans On the one !, une histoire du funk rĂ©sumĂ©e en 100 albums cultes. Et l’auteur d’ajouter : « C’est l’épine dorsale du new jack swing, du R & B, du hip-hop, de l’acid jazz, de la neo soul ou de la house, et sans lui ces musiques n’auraient pas eu la mĂȘme trajectoire. » On dit « LE » funk, mais celui-ci se rĂ©vĂšle trĂšs pluriel. Dans cette dĂ©clinaison en 100 albums, Belkacem Meziane tente justement de restituer toute la pluralitĂ© de styles : « Il est brut et radical chez James Brown, poĂ©tique et fraternel chez Sly & The Family Stone, cosmique et psychĂ©dĂ©lique chez George Clinton, spirituel chez Earth, Wind & Fire, sexuel et religieux chez Prince. » De Dance to the music (Sly & The Family Stone), sorti en 1968, Ă  The One (Will Sessions & Amp Fiddler featuring Dames Brown), qui date de l’an dernier, c’est un demi-siĂšcle de musique funk que parcourt ainsi le lecteur. Avec, (rendons Ă  CĂ©sar
) pour point de dĂ©part originel le morceau Cold sweat (1967) de James Brown. La soul y prend un coup de fouet en basant le groove sur le premier temps de la mesure. Ce que les musiciens noirs amĂ©ricains appelaient the one. Qui donne lĂ©gitimement son nom Ă  ce livre.

Serge Hartmann
Les DerniĂšres Nouvelles d'Alsace 17 juin 2019

- On the One!

C’est Ă  une formidable leçon que nous convie Belkacem Meziane, musicien, enseignant et chroniqueur pour « Soul Bag » et «New Morning Radio », dans cet ouvrage instructif et passionnant oĂč il nous dĂ©voile de maniĂšre magistrale l’histoire du Funk sur 50 ans, en 100 artistes et 100 albums ! De son acte de naissance avec l’album « Cold Sweat » de James Brown, le funk se dĂ©cline sous toutes ses formes, tour Ă  tour brut et radical, poĂ©tique et fraternel, cosmique et psychĂ©dĂ©lique, spirituel, sexuel ou religieux, selon la perception et la « patte » des multiples artistes qui ont portĂ© ou portent encore ses multiples couleurs. Pour chaque album, Belkacem Meziane nous offre une courte histoire de sa crĂ©ation et de ses crĂ©ateurs, nous proposant d’autres Ă©coutes et de multiples conseils. Kool and the Gang, Earth Wind and Fire, Bobby Womack, MichaĂ«l Jackson, Marvin Gaye, Prince, Diana Ross, Miles Davis, Tower of Power, Herbie Hancock, Barry White, George Benson, Stewie Wonder, Aretha Franklin, Quincy Jones, pour ne citer que les plus connus, cĂŽtoient une multitude d’artistes dans cette « bible » du funk, incontournable pour tous ses amoureux !!!

Lisez l’article en ligne !

Christine Le Garrec
Arts et essais ! 26 mai 2019

- On The One!

L’accent sur le funk ! Et pas qu’à moitiĂ©. Pas le funk rĂ©duit Ă  un dĂ©rivĂ© de la soul ou Ă  un parent du hip-hop, pas le funk de puristes pour qui tout s’arrĂȘte Ă  telle date. Le funk en tant que genre musical Ă  part entiĂšre et dont l’influence est toujours palpable un demi-siĂšcle aprĂšs ses premiers cris. Il n’existait pas d’ouvrage en français qui traite Ă  fond le sujet


Fin de carence grĂące Ă  notre camarade Belkacem Meziane qui relĂšve le dĂ©fi du panorama “en 100 albums” en se limitant Ă  un par artiste. Donc un seul James Brown, un seul Sly Stone, un seul Prince, mais l’impact de ces figures majeures est largement Ă©voquĂ© Ă  travers les autres artistes sĂ©lectionnĂ©s et le long d’une copieuse introduction qui, Ă  l’image de l’ensemble du livre, s’attache Ă  mettre en Ă©vidence les multiples ramifications qui font la force d’une musique qu’on aurait tort de limiter au seul dancefloor.

Cette vision globale soigneusement documentĂ©e, Belkacem la double de son regard de musicien professionnel et d’une bonne dose de passion. Ainsi On The One! nous plonge au cƓur d’albums marquants en rĂ©vĂ©lant des secrets de fabrication et une mine d’informations sur les musiciens, les auteurs, les producteurs et les labels impliquĂ©s. DĂ©filent alors au grĂ© de galettes millĂ©simĂ©es de 1968 Ă  2018 (bousculades inĂ©vitables vers 1975 et 1980) la nette influence du rock, les branchages jazz et disco, la luxuriance du p-funk, le vivier de l’Ohio, la go-go, le boogie et l’electro funk, la passerelle vers le new jack swing et le R&B, l’intime connexion avec le hip-hop


La Nouvelle-OrlĂ©ans est un peu sous-reprĂ©sentĂ©e et quelques choix paraissent moins Ă©vidents, mais sachant qu’une liste d’albums et d’artistes complĂ©mentaires multiplie les pistes en fin de chaque double page, vous voilĂ  bel et bien parĂ©s pour explorer les richesses charriĂ©es par cet implacable coup de boutoir rythmique. Cet accent sur le premier temps, devenu tout-puissant.

Nicolas Teurnier
Soul Bag 20 mai 2019