Funk !
Une sélection en 100 albums
De James Brown Ă Bruno Mars, une anthologie pour dĂ©couvrir lâhistoire et la diversitĂ© du funk.
Belkacem Meziane chronique avec dextérité toutes les nuances des grands et des moins grands : chaque album est raconté et détaillé avec son image de couverture, mais aussi son environnement et ses satellites à écouter. Un bain de Funk ! De sueurs froides ou chaudes, aimées ou dansées.
Jean Rouzaud â Nova
En 1967, James Brown sort « Cold Sweat », un titre que la plupart des historiens de la musique noire reconnaissent comme lâacte de naissance du funk. Il rĂ©volutionne la soul en basant sa musique sur le rythme et son groove sur le premier temps de la mesure, le fameux « One », inaugurant un nouveau style plus dansant. Au-delĂ de la soul, le funk puise dans tous les styles dominants et influencera lui aussi ceux Ă venir tels que le hip-hop ou la house. Nombreux sont les musiciens qui participent Ă son essor â Sly Stone, Funkadelic, Kool & The Gang, Stevie Wonder â, Ă son anoblissement â Miles Davis, Herbie Hancock â, Ă sa complexification â George Clinton, Cameo â et Ă sa domination des charts â Michael Jackson, Prince. Cette anthologie mise Ă jour explore lâunivers protĂ©iforme du funk et dessine une histoire qui sâĂ©crit encore avec Bruno Mars, Justin Timberlake ou Daft Punk.
Revue de presse
- retour sur la carriÚre de Jamiroquai, groupe révolutionnaire Laurent Hakim France 3 // 12-13 National 20 janvier 2022
- On the One! Frédéric Gangneux KR Home Studio novembre 2019
- Interview croisĂ©e â Meziane & RogĂšs Arnold Pijot Benzine Mag 25 octobre 2019
- On the One! Jean-Christophe Mary Paris Capitale 11 mars 2020
- à voir, à lire⊠Nicolas Aguirre Télé Star Jeux été 2019
- On the one! la bande-son funk de lâĂ©tĂ© Sylvain Bonnet Boojum l'animal littĂ©raire 24 juillet 2019
- On the One! Noé Gaillard Daily Passions 3 août 2019
- Belkacem Meziane, On The One !, LâHistoire du Funk en 100 Albums Alexandre Gimenez-Fauvety section26 19 juillet 2019
- Tu ne serais pas un peu Funk par hasard? Jean Rouzaud Nova 17 juillet 2019
- L'histoire du funk en 100 albums Jean-Marc Pinson Ouest-France 8 juillet 2019
- La machine Ă tubes Quincy Jones Laurent Hakim France 2 // 20h 22 juin 2019
- Le funk selon Belkacem Meziane Serge Hartmann Les DerniĂšres Nouvelles d'Alsace 17 juin 2019
- On the One! Christine Le Garrec Arts et essais ! 26 mai 2019
- On The One! Nicolas Teurnier Soul Bag 20 mai 2019
Quâattendre dâun tel ouvrage ? Plein de choses en vĂ©ritĂ©. Les quarante premiĂšres pages nous situent le contexte. Comment en sommes-nous arrivĂ©s lĂ (la demande du public, les intĂ©rĂȘts financiers pour les labelsâŠ) ? Belkacem Meziane retrace pour nous le chemin, du jazz et du blues au funk, avec des Ă©tapes intermĂ©diaires du cĂŽtĂ© du rhythmânâblues, du doo-wop et de la soul. Des chemins empruntĂ©s parfois sans raccourcis par James Brown, George Clinton ou encore Sly Stone. Quarante pages dâune histoire quâil jalonne au grĂ© de ses envies de nombreuses suggestions dâĂ©coute. Dans ce contexte, impossible de ne pas se dĂ©connecter des parasites extĂ©rieurs. Vous entrez dans cette bulle funk, vous vous y trouvez comme un poisson dans lâeau et vous ne la quittez quâen fin de lecture, en ayant notĂ© sur toute feuille volante situĂ©e Ă votre portĂ©e, les rĂ©fĂ©rences de disques qui vous avaient Ă©chappĂ©s jusquâalors. Car bien Ă©videmment, les « classiques » sây trouvent, rangĂ©s par ordre chronologique, Ă partir de 1968 (Sly & the Family Stone, The Temptations, Prince, James Brown, George Clinton sous toutes ses formes, etc. etc.). Mais il y a aussi des noms moins connus, des dĂ©couvertes qui concernent notamment ceux qui ont poursuivi le mouvement ou qui lâont fait revivre, alors que le funk ne se trouvait plus dans sa pĂ©riode de gloire, disons Ă partir du milieu des annĂ©es quatre-vingt (Trombone Shorty, DJ Quik, TuxedoâŠ). Des livres comme ceux-lĂ sont dâune importance capitale pour les aficionados dâun genre musical en particulier, mais plus encore pour ceux qui souhaitent le dĂ©couvrir. Elan passionnel assurĂ© !
Jamiroquai est le groupe qui a relancĂ© il y a 25 ans la musique funk, en la mĂȘlant Ă de la pop, du disco, et mĂȘme de lâĂ©lectro. Ă lâoccasion de cet anniversaire, son album emblĂ©matique ressort.
Jamiroquai et son chanteur au chapeau improbable ont redonnĂ© un coup de jeune au disco et au funk. Avec des rĂ©fĂ©rences comme le groupe Chic ou encore la reine du disco Donna Summer, le groupe a vite trouvĂ© sa recette. âLe hip pop (âŠ) a remis au goĂ»t du jour les reprises, les sonoritĂ©s aussi avec des instruments un peu oubliĂ©s. Jamiroquai a Ă©tĂ© lâun des principaux artisans de ce retour au funkâ, raconte Belkacem MĂ©ziane, auteur de âOn the One : lâhistoire du Funk en 100 albumsâ.
Un leader visionnaire au style inimitable
Dans son premier succĂšs en 1993, le chanteur du groupe, Jay Kay, visonnaire, parle dâune terre martyrisĂ©e par les hommes. Il impose son style et dĂ©nonce un monde un peu fou avec son titre Virtual insanity en 1996, un funk langoureux. Le chanteur nâa plus rien sorti depuis cinq ans, mais son passage en studio cet hiver cache peut-ĂȘtre de nouvelles ambiances disco.
Revoir lâĂ©mission sur France 3
à la différence du rock ou du jazz, les ouvrages sur le funk ne font pas profusion. Le journaliste,
enseignant et musicien Belkacem Meziane remĂ©die Ă cette carence avec On the One ! Quel curieux titre ! Mais le « One » est lâessence mĂȘme du funk, il rĂ©volutionne la soul en basant sa musique sur le rythme, et son groove sur le premier temps de la mesure, le fameux « One ». Ce livre est un beau panorama musical du titre « Cold Sweat » de James Brown (1967) reconnu comme acte de naissance du funk, de son essor (Sly Stone, Funkadelic, Stevie Wonder) Ă son anoblissement (Miles Davis, Herbie Hancock), Ă sa complexification (George Clinton, Cameo) et Ă sa domination des charts (Michael Jackson, Prince). Une belle histoire qui sâĂ©crit encoreâŠ
2 livres et 199 albums pour redécouvrir la Soul et le Funk
La plupart des gens ont toujours eu tendance Ă dĂ©signer simplement comme Soul/Funk les musiques afro-amĂ©ricaines dont lâintensitĂ© vocale ou les rythmes groovy nous ramenait Ă une Ă©poque sans smartphone et dans laquelle la musique Ă©tait un vrai mode de communication. Ces deux cousins germains issus du mĂȘme arbre gĂ©nĂ©alogique que sont la Soul et le Funk ont pourtant deux identitĂ©s distinctes dont les histoires ont commencĂ©es de lâautre cĂŽtĂ© de lâAtlantique il y a plus de 50 ans et continuent de sâĂ©crire en 2019 grĂące Ă des artistes comme Lee Fields, Cody Chesnutt, Raphael
Pour rĂ©sumer on peut dire quâau dĂ©but Ă©tait le Gospel, le Blues, le Jazz, le Rythmânâ Blues, des musiques du cĆur et de lâĂąme, servant Ă exprimer les malheurs, puis les revendications du peuple noir au sein dâune AmĂ©rique blanche pas encore prĂȘte Ă partager ses richesses. Au fil du temps ces musiques se sont popularisĂ©es grĂące au travail de nombreux et souvent Ă©phĂ©mĂšres labels rĂ©gionaux qui les ont encadrĂ©es et propulsĂ©es dans les charts US, certains de ces labels rĂ©ussissant mĂȘme Ă avoir une ampleur nationale, puis internationale comme Motown, Stax ou Atlantic. Le peuple afro-amĂ©ricain sâest ainsi trouvĂ© de nouveaux hĂ©ros pour accompagner leurs revendications politiques et sociales avec des artistes revisitant sans cesse leur musique pour la faire Ă©voluer au grĂ© des Ă©poques jusquâĂ nos jours et pour encore certainement trĂšs longtemps.
Le premier de ces ouvrages est Move On Up â La Soul en 100 disques de Nicolas RogĂšs, un jeune auteur fan de Hip-Hop et qui est venu Ă la Soul Ă travers les samples des rappeurs US. PassionnĂ© par ce quâil dĂ©couvre il se met Ă Ă©crire des chroniques musicales sur les sites Neo Boto, Buggin, Fonkadelica⊠Il a une approche trĂšs axĂ©e sur lâaspect historique, avec notamment 80 pages dâintroduction ou il est question de singles, de labels, de producteurs, de talents, de succĂšs, de faillites et de lâenvers du dĂ©cor de la scĂšne Soul AmĂ©ricaine.
Le second ouvrage est On The One â LâHistoire du Funk en 100 albums de Belkacem Meziane, un saxophoniste professionnel, confĂ©rencier (Les ConfĂ©rences Musicales de Belkacem), chroniqueur pour le magazine Soul Bag et la New Morning Radio et qui a une approche un peu plus technique et une admiration pour les nombreux musiciens renommĂ©s, mais aussi ceux cachĂ©s dans lâombre des gĂ©ants et qui ont tous contribuĂ© Ă faire vivre le Funk.
On y apprend beaucoup dâanecdotes comme par exemple que dans les annĂ©es 60 le jeune Jimi Hendrix a jouĂ© avec les Isley Brothers, Ike Turner, ⊠avant de quitter les USA pour Londres et dây connaitre le succĂšs que lâon connait, et ce quelques annĂ©es avant quâEric Burdon, le leader du groupe blues/rock anglais The Animals fasse le chemin inverse pour une nouvelle vie musicale en cofondant le groupe de funk WAR.
On y dĂ©couvrira lâhistoire des Supremes avant lâĂ©closion de Diana Ross, des Temptations, dâOtis Redding, Sam Cooke, Aretha Franklin, Barry White, Ray Charles, Donny Hathaway, Marvin gaye, Earth Wind &Fire, Isaac Hayes, George Clinton, James Brown, la grande famille Jackson, Prince âŠ
Tous ces artistes sont prĂ©sentĂ©s Ă travers une sĂ©lection de 100 disques. Lâhistoire de chaque album est racontĂ©e et lâon vous propose Ă la fin dâautres artistes ou albums proches stylistiquement.
Câest une vraie mine dâor pour tous les amateurs avides de connaissance musicale, et mĂȘme si vous pensez en savoir dĂ©jĂ beaucoup, vous en apprendrez encore plus.
Plusieurs chanteurs ou groupes figurent dans les 2 livres, et ils ont mĂȘme 1 album en commun, preuve de la proximitĂ© de ces 2 styles musicaux. Mais pour savoir lequel il vous faudra les lire car comme dans tout bon livre il faut aller au bout pour en comprendre correctement lâhistoire.
Et comme la musique est aussi une histoire de partage, on a eu lâoccasion de rĂ©unir les 2 auteurs, Nicolas RogĂšs et Belkacem Meziane, pour leur poser quelques questions :
BENZINE : Pour commencer une question simple : quâest-ce qui diffĂ©rencie la Soul du Funk ?
Nicolas RogĂšs : Franchement câest une question difficile. Dâailleurs, Belkacem et moi avons quelques artistes en commun dans notre sĂ©lection dâalbums. Plusieurs fois quand jâĂ©crivais le bouquin je me suis demandĂ© si lâalbum que je souhaitais inclure Ă©tait de la Soul ou du Funk. Notamment quand jâai voulu mettre un album de Sharon Jones & The Dap Kings. Jâai choisi 100 Days, 100 Nights car il y avait selon moi une plus grande emphase sur les parties vocales, et moins sur le rythme.
Les frontiĂšres sont trĂšs minces pour beaucoup de personnes, dâailleurs quand tu vas chez un disquaire il y a souvent un rayon Funk/Soul et pas des rayons sĂ©parĂ©s. AprĂšs on en revient toujours aux mĂȘmes dĂ©bats selon moi, on aime souvent coller des Ă©tiquettes aux chansons que lâon Ă©coute. Si lâon va par-lĂ , la Soul nâexiste pas en tant que genre musical dâailleurs. Câest quelque chose qui est nĂ© dâun contexte social et pas vraiment dâun mouvement sonore. Câest un terme indĂ©finissable, presque symbolique.
Comment le diffĂ©rencier dâun autre genre musical dans ce contexte ?
Ăa me fait penser Ă une discussion que jâai eue avec un gars qui travaille sur un documentaire sur Marvin Gaye et le procĂšs qui a opposĂ© ses ayants-droits avec Pharrell Williams et Robin Thicke qui ont repris les Ă©lĂ©ments de Got To Give It Up pour faire Blurred Lines. Pour lui le cĆur du procĂšs rĂ©sidait dans le fait que Marvin Ă©tait un monstre sacrĂ© dâun genre sacrĂ©, la Soul, une musique indĂ©finissable et donc intouchable. Jâai trouvĂ© cela hyper intĂ©ressant comme maniĂšre de voir les choses. Pour moi la diffĂ©rence entre la Soul et le Funk est donc une question de feeling, de voix qui sâopposent Ă un rythme plus brut et rudimentaire.
Belkacem Meziane : Déjà la Soul et le Funk se distinguent historiquement car la Soul a précédé le Funk de presque 10 ans. Elle est la fille du R&B originel et du Gospel avec des touches de Country. Le Funk arrive ensuite avec ce bagage auquel il ajoute le Jazz avec une part de Rock indéniable.
Ensuite ce sont dans les termes, la Soul câest lâĂąme donc un terme religieux qui correspond bien Ă lâĂ©poque ou la religion aide le combat politique. Le Funk lui est un terme « vulgaire » qui renvoie au sexe et donc plus en lien avec le Blues et la musique du diable !
La Soul se conçoit en chansons et le funk en termes de groove, de rythme, dâinteractions qui rappellent les improvisations du Jazz.
La frontiĂšre est mince pour certains artistes, mais elle est trĂšs claire pour dâautres. Mais tous utilisent le background musical historique du Blues et du Gospel pour Ă©voluer.
En termes de business la Soul a Ă©tĂ© créée par des labels avec une identitĂ© et un son comme Motown ou Stax. Le Funk est plus liĂ© Ă des individualitĂ©s fortes ou des logiques de groupes. La Soul a pour intention de charmer lâoreille et le cĆur, alors que le Funk a clairement pour objectif de faire danser et a aussi une dominante sexuelle forte. Mais comme lâa dit Nicolas, la frontiĂšre est parfois difficile Ă trouver, en tous cas pour les 70âs.
Nicolas : Je suis dâaccord avec Belkacem, mais quand tu prends certains albums de Stax considĂ©rĂ©s quasiment tous comme de la Soul, tu as cette alliance entre voix Gospel, R&B originel trĂšs influencĂ© par le Blues, et mise en avant du rythme avec improvisations ⊠Pour moi câest lâexemple que Soul et Funk se mĂ©langent parfois tellement quâil peut ĂȘtre compliquĂ© de dire quâil y a des scissions Ă©videntes de style.
Comme beaucoup de gens nĂ©s dans les annĂ©es 70, jâai grandi au son dâEarth Wind & Fire, Kool & The Gang, Barry White, Rick James ⊠mais mon premier vrai coup de cĆur ce fut aprĂšs avoir entendu Candi Staton. Et vous qui est-ce qui vous a fait devenir accro Ă cet univers ?
Nicolas : NĂ© en 1991, la musique de ma gĂ©nĂ©ration est le Rap, et jâai commencĂ© par Ă©couter sans me poser de questions. Mon pĂšre Ă©tant un grand amateur de musique, il Ă©coutait plein de choses chez moi, mais nâa jamais accrochĂ© au Rap. Il me faisait toujours dĂ©couvrir de nouveaux artistes, la plupart liĂ©s au Rock, jusquâau jour oĂč il mâa donnĂ© une compilation dâOtis Redding. Je devais avoir 12/13 ans. Je me souviendrai toute ma vie de la premiĂšre fois que jâai entendu cette voix incroyable sortir des enceintes. Cela a changĂ© ma vie, je crois que je nâavais rien entendu de semblable. A partir de ce moment-lĂ jâai Ă©tĂ© obsĂ©dĂ© par la Soul, et tout ce qui se rapproche de la Soul Sudiste plus particuliĂšrement.
Belkacem : Alors moi je suis vieux, je suis nĂ© en 1974 ! Jâai grandi en banlieue parisienne dans une famille dâorigine maghrĂ©bine et la musique que tout le monde Ă©coutait Ă©tait le Funk, la Soul, donc Barry White, James Brown et tous ceux que tu cites. DĂšs lâĂąge de 6/7 ans ces noms mâĂ©taient familiers mais bien sĂ»r en grandissant jâai dĂ©couvert beaucoup dâartistes majeurs quâon Ă©coutait moins. Par contre moi câest Prince qui a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur de ma curiositĂ© et câest grĂące Ă lui que je suis arrivĂ© Ă Jimi Hendrix, George Clinton, Sly Stone ou Miles Davis.
Vous vous souvenez du premier disque acheté avec votre propre argent ?
Nicolas : Mon premier disque ça doit ĂȘtre Nellyville du rappeur Nelly. On peut le considĂ©rer comme has-been aujourdâhui mais je ne renierai jamais ça dans la mesure oĂč cela mâa permis de dĂ©couvrir le Rap, qui mâa amenĂ© ensuite Ă la Soul. En Soul il me semble que ce devait ĂȘtre Otis Blue dâOtis Redding. Câest vraiment le chanteur de Soul avec qui tout a dĂ©butĂ© pour moi.
Belkacem : Moi jâavais achetĂ© des maxi du label Prelude dans un magasin qui les soldaient 10 francs, et câĂ©tait avec mes premiers deniers gagnĂ©s au marchĂ© (jâavais 13/14 ans). Câest au mĂȘme moment que jâai achetĂ© Parade de Prince, vers 1986/87, car jâĂ©tais dĂ©jĂ tombĂ© malade de sa musique.
On entend souvent parler de groove, Belkacem, toi le musicien, tu peux nous expliquer ce que câest que le groove ?
Belkacem : Le groove câest lâimbrication entre des Ă©lĂ©ments rythmiques, mĂ©lodiques et harmoniques, câest-Ă -dire des cellules rĂ©pĂ©tĂ©es qui prennent leur place dans une organisation rationnelle Ă la base, et qui Ă©chappent ensuite Ă cette rationalitĂ© quand ce sont des humains qui les reproduisent en live. Le groove câest la force qui fait avancer un morceau et qui rĂ©unit les musiciens. On part dâune boucle rĂ©pĂ©titive et celle-ci se transforme en vĂ©ritable discussion qui dĂ©bouche sur lâenvie de danser. On peut ajouter que le groove ne concerne pas que le Funk, AC/DC, Led Zeppelin, Red Hot Chili Peppers, Nerd, Bruno Mars âŠ, tout cela groove aussi, et dans la Soul pas besoin de prĂ©ciser que les MGâs, les Funk Brothers ou les Meters groovent Ă mort !
Quel artiste ou groupe français actuel perpétue selon vous le mieux cet esprit du groove ?
Belkacem : Depuis les années 90 toute la scÚne qui gravite autour de la Malka Family et Juan Rozoff sont les détenteurs de ce groove. Gréements de Fortune, Horndogz⊠mais aussi des groupes comme Electro Deluxe, Headbangers, Headshakers, Soyouzz, Big Hustle, Hocus Pocus, Malted Milk ⊠dans des inspirations plus Jazz, Blues ou Hip-Hop en sont les garants français actuels.
Nicolas : Jâai beaucoup aimĂ© le dernier disque des Malted Milk, je trouve quâils arrivent Ă mĂ©langer plein dâinfluences et câest super sympa. Electro Deluxe fait des trucs trĂšs cool aussi, mĂȘme si je nâĂ©coute pas beaucoup. Sinon jâai dĂ©couvert Ă MontrĂ©al un groupe francophone excellent, The Brooks, que je vous invite Ă dĂ©couvrir si vous ne connaissez pas.
Je profite du sujet pour mettre en avant le travail de Fabrice Garcia au Saint-Paul Soul Jazz Festival dans la petite ville de Saint-Paul, qui monte tous les ans un festival absolument gĂ©nial de Soul/Funk/Gospel et qui invite rĂ©guliĂšrement des artistes français. Son festival sâest imposĂ© comme une rĂ©fĂ©rence mondiale et câest le fruit dâun travail passionnĂ© quâil faut mettre en avant pour faire rayonner la scĂšne Soul/Funk de chez nous.
Nicolas, tu es venu à la soul à travers les artistes de hip-hop qui puisaient dans ce vivier musical pour concevoir leurs musiques, tu aurais dans ta sélection de 100 albums des morceaux à nous citer qui ont servi à fabriquer des tubes hip-hop ?
Nicolas : Instinctivement je pense Ă Share What You Got, Keep What You Need des Modulations et qui a Ă©tĂ© samplĂ© par Common sur Itâs Your World. A Is It Because Iâm Black de Syl Johnson qui a servi au Hollow Bones du Wu Tang Clan, Ă Move On Up de Curtis Mayfield qui a Ă©tĂ© samplĂ© par Kanye West sur Touch The Sky, Ă Inner City Blues de Marvin Gaye samplĂ© par The D.O.C sur The FormulaâŠ
La musique noire ne cesse de sâauto alimenter, câest beau Ă voir et ça permet Ă un genre comme la Soul dâaccĂ©der Ă une forme dâĂ©ternitĂ©, et Ă des gĂ©nĂ©rations diffĂ©rentes de la dĂ©couvrir Ă chaque fois sous des formes diffĂ©rentes. Des groupes de Rap de la CĂŽte Est des annĂ©es 90 doivent beaucoup Ă la Soul. Un gars comme RZA et plus rĂ©cemment Kanye West, deux grands artistes, ont basĂ© leurs dĂ©buts de carriĂšre sur des samples obscurs de Soul et continuent dâen utiliser.
On se rend compte Ă la lecture de vos livres que le jazz, le blues, le rock et mĂȘme la pop et le psychĂ©dĂ©lisme ont eu une influence importante sur la soul et le funk. Selon vous quelle influence la soul et le funk ont sur les musiques actuelles ?
Nicolas : RĂ©cemment, on a vu lâĂ©mergence dâartistes comme Bryson Tiller, Summer Walker, Mahalia, Jorja SmithâŠ, ils font une musique assez diffĂ©rentes de celles des Chris Brown, Tyrese, Tank, Avant, R.Kelly et autres tauliers de la scĂšne R&B contemporaine. Ils reviennent Ă un son plus organique, simplifiĂ©, avec une vraie mise en avant des parties vocales qui rappelle la Soul des annĂ©es 60, comme un retour vers les origines. Câest intĂ©ressant Ă voir je trouve, on ressent clairement lâinfluence dâune Soul dĂ©pouillĂ©e.
De mĂȘme dans la scĂšne Rap underground des environs de New York, Ă Buffalo, des gars comme Conway ou Westside Gunn qui ont un sacrĂ© buzz en ce moment basent quasiment tous leurs sons sur des boucles de Soul. Câest le socle de leur musique et câest beau de voir quâelle a Ă©normĂ©ment de succĂšs, ça montre que la Soul peut servir de point de dĂ©part Ă des genres totalement diffĂ©rents, sans sonner anachronique. Roc Marciano fait beaucoup ça aussi.
Belkacem : Alors par rapport au Funk, on peut dire quâil a accompagnĂ© lâĂ©volution de la Dance Music, et reste une source primordiale. Disco, House, New Jack Swing, R&B, Dance, Hip-Hop, Electro, French TouchâŠ, toutes ces musiques ont un ancrage fort dans le Funk. Le sample a Ă©tĂ© trĂšs important dans le Hip-Hop et Zapp, George Clinton ou Kool & The Gang ont fourni la majoritĂ© des samples du Hip-Hop Ă une Ă©poque, sans compter James Brown. Le Funk est vivant dans les carriĂšres dâartistes aussi diffĂ©rents que Janelle Monae, Justin Timberlake ou Pharell Williams.
Quel est votre album soul/funk coup de cĆur de 2019 ?
Nicolas : Jâai bien aimĂ© Green Balloon de Tank & The Bangas, lâalbum nâest pas parfait mais il part dans tous les sens comme un patchwork de 100 ans de musique noire. Câest dĂ©lirant, parfois profond, et en concert câest hallucinant. Jâadore leur Ă©nergie, et cela se retranscrit sur disque, câest trĂšs divertissant et bien foutu.
Belkacem : Moi jâai bien aimĂ© Made In Pieces de Pieces Of A Man, un cĂŽtĂ© Nu-Soul Electro avec une nostalgie Soul 70âs Ă©vidente.
Nicolas : Black Pumas mâa aussi mis une Ă©norme claque.
Quel album conseilleriez-vous pour un premier rendez-vous amoureux ?
Nicolas : You Got My Mind Messed de James Carr, la quintessence de la Soul pour moi ! Il y a tout lĂ -dessus, la chanson titre est splendide.
Belkacem : Un album de Prince, genre Lovesexy, ou quand mĂȘme il y a lâamour mais aussi le sexe.
Quels sont vos projets pour 2020 ?
Nicolas : Mon premier roman devrait sortir vers le milieu de lâannĂ©e, Ă peu prĂšs en mĂȘme temps quâun bouquin sur Kendrick lamar et son label TDE.
Belkacem : Moi je vais me concentrer sur ma musique, travailler mon saxophone et me remettre Ă la composition, chose que jâai peu travaillĂ© ces 10 derniĂšres annĂ©es.
Lâinterview est diponible en ligne sur le site de Benzine
Sly Stone Funkadelic, Kool & The Gang, Stevie Wonder Miles Davis, Herbie Hancock, George Clinton, Cameo, Michael Jackson, Prince pour ne citer quâeux cette anthologie analyse les 100 disques qui ont marquĂ© lâhistoire du funk des 60âs Ă nos jours.
Vous cherchez lâalbum de votre artiste funk prĂ©fĂ©rĂ© ? Cette « discothĂšque » idĂ©ale sâadresse Ă tous les aficionados qui veulent en savoir plus sur les diffĂ©rents courants du funk. Essentiellement axĂ© autour des musiques afro amĂ©ricaines, ce guide donne des informations essentielles sur les artistes et groupes majeurs au fil dâun classement chronologique qui permet de mieux situer les diffĂ©rents courants du funk dans le temps. En 1967, James Brown sort « Cold Sweat », un titre que la plupart des historiens de la musique noire reconnaissent comme lâacte de naissance du funk.
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Cette anthologie explore lâunivers protĂ©iforme du funk et dessine une histoire qui sâĂ©crit encore avec Bruno Mars, Justin Timberlake ou Daft Punk.
Plus quâun simple guide de musique, lâouvrage de Belkacem Meziane dĂ©crypte pour chaque album des points expliquant son intĂ©rĂȘt, la liste des titres, les circonstances de sa crĂ©ation. Au fil de ces prĂ©sentations, vous croiserez des stars de renommĂ©e internationale comme ceux citĂ©s en introduction et des artistes oubliĂ©s mais talentueux tels Arthur Alexander et son « A shot of Rythm and blues » Eddie Harris et son « Freedom Jazz ». Si les 3/4 de lâouvrage mentionne la pĂ©riode trĂšs prolixe des 70âs le livre rappelle aussi quelques indispensables sortis dans les 90âs et 2000 tels « The Chronic » de Dr Dre, Emergency of planet Earth de Jamiroquai, Woodoo de dâAngelo, 7 Days of Funk de Snoop Doggy Dogg. Le texte contient des anecdotes fascinantes qui devraient les passionnĂ©s les plus assidus. In-dis-pen-sa-ble pour tous les passionnĂ©s de musique funk .
La chronique intégrale est disponible en ligne
De la fin des sixties Ă la fin des annĂ©es 1980, le funk a rĂ©gnĂ© sur les hit-parades, donnant naissance au disco et Ă des albums vendus par millions ! Les noms des coupables vous donneront une idĂ©e un peu plus claire du style dont nous parlons ici : Earth, Wind & Fire, Michael Jackson, Barry White, Prince, Chic⊠Belkacem Meziane tente le pari fou de retracer lâhistoire de cette musique en 100 albums. Fou parce que le choix est forcĂ©ment sujet Ă dâinterminables engueulades sur le thĂšme « Pourquoi ce disque et pas celui-lĂ ? », « Celui-lĂ nâest vraiment pas du funk » et ainsi de suite. Fou aussi parce que lâauteur choisit de dĂ©border du strict cadre du funk pour Ă©voquer des disques qui en sont Ă ses yeux Ă lâorigine ou dâautres qui, bien quâindĂ©niablement Ă classer dans une autre famille musicale, en sont des hĂ©ritiers. Avant toutes ces querelles de pinailleurs, On the One! est une merveilleuse dĂ©claration dâamour au funk et Ă la musique en gĂ©nĂ©ral. Laissez-vous guider par Belkacem Meziane, piochez dans cette discothĂšque idĂ©ale, traquez ses disques et dansez, dansez, dansez⊠Parce que le funk nâa pas dâautre ambition que dâemmener tout le monde sur la piste de danse.
Pas de vie sans le funk
Il fallait bien quâun jour lâĂ©diteur Les mots et le reste, grand pourvoyeur de livres musicaux, laisse un spĂ©cialiste se pencher sur le funk, cette musique nĂ©e « officiellement » avec Cold Sweat de James Brown et qui invite aussi Ă bouger, Ă danser et si possible avec une partenaire. Cette fiĂšvre, Belkacem Meziane, musicien lui-mĂȘme et chroniqueur rĂ©gulier du magazine Soul Bag, a essayĂ© tout au long dâOn the one ! de la transmettre. Pari tenu, pari gagnĂ© ?
Les maĂźtres et les autres
Bien sĂ»r les grands maĂźtres du genre dĂ©filent au long de ses pages : Sly stone, James Brown bien sĂ»r, George Clinton ont droit Ă des notices via des albums remarquables (mais pourquoi dans le cas de Sly Stone ne pas parler de Fresh ?). Prince, Rick James, Michael Jackson sont aussi prĂ©sents. On dĂ©couvre ainsi des pĂ©pites ignorĂ©es du grand public et qui valent largement le dĂ©tour comme Betty Davis, ex Ă©pouse de Miles, qui avec They say Iâm different a ouvert le genre aux femmes, The Crusaders ou Ohio Players. Belkacem Meziane parlent Ă©galement des incursions de grands « soulmen » dans le funk (Curtis Mayfield avec Roots) ou des jazzmen aussi : comme dirait justement Miles Davis, au fond la seule diffĂ©rence existe entre la bonne et la mauvaise musique.
Quelques jugements étonnants
Par contre, on est surpris ici par certaines remarques de lâauteur : dire par exemple que Norman Whitfield a influencĂ© Curtis Mayfield est une erreur. En fait, le producteur des Temptations, trĂšs talentueux par ailleurs, et le leader des Impressions ont subi la mĂȘme influence Ă la fin des annĂ©es 60, celle de Sly Stone, vrai gĂ©nie qui a rĂ©gnĂ© sur la musique noire entre 1969 et 1972. Sans ce dernier, Whitfield nâaurait jamais pensĂ© Ă Ă©crire et produire Cloud 9 ou Papa was a rollinâ stone.
On se permettra aussi de regretter lâabsence de Willie Hutch, second couteau de la production de la Motown mais auteur avec Foxy Brown dâune musique funk tout Ă fait jouissive. Les goĂ»ts et les couleursâŠ
Mais cela nâenlĂšve rien Ă la valeur de ce livre, la plupart des albums dĂ©fendus par lâauteur sont des vraies pĂ©pites et jâinvite le nĂ©ophyte Ă Ă©couter cet Ă©tĂ© du funk, encore du funk et toujours du funk. Dance to the music !
La chronique est en ligne sur Boojum
Avec un sous-titre Ă©clairant : lâhistoire du funk en 100 albums et en couverture jâai cru reconnaitre James Brown et Prince⊠Pour ce qui me concerne, câest le genre de livre que jâadore pour la simple raison quâil apporte beaucoup aux novices dans mon genre⊠Je suppose que pour les amateurs et les connaisseurs il offre matiĂšre Ă confrontation autour de tel ou tel album et confirmation de vos intuitions. On a beau Ă©couter rĂ©guliĂšrement de la musique â et je me flatte dâĂȘtre trĂšs Ă©clectique -, on ne lâentend pas toujours, elle ne nous touche pas toujours de la mĂȘme façon. Avez-vous Ă©coutĂ© Georgia on my mind de Ray Charles seul dans le noir, par exemple, prĂ©fĂ©rez-vous entendre James Brown chanter Sex Machine ou le voir la chanter ?
LĂ , lâauteur mâa appris une chose importante : que signifie le mot « funk » et de quel genre de musique il sâagit et, croyez-moi, cela ouvre des horizons. Cela a mĂȘme fait remonter une anecdote : lâinterdiction de la chanson des Beatles A ticket to ride aux Ătats-Unis aprĂšs lâattentat contre les deux tours⊠Je ne vais pas vous la donner cette dĂ©finition, Ă vous de voir si elle correspond Ă la vĂŽtre â si vous en avez une.
Les amateurs et les connaisseurs iront directement vĂ©rifier si leur disque prĂ©fĂ©rĂ© de James Brown figure bien dans les cents. Pour ce qui me concerne, jâai regardĂ© si certains de mes musiciens et chanteurs prĂ©fĂ©rĂ©s Ă©taient bien lĂ et jâai eu le plaisir de voir quâHendrix, Ăric Burdon (ex- Animals), Miles Davis et Prince Ă©taient bien lĂ . Cela fait plaisir de constater que lâon nâa pas si mauvais goĂ»t que cela. Car, bien sĂ»r, il ne peut ĂȘtre question de douter du choix de lâauteur dont on ne peut imaginer quâil nâa pas Ă©coutĂ© ce dont il ne parle⊠Et accessoirement on peut lire en quatriĂšme de couverture quâil est musicien professionnel.
Bonnes lecturécoutes.
La chronique est en ligne sur Daily Passions
On the One ! LâHistoire du Funk en 100 Albums, de Belkacem Meziane, complĂšte les ouvrages de lâĂ©diteur français Le Mot et le Reste consacrĂ© aux anthologies Ă des genres particuliers. La structure a ainsi dĂ©jĂ publiĂ© des Ă©crits, dâune approche similaire, consacrĂ©s Ă lâindie-pop (Indie Pop 1979-1997 de Jean-Marie Pottier), Ă lâeasy listening (Easy Listening, Exotica et autres Musiques LĂ©gĂšres dâErwann Pacaud), Ă la techno (Techno 100 de Jean-Yves Leloup) ou encore la soul (Move On Up, la Soul en 100 disques de Nicolas RogĂšs). Les livres de cette sĂ©rie comportent ainsi gĂ©nĂ©ralement un essai dâune quarantaine de pages suivi dâune sĂ©lection de 100 disques avec chaque fois des pistes complĂ©mentaires pour aller plus loin. Si lâexpertise ou la finesse dâĂ©criture de certains auteurs font la diffĂ©rence, il faut cependant noter la qualitĂ© et la pĂ©dagogie constante de ces ouvrages. Nous ne connaissions pas Belkacem Meziane avant de lire On the One!, son choix apparaĂźt toutefois comme un Ă©vidence Ă la lecture de son parcours et du livre. La passion de lâintĂ©ressĂ© pour la musique initiĂ©e par James Brown transpire de toutes les pores de la vie de son auteur. VĂ©ritable sacerdoce, le funk se rĂ©vĂšle ĂȘtre pour le chroniqueur, un moteur. Belkacem Meziane apprend le saxophone en autodidacte et joue dans de nombreuses formations. Il parfait sa maĂźtrise en sâinitiant Ă lâharmonie et aux arrangements. En plus de ses activitĂ©s de musicien, le militantisme funk de lâauteur se dĂ©cline dans la presse (chez Soul Bag), Ă la radio ou Ă travers des confĂ©rences quâil donne depuis 2006. Sa sĂ©lection incarne son image : ouverte, passionnĂ©e et avec de vĂ©ritables choix. Loin dâavoir proposĂ© une anthologie froide (ou tiĂšde) sur le sujet, Belkacem Meziane y a mis beaucoup de lui et de sa personnalitĂ© sans pour autant faire lâimpasse sur les grands courants qui ont traversĂ© le funk.
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Nous aurions apprĂ©ciĂ© que lâessai soit un peu plus long et dĂ©taillĂ©, tant lâhistoire de cette musique comporte de nombreuses ramifications, cependant lâintroduction de Belkacem Meziane donne dâexcellentes pistes pour sây mettre, faisant de On the One une excellente entrĂ©e en matiĂšre pour dĂ©couvrir la richesse de la musique funk dans sa plus belle diversitĂ©.
Lisez toute la chronique sur le site de section26
Le Funk est une sorte de noyau atomique, autour duquel sâagite des Ă©lectrons, et un paquet de particules, mais dont on nâarrive pas Ă expliquer vraiment la structure, vu quâelle est enrobĂ©e de nombreuses couches dâatomes qui sâentrechoquentâŠ
Le Funk, une « sueur positive » ?
Je me souviens de lâĂ©poque oĂč Jean-François Bizot (fondateur de Nova) expliquait pudiquement que le mot venait dâun dialecte africain et signifiait « sueur positive », tandis que dâautres avaient subodorĂ© un argot underground de musiciens, dont le vrai sens cachĂ© se situerait plutĂŽt du cĂŽtĂ© du sexe.
Les universitaires voyaient son origine dans le Jazz « Hard Bop » juste avant 1960, les amateurs donnaient la primeur Ă James Brown juste aprĂšs 1965, les puristes citaient « Cold sweat » (1969 ?)âŠ
Mais quand jâĂ©coutais « Papaâs got a brand new bag » en 1966, il y avait dĂ©jĂ breaks et reprises cristallines ou ondulantes, et Le Godfather James poussait dĂ©jĂ ses « Hans ! », « Hun ! » ou « Hin ! » sur le premier tempsâŠ
« Give me the one ! » Ă©tait dĂ©jĂ la rĂšgle de base dâun James Brown dĂ©chainĂ© et minimaliste, quâil criait Ă tous les tĂ©nors qui lâentouraient, de Maceo Parker Ă Bootsy Collins (et bien dâautres⊠comme Hendrix !)
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Quant au Funk, il doit ĂȘtre assĂ©nĂ©, rĂ©pĂ©tĂ©, hypnotique, et donne un rythme de danse fort, hachĂ©, plein de breaks et reprises pour faire des figures, sans perdre cette cadence rĂ©guliĂšre, le tronc du truc.
Les musiciens disent parfois : the Thing, la chose, ou mĂȘme « Thang », car le mystĂšre du Funk, Ă lâombre du Blues, du R&B, du tambour ou mĂȘme des lamentations des « wailers » des champs de coton ou de canne⊠a quand mĂȘme besoin de son code rythmĂ©, spĂ©cial.
Perdu pour perdu, on peut quand mĂȘme faire la somme des exemples : Belkacem Meziane, prof, musiciens et chroniqueur (Soul Bag, New Morning Radio) nous propose ses 100 albums, comme histoire du Funk.
Son titre : On the one ! Hommage au premier temps fort du Funk, il lâannonce clairement. SpĂ©cialitĂ© de lâĂ©diteur marseillais Le Mot et le Reste, le rappel des noms, des listes, pour ne pas tout oublierâŠ
Belkacem Meziane chronique avec dextérité toutes les nuances des grands et des moins grands : chaque album est raconté et détaillé avec son image de couverture, mais aussi son environnement et ses satellites à écouter. Un bain de Funk ! De sueurs froides ou chaudes, aimées ou dansées.
James, Sly, Jimi, Curtis, Betty, Herbie, Nile, Cameo, Bootsy, Prince, George, Quincy, Morris⊠et tous les autres chevaliers Funkoniques, en plateform Boots, fusĂ©es, Limos, Soucoupes volantes, paillettes, minis, Ă pied ou Ă ski⊠Tous en quĂȘte du Funk ultime.
Un des rares blancs est honoré du label : Eric Burdon (avec War), mais Dillinger, malgré son « Funky Punk » dérivant, est absent⊠Les tentacules du Funk sont interminables et il y a encore des sous-couches.
Chacun a ajouté sa goutte de sueur dans la marmite⊠bouillonnante ! Qui mettra la prochaine louche ?
Lisez toute la chronique de Jean Rouzaud sur le site de Nova
On raconte que le funk serait nĂ© en 1967 avec Cold Sweat, un titre de James Brown. A lâĂ©poque, il donne un sacrĂ© coup de fouet Ă la soul en martelant le groove sur le « One », le premier temps dâune mesure qui en compte le plus souvent quatre. Le funk est nĂ© de la soul, du jazz, du blues, du rock en misant des lignes de basse bondissantes, des cuivres chauds bouillants, des beats de batterie, le tout dans un univers sexy et brĂ»lant. Le mot « funky » Ă©tait dĂ©jĂ utilisĂ© avant dans le monde du jazz et du blues, il exprimait une façon libĂ©rĂ©e de jouer. Sly Stone, Georges Clinton, Chic, Diana Ross, Parliament, Funkadelic, Prince, Michael Jackson, Kool And The Gang, le funk est multiple : psychĂ©dĂ©lique, jazzy, bluesy, latino⊠Il a engendrĂ© le disco puis le hip-hop, la house et vit encore aujourdâhui. Les plus grands DJ savent ce quâils doivent aux pionniers du funk. Belkacem Meziane, musicien, enseignant et chroniqueur Ă Soul Bag nous donne une foule de dĂ©tails sur lâhistoire du funk mais aussi et surtout, des pistes pour poursuivre lâĂ©coute.
Laurent Hakim a consacré un reportage à Quincy Jones, dans lequel Belkacem Meziane, nouvelle référence du funk, fait une apparition.
Ă visionner sur le site de France 2
Une musique dansante et sexy qui tirerait son nom de lâargot amĂ©ricain, le terme dĂ©signant lâodeur de transpiration dĂ©gagĂ©e lors dâune relation sexuelle vĂ©cue avec intensitĂ© : le funk a marquĂ© de son empreinte la culture pop des derniĂšres dĂ©cennies. « Depuis quelques annĂ©es, les singles les plus vendus dans le monde ont une consonance funky. Bruno Mars , Pharrell Williams ou Daft Punk sont souvent accusĂ©s de plagier les recettes des maĂźtres du funk pour obtenir du succĂšs », Ă©crit le musicien et chroniqueur Belkacem Meziane dans On the one !, une histoire du funk rĂ©sumĂ©e en 100 albums cultes. Et lâauteur dâajouter : « Câest lâĂ©pine dorsale du new jack swing, du R & B, du hip-hop, de lâacid jazz, de la neo soul ou de la house, et sans lui ces musiques nâauraient pas eu la mĂȘme trajectoire. » On dit « LE » funk, mais celui-ci se rĂ©vĂšle trĂšs pluriel. Dans cette dĂ©clinaison en 100 albums, Belkacem Meziane tente justement de restituer toute la pluralitĂ© de styles : « Il est brut et radical chez James Brown, poĂ©tique et fraternel chez Sly & The Family Stone, cosmique et psychĂ©dĂ©lique chez George Clinton, spirituel chez Earth, Wind & Fire, sexuel et religieux chez Prince. » De Dance to the music (Sly & The Family Stone), sorti en 1968, Ă The One (Will Sessions & Amp Fiddler featuring Dames Brown), qui date de lâan dernier, câest un demi-siĂšcle de musique funk que parcourt ainsi le lecteur. Avec, (rendons Ă CĂ©sarâŠ) pour point de dĂ©part originel le morceau Cold sweat (1967) de James Brown. La soul y prend un coup de fouet en basant le groove sur le premier temps de la mesure. Ce que les musiciens noirs amĂ©ricains appelaient the one. Qui donne lĂ©gitimement son nom Ă ce livre.
Câest Ă une formidable leçon que nous convie Belkacem Meziane, musicien, enseignant et chroniqueur pour « Soul Bag » et «New Morning Radio », dans cet ouvrage instructif et passionnant oĂč il nous dĂ©voile de maniĂšre magistrale lâhistoire du Funk sur 50 ans, en 100 artistes et 100 albums ! De son acte de naissance avec lâalbum « Cold Sweat » de James Brown, le funk se dĂ©cline sous toutes ses formes, tour Ă tour brut et radical, poĂ©tique et fraternel, cosmique et psychĂ©dĂ©lique, spirituel, sexuel ou religieux, selon la perception et la « patte » des multiples artistes qui ont portĂ© ou portent encore ses multiples couleurs. Pour chaque album, Belkacem Meziane nous offre une courte histoire de sa crĂ©ation et de ses crĂ©ateurs, nous proposant dâautres Ă©coutes et de multiples conseils. Kool and the Gang, Earth Wind and Fire, Bobby Womack, MichaĂ«l Jackson, Marvin Gaye, Prince, Diana Ross, Miles Davis, Tower of Power, Herbie Hancock, Barry White, George Benson, Stewie Wonder, Aretha Franklin, Quincy Jones, pour ne citer que les plus connus, cĂŽtoient une multitude dâartistes dans cette « bible » du funk, incontournable pour tous ses amoureux !!!
Lâaccent sur le funk ! Et pas quâĂ moitiĂ©. Pas le funk rĂ©duit Ă un dĂ©rivĂ© de la soul ou Ă un parent du hip-hop, pas le funk de puristes pour qui tout sâarrĂȘte Ă telle date. Le funk en tant que genre musical Ă part entiĂšre et dont lâinfluence est toujours palpable un demi-siĂšcle aprĂšs ses premiers cris. Il nâexistait pas dâouvrage en français qui traite Ă fond le sujetâŠ
Fin de carence grĂące Ă notre camarade Belkacem Meziane qui relĂšve le dĂ©fi du panorama âen 100 albumsâ en se limitant Ă un par artiste. Donc un seul James Brown, un seul Sly Stone, un seul Prince, mais lâimpact de ces figures majeures est largement Ă©voquĂ© Ă travers les autres artistes sĂ©lectionnĂ©s et le long dâune copieuse introduction qui, Ă lâimage de lâensemble du livre, sâattache Ă mettre en Ă©vidence les multiples ramifications qui font la force dâune musique quâon aurait tort de limiter au seul dancefloor.
Cette vision globale soigneusement documentĂ©e, Belkacem la double de son regard de musicien professionnel et dâune bonne dose de passion. Ainsi On The One! nous plonge au cĆur dâalbums marquants en rĂ©vĂ©lant des secrets de fabrication et une mine dâinformations sur les musiciens, les auteurs, les producteurs et les labels impliquĂ©s. DĂ©filent alors au grĂ© de galettes millĂ©simĂ©es de 1968 Ă 2018 (bousculades inĂ©vitables vers 1975 et 1980) la nette influence du rock, les branchages jazz et disco, la luxuriance du p-funk, le vivier de lâOhio, la go-go, le boogie et lâelectro funk, la passerelle vers le new jack swing et le R&B, lâintime connexion avec le hip-hopâŠ
La Nouvelle-OrlĂ©ans est un peu sous-reprĂ©sentĂ©e et quelques choix paraissent moins Ă©vidents, mais sachant quâune liste dâalbums et dâartistes complĂ©mentaires multiplie les pistes en fin de chaque double page, vous voilĂ bel et bien parĂ©s pour explorer les richesses charriĂ©es par cet implacable coup de boutoir rythmique. Cet accent sur le premier temps, devenu tout-puissant.