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Parution : 23/01/2026
ISBN : 9782384317820
288 pages (148 x 210)

23 €

Free Jazz - Nouvelle édition

S’infiltrant dans nos films, nos sĂ©ries, nos albums de rap et d’électro, le free jazz est de retour sur le devant de la scĂšne.

Julien Broquet – Focus, Le Vif

Lorsque le 16 novembre 1959, Ă  New York, Ornette Coleman invente le free jazz, il est accusĂ© d’ĂȘtre un destructeur, un dangereux fabricant de dissonances, un imposteur. Il ouvre plutĂŽt un Ă©ventail de possibilitĂ©s insoupçonnĂ©es, invitant les jazzmen Ă  s’affranchir des conventions et rĂšgles musicales du jazz, Ă  dynamiter les processus musicaux et Ă  accorder une place centrale Ă  l’expression spontanĂ©e. C’est dans les annĂ©es soixante que le free jazz afro-amĂ©ricain se dĂ©veloppe, parallĂšlement au mouvement des droits civiques. Tous les grands musiciens noirs amĂ©ricains participent au bouleversement et au renouveau de la sociĂ©tĂ©, l’expression et la forme de leur engagement variant d’une lĂ©gende Ă  l’autre : Max Roach, Albert Ayler, Archie Shepp, Sun Ra, Don Cherry, etc. À l’approche de mouvements contestataires en Europe, nombreuses sont les figures du free jazz Ă  venir bousculer le Vieux Continent, apportant un modĂšle, une idĂ©e Ă  dĂ©tourner, Ă  adapter. En France notamment, les associations de Brigitte Fontaine et l’Art Ensemble of Chicago ou François Tusques et Colette Magny Ă©mergent de ce creuset expĂ©rimental. Aujourd’hui encore, le genre Ă©volue sans contrainte et avec gĂ©nie grĂące Ă  une nouvelle gĂ©nĂ©ration de musiciens tels que Kamasi Washington ou Matana Roberts.

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Revue de presse

- Free jazz Philippe Renaud Improjazz Mai 2016
- Mauro Gargano, Suite en 14 rounds Alex Dutilh France Musique // Open Jazz 29 janvier 2016
- Jazz Culture : Free Jazz de Maxime Delcourt Alex Dutilh France Musique 29 janvier 2016
- Le free jazz, une musique d'intellos? Julien Broquet focus.levif.be 11 février 2016

- Free jazz

C’est en rappelant les Ă©vĂšnements essentiels de la lutte et rĂ©sistance des noirs amĂ©ricains pour obtenir les mĂȘmes droits que les blancs que l’auteur situe la crĂ©ation du free jazz dans une longue introduction d’une trentaine de pages, en citant Ă©galement les principaux ou premiers musiciens, les premiers labels (ESP), la presse et les festivals d’un mouvement de rĂ©volte qui gagnera rapidement l’Europe et principalement la France.
Ensuite Maxime Delcourt dresse une soixantaine de portraits de ces musiciens aventureux, Ă  commencer par Charles Mindus dans cinq albums sur une pĂ©riode qui courre de 1956 (l’incontournable Pithecanthropus Erectus) Ă  1976 (Mingus Ă  Antibes). Puis, toujours Ă  partir de 1956, Cecil Taylor dans Jazz Advance va “emprunter les marges”. Suivent Sun Ra, Ornette Coleman, incontestable pierre angulaire du mouvement, Dolphy bien sĂ»r, l’étonnant Jimmy Giuffre, Max Roachn George Russell et bien entendu John Coltrane. L’ordre de passage de ces musiciens est dictĂ© par les annĂ©es de production de leurs premiers pas vers une autre façon de faire du jazz, tout en militant pour une reconnaissance d’égalitĂ© Ă  travers leur musique. Le cas de Bill Dixon est Ă  ce point intĂ©ressant, lui qui en 1964 fondera l’éphĂ©mĂšre Jazz Composer’s Guilde Association, pour justement dĂ©fendre les musiciens d’avant-garde.
Si la majoritĂ© des portraits dressĂ©s ici concerne des musiciens noirs amĂ©ricains, place est cependant donnĂ©e Ă  des musiciens français largement impliquĂ©s dans cette scĂšne. Citons François Tusques, Siegfried Kessler, Jacques Thollot, Bernard Vitet, Jac Berrocal, Claude Delcloo, Michel Portal, Jef Gilson et le groupe Barricade. De mĂȘme, bien que la free jazz ait peu concernĂ© le pianiste et la musique d’Afrique du Sud en gĂ©nĂ©ral, Chris McGregor est prĂ©sent dans le livre, en raison sans doute de son combat contre l’apartheid et aussi par sa prestation colique dans le disque hypnotique In His Good Time (Ogun). Parmi les europĂ©ens, on trouve bien Ă©videmment Peter Brötzmann, plus hĂ©tĂ©roclite Cornelius Cardew ou l’universel John Tchicai.
*Le cadre de ce livre est solidement posĂ©. Et, comme toujours, dĂšs que les frontiĂšres sont dĂ©limitĂ©es, il faut aussi sortir du cadre pour voir ce qui se passe au-delĂ . Mais avec free Jazz, on peut se faire une idĂ©e assez prĂ©cise de ce que ces rebelles ont apportĂ© Ă  la musique “diffĂ©rente”.

Philippe Renaud
Improjazz Mai 2016

- Mauro Gargano, Suite en 14 rounds

Alex Dutilh vous parle du livre de Maxime Delcourt dans son Ă©mission “Open Jazz”. Une petite chronique qui loue la dĂ©marche de l’auteur.

Réécouter l’émission

Alex Dutilh
France Musique // Open Jazz 29 janvier 2016

- Jazz Culture : Free Jazz de Maxime Delcourt

Dans Free Jazz qui paraßt aux éditions Le Mot et le Reste, Maxime Delcourt dresse en soixante portraits le paysage mondial du free jazz de 1959 à nos jours.

Lorsque le 16 novembre 1959, Ă  New York, Ornette Coleman invente le terme free jazz, il suscite la mĂȘme panique que James Joyce en 1922 avec Ulysse. On l’accuse d’ĂȘtre un destructeur, un dangereux fabricant de dissonances, un imposteur. En fait, il ouvre plutĂŽt un Ă©ventail de possibilitĂ©s insoupçonnĂ©es, invitant les jazzmen Ă  s’affranchir des conventions et rĂšgles musicales du jazz, Ă  dynamiter les processus musicaux et Ă  accorder une place centrale Ă  l’expression spontanĂ©e. C’est dans les annĂ©es soixante que le free jazz afro-amĂ©ricain se dĂ©veloppe parallĂšlement au mouvement des droits civiques. De nombreux grands musiciens noirs amĂ©ricains participent du bouleversement et du renouveau de la sociĂ©tĂ©, l’expression et la forme de leur engagement variant d’une lĂ©gende Ă  l’autre : Ornette Coleman, Albert Ayler, Archie Shepp, Sun Ra, Don Cherry, etc.

A l’approche des mouvements contestataires en Europe, nombreuses sont les figures du free jazz qui viennent bousculer le vieux continent, apportant un modĂšle, une idĂ©e Ă  dĂ©tourner, Ă  adapter. En France notamment, les associations de Brigitte Fontaine et l’Art Ensemble of Chicago ou de François Tusques et Don Cherry Ă©mergent de ce creuset expĂ©rimental.

Retrouvez cet article sur le site de France Musique

Alex Dutilh
France Musique 29 janvier 2016

- Le free jazz, une musique d'intellos?

S’infiltrant dans nos films, nos sĂ©ries, nos albums de rap et d’électro, le free jazz est de retour sur le devant de la scĂšne. Alors qu’elle fait l’objet d’un ouvrage chez Le Mot et le Reste, zoom sur cette musique rĂ©putĂ©e d’intellos.

Le 11 juin dernier, Ă  New York, son pĂšre, le saxophoniste Ornette Coleman, dĂ©cĂ©dait d’un arrĂȘt cardiaque Ă  l’ñge de 85 ans. Le free jazz, lui, est toujours lĂ . Eternel incompris. Son histoire est depuis le dĂ©but une affaire de malentendus. En 1961, quelques-uns des spectateurs venus assister Ă  un Free Jazz Concert d’Ornette Ă  Cincinnati pensent ainsi se rendre Ă  un gig de jazz gratuit.

“J’aime apprĂ©hender le terme free jazz de maniĂšre Ă©tymologique, commence Maxime Delcourt qui vient de sortir un livre sur le sujet (Free Jazz chez Le Mot et le Reste). Le free jazz, c’est un jazz libĂ©rĂ© de ses codes. De ses structures préétablies. Mais aussi libĂ©rĂ© de la domination blanche. Comme beaucoup de styles musicaux, le jazz a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© par les Occidentaux. Et le free, c’est une rĂ©appropriation par les Noirs de leur culture.” CaractĂ©risĂ© par le retour Ă  l’improvisation collective, cette nouvelle expression artistique correspond en effet Ă  une prise de conscience politique des musiciens afro-amĂ©ricains. Elle apparaĂźt, Ă  l’orĂ©e des sixties, dans un climat social et politique agitĂ©. La communautĂ© black conteste, revendique et proteste. La guerre du ViĂȘtnam bat son plein.

“Lorsque tout a commencĂ© pour moi, c’était une pĂ©riode de rĂ©volution assez intense aux Etats-Unis, explique Archie Shepp Ă  l’auteur. D’un point de vue politique, il y avait Malcolm X et Martin Luther King. D’un point de vue musical, il y avait John Coltrane, dont la piĂšce Alabama ne laisse que peu de doutes sur l’engagement. C’était une Ă©poque oĂč les jeunes questionnaient l’avenir, oĂč la plupart des dĂ©laissĂ©s Ă©taient en quĂȘte d’actions, oĂč le free jazz militait pour l’émancipation, le respect de tous et la dĂ©structuration des ghettos. Je ne pouvais donc que me sentir impliquĂ©. Le fait de combiner une dĂ©marche esthĂ©tique Ă  un propos socio-politique Ă©tait plus une nĂ©cessitĂ© qu’une envie. [
] Ça faisait partie de notre vie quotidienne. On se sentait obligĂ©s d’accompagner les mouvements sociaux, ce que ne faisaient pas les politiques. Eux, ils disparaissaient des rues une fois les Ă©lections passĂ©es.”

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Julien Broquet
focus.levif.be 11 février 2016